PREMIER TON

Dimanche

LE SAMEDI SOIR AUX PETITES VÊPRES

Lucernaire, ton 1

On chante 4 stichères, en répétant le premier.

Notre prière du soir, / reçois-la, Seigneur très-saint, / et accorde-nous la rémission de nos péchés, / toi qui seul dans le monde nous as montré la Résurrection.

Peuples, faites cercle autour de Sion, / faites-en le tour en procession, / en son enceinte rendez gloire au Ressuscité d’entre les morts, / car il est notre Dieu, celui qui a racheté nos péchés.

Venez, tous les peuples, / chantons le Christ et prosternons-nous devant lui, / rendons gloire à sa Résurrection d’entre les morts, / car il est notre Dieu, celui qui rachète le monde égaré par l’Ennemi.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Frères, fêtons la Vierge en ce jour: / exulte la création / et danse de joie l’humanité! / Nous voici convoqués par la sainte Mère de Dieu, / ce pur joyau de la virginité, / Paradis spirituel du nouvel Adam, / demeure où l’union des deux natures fut forgée, / salle de fête pour le pacte sauveur, / chambre nuptiale où le Verbe épouse la chair, / nuée légère, en vérité, / où celui qui siège sur les Chérubins / est porté corporellement. / Par ses prières, ô Christ notre Dieu, sauve nos âmes.

Apostiches, ton 1

Par ta Passion, ô Christ, / tu nous as libérés de nos passions, / par ta Résurrection tu nous rachètes de la mort: / Seigneur, gloire à toi.

Je célébrerai ton nom d’âge en âge.

D’âge en âge tu es glorifiée, / Mère de Dieu et Vierge Marie, / protectrice de l’univers / qui dans la chair as enfanté / le Fils du Père sans commencement, / coéternel à l’Esprit: / intercède auprès de lui pour notre salut.

Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille.

Accablés de tribulations imprévues, / assurés de ta seule protection, / Vierge pure, dans l’action de grâces nous crions: / sauve-nous, très-sainte Épouse de Dieu, / tu es le refuge de l’univers, / le secours du genre humain.

Devant ta face imploreront les plus puissants.

Le monde est rénové par ton enfantement, / Vierge Mère de Dieu, / salut des croyants et vigilante protection / dé ceux qui t’invoquent pieusement; / sans relâche, ô Vierge immaculée, / intercède pour les chantres de ton nom.

Gloire au Père... Maintenant...

Nuée de la Lumière sans déclin, / c’est le nom que le Prophète t’a donné: / en toi le Verbe du Père est descendu / comme la rosée sur la toison; / de toi, ô Vierge, s’est levé, / lumière pour le monde qu’il sauve de l’erreur, / le Christ notre Dieu auprès duquel nous te prions, / Toute-sainte, d’intercéder sans répit / pour ceux qui te reconnaissent comme la Mère de Dieu.

Tropaire et théotokion: voir à la fin des Grandes Vêpres.

GRANDES VÊPRES

Lucernaire, ton l

On chante 10 stichères: ordinairement 7 de la Résurrection (les suivants) et 3 du Saint du jour (à prendre au Ménée).

Tire mon âme de prison, / que je rende grâce à ton nom!

Notre prière du soir, / reçois-la, Seigneur très-saint, / et accorde-nous la rémission de nos péchés, / toi qui seul dans le monde nous as montré la Résurrection.

Les justes feront cercle autour de moi, / lorsque tu me rendras ta faveur.

Peuples, faites cercle autour de Sion, / faites-en le tour en procession, / en son enceinte rendez gloire au Ressuscité d’entre les morts, / car il est notre Dieu, celui qui a racheté nos péchés.

Du fond de L’abîme je crie vers toi, Seigneur, / Seigneur, écoute mon appel.

Venez, tous les peuples, / chantons le Christ et prosternons-nous devant lui, / rendons gloire à sa Résurrection d’entre les morts, / car il est notre Dieu, / celui qui rachète le monde égaré par l’Ennemi.

Que ton oreille se fasse attentive / au cri de ma prière.

Que les cieux se réjouissent, / que gronde la terre en ses fondements, / que les montagnes crient de joie, / car voici que l’Emmanuel, / prenant sur lui nos péchés, / les a cloués sur la croix / et la Source de vie, triomphant de la mort, / a ressuscité Adam, par amour pour les hommes.

Si tu tiens compte de nos fautes, Seigneur, Seigneur, qui donc subsistera? /

Mais près de toi se trouve le pardon.

Celui qui a voulu, dans sa chair, être crucifié pour nous, / a souffert et fut enseveli, / et ressuscita d’entre les morts, / chantons-le et disons-lui: / Ô Christ, affermis ton Église dans la vraie foi / et pacifie notre vie, / dans ta bonté et ton amour pour les hommes.

À cause de ton nom, Seigneur, j’ai mis en toi mon espoir; /

mon âme espère en ta parole, mon âme compte sur le Seigneur.

Près de ton sépulcre vivifiant / nous voici, malgré notre indignité, / offrant notre louange à ton ineffable compassion, / ô Christ notre Dieu, / car tu as daigné souffrir et mourir sur la croix, / Seigneur sans péché, / pour donner au monde la résurrection, dans ton amour pour les hommes.

Depuis la garde du matin jusqu’à la nuit, depuis la garde du matin, /

qu’Israël espère le Seigneur!

Le Verbe coéternel au Père, / ineffablement sorti d’un sein virginal, / qui pour nous a bien voulu souffrir la mort sur la croix, / mais dans la gloire est ressuscité, / chantons-le et disons-lui: / Gloire à toi, Seigneur source-de-vie et de nos âmes le Sauveur.

À défaut de Ménée, l’Octoèque slave propose ici, chaque samedi soir, les stichères de Paul d’Amorium à la Mère de Dieu: ces théotokia se trouvent en appendice, à la fin de ce livre.

Normalement, on chante les stichères du Ménée, avec les versets suivants:

Car le Seigneur est une source de grâce, un trésor de rédemption: / c’est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

Louez le Seigneur, tous les peuples, / fêtez-le, toutes les nations.

Car sa miséricorde sur nous s’est affermie, / la fidélité du Seigneur demeure pour toujours.

Gloire au Père... (du Ménée) Maintenant... Théotokion

Chantons celle qui est la gloire de l’univers / éclose en notre humanité, / la Mère du Seigneur, la porte du ciel, / la Vierge Marie, / celle que chantent les célestes esprits, / la parure et l’ornement des fidèles, / car elle est devenu le ciel, / le temple de la divinité; / elle a renversé la barrière d’inimitié / et nous a ramené la paix en nous ouvrant les portes du royaume; / tenant en elle l’ancre de la foi, / nous avons pour défenseur le Seigneur qu’elle enfanta / prends courage désormais, / prend, courage, peuple de Dieu, / car le Seigneur combat tes ennemis, / le Seigneur tout-puissant.

Entrée. Lumière joyeuse.

Prokimenon, ton 6: Le Seigneur règne, / revêtu de majesté. Vts: 1. Le Seigneur revêtu de puissance, il l’a nouée comme ceinture à ses reins. 2. Tu fixas l’univers, inébranlable, ton trône est stable pour toujours. 3. À ta demeure convient la sainteté, Seigneur, pour la suite des jours.

Apostiches, ton 1

Par ta Passion, ô Christ, / tu nous as libérés de nos passions, / par ta Résurrection tu nous rachètes de la mort: / Seigneur, gloire à toi.

Le Seigneur règne, vêtu de majesté, / le Seigneur règne, ceint de puissance.

Exulte la création / et se réjouissent les cieux, / que les nations battent des mains dans l’allégresse, / car le Christ notre sauveur a cloué nos péchés sur la croix; / la mort, il l’a mise à mort / pour nous faire don de la vie / et relever le genre humain de sa déchéance, par amour pour nous.

Tu fixas l’univers inébranlable, / ton trône est stable pour toujours.

Roi du ciel et de la terre, / toi que l’univers ne saurait contenir, / dans ton amour pour les hommes, / tu as voulu souffrir la croix; / lorsque tu descendis dans les profondeurs, / l’Enfer se désola, mais les âmes des justes te reçurent avec joie; / à ta vue, Dieu créateur, / Adam ressuscita aux Enfers. / Merveille vraiment: comment a-t-il goûté la mort, celui qui est notre Vie? / Mais il voulait illuminer l’univers / qui élève la voix pour chanter: / Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à toi.

À ta demeure convient la sainteté, / Seigneur, pour la suite des jours.

Les saintes femmes, porteuses de parfums, / tout en larmes, se hâtaient vers le tombeau; / mais, ne trouvant pas ton corps immaculé / et apprenant de l’Ange le prodige nouveau, / elles dirent aux Apôtres: / Le Seigneur est ressuscité / pour donner au monde la grande miséricorde.

Gloire au Père...

du Saint à fêter, s’il en a, sinon,

Gloire... Maintenant... Théotokion

Voici que s’accomplit la parole d’Isaïe: / vierge tu as conçu, demeurant vierge après l’enfantement; / et, puisque Dieu lui-même est enfanté, / les lois de la nature sont aussi renouvelées. / Mère de Dieu, ne méprise pas / les prières qu’en ton sanctuaire t’adressent tes serviteurs: / toi qui as porté dans tes bras le Seigneur compatissant, / montre ta miséricorde envers les gens de ta maison, / intercède pour le salut de nos âmes.

Tropaire, ton 1

Malgré les scellés posés sur le tombeau / et les soldats gardant ton corps immaculé, / tu es ressuscité le troisième jour, / donnant la vie au monde, Dieu sauveur, / et du haut des cieux les Anges te chantèrent comme à la Source de la vie: / Gloire à ta Résurrection, ô Christ, / gloire à ta royauté, / gloire à ton œuvre de salut, Seigneur ami des hommes.

Théotokion

Ô Vierge, lorsque Gabriel te disait; Réjouis-toi, / à sa voix s’incarnait le Maître de l’univers / en toi, l’arche sainte, / selon la parole du juste David, / et tu as paru plus vaste que les cieux, / puisqu’en ton sein tu portas le Créateur. / Gloire à celui qui fit sa demeure en toi, / gloire à celui qui est sorti de toi, / gloire à celui qui est né de toi pour nous sauver.

LE SAMEDI SOIR À COMPLIES

Le Prêtre: Béni soit notre Dieu. Le Lecteur: Gloire à toi, notre Dieu, gloire à toi. Roi céleste. Trisagion. Après le Notre Père, 12 fois Kyrie eleison, puis Gloire au Père... Maintenant... Venez, adorons Psaumes 50, 69 et 142. Doxologie et symbole de foi. Puis on chante le canon à la très-sainte Mère de Dieu.

Ode 1, ton l

Sauvé de l’amère servitude, Israël / comme terre ferme traversa la mer / et, voyant sombrer les ennemis, / chanta pour son divin Bienfaiteur / qui fit merveille par son bras puissant, / car il s’est couvert de gloire.

S’il convient aux archanges de te célébrer / avec crainte, Reine de l’univers, / c’est avec amour que tout esprit / te chante comme la Mère du Créateur, / car de tous éloges tu as surpassé / les limites en enfantant le Christ.

Moi le malheureux, soumis à de terribles dangers / de la part d’adversaires malveillants, / je m’écrie en gémissant : relève-moi, / étends ta main bienheureuse / et fais que je vive sans péril / en me délivrant par tes intercessions.

Gloire: De mon âme soigne les fautes cachées / grâce au remède de ta compassion, / apaise l’élan sauvage de la chair, / divine Mère; et, repoussant / leurs lances et leurs traits, / plante-les au cœur des ennemis.

Maintenant: Il a fait disparaître l’antique loi / qui menait les hommes â la mort, / ton sein virginal en enfantant / manifestement le Christ; c’est pourquoi / l’entière création, revivifiée, se réjouit / et chante à l’unisson ton Fils et ton Dieu.

Ode 3

Avant les siècles, / le Fils est engendré / par le Père ineffablement ? / et dans ces derniers temps, / sans se semence, i1 a pris chair d’une Vierge; / chantons au Seigneur: / Toi qui relèves notre front, / tu es saint, ô Christ notre Dieu.

Sur son chemin / le sublime Jacob / jadis eut l’étonnement / de voir, pendant qu’il dormait, / les Anges descendre du haut des cieux / sur terre par une échelle, Vierge immaculée, / et, s’éveillant de son sommeil, / il te décrivit comme la porte du ciel.

Hélas, soumis aux épreuves, / par une domination temporelle ? malheureux que je suis,’/ frappé par la multitude des périls, / dans la détresse, je m’écrie: / Toi qui as enfanté / le Dieu qui relève notre front, / sauve-moi par ton intercession.

Gloire: Toi qui du haut du ciel / as étendu ton bras puissant / pour briser les ennemis / invisibles ou que l’on voit, / renverse leur tête sous les pieds / des fidèles proclamant / ta propre mère, ô Christ, / comme la Mère de Dieu.

Maintenant: Isaïe, purifié / par la pince de l’Esprit, / jadis a prédit, / Vierge bienheureuse, clairement / que tu enfanterais comme fils / celui qu’en ma faveur / tu as conçu sans homme / en ces temps ultimes.

Ode 4

Comme le rameau fleuri de la racine de Jessé, / de la Vierge, Seigneur, / tu es issu tel une fleur; / de la montagne ombragée, / ô Christ, objet de nos chants, / tu es venu en t’incarnant / de la Vierge inépousée, / toi le Dieu immatériel: / gloire à ta puissance, Seigneur.

Salomon, ce prince de paix, / d’avance t’a désignée / comme étant, ô Mère de Dieu, / la plus belle, la plus précieuse, / toi qui es montée du désert / et portas comme rameau / dans tes bras le Christ; / alors il s’écria: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Incline ton oreille, en ta bonté, / et vois mon malheur, / les périls qui se succèdent contre moi; / de mon âme, en effet, / j’élève le regard / et je ploie le genou / en t’implorant pour supplier / d’apaiser en moi / les épreuves m’agitant.

Gloire: T’ayant vue comme inébranlable rempart, / moi ton serviteur, je me suis réfugié / derrière les murs de ton intercession / et je considère les traits des ennemis / comme inoffensives flèches d’enfants, / Bienheureuse; c’est pourquoi / dans l’allégresse je m’écrie: / Gloire à ta divine maternité.

Maintenant: La puissance du Très-Haut / fit descendre son ombre sur toi, / ô Vierge, par la venue / de l’Esprit divin; / alors, surnaturellement / le Seigneur de l’univers / en créateur de la vie s’est uni / notre âme et notre chair, / demeurant ce que par nature il était.

Ode 5

Dieu de paix et Père de tendresse, / tu nous envoyas / l’Ange de ton Grand Conseil pour nous donner la paix: / guidés vers la lumière du divin savoir / et la nuit veillant devant toi, / Ami des hommes, nous te glorifions.

D’avance t’ayant vue, Toute-digne de nos chants, / jadis comme la montagne divine et non taillée, / Daniel bien clairement s’écria que de toi / devait se détacher le rocher divin, le Christ, / le Sauveur du monde que nous adorons avec foi / en t’acclamant, toi l’Épouse de Dieu.

Ayant hélas succombé à tant de périls, / dans la peine et le chagrin de mon cœur, / moi ton fidèle, sans cesse je te prie: / délivre-moi, Génitrice de Dieu, / des malheurs dont ma misère est encerclée / et d’allégresse comble-moi.

Gloire: Toi qui, demeurant impassible, as conçu le Christ, / apaise l’océan déchaîné de mes passions / par la force de ton intercession, / bonne Mère, afin que, dans l’accalmie / de mon âme, passant le reste de ma vie, / par des hymnes je puisse te célébrer.

Maintenant: Dis-nous comment tu portes Dieu dans tes bras / et comment tu allaites celui qui tient en main l’univers, / Vierge toute-bienheureuse. - Eh bien, dit-elle, moi, / je demeure vierge même après l’enfantement, / car j’ai mis au monde le Christ notre Dieu / pour effacer la dette des premiers parents.

Ode 6

De ses entrailles, comme il l’avait reçu, / le monstre a rejeté Jonas / comme du sein le nouveau-né; / et le Verbe pareillement / est demeuré dans le sein de la Vierge, / il prit chair et en sortit, / lui conservant son intégrité, / car il a préservé, en celle qui l’enfanta, / sa virginité.

Sans quitter le sein paternel / le Fils s’est laissé voir / dans le sein d’une mère, lui l’Éternel; / car en ces temps ultimes / celui qui est avec le Père dans l’éternité / est sorti du sein d’une Vierge / pour tous nous entraîner, / en son ineffable bonté, / vers la vie éternelle.

Enchaîné, à cause de mon péché, / par les liens de l’ennemi, hélas, je suis tombé / au plus profond de l’enfer; / mais toi, depuis le ciel, divine Servante immaculée, / descends et montre-toi pour m’en tirer / par tes prières, moi ton serviteur, / puisque ta main secourable, / tu l’offres, en effet, / à ceux qui chantent ton divin enfantement.

Gloire: Hélas, me voilà tombé / dans le gouffre des malheurs, / et des fauves nombreux / font cercle autour de moi; / mais toi, ô notre Dame, / par les pierres de tes intercessions / chasse-les et garde sain et sauf / ton serviteur, toi dont le sein a porté / la pierre d’angle, le Christ.

Maintenant: Le divin chœur des prophètes jadis, / ô Vierge, a figuré d’avance / les symboles de ton enfantement, / te désignant comme la nuée de la Lumière, / l’urne, la table, le chandelier, / la rosée céleste, le pain du ciel, / la manne, la porte, le trône, le palais / et le jardin faisant fleurir / comme tige le Christ.

Kyrie eleison, 3 fois. Gloire au Père... Maintenant... et le cathisme.

Cathisme, ton 1

En toi nous reconnaissons la Mère de Dieu / demeurée vierge même après l’enfantement, / nous tous qui cherchons refuge en ta bonté, / car aux pécheurs tu offres ton secours; / en toi nous trouvons au milieu des périls, / Vierge toute-pure, le salut.

Ode 7

Les Jeunes Gens élevés dans la piété, / méprisant l’ordre impie du tyran, / furent sans crainte devant le feu, / mais au milieu des flammes ils chantaient: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

En passant par ta porte fermée, / le Dieu d’avant les siècles glorieusement, / Vierge pure, même après sa naissance a conservé / intacts les signes de ta virginité, / lui le Dieu de nos Pères qui est béni.

Jetée dans la fournaise au septuple feu, / mon âme est brûlée à mort par le malheur; / mais toi, Souveraine, rafraîchis-moi / par la rosée de tes intercessions, / pour qu’à Dieu je chante: Tu es béni!

Gloire: Ayant vieilli au milieu des passions, des intolérables tentations, / arrivé au déclin de ma vie / sans avoir trouvé en partage les vertus / à cause de mon insouciance, je m’écrie: / aie pitié de moi, souveraine Consolatrice des mortels.

Maintenant: Nous les fidèles qui dans l’Unité / adorons selon la foi véritable la Trinité / et te proclamons, Vierge Mère immaculée, / comme celle qui dans la chair a mis au monde notre Dieu, / nous chantons: Dieu de nos Pères, tu es béni.

Ode 8

La fournaise qui distille la rosée / préfigure la merveille où la nature est dépassée; / car les Jeunes Gens qu’elle a reçus, / elle se garda de les brûler, / comme le feu de la divinité / habita le sein de la Vierge sans le consumer. / Aussi chantons joyeusement: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles.

Du prophète il a réalisé / la parole pleine de vérité, / ô Vierge, ton enfantement, / puisque c’est le Verbe divin que tu as mis au monde vraiment / sans qu’il ait ouvert ton sein / que notre Dieu a franchi; c’est pourquoi / dans l’allégresse, comme il se doit / nous célébrons ta divine maternité / et t’exaltons dans tous les siècles.

Les ronces du désœuvrement / qui poussent dans mon âme, Vierge tout-immaculée, / au feu divin consume-les / par ton intercession / et fais lever en moi la prairie des vertus / portant des fruits abondants pour le Christ / qui, sorti de toi tel une fleur de vie, / a persuadé l’entière création de te chérir / comme mère, divine Génitrice immaculée.

Gloire: En mon malheur, ô Mère de Dieu, / empresse-toi de m’accorder / le remède calmant les douleurs; / tombé que je suis dans la peine et l’affliction, / j’implore suppliant, / Toute-sainte, ton prompt secours: / hâte-toi de me délivrer, / sauve-moi de tout châtiment, / afin que je bénisse et chante ton enfantement.

Maintenant: Jadis, ô Vierge, t’a préfigurée / merveilleusement le bâton d’Aaron, / car seule tu as enfanté / en recevant dans ton sein, / sans le concours d’un homme, la pluie céleste; / aussi comme il se doit / dans l’allégresse nous te célébrons / comme divine Mère à l’unisson / et t’exaltons dans tous les siècles.

Ode 9

Le mystère de la Vierge est merveilleux, / car elle est devenue le ciel, / le trône des chérubins, / la lumineuse chambre nuptiale du Christ / notre Dieu tout-puissant; / et nous, pieusement / comme divine Mère nous la magnifions.

Le mystère de la Vierge est glorieux, / car elle a pu loger dans son sein / celui que même le ciel / ne peut contenir en son immensité; / c’est pourquoi nous, les fidèles réunis, / la disons bienheureuse / et dans l’allégresse nous la magnifions.

Te voyant, et toi seule, comme l’éclat des cieux, / Vierge pure, et le trône des chérubins, / la couche sainte de Dieu, son palais nuptial, / nous les fidèles, nous t’acclamons; / et celui que tes chastes entrailles ont enfanté, / le Christ notre Dieu, / nous le magnifions.

Gloire: D’afflictions nombreuses je suis entouré, / et les malheurs se succèdent contre moi: / peines et misérables péchés / dans le gouffre m’ont poussé; / c’est pourquoi je te prie, toute-sainte Mère de Dieu, / afin de trouver, / dans l’amertume de mon âme, le salut.

Maintenant: Par les prières de la pure Servante de Dieu / pacifie le monde, ô Christ, / en abaissant sous tes pieds / toute puissance ennemie / et, nous accordant cette paix / qui surpasse tout esprit, / pour les siècles garde-nous.

Puis: Il est digne et juste en vérité, etc.

OFFICE DE MINUIT

Le canon triadique, œuvre de Métrophane de Smyrne, porte l’acrostiche: Nature au triple éclat, comme Une je te chante.

Ode 1, ton 1

Ta droite victorieuse, magnifique en sa force, / s’est couverte de gloire, / car, ô Seigneur immortel, / grâce à ta puissance, / elle a broyé les ennemis / en ouvrant pour Israël / une voie nouvelle au profond de la mer.

Sans relâche les Séraphins / des trois personnes glorifient le seul pouvoir / sans limite et sans commencement, / insaisissable créateur de l’univers, / que toute langue fidèlement / célèbre en le chantant.

Ayant façonné le genre humain / que tu créas à ton image, / pour montrer aux hommes ta divinité / dans l’unique feu d’un triple éclat, / tu lui as donné, dans ta bonté, / l’intelligence, le verbe et l’esprit.

Gloire: Voulant signifier, du haut du ciel, / la divine majesté / des trois personnes ayant même pouvoir, / ô Père, tu as dit / à ton Fils et â l’Esprit: / Allons, descendons, / confondons les langues des nations.

Théotokion: Pour image du Père inengendré / les sages nous proposent la Raison; / pour le Fils consubstantiel, / le Verbe sans commencement; / en la Vierge l’Esprit saint / opère la divine incarnation.

Ode 3

Toi qui seul connais la faiblesse de la nature humaine, / lui étant devenu semblable, dans ta compassion, / revêts-moi de la force d’en-haut, / pour que je chante devant toi: / Saint est le temple spirituel / de ta gloire immaculée, / Seigneur ami des hommes.

Jadis, lorsqu’Abraham / te vit paraître devant lui / te montrant en trois personnes, / dans l’unité de la divinité, / tu révélas en image / la plus pure théologie: / Dieu unique au triple éclat, / nous te chantons fidèlement.

Celui que, dans ta divinité, / sans semence, ô Père, tu as engendré / lumière de lumière s’est levé / comme Fils consubstantiel à toi; / et de toi procède également / la lumière qu’est l’Esprit divin: / unique Dieu en trois personnes resplendissant, / nous t’adorons et glorifions.

Gloire: En un chant surnaturel / qui dépasse l’entendement, / la Trinité est glorifiée / dans le ciel comme un seul Dieu / par les esprits incorporels / qui d’une incessante voix / proclament la louange du trisagion: / avec eux chantons aussi le Seigneur trois fois saint.

Théotokion: Tu as mis au monde et dans le temps / sans semence l’Intemporel, / et le Dieu immatériel / est devenu semblable à nous / sur la terre pour nous enseigner / l’unique nature et seigneurie / du Père, du Fils et de l’Esprit: / Mère de Dieu, nous te glorifions.

Cathisme, ton 1

Devant le Père et le Fils / et l’Esprit saint prosternons-nous, / Trinité à qui même gloire est décernée, / Puissance divine incréée; / les Anges la glorifient dans le ciel / et nous sur terre en ce jour / avec crainte la célébrons fidèlement.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Nous qui offensons sans cesse la suprême bonté du Seigneur / et sommes fourvoyés sur les chemins du péché, / conduis-nous sur la voie du repentir, / Mère bénie et Vierge inépousée, / Marie, refuge des sans-espoir / et tabernacle de Dieu.

Ode 4

Montagne ombragée par la grâce de Dieu, / Habacuc t’a reconnue de son regard de voyant. / De toi, a-t-il prédit, / sortira le Saint d’Israël / pour notre salut / et notre restauration.

Triple soleil de la divinité, / répands sur moi l’éclat de tes rayons / pour que brille aux yeux de mon cœur / la beauté divine, la splendeur / qui surpasse tout esprit, / dans l’éclat de ta douce communion.

Au commencement, tu as établi les cieux / et toute leur puissance, Seigneur, / par ton Verbe créateur / et le souffle de ta bouche, l’Esprit consubstantiel: / avec eux tu règnes sur l’univers, / dans le triple éclat de ton unique majesté.

Gloire: À ton image m’ayant façonné, / à ta ressemblance m’ayant formé, / Dieu créateur et souverain, / Trinité dont l’unité n’est pas confusion, / éclaire-moi pour accomplir / ta sainte et parfaite volonté.

Théotokion: Toute pure, tu as enfanté / l’Un de la sainte Trinité: / le Fils de Dieu s’est incarné pour nous, / il est sorti de toi pour éclairer le genre humain, / dans la lumière sans déclin / et le triple éclat de la divinité.

Ode 5

Par l’éclat de ton avènement / tu as illuminé les confins de l’univers / en les éclairant, ô Christ, / par la splendeur de ta croix: / fais briller aussi la lumière de la divine connaissance / dans les cœurs qui te chantent selon la vraie foi.

Avant toute la création, / c’est sur les Anges que tu fis briller / directement les rayons / de ton inaccessible clarté: / sur qui te chante selon la vraie foi / répands-aussi ta lumière, divine Trinité.

La nature qui de ta bonté / reçut le don d’exister / te chante maintenant, / unique Dieu au triple éclat, / te demandant de lui épargner / épreuves, chutes, peines et dangers.

Gloire: Glorifions avec foi / le Père, le Fils et l’Esprit saint, / une seule nature et divinité, / partagée, mais non divisée, / unique Dieu de tout le créé, / le visible et l’immatériel.

Théotokion: D’avance, toutes les prophéties, / Vierge pure, ont décrit / ton ineffable enfantement, / que nul homme ne peut expliquer, / mais qui nous mène jusqu’au secret / de l’unique Dieu au triple éclat.

Ode 6

Le fond de l’abîme nous entourait, / et nous n’avions personne pour nous délivrer, / nous étions comptés comme brebis d’abattoir. / Sauve ton peuple, ô notre Dieu, / car tu es la force des faibles / et leur relèvement.

À pouvoir égal, ô Trinité, / tu possèdes une identique volonté; / Dieu suprême, supérieur à toute essence, / d’un seul tenant, non divisé, / en ta puissance, entoure-nous / de ta divine protection.

Gloire: À ton vouloir tu as soumis / tous les siècles, en ta bonté, / puis tu fis l’homme du néant, / insaisissable Trinité; / mais à présent délivre-moi / de toute peine et danger.

Théotokion: Du Soleil sans soir et créateur / qui mit en place puissamment / les immenses luminaires dans le ciel, / divine Épouse et Vierge immaculée, / tu fus le temple: aussi délivre-moi / de la ténèbre des passions.

Cathisme, ton 1

Devant la sainte et indivise Trinité / répartie en trois personnes sans division / et demeurant indivisible selon l’essence de la divinité, / nous les mortels, avec crainte prosternons-nous, / la glorifiant comme Créateur / et divin Seigneur de bonté.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Gouverne ma pauvre âme, ô Vierge immaculée, / et prends-la en pitié; / regarde en quel abîme elle est tombée, / sous le poids de mes péchés; / à l’heure terrible de la mort, / Vierge sainte, arrache-moi / aux démons accusateurs et à tout châtiment.

Ode 7

Nous les fidèles, nous reconnaissons en toi, / ô Mère de Dieu, / la fournaise spirituelle; / et de même qu’il a sauvé les trois Jeunes Gens, / le Très-Haut a renouvelé / en ton sein le monde entier, / le Seigneur Dieu de nos Pères, / digne de louange et de gloire.

Verbe divin, reflet consubstantiel / du Dieu tout-puissant, / qui as voulu prendre sur toi / d’habiter parmi nous, / traite-moi selon ton cœur, / avec le Père et l’Esprit, / fais que démons et tentations, / dans l’effroi, se tiennent loin de moi.

Gloire: Seigneur, afin de nous montrer / l’océan de ton amour, / tu as envoyé ton Fils / jusqu’en notre pauvreté, / pour restaurer le genre humain / dans la splendeur des premiers jours: / maintenant encore, Dieu sauveur, / éclaire-moi de ton Esprit.

Théotokion: Celui qui siège dans le ciel / sur le trône des Chérubins, / le Roi de tous, a demeuré / dans la grotte virginale de ton sein; / en son amour il a sauvé le genre humain / de la poussière du tombeau; / maintenant encore, ô Vierge. immaculée, / par tes prières entoure-moi de ta protection.

Ode 8

La fournaise qui distille la rosée / préfigure la merveille où la nature est dépassée; / car les Jeunes Gens qu’elle a reçus, / elle se garda de les brûler, / comme le feu de la divinité / habita le sein de la Vierge sans le consumer. / Aussi chantons joyeusement: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles,

D’un geste divin, Seigneur universel / en trois personnes et tout-puissant, / tu étendis les cieux comme un manteau / et fixas la terre de ta puissante main; / affermis aussi tes serviteurs, / Ami des hommes, en ton amour, / afin que, pleins d’ardeur et de foi, / dans les siècles nous puissions te glorifier.

Gloire: Illumine de ton éclat divin / ceux qui chantent le triple soleil / et l’unique essence des personnes en Dieu, / pour qu’ils puissent contempler / sans cesse les rayons de ta splendeur; / pour eux je louerai à satiété / ta douce gloire pleine de clarté / et l’exalterai dans tous les siècles.

Théotokion: Ayant assumé sans changement / la nature des humains, / ton Fils, ô Vierge sainte, en sa bonté, / l’éleva jusques aux cieux, / après l’avoir sauvée de l’antique corruption; / et, dans l’action de grâce, nous chantons: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Ode 9

Pour image de ton enfantement / nous avons le buisson ardent / qui brûlait sans être consumé; / en nos âmes nous te prions d’éteindre / la fournaise ardente des tentations, / pour qu’alors, ô Mère de Dieu, / sans cesse nous te magnifiions.

Toi qui sauves l’entière création, / l’univers sensible et spirituel, / sauve aussi tes serviteurs / de la malignité de l’Ennemi, / sainte et consubstantielle Trinité, / sauvegarde ton troupeau, / le protégeant de toute adversité.

Gloire: Pour nous montrer / l’insondable océan de ta bonté, / Dieu unique au triple éclat / et Seigneur tout-puissant, / tu nous donnas les promesses du salut, / que nous te prions d’accomplir / en faveur de tes serviteurs.

Théotokion: De nos prières entends la voix, / toi l’objet de notre foi, / Dieu unique et seul vrai Dieu / en trois personnes d’égale majesté; / à tes fidèles accorde la consolation / par les prières de la Mère de Dieu, / la Vierge pure, toute-digne de nos chants.

On termine par les Mégalynaires (voir Grand Livre d’Heures, pages 81-82), et l’Hypakoï (ou bien le Tropaire, selon l’usage slave).

LE DIMANCHE À MATINES

Cathisme I, ton 1

Les soldats gardant ton sépulcre, Sauveur, / furent terrassés par la splendeur / de l’Ange qui se manifesta / pour annoncer aux femmes ta sainte Résurrection; / et toi qui nous délivres de la mort, / nous te glorifions et nous prosternons devant toi, / Ressuscité du tombeau et notre unique Dieu.

Gloire au Père...

Sur la croix, Dieu de tendresse, tu fus cloué librement, / au tombeau tel un mortel tu fus déposé, Source de vie; / par ta mort, Tout-puissant, tu as brisé l’empire de la mort, / les geôliers de l’Enfer ont tremblé devant toi; / et ceux qui depuis les siècles s’étaient endormis, / seul Ami des hommes, tu les as réveillés avec toi.

Maintenant... Théotokion

En toi nous reconnaissons la Mère de Dieu / demeurée vierge même après l’enfantement, / nous tous qui cherchons refuge en ta bonté, / car aux pécheurs tu offres ton secours; / en toi nous trouvons au milieu des périls, / Vierge toute-pure, le salut.

Cathisme II, ton 1

Les femmes vinrent au sépulcre de bon matin, / un ange leur apparut et l’effroi les saisit; / la vie rayonnait du tombeau, / prodige qui les remplit de stupeur; / aussi allèrent-elles annoncer / aux Disciples la résurrection du Seigneur: / Le Christ, dans son pouvoir souverain, / a dépouillé l’Enfer et relevé tous les morts de la poussière du tombeau; / et la crainte de la condamnation, / il l’a bannie par la puissance de la Croix.

Gloire au Père...

Cloué sur la croix, universelle Vie, / et compté parmi les morts, Seigneur immortel, / le troisième jour tu es ressuscité, Sauveur, / pour relever Adam de la poussière du tombeau; / aussi les Puissances des cieux / te criaient, Source de vie: / Gloire à ta divine Passion, ô Christ, / gloire à ta Résurrection, / gloire à ta condescendance, seul Ami des hommes.

Maintenant... Théotokion

Marie, précieuse demeure du Seigneur, / relève-nous de l’abîme où nous sommes tombés, / délivre-nous du terrible désespoir, / de nos fautes et de toute affliction; / tu es en effet le refuge des pécheurs, / le secours, la protection et le salut de tes serviteurs.

Après le Polyéléos, les Euloghitaires de la Résurrection et la petite litanie:

Hypakoï, ton l

Le repentir du bon Larron força le Paradis, / les pleurs des Myrophores annoncèrent la joie: / ô Christ notre Dieu, tu es ressuscité / pour donner au monde la grande miséricorde.

Anavathmi, ton l

Antienne 1

Dans ma détresse, écoute mon appel: / Seigneur, c’est vers toi que je crie. Pour ceux qui vivent au désert, / sans cesse croît l’amour divin, / loin de ce monde vain.

Gloire... Maintenant...

Honneur et gloire au saint Esprit / comme au Père et au Fils; / aussi chantons l’unique majesté / de la sainte Trinité.

Antienne 2

Tu m’as hissé sur la montagne de ta Loi: / donne-moi l’éclat des vertus, / pour que je te chante, ô mon Dieu.

Ta droite, ô Verbe, me soutient: / garde-moi, protège-moi, / pour que ne me brûle le feu du péché.

Gloire... Maintenant...

En l’Esprit saint se renouvelle l’entière création, / retournant à sa première condition, / car il a même force que le Père et le Fils.

Antienne 3

Quand on m’a dit: Allons vers les parvis du Seigneur, / mon esprit s’est réjoui / et mon cœur fut comblé de joie.

Grande crainte inspire la maison de David: / des trônes y sont placés, / et là seront jugés / tout peuple et toute langue de la terre.

Gloire... Maintenant...

Au saint Esprit honneur, adoration, / gloire et puissance, comme au Père et au Fils: / en sa nature est une la Trinité, / mais trois sont les personnes.

Prokimenon, ton 1: Maintenant je vais me lever, dit le Seigneur, / je veux assurer le salut et le garantir pour toujours. Verset: Paroles sincères, les paroles du Seigneur.

Que tout ce qui vit et respire loue le Seigneur.

Évangile: l’Eothinon occurrent. ton 6

Ayant contemplé la Résurrection du Christ, / prosternons-nous devant notre saint Seigneur Jésus: / il est le seul sans péché. / Ô Christ, nous nous prosternons devant ta Croix / et nous chantons et glorifions ta sainte Résurrection, / car tu es notre Dieu, / nous n’en connaissons nul autre que toi: / ton nom, nous le proclamons; / venez, tous les fidèles, / prosternons-nous devant la sainte Résurrection du Christ; / voici que par la croix la joie a pénétré le monde entier; / sans cesse louons le Seigneur / et chantons sa Résurrection; / car en souffrant pour nous sur la croix / il a détruit la mort par sa mort.

Psaume 50.

Ton 6

Gloire au Père: Par les prières des Apôtres, / dans ta bonté, Seigneur, / efface la multitude de nos péchés.

Maintenant: Par les prières de la Mère de Dieu, / dans ta bonté, Seigneur, / efface la multitude de nos péchés.

Aie pitié de moi, ô Dieu, / en ta grande bonté, / en ton immense miséricorde / efface mon péché.

Ressuscité du tombeau, comme il l’avait prédit, / Jésus nous donne la vie éternelle / et la grande miséricorde.

Prière: Sauve, Seigneur, ton peuple, avec les 12 Kyrie eleison.

Canons, de la Résurrection (4 tropaires avec l’hirmos), Stavroanastasimos c’est-à-dire de la Croix et de la Résurrection (3), de la Mère de Dieu (3) et du Saint du jour (selon son importance 4, 6 ou 8 tropaires du Ménée). Catavasie de la Mère de Dieu.

Le canon de la Résurrection est œuvre de Jean Damascène; le Stavroanastasimos est de Cosmas.

Ode 1, ton 1

Canon de la Résurrection

Ta droite victorieuse, magnifique en sa force, / s’est couverte de gloire, car, ô Seigneur immortel, / grâce à ta puissance, / elle a broyé les ennemis / en ouvrant pour Israël / une voie nouvelle au profond de la mer.

Toi dont les mains immaculées / m’on divinement formé / du limon de la terre au commencement, / sur la croix tu étendis aussi les mains / pour rappeler de terre ce corps mortel / que tu reçus toi-même de la Vierge / pour lui conférer l’immortalité.

II livra son âme à la mort / et rendit l’esprit pour me sauver, / celui qui d’un souffle divin / créa mon âme au premier jour; / ayant brisé les chaînes de l’Enfer, / il m’a ressuscité avec lui / pour me donner la gloire de l’immortalité.

Théotokion: Source de grâce, réjouis-toi, / divine échelle et porte du ciel, / réjouis-toi, chandelier d’or, / vase où la manne est conservée, / montagne inviolée / qui pour le monde as enfanté / le Christ, cette source de vie.

Stavroanastasimos

Le Christ vient au monde, glorifiez le, / le Christ descend des cieux, allez à sa rencontre; / sur terre voici le Christ, exaltez-le, / terre entière, chante pour le Seigneur, / peuples, louez-le dans l’allégresse, / car i1 s’est couvert de gloire.

Le Christ fait chair me déifie, / le Christ m’exalte en s’abaissant, / le Christ source-de-vie me libère des passions / en souffrant corporellement; / aussi je chante, reconnaissant: / Car il s’est couvert de gloire.

Le Christ m’élève, crucifié, / le Christ mourant me fait ressusciter, / le Christ m’accorde la vie; / dans l’allégresse battant des mains, / je chante au Sauveur une hymne de victoire: / Car il s’est couvert de gloire.

Théotokion: C’est Dieu lui-même que tu conçus, / c’est le Christ qu’en la virginité, / ô Vierge, tu as enfanté; / Toute-pure, il a pris chair de ton sein, / le Fils unique dont nous reconnaissons / l’unité de personne en deux natures: / car il s’est couvert de gloire.

Canon à la Mère de Dieu

Ta droite victorieuse

Quelle hymne digne de toi / notre faiblesse peut-elle offrir, / si ce n’est le chant de joie / que Gabriel nous a révélé: / Réjouis-toi, Mère de Dieu, / Vierge et Mère inépousée.

À la Mère toujours-vierge du grand Roi / des Puissances d’en-haut, / nous les fidèles, d’un cœur pur/ nous chantons en esprit: / Réjouis-toi, Mère de Dieu, / Vierge et Mère inépousée.

Insondable est l’océan / de ton insaisissable enfantement; / d’une foi qui ne saurait douter, / nous te disons bien sincèrement: / Réjouis-toi, Mère de Dieu, / Vierge et Mère inépousée.

Catavasie: Ma bouche s’ouvrira.

Ode 3

Canon de la Résurrection

Toi qui seul connais la faiblesse de la nature humaine, / lui étant devenu semblable, dans ta compassion, / revêts-moi de la force d’en-haut, / pour que je chante devant toi: / Saint est le temple spirituel / de ta gloire immaculée, / Seigneur ami des hommes.

Après ma chute, Dieu très-bon, / tu me pris en compassion, / tu as voulu descendre jusqu’à moi / en m’élevant par ta crucifixion, / pour que je puisse te chanter: / Saint est le Seigneur de gloire / incomparable en sa bonté.

Ô Christ, tu es la véritable Vie / et tu as revêtu mon être corrompu, / toi le Dieu compatissant; / descendu dans la poussière de la mort / et détruisant la mortalité, / le troisième jour tu es ressuscité des morts, / les revêtant d’immortalité.

Théotokion: Vierge, en ton sein tu as conçu / notre Dieu par l’Esprit saint, / demeurant inconsumée malgré le feu dévorant: / c’est donc toi que le buisson, / ardant sans être consumé, / d’avance a révélé bien clairement / à Moïse le Législateur.

Stavroanastasimos

Avant les siècles, / par le Père ineffablement / le Fils est engendré; / et dans ces derniers temps, / sans semence, il a pris chair d’une Vierge; / chantons au Seigneur: / Toi qui relèves notre front, / tu es saint, ô Christ notre Dieu.

Sur ses épaules il a pris la brebis perdue / et par la croix il efface son égarement / chantons au Seigneur: / Toi qui relèves notre front, / tu es saint, ô Christ notre Dieu.

L’Esprit divin qui a ramené des Enfers / Jésus Christ le grand Pasteur, / prit aussi les Apôtres sous sa direction / pour qu’ils soient les pasteurs de toutes les nations: / adorons-le en esprit et en vérité.

Théotokion: Le Fils de Dieu qui, sans semence, a voulu / prendre chair de la Vierge, / par sa puissance a gardé sa Mère immaculée / vierge même après l’enfantement; / chantons-lui: Tu es saint, Seigneur notre Dieu.

Canon à la Mère de Dieu

Toi qui seul connais

Nuée légère en vérité, / ô Vierge, c’est ainsi / que nous te nommons, selon les prophéties, / car en toi le Seigneur est venu / pour détruire les idoles des Égyptiens / et répandre sa clarté / sur ceux qui les servaient.

Porte close et fontaine scellée, / c’est ainsi qu’en vérité / le chœur des prophètes l’a nommée, / Vierge toute-digne de nos chants, / pour représenter clairement / les symboles de ta virginité / conservée même après l’enfantement.

Jugé digne de contempler / l’Intelligence qui surpasse tout esprit, / Gabriel, ô Vierge immaculée, / t’adressa l’annonce de la joie, / te révélant bien clairement/ la conception du Verbe divin / et ton merveilleux enfantement.

Ode 4

Canon de la Résurrection

Montagne ombragée par la grâce de Dieu, / Habacuc t’a reconnue de son regard de voyant. / De toi, a-t-il prédit, / sortira le Saint d’Israël / pour notre salut / et notre restauration.

Quel est ce Sauveur qui arrive d’Édom, / la tête d’épines couronnée, / en sa robe de pourpre, suspendu au bois? / C’est le Saint d’Israël, / pour notre salut / et notre restauration.

Gent rebelle, voyez et rougissez, / car celui que vous demandiez / follement à Pilate / de mettre en croix comme un larron / a détruit la force de la mort / et comme Dieu s’est levé du tombeau.

Théotokion: Vierge, en toi nous découvrons / le nouvel arbre de vie, / car ce n’est pas un fruit de mort / qui est sorti de toi pour les mortels, / mais la grâce de vie éternelle, / le salut pour nous qui te chantons.

Stavroanastasimos

Comme le rameau fleuri de la racine de Jessé, / de la Vierge, Seigneur; / tu es issu tel une fleur; / de la montagne ombragée, / ô Christ, objet de nos chants, / tu es venu en t’incarnant / de la Vierge inépousée, / toi le Dieu immatériel: / gloire à ta puissance, Seigneur.

Quel est celui qui vient d’Edom, / magnifique en son vêtement / teint de pourpre à la vigne de Bossor? / II est beau, puisqu’il est Dieu, / mais dans son humanité / i1 a teint sa robe de son sang vermeil, / et pour lui nous chanterons: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Le Christ nous est apparu: / comme grand prêtre des biens à venir, / il efface nos péchés; / il nous montre la nouvelle voie: / pénétrant au tabernacle, / plus bel et plus parfait, / il nous précède dans le temple saint.

Théotokion: En celui qui pour nous devint nouvel Adam, / Vierge toute-digne de nos chants, / tu as payé l’obligation / contractée jadis par Ève; / en sa conception virginale, / il a fait sienne notre chair / et de ton sein il est sorti / en deux natures, le Christ Seigneur.

Canon à la Mère de Dieu

Montagne ombragée

Cieux, écoutez, terre, prête l’oreille: / merveille, une fille de mortel, / issue d’Adam le déchu / devient mère de son Créateur / pour notre salut / et notre restauration.

Ton mystère, nous le célébrons, / grand et redoutable, Toute-digne de nos chants; / à l’insu des Anges, le Dieu vivant / descendit sur toi, comme rosée sur la toison, / pour notre salut / et notre restauration.

Divine Mère, toute-digne d’être chantée / et plus sainte que tous les Saints, / attente des nations, sauvegarde des croyants, / de toi s’est levé le Rédempteur, / le Seigneur vivifiant auprès duquel / nous te prions d’intercéder pour tes serviteurs.

Ode 5

Canon de la Résurrection

Par l’éclat de ton avènement / tu as illuminé les confins de l’univers / en les éclairant, ô Christ, / par la splendeur de ta croix: / fais briller aussi la lumière de la divine connaissance / dans les cœurs qui te chantent selon la vraie foi.

Sur le bois de la croix / le grand Pasteur des brebis, / le Seigneur, fut mis à mort, / mais lui-même il a sauvé / comme brebis les morts ensevelis, / les arrachant à l’empire de la Mort.

Par ta croix tu proclamas la paix, / aux captifs tu annonças / la délivrance, Christ sauveur; / tu te jouas du Puissant, / le laissant nu et dépouillé / par ta divine Résurrection.

Théotokion: Vierge toute-digne de nos chants, / ne méprise pas, mais reçois / les demandes de qui t’invoque avec foi: / à ton Fils présente-les, / toi l’Avocate immaculée / auprès de Dieu notre unique Bienfaiteur.

Stavroanastasimos

Dieu de paix et Père de tendresse, / tu nous envoyas / l’Ange de ton Grand Conseil pour nous donner la paix: / guidés vers la lumière du divin savoir / et la nuit veillant devant toi, / Ami des hommes, nous te glorifions.

Ô richesse et profondeur de la sagesse de Dieu: / triomphant des sages, le Seigneur / nous a délivrés de leur astuce; / après sa passion librement subie, / par sa propre force, en la faiblesse de la chair, / i1 s’est levé des morts pour nous vivifier.

Étant Dieu, il s’unit à notre chair, / crucifié, il meurt, il est enseveli; / Mais le Christ se lève et glorieusement / vers son Père il monte avec sa propre chair, / en laquelle il reviendra pour sauver ses fidèles serviteurs.

Théotokion: Vierge pure, plus sainte que les Saints, / tu enfantas le Christ Sauveur, / le Saint des saints qui sanctifie les mortels: / c’est pourquoi nous te reconnaissons / comme reine et souveraine du créé, / toi la Mère du Créateur.

Canon à la Mère de Dieu

Par l’éclat de ton avènement

Te voyant, les Anges dans les cieux / et sur terre les mortels / se réjouissent à l’unisson, / car ciel et terre sont réunis, / Vierge Mère, par ton enfantement / qu’à juste titre nous glorifions.

Que toute langue et tout esprit / s’empressent de louer / la vraie parure des mortels: / la Vierge est celle, en vérité, / qui donne gloire et renommée / à qui chante ses merveilles.

Grande gloire aux chants divins, / aux cantiques adressés / à la Vierge, Mère de notre Dieu: / elle-même est devenue / de la gloire du Très-Haut / le temple saint que nous glorifions.

Ode 6

Caron de la Résurrection

Le fond de l’abîme nous entourait, / et nous n’avions personne pour nous délivrer, / nous étions comptés comme brebis d’abattoir. / Sauve ton peuple, ô notre Dieu, / car tu es la force des faibles / et leur relèvement.

Par la faute du premier-créé / nous étions grièvement blessés; / par tes blessures nous voilà guéris, / Christ Seigneur qui as souffert pour nous, / car tu es la force des faibles / et leur relèvement.

De l’Enfer, Seigneur, tu nous as ramenés, / tu as dompté le monstre dévorant / et son empire, tu l’as aboli / par la force et la puissance de ton bras, / car tu es lumière et vie / et notre Résurrection.

Théotokion: En toi exultent, Vierge immaculée, / les ancêtres du genre humain: / grâce à toi leur fut rouvert l’Éden / que par leur faute ils avaient perdu. / car tu es vierge avant que d’enfanter, / comme après l’enfantement.

Stavroanastasimos

De ses entrailles, comme il l’avait reçu, / le monstre a rejeté Jonas / comme du sein le nouveau-né; / et le Verbe pareillement / dans le sein de la Vierge est demeuré, / il prit chair et en sortit, / lui conservant son intégrité, / car il a préservé, en celle qui l’enfanta, / sa virginité.

Impassible et immatériel, / étant Dieu, le Christ unit / son intelligence à celle des mortels / qui se trouve au croisement / du charnel et du divin: / sans changement il s’unit à moi / pour apporter à tout mon être déchu / le salut par sa croix.

Adam s’écroule, dupé par le serpent et trompé dans son antique espoir / de devenir lui-même Dieu: / mais uni au Verbe il se relève divinisé, / par la Passion libéré de ses passions; / il ressuscite et, glorifié, / il trône et siège comme Fils / avec le Père et l’Esprit.

Théotokion: Sans quitter le sein du Père intemporel, / il séjourne et siège dans le sein / d’une Vierge immaculée, / celui qui, sans mère dans les cieux, / sans père s’incarne ici-bas, / roi de justice et notre Dieu: / redoutable mystère que celui / de sa naissance sans généalogie!

Canon à la Mère de Dieu

Le fond de l’abîme

Dans le ciel les Anges assistent, en serviteurs, / Mère toujours-vierge, à ton enfantement: / la façon dont tu conçois sans semence / provoque à juste titre leur étonnement, / car tu es vierge avant que d’enfanter, / comme après j’enfantement.

Ô Vierge, en toi s’est incarné / le Verbe, jusque là sans chair, / qui crée le monde en son vouloir / et du non-être fait surgir / des légions d’Incorporels, / en sa toute-puissance.

L’Ennemi fut mis à mort, / Pleine de grâce, par le Fruit / né de ton sein pour notre vie; / l’Enfer s’écroule et nous captifs / libérés, nous te crions: / Ôte les passions de notre cœur.

Kondakion

Ressuscité du tombeau dans la gloire divine, / tu as ressuscité le monde avec toi; / la nature humaine te chante comme Dieu, / la mort s’évanouit, / Adam jubile, Seigneur, / et Ève, désormais libérée de ses liens, / proclame dans l’allégresse: / Ô Christ, c’est toi qui accordes à tous / la résurrection.

Ikos

Chantons le Dieu tout-puissant / ressuscité le troisième jour: / il brise les portes de l’Enfer / et réveille ceux qui gisaient dans les tombeaux; / aux Myrophores il daigne se montrer: / ce furent les premières qui reçurent son salut; / aux Apôtres il révèle la joie / comme unique donateur de la vie; / les Femmes s’en vont chez les Disciples avec foi / leur annoncer la victoire du Christ / l’Hadès gémit, la Mort est tout en pleurs, / le monde exulte en la joie universelle: / Ô Christ, c’est toi qui accordes à tous / la résurrection.

Ode 7

Canon de la Résurrection

Nous les fidèles, nous reconnaissons en toi, / ô Mère de Dieu, / la fournaise spirituelle; / et de même qu’il a sauvé les trois Jeunes Gens, / le Très-Haut a renouvelé / en ton sein le monde entier, / le Seigneur Dieu de nos Pères, / digne de louange et de gloire.

La terre tremble, le soleil s’est obscurci, / la lumière s’est changée en ténèbre / et le voile du temple s’est déchiré, / tandis que se fendent les rochers, / car le Juste sur la croix / de terre est élevé, / le Dieu de nos Pères à qui revient / louange et haute gloire.

Librement devenu semblable à nous, / comme un homme fini / qu’on laisse parmi les morts, / â main forte, Dieu très-haut, / tu libéras le genre humain, / le ressuscitant avec toi, / Dieu de nos Pères à qui revient / louange et haute gloire.

Théotokion: Réjouis-toi, source du Flot toujours vivant, / paradis de délices, réjouis-toi, / forteresse des croyants, / Épouse inépousée; / réjouis-toi, l’universelle joie, / car de toi s’est levé pour nous / le Dieu de nos Pères à qui revient / louange et haute gloire.

Stavroanastasimos

Les Jeunes Gens élevés dans la piété, / méprisant l’ordre impie du tyran, / furent sans crainte devant le feu, / mais au milieu des flammes ils chantaient: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Par la main du fratricide, rougie du sang d’Abel, / jadis la terre fut objet de malédiction; / mais, purifiée par le flot divin de ton sang, / digne de bénédiction, elle s’écrie dans la joie: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Que la foule des adversaires de Dieu / déplore la crucifixion du Christ / et qu’alors se réjouissent les nations, / battant des mains et s’écriant: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Maintenant: Voici qu’aux Myrophores un Ange étincelant / se montra, disant: Venez et voyez / les signes de la résurrection du Christ; / près du linceul, du tombeau vide, chantez: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Canon à la Mère de Dieu

Nous les fidèles

Dans l’Échelle, prophétiquement, / Jacob t’a reconnue, ô Mère de Dieu, / car sur terre le Très-Haut / s’est manifesté grâce à toi / et selon son bon vouloir / il a vécu parmi les hommes, / le Dieu de nos Pères à qui revient / louange et haute gloire.

Vierge sainte, réjouis-toi: / de ton sein fut enfanté / par toi, fille d’Adam / le Pasteur qui endossa / mon entière humanité, / l’Amour sans limites, le Très-Haut, / le Dieu de nos Pères à qui revient / louange et haute gloire.

De tes entrailles immaculées/ le Dieu d’avant les siècles est devenu, / en vérité, nouvel Adam: / supplie-le donc à présent / de renouveler en moi / le vieil homme pour chanter / le Dieu de nos Pères à qui revient / louange et haute gloire.

Ode 8

Canon de la Résurrection

Dans la fournaise, comme en un creuset, / brillèrent les enfants d’Israël / par l’éclat de leur piété plus pure que l’or fin, / et ils se mirent à chanter: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / louez-le, exaltez-le dans tous les siècles.

Par ton vouloir tu crées et transformes l’univers, / par ta passion tu changes, ô Verbe de Dieu, / l’ambre de la mort en éternelle vie; / et nous, d’une voix incessante, / toutes tes œuvres, nous te louons, Seigneur, / et t’exaltons dans tous les siècles.

Aux portes de l’Enfer, en ses remparts, / Christ, tu as bouté la ruine et destruction / en ressuscitant de tombe le troisième jour; / et nous, d’une voix incessante, / toutes tes œuvres, nous te louons, Seigneur, / et t’exaltons dans tous les siècles.

Théotokion: Celle qui sans germe et sans labours / sous l’éclair de la divinité / enfanta le Christ, cette pierre de grand prix, / chantons-la, bénissant Dieu et disant: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Stavroanastasimos

La fournaise qui distille la rosée / préfigure la merveille où la nature est dépassée; / car les Jeunes Gens qu’elle a reçus, / elle se garda de les brûler, / comme le feu de la divinité / habita le sein de la Vierge sans le consumer. / Aussi chantons joyeusement: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles.

Venez, peuples, vénérons le lieu / où se tinrent les pieds immaculés, / où s’étendirent sur le bois / les divines et vivifiantes mains du Christ / pour le salut du genre humain; / autour du sépulcre de la Vie nous chanterons: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles.

Réfutant l’injuste accusation des Pharisiens, / ces meurtriers de notre Dieu, / celui qu’ils firent passer pour imposteur / par sa puissance est ressuscité, / malgré les scellés posés par les impies; / aussi chantons joyeusement: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles.

Triadique: De leur voix pure les Séraphins / chantant l’hymne du Trois-fois-Saint et contemplant / la divine gloire de l’unique Seigneurie, / dans la crainte propre aux serviteurs, / en trois personnes glorifient la Divinité; / avec eux chantons dévotement: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles.

Canon à la Mère de Dieu

Dans la fournaise

La chambre nuptiale pleine de clarté / d’où le Christ, seigneur de l’univers, / s’est avancé comme un époux, / chantons-la, clamant à l’unisson: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Réjouis-toi, glorieux trône de Dieu, / réjouis-toi, forteresse des croyants: / de toi le Christ Lumière s’est levé / sur ceux de la ténèbre qui chantent pour te magnifier: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Auprès du Dieu que tu conçus / pour qu’il donne au monde le salut, / Vierge toute-digne de nos chants, / intercède pour ceux qui clament sans répit: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Ode 9

Canon de la Résurrection

Pour image de ton enfantement / nous avons le buisson ardent / qui brûlait sans être consumé; / en nos âmes nous te prions d’éteindre / la fournaise ardente des tentations, / pour qu’alors, ô Mère de Dieu, / sans cesse nous te magnifiions.

Comment la multitude sans foi ni loi, / méditant de noirs desseins, / a-t-elle justifié le malfaiteur / et jugé digne de la croix / le Seigneur de gloire juste et bon / qu’en action de grâce nous magnifions?

Agneau sans tache, Dieu sauveur / qui enlèves le péché du monde, / toi qui ressuscites le troisième jour, / nous te chantons et glorifions / avec le Père et l’Esprit saint: / Seigneur de gloire, nous te magnifions.

Théotokion: Sauve ton peuple, Seigneur, / celui qu’au prix de ton sang / tu as acquis et racheté; / rends-nous vainqueurs de l’ennemi, / donne à tes Églises la paix / par l’intercession de la Mère de Dieu.

Stavroanastasimos

Je vois un mystère étonnant / qui dépasse l’entendement: / une grotte est devenue le Ciel / et la Vierge remplace le trône des Chérubins; / la crèche est la demeure où repose / celui que l’univers entier ne pouvait contenir, / le Christ notre Dieu infini / que nous chantons et magnifions.

Par ta puissance inégalée / ta croix, Seigneur, est glorifiée, / car ta faiblesse est apparue / plus puissante aux yeux de tous; / c’est ainsi que les puissants / sont renversés de leurs trônes, / mais de terre les humiliés / sont élevés jusqu’aux cieux.

La pâle Mort qui nous tenait / à son tour est mise à mort, / car, aux Enfers apparaissant, / aux captifs tu fis le don / de se lever d’entre les morts; / notre Vie, notre Résurrection, / ô Lumière personnifiée, / par des hymnes nous te magnifions.

Triadique: Sans limites dans le temps / le Dieu suprême, incirconscrit / est révélé en trois personnes / dans l’unité de sa divinité: / à qui la sert fidèlement / elle accorde le salut / la divine Monarchie, / Père, Fils et saint Esprit.

Canon à la Mère de Dieu

Pour image de ton enfantement

Sur la racine de David l’ancêtre de Dieu, / Vierge, tu as fleuri selon les prophéties, / mais en somme c’est bien toi / qui as glorifié David / en enfantant le Roi de gloire promis / qu’en action de grâce nous magnifions.

Tout degré de laude est surpassé, / Toute-sainte, par ta gloire inégalée, / mais de tes indignes serviteurs / veuille accueillir, en ta bonté, / l’hymne offerte avec amour, / souveraine Mère de Dieu.

Tes merveilles dépassent l’entendement, / car toi seule, ô Vierge immaculée, / sous le soleil tu donnes à tous / de percevoir l’ultime exploit / de ton ineffable enfantement, / et d’un même cœur nous te magnifions.

Catavasie et petite litanie, puis:

Saint est le Seigneur notre Dieu.

Exapostilaire du dimanche et son théotokion (voir l’Appendice après le ton 8).

Laudes, ton 1

On chante 8 stichères:

Pour exécuter sur eux la sentence prononcée; / et la gloire en sera pour tous les saints.

Ô Christ, nous chantons / ta Passion qui nous sauve / et nous glorifions ta sainte Résurrection.

Louez Dieu dans son sanctuaire, / louez-le au firmament de sa puissance.

Toi qui souffris la croix pour terrasser la mort / et d’entre les morts es ressuscité, / établis notre vie dans la paix, / Seigneur tout-puissant.

Louez-le pour ses hauts faits, / louez-le pour sa suprême majesté.

Ô Christ, vainqueur de l’Enfer, / tu nous as tous ressuscités par ta sainte Résurrection: / donne-nous un cœur pur / pour te chanter et te glorifier dignement.

Louez-le par l’éclat du cor, / louez-le sur la harpe et la cithare.

Glorifiant ta divine condescendance, / ô Christ, nous te chantons: / sans être séparé du Père, tu es né d’une vierge, / en ton humanité tu as souffert librement sur la croix; / du tombeau tu es sorti comme d’une chambre nuptiale / pour sauver l’univers: / Seigneur, gloire à toi.

* * *

Louez-le sur la lyre et le chalumeau, / louez-le par la danse et le tambour.

Lorsque tu fus cloué sur l’arbre de la croix, / tu détruisis la force de l’Ennemi; / la création trembla devant toi, / par ta puissance l’Enfer fut terrassé, / tu ressuscitas les morts de leurs tombes, / au Larron tu ouvris le Paradis: / Christ notre Dieu, gloire à toi.

Louez-le par le son des cymbales, / louez-le par les cymbales triomphantes. / Que tout ce qui vit et respire loue le Seigneur!

Les saintes femmes, tout en larmes, / se hâtèrent vers ton sépulcre: / mais, ayant trouvé la tombe ouverte / et reçu de l’Ange l’étonnante et prodigieuse nouvelle, / elles allèrent annoncer aux Apôtres: / Le Seigneur est ressuscité / pour donner au monde la grande miséricorde.

Lève-toi, Seigneur mon Dieu, et dresse ta main, /

ne laisse pas dans l’oubli les malheureux jusqu’à la fin.

Devant les divines plaies de ta Passion, / Christ notre Dieu, nous nous prosternons / et devant le sacrifice du Seigneur en Sion / vers la fin des siècles divinement accompli; / Soleil de justice, tu as illuminé / ceux qui dormaient dans les ténèbres de la mort, / les conduisant vers la lumière sans déclin: / Seigneur, gloire à toi.

Je te rends grâce, Seigneur, de tout mon cœur, / j’énonce toutes tes merveilles.

Que disent les soldats / préposés à la garde du Christ / où sont les scellés du tombeau, / en quel lieu fut transféré le Seigneur enseveli, / où fut vendu celui qui n’avait pas de prix, / comment fut dérobé l’inestimable trésor? / Pourquoi taxer de fraude la résurrection du Crucifié, / vous qui transgresser sans cesse la loi de Dieu? / Il est vraiment ressuscité, / celui qui est libre parmi les morts / et donne au monde la grande miséricorde.

Gloire au Père...

On lit ou chante l’Eothinon du dimanche (voir à la fin de ce livre).

Maintenant... Théotokion

Tu es toute bénie, Vierge Mère de Dieu, / car celui qui a pris chair de toi a triomphé de l’Enfer; / par lui Adam et Ève furent délivrés de la malédiction, / la mort fut mise à mort et nous avons été vivifiés; / c’est pourquoi nous élevons la voix pour chanter: / béni sois-tu, ô Christ notre Dieu, qui l’as voulu ainsi! Gloire à toi.

Grande Doxologie, Tropaire de Résurrection, Litanies et Congé.

LE DIMANCHE À LA LITURGIE

Béatitudes, ton 1

Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam / lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, / mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron / qui lui criait: Souviens-toi de moi, Seigneur, / quand tu entreras dans ton royaume.

Je me prosterne devant ta Passion / et je glorifie ta sainte Résurrection; / avec Adam et le bon Larron / je te crie: Souviens-toi de moi, Seigneur, / quand tu entreras dans ton royaume.

Librement, Seigneur sans péché, / tu as souffert la croix et la mise au tombeau; / mais, comme Dieu, tu es ressuscité, / faisant surgir avec toi / Adam qui s’écrie: Souviens-toi de moi, Seigneur, / quand tu entreras dans ton royaume.

Le temple de ton corps, tu l’as relevé / du tombeau le troisième jour; / avec Adam, ô Christ notre Dieu, / tu as ressuscité le genre humain, / qui chante: Souviens-toi de moi, Seigneur, / quand tu entreras dans ton royaume.

À ton sépulcre se rendirent de bon matin / les Myrophores tout en larmes, ô Christ notre Dieu; / elles y trouvèrent un Ange vêtu de blanc, / assis sur la pierre et disant: Que cherchez-vous? / Le Christ est ressuscité, ne pleurez plus.

Sur la montagne que tu leur avais indiquée / tes Apôtres arrivèrent, Seigneur; / et, lorsqu’ils te virent, Sauveur, / ils se prosternèrent devant toi; / vers les nations tu les envoyas / pour les instruire et baptiser.

Gloire au Père...

Devant le Père prosternons-nous, / glorifions le Fils et l’Esprit saint; / ensemble chantons d’une même voix: / Trinité sainte, sauve-nous.

Maintenant... Théotokion

Ton peuple te présente, ô Christ, / ta Mère pour intercéder devant toi; / par ses prières, Dieu de bonté, / montre-nous ta compassion; / ainsi nous pourrons glorifier, / Seigneur, ta sainte Résurrection.

Lundi

LE DIMANCHE SOIR À VÊPRES

Lucernaire, ton 1

Par ton Verbe et ton Esprit, / en ta bonté, Seigneur, tu créas l’univers; / puis tu fis de moi un être vivant / pour que je glorifie, Dieu tout-puissant, ton saint nom; / mais par de viles actions / je l’ai surtout déshonoré: / fais-moi grâce, je t’en prie.

Pauvre âme, souviens-toi / de ton origine divine et de la céleste patrie, / et par tes œuvres de bien / efforce-toi de la rejoindre en tout temps; /, détache-toi des choses périssables, / car ton destin, c’est l’au-delà, / mais ton corps terrestre périra: / qu’en toi le mal ne triomphe sur le bien!

Allons, ma pauvre âme, / rejoins dans les larmes / le Dieu de toute bonté, / confessant tous tes actes avant l’heure du jugement; / rends-toi propice le Créateur / et demande pardon / avant que le Seigneur ne ferme la porte devant toi.

* * *

Anges incorporels / qui vous tenez près du trône de Dieu, / sans cesse illuminés de ses rayons, / dans l’éclat de l’éternelle clarté, / au point de devenir lumière à votre tour, / intercédez auprès du Christ / pour qu’à nos âmes il accorde la paix et la grande miséricorde.

Anges immortels / qui avez reçu en vérité / l’impérissable vie du Dieu vivant, / riches d’une gloire qui ne peut passer, / vous êtes les augustes contemplateurs / de la Sagesse sans fin / et, remplis de lumière, / vous apparaissez justement comme lampes allumées.

Anges et Archanges, Principautés, / Trônes, Dominations, / Séraphins aux six ailes et Chérubins aux yeux innombrables, / vous les instruments de la Sagesse de Dieu, / Puissances et Vertus, / intercédez auprès du Christ / pour qu’à nos âmes il accorde la paix et la grande miséricorde.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Divin char de pureté / qui dépasses tout esprit, / Marie, emporte-moi loin du cercle de mes péchés, / conduis-moi au pays de repentance, / m’entourant de ta puissante protection: / tu en as le pouvoir comme Mère du Dieu tout-puissant.

Prokimenon, ton 8: Et maintenant bénissez le Seigneur, / tous les serviteurs du Seigneur.

Verset: Debout dans la maison du Seigneur, dans les parvis de la maison de notre Dieu.

Apostiches, ton 1

Immense est l’océan / de mes fautes, Sauveur; / j’enfonce dans le gouffre du péché: / comme à Pierre donne-moi la main; / sauve-moi, ô mon Dieu et prends pitié de moi.

Vers toi j’élève mes yeux, vers toi qui habites les cieux; les voici comme des yeux d’esclaves vers la main de leur maître. Comme les yeux d’une servante vers la main de sa maîtresse, ainsi nos yeux se tournent vers le Seigneur notre Dieu, dans l’espérance qu’il nous montre sa miséricorde.

Sauveur, me voilà condamné / par mes pensées et mes œuvres impies: / accorde-moi des sentiments de repentir, / afin que je te crie, ô mon Dieu: / sauve-moi, dans ta bonté, et prends pitié de moi.

Aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous, car trop de mépris nous rassasie, au point que notre âme déborde. Que l’opprobre soit sur les suffisants / et que le mépris retombe sur les orgueilleux!

Par les prières de tous les Saints et de la Mère de Dieu, / Seigneur, donne-nous la paix et prends pitié de nous, / toi le seul compatissant.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Allégresse des Anges dans le ciel, / sur terre protectrice du genre humain, / Vierge pure, sauve-nous / qui cherchons un refuge auprès de toi, / car après Dieu notre espoir repose en toi, ô Mère de Dieu.

LE DIMANCHE SOIR À COMPLIES

Ode 1, ton 1

Ta droite victorieuse, magnifique en sa force, / s’est couverte de gloire, / car, ô Seigneur immortel, / grâce à ta puissance, / elle a broyé les ennemis / en ouvrant pour Israël / une voie nouvelle au profond de la mer.

Ineffablement tu as conçu notre Dieu, / hors des lois de la nature tu l’as enfanté, / Souveraine tout-immaculée, / pour détourner les hommes du péché; / c’est pourquoi je te supplie: / de mes péchés si nombreux / veuille me délivrer.

J’enfonce dans le sombre océan / des fautes sans nombre et des afflictions; / mais toi, grâce au gouvernail / de ton intercession efficace / fais que j’aborde au port serein / de la divine conversion.

Gloire: Divine Mère immaculée, / toi qui veilles sur mon entière vie, / me sauvant de nombreux périls, / je t’adresse mon chant / d’action de grâce et je te prie / de m’arracher aussi / aux châtiments à venir.

Maintenant: Des épreuves survenant / délivre-moi en apaisant / la tempête des périls, / Mère tout-immaculée / de notre divin créateur et rédempteur, / et m’accordant la grande miséricorde / pour que je sois purifié.

Ode 3

Toi qui seul connais la faiblesse de la nature humaine, / lui étant devenu semblable, dans ta compassion, / revêts-moi de la force d’en-haut, / pour que je chante devant toi: / Saint est a le temple spirituel / de ta gloire immaculée, / Seigneur ami des hommes.

La vue de ta gloire immaculée / inspire aux Anges le respect / et procure aux hommes le salut, / tandis qu’elle provoque l’effroi chez les esprits du mal; / et nous, baisant ton image et te vénérant, / nous sommes illuminés. / divine Mère, en nos âmes.

De ton sein virginal / a pris sa propre chair / le Seigneur et Créateur: / Toute-pure, supplie-le: / corrompu que je suis par mes viles actions, / qu’il me prenne en pitié, / dans son ineffable compassion.

Gloire: Puissé-je trouver en toi / la sauvegarde de ma vie, / l’invincible rempart, / après ma fin la protection, / l’inébranlable secours me conduisant/ vers Dieu et la vie immortelle, / la gloire éternelle, Vierge immaculée.

Maintenant: Sans semence fut ta conception, / sans corruption ton enfantement, / car l’enfanté, c’était Dieu / manifestement, pour rappeler / de sa chute la condition humaine ; / aussi à juste titre et en toute vérité / nous célébrons ta divine maternité.

Ode 4

Montagne ombragée par la grâce de Dieu, / Habacuc t’a reconnue de son regard de voyant. / De toi, a-t-il prédit, / sortira le Saint d’Israël / pour notre salut / et notre restauration.

L’irrésistible élan me pousse vers le mal / avec le concours de l’ennemi / et mes habitudes dépravées: / Souveraine, viens m’aider / avant que ne me contraigne à la conversion par la mort / la perdition totale qui va fondre sur moi.

J’ai gaspillé tout le temps de ma vie / en de sombres débauches, / des fautes graves, et maintenant / les bourreaux entraînent ma pauvre âme: / virginale Génitrice de Dieu, / viens â mon secours.

Gloire: Entends le cri de douleur / que du fond de mon âme / je pousse avec gémissements: / accorde-moi, Vierge pure, la rémission / des fautes que j’ai commises, / dans l’égarement de ma pensée et de mon cœur.

Maintenant: Souveraine du monde, ô Mère de Dieu, / viens à mon aide. / car l’ennemi détestable / m’oppresse trop fort par de mauvais désirs, / des raisonnements qui tendent à me séparer de Dieu: / n’exprime envers moi ni rejet ni dédain

Ode 5

Par l’éclat de ton avènement / tu as illuminé les confins de l’univers / en les éclairant, ô Christ, / par la splendeur de ta croix: / fais briller aussi la lumière de la divine connaissance / dans les cœurs qui te chantent selon la vraie foi.

En toi, ô Mère de Dieu, / j’ai pour me sauver le prompt secours; / c’est pourquoi je me prosterne devant toi / et dans les larmes je te crie: sauve-moi / des flèches de l’ennemi / et du jugement à venir.

C’est toi, ô Mère de Dieu, / ma force, mon allégresse, ma fierté, / ma sauvegarde, mon secours, / mon refuge, mon invincible protection, / Toute-sainte, procure donc / à ton serviteur le salut.

Gloire: Ma pauvre âme souillée par les passions, / par tes prières auprès de Dieu / avec l’hysope purifie-la, / divine Mère immaculée, / toi qui lui procures le vêtement lumineux du salut.

Maintenant: De ma vie sois le ferme gouvernail, / me sauvant de l’agitation / à laquelle m’exposent nombre de périls / et au jour de mon départ, / je t’en prie, sois près de moi / pour me sauver, Mère du Christ notre Dieu.

Ode 6

Le fond de l’abîme nous entourait, / et nous n’avions personne pour nous délivrer, / nous étions comptés comme brebis d’abattoir. Sauve ton peuple, ô notre Dieu, / car tu es la force des faibles / et leur relèvement.

Divine Génitrice et Vierge immaculée, / veuille étendre ta main / pour me retirer du gouffre des maux que, par manque de raison, / à ma pauvre âme, hélas, / j’ai procuré pour mon malheur.

Lève-toi pour me secourir, / moi ton serviteur qui ai mis / mon espoir, après Dieu, / sur ton invincible protection, / de peur que, me prenant de force, l’ennemi / ne provoque ma disparition.

Gloire: Comme guérisseuse des patients / et relèvement de ceux qui ont chu, / propitiation des pêcheurs, / divine Mère, te reconnaissant, / je me prosterne en larmes et je te crie: / dans ta puissance, sauve-moi de la perdition.

Maintenant: Ma pauvre âme, Vierge immaculée, / aie pitié d’elle et hâte-toi / de l’arracher aux griffes du Mauvais; / car il s’empresse de l’envoyer / vers la perdition, à cause des péchés / que par négligence elle a commis.

Cathisme

Nous tous, ô Vierge immaculée, / qui t’avons pour intercéder auprès de Dieu, / nous accourons vers ton temple saint, / te demandant de nous procurer le pardon; / Toujours-vierge, délivre-nous donc / des méfaits du diable, des châtiments / et d’une sentence. redoutable tous ceux / qui te disent bienheureuse en tout temps.

Ode 7

Nous les fidèles, nous reconnaissons en toi, / ô Mère de Dieu, / la fournaise spirituelle; / et de même qu’il a sauvé les trois Jeunes Gens, / le Très-Haut a renouvelé / en ton sein le monde entier, / le Seigneur Dieu de nos pères, / digne de louange et de gloire.

Du Maître tu es devenue / le tabernacle divin / en le concevant dans ton sein / et l’enfantant dans la chair, / seule tout-immaculée; / délivre-nous donc / des passions, du péché, des afflictions, des maladies, / toi qui en as le pouvoir souverain.

Apaise l’insupportable douleur / de ma pauvre âme, Vierge immaculée, / en m’accordant la joie véritable, / Souveraine, et me sauvant / de la tempête déchaînée de mes nombreux péchés; / car tu es pour moi / refuge et délivrance.

Gloire: Voici que je mets en toi / tout l’espoir de mon salut, / car en toi j’ai le secours, / l’invincible rempart, / l’assurance la plus vraie / et j’espère grâce à toi, / notre Dame, obtenir / le royaume des cieux.

Maintenant: Tu es devenue l’orient / du Soleil de gloire, Vierge immaculée; / grâce à toi, en effet, / il a paru pour tous nous délivrer / de l’ignorante obscurité / et des ténébreuses transgressions; / c’est pourquoi je te crie: / des ténèbres extérieures délivre-moi.

Ode 8

Dans la fournaise, comme en un creuset, / brillèrent les enfants d’Israël / par l’éclat de leur piété plus pure que l’or fin, / et ils se mirent à chanter: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / louez-le, exaltez-le dans tous les siècles.

La terrible tempête des passions / afflige mon âme; mais toi, ô Vierge immaculée, / qui as enfanté le pourvoyeur, / la cause du calme et de la paix, / divine Mère, m’assurant paisible condition, / comble-moi d’allégresse, de radieuse sérénité.

Tu t’es montrée pour nous l’intendante du salut, / divine Mère, en enfantant / le sauveur et souverain de l’univers; / aussi je te prie d’accorder / le salut à ma pauvre âme, pour qu’avec foi / dans les siècles elle puisse te chanter.

Gloire: Toi qui d’ineffable manière as conçu / le divin créateur de l’univers, / sauve-moi de la perdition, / de toute épreuve et donne-moi de chanter / sans cesse: Bénissez, toutes ses œuvres, le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Maintenant: Le divin Créateur de l’univers / que tu as mis au monde, ô Vierge, supplie-le / d’accorder le pardon de leurs péchés, / la fin des périls, des afflictions, / la délivrance de la flamme éternelle et du châtiment / à ceux qui font sans fin l’éloge de ta gloire.

Ode 9

Pour image de ton enfantement / nous avons le buisson ardent / qui brûlait sans être consumé; / en nos âmes nous te prions d’éteindre / la fournaise ardente des tentations, / pour qu’alors, ô Mère de Dieu, / sans cesse nous te magnifiions.

Divine Mère tout-immaculée, / ouvre-moi les entrailles de ta compassion / et délivre-moi / de la gueule du Loup / qui cherche à me faire périr; / aie pitié de moi, je t’en prie, / ne repousse pas ton serviteur.

De toute ma vie tu as été / le secours, la ferme protection, / et tu m’as délivré / de tant de périls et d’afflictions, / du bavardage des ennemis: / Toute-pure, délivre-moi aussi / du feu qui brûle sans fin.

Gloire: Seule visiteuse des souffrants, / unique relèvement de ceux qui ont chu, / seule tu nous guides vers Dieu / et seule tu nous fais accéder / aux biens de l’éternité: / prends donc pitié de moi / qui seul ai péché plus que tous.

Maintenant: Agrée en ce moment / ma prière et mes pleurs. / m’accordant la rémission / des nombreuses fautes et transgressions / que j’ai commises, ô Mère de Dieu, / et de l’immense désespoir où je risque de finir / sauve-moi, Souveraine toute-digne de nos chants.

LE LUNDI À MATINES

Après l’hexapsalme (et la grande litanie), on chante Le Seigneur est Dieu, puis le tropaire du Saint du jour.

En Carême, on chante l’Alléluia, puis les triadiques du ton occurrent (voir à la fin de ce livre).

Cathisme I

Dans le péché ma mère m’a conçu / et, comme le Prodigue, je n’ose regarder en haut, vers le ciel, / mais ton amour me donne confiance et je te crie: / ô Dieu, fais-moi grâce et sauve-moi.

Si le juste est à peine sauvé, / où me montrerai-je, pécheur que je suis? / je n’ai porté ni le poids ni la chaleur du jour, / mais avec ceux de la onzième heure compte-moi, / ô mon Dieu, et sauve-moi.

Vierge pure, bénie dans les cieux / et glorifiée sur terre, / réjouis-toi, Épouse inépousée.

Cathisme II

Seigneur, hâte-toi de m’ouvrir tes bras paternels, / car j’ai follement dépensé toute ma vie; / considère le trésor inépuisable de ta pitié, / Sauveur, ne méprise pas la pauvreté de mon cœur / vers toi, Seigneur, je crie plein de componction: / Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi.

Redoutable est le tribunal, / juste ton jugement et mauvaises mes actions; / mais toi, Dieu de tendresse, / viens me sauver et me délivrer du châtiment; / ô Maître, préserve-moi du sort des réprouvés / et rends-moi digne de me tenir à ta droite, juste juge.

Gouverne ma pauvre âme, ô Vierge immaculée, / et la prends en pitié, / regarde en quel abîme elle est tombée / sous le poids de mes péchés; / à l’heure terrible de la mort, / Vierge sainte, arrache-moi / aux démons accusateurs et à tout châtiment.

Cathisme III

Follement je me suis éloigné de toi, Seigneur, / comme le Prodigue j’ai dépensé toute ma vie; / comme un esclave j’ai servi / chaque jour les passions insensées; / mais toi, Père de tendresse, je te prie, / par l’intercession des Anges accueille-moi / comme le Fils prodigue et sauve-moi.

Seigneur, gloire des combats et couronne des vainqueurs, / tu es la parure des Martyrs glorieux: / par leur constance dans les épreuves ils ont mis en fuite les impies / et du ciel ils ont reçu la victoire par la puissance de Dieu; / Seigneur, par leurs prières délivre-moi / de l’invisible Ennemi et sauve-moi.

Vierge plus haute que les Anges immatériels / et seule surpassant les hiérarchies célestes, / des Anges tu reçois la louange qui t’est due, / mais avec eux intercède auprès de ton Fils / pour qu’il me délivre de la tyrannie des passions.

Ode 1

Ta droite victorieuse, magnifique en sa force, / s’est couverte de gloire, / car, ô Seigneur immortel, / grâce à ta puissance, / elle a broyé les ennemis / en ouvrant pour Israël / une voie nouvelle au profond de la mer.

La multitude de mes péchés, / en ta grande tendresse, ô Christ, / je t’en prie, efface-la; / et donne-moi la conversion du cœur / pour que je puisse glorifier / ta miséricorde infinie / qui dépasse tout esprit.

Sur la terre en ton grand amour, / ô Jésus, tu apparus / comme un homme, corporellement; / plus que tout homme j’ai péché, / mais à présent, Verbe de Dieu, / voyant ma conversion, accueille-moi / qui me prosterne devant toi.

Imitant la Passion du Christ / qui librement souffrit la mort, / généreux Martyrs, vous avez enduré / toutes sortes de tourments / et la mort, au prix de quoi / vous avez reçu la vie éternelle.

En votre âme ayant porté / plus que tous le feu de l’amour divin, / saints Martyrs, devant le feu / vous n’avez pas hésité, / mais par l’offrande chaleureuse de vos tourments / vous avez mis en flammes les faux-dieux.

À nous s’unissent dans le ciel / les Esprits incorporels / pour te louer, Vierge toute-digne de nos chants: / en ton sein tu as donné un corps / à celui que nul ne peut cerner, / demeurant, divine Fiancée, / vierge comme avant l’enfantement.

* * *

Ta droite victorieuse

Très-saints Anges qui vous tenez / lumineux près du trône du Seigneur, / priez le Père coéternel / et l’Ange de son grand Conseil / qu’ils inspirent mon verbe pour vous chanter.

À l’origine de la création / la divine Intelligence a établi / les hiérarchies angéliques / comme autant de miroirs pour refléter / les rayons de son triple soleil.

Celui qui a disposé / comme Dieu les puissances d’en-haut, Vierge Mère, a demeuré / dans ton sein immaculé / et sans changement s’est incarné.

Ode 3

Toi qui seul connais la faiblesse de la nature humaine, / lui étant devenu semblable dans ta compassion, / revêts-moi de la force d’en-haut, / pour que je chante devant toi: / Saint est le temple spirituel / de ta gloire immaculée, / Seigneur ami des hommes.

Allons, ma pauvre âme, reviens à la raison / invoquant ton créateur / qui connaît tous tes secrets, / et montre les fruits du repentir / afin que le Seigneur de compassion / te prenne en pitié / et te délivre du feu éternel.

Traînant l’essaim de mes péchés, / sous le poids de mes fautes gémissant /` et rempli de confusion, / comme l’humble Publicain / dans la crainte je te crie: / Fais-moi grâce, Dieu très-bon, /` fais-moi grâce et sauve-moi.

Pleins de science et de sagesse vraies, / les Martyrs ont fait paraître pour folie / la sagesse des Grecs / et vaincu les sophismes du Mauvais; / pour leur vaillance ils ont reçu / la récompense méritée, / dans la joie la couronne des vainqueurs.

Saints Martyrs qui avez confessé / des personnes la trinité / en l’unique essence de la divinité, / vous avez détruit par votre foi / le culte des faux-dieux / et comme phares avez illuminé les cœurs / aux rayons de la charité.

Sainte Épouse de notre Dieu, / tu as saintement enfanté / celui qui repose parmi les Saints, / le Fils et Verbe coéternel / qui partage du Père l’éternité / et sanctifie dans le saint Esprit / ceux qui le glorifient pieusement.

* * *

Ils sont proches de la lumière issue de Dieu, / les Séraphins qui la reçoivent sans réfraction; / sa clarté les comble de multiples façons / pour qu’ils réfléchissent clairement / l’énergie naissante des premiers rayons, / et si près de la divinité / ils sont eux-mêmes une seconde source de clarté.

Avec zèle nous voulons chanter / l’éclat des Anges et leur splendeur; / d’un cœur pur, avec des lèvres purifiées / nous les fidèles, demandons / le secours offert par Dieu / grâce à leur intercession, / pour acquérir la même clarté.

Jugé digne de contempler / l’Intelligence qui surpasse tout esprit, / Gabriel, ô Vierge immaculée, / t’adressa l’annonce de la joie, / te révélant bien clairement / du Verbe la conception / et ton merveilleux enfantement.

Ode 4

Montagne ombragée par la grâce divine, / Habacuc t’a reconnue de son regard de voyant. / De toi, a-t-il prédit, / sortira le Saint d’Israël / pour notre salut et notre restauration.

Pauvre âme, à qui te comparer, / toi qui perpètres le mal / et n’opères pas le bien? / Reviens à Dieu, crie à celui qui s’est appauvri librement pour toi: / Toi qui sondes les cœurs, / fais-moi grâce et sauve-moi.

À qui revient vers le Seigneur, / Sauveur, tu offres la conversion: / avant le terme de ma vie, / Dieu de bonté, accorde-moi / la componction, le repentir / pour imiter la Pécheresse qui jadis / embrassa tes pieds immaculés.

Abreuvés aux flots de l’Esprit saint, / fleuves d’eau vive, les Martyrs / sous la divine inspiration / asséchèrent les torrents bourbeux / des fausses vénérations / et dans l’Esprit, ô Christ, / ils ont arrosé les âmes des croyants.

Vaillamment les saints Martyrs / ont combattu sur le stade, / souffrant le glaive et le feu / et toutes sortes de tourments; / par leurs prières, ô Verbe de Dieu, / sauve de l’éternel châtiment / les fidèles qui te glorifient.

Celui que le Père inengendré / comme Fils engendre dans l’éternité, / naissant, ô Vierge, de ton sein / fut mis au monde et dans le temps, / lui qui transcende temps et jours, / pour réduire l’ancestrale inimitié / des mortels, en sa miséricorde.

* * *

Les Trônes, les Chérubins, les Séraphins / qui occupent le premier rang, / brillent immédiatement / des rayons de la Divinité; / avec les autres Hiérarchies / ils chantent mélodieusement: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Au chant de l’hymne trois fois saint / les Séraphins glorifient / la triple unité de la Divinité, / de leurs voix incessantes célébrant / le très-pur mystère de Dieu / et de la sorte figurant / l’enseignement de la vraie foi.

Les Chérubins recevant / de la sagesse l’effusion / et de la science l’étendue, / ces dons de la Sagesse personnifiée, / à l’imitation de Dieu / transmettent à leur tour / la divine illumination.

Celui qui se révèle à nous / transcendant l’entière création / et accomplissant sur terre / des merveilles qui dépassent tout esprit, / Vierge pure, a demeuré / dans tes entrailles illuminées / de virginale splendeur.

Ode 5

Par l’éclat de ton avènement / tu as illuminé les confins de l’univers / en les éclairant, ô Christ, / par la splendeur de ta croix: / fais briller aussi la lumière de la divine connaissance / dans les cœurs qui te chantent selon la vraie foi.

Les passions me tiennent sous leur joug / et je crains ton juste tribunal, / ô mon juge et mon Seigneur; / donne-moi la force, je te prie, / pour que j’accomplisse avant la fin / des œuvres bonnes qui me justifient.

Les profonds mystères de mon cœur, / divin Maître et Créateur, / tu les sondes et les connais; / mais quand l’heure aura sonné, / que j’échappe à ta condamnation / lorsque tu viendras pour juger l’univers!

Dans le feu les saints Martyrs / firent voir l’embrasement / de leur ardente charité; / mais dans l’attente des biens futurs / comme couverts de fraîche rosée, / porteurs de Dieu, ils exultaient de joie.

Les saints Martyrs, encouragés / par l’espérance des biens futurs, / supportèrent les tourments / et triomphèrent de l’Ennemi / par l’invincible fermeté / de leur patience infinie.

La bouche la plus diserte ne saurait / célébrer de ton enfantement / la merveille inégalée, / car tu enfantes l’Infini / et tu portes dans tes bras / celui qui tient le monde dans sa main.

* * *

Embrasés d’amour divin, / les trois chœurs du second rang, / Vertus, Puissance et Dominations, / chantent inlassablement /de la divine majesté / l’unique essence et puissance.

Avec l’immense armée des cieux / par l’Esprit sont disposés les chœurs / des Anges, des Archanges, des Principautés; / par excellence ils sont formés à vénérer / l’essence pleine de clarté / de l’unique Dieu en trois personnes.

Tu surpasses en ta splendeur / la beauté de tout Ange, / toi qui conçus leur Créateur, Vierge Mère, et leur Seigneur, / lui donnant de prendre corps / en ton sein, de façon merveilleuse.

Ode 6

Le fond de l’abîme nous entourait / et nous n’avions / personne pour nous délivrer, / nous étions comptés comme brebis d’abattoir. / Sauve ton peuple, ô notre Dieu, / car tu es la force des faibles / et leur relèvement.

Véritable médecin, ô Christ, / guéris-moi de mes passions, / lave-moi de tout péché / aux ondes pures de la componction / pour que je chante et magnifie, / ô Jésus, ta suprême bonté.

Sur les chemins de perdition, / brebis errante, j’ai failli / dans le gouffre du péché; / ô Christ, ramène-moi et conduis-moi / sur les voies sans faille de tes saints commandements / pour que je puisse te glorifier.

Pierres précieuses en vérité, / lorsque vous fûtes lapidés, / vous n’avez pas renié / le rocher de notre vie / ni sacrifié aux dieux de pierre taillée, / Témoins du Seigneur couronnés de gloire.

Dans l’arène les Martyrs, / renouvelant leur âme avec l’araire de la foi, / ont fait croître dans l’Esprit / le lourd épi qui donne cent fois plus / et pour leur peine ont mérité / les délices du Paradis.

Ayant enfanté le feu divin / qui embrase les Chérubins, / toute pure tu parus, / première œuvre de l’entière création, / Vierge sainte, immaculée, / pleine de grâce, entre toutes bénie.

* * *

Les chœurs des Anges dans le ciel / se tenant près du trône / de ta gloire, Seigneur, / chantent inlassablement / de leur voix angélique: / Ô Christ, tu es ma force et mon chant.

De ta face contemplant / la splendeur et la beauté, les Anges sont illuminés / par le suprême éclat / de ta divine majesté: / car tu es pour eux lumière et joie.

Vierge, en toi s’est incarné / le Verbe jusque là sans chair / qui crée le monde en son vouloir / et du non-être fait surgir / des légions d’Incorporels / en sa toute-puissance.

Ode 7

Nous les fidèles, nous reconnaissons en toi, / ô Mère de Dieu, / la fournaise spirituelle / et de même qu’il a sauvé les trois jeunes gens, / le Très-Haut a renouvelé / en ton sein le monde entier, / le Seigneur Dieu de nos pères, / digne de louange et de gloire.

Étant un familier de la vertu, / Daniel jadis dompta les lions: / et nous, fidèles, imitons-le, / demeurant sobres et vigilants, / afin de rendre inoffensif / par notre élévation vers Dieu / le Diable rugissant / comme un lion qui cherche à nous dévorer.

Dans l’excès de mes égarements / j’ai souillé mon âme gravement; / mais toi-même, Seigneur Christ, / en l’excès de ton amour / comme un fils prodigue accueille-moi, / fais-moi grâce quand je crie: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

Puissamment réconfortés / par la loi de Jésus Christ, / sur le stade les Martyrs / triomphèrent noblement / des conseils d’iniquité; / devant la mort ils ont chanté: Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

Divinement illuminés, / les Témoins du Seigneur, / embrasés par la clarté / de la sainte Trinité, / supportèrent les tourments / et franchirent les ténèbres en chantant: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

La nature et ses lois / se renouvellent grâce à toi, / car en ton sein le Christ, / lui l’Auteur de la Loi, / hors des lois charnelles est enfanté / pour racheter ceux qui chantent désormais: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

* * *

Issu du Père des lumières, / tu es lumière, ô Verbe, dans l’éternité: / comme autant de feux tu préparas / la multitude des Anges dans le ciel / pour qu’ils reçoivent comme en un miroir / l’éclat de ta lumière sans déclin, / Dieu de nos pères à qui revient / louange et haute gloire.

Ô Seigneur universel, / pour sauver le genre humain / tu emploies des Anges le renfort: / car tu les mets comme gardiens / près de tout homme ayant la foi / et qui te chante droitement: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

Nulle langue, nul esprit / n’est capable d’exprimer, / ô mon Maître, la splendeur / des merveilles dont tu es l’auteur: / car c’est toi qui disposas / la brillante armée des cieux, / Dieu de nos pères à qui revient / louange et haute gloire.

Vierge pure, c’est de toi / que le Fils s’est incarné, / lui sans mère dans les cieux / et sans père dans le genre humain, / lui que servent maintenant / des légions d’Incorporels, / Dieu de nos pères à qui revient / louange et haute gloire.

Ode 8

Dans la fournaise, comme en un creuset, / brillèrent les enfants d’Israël / par l’éclat de leur piété plus pure que l’or fin / et ils se mirent à chanter: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

Ô Christ mon Rédempteur, / sauve-moi dans ton amour, / moi que tiennent maintenant / les ténèbres du péché / et toutes sortes de tentations, / pour que je puisse te chanter: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

Lorsqu’en gloire tu viendras / pour juger le monde entier, / ô Christ, veuille me compter / au nombre de tes élus / pour que je puisse, moi aussi, / te chanter et crier: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

La terre sainte est désormais, / saints Martyrs, votre patrie, / car ayant lutté vaillamment sur terre, / vous avez gagné la vie céleste en chantant: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

Dévêtus de votre corps mortel, / saints Martyrs, vous avez revêtu / dans le Christ la robe d’immortalité / et vous chantez dans le ciel: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

De saints oracles ont annoncé / jadis que tu enfanterais, / Vierge pure, l’Artisan de l’univers / et le Dieu pour qui résonne notre chant: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

* * *

À l’instar des Anges dans le ciel / qu’illuminent pleinement / les rayons de la splendeur au triple éclat, / fidèles, nous voulons chanter: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

Comme source de tous les biens, / le Dieu suprême en son divin pouvoir / projette les secondes sources de clarté / qui reçoivent sa lumière primordiale et s’écrient: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

L’Esprit suprême et créateur / établit sous son pouvoir / les esprits des Anges au ciel des cieux / qui lui sont tout proches et s’écrient: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

Celui qu’engendre le Père ineffablement / avant les siècles dans les cieux, / sur terre, ô Vierge, tu l’as enfanté / quand il prit chair pour nous qui lui chantons: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

Ode 9

Pour image de ton enfantement / nous avons le buisson ardent / qui brûlait sans être consumé; / en nos âmes nous te prions d’éteindre / la fournaise ardente des tentations / pour qu’alors, ô Mère de Dieu, / sans cesse nous te magnifiions.

Comme la Cananéenne je te crie: / Pitié pour moi, Verbe de Dieu, / car mon âme est en danger / sous les assauts du Démon / et sans crainte envers toi / follement se méconduit, / Seigneur longanime.

Établis solidement / les bases de mon âme, Seigneur, / sur le roc de tes commandements; / que soit pris au piège le Serpent / qui me guette pour me faire trébucher; / délivre-moi de sa perversité, / en ta grande tendresse.

Ayant subi, ô saints Martyrs, / la tempête des tourments, / et des supplices l’ouragan, / vous avez enfin rejoint / le havre du salut / au Royaume d’en-haut, / et là vous jouissez du divin repos.

Saints Martyrs, vous avez mérité / la lumière sans déclin / et désormais vous exultez de joie / dans l’assemblée des premiers-nés; / avec les Anges vous chantez / et intercédez pour nous / près de la Source de vie.

Dans tes bras tu as porté / celui qui porte l’univers / et tes mamelles ont allaité / le nourricier du genre humain: / mystère qui dépasse tout esprit, / Arche sainte, Vierge Mère de Dieu, / tu es bienheureuse et nous te magnifions.

* * *

Près de toi, Sauveur, tu as placé / les esprits incorporels / et tu leur as révélé / le mystère de ta gloire inégalée; / sauve par leur médiation / le peuple qui accourt vers toi / dans l’amour et dans la foi / pour que sans cesse nous te magnifiions.

Accorde-nous l’Ange de paix / pour garder, ô Maître, ton troupeau, / car tu es toi-même l’artisan / de l’amour et de la paix; / que ton Ange soit le protecteur / de la véritable foi / et dissipe les hérésies / par ta puissance!

Ô douceur et joie de l’univers, / Maître digne de nos chants, / fais qu’en tes Églises nous goûtions / la douceur des Anges et leur éclat; / donne-leur, Seigneur, la paix, / l’ordre et la stabilité, / pour que sans cesse, Dieu sauveur, / nous puissions te magnifier.

Dans le ciel les Anges par milliers / de leur incessante voix / chantent ton enfantement, / Vierge sainte, et contemplant / celui qui mène leurs armées, / inlassablement s’emploient, / Mère de Dieu, à te magnifier.

Exapostilaire (ton 2)

Anges et Archanges, Principautés, / Vertus, Puissances, Dominations, / Trônes et Chérubins aux yeux innombrables, / Séraphins aux six ailes, intercédez pour nous / afin que nous soyons délivrés de tout danger / et que nous échappions à la flamme sans fin.

Vierge, tu es ma protection, / la défense du monde, son plus ferme rempart; / devant toi je me prosterne en criant: / Délivre-moi de toute peine et du feu éternel, / puisqu’en toi, ô Vierge, repose mon espoir.

Apostiches

Un autre monde t’attend, / ô mon âme, et le juge va publier / tes secrets et tes péchés; / ne persiste pas dans le mal, mais hâte-toi de crier: / Ô mon juge et mon Dieu, / fais-moi grâce et sauve-moi.

Sauveur, ne méprise pas / ton serviteur captif de la paresse et du péché, / mais éveille mon cœur à la pénitence, / fais de moi un ouvrier de ta vigne, Seigneur, / me donnant le salaire de la onzième heure et la grande miséricorde.

Venez, tous les peuples, / chantons des hymnes et des cantiques spirituels / pour honorer les victorieux Martyrs du Christ, / hérauts de la foi et flambeaux de l’univers, / source intarissable d’où jaillissent les guérisons; / par leurs prières, ô Christ notre Dieu, / donne au monde ta paix / et à nos âmes la grande miséricorde.

Plus sainte que tous les Anges saints, / plus vénérable que toute la création, / Mère de Dieu, souveraine du monde, / toi qui as enfanté le Sauveur, / sauve-nous, dans ta bonté, / de nos péchés sans nombre et des dangers, / par tes saintes prières.

LITURGIE

Béatitudes

Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam / lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, / mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron / qui lui criait: Souviens-toi de moi, Seigneur, / quand tu entreras dans ton royaume.

Donne-moi la source de componction / dans ta miséricorde, ô Christ notre Dieu; / purifie-moi du mal et de ses souillures / et fais de moi un citoyen / de ton royaume dans les cieux.

Christ, nous te présentons comme ambassadeurs / les innombrables Anges des cieux: / par leurs prières, en ta suprême bonté, / fais-nous grâce et sauve-nous; / pardonne aussi tous nos péchés / commis en conscience ou par ignorance.

Dans le flot de votre sang / vous avez englouti le Pharaon spirituel; / Martyrs, faites jaillir à présent / les sources de miracles / qui puissent sécher l’océan des maladies; / nous vous disons bienheureux.

Devant le Père prosternons-nous, / glorifions le Fils et l’Esprit saint; / ensemble chantons d’une même voix: / Trinité sainte, sauve-nous.

Ô Mère de l’intemporelle Clarté, / sur mon âme assombrie par les traits du Démon / répands ta lumière et sauve-moi / du feu éternel, par ta divine médiation.

Mardi

LE LUNDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

La houle de mes fautes m’a submergé, / j’enfonce dans le gouffre du péché; / vers toi, ô Maître, je crie: / des tentations sans nombre qui m’accablent, délivre-moi, ainsi que du feu éternel, / Dieu d’immense bonté.

Au comble du désespoir, / enlisé dans l’ornière des pensées, / malheureux que je suis, / Verbe de Dieu, j’ai mis en toi mon espoir: / délivre-moi de l’assaut / des ennemis visibles et invisibles.

L’œuvre de tes mains, / tu l’as prise en pitié, Dieu créateur, / ineffablement tu t’es fait pauvre par amour pour nous, / Verbe de Dieu, en ton unique bonté; / toi qui enlèves le péché du monde, / soulève aussi mon fardeau, / allège le joug qui pèse sur moi.

* * *

Merveilleux Prophète, du Christ / le Baptiste et Précurseur, / sur mon cœur desséché par mes fautes / fais couler de mes larmes l’intarissable torrent; / j’implore ton secours / afin que, sauvé grâce à toi / des souffrances qui m’accablent, je magnifie celui qui t’a glorifié.

Bienheureux Prophète, vers toi / j’élève mon espoir et l’attente de ma vie; / toi qui as baptisé le Christ Jésus, / celui qui ôte le péché du monde, / supplie-le, je t’en prie, / de purifier mon cœur et me sauver.

Héraut de la grâce du Christ, / ayant annoncé à tous les peuples le repentir, / fais que ma pauvre âme / persévère dans la pénitence, divin Précurseur, / et qu’elle accomplisse toujours / la volonté du Seigneur / afin que dans la foi et l’amour / je puisse te glorifier.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Seule, ô Vierge immaculée, / tu es devenue la demeure de la Clarté / que reflète le Père éternel; / c’est donc à toi que je m’adresse en criant: / sur mon âme enténébrée de passions / fais luire la lumière des vertus / et veuille, au jour du jugement, / lui faire place en tes parvis de clarté.

Prokimenon, ton 4: Le Seigneur m’exauce lorsque je crie vers lui. Verset: Lorsque je t’ai invoqué tu m’as entendu, ô Dieu de ma justice.

Apostiches

Immense est l’océan / de mes fautes, Dieu sauveur; / j’enfonce dans le gouffre du péché: / comme à Pierre donne-moi la main; / sauve-moi, ô mon Dieu, / et prends pitié de moi.

Sauveur, me voilà condamné / par mes pensées et mes œuvres impies; / accorde-moi des sentiments de repentir / afin que je te crie, ô mon Dieu: / sauve-moi dans ta bonté / et prends pitié de moi.

Sur le stade, saints Martyrs, / votre confession brisa la puissance des démons, / en libérant les hommes de l’erreur; / et lors de votre décollation vous avez crié: / Seigneur, que le sacrifice de nos vies / soit agréable à tes yeux, / puisque par amour pour toi / nous avons méprisé les biens de cette vie.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Toi qui agrées les prières des pécheurs / et ne méprises pas les soupirs des affligés, / intercède auprès de celui qui a voulu / naître de tes chastes entrailles, ô Vierge immaculée, / pour qu’il nous donne le salut.

LE LUNDI SOIR À COMPLIES

Canon alphabétique, signé dans les derniers tropaires des neuf odes: de Clément.

Ode 1

Chantons tous une hymne de victoire / pour les merveilles de notre Dieu / qui de son bras puissant a sauvé Israël / en se couvrant de gloire.

Réjouis-toi, Vierge pure qui nous sanctifies, / éloge des Anges, habitacle de l’Esprit, / Épouse immaculée du Père sans commencement / et Mère du Verbe divin.

Comme reine et fille de rois, / divine Mère, tu as porté, / notre Dame, le Roi divin / et, l’ayant enfanté dans la chair, tu règnes avec lui.

Gloire: C’est ta gloire que chante David en psalmodiant, / Isaïe célèbre ton sein immaculé, / Marie toute-pure, et le peuple chrétien / glorifie ton enfantement.

Maintenant: L’Église, par des enseignements orthodoxes / et par son culte divin, proclame ton enfantement; / elle se prosterne, virginale Épouse de Dieu, / devant les images représentant l’incarnation de ton Fils.

Ode 3

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs / est devenue la pierre d’angle; / sur cette pierre le Christ / affermit son Église / qu’il a rassemblée / du milieu des nations.

Possédant la gloire de la virginité, / tu as revêtu la grâce de l’Esprit saint / et t’es montrée la Mère de Dieu; / nouveau mystère qui nous est celé: / comment vierge demeures-tu / en enfantant notre Dieu?

Ton œuvre, Seigneur, qui la proclamera? / Celle, en effet, que tu avais condamnée / à mettre au monde ses enfants dans les douleurs, / tu t’en montres le fils et, malgré sa relégation, / la nature féminine avec toi, Seigneur, / se réjouit en la Mère de Dieu.

Gloire: De la tempête des transgressions / grâce à toi le monde est délivré, / unique Mère de Dieu et Vierge Marie; / aussi comme le havre du salut / te vénérant, nous les fidèles, nous chantons / et proclamons tes hauts faits.

Maintenant: Jadis le Prophète a chanté qu’en vierge tu enfanterais / dans le temps l’Intemporel, / ineffablement l’Un de la sainte Trinité, / le Christ notre Dieu / dont l’Église, Mère immaculée, / vénère la représentation.

Ode 4

Prophète Habacuc, en l’Esprit tu as prévu / l’incarnation du Verbe et l’annonças, disant: / Lorsque s’approcheront les ans, tu seras connu, / au temps fixé tu te révéleras; / gloire à ta puissance, Seigneur.

Le lumineux miroir des prophètes divins / de multiple façon a célébré tes préfigurations; / et nous qui de ces figures avais reçu la réalisation, / à juste titre connaissant ta divine maternité, / nous te glorifions.

Comme il est juste, vénérant en vérité, / Vierge pure, ta divine maternité, / nous te glorifions en t’adressant la parole qui te convient le mieux, / car il n’est pas de plus grande joie pour un fils / qu’une mère annoncée par les Prophètes et la Loi.

Gloire: Voici la montagne divine vue par Habacuc: / ombragée par les vertus manifestement, / sur le monde s’est levée la Mère de Dieu; / par elle, nous que la faute avait jadis bannis, / nous retrouvons l’accès de notre Dieu.

Maintenant: Bienheureux le peuple qui est admis, / Vierge toute-digne de nos chants, / à célébrer selon la vraie foi, / l’enseignement et les œuvres de vérité, ton enfantement / qui manifeste l’incarnation de ton Fils.

Ode 5

La nuit, nous veillons devant toi / et te chantons, ô Christ notre Dieu, / toi qui as voulu partager notre pauvreté / et souffrir en ta chair la mort sur la croix.

Initié au mystère, Moïse t’a montrée, / notre Dame, comme buisson non consumé, / puisque matériellement ton sein, ô Mère de Dieu, / n’a pas brûlé au feu de la divinité.

En te chantant comme celle qui as enfanté la Parole de Dieu, / divine Mère toute-pure, nous t’adressons / tel un cadeau approprié / la parole dont nous croyons qu’elle doit te réjouir.

Gloire: De nos lèvres souillées ne rejette pas / les éloges, pure Mère de Dieu: / il n’est personne sur terre en effet / qui puisse avoir l’audace de te chanter.

Maintenant: Unique en deux natures est celui / qui est né de la Vierge comme Dieu invisible / et qui pour nous, volontairement / en tant qu’homme s’est fait semblable aux mortels.

Ode 6

Du monstre marin tu as sauvé, / Ami des hommes, ton Prophète; / du gouffre de mes péchés / retire moi, je t’en supplie.

Comme chandelier aux sept lampes t’a vue / le Prophète montrant d’avance manifestement, / ô Vierge, les dons de l’Esprit / faisant luire en toi leur éclat.

Tu t’es montrée, ô Vierge, comme l’arbre porteur de vie, / en vérité, et tu as mis à mort par ton fruit / le serpent trompeur en enfantant / la vie des hommes, le Christ notre Dieu.

Gloire: Ce n’est pas une belle louange que des lèvres souillées, / pure Mère de Dieu, peuvent t’offrir, / mais de mon âme considère l’amour: / c’est cela que tu dois accueillir.

Maintenant: Ils ont la nausée sur les ondes amères de leur incrédulité, / les impies, à la seule vue / des fidèles orthodoxes vénérant d’un baiser / ton image, ô Vierge immaculée.

Cathisme

Gouverne, Vierge pure, ma vie misérable, / prends pitié de mon âme qui a glissé / par tant de fautes dans le gouffre de perdition; / à l’heure de ma mort délivre-la / des démons qui l’oppriment et du redoutable jugement, / Souveraine tout-immaculée.

Ode 7

Dans la fournaise, les Jeunes Gens / ne furent touchés ni gênés par le feu; / et tous trois, d’une seule voix, / te bénissaient, Sauveur, en chantant: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Dans la gloire et l’honneur de la virginité, / tu t’es montrée parée du brocart de tes vertus, / et le Seigneur, qui est lui-même beau, / s’éprenant de ta splendide beauté, / comme sa divine Mère t’a choisie.

Chaste sceptre de droiture, tu es devenue / manifestement le sceptre de la royauté; / aussi tu portes comme fruit le Verbe de Dieu / et la merveille est préfigurée de loin /par le sceptre d’Aaron.

Gloire: Souillé que je suis d’âme, de corps et d’esprit / par la multitude des passions charnelles, / comment chanterai-je la beauté de tes vertus? / J’hésite et je tremble, mais toi-même, Vierge immaculée, / par tes prières sois mon secours.

Maintenant: Je vénère, ô Christ, l’union réalisée / par ton incarnation et, comme il convient à Dieu, / je me prosterne devant ton aspect, / car, étant le Dieu d’avant les siècles, tu es sorti de la Vierge pour embrasser, / dans la perfection des deux natures et sans mélange, notre humanité.

Ode 8

Le Seigneur et Créateur / que les Anges dans le ciel / servent avec crainte et tremblement, / vous les prêtres, chantez-le, / jeunes gens, glorifiez-le, / peuples, bénissez, exaltez-le dans tous les siècles.

Chantons la divine propitiation / par laquelle Dieu a sauvé / le monde de la corruption; / relevez-vous, qui tous jadis étiez tombés: / Marie enfante, en effet, / le Christ notre salut.

C’est toi que nous chantons, / Vierge pure et Mère de Dieu; / qui ne te glorifierait, / espérance de nos âmes et parfaite bonté? / Toute-sainte, accueille donc / ma supplication.

Gloire: Par des cantiques faites rayonner la joie, / rendez gloire avec les Anges, vous les humains, / car le diable est déchu / et avec lui le désespoir, / puisque la Vierge Marie / enfante l’espérance du salut.

Maintenant: Aveugles, ne mentez pas: / je ne dessine pas la divinité, / qui est immatérielle, invisible et sans aspect; / en peignant l’image du corps, / je me prosterne et, dans la foi, je glorifie / la Vierge ayant enfanté.

Ode 9

La nuée lumineuse en qui le Maître universel / descendit depuis le ciel / comme pluie sur la toison / et pour nous s’est incarné, / lui le Dieu infini, / en revêtant l’humanité, / fidèles, nous la magnifions / comme sainte Mère de Dieu.

Réjouis-toi, ô Marie, / grande merveille de la création, / réjouis-toi, fille de David / et Mère du Seigneur; / réjouis-toi que chante Gabriel, / réjouis-toi, refuge et rempart, / réjouis-toi qui de tout pécheur / sur terre es le secours.

L’admirable Joachim / chante en l’Esprit divin, / et de l’action de grâce Anne entonne le chant, / car sur terre ils ont vu / la mère du Créateur, / Marie, la fille qu’ils ont engendrée; / par son intercession / sauve-nous tous, ô notre Dieu.

Gloire: Vierge toute-sainte, Mère du Dieu très-haut, / sur terre ta maternité / s’est révélée le salut / des humbles et des pécheurs; / grâce à toi nous fûmes sauvés, / nous tous, les croyants; / sauve-moi donc à présent / et en tout temps de ma vie.

Maintenant: Le Verbe, je le reconnais, / a pris chair sans changement; / aussi je le chante selon la vraie foi: / les natures sont deux, / mais la personne dans laquelle manifestement / en tant qu’homme il s’est montré à moi, / je la sais unique et par cet enseignement / je termine mon chant.

LE MARDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Dans le péché ma mère m’a conçu / et comme le Prodigue je n’ose regarder en haut, vers le ciel, / mais ton amour me donne confiance et je te crie: / ô Dieu, fais-moi grâce et sauve-moi.

Si le juste est à peine sauvé, / où me montrerai-je, pécheur que je suis? / je n’ai porté ni le poids ni la chaleur du jour, / mais avec ceux de la onzième heure compte-moi, / ô mon Dieu, et sauve-moi.

Venez, tous les croyants, / vénérons la sainte Mère de Dieu, / et devant elle prosternons-nous: / elle est notre inébranlable rempart; / elle est capable de parler en notre faveur / devant le Fils qu’elle a conçu; / par ses prières elle peut nous sauver / de la mort et du châtiment qui menacent nos âmes.

Cathisme II

Seigneur, hâte-toi de m’ouvrir tes bras paternels, / car j’ai follement dépensé toute ma vie; / considère le trésor inépuisable de ta pitié, / Sauveur, ne méprise pas la pauvreté de mon cœur; / vers toi, Seigneur, je crie plein de componction: / Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi.

Redoutable est le tribunal, / juste ton jugement et mauvaises mes actions; / mais toi, Dieu de tendresse, / viens me sauver et me délivrer du châtiment; / ô Maître, préserve-moi du sort des réprouvés / et rends-moi digne de me tenir à ta droite, juste juge.

Rejette, ô mon âme, la paresse et le sommeil, / allume la lampe du repentir; / joyeuse, quitte le trouble de cette vie / pour aller au devant de l’immortel Fiancé; / dis-lui: Ne me repousse pas, / ô Verbe, accueille-moi / grâce aux prières de celle qui t’enfanta.

Cathisme III

Jadis, dans les eaux du Jourdain / tu baptisas celui par qui le monde est purifié; / et moi que submergent les flots du péché, / de toute souillure lave-moi; / sans cesse intercède pour nous / auprès du Seigneur ami des hommes.

Comme de bons soldats, unanimes dans la foi, / sans peur et sans reproche devant les menaces des tyrans, / intrépides, vous vous êtes avancés vers le Christ, / prenant sur vous sa précieuse croix. / Au terme de la course et des combats / vous avez reçu la victoire d’en-haut. / Gloire à celui dont la force fut votre appui, / gloire à celui qui vous couronna, / gloire à celui qui agit en vous pour nous guérir.

Tressaillant dans le sein maternel, / par grâce divine saint Jean reconnut, / ô Vierge, le Dieu que tu portais / et l’adora, plein de foi; / le Verbe à qui tu donnas corps, / demande-lui avec le Précurseur / de sauver tes serviteurs.

Ode 1

Chantons tous une hymne de victoire / pour les merveilles de notre Dieu / qui de son bras puissant a sauvé Israël / en se couvrant de gloire.

Esclave des passions et du péché, / Seigneur, je me prosterne devant toi / afin d’en être délivré / et de glorifier ta bonté.

Le glaive du péché m’a vulnéré, / l’Ennemi exulte en me voyant fini: / toi qui es ressuscité des morts, / vivifie-moi et sauve-moi.

Grande gloire aux victorieux Martyrs / dont les membres ont glorifié le Christ / qui prit chair et qui par sa passion / triompha de la corruption.

Ces champions de l’Église, les Martyrs, / intrépides ont résisté / aux assauts de l’Ennemi: / par leurs prières, ô Dieu, vivifie-nous.

Trône de feu, tu portes le Créateur, / chambre nuptiale et prestigieux palais / pour le Roi devenu ce que nous sommes / sans mélange ni changement.

* * *

Bienheureuse Voix du Verbe, / Précurseur, agrée les voix / que nous élevons vers toi: / délivre-nous du mal par ta sainte médiation.

Comme soleil levant tu fais briller / les confins de l’univers, / laissant dans l’ombre les esprits du mal: chasse les ténèbres dont mon âme est obscurcie.

Précurseur, tu annonças aux morts / la venue de notre Vie: / tue les passions qui me mortifient / pour que j’aie part à la divine splendeur.

Toi seule, tu as mis au monde et dans le temps, / Vierge Marie, le Fils de Dieu devenu chair: / sur mon âme qui souffre depuis longtemps, / notre Dame, penche-toi pour la guérir.

Ode 3

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs / est devenue la pierre d’angle; / sur cette pierre le Christ / affermit son Église / qu’il a rassemblée / du milieu des nations.

Regarde ma faiblesse, ô Christ, / toi qui l’assumas en t’incarnant; / vois la disgrâce de mon âme, / sois attentif à ma voix, / et change sa laideur / en ta beauté, Dieu sauveur.

Sauve le prodigue que je suis, / ô Jésus, car seul j’ai transgressé / tes divins commandements; / j’ai commis l’iniquité, / fol esclave des pensées / qui m’ont éloigné de toi.

Saints Martyrs, les Anges dans le ciel, / témoins de votre noble fermeté / quand sur le stade vous combattiez, / en vérité ont admiré / comme, tombant en votre corps, / vous renversiez les ennemis incorporels.

Tout fleuris de votre sang, / victorieux Athlètes, et distillant / la rosée d’an bain vermeil, / vous avez joyeusement paru / devant le Roi et l’immortel Seigneur / qui vous remit la couronne des vainqueurs.

Sans connaître d’homme tu as enfanté / celui que le Père éternel / avant tous les siècles a engendré, / et tu nourris le nourricier de l’univers; / merveille étrange et mystère nouveau! / Pleine de grâce, tout fidèle te glorifie.

* * *

Saint rejet d’un infertile sein, / Précurseur, tu as visiblement produit / tant de fruits par tes divers labours: / de mon cœur stérile et infécond / fais sortir une riche moisson / pour que sans cesse je te glorifie.

Réconforte avec le pain du ciel, / Bienheureux, mon pauvre cœur / accablé par les soucis de cette vie; donne-moi le zèle d’accomplir / les volontés du Dieu très-bon / pour que sans cesse je te glorifie.

Toi qui annonças l’Agneau de Dieu / qui du monde enlève le péché, / saint Prophète, allège le fardeau / que mes fautes font peser sur moi, / me donnant la componction / pour me purifier de mes passions.

Issu de toi, Mère de Dieu, / le Verbe assume en s’incarnant / mon entière humanité; / supplie-le donc pour qu’il me soit / dans les épreuves le salut / et qu’il m’évite le feu éternel.

Ode 4

Prophète Habacuc, en l’Esprit tu as prévu / l’incarnation du Verbe et l’annonças, disant: / Lorsque s’approcheront les ans, tu seras connu, / au temps fixé tu te révèleras; / gloire à ta puissance, Seigneur.

J’ai gaspillé le trésor que tu m’avais donné, / dans la débauche, et me voilà tout nu, / revêtu des œuvres d’infamie; / habille-moi de ta clarté / et que ta grâce attendrisse mon cœur!

Accablé de désespoir, effondré dans le malheur, / je suis pris d’un incurable mal; / mais de terre me faisant lever, / Christ, universelle Résurrection, / affermis mon cœur sur la pierre du salut.

Imitant le Christ en sa crucifixion, / sous les coups de fouet les saints Martyrs / unanimes rayonnaient de joie; / par leurs flots de sang ils ont détourné / les torrents des fausses divinités / et sont devenus des sources de guérison.

Les saints Martyrs ont traversé / sans naufrage la fureur des flots, / l’espérance du salut / leur servant de gouvernail, / et sont arrivés jusqu’aux célestes ports, / rayonnants d’allégresse et de joie.

Dans le ciel les Anges furent stupéfaits / lorsqu’ils virent l’Invisible se manifester, / visiblement semblable à nous, / Vierge Mère, dans le corps reçu de toi; / supplie-le de rendre dignes du salut / tous les fidèles qui te glorifient.

* * *

Baptiste du Seigneur, qui t’es confectionné / le vêtement du salut / en la corporelle nudité, / dépouillé de bonnes œuvres que je suis, / je t’en prie, recouvre-moi / de justice et d’allégresse.

Précurseur qui dans les ondes du Jourdain / baptisas la vivifiante Source de la joie, / sur mon âme consumée / par la sécheresse des plaisirs / fais couler l’eau vive du salut, / pour que je sois digne de te glorifier.

Ce n’est ni un Ange ni un ambassadeur / qui nous sauva, mais le Seigneur: / sur la terre lorsqu’il vint / tu lui préparas les droits chemins; / Bienheureux, prie-le de me montrer / la voie qui mène à sen Royaume.

Tu es le temple sanctifié / du Dieu que tu as abrité, / Vierge Mère, ineffablement; / prie-le donc de nous laver / des souillures du péché / pour que nous devenions la demeure de l’Esprit.

Ode 5

Fils de Dieu, donne-nous ta paix, / nous ne connaissons nul autre Dieu que toi, / c’est ton nom que nous proclamons: / tu es le Dieu des vivants et des morts.

Innombrables sont mes fautes et mes péchés, / Maître longanime, aie pitié de moi; / fais-moi grâce, je suis condamné, / loin de ta face ne me rejette pas.

Tu justifias le Publicain qui soupirait; / je bats ma coulpe, moi aussi, / à son instar et je te crie: / fais-moi grâce, seul Seigneur compatissant.

Tes Martyrs, Seigneur, sont apparus / comme des astres non errants: / de l’erreur ils ont chassé la sombre nuit / et leurs miracles ont éclairé tout l’univers.

Tes Martyrs, ô Maître, ces précieux joyaux, / par amour pour toi, la Pierre de la vie, / ont supporté d’être roulés dans les tourments, / détruisant ainsi les fondements de l’erreur.

En deux natures et volontés / tu as conçu l’Un de la sainte Trinité, / une seule personne, ô Vierge immaculée: / intercède auprès de lui / pour que tous nous soyons sauvés.

* * *

Comme jadis Elie, tu habitas, / Précurseur du Verbe, le désert: / sur mon cœur désert à cause du péché / fais fleurir la grâce en l’amour de Dieu.

Colonne inébranlable de la foi, / Précurseur du Christ, et des fils d’homme le plus grand, / fais que mon cœur dévie sans vaciller / les machinations de l’Ennemi.

De ta bouche, joyeux Messager, / les morts apprirent que sur terre avait brillé / la Lumière de Lumière dont nos ténèbres furent éclairées; / sur mon sombre cœur envoie de même ta clarté.

Vierge Reine, c’est ainsi que t’annonça / le roi David, ô seule Immaculée; / je t’en prie, fais que je prenne part / au Royaume des cieux, pour te magnifier.

Ode 6

Imitant Jonas, ô Maître, je te crie: / À la fosse arrache ma vie; / Sauveur du monde, sauve-moi / quand je chante: Gloire à toi.

Ma pauvre âme est accablée / comme si j’avais les os brisés, / et je ploie sous le fardeau: / Christ, accorde-moi ton secours.

Naufragé dans l’océan des maux / que déchaînent les passions, je crie: / Tout-puissant, tends-moi la main / et sauve-moi, ô Jésus Christ.

L’innombrable multitude des Martyrs / culbuta l’essaim des invisibles ennemis / pour se joindre dans le ciel / aux myriades des Esprits incorporels.

Ayant asséché le gouffre d’impiété, / saints Athlètes, vous avez gagné / en l’Éden les fleuves du bonheur: / asséchez les flots de mes péchés!

Vierge Marie, toi qui nous apparais / comme tabernacle de la sainteté, / sanctifie mon cœur souillé par les plaisirs, / pour que j’hérite la gloire de Dieu.

* * *

Sur la terre ayant prêché le repentir, / Jean Baptiste, montre m’en les chemins / pour me guider vers la clarté / en m’évitant le gouffre de l’erreur.

Toi qui fis descendre dans les flots, / Précurseur, le Christ abîme de bonté, / fais tarir en moi l’abîme des passions, / ouvre la fontaine de mes pleurs.

Précurseur du Christ, délivre-moi / des spirituelles maladies, / des passions charnelles, des maux de cette vie, / des tentations et de toute affliction.

Instamment je te supplie, / belle entre toutes, Mère de Dieu: / ne méprise pas ton serviteur, fais-moi grâce et garde-moi de tout malheur.

Ode 7

Dans la fournaise les Jeunes Gens / ne furent touchés ni gênés par le feu; / et tous trois d’une seule voix / te bénissaient en disant: / Dieu de nos pères, tu es béni.

La patience, Job l’a conservée, / inébranlable sous les coups du Mal / comme une tour, un fier donjon; / ô mon âme, à son instar / ne fléchis pas dans le malheur.

À servir le corps et ses plaisirs / ma raison confine à l’animalité; / la Courtisane par ton verbe fut sauvée, / sauve-moi aussi, Verbe de Dieu, / pour que je chante grâces à ta bonté.

Rachetés par le sang du Christ / qui dans sa chair souffrit pour nous, / saints Martyrs, vous avez eu à cœur / de verser pour lui tout votre sang / et dans le ciel vous régnez avec lui.

Sur l’arène vous avez joyeusement / édifié, sages Martyrs, / le palais en qui le Christ s’est reposé, / lui, l’unique Roi et le Seigneur / qui vous mena vers les demeures des cieux.

Parmi toutes les générations / seule t’a choisie le Christ / pour être sa demeure immaculée / et naissant de toi comme un soleil, / ô Vierge, il éclaira l’univers.

* * *

Glorieux Baptiste, médiateur / entre l’Ancien et le Nouveau, / puisse le vieil homme, grâce à toi, / faire place en moi au renouveau / de Jésus qui renouvelle l’univers!

Précurseur du Christ, tu fus l’initiateur / de la pénitence que sur terre tu fixas; / puisse ton intercession nous procurer, / Jean Baptiste, la force de l’accomplir / pour la rédemption de nos péchés!

Tu suivis l’étroite voie / dans une abstinence continue / et devins tout lumineux, / dilaté par la contemplation: / Dieu nous donne d’en jouir aussi!

Nous, les fidèles, glorifions / la consubstantielle Trinité, / Père, Fils, Esprit divin / partageant pouvoir et seigneurie / et royale vie qui nous vivifie.

Intercède auprès de Dieu, / Vierge pure, pour qu’il oublie / nos offenses et nos péchés / et nous veuille libérer / du feu qui brûle dans l’éternité.

Ode 8

Le Seigneur et Créateur / que les Anges dans le ciel / servent avec crainte et tremblement, / vous les prêtres, chantez-le, / jeunes gens, glorifiez-le, / peuples, bénissez, exaltez-le dans tous les siècles.

Le serpent par un conseil félon / m’a dépouillé de toutes mes vertus; / maintenant, ô mon Sauveur, / toi qui mis à nu ce scélérat, / fais resplendir mon vêtement / à la lumière du bien.

Juste juge, lorsque tu viendras / pour juger tous les mortels, / à cette heure de terreur, / si coupable que je sois, / ne m’envoie pas en la géhenne de feu / mais fais-moi grâce et sauve-moi.

Bienheureux Athlètes du Seigneur, / ni l’épreuve ni le glaive ni le feu / ni le danger ne vous ont aucunement / séparés de l’amitié du Christ / qui lui-même en sa bonté / nous a aimés le premier.

Généreux Athlètes du Seigneur, / lorsqu’en votre corps vous combattiez / les ennemis incorporels, / vous les avez jetés à bas / et dans le ciel avec les Anges vous chantez, / guérissant les âmes et les corps.

Comme un lys en la vallée de cette vie / le céleste jardinier de l’univers / t’ayant trouvée, a désiré / faire sa demeure en toi, / Mère de Dieu, pour que nous respirions / le parfum de ta virginité.

* * *

Celui qui sauva les jeunes Gens / qui chantaient dans la fournaise, / transformant en une fraîche rosée / l’ardente flamme qui les menaçait, / c’est le Christ notre Dieu: / chantez-le, exaltez-le dans tous les siècles.

À moi seul j’ai surpassé / par mes fautes l’ensemble des mortels / et de tes lois, Seigneur, / suis devenu l’unique transgresseur, / mais fais-moi grâce et sauve-moi / par les prières du Précurseur.

À ta manière tu parus / comme un Ange, Baptiste Jean, / pour annoncer à l’univers / l’Ange du Grand Conseil; / et c’est pourquoi nous te chantons / dans tous les siècles.

Injustement tu fus décapité, / Bienheureux qui fis pencher / la tête du Christ dans le Jourdain; / par tes prières donne-nous / la force de fouler au pied / la funeste tête du Séducteur.

Montre-nous les chemins / qui conduisent, Bienheureux, / vers les célestes parvis / pour que, marchant sur ces voies, / par tes prières nous ayons part / au festin de l’Agneau.

Arrache-moi au péché, / à la géhenne de feu, / aux ténèbres du châtiment, / aux grincements de dents, / au ver qui ronge sans fin, / seule Protectrice du genre humain.

Ode 9

La nuée lumineuse en qui le Maître universel / descendit depuis le ciel / comme pluie sur la toison / et pour nous s’est incarné, / lui le Dieu infini, / pour se faire homme comme nous, / fidèles, nous la magnifions / comme la sainte Mère de Dieu.

Voici le temps du repentir, / le temps d’agir en toute pureté, / voici le jour de la clarté: / agis comme en plein jour, / fuis la ténèbre des passions, / chasse la paresse et le sommeil, / ô mon âme, afin de prendre part / à la divine clarté.

Je soupire tel le Publicain, / de la Pécheresse je répands les pleurs / et comme le Larron je m’écrie: / Souviens-toi de moi, Seigneur; / comme le Fils prodigue: J’ai péché; / comme la femme de Chanaan / je me prosterne à tes pieds: / Christ, miséricorde, ne m’oublie pas.

Des maladies corporelles, / des afflictions spirituelles / vous êtes apparus en vérité / comme les sages médecins / en livrant stoïquement vos corps / aux souffrances et à la mort: / glorieux Athlètes du Seigneur, / à vous la béatitude sans fin!

La vaillance des Martyrs, / en plénitude rayonnant / la lumière du Soleil, / par la grâce du Christ / repoussa le Prince des ténèbres / et fit s’évanouir / la nuit de l’impiété, / illuminant le cœur des croyants.

Dans le clair rayonnement / du Soleil qui s’est levé / de ton sein, Mère de Dieu, / pour éclairer tout l’univers, / illumine, je t’en prie, / ma pauvre âme enténébrée / par les plaisirs de cette vie, / afin que je te chante fidèlement.

* * *

Voici la lampe illuminant / ceux qui gisent en la ténèbre de la vie, / voici l’aronde au chant joyeux / qui annonce à tous le printemps du Christ, / voici le Précurseur, / des fils de femme le plus grand, / médiateur entre l’Ancien et le Nouveau: / que nous sauvegarde son intercession!

Comme l’ami de l’Epoux / je te choisis pour avocat / et sous le poids de mes péchés, / Jean Baptiste, je te crie: / des terrestres soucis / rends-moi libre, je t’en prie, / et de mon âme fais brûler / la lampe que j’ai laissé mourir.

Avec les Anges incorporels / et les Apôtres divins, / avec les saints et victorieux Martyrs / et les Prophètes, Précurseur, / prie le Dieu de bonté / pour qu’il fasse de nous les héritiers / du bonheur éternel: / nous avons en toi le meilleur avocat.

Hirondelle du printemps, / colombe de toute beauté, / tourterelle solitaire, / saint Baptiste du Seigneur, / fleur éclose en plein désert, / sur mon âme devenue / inféconde et sans fruit / fais croître l’abondance des vertus.

Comme le trône des Chérubins / tu portes celui qui porte l’univers / et tu nourris notre nourricier ; / Vierge de grâce comblée, / sans cesse implore-le: / des catastrophes, de la captivité / et de toute adversité / qu’il délivre à jamais ton troupeau!

Exapostilaire (ton 3)

Célébrons Jean le Précurseur, / le Baptiste du Sauveur, / le Prophète né d’un prophète et le fils du désert, / l’enfant d’Elisabeth, / et tous ensemble glorifions son souvenir.

Vierge, tu intercèdes pour moi / devant le Dieu qui aime les hommes; / ne dénonce pas les œuvres de ma vie / en présence des Anges; / mais hâte-toi, je t’en prie, de venir à mon secours.

Apostiches

Un autre monde t’attend, / ô mon âme, et le Juge va publier / tes secrets et tes péchés; / ne persiste pas dans le mal, mais hâte-toi de crier: / Ô mon juge et mon Dieu, / fais-moi grâce et sauve-moi.

Sauveur, ne méprise pas / ton serviteur captif de la paresse et du péché, / mais éveille mon cœur à la pénitence, / fais de moi un ouvrier de ta vigne, Seigneur, / me donnant le salaire de la onzième heure et la grande miséricorde.

Voici les soldats du grand Roi: / ils ont résisté aux ordres des tyrans / et méprisé les supplices, noblement, / foulant au pied et détruisant toute erreur; / ayant reçu la couronne méritée, / ils nous obtiennent la paix du Sauveur / et pour nos âmes la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant...

Vierge toute-digne de nos chants, / Moïse vit ton mystère de ses yeux de voyant: / c’est le buisson qui brûlait sans être consumé, / car le feu de la divinité n’a pas brûlé ton chaste sein. / Aussi nous te prions, / toi la Mère de notre Dieu, / d’accorder au monde la paix.

LITURGIE

Béatitudes

Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam / lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, / mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron / qui lui criait: Souviens-toi de moi, Seigneur, / quand tu entreras dans ton royaume.

Chaque jour par mes péchés / j’enfreins tes préceptes, Seigneur; / ô Dieu, ramène-moi vers toi, / arrache-moi au châtiment / afin que je glorifie, / Ami des hommes, ton ineffable miséricorde.

Comme un flambeau, divin Précurseur, / tu précédas la Lumière sans déclin / qui s’est levée merveilleusement / de la nuée lumineuse pour nous; / prie le Christ d’illuminer / les âmes de ceux qui t’honorent.

Ayant souffert des supplices raffinés, / Martyrs très-dignes de louange, / vous êtes dignes de goûter / les biens suprêmes dans les cieux; / et chaque jour l’entière humanité / vous proclame bienheureux.

Gloire au Père...

Devant le Père prosternons-nous, / glorifions le Fils et l’Esprit saint; / ensemble chantons d’une même voix: / Trinité consubstantielle, souviens-toi de nous.

Maintenant ...

Toujours-vierge après l’enfantement, / comme avant l’enfantement, tu demeuras, / ô Mère qui mis au monde dans la chair / le Dieu que nous te prions d’implorer / pour qu’il nous sauve, Tout-immaculée, / des passions de l’âme et du corps.

LE MARDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Ô Christ, tu étendis / sur la croix tes mains immaculées, / pour racheter l’ouvrage de tes mains, / Adam soumis à l’empire de la mort; / Ami des hommes, tu le ressuscitas / par ton pouvoir souverain.

Ô Christ, notre Dieu / cloué sur la croix en ton humanité, / tu déifias la nature des humains / et mis à mort le perfide Serpent; / tu nous délivras de la malédiction / méritée sous le bois, / devenant toi-même malédiction / pour donner au monde la bénédiction / et la grande miséricorde.

Maître dont la gloire surpasse tout honneur, / il t’a plu d’être compté pour rien, / souffrant une mort infamante sur la croix, / dans ta divine bonté; / par elle le genre humain / se procura l’immortalité / et recouvra la vie comme en l’Éden / grâce à ta mort corporelle, Seigneur tout-puissant.

* * *

Se tenant sous la croix / de son Fils et son Dieu, / témoin de sa patience infinie, / la Vierge Mère s’écrie en pleurant: / Hélas, très-doux Enfant, / Verbe et Sagesse de Dieu, / pourquoi cette injuste passion? / mais tu désires sauver le genre humain!

Se tenant sous la croix, / l’Épouse inépousée, / saisie de douleur et vulnérée, / s’écria: Ô mon Enfant bien aimé, / ne prive pas de son fils / celle qui enfanta le Verbe de Dieu; / ne me laisse pas seule, / toi le seul Fils consubstantiel au Père.

Lorsque je t’enfantai, / je n’ai pas connu les douleurs, / mais quelle douleur j’éprouve maintenant, / ô Verbe injustement crucifié! / Hélas, disait la Vierge, pleurant amèrement, / je ne puis souffrir de te voir / élevé sur la croix, / Seigneur ami des hommes.

Gloire au Père... Maintenant...

La Vierge contemplant, / ô Christ, ton injuste immolation, / dans les larmes s’écria: / Très-doux Enfant, combien tu souffres injustement! / Comment es-tu suspendu sur le bois, / toi qui suspendis la terre sur les eaux? / Ne laisse pas seule, je t’en prie, / Bienfaiteur du monde et Tendresse infinie, / la Mère et la servante du Seigneur.

Prokimenon, ton 1: Seigneur, ta miséricorde m’accompagne tous les jours de ma vie. Verset: Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien; sur des près d’herbe fraîche il me fait reposer.

Apostiches

Sur le calvaire fut plantée la croix, / faisant jaillir sur nous l’immortalité / de cette source qui jamais ne tarit: / le côté du Sauveur.

La croix précieuse du Sauveur / est pour nous le plus sûr des remparts: / ayant mis en elle notre espoir, / nous sommes tous sauvés.

Saints Martyrs, quelle grâce en vos exploits! / vous avez donné votre sang / et recevez l’héritage du ciel; / pour l’épreuve d’un temps votre allégresse demeure sans fin; / admirable échange en vérité: / car vous avez laissé le corruptible pour recevoir les biens immortels; / avec les Anges vous jubilez maintenant / et sans cesse chantez la consubstantielle Trinité.

Gloire au Père... Maintenant ...

La Vierge dit en voyant le Christ / suspendu sur la croix: / Un glaive a transpercé mon cœur / comme l’avait prédit le vieillard Siméon; / mais ressuscite, Seigneur immortel, / et glorifie avec toi ta Mère et ta servante, je t’en prie.

Mercredi

LE MARDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Ta droite victorieuse, magnifique en sa force, / s’est couverte de gloire, / car, ô Seigneur immortel, / grâce à ta puissance, / elle a broyé les ennemis / en ouvrant pour Israël / une voie nouvelle au profond de la mer.

Celui qui pour les armées des cieux / demeure insaisissable, ô Vierge immaculée, / a pris chair de ta chair / et de nouveau il a façonné / ceux qui avaient connu / jadis la corruption / à cause de la transgression.

Disons bienheureuse et chantons, / fidèles, la Mère ayant porté / notre Dieu ineffablement; / car cette Vierge immaculée / est le plus bel ornement des mortels, / et de tous les pécheurs / elle est la protection.

Gloire: Tu t’es montrée plus vaste que le ciel, / toi qui as pu loger le Créateur de l’univers, / Mère toujours vierge; c’est pourquoi / je te prie de me délivrer / de toute anxiété / conduisant à la mort, / Pleine de grâce immaculée.

Maintenant: Accorde-nous ton secours, / car nous sommes ballottés / sur l’océan des afflictions: / mets fin aux terribles assauts / dont nous harcèle l’ennemi, / et procure le salut / à tous les fidèles qui te glorifient.

Ode 3

Toi qui seul connais la faiblesse de la nature humaine, / lui étant devenu semblable, dans ta compassion, / revêts-moi de la force d’en-haut, / pour que je chante devant toi: / Saint est le temple spirituel / de ta gloire immaculée, / Seigneur ami des hommes.

Celui qui est plein de gloire s’appauvrit pour nous / et le Dieu sans commencement / reçoit de toi un début, ô Vierge immaculée, / l’Invisible se laisse voir / et le nourricier de tous / est nourri de ton lait, / dans sa providence, pour le renouveau des mortels.

Nos blessures, guéris-les, / ô Vierge inépousée / qui as enfanté le Médecin, / le Seigneur qui nous a révélé / dans la grâce les accès à la vie; / sans cesse demande-lui / de prendre en pitié et de sauver tes serviteurs.

Gloire: Toi seule, tu as divinisé / la nature des mortels / par ton ineffable enfantement: / Toute-pure, obtiens-nous / la rémission de nos péchés / et l’allégresse sans fin, / Vierge toute-digne de nos chants.

Maintenant: Ayant passé ma vie dans l’insouciance, / je me prosterne devant toi, / ô Vierge immaculée; / par tes incessantes prières auprès de Dieu, / réveille mon esprit, et sur son obscurité / verse les clartés de la conversion, / pour qu’avec amour et foi je puisse te glorifier.

Ode 4

Montagne ombragée par la grâce de Dieu, / Habacuc t’a reconnue de son regard de voyant. / De toi, a-t-il pré dit, / sortira le Saint d’Israël / pour notre salut / et notre restauration.

Nous te reconnaissons comme le palais / où dans la chair habita le Verbe divin / afin de nous renouveler, / nous qui étions corrompus par les passions; / aussi nous te vénérons comme la Mère de Dieu / et nous glorifions celui qui est né de toi.

Le Verbe incarné a logé dans ton sein, / ô Vierge, pour déloger / la malédiction qui habitait jadis / la nature des humains, / qu’il a déifiée par sa divine union; / aussi nous le chantons divinement.

Gloire: L’élan de la mort, tu l’as arrêté / en enfantant la source d’immortalité, / le Christ notre Seigneur; / Vierge pleine de grâce, implore-le / de guérir mon âme meurtrie par les passions / et de m’accorder le salut.

Maintenant: Adam fut soumis à la mort / pour avoir goûté au fruit mortel; / mais par ton enfantement / à présent il est vivifié / et demeure dans les tabernacles du paradis; / aussi nous te chantons comme il se doit.

Ode 5

Par l’éclat de ton avènement / tu as illuminé les confins de l’univers / en les éclairant, ô Christ, / par la splendeur de ta croix: / fais briller aussi la lumière de la divine connaissance / dans les cœurs qui te chantent selon la vraie foi.

Il s’est levé de ton sein, / Toute-pure, le Soleil sans déclin; / les ténèbres, il les a dissipées / et la terre, il l’a illuminée / par la connaissance de Dieu; / c’est pourquoi nous te chantons avec foi.

Vierge pure, nous t’adressons / la salutation angélique, / car tu as enfanté / l’Ange du grand conseil, / coéternel au Père et devenu chair / pour sauver l’humanité.

Gloire: Le Seigneur en demeurant / dans tes entrailles a sauvé / ceux qui ont mis en lui leur foi, / les arrachant à l’empire de l’ennemi; / aussi nous tous, à haute voix, / nous te chantons, ô Vierge immaculée.

Maintenant: Revêtant mon être, le Seigneur / est sorti de toi; / il a divinisé ma nature corrompue: / aussi demande-lui / de me dépouiller de tout péché, / divine Génitrice immaculée.

Ode 6

Le fond de l’abîme nous entourait, / et nous n’avions personne pour nous délivrer, / nous étions comptés comme brebis d’abattoir. / Sauve ton peuple, ô notre Dieu, / car tu es la force des faibles / et leur relèvement.

En ton sein tu as conçu notre Dieu / sans semence, et vierge tu es demeurée / après ce merveilleux enfantement; / c’est pourquoi, Toute-pure, nous te glorifions / et te louons, nous qui de la malédiction / avons été sauvés grâce à toi.

Toi, l’échelle que Jacob a contemplée, / la montagne ombragée, / la nuée resplendissante de la Clarté, / la porte que Dieu seul a franchie, / tu es bénie entre les femmes, / Vierge tout-immaculée.

Gloire: Hors des naturelles lois / tu as mis au monde, Vierge inépousée, / celui qui de nouveau a façonné / notre nature déchue, / le Verbe de Dieu hypostasié: / prie-le de tous nous sauver.

Maintenant: Mon âme affaiblie par le péché, / la voici devant toi, et je m’écrie: / Vierge toute-sainte et comblée de gloire, / guéris-la et sauve-moi / par tes prières, afin que je puisse chanter / et magnifier ta protection.

Cathisme

Ô Vierge, nous sommes assurés de ta protection / et par tes prières délivrés de tout danger; / gardés en tout temps par la Croix de ton Fils, / nous les fidèles, nous te magnifions.

Ode 7

Nous les fidèles, nous reconnais sons en toi, / ô Mère de Dieu, / la fournaise spirituelle; / et de même qu’il a sauvé les trois Jeunes Gens, / le Très-Haut a renouvelé / en ton sein le monde entier, / le Seigneur Dieu de nos Pères, / digne de louange et de gloire.

Les ombres de la Loi / et les énigmes que jadis / les Prophètes ont prononcées de par Dieu / d’avance avaient déjà révélé / ton virginal enfantement, / Vierge immaculée que nous chantons / en glorifiant le Dieu de nos Pères, / digne de louange et de gloire.

L’orient du Soleil de gloire, c’est bien toi, / Pleine de grâce immaculée: / il a répandu sa clarté / sur l’ensemble des croyants / et dissipé la nuit de l’impiété; / c’est pourquoi nous te vénérons, / toi qui as enfanté / le Dieu de nos Pères; loué soit-il!

Gloire: Le buisson non consumé / jadis a préfiguré, / Vierge pure, ton sein, / car du tout ne t’a brûlée / le feu de la divinité; / aussi, je t’en prie, délivre-moi / du feu qui ne s’éteint, / pour que sans cesse je chante tes hauts faits.

Maintenant: Ô Mère de Dieu, / toi le secours des croyants, / la propitiation des pécheurs, / la donatrice de tous les biens, / accueille-moi qui me prosterne devant toi, / m’approchant de ta miséricorde et compassion / avec des larmes et réclamant / le pardon de mes péchés.

Ode 8

Dans la fournaise, comme en un creuset, / brillèrent les enfants d’Israël / par l’éclat de leur piété plus pure que l’or fin, / et ils se mirent à chanter: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres / louez-le, exaltez-le dans tous les siècles.

Les figures de la Loi et les énigmes de jadis / d’avance t’ont révélée bien clairement / comme la virginale Mère du Seigneur; / et nous, voyant leur réalisation, / d’un même chœur nous te chantons / et te glorifions dans tous les siècles.

De la beauté divine tu as resplendi / et d’incomparable éclat / en enfantant le Verbe de Dieu / qui lui-même fait briller / des splendeurs divines tous les cœurs / des fidèles qui le chantent dans les siècles.

Gloire: De loin les Prophètes ont révélé, / de leurs saintes voix, que tu serais / la Mère du Seigneur notre Dieu, / pour qui nous chantons tous: Bénissez, / toutes ses œuvres, le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Maintenant: Vierge resplendissante de beauté, / inexplicablement tu as enfanté / le plus beau de tous, le Christ / pour lequel nous chantons: Bénissez, / toutes ses œuvres, le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Ode 9

Pour image de ton enfantement / nous avons le buisson ardent / qui brûlait sans être consumé; / en nos âmes nous te prions d’éteindre / la fournaise ardente des tentations, / pour qu’alors, ô Mère de Dieu, / sans cesse nous te magnifiions.

La nature humaine, jadis condamnée, / a trouvé, ô Vierge, l’immortalité / par ton surnaturel / enfantement divin / et recouvré la beauté de jadis / en te chantant d’un même chœur / par des hymnes d’action de grâces.

Tu portes celui qui porte l’univers, / et tu nourris de ton lait / celui qui donne à tous de quoi manger: / grand et redoutable est ton mystère ineffable, / virginale Mère de Dieu; / aussi nous te disons bienheureuse, nous tous, / comme l’arche de la sainteté.

Gloire: Sur moi qui gis dans les ténèbres du nonchaloir, / Toute-pure, fais lever la clarté / pour dissiper les passions / qui aveuglent ma raison / et m’accorder la paix, / toi qui œuvres toujours / en mon âme pour qu’elle te glorifie.

Maintenant: Je redoute l’incorruptible tribunal / et le juge à qui l’on ne cache rien: / j’ai à ma charge, en effet, / une multitude immense de péchés, / moi qui ai vécu dans l’insouciance, / malheureux que je suis; / mais toi, divine Mère, montre envers moi ta compassion.

LE MERCREDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Sauve ton peuple, Seigneur, / et bénis ton héritage, / accorde à tes fidèles victoire sur les ennemis / et sauvegarde par ta Croix / les nations qui t’appartiennent.

Ô Christ, en montant sur la croix, / tu as écrasé la tyrannie et la puissance de l’Ennemi; / ce n’est ni un Ange ni un homme, mais Dieu lui-même qui nous sauve: / Seigneur, gloire à toi.

Ô Vierge, nous sommes assurés de ta protection / et par tes prières délivrés de tout danger; / gardés en tout temps par la croix de ton Fils, / nous, tes fidèles, nous te magnifions.

Cathisme II

Ami des hommes, nous nous prosternons devant l’arbre de ta Croix: / sur lui tu fus cloué, toi la Vie de l’univers; / au bon Larron qui dans la foi se tourna vers toi, / Sauveur, tu as ouvert le Paradis; / et il obtint l’éternelle béatitude en te criant: / Souviens-toi de moi, Seigneur; / tout comme lui, reçois-nous qui te crions: / nous avons tous péché, / ne nous méprise pas, dans ta bonté.

Jadis à l’empereur Constantin / l’arme de la Croix fut révélée dans les combats / pour devenir contre les ennemis / l’invincible trophée de la foi; / en elle saint Paul se glorifie, / elle fait trembler les puissances de l’Enfer / et devient le salut des chrétiens.

Merveille nouvelle et mystère étonnant! / s’écria la Vierge sainte, immaculée, / voyant suspendu sur le bois / le Seigneur qui porte l’univers en sa main / jugé par des juges sans loi / et condamné à la croix.

Cathisme III

Tes mains, tu les étendis sur la croix, / Dieu de tendresse, pour amener / les peuples qui de toi s’étaient éloignés / à glorifier ta suprême bonté; / regarde ton héritage, Seigneur, / et renverse l’Ennemi / par ta précieuse Croix.

Par les souffrances que les Saints endurèrent pour toi, / laisse-toi fléchir, ô notre Dieu; / guéris toutes nos douleurs, / Seigneur ami des hommes, nous t’en prions.

L’Agnelle immaculée voyant l’Agneau et le Pasteur / suspendu sans vie sur le bois, / pleurait et maternellement gémissait en disant: / Comment souffrirai-je, ô mon Fils, / ton ineffable condescendance et ta volontaire Passion, / Seigneur de toute bonté?

Ode 1

Sauvé de l’amère servitude, Israël / comme terre ferme traversa la mer / et voyant sombrer les ennemis, / chanta pour son divin Bienfaiteur / qui fit merveille par son bras puissant: / car il s’est couvert de gloire.

Ô Christ, fixé sur une croix, / tu relevas l’homme déchu; / Verbe de Dieu, tu renversas / toute la puissance de l’Ennemi; / aussi je chante ta Passion / qui m’a délivré de mes passions.

D’honneur et de gloire tu couronnas, / Seigneur de gloire, l’humanité; / pour elle tu as accepté / la couronne d’épines pour amener / notre nature épineuse à devenir / fertile en bonnes œuvres, divin jardinier.

La sainte multitude des Martyrs / combattant loyalement / sanctifia l’entière création / sous les flots d’un sang très-pur / et les sacrifices offerts jadis aux démons / firent place au culte de Dieu le Père.

L’obscure ténèbre des tourments, / saints Martyrs, n’a pas celé / la fermeté de vos combats; / mais plus brillants que le soleil, / glorieux vous avez projeté / la claire lumière du salut.

Un glaive a traversé ton cœur, / Toute-sainte, quand tu vis / ton Fils en sa passion / lui-même d’une lance transpercé / pour écarter le glaive qui barrait / aux croyants la porte du Paradis.

T’ayant trouvée, ô Temple saint, / Dieu le Verbe a demeuré, / Vierge pure, dans ton sein / pour sanctifier, illuminer / et purifier de leurs péchés / ceux qui honorent ton nom.

Toi qui enfantas la Vigne de la vie, / d’où jaillit le vin du salut, / dégrise-moi, dans ta pitié, / de l’ivresse du péché, / me réveillant pour me guider / sur les droits chemins du repentir.

Sans cesse les pensées me font glisser / et m’entraînent mes projets pervers; / follement je fus séduit / et tout entier suis devenu / la proie de l’Ennemi: / Vierge, ne méprise pas ton serviteur!

Ode 3

Que nul mortel se glorifie / en sa richesse ou son savoir, / mais en sa foi dans le Seigneur, / disant au Christ notre Dieu / conformément à la vraie foi / et sans cesse lui chantant: / Maître, veuille m’affermir / sur le roc de tes commandements.

Les impies ont transpercé / tes mains, Seigneur, et tes pieds, / ô Jésus, Christ notre Dieu, / qui jadis avais formé / ineffablement / de ta main l’humanité / et nous délivres par ta Passion / de nos passions et de la mort.

Que s’arrêtent le soleil / et la lune! cria Josué; / c’est ainsi qu’il prophétisa / l’éclipse des astres en la Passion / du Maître crucifié selon la chair / qui mit au pilori / les puissances du mal / et le Prince des ténèbres.

Les saints Martyrs ont supporté / les souffrances vaillamment, / sans défaillance vulnérant / par leurs blessures le Serpent, / l’antique Bélial; / et de nos âmes désormais / ils guérissent les douleurs / sur un signe divin.

Ayant détruit les stèles des démons / et leurs temples, saints Martyrs, / par votre patience et votre fermeté / vous vous êtes merveilleusement / vous-mêmes manifestés / comme les temples spacieux / du Père et du Fils / et du saint Esprit.

À l’heure de la Passion / voyant sans forme ni beauté / le plus bel enfant des hommes, / Vierge sainte, tu crias / gémissant amèrement: / Hélas, ô mon Enfant, / combien tu souffres, toi qui veux / délivrer les hommes de leurs passions.

* * *

Toi qui enfantas le Seigneur de l’univers, / toi, la Souveraine de nos cœurs, / à présent délivre-moi, / Vierge pure, de la seigneurie / que sur moi exercent les passions; / car pour mon malheur je les ai servies / dans la mollesse et la perversité.

Toi qui as en propre la bonté, / toi qui seule as enfanté / le Seigneur compatissant, / Vierge sainte, ne méprise pas / ton impitoyable serviteur / et son manque de cœur, / mais par tes prières accorde-moi la conversion.

Les pensées mauvaises, les dangers, / les chagrins, les tentations / tourbillonnent autour de moi: / vers le havre conduis-moi, / donne à mon âme, je t’en prie, / après l’orage l’accalmie, / Vierge toute-digne de nos chants.

Ode 4

Le merveilleux prophète Habacuc / jadis entendit ta voix, / ô Christ, et dans la crainte s’écria: / Seigneur, tu es venu de Théman, / Dieu saint, de la montagne ombragée / pour sauver ceux qui te sont consacrés; / gloire à ta puissance, Seigneur.

Sur la croix, ô Christ, tu supportas / les blessures et les plaies / pour guérir les meurtrissures de mon cœur; / tu goûtas le fiel amer / pour ôter le pernicieux effet / du fruit goûté au Paradis / et sur l’arbre de la croix tu effaças / la condamnation cueillie sous l’arbre défendu.

Elevé en croix, tu attiras / près de toi les peuples qui jadis / se trouvèrent loin de toi; / avec le Père tu nous as réconciliés, / Longanime, en devenant / médiateur entre les hommes et Dieu / et souffrant l’horreur de la Passion / au milieu de la terre.

Dans la mer rougie de votre sang, / bienheureux Martyrs aimés de Dieu, / sombra le Pharaon spirituel, / englouti dans l’océan vermeil / avec toutes ses armées; / dans l’allégresse du salut / la terre promise vous a reçus / comme citoyens des cieux.

Affermis par la vigueur du Christ / en leur chair les saints Martyrs / par leurs souffrances ont assumé / la bienheureuse Passion de notre Dieu; / désormais ils peuvent apaiser / les passions des âmes et des corps / et guérir ceux qui les chantent chaque jour / et les célèbrent comme bienheureux.

Voyant l’injuste immolation, / ô Christ, la Mère qui t’enfanta / dans les larmes s’écria: / Juste juge et doux Enfant, / quelle injuste condamnation / pour celui qui cherche à justifier / ceux que leur faute a condamnés / jadis à la poussière du tombeau!

* * *

Nuée lumineuse qui enfantas Jésus, / Dieu, Soleil de justice et source de clarté, / illumine de tes rayons / mon âme enténébrée / dans la nuit du péché / et l’aveuglement des plaisirs.

Le Diable me chasse, la Mort est aux aguets, / cherchant à me nuire perfidement; / très-sainte Dame, délivre m’en: / des chrétiens tu es le prompt secours, / la consolatrice des affligés / et la Mère de notre Dieu.

Ma force et mon chant, c’est le Seigneur / que tes saintes entrailles ont enfanté: / Vierge pure, supplie-le / de garder toujours en pureté / sans souillure et sans péché / l’âme et le corps de ton serviteur.

Ode 5

Ô Christ, fais briller ta lumière sans déclin / sur le cœur de qui te chante dans la foi, / nous donnant ta paix qui surpasse tout esprit / afin que, de la nuit et de l’obscurité / courant vers la lumière de tes commandements, / Ami des hommes, nous te glorifiions.

Sauveur, le soleil se dépouilla de sa clarté, / te voyant pendu sans voiles sur la croix, / toi qui suspendis la terre sur les eaux; / et de crainte se fendirent les rochers / lorsque sur le roc ils t’aperçurent mis en croix, / et les fondements de la terre furent ébranlés.

Élevé en croix, les mains percées de clous, / Maître longanime, tu versas ton sang / et la lance transperça ton flanc immaculé / pour guérir Adam blessé en son côté / lorsqu’il écouta la femme née de lui / et désobéit à son Créateur.

La foule des Martyrs ressemble au Paradis, / ayant en son milieu le Christ, arbre de vie; / pour lui dans la noblesse de leur cœur / ils ont souffert la mort et l’infamie / pour mettre à mort celui qui fit périr / le premier couple par le fruit défendu.

Martyrs du Christ, le flot de votre sang / assécha l’abîme de l’impiété, / et le jet de vos miracles éclatants / fit tarir la source des passions / en nos âmes et nos corps; / c’est pourquoi nous vous disons bienheureux.

Saisie d’étonnement lorsqu’elle vit le Christ / élevé en croix selon son bon vouloir, / la Vierge irréprochable dans les larmes s’écria: / Les douleurs que je n’ai pas connues en enfantant, / divin Fils, je les éprouve à présent, / te voyant injustement crucifié par des impies.

* * *

Sur mon âme fais croître et fructifier / l’abondance des vertus; / Vierge sainte, chasse au loin / mes infructueux pensées; / déracine et coupe les épines du péché / qui me serrent au point de m’étouffer.

À la voix de l’Ange tu as abrité, / Vierge Mère, ineffablement / dans ton sein le Verbe Dieu; / des actions sans verbe ni raison, / des plaisirs qui mènent à la mort / supplie-le de délivrer tes serviteurs.

Puisque par la fleur issue de ton rameau / s’est flétri le mal, fleur d’arbre défendu, / taille l’arrogance de ma chair, / fais cesser l’élan de mes passions / afin que je puisse te chanter, / Vierge toute-digne de nos chants.

Ode 6

Tout entier je fus la proie de mes passions / et le monstre inique m’engloutit; / de la fosse, ô Dieu, retire-moi / comme jadis tu fis pour Jonas, / et donne-moi dans la foi / d’être libéré de mes passions / pour que je t’offre en esprit de vérité / un sacrifice de louange.

Quand Moïse vers le haut tendit les mains, / il préfigura ta croix et ta passion, / car toi-même sur le bois / tu étendis les mains pour abolir / le funeste empire du Mauvais; / c’est pourquoi nous te chantons, / Ami des hommes, te sachant / notre Rédempteur et Sauveur.

Mis en croix, tu enduras la mort / et tu fis périr notre meurtrier / pour donner la vie, Seigneur, / à l’ouvrage de tes mains; / de ton flanc percé tu fis jaillir / le double flot de notre rédemption / pour ceux qui chantent en la vraie foi / tes deux natures et volontés.

Saints Martyrs, qu’elle est précieuse votre mort / désormais en présence du Seigneur / qui rendit aux hommes leur honneur / en payant le prix de sa passion / et couvrit de honte Bélial / qui s’est ingénié à nous briser / sous la multitude de ses coups!

De tout cœur ayant affronté, / sages Martyrs, toute espèce de tourments, / dans la lutte à vos côtés vous avez eu / sans cesse l’assistance de celui / qui assuma toute notre humanité; / c’est pourquoi malgré les membres mutilés / ou le feu qui vous brûlait, vous exultiez de joie.

La Toute-pure contemplant / ta mise en croix, s’est écriée: / Étrange est le spectacle que je vois, / ô mon Fils, toi qui guéris les maladies, / tu endures des souffrances inouïes; / et telle est la récompense que reçoit / de ses ennemis celui qui les combla de bienfaits!

* * *

L’Ennemi fut mis à mort, / Pleine de grâce, par le Fruit / né de ton sein pour notre vie; / l’Enfer s’écroule et nous captifs, / libérés nous te crions: / Ote les passions de nos cœurs.

De qui s’est éloigné de Dieu / et par malice lui demeure un étranger / approche-toi, divine Fiancée, / en ta merveilleuse médiation / afin que je puisse célébrer / les hauts-faits de ta puissance.

Le Fils intemporel fut grâce à toi / mis au monde et dans le temps: / ô Vierge sainte, implore-le / pour qu’il guérisse de mon cœur / les maladies et les langueurs / et me guide vers la vie éternelle.

Ode 7

En la fournaise ardente comme en un festin nuptial / pénétrèrent jadis les Jeunes Gens / dont la sainteté fut / manifeste en leur piété; / d’une même voix ils ont chanté: / Dieu de nos pères, Seigneur, tu es béni.

Jésus, mon Maître, tu acceptes les soufflets / d’un esclave pour me libérer / de la servitude de l’Ennemi; / mis en croix, tu m’as sauvé pour que je puisse te chanter: / Dieu de nos pères, Seigneur, tu es béni.

L’entière création fut ébranlée, / Dieu de tendresse, lors de ta crucifixion; / je coup de lance vulnéra notre Ennemi, / Adam blessé recouvre la santé / pour te chanter: Seigneur, tu es béni.

L’armée divine des Martyrs / sous l’armure de la croix a repoussé / dans la grâce les assauts de l’Ennemi; / et chantant victoire ils furent couronnés: / Dieu de nos pères, Seigneur, tu es béni.

Par votre volonté plus forte que le feu, / saints Martyrs, vous n’avez pas été brûlés, / mais dans les flammes vous avez consumé / le bois sec de l’impiété, vous qui chantiez: / Dieu de nos pères, Seigneur, tu es béni.

Ton Enfant, ô Vierge immaculée, / enfanta les siècles merveilleusement; / élevé en croix, il releva ceux qui avaient failli, / pour qu’ils soient les citoyens des cieux et puissent lui chanter: / Dieu de nos pères, Seigneur, tu es béni.

* * *

Toi, la Porte de Lumière, je t’en prie, / ouvre-moi les portes de la conversion, / condamnant par ton intercession / les entrées de mes passions / et repoussant tous mes désirs mauvais, / afin que je chante et glorifie / ton invincible puissance.

Les souillures que j’ai contractées / en mon âme, par légèreté, / Toute-sainte, lave-les / dans le flot de ton amour; / de ma conscience purifie les yeux, / et ma voix sans cesse chantera, / Vierge pure, tes merveilles.

Toi qui conçus la Source de la vie, / Vierge sainte, immaculée, / par tes prières vivifie ton serviteur / tout meurtri par l’escadron des noirs démons, / mais qui chante pour ton Fils: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

Ode 8

La fournaise où le feu devint rosée / préfigura jadis / un miracle où la nature est dépassée; / car le feu ne brûlant pas les Jeunes Gens / manifeste la manière dont le Christ / vint au monde sans semence, virginalement; / et c’est pourquoi nous chanterons: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Il fut mis en croix selon sa volonté, / le Dieu qui d’un seul mot tendit les cieux; / il se laissa percer de clous, / voulant arracher les passions / rivées au cœur d’Adam; / et c’est pourquoi nous chanterons: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Lorsqu’un peuple au cœur de pierre t’éleva, / toi la Pierre d’angle, sur le roc du Golgotha, / les montagnes tremblèrent, la terre chancela / et les âmes vacillantes furent affermies, / Verbe de Dieu, en la vie éternelle / pour sans cesse répéter ce chant: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Ils tissèrent pour leur âme la tunique du salut, / les Martyrs luttant de tout leur cœur / en leur corporelle nudité, / quand sur eux pleuvaient les coups, / les outrages, les horions; / mais ils chantent désormais: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Sans pitié les valeureux Martyrs / furent torturés et déchirés; / ils subirent les mutilations / et toutes sortes de tourments / mais aux faux-dieux ne sacrifièrent pas; / devenant pour nous modèles de vigueur, / ils chantaient: La création bénisse le Christ / et l’exalte dans tous les siècles!

Pourquoi ce peuple acerbe et insensé, / décidant de t’élever en croix, / me laisse sans enfant / comme une mère au cœur dolent? / criait jadis la Vierge inépousée / témoin de ta crucifixion; / ô Jésus, Sauveur de tous, la création / avec elle te glorifie dans tous les siècles.

* * *

Sur moi dominent les passions / et les diaboliques tentations; / ayant recours à toi, je suis sauvé / et je chante, ô Vierge, pour ton Fils: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Vierge sainte et plus sublime que les cieux, / fais que mon esprit transcende en cette vie / la terrestre et matérielle condition / pour me permettre de chanter: / La création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Toi qui enfantas la Source de clarté, / de mon cœur, ô Vierge, éclaire le regard / à la lumière du savoir divin / pour que je puisse psalmodier: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Ode 9

Ineffable est le mystère de la Vierge: / car elle est le Ciel / et le trône des Chérubins; / elle est la chambre pleine de clarté / du Christ notre Dieu / et Seigneur tout-puissant; / et comme Mère de Dieu / pieusement nous la magnifions.

Ô Sauveur, lorsqu’il te vit / suspendu sur la croix, / toi qui suspendis la terre jadis / sur les immenses eaux, / le bon Larron, dans un acte de foi, / te cria: Souviens-toi de moi; / avec lui pieusement / nous glorifions ta Passion.

Crucifié, tu ébranlas / les fondements de l’univers; / par la lance transpercé, / tu fis jaillir le sang et l’eau, / sources d’immortalité, / pour purifier l’humanité / par tes souffrances, Jésus, / que pieusement nous magnifions.

Dans les supplices les Martyrs / exultèrent de joie, / se hâtant de tout leur cœur / comme pour jouir du Paradis; / Courage, disaient-ils, / voici le stade, il est ouvert, / et le Christ a préparé / des couronnes pour ceux qu’il aime.

Des fidèles l’assemblée / vibre d’une immense joie, / célébrant les prestigieux combats / des saints et victorieux Martyrs / et les souffrances infinies / au prix desquelles ils ont gagné / les délices en la vie éternelle / et la jouissance sans fin.

Ô Vierge qui as enfanté / 1e Verbe ami des hommes ineffablement, / lorsque tu vis quelle passion / pour nous il a voulu souffrir, / tu t’écrias: Que signifie cela? / l’impassible Dieu assume la douleur / et il souffre pour sauver / ses fidèles adorateurs.

* * *

Réjouis-toi qui enfantas la joie, / réjouis-toi qui seule as fait cesser le deuil; / réjouis-toi qui de nos âmes chasses le chagrin, / car tu éclaires de spirituels rayons / ceux qui dans l’amour et dans la foi / te magnifient comme la Mère de Dieu.

Freine les élans de mes passions, / Toute-sainte, assèche jusqu’au fond / le gouffre immense de mes transgressions, / toi qui as enfanté la salutaire ondée, / le fleuve aux pacifiques eaux / et l’océan de la miséricorde.

Sans salaire tu guéris toutes les plaies, / Vierge sainte, et les malades sans espoir; / tu es le havre du salut / pour les marins de cette vie, / et tout homme qui s’abrite en lui / te glorifie, sauvé par la foi.

Exapostilaire ton 2

Arme invincible, soutien de la foi, / Croix divine, nous te chantons, / devant toi nous prosternant dans la foi: / tu es le refuge, la gloire des chrétiens; / gardienne des orthodoxes et fierté des martyrs, / à juste titre nous te glorifions.

Croix de Jésus, armure des chrétiens, / tu donnes aux rois victoire et tu renverses les démons: / à ceux qui se prosternent devant toi / donne ta protection et la grande miséricorde.

Tous ceux qui d’un cœur ardent / se prosternent pieusement / devant la croix et les souffrances de ton Fils, / fais qu’ils deviennent, ô Mère de Dieu, / les citoyens du Paradis / et les héritiers de 1a gloire des cieux.

Apostiches

Toi qui fus cloué sur la croix / pour nous faire don de la vie, / sans cesse nous te chantons / comme notre Maître et Sauveur.

Par ta croix, ô Christ, / les Anges et les hommes ont formé / une seule Église, un seul troupeau; / le ciel et la terre exultent de joie: / Seigneur, gloire à toi.

Saints Martyrs dignes de toute louange, / ce n’est ni l’épreuve ni la détresse ni la faim, / ni la persécution ni le danger, / ni la rage des fauves ni le glaive ni le feu, / qui par leurs menaces ont pu vous éloigner de Dieu; / mais c’est plutôt par amour pour lui / que vous avez oublié la nature en devenant des étrangers pour votre corps / et vous avez combattu au mépris de la mort; / aussi avez-vous reçu la digne récompense de vos labeurs /en devenant héritiers du royaume des cieux: / intercédez pour le salut de nos âmes.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Se tenant près de la croix, / Verbe de Dieu, ta Mère immaculée / dans les larmes s’écria: / Ô mon Fils, comment meurs-tu sur une croix? / Hélas, Lumière de mes yeux, / où est passée ta beauté, / toi le plus bel enfant des hommes?

LITURGIE

Béatitudes

Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam / lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, / mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron / qui lui criait: Souviens-toi de moi, Seigneur, / quand tu entreras dans ton royaume.

Ô Christ, tu supportas la plus honteuse des passions / pour effacer notre honte; / Dieu de bonté, tu nous fais participer / à ton Royaume dans les cieux, / nous qui adorons ta divine condescendance.

Ô Christ, pour revêtir la nudité d’Adam, / tu fus mis à nu dans ta chair / et sur la croix tu fus élevé / pour nous relever de l’abîme du mal; / ô Verbe, nous glorifions / ta divine condescendance.

Par vos blessures ayant vulnéré / la multitude des démons, / chaque jour, glorieux Martyrs, / en la grâce vous guérissez / les plaies et les blessures de tous les hommes.

Gloire au Père ...

Devant le Père prosternons-nous, / glorifions le Fils et l’Esprit saint; / ensemble chantons d’une même voix: / Trinité sainte, sauve-nous.

Maintenant ...

Se tenant près de la croix / et voyant le Christ cloué dans sa chair, / la Vierge immaculée dans les larmes s’écria: / Dieu de tendresse, où est passée / ton ineffable beauté?

Jeudi

LE MERCREDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Glorieux Apôtres du Christ, / disciples appelés par notre Dieu, / docteurs universels ayant trouvé le Seigneur, / le médiateur entre les hommes et Dieu, / vous vous êtes unis à lui / et dans le monde avez clairement proclamé / sa divinité et sa parfaite humanité.

Très-sages Apôtres du Christ, / par vos prières obtenez-moi / la grâce du savoir spirituel, / vous qui êtes en vérité / de la sagesse les initiés et les dispensateurs, / ayant diffusé la lumière du Paraclet / et brûlé au feu les scories de mon cœur, / rendez-moi digne de vous chanter / en vous disant bienheureux.

Apôtres qui avez vu le Verbe de Dieu, / illuminez mon âme obscurcie par les passions, / vous dont les divins enseignements / ont éclairé les confins de l’univers / et chassé les ténèbres des faux-dieux, / intercédez à présent / pour qu’à nos âmes soient données / la paix et la grande miséricorde.

* * *

De l’Église survolant les fleurs / comme un oiseau de haute volée, / avec les Anges, bienheureux Nicolas, / tu cries sans cesse vers Dieu / en faveur de nous tous / au milieu des épreuves et des dangers / et tu nous sauves par tes prières.

Ayant approché la beauté / des choses qu’on ne voit pas, / Père très-saint, tu as saisi / l’étonnante gloire des Saints; / et tu nous révèles clairement / les enseignements célestes / de tes apparitions immortelles.

Père théophore, par l’éclat / des vertus que tu pratiquas, / tu as fait resplendir la beauté / de tes ornements sacrés; / prolonge pour nous le merveilleux effet / de tes apparitions célestes, / nous délivrant de tout danger.

Gloire au Père ... Maintenant...

Ô Vierge inépousée / qui as conçu notre Dieu / en la plénitude des temps, / tu demeures en vérité / vierge encore après l’enfantement, / trône et porte du Roi, / table mystique et chandelier tout brillant de clarté.

Prokimenon, ton 5: Ô Dieu, par ton nom sauve-moi, fais-moi justice dans ta puissance. Verset: Ô Dieu, entends ma prière, écoute les paroles de ma bouche.

Apostiches

Des Apôtres la lyre pleine d’harmonie / que fait vibrer le saint Esprit / a chassé les mystères inspirés par le Démon / et proclame le seul Seigneur, / délivrant les peuples du mensonge des faux-dieux / et leur apprenant à se prosterner devant la Trinité consubstantielle.

Célébrons d’un même chœur / les Apôtres Pierre et Paul, / Luc, Matthieu, Marc et Jean, / André, Thomas, Barthélemy, / Jacques, Philippe et Simon: / à toute l’assemblée des Disciples nous adressons / la louange de nos chants.

Martyrs dignes de toute louange, / ce n’est point la terre qui vous a cachés, c’est le ciel qui vous a reçus; / les portes du Paradis se sont ouvertes pour vous; / et là vous jouissez de l’arbre de vie; / intercédez auprès du Christ / pour qu’à nos âmes il accorde sa paix et la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Vierge toute digne de nos chants, / Moïse vit ton mystère de ses yeux de voyant: / c’est le buisson qui brûlait sans être consumé, / car le feu de la divinité n’a pas brûlé ton chaste sein. / Aussi nous te prions, / toi la Mère de notre Dieu, / d’accorder au monde la paix.

LE MERCREDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Chantons tous une hymne de victoire / pour les merveilles de notre Dieu / qui de son bras puissant a sauvé Israël / en se couvrant de gloire.

Le buisson fut ton image, ô Mère de Dieu, / car, demeurant inconsumée, / tu as porté l’intolérable Feu; / c’est pourquoi sans cesse nous te chantons avec foi.

Assumant notre humanité, le Verbe Dieu / ineffablement s’est incarné de toi; / c’est pourquoi, Vierge pure, tout vivant / rend honneur et gloire et se prosterne comme il se doit.

Gloire: Ineffablement tu as conçu / celui qui maintient l’ensemble de l’univers / et tu l’as enfanté: / prie-le sans cesse de nous prendre en pitié.

Maintenant: Toi qui seule as mis au monde et dans le temps / le Dieu intemporel ayant pris chair, / de ma pauvre âme, Vierge sainte, immaculée, / guéris les passions qui temporisent au lieu de me quitter.

Ode 3

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs / est devenue la pierre d’angle; / sur cette pierre le Christ / affermit son Église / qu’il a rassemblée / du milieu des nations.

Pour déifier notre humanité, / Dieu s’est fait homme en sortant de toi, / Vierge pure, d’une façon / qui dépasse la raison et l’entendement; / c’est pourquoi bienheureuse nous te disons, / nous les fidèles, à l’unisson.

Celui qui par nature ne peut être circonscrit / se laisse circonscrire en prenant chair de toi, / Pleine de grâce immaculée: / sans cesse demande-lui / de prendre en pitié et d’illuminer / les âmes des fidèles te chantant.

Gloire: De mon cœur stérile / fais cesser l’improductivité / et donne à mon âme de porter / les fruits des vertus, / toute-sainte Mère de Dieu, / toi le secours des croyants.

Maintenant: Sauve-moi de tout péril / et des nombreux pièges du serpent, / du feu qui brûle dans l’éternité / et des ténèbres, Vierge immaculée, / toi qui as enfanté pour nous / la lumière sans couchant.

Ode 4

Prophète Habacuc, en l’Esprit tu as prévu / l’incarnation du Verbe et l’annonças, disant: / Lorsque s’approcheront les ans, tu seras connu, / au temps fixé tu te révéleras; / gloire à ta puissance, Seigneur.

En habitant ton sein immaculé, / Dame toute-sainte, le Christ nous a déifiés, / assumant une chair animée; c’est pourquoi / nous te chantons comme Vierge et Mère selon la vraie foi, / Souveraine du monde et son secours.

Sainte Mère de Dieu, sanctifie-nous, toi qui as enfanté / dans la chair celui qui surpasse toute sainteté / et qui à nous les hommes a voulu ressembler:/ par tes prières fais que nous tous, / nous ayons part au royaume des cieux.

Gloire: Vierge Mère de Dieu, son tabernacle immaculé, / purifie mon être souillé par le péché / sous les flots très-purs de ta compassion / et tends vers moi ta main secourable pour que je te crie: / Gloire à toi que Dieu lui-même a glorifiée.

Maintenant: Tu es devenue le temple sanctifié / du Dieu qui a fait sa demeure en toi / ineffablement, ô Vierge; prie-le donc de nous purifier / des souillures du péché, afin que nous devenions / le temple et l’habitacle de l’Esprit.

Ode 5

La nuit, nous veillons devant toi / et te chantons, ô Christ notre Dieu, / toi qui as voulu partager notre pauvreté / et souffrir en ta chair la mort sur la croix.

J’ai connu la mort jadis en l’Éden / pour avoir goûté au fruit défendu; / Vierge ayant enfanté la Vie qui sur l’arbre fut mis à mort, / vivifie-moi et procure-nous la paix.

Sauve-moi, Toute-pure, des funestes dangers, / relève-moi de la pourriture des passions; / de l’esclavage, du mal causé par les démons / délivre ton inutile serviteur.

Gloire: En toi nous reconnaissons la Nuée, le Paradis, / la porte de la Lumière, la table sainte, la toison, / l’urne contenant la manne des cieux, / la douceur du monde, Vierge Mère immaculée.

Maintenant: Toute-pure, tu as enfanté l’Emmanuel, / le Dieu qui s’est fait homme par amour: / supplie-le comme notre ami / de prendre en pitié son peuple pécheur.

Ode 6

Du monstre marin tu as sauvé, / Ami des hommes, ton Prophète; / du gouffre de mes péchés / retire moi, je t’en supplie.

Moi dont l’âme est souillée par tant de péchés, / instamment je te supplie:/ de toute souillure purifie / ma demeure, par ton intercession.

Sois mon pilote, ô Vierge immaculée, / au milieu des épreuves de cette vie / dont je traverse le flot déchaîné, / dirige-moi vers le havre du salut et sauve-moi.

Gloire: La houle des pensées, / l’assaut des passions et l’abîme du péché / font que mon âme est agitée: / sainte Dame, viens à mon secours.

Maintenant: : Toi le tabernacle de la sainteté, / ô Marie, veuille sanctifier / ma pauvre âme souillée par les plaisirs / et fais que je participe à la gloire de Dieu.

Cathisme

Ô Vierge qui as nourri l’Un de la sainte Trinité, / splendide Paradis et salut des mortels, / sauvegarde par ta protection / ceux qui te chantent avec foi; / car tu as mis au monde celui qui a parlé par les Prophètes, / tu as porté celui qui tient en main l’univers, / toi la Mère du Christ notre Dieu.

Ode 7

Dans la fournaise, les Jeunes Gens / ne furent touchés ni gênés par le feu; / et tous trois, d’une seule voix, / te bénissaient, Sauveur, en chantant: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Le Fils du Père sans commencement, / recevant un début, habita dans ton sein / afin de libérer divinement / des ténébreuses principautés du mal / ceux qui devant toi se prosternent, pure Génitrice de Dieu.

Ayant revêtu les vertus divines tel un brocart, / Vierge pure, tu as enfanté / le Verbe coétemel au Père, qui de son renom / a couvert le ciel en vérité: /. prie-le sans cesse de nous prendre en pitié.

Gloire: Affermis nos âmes, sanctifie nos pensées, / divine Mère, afin que nous accomplissions / comme il faut les volontés / du Verbe coéternel au Père, qui par amour / ineffablement s’est incarné en toi.

Maintenant: Toute-pure, vivifie mon esprit / mis à mort par les passions charnelles, / donne-lui la force de faire ce qui plaît à Dieu, / afin que je puisse te magnifier / et glorifier ta miséricorde en tout temps.

Ode 8

Le Seigneur et Créateur / que les Anges dans le ciel / servent avec crainte et tremblement, / vous les prêtres, chantez-le, / jeunes gens, glorifiez-le, / peuples, bénissez, exaltez-le dans tous les siècles.

Puissions-nous être délivrés, / par tes vigilantes prières devant Dieu, / Toute-pure, des multiples tentations, / nous qui savons que tu es / la Mère de Dieu / pleine de grâce et bénie.

L’Incorporel a pris chair / de toi divinement: / Toute-pure, demande-lui / de mortifier mes passions charnelles / et de vivifier / mon âme mise à mort par le péché.

Gloire: La blessure du terrestre Adam, / tu l’as guérie en enfantant, / Vierge toute-pure, le Dieu Sauveur: / supplie-le de guérir / les incurables plaies / dont souffre mon âme.

Maintenant: Relève-moi, car me voici gisant / dans l’abîme du mal, / combats les ennemis qui m’assaillent à présent; / et moi dont l’âme est consumée par les désirs impurs, / ô Vierge, ne me dédaigne pas, / mais prends pitié et sauve-moi.

Ode 9

La nuée lumineuse en qui le Maître universel / descendit depuis le ciel / comme pluie sur la toison / et pour nous s’est incarné, / lui le Dieu infini, / en revêtant l’humanité, / fidèles, nous la magnifions / comme sainte Mère de Dieu.

Toi qui as mis au monde la Clarté / se levant du Père dans l’éternité, / ô Vierge, prends en pitié / mon âme enténébrée par les séductions d’ici-bas / et devenue le jouet de l’ennemi; / permets-lui d’obtenir / la lumière de la conversion, / Mère tout-immaculée.

Isaïe t’a contemplée / comme Nuée lumineuse / dont est sorti pour nous / mystiquement le Soleil de justice / pour illuminer la création, / Vierge toute-pure; c’est pourquoi / nous te chantons avec foi / comme la plus belle entre les femmes.

Gloire: En ami du péché / je mène ma vie en l’insouciance, / Vierge pure, et je crains / l’incorruptible tribunal:/ devant lui par ton intercession / fais que je sois acquitté; / alors, comme protectrice je pourrai te glorifier, / te dire bienheureuse en tout temps.

Maintenant: Je redoute le tribunal, / l’œil auquel on ne cache rien, / le regard de ton Fils, puisque j’ai commis / sur terre de honteuses actions; / c’est pourquoi je te crie: / Viens à mon aide, dans ta compassion, / tire-moi de ce malheur, / Vierge pure, et sauve-moi.

LE JEUDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Sages Apôtres qui avez pris au filet le monde entier / et reçu de Dieu son amour, / intercédez pour nous qui chantons maintenant: / Seigneur, sauve ton peuple chrétien / en préservant nos âmes de tout danger / par les prières de tes Apôtres.

Ayant maîtrisé par le roseau de la Croix / et le filet du Verbe, les artifices des rhéteurs, / les pêcheurs d’hommes ont illuminé les nations / pour qu’elles te glorifient comme vrai Dieu; / Seigneur, source de leur force, nous te chantons / notre hymne de louange sans fin; / Gloire au Père et au Fils, / gloire à l’Esprit consubstantiel, / gloire à celui dont les Apôtres donnèrent au monde la clarté.

Ayant conçu, sans être consumée, le feu de la divinité, / et ayant fait sans semence jaillir le Seigneur source de vie, / ô Vierge pleine de grâce et Mère de Dieu, / sauve-nous qui sans cesse te magnifions.

Cathisme II

Fidèles, célébrons par nos hymnes / les sages Apôtres, ces trompettes éclatantes du Christ; / leur char nous a tirés du gouffre de l’impiété, / conduisant les hommes au havre du salut / par la grâce de l’Esprit.

Sur terre est apparue dans la chair et dans le temps / la Lumière née éternellement de la Lumière; / elle éclaira le monde grâce à vous / et nous tous, illuminés par vos divins enseignements, / bienheureux Apôtres, nous vénérons votre mémoire sacrée.

Nous tous qui possédons en toi / notre avocate auprès de Dieu, / ô Vierge, nous accourons vers ton temple saint, / pour implorer ton aide et protection; / ô Mère toujours-vierge, délivre-nous / de la malice du Démon; / arrache au terrible châtiment / ceux qui te disent bienheureuse.

Cathisme III

Pontife qui vécus corporellement à Myre, / saint Nicolas, tu fus consacré par la myrrhe de l’Esprit; / et par l’onction de tes miracles, le parfum de ta sainteté, / tu combles d’agréable odeur ceux qui veulent célébrer par l’encens de leurs hymnes ta mémoire sacrée.

Implorons, tous, les Martyrs du Christ / qui intercèdent pour notre salut et tous, allons à leur rencontre dans la foi / pour trouver grâce et guérison / auprès de ces gardiens de la foi / qui repoussent les démons.

Les Disciples et les Apôtres divins / inspirés par leurs enseignements / ont annoncé à tous, ô Vierge immaculée, / ton merveilleux enfantement, / nous apprenant à nous prosterner / devant toi, la Mère de Dieu; / nous t’en prions, intercède avec eux / pour le salut de tes fidèles serviteurs.

Ode 1

Ta droite victorieuse, magnifique en sa force, / s’est couverte de gloire, / car, ô Seigneur immortel, / grâce à ta puissance, / elle a broyé les ennemis / en ouvrant pour Israël / une voie nouvelle au profond de la mer.

Illuminés par les divins rayons / de la clarté aux trois soleils, / vous êtes devenus comme des dieux, / des fils du Très-Haut / par votre place près de lui, / et comme vous le méritez / nous vous célébrons dans la foi.

Sur terre le Verbe est apparu / en l’épaisseur de la chair / par un effet de sa bonté; / et vous qui êtes devenus / par excellence ses serviteurs, / exécuteurs de ses Apôtres, nous vous glorifions.

Par les rayons étincelants / qui jaillissent de l’Esprit, / saint Apôtres, éclairez-moi, / car tout entier je suis plongé / dans la ténèbre du péché; / sagement conduisez-moi / vers le chemin de conversion.

Joie des Apôtres glorieux, / Reine Mère, toi qui es / la Génitrice de celui / qui divinement par leur bouche / fit entendre sa voix, / avec eux implore-le / pour qu’il me sauve de la géhenne de feu.

* * *

Chantons tous une hymne de victoire / pour les merveilles de notre Dieu / qui de son bras puissant a sauvé Israël / en se couvrant de gloire.

Pontife de justice couronné / et près du trône de la grâce te tenant, / par tes prières sauve les croyants qui de leurs hymnes te couronnent à présent.

Toi qui reçus le don des guérisons, / guéris les plaies de mon âme, saint Nicolas, / et sauve-moi des tentations / par ta prière et tes intercessions.

Par la force de ton intercession / redresse mon âme, saint Nicolas, / toute courbée sous le poids de mes péchés / et sauve-la des maux de cette vie.

Toute-sainte, la ténèbre de mon cœur, / chasse-la par ta clarté / et sauve-moi de l’obscurité éternelle / pour que sans fin je chante tes merveilles.

Ode 3

Toi qui seul connais la faiblesse de la nature humaine, / lui étant devenu semblable dans ta compassion, / revêts-moi de la force d’en haut, / pour que je chante devant toi: / Saint est le temple spirituel / de ta gloire immaculée, / Seigneur ami des hommes.

Notre unique et invisible Dieu / s’est laissé voir à nos yeux dans la chair / et vous choisit pour Disciples, /vous confiant le rôle d’annoncer / par tout le monde son saint nom / et sa gloire qui dépasse le créé, / bienheureux Apôtres de Dieu.

Contre toi seul, ô Christ, j’ai péché, / contre toi seul j’ai failli, / souillant mon âme gravement; / en ton amour purifie-moi, / sauve-moi, Jésus, le seul compatissant, / écoutant l’intercession / de tes Apôtres divins.

De l’amertume des passions et des pensées / et de tout péché délivrez-moi, / saints Apôtres, en votre compassion; / sur ma conscience répandez / le baume de la conversion, / vous qui portez en votre cœur / la divine Douceur.

Avec les Anges immatériels / et toutes les Puissances d’en haut, / les Martyrs et les Apôtres du Christ, / Vierge et Mère inépousée, / implore celui qui s’incarna / de tes entrailles immaculées / pour qu’il sauve tes serviteurs.

* * *

Puisse mon cœur s’affermir / en ta volonté, Christ notre Dieu, / comme toi-même tu as affermi sur les eaux le second ciel / et sur ses bases l’univers, / ô Seigneur tout-puissant!

Ornement des saints Pontifes / et parfum sublime de l’Esprit, / par tes suaves oraisons : fais disparaître de mon cœur / la pestilence des passions, / je t’en prie, saint Nicolas.

Dans l’indolence ayant passé / toute ma vie, hélas, je crains, / ô Christ, ton redoutable tribunal; / en ce jour-là ne me condamne pas, / mais par les prières de saint Nicolas / laisse-toi fléchir, ô mon Dieu.

Saint Pontife Nicolas, / toi que la grâce a revêtu / de ses divines broderies, / sauve-moi de tout danger / lorsque j’accours sous le manteau de ta bienheureuse protection.

Sauve-moi des tentations / et des pièges du Serpent, / du feu qui brûle en l’au-delà / et des ténèbres, Vierge immaculée / qui as enfanté pour les mortels / la Lumière sans déclin.

Ode 4

Montagne ombragée par la grâce divine, / Habacuc t’a reconnue de son regard de voyant. / De toi, a-t-il prédit, / sortira le Saint d’Israël / pour notre salut / et notre restauration.

Illustres Apôtres divinement choisis, / char et cavalerie du Christ, / piétinant en votre marche / l’océan de l’incrédulité, / vous avez fait sombrer l’Ennemi spirituel, / et les hommes naufragés, vous les avez tirés vers le salut.

Bienheureux Apôtres, vases spirituels / des divins rayons de l’Esprit saint, / sur mon âme enténébrée, / devenue le réceptacle des passions / répandez l’éclat divin, / la lumière de la conversion.

Nuages d’où s’écoule l’onde de la vie, / faites descendre la divine pluie / sur mon âme désolée / par la sécheresse des passions / et faites-lui produire, Apôtres glorieux, / au centuple le froment du salut.

Prophètes et Apôtres, glorieux Martyrs, /` avec la Mère de notre Rédempteur / sans cesse intercédez auprès de lui / pour que nous soyons nous-mêmes l’éternelle peine due à nos péchés, / des épreuves, périls et de toute affliction.

* * *

Prophète Habacuc, en l’Esprit tu as prévu / l’incarnation du Verbe et l’annonças, disant: / Lorsque s’approcheront les ans, tu seras connu, / au temps fixé tu te révèleras; / gloire à ta puissance, Seigneur.

Ayant suivi toi-même les divins commandements, / fais que nous gardions par ton intercession / les préceptes qui nous mènent au salut / et garde-nous de toute tentation, / Père et Pontife Nicolas.

En Christ ayant mené ta course à bonne fin, / prépare-nous les voies qui mènent jusqu’à lui, / afin que délaissant l’ornière de l’erreur, / Père théophore, nous parvenions / à la perfection du salut.

Ô sage Nicolas qui par tes veilles as endormi / toutes les feintes de notre Ennemi, / fais-nous ce don, ô Père, d’être vigilants, / célébrant le Dieu vivant par nos hymnes / et jouissant de ton ardente médiation.

Le Prophète, par divine inspiration, / t’a décrite, ô Vierge immaculée, / d’avance comme la montagne ombragée / rafraîchissant par la grâce de ta médiation / ceux que brûle la flamme des passions.

Ode 5

Par l’éclat de ton avènement / tu as illuminé les confins de l’univers / en les éclairant, ô Christ, / par la splendeur de ta Croix: / fais briller aussi la lumière de la divine connaissance / dans les cœurs qui te chantent selon la vraie foi.

Apôtres dignes de nos chants, / vous êtes les montagnes distillant / la douceur et la joie ineffable / par laquelle vous chassez / l’amertume des démons / et faites les délices des croyants.

Le Christ qui est venu / dans son domaine comme un étranger, / vous l’avez reconnu / et de tout cœur l’avez suivi: / délivrez-moi du mal causé par l’Ennemi, / divins Apôtres du Verbe.

Guéris, Sauveur compatissant, / les secrètes plaies de mon âme / par la prière et l’oraison / de ceux qui en ce monde ont annoncé / ta venue et ta Passion, / ta sépulture et ta Résurrection.

Avec les Anges incorporels, / Vierge Mère, prie ton Fils, / le Dieu et Verbe qui prit corps en toi; / des actions sans verbe ni raison, / des plaisirs qui mènent à la mort / supplie-le de délivrer tes serviteurs.

* * *

Fais lever le jour de ta clarté sans fin / sur nous qui veillons, sans cesse méditant / tes préceptes et justes jugements, / Maître plein d’amour, ô Christ notre Dieu.

Planté dans les parvis de notre Dieu, / Pontife Nicolas, tu fais briller, / comme un olivier fertile et verdoyant, / de ton huile les visages des croyants.

Intercède, ô Père, pour tes serviteurs / afin que soient remis tous nos péchés / et que nous-mêmes nous soyons sauvés / de toute angoisse et oppression.

Nous te prions, car tu es près du Seigneur / notre chaleureux intercesseur: / saint Pontife, ne nous abandonne pas, / mais entoure-nous de ta constante protection.

Pleine de grâce, temple lumineux du Christ, / fais qu’à ta prière nous soyons / du Père, du Fils et de l’Esprit / par nos bonnes œuvres la demeure sanctifiée.

Ode 6

Le fond de l’abîme nous entourait / et nous n’avions personne pour nous délivrer, / nous étions comptés comme brebis d’abattoir. / Sauve ton peuple, ô notre Dieu, / car tu es la force des faibles / et leur relèvement.

Au filet du Verbe vous avez pêché /toutes les nations que vous avez menées / à la connaissance de celui qui opéra / la restauration du genre humain: / près de lui sans cesse vous intercédez / en faveur du monde, bien heureux Apôtres.

Pauvre âme digne de pitié, / marche de l’impénitence vers le repentir / et dis au Christ: J’ai péché, / fais-moi grâce en ton amour / à la prière des Apôtres saints, / toi qui es suprême bonté.

Tout-puissant qui fis jadis jaillir pour Israël / le flot sauveur du rocher, / dissolvant, ô Christ, ma dureté, / de mes larmes fais couler le flot / à la prière des Apôtres saints / et dans ta suprême compassion.

Ô Vierge, implore Dieu, le Créateur / qui dans sa tendresse a bien voulu / naître de ton sein comme un enfant, / pour qu’il sauve des épreuves et tentations / ceux qui sans cesse mettent leur espoir / en toi, la Toute-sainte.

* * *

Imitant Jonas, ô Maître, je te crie: / À la fosse arrache ma vie; / Sauveur du monde, sauve-moi / quand je chante: Gloire à toi.

Toi qui possèdes une abondante compassion, / diminue mes innombrables maux / et gouverne sagement ma vie / que les vagues du pêché ont sans cesse ballottée.

Avec force, sage Nicolas, / tu as triomphé de l’Ennemi: / toi qui nous assures la divine protection, / donne nous la force et la victoire à nous aussi.

La cité de Myre fut ton siège épiscopal:/ qu’un parfum suave digne de ce nom / chasse de notre âme les relents de nos passions / pour embaumer vraiment nos sens spirituels!

Le Christ, ô Vierge qui fut comblée de grâces, / fit de grandes choses en ta faveur: / intercède donc auprès de lui / pour qu’il agrandisse en moi le trésor de son amour.

Ode 7

Nous les fidèles, nous reconnaissons en toi, / ô Mère de Dieu, / la fournaise spirituelle / et de même qu’il a sauvé les trois jeunes gens, / le Très-Haut a renouvelé / en ton sein le monde entier, / le Seigneur Dieu de nos pères, / digne de louange et de gloire.

Étant la Source de la vie, / le Seigneur Jésus vous a lancés / comme fleuves pour baigner, / saints Apôtres, l’univers / sous les ondes du savoir divin / et pour chanter en son honneur: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

Saints Apôtres, en votre cœur / portant comme un feu spirituel / la divine grâce du Christ, / vous avez brûlé les idoles des faux-dieux; / brûlez aussi les scories de mes passions / pour que je puisse alors chanter: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

Sauve-moi du châtiment, / de la géhenne de feu / par les prières, ô mon Dieu, / de tes Disciples glorieux; / loin de ta face ne me rejette pas, / mais que je puisse te chanter: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

Arrache-moi, Seigneur, / à la souillure des passions, / toi le seul sans péché / né d’une Mère immaculée; / et fais le don de l’immortalité / à qui te chante et psalmodie: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

* * *

Dans la fournaise les Jeunes Gens / ne furent touchés ni gênés par le feu; / et tous trois d’une seule voix / te bénissaient en disant: / Dieu de nos pères, tu es béni.

Sage Père, par ta ferme intercession / affermis solidement les bases de mon cœur / sur le roc des clairs préceptes du Seigneur, / me gardant sans faille et sans retour / devant les pièges du Mauvais.

Procure-nous la rémission de nos péchés, / sauve-nous des maux de cette vie / et des tentations nous menaçant, / saint hiérarque Nicolas, / modèle des pontifes et protecteur des croyants.

Je suis le serviteur mauvais / cachant sous terre le talent / que tu m’as donné pour le faire fructifier; / aussi je crains ton redoutable tribunal: / Dieu de bonté, ne me condamne pas!

Toute-sainte, Vierge immaculée, / c’est toi que chaque jour nous implorons, / jour et nuit, le cœur broyé: / en ta bonté procure-nous / la rémission de nos péchés.

Ode 8

Dans la fournaise, comme en un creuset, / brillèrent les enfants d’Israël / par l’éclat de leur piété plus pure que l’or fin / et ils se mirent à chanter: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

Par toute la terre notre grand Soleil / vous a déployés comme ses rayons, / saints Apôtres, pour illuminer / tous les fidèles qui chanteront: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

Comme pasteurs spirituels / et brebis du bon Pasteur, / vous les Apôtres de l’Agneau, / témoins de notre Dieu et Rédempteur, / faites que j’échappe au Loup ravisseur / sans encourir le sort des boucs en l’au-delà.

Gémis, pauvre âme, et dis à ton Seigneur: / Plus que tout homme j’ai péché, / j’ai commis l’iniquité, purifie moi, / sauve-moi comme le Publicain, / la Courtisane et le Larron, / agréant, Seigneur, l’intercession de tes Apôtres.

Avec les Anges, ô Mère de Dieu, / avec les Apôtres, les Prophètes et les Martyrs, / intercède auprès du Christ / pour qu’il sauve les fidèles qui lui crient: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange en tous les siècles.

* * *

Le Seigneur et Créateur / que les Anges dans le ciel / servent avec crainte et tremblement, / vous les prêtres, chantez-le, / jeunes gens, glorifiez-le, / peuples, bénissez, exaltez-le dans tous les siècles.

Pontife Nicolas, toi qui te tiens / sur la montagne des vertus, / les confins de l’univers / savent tes miracles éclatants / et toute langue désormais / te célèbre dans les siècles.

Père vénérable, ayant goûté / la douceur de notre Dieu, / tu rejetas l’amertume des plaisirs; / délivre-nous de nos passions, / priant le Maître d’écarter / les dangers qui surgissent contre nous.

Colonne inébranlable de la foi / et ferme assise des croyants, / par tes prières, Père bienheureux, / affermis mon cœur toujours sollicité / par les sortilèges des démons / et les forfaits de cette vie.

Ô Vierge qui as enfanté / le Médecin de l’univers, / guéris mon cœur de ses passions / et fais qu’à ton intercession / le Christ me donne d’hériter / la part des justes en son royaume.

Ode 9

Pour ton image de ton enfantement / nous avons le buisson ardent / qui brûlait sans être consumé; / en nos âmes nous te prions d’éteindre / la fournaise ardente des tentations / pour qu’alors, ô Mère de Dieu, / sans cesse nous te magnifiions.

Divins flambeaux du saint Esprit, / brillamment vous avez répandu / sur l’étendue de l’univers, / bienheureux Apôtres, le vif éclat / de votre enseignement divin / qui repousse les ténèbres des faux-dieux.

Divins sarments du Cep spirituel, / saints Apôtres, vous avez produit / les divines grappes de raisin / d’où jaillit pour nous le vin du salut: / mais délivrez-moi, glorieux Apôtres /de l’ivresse des plaisirs.

Malheureux, je tremble quand je vois / en esprit ton redoutable tribunal, / car les actes vils qui m’ont souillé signent par avance ma condamnation, / mais fais-moi grâce, ô Jésus Christ, / à la prière de tes Apôtres.

Par toi seule les mortels / sont déifiés, car de ton sein / a pris corps le Verbe Dieu: / avec les Apôtres et les Martyrs / implore-le, divine Fiancée, / pour nous fidèles qui te magnifions.

* * *

La nuée lumineuse en qui le Maître universel / descendit depuis le ciel / comme pluie sur la toison / et s’est incarné pour nous, / lui le Dieu infini, / se faisant homme comme nous, / fidèles, nous la magnifions / comme la sainte Mère de notre Dieu.

Comme le Pontife du Christ et l’astre rayonnant, / comme le thaumaturge éminent / et la source des guérisons, / comme secours des affligés / et fervent protecteur / de qui invoque ton soutien, / Père, en nos hymnes saintes nous te célébrons.

Ardemment nous te prions, / toi qui es le grand pasteur, / l’imitateur absolu / du Christ archipasteur: / du haut du ciel, saint Nicolas, / guide le troupeau de tes brebis / et sans cesse garde-nous / des malheurs de cette vie.

La fin s’approche déjà: / ô mon âme relâchée, / empresse-toi de servir / le Seigneur comme il lui plaît; / réveille-toi, il est temps, / et crie au Dieu qui t’aime: Pitié! / guide ma vie vers le bien / par les prières de saint Nicolas.

Toi qui mis au jour l’Auteur de la clarté, / illumine, ô Vierge immaculée, / ma pauvre âme enténébrée / par les artifices de notre Ennemi; / mets un terme à la paresse de ma vie / par laquelle je suscite le courroux de Dieu; / vers les bonnes œuvres guide-moi, / toi la source de tous biens.

Exapostilaire (ton 3)

Apôtres du Seigneur dont le verbe a tiré / du sombre gouffre de l’erreur / vers la lumière l’univers entier, sans cesse intercédez en notre faveur.

Ô gloire des Apôtres et Douzaine sacrée, / avec le saint de Myre, le Pontife Nicolas, / sans cesse auprès du Sauveur / intercédez en notre faveur.

Ô Vierge, refuge des chrétiens, / avec le glorieux Évêque prie ton Fils / et supplie-le pour qu’à nous, tes indignes serviteurs, / nous soit permise la joie éternelle.

Apostiches

Des Apôtres la lyre pleine d’harmonie / que fait vibrer le saint Esprit / a chassé les mystères inspirés par le Démon / et proclame le seul Seigneur, / délivrant les peuples du mensonge des faux-dieux / et leur apprenant à se prosterner devant la Trinité consubstantielle.

Célébrons d’un même chœur / les Apôtres Pierre et Paul, / Luc, Matthieu, Marc et Jean, / André, Thomas, Barthélemy, / Jacques, Philippe et Simon: / à toute l’assemblée des Disciples nous adressons / la louange de nos chants.

Saints Martyrs, réjouissez-vous dans le Seigneur, / car vous avez combattu le bon combat; / vous avez résisté aux empereurs et vaincu les tyrans; / ni le glaive ni le feu ne vous ont effrayés, / ni les fauves dévorant votre chair, / mais avec les Anges vous avez chanté pour le Christ / et vous avez reçu la couronne des cieux: / intercédez pour que nous soit donnée la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Célébrons la Vierge comme les Prophètes nous l’ont appris: / elle est le vase d’or où la manne est conservée, / le buisson qui brûlait sans être consumé, / la table, le trône, le chandelier de la Clarté, / la montagne non taillée, / l’arche d’alliance et la porte des cieux.

LITURGIE

Béatitudes

Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam / lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, / mais par la Croix le Christ y fit entrer le bon Larron / qui lui criait: Souviens-toi de moi, Seigneur, / quand tu entreras dans ton royaume.

Saints Apôtres qui avez éclairé l’univers / de vos lumineux enseignements, / vous-mêmes, vous avez dissipé / les ténèbres de l’exécrable impiété, / et puisque vous avez rejoint la lumière sans déclin, / sans cesse nous vous disons bienheureux.

Disciples du Christ qui tous avez puisé / votre savoir à la Sagesse du Père hypostasiée, / par la folie de votre prédication / vous avez illuminé l’univers / et l’avez conduit à la connaissance de Dieu.

Athlètes du Christ, supportant les tourments / comme indifférents à votre corps, / par votre force vous avez terrassé / les ennemis incorporels; / aussi l’assemblée des humains / chaque jour vous proclame bienheureux.

Gloire au Père ...

Prosternons-nous devant la sainte Trinité, / Père, Fils et Esprit vivifiant; / fidèles, chantons l’indivisible Unité / des trois personnes partageant la même royauté, / lui disant: Tu es saint, ô Dieu trois fois saint.

Maintenant ...

Vierge, d’âge en âge nous te proclamons / bienheureuse, comme toi-même l’as prédit; / ce Dieu que dans ton sein tu as porté, / le chœur des Apôtres l’a prêché; / unis ta prière à la leur / pour la rémission de nos péchés.

Vendredi

LE JEUDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Jadis sous l’arbre défendu / le premier père goûta la mort; / à présent par l’arbre de la Croix / tout fidèle échappe à la funeste condamnation; / que tout ce qui respire glorifie / et chante le Seigneur / qui s’est laissé crucifier pour nous / et par sa mort illumina les confins de l’univers!

Mon cœur est endurci, / tout entier la proie des mauvaises pensées, / me voilà condamné / et je te crie, ô Verbe de Dieu: / corrige mes secrets penchants / et les élans désordonnés de mon cœur, / en ta miséricorde, Seigneur.

En ta Croix nous nous glorifions, / ô Christ compatissant; / en elle déjouant les ruses de l’Ennemi, / nous te chantons d’une incessante voix, / car tu as accompli pour nous / au milieu de la terre le salut / lorsqu’en ta miséricorde et ta bonté, / tu as bien voulu monter sur la croix.

La Vierge immaculée, / jadis voyant sur la croix / celui que sans semence elle avait enfanté, / ne put contenir sa douleur mais dans les larmes s’écria: / Toi qui d’un signe maintiens l’univers, / comment te voilà condamné sur la croix, / alors que tu désires sauver l’humanité?

Verbe coéternel au Père dans les cieux, / disait la Vierge immaculée, / lorsque je vois mon Fils sur la croix, / je ne puis comprendre l’ingratitude des humains; / mais puisque tu es venu sauver ta création, / tu souffres patiemment tout cela1.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Lorsqu’elle vit l’Agneau suspendu à la croix, / la Vierge pure s’écria en pleurant: / Mon doux Fils, quel est ce spectacle étrange et nouveau? /` et comment celui qui tient l’univers en sa main / se laisse clouer corporelle ment sur le bois?

Prokiménon ton 6: Le secours me vient du Seigneur qui a fait le ciel et la terre. Verset: Je lève les yeux vers les monts, d’où viendra mon secours.

Apostiches

sur le Calvaire fut plantée la Croix, / faisant jaillir sur nous l’immortalité / de cette Source qui jamais ne tarit: / le côté du Sauveur.

La Croix précieuse du Sauveur / est pour nous le plus sûr des remparts: / ayant mis en elle notre espoir, / nous sommes tous sauvés.

Dieu de tendresse, par les prières de tous les Saints / et de la Mère de Dieu, / donne-nous la paix et prends pitié de nous.

Gloire au Père ... Maintenant ...

L’amertume jadis goûtée par Adam, / tu l’adoucis en goûtant le vinaigre eu le fiel, / mon doux Fils suspendu sur la croix! / disait dans ses larmes la Mère de Dieu. / Juste juge, adoucis le tourment / que me cause ta Pas ion / et ressuscite, Seigneur tout-puissant!

LE JEUDI SOIR À COMPLIES

Canon de Joseph le Studite, archevêque de Thessalonique.

Ode 1

Sauvé de l’amère servitude, Israël / comme terre ferme traversa la mer / et, voyant sombrer les ennemis, / chanta pour son divin Bienfaiteur / qui fit merveille par son bras puissant, / car il s’est couvert de gloire.

Le désespoir m’envahit lorsque je vois / la multitude de mes péchés / et la sentence que le Juge va prononcer: / souveraine Mère de Dieu, / exerce auprès de lui ta médiation, / me réconciliant avec lui, dans ta compassion.

Refuge des chrétiens, / redressement de ceux qui ont chu / et propitiation des pécheurs, / sauve-moi de la terrible condamnation / et du feu qui ne s’éteint, / en me procurant la vie éternelle.

Gloire: Nous tous, les croyants, nous avons en toi, / ô Vierge, notre unique protection, / car tu as mis au monde notre Dieu; / aussi, faisant ton éloge, nous te disons / bienheureuse, comme tu l’as dit, / sur la terre entière, nous toutes les générations.

Maintenant: Voyant en croix ton Créateur / et ton Fils, ô Tout-immaculée, / tu fus remplie de stupeur et t’écrias: / Quelle étrange récompense les impies / t’ont décernée en échange des merveilleux bienfaits / dont tu les avais comblés!

Ode 3

Avant les siècles, / par le Père ineffablement / le Fils est engendré; / et dans ces derniers temps, / sans semence, d’une Vierge il a pris chair; / chantons au Seigneur: / Toi qui relèves notre front, / tu es saint, ô Christ notre Dieu.

Tous les prophètes / t’annoncèrent comme la Mère de Dieu / par des figures inouïes; / et nous-mêmes, les voyant / clairement réalisées, / nous croyons et demandons / d’obtenir grâce à toi / la divine sérénité.

Souveraine de l’univers, / salut des fidèles, leur protection, / agrée les soupirs jaillissant / du fond de mon cœur / et les flots de mes pleurs; / délivre-moi qui suis lié / à la multitude de mes péchés / et procure-moi le salut.

Gloire: Grâce au crédit que tu as / telle une mère auprès de ton Fils, / le Christ notre Dieu, / supplie-le de nous délivrer / des hostiles descendants d’Agar / ainsi que de tout malheur, / nous affermissant pour que nous puissions / dans l’action de grâces glorifier le Seigneur.

Maintenant: Voyant ton Fils élevé / sur la croix, tu poussas des cris / et, dans la peine de ton cœur, / t’écrias: Ô mon Fils, / que t’ont fait en retour / des dons et des bienfaits / dont tu les avais comblés, / les impies qui méprisent ta loi!

Ode 4

Comme le rameau fleuri de la racine de Jessé, / de la Vierge, Seigneur, / tu es issu tel une fleur; / de la montagne ombragée, / ô Christ, objet de nos chants, / tu es venu en t’incarnant / de la Vierge inépousée, / toi le Dieu immatériel: / gloire à ta puissance, Seigneur.

Renverse l’outrageante audace de l’ennemi / et les projets destructeurs / dont je fais l’objet; / et revêts-moi de ta force, / Vierge tout-immaculée, / sans cesse me gardant / sans dommage, sain et sauf, / à l’abri de tout danger, / moi qui sincèrement te glorifie.

Vaincu par la loi de la chair, / misérable que je suis, / je commets d’horribles iniquités / et je n’ose plus du tout / lever vers toi mon regard; / mais toi, Souveraine immaculée, / observant ta règle de compassion, / procure-moi, dans mon malheur, / procure-moi le salut.

Gloire: Nous les fidèles, nous avons / en toi seule après Dieu / l’espérance de protection / qui ne saurait être déçue; / notre Dame, par ton intercession / délivre-nous de tous nos ennemis, / visibles ou que l’on voit, / des épreuves et du malheur, / afin que sans cesse nous puissions te glorifier.

Maintenant: Vierge tout immaculée, / voyant celui que tu conçus / sans semence, ton Fils / cloué sur la croix, / tu poussas des cris maternels / et, dans les larmes, demandas: / Quel est, ô mon Fils, / ce spectacle inouï, / cette incompréhensible nouveauté?

Ode 5

Dieu de paix et Père de tendresse, / tu nous envoyas / l’Ange de ton Grand Conseil pour nous donner la paix: / guidés vers la lumière du divin savoir / et veillant la nuit devant toi, / Ami des hommes, nous te glorifions.

Toi qui exerces vigilante protection / et chaleureuse intercession / envers tes serviteurs, ô Vierge, empresse-toi: / aux périls de cette vie / arrache-les et sauve-nous, / de peur que le chagrin ne nous engloutisse, pour notre perdition.

Demeure de Dieu, ô Marie, / moi qui suis le logis / des esprits du mal par mes honteuses actions / et qui accomplis follement leur volonté, / fais que je devienne par ma conversion / une demeure de Dieu.

Gloire: Nous sommes grièvement malades tant d’âme que de corps / à cause des peccamineuses passions: / divine Mère, guéris-nous, dans ta compassion, / puisque tu as enfanté véritablement / le grand médecin des âmes et des corps, / le Christ, l’intarissable source de vie.

Maintenant: Voyant ton Fils sur la croix, / tu en eus le cœur bouleversé / et, dans tes larmes, Toute-pure, t’écrias: / Je suis frappée d’admiration par ta longanimité / et, voyant cela, ô mon Fils, toi qui es sans péché, / je me demande comment tu souffres la mort des condamnés.

Ode 6

De ses entrailles, comme il l’avait reçu, / le monstre a rejeté Jonas / comme du sein le nouveau-né; / et le Verbe pareillement / est demeuré dans le sein de la Vierge, / il prit chair et en sortit, / lui conservant son intégrité, / car il a préservé, en celle qui l’enfanta, / sa virginité.

Tu es le vase très-pur / de la Myrrhe des cieux / qui embaume l’univers / du parfum de sa divinité, / toute-sainte Épouse de Dieu; / de mon âme chasse donc / les relents de mes péchés / grâce à la bonne odeur / de ton intercession.

La flamme des plaisirs / me brûle fortement: / ma pauvre âme en est meurtrie, / poussée vers des actions / inconvenantes et défendues; / mais toi qui as enfanté / le feu de la divinité, / piétine cette flamme, éteins-la, / divine Épouse, mon salut.

Gloire: Vierge digne d’être chantée, / délivre-nous des tentations, / des ennemis visibles et invisibles, / et garde dans la vraie foi, / divine Mère ceux qui te glorifient / comme la Génitrice de Dieu; / car tu en as le pouvoir / en tout temps, pour avoir / enfanté le Créateur de l’univers.

Maintenant: Lorsque tu étais sous la croix, / Toute-pure, et regardais / le corps pendu de ton Fils, / tes entrailles furent consumées / par le chagrin, et dans les pleurs, / bouleversée, tu t’écrias: / Insurpassable vraiment / est pour tous, ô mon Enfant, / la tendresse de ton cœur!

Cathisme

L’Agnelle immaculée, voyant l’Agneau et le Pasteur / suspendu sans vie sur le bois, / pleurait et maternellement gémissait en disant: / Comment souffrirais-je, ô mon Fils, / ton ineffable condescendance et ta volontaire Passion, / Seigneur de toute bonté?

Ode 7

Les Jeunes Gens élevés dans la piété, / méprisant l’ordre impie du tyran, / furent sans crainte devant le feu, / mais au milieu des flammes ils chantaient: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Je ne supporte pas l’attaque des démons / ni la gêne de mon esprit: contre lui / s’élève le plaisir enflammé de la chair; / ne me dédaigne pas, toute-sainte Mère de Dieu, / puisqu’en toi repose mon espoir.

Vierge toute-sainte, inépousée, / rompant les chaînes de mes péchés, / attache-moi au lien de l’amour du Christ, / afin que je puisse désormais / porter le fruit des vertus.

Gloire: De tout l’univers, ô Marie, / tu es l’intrépide protection; / aussi nous les fidèles qui te vénérons, / nous chantons à l’adresse du Christ: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Maintenant: La très-pure Vierge, voyant / son Fils suspendu à la croix, / fut frappée de stupeur et se demanda: / Comment souffré-je de te voir mis à mort, / toi qui nous vivifies, ô Prince de la vie?

Ode 8

La fournaise qui distille la rosée / préfigure la merveille où la nature est dépassée; / car les Jeunes Gens qu’elle a reçus, / elle se garda de les brûler, / comme le feu de la divinité / habita le sein de la Vierge sans le consumer. / Aussi chantons joyeusement: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles.

Moi qui suis tombé stupidement / dans le terrible gouffre de la perdition / à cause des voluptés charnelles / et de mon penchant pour les choses d’ici-bas, / retire-m’en par ta seule compassion, / ô Vierge, car je suis / complètement désespéré / et je n’ai d’autre espoir de salut, / Souveraine du monde, ô Mère de Dieu.

Tu es le salut de tous les mortels, / toi qui as enfanté / ineffablement notre Dieu, / tu es la sauvegarde des croyants, / aux aveugles tu montres le chemin / et tu relèves les déchus; / en t’acclamant nous chantons pour le Christ: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles.

Gloire: Puisqu’en toi nous possédons / l’ancre la plus sûre du salut, / en toi nous mettons notre espoir, / divine Mère; sois donc / le havre de tes serviteurs, / leur inébranlable rempart, / et guide-nous pour que sans cesse nous chantions: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles.

Maintenant: En ses entrailles maternelles déchirée, / celle qui t’enfanta virginalement / se mit à crier / en d’inconsolables gémissements: / Aux douleurs j’ai échappé, / ô mon Fils, en ton enfantement, / mais à présent que je vois / ton aspect déshonoré, / je suis écrasée de douleur.

Ode 9

Le mystère de la Vierge est merveilleux, / car elle est devenue le ciel, / le trône des chérubins, / la lumineuse chambre nuptiale du Christ / notre Dieu tout-puissant; / et nous, pieusement / comme divine Mère nous la magnifions.

Malheureux que je suis, / j’ai couvert mon âme d’infamantes passions / et j’ai souillé ma chair / dans les plaisirs corrupteurs: / toi qui es pure, immaculée, / ô Vierge, purifie-moi, / dans l’immensité de ton amour.

Je n’ai d’autre refuge que toi, / Souveraine immaculée, / et sur terre ne connais / d’autre sûre protection; / c’est pourquoi j’accours avec ardeur / vers toi pour recevoir / grâce à toi la rémission de mes péchés.

Gloire: Toute-digne de nos chants, / d’en haut penche-toi maintenant / vers tes serviteurs, en ta pitié, / pour les garder en la foi et la piété / par tes prières et nous délivrer / de tout péril, nous qui te vénérons / à juste titre comme Vierge et Mère de Dieu.

Maintenant: Celle qui sans semence a connu, / Ami des hommes, la maternité, / lorsqu’elle te vit sur l’arbre de la croix / s’écria: / Ô mon Fils, mon Dieu tout-puissant, / c’est pour sauver les mortels / que tu subis la crucifixion.

LE VENDREDI MATIN À MATINES

Cathisme I

Sauve ton peuple, Seigneur, / et bénis ton héritage, / accorde à tes fidèles victoire sur les ennemis / et sauvegarde par ta Croix / les nations qui t’appartiennent.

Ô Christ, en montant sur la croix, / tu as écrasé la tyrannie et la puissance de l’Ennemi; / ce n’est ni un Ange ni un homme, mais Dieu lui-même qui nous sauve: / Seigneur, gloire à toi.

Sauveur dont la Croix mit en fuite les ennemis, / disperse comme cendre les hérésies; / exalte le front de ta sainte Église, / calme, Seigneur, la tempête déchaînée contre nous; / par les prières de la Mère de Dieu / donne à tes fidèles la paix.

Cathisme II

Ami des hommes, nous nous prosternons devant l’arbre de ta Croix: / sur lui tu fus cloué, toi la Vie de l’univers; / au bon Larron qui dans la foi se tourna vers toi, / Sauveur, tu as ouvert le Paradis; / et il obtint l’éternelle béatitude en te criant: / Souviens-toi de moi, Seigneur; / tout comme lui, reçois-nous qui te crions: / nous avons tous péché, / ne nous méprise pas, dans ta bonté.

Jadis à l’empereur Constantin / l’arme de la Croix fut révélée dans les combats / pour devenir contre les ennemis / l’invincible trophée de la foi; / en elle saint Paul se glorifie, / elle fait trembler les puissances de l’Enfer et devient le salut des chrétiens.

Lorsque je te vois sans vie / et sans vêtement sur la croix, / ô mon Fils, suprême bonté / et Seigneur tout-puissant, / un glaive transperce mon cœur, / je suis cruellement vulnérée, / disait en gémissant la Vierge immaculée / que nous chantons comme la Mère du Seigneur / et glorifions avec foi.

Cathisme III

Sur la croix, Dieu de tendresse, tu fus cloué librement, / déifiant notre nature corrompue; / et le Serpent, meurtrier du genre humain, / tu l’as réduit, à la mort; / Seigneur, affermis le monde en la vraie foi / et fais cesser les hérésies / par ta précieuse Croix.

Seigneur, gloire des combats et couronne des vainqueurs, / tu es la parure des Martyrs glorieux: / par leur constance dans les épreuves ils ont mis en fuite les impies / et du ciel ils ont reçu la victoire par la puissance de Dieu; / Seigneur, par leurs prières délivre-moi / de l’invisible Ennemi et sauve-moi.

L’Agnelle immaculée voyant l’Agneau et le Pasteur / immolé comme un agneau sur la croix, / pleurait et gémissait maternellement en disant: / Comment souffrirai-je, d mon Fils, / ton ineffable condescendance et ta volontaire Passion, / Seigneur de toute bonté?

Ode 1

Chantons une hymne de victoire à notre Dieu / qui vint au secours de Moïse contre les Égyptiens; / par lui fut engloutie l’armée de Pharaon, / car il s’est couvert de gloire.

Pour nous, Verbe impassible, tu as accepté / de souffrir la croix en compagnie de deux larrons; /le Prince des ténèbres, tu l’as mis à mort / et tu as sauvé ceux qui te chantent, Seigneur.

Jésus, Soleil levant, Lumière inégalée, / tu as pris notre nature réprouvée / jusqu’en son déclin; et le soleil, / te voyant suspendre, mit en berne sa clarté.

Saints Martyrs, ayant subi la peine d’une mort / qui procure la vie éternelle, / vous avez eu droit au royaume des cieux: / dignes de béatitude, nous vous glorifions.

Saints imitateurs de la Passion du Christ, / vous guérissez les passions des mortels / comme de mystiques médecins, / et par votre verbe vous chassez les esprits.

L’Agnelle contemplant le Christ en croix, / immolé comme un agneau, / s’écria: Fils longanime et éternel, / où est passée ta beauté?

* * *

Dans l’océan des peines et la tempête des passions /ayant fait naufrage, je te prie: / Vierge sainte, calme l’onde et sauve-moi, / car tu es le havre des croyants.

L’âme purifiée par la lumière de l’Esprit, / Vierge pure, tu fis place dans ton sein / au reflet du Père tout entier: / chasse donc l’obscurité de mes passions.

Arche sainte, nous te magnifions, / céleste tabernacle en qui le Christ / fit sa demeure parmi nous / pour nous faire grâce et nous sauver.

Du genre humain tu es le sûr abri, / le havre, le rempart et le donjon, / notre puissante protection dans les misères de la vie, / Mère de Dieu toute-digne de nos chants.

Ode 3

Puisse mon cœur s’affermir / en ta volonté, Christ notre Dieu, / comme toi-même tu as affermi / sur les eaux le second ciel / et sur ses bases l’univers, / ô Seigneur tout-puissant!

Sur la croix tu étendis les bras, / de tes doigts coula ton sang divin / pour sauver, Seigneur, Adam, cet ouvrage de tes mains, / de la criminelle main de l’Ennemi, / dans ta bonté et ton amour pour nous.

La lance transperça ton flanc immaculé / pour guérir Adam blessé en son côté / et sur l’arbre de la croix tu fus hissé / pour que le naufragé de jadis / qui de l’arbre avait ravi le fruit / arrive au Paradis avec le bon Larron.

Fermes soutiens de l’Église / et remparts de la piété, / vous les Témoins du Seigneur victorieux de l’Ennemi, / nous vous célébrons de tout notre art / et vous chantons d’un cœur pur.

Comme les divins sarments / de la mystique Vigne, les Martyrs / clairement portèrent les raisins, / et dans leur courage ils ont versé / le vin qui réjouit / le cœur de tous les croyants.

Béni soit le Fruit de ton sein, / Vierge toute-digne de nos chants: / ceux qu’un fruit jadis avait rendus mortels, / c’est par l’arbre de sa croix / qu’il leur donne d’accéder, / en sa divine grâce, à la vie immortelle.

* * *

Seigneur, affermis l’Église que tu as héritée / par la puissance de ta Croix: / sur elle tu as triomphé de l’Ennemi / et tu as illuminé le monde entier.

En la lumière de ton Fils / dissipe de mon cœur / la ténèbre du péché / par tes prières, ô notre Dame.

Abîme de merveilles inégalées, / toi la source de la guérison, / Toute-pure, efface de mon cœur / les souillures qu’ont laissées le péché.

Adorant ton ineffable enfantement, / Vierge bénie, nous invoquons ta protection: / que ta prière apporte le salut, / Vierge pure, à ceux qui te chantent!

Mère du Verbe, en toi nous possédons / la plénitude de l’espoir et le divin appui, / la protection et la lumière du salut: / fais briller sur nous l’éclat du repentir!

Ode 4

J’ai entendu ta voix, dit le Prophète / et de crainte je suis rempli, / j’ai reconnu tes œuvres, Seigneur, / et glorifié ta puissance.

Toi le juste Législateur, / tu fus mis au rang des impies / et crucifié, Bienfaiteur, / pour justifier tous les hommes.

Les chœurs des Anges dans les cieux / s’émurent de te voir sur la croix, / toi le Soleil qui as vaincu / en ta puissance le Prince des ténèbres.

Puisant aux dons de l’Esprit / le charisme des guérisons, / en la grâce les Martyrs / apaisent nos funestes passions.

Rejetant la paresse, le sommeil, / les Martyrs par leur éveil à la divine foi / endormirent les assauts des fauves / et luttèrent dans la joie.

La Vierge dans ses larmes s’écriait: / Hélas, mon Fils, comment pourrai-je supporter / de voir en croix et mis à mort injustement / celui qui donne au monde la vie?

* * *

Sauveur tout-puissant, j’ai reconnu / ton œuvre de salut / et dans la crainte je t’ai glorifié.

Ô Vierge pure, les croyants / possèdent en ton intercession / l’irréprochable propitiation.

En ton sein ayant conçu / ineffablement le Verbe Dieu, / tu enfantes le Sauveur du genre humain.

Comme un rempart inébranlable possédant, / ô Vierge, ta constante protection, / nous voilà sauvés des invisibles ennemis.

Relève, ô Vierge bénie, / ceux qui sont tombés dans le péché, / car tu es l’espérance des croyants.

Ode 5

Fais lever le jour de ta clarté sans fin / sur nous qui veillons, sans cesse méditant / tes préceptes et justes jugements, / Maître plein d’amour, ô Christ notre Dieu.

Sur la croix lorsqu’en ton corps tu es monté, / vers ta connaissance tu as appelé / les nations qui t’ignoraient, Seigneur, / seul compatissant, ô Christ notre Dieu.

Quand l’inique tribunal t’a condamné, / juste juge, Adam fut justifié / et, délivré de la condamnation, il s’écria: / Maître longanime, gloire à ta crucifixion.

Véritable Paradis planté par Dieu, / saints Martyrs, par vos souffrances de grand prix / vous avez produit les fleurs au doux parfum / qui embaument l’âme des croyants.

Arbres verdoyants, portant beaucoup de fruits, / où nous cueillons la foi pour la vie immortelle / et qui renversent les racines de l’erreur: / tels sont les saints Martyrs que nous chantons.

Lorsque le rameau précieux qui a fleuri / vit en croix son immortel bourgeon, / elle s’écria: Seigneur compatissant, ` ne me laisse pas comme une mère sans enfant!

* * *

La nuit nous veillons devant toi / et te chantons, ô Christ notre Dieu, / toi qui as voulu partager notre pauvreté / et souffrir en ta chair la mort sur la croix.

Vierge, nous avons en toi le sûr abri: / dans les épreuves et l’affliction / et notre pécheresse condition / puissions-nous trouver en temps utile le secours!

D’une voix incessante les Anges dans le ciel / te chantent, ô Mère, comme celle qui conçut / ineffablement le Créateur de l’univers / et demeura vierge après l’enfantement.

À la source de tes guérisons / et dans tes flots miraculeux, / Toute-pure, efface de mon cœur / la souillure du péché.

En ton sein, ô Vierge, ayant conçu / la propitiation de nos âmes, tu enfantas / le salut pour ceux qui glorifient / sans conteste ta divine maternité.

Ode 6

Du monstre marin tu as sauvé, / Ami des hommes, ton Prophète; / du gouffre de mes péchés / retire-moi, je t’en supplie.

Toi qui surpasses tout honneur, / sur la croix tu fus cloué, / supportant le déshonneur / pour rendre aux hommes leur dignité.

Christ frappé par le roseau, / du calame de ta royale compassion / tu souscris la charte de ma rédemption / et de l’erreur tu m’affranchis, ô mon Dieu.

À travers les peines du combat, / saints Athlètes, vous avez rejoint / le séjour d’où toute peine est écartée, / dignes désormais de l’ineffable joie.

Enflammés par les charbons ardents / de l’amour brûlant du Christ, / sans dommage vous avez subi / la flamme dévorante des bûchers.

Toute-pure, après l’enfantement / tu demeures vierge comme avant; / car tu mets au monde le divin Sauveur / qui nous rend la vie sous l’arbre de la Croix.

* * *

Avec Jonas nous t’invoquons, / Seigneur, et notre voix / célèbre ta louange en criant: / À la fosse arrache notre vie.

À mon cœur brisé par la douleur et les passions, / Vierge immaculée, redonne l’unité; / guéris-le par ton intercession, / accorde-moi vigueur et santé.

Tout entier la proie de mes péchés / qui ont dépouillé mon cœur et mon esprit, / sous ta garde je me réfugie: / notre Dame, sauve-moi.

Unanimes dans l’indéfectible foi, / nous t’adressons notre supplication / pour que soient remis tous nos péchés, / toute-sainte Vierge et Mère.

Char mystique du Soleil spirituel, / Toute-pure, envoie sur nous / que la nuit de l’ignorance a recouverts, / les rayons de ta clarté.

Ode 7

La fournaise, Dieu sauveur, distille la rosée / et le chœur des Jeunes Gens a psalmodié: / Dieu de nos pères, tu es béni.

Crucifié, tu fais trembler la création, / mis à mort, tu écrases le Serpent: / Dieu de nos pères, tu es béni.

Si la gourmandise m’a privé du Paradis, / en buvant le fiel, ô Christ, le jour de ta Passion, / tu verses en mon âme les délices du salut.

Les Martyrs que déchiraient les griffes des bourreaux / déposèrent l’épaisseur de leur condition mortelle / et du ciel reçurent un vêtement divin.

Saints imitateurs de la Passion du Christ, / victorieux Martyrs, vous supportiez allégrement / les souffrances infligées par l’Ennemi.

La Mère du Seigneur, voyant son Dieu / mis en croix, s’écrie: Hélas, mon Fils, / quelle mort pour notre Vie et notre Espoir!

* * *

Seigneur que le buisson ardent / à Moïse dans la flamme révéla, / figurant d’avance ton virginal enfantement, / Dieu de nos pères, tu es béni.

Notre Dame qu’en l’épreuve et le danger / nous savons notre secours et protection, / Toute-sainte, nous chantons fidèlement: / Béni sait le Fruit de ton sein!

Tu enfantas le Maître de la vie; / relève-moi car le péché m’a fait mourir, / et dès lors, ô Mère, je pourrai chanter: / Dieu de nos pères, tu es béni.

Le Dieu sorti de toi a délivré / la nature humaine de l’antique malédiction; / Vierge sainte, il a guéri toute douleur: / béni soit le Fruit de ton sein!

Allégresse des croyants, réjouis-toi! / Propitiatoire universel, tu fais cesser le deuil / de ceux qui chantent dans la foi: Bénie es-tu, / Vierge Mère toute digne de nos chants.

Ode 8

Celui qui protégea / dans la fournaise les Jeunes Gens / et transforma l’ardente flamme / en une fraîche rosée, / c’est le Christ notre Dieu: / nous le chantons et l’exaltons dans tous les siècles.

Lorsque sur la croix, Sauveur, tu fus cloué, / l’entière création fut ébranlée, / le soleil cessa l’envoi de ses rayons, les rochers se sont fendus / et l’Enfer fut dépouillé, / ne pouvant souffrir ta puissance, Seigneur.

Pour des hommes rejetés et condamnés, / tu as souffert toi-même la condamnation; / pour celui que le péché a dépouillé, / mis à nu tu es monté sur l’arbre de la croix; / grande est ta puissance, Seigneur compatissant, / et ton amour pour les hommes!

Les Soldats du Christ sont devenus / les concitoyens des Anges incorporels; / pour armure ils ont porté la croix / et coururent sus à l’ennemi / qu’ils ont mis à terre et piétiné, / marchant d’un pas ferme vers le ciel.

Au milieu du stade les Martyrs / avec courage ont combattu / et les barres qui rompaient leurs membres, / ils en firent des leviers / pour démolir les temples des faux dieux / et briser les stèles des démons.

Celle qui surpasse tous les cieux, / contemplant son Créateur / élevé sur l’arbre de la croix / et brisant l’orgueil de l’Ennemi, / chantait le Christ à pleine voix / comme l’unique Dieu très-haut.

* * *

Comme en la fournaise les Jeunes Gens, / nous t’offrons la louange des Incorporels / et dans nos hymnes te chantons: / Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Le Dieu et Verbe au cœur compatissant, / Mère de Dieu, rends-le propice envers ceux / qui dans la foi s’écrient d’une voix incessante: / Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Enfoncés dans le gouffre du péché / et comptant sur ta prière pour nous purifier, / Mère de Dieu, nous nous écrions: / Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur.

En toi nous possédons le sûr abri / dans les difficultés de cette vie, / le secours, la protection et nous chantons: / Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Battu par la tempête des malheurs, / vers le havre de ta protection / j’accours et je m’écrie; / Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Ode 9

Tu es le buisson que Moïse vit inconsumé, / la vivante échelle que Jacob a contemplée, / la céleste porte qu’a franchie le Christ notre Dieu: / Vierge Mère, par nos hymnes nous te magnifions.

Comment les Pharisiens livrèrent pour le mettre en croix / l’unique Longanime qui prit part à notre pauvreté / et par sa Passion procure l’impassibilité / à ceux qui héritèrent la déchéance d’Adam?

Christ, tu acceptas l’infamante crucifixion / pour rendre son honneur à l’homme esclave des passions / après qu’il eut perdu son antique dignité; / gloire à ta clémence qui dépasse tout esprit!

Soleil sans soir, ô Christ, conduis vers la clarté / de ton ineffable gloire et ta splendeur / ceux qui par leur veille devant toi échappent au sombre châtiment; / illumine donc notre âme à la prière de tes Saints.

La multitude des Martyrs a triomphé / des myriades d’ennemis spirituels / et s’unit aux Anges par milliers peuplant le ciel, / pour guérir nos âmes de leurs innombrables maux.

Ô Vierge, par l’éclat du grand Soleil issu de toi, / veuille illuminer mon cœur et mon esprit, / dissipant de ta lumière les ténèbres du péché / et chassant au loin l’obscurité de mes passions.

* * *

Abîme de tendresse et trésor de compassion, / guéris les maux et les douleurs, / les plaies et les blessures de mon cœur, / notre Dame, afin que je te glorifie comme il se doit.

Le Verbe né du Père, dans ton sein tu l’as conçu, / hors des lois de la nature tu l’as enfanté; / Mère toujours-vierge, dans l’action de grâce je te glorifie, / te criant: Réjouis-toi, secours des pécheurs.

Toi seule, tu conduis sans faille les croyants, / tu es la route du salut en droite ligne nous menant / jusqu’au Royaume des cieux, / Vierge sainte, l’espérance de nos âmes.

Pour nous tu as fait croître le céleste Épi, / tu nous en nourris et sans cesse pries pour nous, / tu nous sauves des périls et de l’angoisse, procurant / à ceux qui te chantent le pardon de leurs péchés.

Exapostilaire (ton 2)

Croix, de mon Christ le sceptre royal, / victoire des princes chrétiens, / gloire de la véritable foi, / garde ceux qui se prosternent devant toi, / afin que ne puissent triompher les doctrines erronées.

Croix, gardienne de tout l’univers, / Croix, de l’Église le charme et la beauté, / sceptre vraiment royal / qui soutient la vigueur de notre foi, / Croix, le suprême effroi des légions de l’Enfer, / Croix, la gloire des Anges dans le ciel.

Se tenant près de la croix, celle qui t’enfanta sans semence / dans les larmes s’écria: Hélas, très-doux Enfant, / comment se couche la Lumière de mes yeux? / comment es-tu compté parmi les morts, toi la Source de vie?

Apostiches

Toi qui fus cloué sur la croix / pour nous faire don de la vie, / sans cesse nous te chantons / comme notre Maître et Sauveur.

Par ta Croix, ô Christ, / les Anges et les hommes ont formé / une seule Église, un seul troupeau; / le ciel et la terre exultent de joie: / Seigneur, gloire à toi.

Venez, tous les peuples, / chantons des hymnes et des cantiques spirituels / pour honorer les victorieux Martyrs du Christ, / hérauts de la foi et flambeaux de l’univers, / source intarissable d’où jaillissent les guérisons; / par leurs prières, ô Christ notre Dieu, / donne au monde ta paix / et à nos âmes la grande miséricorde

Gloire au Père ... Maintenant..

Sur la croix, Dieu de tendresse, tu es élevé / et comme un agneau sans défaut / l’on t’immole, très-doux enfant, / selon ton bon vouloir! / criait dans ses larmes l’Agnelle immaculée / voyant le Seigneur sur la croix; / et moi, j’ai le cœur vulnéré, / mais je chante ton immense pitié!

LITURGIE

Béatitudes

Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam / lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, / mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron / qui lui criait: Souviens-toi de moi, Seigneur, / quand tu entreras dans ton royaume.

Crucifié, ô Christ sans péché, / tu ôtes le péché de l’univers; / la lance perçant ton côté, / tu fais jaillir les flots du salut, / par l’eau et le sang tu façonnes de nouveau / le genre humain brisé par la mort.

Jésus, selon ton bon vouloir / tu fus cloué sur la croix / afin d’arracher, Dieu de bonté, / les passions rivées au cœur d’Adam; / tes plaies et tes blessures ont vulnéré / la multitude des démons.

Du Christ ayant imité la Passion / qu’il souffrit librement en sa chair, / vous tous, illustres Martyrs, / guérissez nos incurables passions, / des hommes chassez les maladies / par la force de l’Esprit.

Gloire au Père ...

Au sein de la divine Trinité / nous attribuons même puissance et même honneur / au Père éternel et à son Fils / et à l’Esprit de sainteté, / unique et divin pouvoir / en trois personnes que dans la foi nous magnifions.

Maintenant ...

Ô Christ notre Dieu, lorsque sur le bois / elle te vit crucifié, / la Mère qui t’enfanta dans la chair / tout en larmes s’écria: / Mon Fils, quelle ingratitude envers toi, / 1e Bienfaiteur du genre humain!

Samedi

LE VENDREDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Despotika

Mangeant le fruit défendu, / j’ai connu la mort autrefois; / mu par le conseil du serpent, / hélas, je me suis exclu de la gloire de Dieu; / mais si le péché m’a réduit / à l’infortune de la mort, / Ami des hommes, toi le seul compatissant, / fais qu’à nouveau j’habite le Paradis.

Déposant de cette vie, / ô mon âme, tout souci, / pense à ta dernière heure, à ta fin, / attentive à préparer ton trépas, / de peur que soudainement la mort / ne te prenne au dépourvu; / mais dans la prière et les pleurs / sans cesse sois vigilante en présence du Seigneur.

Mortifie l’orgueil des passions / qui me tiennent en leur pouvoir, / apaise mes élans désordonnés / par ta divine puissance, Seigneur éternel, / me donnant dans ton amour / la rémission de mes péchés, / Ami des hommes indulgent pour les pécheurs, / océan de miséricorde et trésor de bonté.

Martyrika

Dieu de tendresse, par les prières de tous les Saints et de la Mère de Dieu, / donne-nous la paix et prends pitié de nous.

Sur le stade, saints Martyrs, / votre confession brisa la puissance des démons, / en libérant les hommes de l’erreur; / et lors de votre décollation vous avez crié: / Seigneur, que le sacrifice de nos vies / soit agréable à tes yeux, / puisque par amour pour toi / nous avons méprisé les biens de cette vie.

Saints Martyrs, quelle grâce en vos exploits! / vous avez donné votre sang / et recevez l’héritage du ciel; / pour l’épreuve d’un temps votre allégresse demeure sans fin; / admirable échange en vérité: / car vous avez laissé le corruptible pour recevoir les biens immortels; / avec les Anges vous jubilez maintenant / et sans cesse chantez la consubstantielle Trinité2.

Gloire au Père... Maintenant ...

Chantons celle qui est la gloire de l’univers / éclose en notre humanité, / la Mère du Seigneur, la porte du ciel, / la Vierge Marie, / celle que chantent les esprits célestes, / la parure et l’ornement des fidèles, / car elle est devenue le ciel, / le temple de la divinité; / elle a renversé la barrière d’inimitié / et nous a ramené la paix en nous ouvrant les portes du royaume; / tenant en elle l’ancre de la foi, / nous avons pour défenseur le Seigneur qu’elle enfanta; / prends courage désormais, / prends courage, peuple de Dieu, / car le Seigneur combat tes ennemis, / le Seigneur tout-puissant.

Prokimenon, ton 7: Ô Dieu, tu es le rempart qui me protège, et ta miséricorde me prévient Verset: Seigneur, délivre-moi de mes ennemis, et protège-moi de mes adversaires.

Apostiches

Martyrikon

Martyrs dignes de toute louange, / ce n’est point la terre qui vous a cachés, c’est le ciel qui vous a reçus; / les portes du Paradis se sont ouvertes pour vous, / et là vous jouissez de l’arbre de vie; / intercédez auprès du Christ / pour qu’à nos âmes il accorde sa paix et la grande miséricorde.

Nékrosima

Heureux ceux que tu as élus, ceux que tu as pris, Seigneur, avec toi.

Quel plaisir de cette vie / demeure sans chagrin? quelle gloire sur terre ne connaît de revers? / tout s’évanouit comme l’ombre et comme un songe trompeur; / d’un coup, la mort emporte tout, / mais à la clarté de ton visage, Seigneur, / et par le charme de ta beauté, / ô Christ ami des hommes, accorde à tes élus le repos.

Leur souvenir demeure d’âge en âge.

Nui homme est sans péché / hormis toi, le seul Immortel; / aussi, Dieu de bonté, / place tes serviteurs dans l’éternelle clarté / pour qu’ils chantent avec les Anges dans le ciel; r et dans ta miséricorde ne regarde pas leurs péchés, / mais accorde-leur le pardon.

Gloire au Père ... Maintenant...

Vierge sainte, réjouis-toi, / tu es la Mère de notre Dieu, / le trésor sacré de l’univers, / la lampe qui jamais ne s’éteint, / l’habitacle de l’Infini, / le temple indestructible du Seigneur; / réjouis-toi, car tu as enfanté / l’Agneau qui du monde enlève le péché.

Si l’on chante à Matines Le Seigneur est Dieu, l’ordre des Vêpres est le suivant: au Lucernaire 6 stichères du saint du jour (ou, à défaut de Ménée, les Despotika redoublés); aux Apostiches 3 Martyrika avec les versets habituels (Ps. 122). Tropaire apolytikion du saint du jour et Théotokion dominical du ton occurrent.

S’il y a Alléluia: au Lucernaire 3 stichères du Ménée (ou, à défaut, les 3 Despotika) et 3 Martyrika; aux Apostiches 1 Martyrikon et 2 Nékrosima avec les versets des Défunts. Tropaire, Nékrosirnon et Théotokion du ton 2, quelle que soit la semaine: Apôtres, Prophètes et Martyrs ... Gloire au Père ... Seigneur, souviens-toi ... Maintenant ... Mère de l’ineffable Clarté ....

LE VENDREDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Chantons tous une hymne de victoire / pour les merveilles de notre Dieu / qui de son bras puissant a sauvé Israël / en se couvrant de gloire.

Tu es le havre du salut, / la protection de qui t’invoque, ô Mère de Dieu; / moi aussi, de toute mon âme, chaleureusement, / je t’appelle: sauve-moi, Souveraine immaculée.

Marie, toute-pure Mère du Créateur, / à ma pauvre âme souffrant / des passions et du péché / procure la guérison, dans ta clémence et ta bonté.

Gloire: Virginale Souveraine, ne te lasse pas / d’intercéder en tout temps / pour moi qui accours sous ta protection / pour trouver grâce auprès du divin Créateur.

Maintenant: Palais vivant de notre Roi / et son trône flamboyant, / avec les saints Martyrs et les Apôtres du Christ, / prie-le de nous délivrer des épreuves en tout temps.

Ode 3

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs / est devenue la pierre d’angle; / sur cette pierre le Christ / affermit son Église / qu’il a rassemblée / du milieu des nations.

La ténèbre des transgressions, / notre Dame, s’est emparée de mon cœur, / et je n’ose vers le ciel lever les yeux; / aussi je te prie d’illuminer / grâce aux préceptes du Christ / mon cœur, mon âme et mon esprit.

En ta sainte icône et tes images te contemplant, / toi la Mère toute-pure du Seigneur, / c’est au prototype que je rends honneur, / c’est à lui que j’adresse mes baisers / et devant toi que je me prosterne en t’acclamant, / sachant que ma vénération est unique, en l’image comme en toi.

Gloire: Apaise les funestes élans de ma chair, / éteins la flamme de mes passions, / ô Vierge, puisque le terrible serpent / m’a préparé par le péché / ses innombrables lacets / pour me faire choir dans la perdition.

Maintenant: Toute la nature d’Adam, / il l’a prise en toi, ô Mère de Dieu, / car, tout entier, le Verbe est sorti / porteur de notre chair: / prie-le de nous délivrer des passions, / de toute épreuve et du feu éternel.

Ode 4

Prophète Habacuc, en l’Esprit tu as prévu / l’incarnation du Verbe et l’annonças, disant: / Lorsque s’approcheront les ans, tu seras connu, / au temps fixé tu te révéleras; / gloire à ta puissance, Seigneur.

Pour avoir enfanté l’Auteur et Créateur de l’univers, / tu possèdes une force invincible, un ineffable pouvoir, / ô Vierge, et tu sauves les fidèles ayant recours à toi; / c’est pourquoi je te crie: / Souveraine du monde, sauve-moi.

Renverse l’invisible assaut / des ennemis immatériels / qui s’en prennent vainement à mon âme / et donne-moi la paix afin que, dans la joie, / je te chante, Souveraine bénie.

Gloire: Espérance des sans-espoir, / secours des pauvres, consolation des affligés, / propitiation des pécheurs et guide des égarés, / guérisseuse des malades, redressement de ceux qui ont chu, / viens à mon aide, Souveraine de l’univers.

Maintenant: Toi qui seule as fait cesser la malédiction, / pour nous tous, ô Vierge pure et bénie, / avec les Apôtres, les Prophètes, les Martyrs, / prie celui qui est issu de ton sein / de sauver les âmes de ceux qui te chantent, ô Marie.

Ode 5

Fils de Dieu, donne-nous ta paix, / nous ne connaissons nul autre Dieu que toi, / et c’est ton nom que nous portons; / tu es le Dieu des vivants et des morts.

Tire-moi du gouffre des tentations, / des périls, des afflictions, / / des passions charnelles, / et garde mon âme dans le calme divin.

Tu es pour moi, en toute ma vie, / chaleureuse garde et sûre protection; / c’est pourquoi je te demande: après la mort / étends sur moi ta riche compassion.

Gloire: Toi qui as enfanté le Créateur / et le Rédempteur de l’univers, / délivre-moi des passions charnelles brûlant mon cœur / et m’entraînant à de viles actions.

Maintenant: Toi qui as donné lieu à la sanctification spirituelle, / tout entier, Vierge pure, sanctifie-moi; / avec les Apôtres et tous les Saints / intercède pour que je sois sauvé.

Ode 6

Imitant Jonas, ô Maître, je te crie: / À la fosse arrache ma vie; / Sauveur du monde, sauve-moi / qui te chante: Gloire à toi.

Toi qui me gardes de mon vivant, / me délivrant des tentations, / lorsque je quitterai cette terre, conduis-moi, / en ton amour, Vierge Mère, vers la vie éternelle.

Tu es l’inébranlable rempart, / divine Mère, la puissante protection, / le sûr abri de ton serviteur; / aussi je t’invoque en tout temps.

Gloire: Toi qui possèdes un puissant crédit auprès de Dieu, / divine Mère, ne me dédaigne pas, / moi qui te crie avec ardeur; / puisque tu as enfanté le Dieu de tous, aie pitié de moi.

Maintenant: Ô Christ, ne me repousse pas, / Sauveur, n’aie pas dégoût de moi, / puisqu’intercèdent en ma faveur / la Vierge qui t’enfanta dans la chair, / les Prophètes, les Apôtres et les Martyrs.

Cathisme

Comme nuée de la divine Lumière sans déclin, / ô Vierge, comme l’arche, le chandelier, / l’urne, la montagne non taillée / les Prophètes d’avance t’ont figurée; / car de toi sans semence s’est levé / en ces ultimes temps le Christ notre Dieu / de la façon que le Père a voulue.

Ode 7

Dans la fournaise, les Jeunes Gens / ne furent touchés ni gênés par le feu; / et tous trois, d’une seule voix, / te bénissaient, Sauveur, en chantant: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Désespéré que je suis / au milieu de mes fautes et des voluptés charnelles, / entraîné dans le gouffre de perdition, / très-sainte Dame, je t’en prie: / hâte-toi de me délivrer, dans ta compassion.

Refuge et puissante protection, / rédemption de tous les croyants, / Mère de Dieu, sois aussi pour moi / guide vers le Créateur en me procurant, / dans ta miséricorde, la rémission de mes péchés.

Gloire: Tu as fait cesser la malédiction universelle, / Toute-pure, en enfantant notre joie, le Christ; / quant à la malédiction personnelle produite par mon péché, / supprime-la par ton pouvoir / et procure-moi la joie.

Maintenant: Nous tes serviteurs qui jour et nuit, / très-sainte Vierge, te prions en tout temps, / le cœur brisé, nous t’en supplions: / accorde-nous la rémission de nos péchés / par ton intercession.

Ode 8

Dans la fournaise, les Jeunes Gens / ne furent touchés ni gênés par le feu; / et tous trois, d’une seule voix, / te bénissaient, Sauveur, en chantant: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Hâle-toi de te lever, / combats nos ennemis / qui s’agitent vainement / pour nous affliger; / manifeste ton pouvoir, / Vierge sainte, secours de l’univers.

De la mort et de la corruption / tu as sauvé l’univers / par ton divin enfantement; / ô Vierge, encore maintenant / arrache-nous à nos passions / et sauve-nous qui te louons.

Gloire: Ineffable et riche est ton pouvoir, / sans égale aussi ta divine compassion, / comme la tendresse de ton cœur; / c’est pourquoi nous t’en prions: / sauve-nous qui t’invoquons / en toute vérité.

Maintenant: Vivante vigne, pour nous / tu as produit le raisin mûr / qui sur nous a fait couler / le vin de la rémission / et qui a mis à sec / l’ivresse du péché.

Ode 9

La nuée lumineuse en qui le Maître universel / descendit depuis le ciel / comme pluie sur la toison / et pour nous s’est incarné, / lui le Dieu infini, / en revêtant l’humanité, / fidèles, nous la magnifions / comme sainte Mère de Dieu.

Moi qui suis fortement ballotté / sur l’océan de cette vie / à cause des voluptés charnelles, / je me prosterne en te priant: / Souveraine, aie pitié de moi / qui accours auprès de toi; / tends vers moi ta main secourable / pour me sauver du gouffre de perdition.

Je te confesse, ô Vierge, mon péché, / devant ta face, c’est ma honte que je publie / et de toute mon âme je te crie: / aie compassion et prends pitié, / puisqu’après Dieu c’est en toi / que je mets en sûreté / mon espérance, Tout-immaculée.

Gloire: Toi qui sans semence as conçu / notre Maître et Créateur, / je t’appelle de tout cœur / et sans cesse je te crie: / sauve-moi de la corruption, / des multiples transgressions, / et du feu qui ne s’éteint / préserve-moi, sainte Mère de Dieu.

Maintenant: Toi l’infranchissable canal, / la porte du Paradis, / le chemin du salut, / la voie que suivent les élus, / avec les prophètes, les martyrs, / les justes, les ascètes, les divins apôtres, / Vierge pure, interviens / pour que nos âmes soient sauvées.

LE SAMEDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Comme de bons soldats, unanimes dans la foi, / sans peur et sans reproche devant les menaces des tyrans, intrépides, vous vous êtes avancés vers le Christ, / prenant sur vous sa précieuse Croix. / Au terme de la course et des combats / vous avez reçu la victoire d’en-haut. / Gloire à celui dont la force fut votre appui, / gloire à celui qui vous couronna, / gloire à celui qui agit en vous pour nous guérir.

Par les souffrances que les Saints endurèrent pour toi, laisse-toi fléchir, ô notre Dieu; / guéris toutes nos douleurs, / Seigneur ami des hommes, nous t’en prions.

Implorons, tous, les Martyrs du Christ / qui intercèdent pour notre salut, / et tous, allons à leur rencontre dans la foi / pour trouver grâce et guérison / auprès de ces gardiens de la foi / qui repoussent les démons.

Ô Vierge, lorsque Gabriel te disait: Réjouis-toi, / à sa voix s’incarnait le Maître de l’univers / en toi, l’arche sainte, / selon la parole du juste David, / et tu as paru plus vaste que les cieux, / puisqu’en ton sein tu portas le Créateur. / Gloire à celui qui fit sa demeure en toi, / gloire à celui qui est sorti de toi, / gloire à celui qui est né de toi pour nous sauver.

Cathisme II

Seigneur, gloire des combats et couronne des vainqueurs, / tu es la parure des Martyrs glorieux: / par leur constance dans les épreuves, ils ont mis en fuite les impies / et du ciel ils ont reçu la victoire par la puissance de Dieu; / par leurs prières accorde-nous, / Seigneur, la grande miséricorde.

Ô Christ, abolissant l’empire de la mort, / pour les hommes tu fis jaillir la vie immortelle ; / tous ceux qui croient en toi, désormais / ne meurent plus mais vivent en toi. / Seigneur, fais reposer les âmes de tes serviteurs / et place-les parmi tes Saints ; / par les prières de la Mère de Dieu / accorde-leur la grande miséricorde.

Sauveur, fais reposer les trépassés / dans le chœur des Justes, en un lieu de clarté ; / en toi ils ont mis en effet, / Ami des hommes, leur espoir ; / accueille la prière de chacun pour ses parents ou ses enfants / et dans ton immense bonté / justifie ceux dont nous célébrons le souvenir.

Merveille des merveilles, ô Pleine-de-Grâce, / la création te voyant exulte de joie ; / sans semence tu as conçu et tu enfantes ineffablement / celui que les Anges mêmes ne peuvent contempler ; ô Vierge Mère de Dieu, / intercède auprès de lui pour le salut de nos âmes.

Ode 1

Ta droite victorieuse, magnifique en sa force, / s’est couverte de gloire, / car, ô Seigneur immortel, / grâce à ta puissance, / elle a broyé les ennemis / en ouvrant pur Israël / une voie nouvelle au profond de la mer.

Toi qui tiens en main les bords de l’univers, / de semblable force tu as doté / les mains de tes Prophètes / et par leur intercession, ô Verbe, déchirant la cédule de mes péchés, / arrache-moi aux mains de l’Ennemi.

Comme prophètes ayant ouvert votre esprit / aux lumières de Dieu, / vous avez reçu la clarté / pour annoncer l’Orient spirituel, / Prophètes glorieux, / illuminateurs de nos âmes.

Ayant mis à sec l’abîme des faux-dieux / par le sang versé dans vos combats, : asséchez aussi le torrent / de nos iniquités, / bienheureux Martyrs, sous la rosée / de vos saintes intercessions.

Nuée lumineuse des Témoins, / intercédez auprès du clair Soleil / qui est issu de la virginale Nuée, / pour qu’il chasse de nos cœurs / les nuages obscurs / et nous sauve de la géhenne de feu.

Sans cesse les pensées me font glisser / et m’entraînent mes projets pervers ; / follement je fus séduit / et tout entier suis devenu / la proie de l’Ennemi : / Vierge, ne méprise pas ton serviteur !

* * *

Par ta mort tu as brisé / les portes de la Mort et ses verrous : / aux fidèles trépassés / ouvre donc les portes de l’immortalité / qui dépasse tout esprit, / immortel Seigneur, à la prière des Martyrs.

Pour nous faire prendre part / à ta vie divine, Source de la vie, / vers le mort tu descendis ; / la spoliant de ses trésors, / tu nous pris de force et désormais / donne le repos aux trépassés !

Ayant assumé mon être mortel et corrompu, / tu l’as revêtu d’immortalité / et l’as fait monter vers une vie sans fin, / jusqu’en la félicité éternelle / où nous te prions de faire reposer, / Dieu de tendresse, ceux qui sont passés vers toi.

Nous les fidèles, nous voulons chanter / celle qui porta le Verbe né de Dieu ; / pour les âmes trépassées / elle est devenue chemin de vie ; / à double titre nous la glorifions ; / elle enfante et porte notre Dieu.

Ode 3

Toi qui seul connais la faiblesse de la nature humaine, / lui étant devenu semblable dans ta compassion, / revêts-moi de la force d’en-haut, / pour que je chante devant toi : / Saint est le temple spirituel / de ta gloire immaculée, / Seigneur ami des hommes.

Sages Prophètes, vous êtes devenus / les instruments de l’Esprit saint : / vous avez montré bien clairement / la venue du Verbe jusqu’à nous ; / intercédez auprès de lui / pour qu’il donne à qui vous chante dans la foi / sa Lumière et sa miséricorde.

Sur les tables de vos cœurs / vous teniez fidèlement gravé / le décalogue du salut : / à mon cœur souillé par la loi du péché, / Prophètes inspirés par Dieu, / procurez la rédemption / par vos saintes intercessions.

Vaillamment vous avez mis fin / aux blasphèmes de tyrans / dans votre élévation vers Dieu, / saints Martyrs, et je vous crie : / par vos saintes intercessions / détruisez le fier dragon / qui se lève contre moi.

Prenant part à la passion de Dieu / comme au royaume éternel en l’au-delà, / glorieux Martyrs, délivrez-moi / des passions charnelles en cette vie, / de la géhenne et du jugement / dans le siècle qui viendra, / par vos prières auprès du Créateur.

Ton peuple rassemblé / en ce temple pour te chanter, / Tabernacle plus vaste que les cieux, / fais qu’il participe un jour / aux tabernacles immatériels, / par la ferveur de ton intercession maternelle / auprès du Christ Seigneur et Maître universel.

* * *

Toi qui seul es riche de bonté, / toi le seul miséricordieux, / fais reposer dans les parvis des cieux / les fidèles trépassés / au séjour de l’ineffable joie / où l’allégresse fait briller / une nuée de Témoins.

Toi seul sur terre sans péché / tu parus, ô mon Sauveur, / toi qui enlèves le péché / de ce monde en ta bonté; / fais reposer les âmes trépassées / dans tes parvis de sainteté, / Ami des hommes, dans les délices du Paradis.

Abolissant l’empire de la Mort, / pour tout fidèle tu fis jaillir, / ô Maître, la vie éternelle; / à tous ceux qui t’ont rejoint dans la piété, / immortel Seigneur, accorde-la / sans regarder aux manquements / mais pardonnant tous leurs péchés.

Sans semence, ô Vierge, tu conçus / le Verbe éternel / qui prit chair pour vivre parmi nous; / détruisant la force de la mort, / il a fait jaillir la vie / et procuré dans sa bonté / la résurrection aux mortels.

Ode 4

Montagne ombragée par la grâce divine, / Habacuc t’a reconnue de son regard de voyant. / De toi, a-t-il prédit, / sortira le Saint d’Israël / pour notre salut / et notre restauration.

Prophètes, vous êtes apparus comme lampes qui dans l’Esprit saint / avez fait briller le verbe de vie / sur l’ensemble des humains, / répandant votre clarté mystique; / c’est pourquoi je crie: par votre intercession / tenez allumée la lampe de mon cœur.

Comme fleuves regorgeant / des vivifiantes ondes de l’Esprit / et baignant la terre de leurs flots, / glorieux Prophètes inspirés, / sur mon âme sèche et consumée / répandez votre fraîcheur.

Par les flots de votre sang, / saints Athlètes, vous avez éteint / les charbons ardents de l’impiété; / et sur moi que darde le Malin / de ses flèches enflammées, / faites descendre la rosée de l’Esprit.

Ô Christ, toi qui agrées l’intercession / des Martyrs ayant lutté pour toi / et triomphé de l’Ennemi, / arrache-moi dans ta bonté / aux ennemis visibles et immatériels / qui sans cesse cherchent mon trépas.

Le temple de la Gloire, c’est bien toi, / Vierge pure, et nous qui sommes rassemblés / dans ton saint temple fidèlement, / nous implorons ton secours / et sous ta vénérable protection / nous trouvons le salut.

* * *

Ayant mis à mort l’Enfer / par ton invincible force, ô Christ, / et compté parmi les morts, / toi le seul libre, affranchis / de toute condamnation les âmes trépassées, / par les prières de tes saints Martyrs.

Ô Maître, toi l’universelle propitiation, / tu t’es acquis les fils d’Adam / comme prix de ton immolation; / aussi nous attendons de ta bonté / que tu donnes le repos aux trépassés, / leur accordant la rémission de leurs péchés. Sauveur, tu as souffert pour nous / d’être mis dans un tombeau / pour ressusciter les mortels / condamnés à vivre en l’ombre de la mort; / seul Ami des hommes / accorde la vie éternelle aux trépassés.

Souveraine immaculée, / génitrice de notre Dieu, / par ton enfantement le genre humain / est sauvé, car pour nous tu as conçu / la Vie en personne qui détruit la mort / et nous ramène vers la vie.

Ode 5

Par l’éclat de ton avènement / tu as illuminé les confins de l’univers / en les éclairant, ô Christ, / par la splendeur de ta Croix: / fais briller aussi la lumière de la divine connaissance / dans les cœurs qui te chantent selon la vraie foi.

Ayant brillé par la piété / à l’ombre de la Loi / et révélé le vif éclat / de la grâce de Dieu, / sauvez-moi de l’ombre du péché mortel, / glorieux Prophètes du Seigneur.

Devant Dieu veillant toute la nuit, / lumineux prophète Isaïe, / tu reflétais la divine illumination; / aussi je t’en supplie: / porte par tes saintes oraisons la lumière / à mon cœur enténébré.

Le corps tendu, broyé par les tourments, / glorieux Athlètes du Seigneur, / en vos membres c’est Dieu / que vous glorifiiez; / par vos prières obtenez-moi, / Bienheureux, la gloire des élus.

Verbe de Dieu, trésor de biens, / fais qu’en mon âme soit conçue / la crainte de ta majesté / et que j’enfante l’esprit de ton salut, / par les prières des Martyrs / qui n’eurent d’autre amour que toi.

En toi reconnaissant la Mère de celui / qui créa le monde par sa volonté, / vers ton divin temple nous accourons / pour demander en ce lieu, / ô Vierge, par ta médiation / la rémission de nos péchés.

* * *

Prenant sur toi la mort et son venin, / tu acceptes la condition mortelle / et de la mort tu émousses l’aiguillon: / mais toi-même, ô Christ Source de vie, / fais reposer les âmes des défunts, / par l’intercession de tes saints Martyrs.

Toi qui délivras l’humanité / de la mort et du tombeau, / donne à tes fidèles trépassés / d’habiter en tes parvis de sainteté / dont est banni tout chagrin / mais où fleurissent l’allégresse et la joie.

Comme tu ouvris le Paradis / à celui qu’on mit en croix près de toi, / accueille maintenant, Seigneur, / les âmes des fidèles trépassés / et donne-leur d’habiter / en l’Assemblée des premiers-nés.

Salut de qui possède en toi / l’ancre d’espérance, conduis-les, / Vierge bénie et tout-immaculée, / vers le havre du vouloir divin / en ta bienveillance de toujours / et ton intercession maternelle.

Ode 6

Le fond de l’abîme nous entourait / et nous n’avions personne pour nous délivrer, / nous étions comptés comme brebis d’abattoir. / Sauve ton peuple, ô notre Dieu, / car tu es la force des faibles / et leur relèvement.

En péril sur l’océan de cette vie / et jeté au monstre du péché, / comme Jonas arrache-moi / à la fosse de la mort, / Christ, divin nautonier, / conduis-moi aux ports tranquilles de la vie.

Le chœur des saints Prophètes te supplie, / ceux qui brillèrent dans la Loi, / ceux qui servirent Christ avant la Loi: / toi qui reposes parmi eux, / accorde à tous en ta bonté / la rémission des péchés.

Cernés de peines et de tourments, / bienheureux Martyrs, en aucun cas / vous n’avez renié le Christ; / et moi que cerne l’Ennemi, / délivrez-moi de ses assauts / par vos prières devant Dieu.

Parés de l’athlétique perfection, / Soldats du Christ, vous êtes désormais / près de celui qui donne au monde sa beauté; / aussi je vous supplie de corriger / ce que mon âme a de vil / pour l’embellir par votre intercession.

Demeure chaste et pure du Seigneur, / purifie mon cœur de ses passions, / ô Marie, temple du Verbe, fais de moi / le limpide vase de l’Esprit divin / pour que je chante et magnifie / la Toute-digne de nos chants.

* * *

Dieu de tendresse, accorde aux trépassés / le pardon de leurs péchés / et la jouissance qui n’a pas de fin / dans le lieu où resplendit / la clarté de ton visage / illuminant tes saints Martyrs.

Par le sang coulant de ton côté / tu as libéré le monde, Dieu sauveur; / délivre donc tous les fidèles trépassés / en vertu de ta Passion; / car toi-même t’es livré / en rançon pour l’univers.

Tes mains jadis m’ont façonné, / tu mis en moi ton esprit, / et même après la chute tu voulus / me reformer plus beau qu’avant: / à présent donne toi-même le repos / aux âmes des fidèles trépassés.

Accorde place à ton banquet, / dans la lumineuse salle du festin, / aux fidèles qui reposent en toi, / sans prendre garde à leurs péchés, / Seigneur de grâce et de bonté, / dans ta miséricorde infinie.

Nous te chantons, Vierge bénie, / car tu fis lever pour nous / sur les ténèbres et l’ombre de la mort / le Soleil de justice sans déclin; / c’est ainsi que tu devins pour nous / la médiatrice du salut.

Ode 7

Nous les fidèles, nous reconnaissons en toi, / ô Mère de Dieu, / la fournaise spirituelle / et de même qu’il a sauvé les trois jeunes gens, / le Très-Haut a renouvelé / en ton sein le monde entier, / le Seigneur Dieu de nos pères, / digne de louange et de gloire.

Des Prophètes le chœur sacré / t’implore, Seigneur: / bénis ceux qui te glorifient / de spirituelles bénédictions / et par des chants d’exaltation / sans cesse te crient: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

Jeunes Gens fidèles à Dieu, / par la rosée céleste vous avez vaincu / la nature même du feu: / de la flamme éternelle sauvez-moi / qui sans cesse psalmodie / et célèbre Dieu en lui criant: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

Rendus illustres par les trophées / remportés sur le stade, / vous avez trouvé la gloire auprès de Dieu; / rendez-moi dignes, glorieux Martyrs, / de la gloire éternelle qui attend / ceux qui chantent pieusement: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

Martyrs qui avez dompté / les lions lancés sur vous / par votre élan vers le Seigneur, / foulez au pied le dragon / qui se lance maintenant contre moi / et sauvez-moi lorsque je crie: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

* * *

Sois mon avocate, ô Mère de bonté, / auprès du Dieu que tu as enfanté, / afin qu’il veuille me sauver / de la géhenne de feu / et m’accepte en son royaume dans les cieux / pour lui crier sans cesse: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

Auréole des rayons / de ta gloire immaculée, / ô Christ, tous ceux qui sont passés / de l’océan de cette vie / vers toi pour te chanter / en compagnie des saints Martyrs: / Dieu de nos pères, à toi revient / louange et haute gloire.

Tu incarnes le nouvel Adam, / toi par qui l’ancien fut modelé, / et la malédiction pesant sur lui, / à toi seul tu l’as effacée; / aussi, nous t’en prions, accorde le repos / aux fidèles trépassés / dans les délices du Paradis, / Christ, le seul compatissant.

Notre fragile condition, / seul tu la connais dans ta bonté / et ta divine compassion: / place les fidèles trépassés / là où brille la lumière sans déclin / de ton visage, ô Christ, / Dieu de nos pères à qui revient / louange et haute gloire.

Les ombres de la Loi, les songes de jadis / s’évanouissent en ton enfantement: / Mère de Dieu, tu fis lever sur nous / la lueur de la divine charité; / par elle nous voilà sauvés / de l’ancestrale damnation, / Vierge pure, nous qui célébrons / le Dieu de haute gloire.

Ode 8

Dans la fournaise, comme en un creuset, / brillèrent les enfants d’Israël / par l’éclat de leur piété plus pure que l’or fin / et ils se mirent à chanter: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

Prophètes éprouvés et persécutés / injustement pour le Christ / délivrez-nous / des tentations et châtiments nous qui chantons: / Bénissez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange en tous les siècles.

Vases où Dieu a déposé ses dons, / Prophètes inspirés, sans cesse intercédez / pour que nous soyons de l’Esprit saint / les demeures où l’on chantera: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Dans les chaînes vous avez brisé / toute ruse de notre Ennemi; / enchaîné par mes péchés, délivrez-moi, / sages Martyrs, pour que je chante moi aussi: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Toi qui enfantas la Source de clarté, / de mon cœur, ô Vierge, éclaire le regard / à la lumière du savoir divin / pour que je puisse psalmodier: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

* * *

Justifiant les hommes par la foi, / fais qu’à la prière des Martyrs, / Dieu sauveur, les fidèles trépassés / trouvent place à ta droite pour chanter: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur, / à lui haute gloire, louange en tous les siècles.

De tes fidèles serviteurs défunts / lave toute faute, Seigneur, / sous la rosée de ton amour / pour leur permettre de chanter: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur, / à lui haute gloire, louange en tous les siècles.

Toi qui as les pleins pouvoirs / sur la mort et sur la vie, / fais que participent à ta clarté / les fidèles qui te chantent en l’au-delà: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur, / à lui haute gloire, louange en tous les siècles.

Ô Vierge immaculée, tu es pour nous / la médiatrice du salut, / de la splendeur et de la vie / dans les siècles éternels: / toutes les œuvres du Seigneur, nous te chantons, / Mère de Dieu, et t’exaltons dans tous les siècles.

Ode 9

Pour image de ton enfantement / nous avons le buisson ardent / qui brûlait sans être consumé; / en nos âmes nous te prions d’éteindre / la fournaise ardente des tentations / pour qu’alors, ô Mère de Dieu, / sans cesse nous te magnifiions.

Pour que ta descente parmi nous / soit préfigurée par des demeures consacrées, / de tes Prophètes, ô Christ, / tu fis des vases d’élection / pour montrer d’avance l’avenir; / par eux, nous t’en supplions, / fais-nous don de ta miséricorde.

Aux Prophètes tu te révélas / autant qu’ils purent voir / l’éclat de ta splendeur; / par leurs prières, Seigneur, / purifiant nos âmes des passions et du péché.

Livrant vos corps aux coups de fouet, / saints Martyrs, vous avez flagellé / la horde des démons, / conservant votre âme invulnérée; / sur les blessures de mon cœur / percé de flèches par le Malin / vos prières verseront la guérison.

La malveillance des démons / vous causa plaies et douleurs, / saints Martyrs, stratèges de piété; / de mon âme désormais / guérissez, je vous prie, / les cuisantes douleurs / et les blessures de mon cœur.

Les armées célestes tremblent de stupeur / voyant le divin Reflet du Père / inexplicablement / en tes bras et ton pouvoir, / Vierge Mère immaculée, / et possédant ta ressemblance / afin de déifier les mortels.

* * *

Seigneur ami des hommes et Dieu de compassion, / épargne l’œuvre de tes mains: / dans tes parvis de sainteté / où tressaillent d’allégresse tous les saints Martyrs, / en ton immense amour fais reposer / les fidèles transférés de cette vie en l’au-delà.

Abîme de tendresse surpassant / toutes les faiblesses de tes serviteurs, / accueille les défunts choisis par toi, / Ami des hommes, et accorde leur le repos / dans le sein d’Abraham, et place-les / avec Lazare dans ta lumière, Seigneur.

Sauveur et rédempteur du genre humain, / tu l’es devenu par ta crucifixion: / à ceux qui sont passés de nous vers toi / comme Bienfaiteur veuille accorder / la divine jouissance et la vie immortelle, / l’allégresse et la splendeur du Paradis.

Tes merveilles dépassent l’entendement: / car toi seule, ô Vierge immaculée, / plus que le soleil tu donnes à tous / de percevoir l’ultime exploit / de ton ineffable enfantement; / et d’un même cœur nous te magnifions.

Exapostilaire (ton 3)

Ô Dieu qui seul reposes parmi les Saints, / sauve ceux qui invoquent ton nom / par les prières des Apôtres, des Martyrs, / des Prophètes, des Pontifes et de tous les Saints.

Ô Dieu, tu es le maître des morts et des vivants: / fais reposer tes serviteurs dans les tabernacles des élus; / et même s’ils ont péché, / Dieu sauveur, ils ne se sont pas éloignés de toi.

En toi, Mère de Dieu, nous trouvons la fierté / et tu plaides pour nous devant Dieu; / étends ta main vénérable / pour écraser notre Ennemi; / que Dieu par tes prières nous envoie / de son Sanctuaire le salut!

Apostiches ou Laudes Martyrika

Venez, tous les peuples, / chantons des hymnes et des cantiques spirituels, / pour honorer les victorieux Martyrs du Christ, / hérauts de la foi et flambeaux de l’uni vers, / source intarissable d’où jaillissent les guérisons; / par leurs prières, ô Christ notre Dieu, / donne au monde ta paix / et à nos âmes la grande miséricorde.

Voici les soldats du grand Roi: / ils ont résisté aux ordres des tyrans / et méprisé les supplices, noblement, / foulant au pied et détruisant toute erreur; / ayant reçu la couronne méritée, / ils nous obtiennent la paix du Sauveur / et pour nos âmes la grande miséricorde.

Saints Martyrs dignes de toute louange, / ce n’est ni l’épreuve ni la détresse ni la faim, / ni la persécution ni le danger, / ni la rage des fauves ni le glaive ni le feu, / qui par leurs menaces ont pu vous éloigner de Dieu; mais c’est plutôt par amour pour lui / que vous avez oublié la nature en devenant des étrangers pour votre corps / et vous avez combattu au mépris de la mort; / aussi avez-vous reçu la digne récompense de vos labeurs / en devenant héritiers du royaume des cieux: / intercédez pour le salut de nos âmes.

Saints Martyrs, réjouissez-vous dans le Seigneur, / car vous avez combattu le bon combat; / vous avez résisté aux empereurs et vaincu les tyrans; / ni le glaive ni le feu ne vous ont effrayés, / ni les fauves dévorant votre chair, / mais avec les Anges vous avez chanté pour le Christ / et vous avez reçu la couronne des cieux: / intercédez pour que nous soit donnée la grande miséricorde.

Nékrosimon

Par ton œuvre tu as montré, ô mon Sauveur, / que tu es l’universelle résurrection, / Verbe qui par ton verbe ressuscitas / Lazare d’entre les morts; / alors éclatèrent les verrous et chancelèrent les portes de l’Enfer, / aux hommes la mort apparut comme un sommeil; / Seigneur qui es venu pour sauver le monde et non pour le juger, / Ami des hommes, accorde à tes élus le repos.

Gloire au Père ... Maintenant ...

R2jouis-toi, Marie, Mère de Dieu, / car tu as mis au monde le roi, / le sauveur et illuminateur / de tous les siècles.

S’il y a Alléluia, nous chantons aux Laudes les précédents Martyrika, et comme Apostiches les Prosomia suivants:

Nous te prions, Dieu sauveur: / dans ta douce compassion / accorde aux trépassés le repos / et fais-les demeurer dans les tabernacles des justes / en compagnie de tes Saints, / dans les célestes parvis, / et dans ta miséricorde ne regarde pas leurs péchés, / mais accorde-leur le repos.

Heureux ceux que tu as élus, ceux que tu as pris, Seigneur, avec toi.

Nul homme est sans péché / hormis toi, le seul Immortel; / aussi, Dieu de bonté, / place tes serviteurs dans la clarté éternelle / pour qu’ils chantent avec les Anges dans le ciel / et dans ta miséricorde ne regarde pas leurs péchés, / mais accorde-leur le pardon.

Leurs âmes reposeront dans le bonheur.

Ineffables sont tes promesses, Sauveur, / choses que l’œil n’a pas vues, / que l’oreille n’a pas entendues / et que le cœur de l’homme n’a pas soupçonnées: / dans ta douce compassion / daigne en faire part aux trépassés, / en leur accordant la vie éternelle.

Leur souvenir demeure d’âge en âge.

Seigneur, que tes défunts serviteurs / dont ta Croix fut la force et la joie, / trouvent en elle la propitiation de leurs péchés / et par le sang précieux que tu versas pour notre vie / accorde-leur en ta bonté / ta gloire et ta lumière sans déclin.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Implore le Christ, ton enfant, / ô Vierge Mère, pour qu’il accorde le pardon des péchés / à tes serviteurs dont la piété te proclame Mère de Dieu / selon l’enseignement et la parole de vérité, / et rends-les dignes de la gloire des Saints / dans la lumière du royaume des cieux.

LITURGIE

Béatitudes

Du Paradis l’Ennemi fit chasser Adam / lorsqu’il eut mangé le fruit défendu, / mais par la croix le Christ y fit entrer le bon Larron / qui lui criait: Souviens-toi de moi, Seigneur, / quand tu entreras dans ton royaume.

L’immense foule des Martyrs / avec les Pontifes, les saintes Femmes et les Prophètes glorieux / t’implore, Jésus notre Dieu: / accorde à tous le pardon des péchés, / toi le seul Ami des hommes.

Au terme de votre course sacrée, / Ascètes du Christ, vous avez mérité / tout comme les Prophètes et les Pontifes saints / d’habiter la céleste cité / avec les Anges dans la joie.

Ô Christ, accueille en ta lumière sans soir / ceux que tu fis passer de ce monde vers toi / sans regarder, dans ta divine bonté, / les fautes commises en leur vie, / afin que nous puissions glorifier, / Bienfaiteur, le trésor de ton amour.

Gloire au Père ...

Avec ton Père de prime éternité / et l’Esprit saint, ô Christ notre Dieu, / nous tous nous te glorifions / pour ton amour des hommes et nous disons: / Seigneur, souviens-toi de tes serviteurs / à l’heure de l’ultime jugement.

Maintenant...

Ô Vierge, nous te chantons comme le palais du Roi, / le trône de la gloire et la nuée de clarté, / et te prions: dissipe les nuages terrifiants / et les passions de nos âmes.


  1. Ces deux stichères stavrothéotokia proviennent du Paraclitique slavon. Voici les théotokia de l’édition grecque:

    En tout temps je t’appelle mon salut, / en toi je me targue d’être sauvé: / Vierge toute-sainte, arrache-moi / à toute sorte de mal heurs, / à la corruption, aux passions, / à la méchanceté invétérée / et surtout à l’avarice sans pitié.

    Je t’invoque de nouveau, / Dame et Vierge, pour m’arracher / à cette passion de l’avarice / dont plus je crains les assauts / que ceux des bêtes sauvages, en vérité, / car même en ses moindres désirs / l’avarice est digne de toute condamnation.

    Accorde-moi, ô Mère de Dieu, / la force de regarder chaque jour avec bonté, / avec d’aimables dispositions, / les pauvres, les étrangers, la multitude des miséreux, / et d’embrasser la pauvreté qui peut me rapprocher de Dieu. 

  2. À la place de ces trois martyrika, que nous empruntons au Paraclitique slave, le grec nous offre les tbéotokia suivants:

    Sainte Épouse de Dieu, / rends-moi grave, chaste et pur, doux, paisible, prudent, / droit et juste, franc, courageux, / sage, longanime, / bon, indulgent, modéré, / sans faille, sans reproche et sans défaut / et en outre citoyen du Paradis.

    Vierge pure, je suis devenu / l’aliment d’une débauche éhontée, / l’auteur de nouvelles transgressions, / un maître dans l’art des passions, / le guide des libertins, / un impudique entremetteur, / l’avocat de la licence effrénée / et même je me plais en ces pensées, / mais sauve-moi de toute perdition.

    Les terribles flots du péché / m’entraînent effroyablement, / les douleurs de l’Enfer font cercle autour de moi / et sur mon âme la mort a tendu ses filets; / Dame de compassion, / je te crie en la détresse de mon cœur: / Hâte-toi de m’arracher au désespoir de la mort / et à la perdition de l’Enfer.

    Quant aux Apostiches, l’ordre du Paraclitique grec est le suivant:

    Sur le stade, saints Martyrs, / votre confession ...

    Saints Martyrs, quelle grâce en vos exploits! / ...

    Martyrs dignes de toute louange, / ce n’est point ...

    Quel plaisir de cette vie /` demeure sans chagrin ...