DEUXIÈME TON

Dimanche

LE SAMEDI SOIR AUX PETITES VÊPRES

Lucernaire

Celui qui est né du Père avant les siècles, / le Verbe de Dieu, / qui a pris chair de la Vierge Marie, / venez, adorons-le / car il a souffert la croix et le tombeau / selon son bon vouloir, / et il est ressuscité des morts / pour sauver ceux qui étaient perdus.

Le Christ notre Sauveur / a cloué sur la croix la cédule écrite contre nous / pour effacer notre condamnation et briser la force de la mort: / adorons sa Résurrection le troisième jour.

Avec les Archanges chantons / la Résurrection du Christ / sauveur et libérateur de nos âmes / qui reviendra dans la gloire / avec force et puissance / pour juger le monde qu’il a créé.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Le grand mystère que voici! / les merveilles contemplées me forcent à proclamer / la divinité sans nier l’humanité, / car l’Emmanuel a ouvert / les portes de la nature en son amour pour nous / sans briser les scellés de la virginité, puisqu’il est Dieu; / mais il sortit du sein maternel / comme par l’Annonce il y entra, / et comme il fut conçu, de même il s’incarna; / sans douleurs il pénétra / ineffablement il en sortit, / selon l’oracle du Prophète disant: / Cette porte sera fermée, / nul n’y passera si ce n’est / le seul Seigneur, Dieu d’Israël / qui nous porte la grande miséricorde.

Apostiches

Ta Résurrection, ô Christ sauveur, / illumine tout l’univers, / en ta grâce tu rappelles ta propre création: / Seigneur tout-puissant, gloire à toi.

Je célébrerai ton nom d’âge en âge.

Joie de tous les opprimés, / protectrice de qui souffre injustement, / nourriture des affamés, / consolation des étrangers, / bâton des aveugles, et le soutien des faibles, / secours et protection des affligés, / auxiliatrice des orphelins, / tu es la Mère du Dieu très-haut; / Vierge pure, nous t’en prions, / hâte-toi de sauver tes serviteurs.

Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille.

Hélas! j’ai commis / sans mesure tout péché, / toute faute sans compter; / me voilà désormais / digne de toute condamnation: / ô Vierge, accorde-moi / l’occasion du repentir / afin qu’en l’au-delà / j’évite d’être condamné; / comme ambassadrice je t’inscris, / mon avocate, c’est toi, / fais que je n’aie pas à rougir, divine Fiancée!

Les plus riches du peuple rechercheront ta faveur.

Auprès du Créateur et Seigneur / nous n’avons d’autre refuge que toi, / divine Épouse immaculée; / ne nous refuse pas ta fervente protection, / ne méprise pas les amants de ton nom / qui se réfugient sous tes ailes; / toi la Mère de notre Dieu, / montre-nous vite le trésor de ton amour / et sauve-nous des menaces qui pèsent sur nous.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Qui sera capable de te louer, / de te dire bienheureuse, Vierge épouse de Dieu, / pour le rachat du monde accompli grâce à toi? / dans l’action de grâce nous te disons: / Réjouis-toi qui divinises Adam, / réunissant ce qui était séparé; / réjouis-toi qui éclaires le genre humain / par la lumineuse Résurrection / de ton Fils et notre Dieu; / et nous chrétiens, tous en chœur / d’une incessante voix nous te magnifions.

Tropaire et théotokion: voir à la fin des Grandes Vêpres.

GRANDES VÊPRES

Lucernaire

Celui qui est né du Père avant les siècles, / le Verbe de Dieu, / qui a pris chair de la Vierge Marie, / venez, adorons-le, / car il a souffert la croix et le tombeau / selon son bon vouloir, / et il est ressuscité des morts / pour sauver ceux qui étaient perdus.

Le Christ notre Sauveur / a cloué sur la croix la cédule écrite contre nous / pour effacer notre condamnation et briser la force de la mort: / adorons sa Résurrection le troisième jour.

Avec les Archanges chantons / la Résurrection du Christ / sauveur et libérateur de nos âmes / qui reviendra dans la gloire / avec force et puissance / pour juger le monde qu’il a créé.

* * *

Après la croix et le tombeau / un Ange proclame ta seigneurie, / disant aux saintes femmes: / Venez et voyez l’endroit où gisait le Seigneur; / selon sa parole il est ressuscité, / le Seigneur tout-puissant. / Ô Christ, Source de vie, / qui seul possèdes l’immortalité, / prends pitié de nous qui nous prosternons devant toi.

Par ta croix tu as aboli / la malédiction méritée sous l’arbre défendu, / par ta sépulture tu as détruit la force de la mort, / et par ta Résurrection / tu as illuminé le genre humain; / aussi nous te chantons: / Christ, notre bienfaiteur et notre Dieu, gloire à toi.

Devant toi, Seigneur, / les portes de la mort s’ouvrirent en tremblant; / à ta vue, les gardiens de l’Enfer furent saisis de frayeur; / car tu as abattu les portes d’airain / et brisé tous les verrous / afin de nous tirer des ténèbres et de l’ombre de la mort / et de rompre les liens qui nous tenaient enchaînés.

Chantant l’hymne du salut, / venez, tous les fidèles, prosternons-nous / dans la maison du Seigneur en disant: / Ô Crucifié sur le bois / et ressuscité d’entre les morts, / toi qui es assis à la droite du Père, agrée l’expiation de nos péchés.

* * *

Espérance des sans-espoir / et refuge des pécheurs, / Marie, toute-digne de nos chants, / très-pure Mère de Dieu, / reçois ma présente supplication / et par ta maternelle intercession / demande la rémission de tout péché / que j’ai commis en cette vie; / ô notre Dame, sauve-moi / de la détresse et des peines sans fin, / en vertu de ton immense miséricorde.

Mauvais fut le temps de ma vie, / comblé de toute sorte de maux, / Satan m’ayant perfidement séduit; / mais toi, ô Mère de Dieu, / délivre-moi des assauts du Mauvais, / arrache-moi à ses filets; / en toi j’ai mis tout mon espoir, / Toute-sainte, sauve-moi par ton intercession.

Réjouis-toi, protectrice immaculée, / réjouis-toi, Mère de Dieu et trésor de bonté, / propitiation du monde, réjouis-toi, / allégresse des affligés, / havre des naufragés de cette vie, / auxiliatrice des besogneux; / et moi aussi, protège-moi, / car de tous les affligés / tu es la souveraine tout-immaculée.

Gloire au Père ... Maintenant ...

L’ombre de la Loi s’évanouit devant la grâce / et comme brûlait le buisson ardent sans être consumé, / ô Vierge, tu as enfanté / et vierge tu es demeurée; / le Soleil de justice s’est levé / au lieu de la colonne de feu; / à la place de Moïse / voici le Christ, le Sauveur de nos âmes.

Apostiches

Ta Résurrection, ô Christ Sauveur, / illumine tout l’univers, / en ta grâce tu rappelles ta propre création: / Seigneur tout-puissant, gloire à toi.

Par le bois de la croix / tu as annulé la malédiction méritée sous l’arbre défendu; / au sépulcre tu as détruit l’empire de la mort, / par ta Résurrection tu as illuminé le genre humain; / aussi nous te chantons: / Source de vie, ô Christ notre Dieu, gloire à toi.

Sur la croix où tu fus cloué, / ô Christ, tu altéras ta beauté de créature, / et les soldats se firent inhumains, / perçant de leur lance ton côté; / les pharisiens demandèrent que le tombeau fût scellé, / ne pouvant soupçonner ta puissance; / mais dans ton amour compatissant / tu acceptas d’être enseveli / et le troisième jour tu es ressuscité, Seigneur; gloire à toi.

Ô Christ, Source de vie / qui as bien voulu souffrir pour les mortels, / aux Enfers tu descendis avec toute ta puissance / pour en arracher par la force de ton bras / ceux qui y séjournaient dans l’attente de ta venue / et tu leur donnas d’habiter non l’Enfer mais le Paradis; / et nous qui glorifions ta Résurrection le troisième jour, / accorde-nous le pardon de nos péchés / et la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Merveille inouïe surpassant toutes les merveilles de jadis: / nul n’avait vu jusqu’alors une mère enfanter virginalement / et porter dans ses bras celui qui embrasse toute la création; / cet enfantement est voulu par Dieu, / et puisque tu l’as porté dans tes bras comme un enfant / et que devant lui tu possèdes l’assurance d’une mère, / ô Vierge pure, intercède en notre faveur / pour le salut de nos âmes.

Tropaire

Lorsque tu es descendu vers la mort, immortelle Vie, / l’Enfer fut renversé par la splendeur de ta divinité, / et lorsque tu ressuscitas les morts / qui gisaient au fond du tombeau, / tous les Anges dans les cieux se mirent à chanter: / Gloire à toi, Source de vie, ô Christ notre Dieu.

Tes mystères dépassent tous l’entendement / et tous, ils sont glorieux, ô Mère de Dieu: / vierge et sainte, tu l’es sans faille demeurée, / et mère, tu le fus véritablement lorsque tu mis au monde le vrai Dieu. / Intercède auprès de lui pour qu’il sauve nos âmes.

LE SAMEDI SOIR À COMPLIES

Canon à la Mère de Dieu, «que chantent / ceux qui se trouvent dans l’oppression, les épreuves, le chagrin».

Ode 1

Dans l’abîme jadis fut culbutée / par la puissance invincible / toute l’armée de Pharaon, / et maintenant le Verbe fait chair / a supprimé le poids de nos péchés, / le Seigneur que nous glorifions, car il s’est couvert de gloire.

Toi qui exauces facilement / tous ceux qui se trouvent en difficulté, / toi qui les aides dans l’affliction, / divine Mère, accorde-moi, dans ta bonté, / ta grâce, puisque j’ose te chanter, / notre Dame, joie de tous les affligés.

Souveraine, puisque tu possèdes abondamment / le trésor de la grâce, / vu le crédit que tu as auprès de Dieu, / par ta prière tire-moi du péché, / moi ton pauvre serviteur, / allégresse de tous les affligés.

Gloire: Délivre-nous de tous les ennemis, / des invisibles et de ceux que l’on peut voir, / nous qui nous réfugions auprès de toi, / divine Mère immaculée, / et renverse les complots / de ceux qui nous donnent l’assaut.

Maintenant: Éloigne, divine Mère, loin de moi / l’oppression que les hommes font peser sur moi, / éloigne également, je t’en prie, / les calomnies de mes assaillants, / afin que de tout cœur je glorifie / le Seigneur que tu as allaité.

Ode 3

Seigneur, affermis nos cœurs en ton amour, / toi qui sur la croix fis disparaître le péché, / et plante la crainte de ton nom / dans les cœurs de ceux qui te louent.

Souveraine toute-digne de nos chants, / renverse les vains assauts de l’ennemi; / par tes prières ne cesse pas / de nous garder, nous qui voulons te louer.

Regarde-moi d’un œil compatissant / et délivre-moi de tous mes assaillants: / ennemis visibles et invisibles, / par ta lumière aveugle-les.

Gloire: Les funestes incursions des ennemis / qui cherchent à nous détruire constamment, / ô Vierge, comme un feu brûlant, / éteins-les sous la rosée de tes prières.

Maintenant: Toi le rayon toujours brillant, la lampe qui ne s’éteint, / alors que la nuit de l’affliction m’étreint, / éclaire-moi par ton intercession, / puisque tu as enfanté le Soleil de gloire, le Christ.

Ode 4

Ta voix, Seigneur, il l’entendit, / celui que tu nommas "Voix criant dans le désert", / quand sur les eaux innombrables tu tonnas / pour rendre témoignage à ton Fils; / tout entier possédé par l’Esprit qui descendait, /il s’écria: Tu es le Christ, / sagesse et puissance de Dieu.

Passerelle du salut, notre ferme protection, / toi dont la prière ne dort pas, nous te prions: / compatissant, vois notre extrême chagrin, / nos souffrances, notre affliction, / notre douleur et, te laissant toucher, / divine Mère, visite-nous / pour nous rendre l’allégresse promptement.

Notre Dame, nous ne sommes pas exclus / de ton secours au milieu de l’affliction; / hâte-toi donc de nous aider encore maintenant, / dans la tempête du malheur tendant vers nous ta main; / divine Mère immaculée, / dans nos souffrances montre-nous ta compassion / pour nous rendre l’allégresse promptement.

Gloire: En toi les iniques n’espèrent pas, / mais ils comptent sur leur langue de beaux parleurs, / sur leurs langues humaines répandant la calomnie, / eux qui rugissent après leur proie, / prêts à verser injustement, / Vierge pure, le sang de leur prochain, / mais par toi leurs crocs seront brisés.

Maintenant: Abaisse le front dressé des ennemis, / leurs desseins grandiloquents / et leur méchanceté, / leur cœur méditant chaque jour le mal contre moi; / à ceux qui t’invoquent, ô Mère de Dieu, / accorde d’être forts et victorieux, / pour leur rendre promptement l’allégresse.

Ode 5

Celui qu’Isaïe prophétisa comme un charbon ardent, / le Soleil de justice, s’est levé d’un sein vierge / sur ceux qui gisaient dans les ténèbres de l’erreur / pour leur donner la science et la lumière de Dieu.

Toi dont l’intercession ne déçoit pas, / pleine de grâce et espérance des chrétiens, / sans cesse nous t’invoquons et te prions: / accepte les prières qui viennent de nous.

En toi, Vierge pure, nous reconnaissons / la source dont s’est écoulée la Vie, / et nous te disons bienheureuse, nous les terrestres qui avons / puisé le flot de l’immortalité.

Gloire: Contre nous l’ennemi funeste s’est armé: / de sa langue comme glaive il pense nous tuer, / mais par ta puissance préviens-le, / toi la Génitrice de Dieu.

Maintenant: Qui donc asséchera cet océan / de secours que ta puissance peut nous fournir? / Aussi, dans les épreuves que nous traversons, / nous te prions de venir promptement à notre aide.

Ode 6

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

Tu es celle qui nous garde en pureté: / à ceux qui t’invoquent montre-toi dès maintenant / et de toute épreuve, divine Épouse, sauve-nous.

Renverse les machinations de l’ennemi, / arrête les injustes accusations, / Vierge bénie, délivre de l’affliction les innocents.

Gloire: Enfermés dans le cercle du péché, / ballottés au gré de nos passions, / sous ta divine protection nous cherchons refuge, Mère du Christ notre Dieu.

Maintenant: Sans connaître d’homme ayant mis au monde le Seigneur, / tu t’es montrée vierge même après l’enfantement: / étonnante merveille qui s’opère en toi, sainte Épouse de Dieu.

Cathisme

Fervente avocate, inexpugnable rempart, / source de miséricorde et refuge de l’univers, / vers toi nous crions sans répit: / Mère de Dieu et Souveraine, empresse-toi, / délivre-nous de toute adversité, / car seule tu te hâtes d’accorder ton secours.

Ode 7

Afin de clairement préfigurer, / ô Christ, ton glorieux et virginal enfantement, / dans la fournaise tu n’as pas laissé se consumer / les Jeunes Gens qui entonnèrent pour toi ce chant: / Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Quelle tendresse, Vierge pure, dans ton cœur: / tu mets fin aux immenses peines, à tout chagrin, / pour ceux qui t’invoquent dans l’inquiétude et le danger; / viens donc en aide encore maintenant, / Vierge bénie, aux fidèles qui te louent.

Montre-nous, autant que tu le peux, / en tant que Mère de Dieu, ton prompt secours; / de tout cœur nous te le demandons / avec des larmes et nous prosternant devant toi: / hâte-toi d’apaiser notre affliction et nos douleurs.

Gloire: La bouche des hommes, comme celle des lions féroces, / plus profonde qu’une tombe s’est ouverte devant moi / pour m’engloutir cruellement; / mais toi, l’espérance des sans-espoir, / terrasse leur puissance, divine Mère bénie.

Maintenant: Les ennemis, voyant cela, soient confondus, / qu’ils comprennent et qu’ils voient / la puissance qui pour nous combat contre eux: / fais-les descendre dans la fosse, au plus profond, / espérance des sans-espoir, ô Vierge bénie.

Ode 8

Jadis à Babylone la fournaise ardente a divisé la force de son action / et, sur l’ordre de Dieu, / elle consuma les Chaldéens, / mais répandit la rosée sur les fidèles qui chantaient: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Allégresse du monde et refuge des chrétiens, / divine Génitrice, empresse-toi de compatir; / ta grâce, accorde-la promptement, / car nous sommes dans l’affliction; / en ta bonté, viens secourir tes serviteurs.

L’assemblée des ennemis de Dieu, / comme jadis Achitophel, a réuni contre nous / un vain conseil, mais nous te demandons / de l’anéantir par ton intercession / en abattant leur puissance, ô Mère de Dieu.

Gloire: Ceux qui t’invoquent, divine Mère, de tout cœur, / au milieu de l’affliction, / des diverses maladies / et des funestes maux, exauce-les promptement / et par tes prières sauve-les constamment.

Maintenant: Afin que sur terre fût glorifié ton nom, / celui qui, au sortir de ton sein, a brillé comme Soleil / aux pécheurs t’a donnée comme rempart, / comme ferme espérance et, pour cela, / c’est par toi que tout vivant recourt à Dieu.

Ode 9

Toute langue hésite à prononcer l’éloge digne de toi / et l’esprit le plus céleste éprouve le vertige à te chanter, Mère de Dieu; / mais, dans ta bonté, reçois l’hommage de notre foi / et l’élan de notre amour qui monte vers toi, / car tu es la protectrice du peuple chrétien: nous te magnifions.

Que soit close toute langue méditant le mal, / que se taisent les lèvres des menteurs, / celles qui disent injustement l’iniquité contre le juste, / avec arrogance et jalousie; que donc se taisent les ennemis, / divine Mère, par ton intercession et celle des Saints.

Nous t’invoquons, Mère vigilante dans l’intercession, / nous tous qu’étreignent la douleur et l’affliction, / te disant: Vierge pure, sauve promptement / de tout mal tes serviteurs, puisqu’après Dieu / nous n’avons d’autre protectrice que toi.

Gloire: L’immense refuge des désespérés, / le havre serein des naufragés de cette vie, / c’est toi, notre Dame, et vers toi nous accourons: / Mère de la vie véritable, ne nous déçois pas, / mais que, te rendant grâces de tout cœur, nous puissions te magnifier.

Maintenant: Vierge pure, agrée ce chant divin, / accordant ta grâce à qui espère en toi, / fais descendre la paix sur les Églises en tout temps, / donne à ton peuple d’être victorieux, / afin que toute nation chrétienne te puisse magnifier.

OFFICE DE MINUIT

Ode 1

Dans l’abîme jadis fut culbutée / par la puissance invincible / toute l’armée de Pharaon, / et maintenant le Verbe fait chair / a supprimé le poids de nos péchés, / le Seigneur que nous glorifions car il s’est couvert de gloire.

L’unique et triple majesté, / la nature suprême / de la divinité, / par nos hymnes chantons-la et disons-lui: / Source inépuisable de miséricorde, / garde tes adorateurs et sauve-les dans ton amour.

Ô Père, la source et la racine / où s’origine la divinité / du Fils et de l’Esprit, / fais que sourde sur mon cœur / ta lumière au triple feu / pour que je brille aussi de ta divine clarté.

Unique Dieu suprême au triple éclat, / de mes passions et manquements / dissipe toute la noirceur / par la douce communion / de tes rayons, et fais de moi / le temple immaculé de ton inaccessible gloire.

Le fleuve qui roulait jadis / notre nature naufragée / cascadant vers le tombeau, / le Verbe, ô Vierge, né de toi / en son amour l’a refoulé, / nous révélant la lumineuse Trinité.

Ode 3

Tu m’as affermi sur la pierre de la foi, / tu m’as fait triompher devant mes ennemis, / et mon esprit exulte de joie en chantant: / Nul n’est saint comme toi, ô notre Dieu, / nul n’est juste comme toi, Seigneur.

Dieu suprême, en l’unité de ta nature / je te glorifie en trois personnes également; / étant la vie et le principe de la vie, / sans union tu es l’Un et notre Dieu: / nul n’est saint comme toi, Seigneur.

Les Ordres célestes, incorporels, / tu les as placés comme miroirs de ta beauté, / Trinité, indivisible royauté, / pour te célébrer et te chanter sans fin: / de nos bouches souillées reçois aussi la louange.

Affermis sur la pierre de la foi, / élargis, Seigneur, en l’océan de ton amour / le cœur et la pensée de tes serviteurs, / Unité au triple feu qui vraiment es notre Dieu: / en toi nous espérons et ne serons point confondus.

Celui qui donne l’être à toute chair, / à la création la puissance d’exister, / en ton sein veut naître, ô Vierge, par amour / et pour tous se lève, lumière aux trois soleils / de l’unique et divine Seigneurie.

Cathisme

Lorsqu’à l’origine, Seigneur, tu fis Adam, / en ta miséricorde tu dis au Verbe hypostasié: / Faisons l’homme à notre image et ressemblance / et l’Esprit saint était là pour les aider; / Créateur et notre Dieu, nous te crions: gloire à toi!

Lorsque le Seigneur daigna descendre jusqu’à nous, / il habita tes entrailles immaculées; / grâce à toi, ô Vierge, il sauva le genre humain, / lui accordant le royaume des cieux; / sainte Mère de Dieu, nous te crions: réjouis-toi!

Ode 4

Je te chante, Seigneur, car j’ai ouï ta voix / et suis rempli d’effroi / car jusqu’à moi tu es venu, / vers la brebis perdue que tu cherchais / et c’est pourquoi je glorifie / ta condescendance envers moi.

Unique et éternelle Trinité, / les Anges incorporels / ne peuvent eux-mêmes te saisir: / que dire alors de nous qui célébrons / de nos lèvres impures ta bonté sans fin / et dans la foi te glorifions?

Étant le créateur du genre humain, / Seigneur tout-puissant, / tu peux voir dès maintenant / dans ton omniscience mon infirmité: / prends en pitié ton serviteur / et conduis-moi vers la meilleure des vies.

De l’unique et suprême Dieu chantons / les trois Visages sans confusion / comme personnes possédant / séparément leurs particularités, / mais inséparablement unies / dans leur vouloir et leur divine gloire.

En toi le Créateur a découvert / son temple immaculé, / toujours-vierge Mère de Dieu, / l’unique en tous les siècles: / en toi il demeura pour transformer / dans son amour la nature humaine.

Ode 5

Lumière de qui se trouve en la ténèbre, / ô Christ sauveur, salut des sans-espoir, / devant toi je veille, Prince de la paix: / illumine-moi de tes rayons; / je ne connais point d’autre Dieu que toi.

Sur tout être déployant totalement / les rayons pacifiques / de ta providence et ton salut, / en ta paix conserve-moi, ô mon Roi, / toi qui es la vie de tout l’univers.

À Moïse tu apparus dans le buisson / sous forme de feu, / Verbe du Père, et sous le nom d’Ange de Dieu, / pour montrer clairement ta présence parmi nous / et annoncer le triple règne de ton unique divinité.

Trinité sainte, unique majesté / d’où rayonne sans fin la commune gloire partagée, / à qui te chante en la vraie foi / laisse voir l’unique et éternel reflet / de ta gloire au triple éclat.

Le Verbe Dieu, par essence souverain / de tous les siècles, a pris place dans ton sein / ineffablement, ô Vierge Mère, / pour rappeler les hommes en l’unité / de la divine Seigneurie.

Ode 6

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

Triple Soleil, qui veux la miséricorde, prends pitié: / de leurs péchés, de leurs passions et des dangers / délivre tes serviteurs qui se fient en toi.

Dans l’ineffable océan de ta bonté / accorde-moi la lumineuse irradiation / de ton inaccessible clarté, / Divinité au triple feu.

De toi, ô Vierge, le Très-Haut / se fit homme, et revêtit entièrement / la nature humaine / pour me faire luire de lumière au triple éclat.

Cathisme

Océan de la miséricorde infinie, / accueille-nous, Seigneur de compassion; / regarde vers le peuple te glorifiant, / reçois les hymnes des fidèles qui te prient; / unique et éternelle Trinité, / en toi nous mettons notre espoir, / Dieu de tous, accorde-nous le pardon de nos péchés.

La Source de miséricorde, tu l’as enfantée, / Mère de Dieu, trésor de compassion; / tu es l’unique protection des fidèles, / la seule consolation des affligés; / nous tous, les fidèles, nous prosternons devant toi / pour trouver la fin de nos peines, car tu es pour nous le secours.

Ode 7

Les jeunes Gens, méprisant le culte impie / de la statue d’or élevée / dans la plaine de Doura, / au milieu des flammes psalmodiaient, / couverts d’une fraîche rosée: / Béni sois-tu, Dieu de nos pères!

Sans cesse tu diriges les armées des cieux / vers l’immutabilité, / seule immuable, ô Trinité; / en tout temps fais que mon cœur également / demeure exempt de changement / pour te chanter et pieusement te glorifier.

Les chœurs des Anges sont illuminés / de tes purs rayons, / Dieu unique au triple feu; / à leur tour ils portent ta lumière: / fais que je devienne aussi de ta splendeur / le miroir portant l’image au triple éclat.

Sans cesse conduis-nous, élève vers les cieux / ceux qui t’aiment, Seigneur, / car en ton amour tu as voulu / t’incarner dans les entrailles d’une Vierge / pour que l’homme soit divinisé / et siège avec le Père sur le trône de sa gloire.

Ode 8

Méprisant la statue d’or, les jeunes Gens / trois fois heureux contemplaient / l’Icône immuable et vivante de Dieu; / au milieu des flammes ils entonnaient ce chant: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Inaccessible Trinité, coéternelle Majesté, / immuable en l’unité / mais diverse en ses aspects, / apaise la malveillance de l’Ennemi / et l’assaut que livrent les Démons, / me gardant irréprochable, ô Seigneur de l’univers.

Triple Soleil que nul ne peut cerner, / avec sagesse, Dieu tout-puissant, / tu disposas le monde et le gardes dans un ordre parfait; / en mon cœur viens demeurer / pour que sans cesse je te chante et glorifie / avec les chœurs des Anges dans tous les siècles.

Sagesse du Père que nul ne peut saisir, / ineffable Verbe de Dieu, / sans changement pour ton immuable divinité, / tu assumas la nature humaine dans ta compassion / et nous appris à servir l’unique Trinité / en sa seigneurie sur tous les siècles.

Ode 9

L’astre divin qui avant l’aurore s’est levé / et vécut parmi nous / corporellement, / de tes entrailles virginales / tu lui donnas corps ineffablement: / Vierge bénie et Mère de Dieu, nous te magnifions.

De la Lumière sans commencement / le Fils, Lumière coéternelle, s’est levé / et, Lumière consubstantielle, procède l’Esprit saint / ineffablement, divinement: / sans semence l’un est engendré, / ineffable est du second la procession.

Illumine le cœur de qui te loue, / Divinité, du triple feu de ta clarté; / donne-nous l’intelligence / pour comprendre tes merveilleux desseins, / accomplir ta parfaite volonté, / chanter ta grandeur et ta gloire.

Ô Dieu qui par nature es infini, / dont la miséricorde est comme l’océan, / comme tu as eu pitié de nous, / Trinité, regarde encor tes serviteurs / et délivre-nous de nos péchés, / des tentations et des périls.

Sauve-moi de l’épreuve et de tout mal, / Seigneur mon Dieu célébré en trois personnes, / Dieu unique et tout-puissant / qu’ineffablement nous invoquons: / sauvegarde ton troupeau / par les prières de la Mère de Dieu.

LE DIMANCHE MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Le noble Joseph, lorsque de la croix / il eut descendu ton corps immaculé, / l’enveloppa d’un linceul blanc / et l’embauma de précieux parfums / et pour sa sépulture il le déposa / dans un tombeau tout neuf; / mais le troisième jour tu es ressuscité, Seigneur, / accordant au monde la grande miséricorde.

Près du sépulcre un Ange du Seigneur / apparut aux Myrophores et leur dit: / Aux morts conviennent la myrrhe et les aromates; / le corps du Christ est affranchi de toute corruption; / chantez plutôt: il est ressuscité, le Seigneur, / accordant au monde la grande miséricorde.

Plus que toutes comblée de gloire, / nous te chantons, ô Mère de Dieu; / la mort fut mise à mort et l’Enfer terrassé / par la Croix de ton Fils; / de la mort il nous a fait ressusciter, / nous accordant la vie éternelle; / le Paradis nous est offert de nouveau / pour y jouir comme autrefois; / aussi dans l’action de grâce nous glorifions / l’amour et la puissance du Christ notre Dieu.

Cathisme II

Toi qui n’as pas empêché que fût scellée / la pierre du tombeau, / tu nous donnas le roc de la foi / par ta Résurrection; ô Seigneur, gloire à toi.

Le chœur de tes Disciples s’unit / à celui des Myrophores dans la joie; / avec elles tous ensemble nous célébrons / cette fête pour glorifier ta sainte Résurrection; / par leurs mérites, Seigneur ami des hommes, nous te prions: / accorde à ton peuple la grande miséricorde.

Tu es toute-bénie, Vierge Mère de Dieu, / car celui qui a pris chair de toi a triomphé de l’Enfer; / par lui Adam et Ève furent délivrés de la malédiction; / la mort fut mise à mort et nous avons été vivifiés; / c’est pourquoi nous élevons la voix pour chanter: / Béni sois-tu, ô Christ notre Dieu qui l’as voulu ainsi! Gloire à toi.

Hypakoï

Les femmes au sépulcre s’étaient rendues / après la passion, pour embaumer ton corps: / elles virent des Anges dans le tombeau / et furent saisies de frayeur, car ils dirent: Le Seigneur est ressuscité / pour accorder / au monde la grande miséricorde.

Ceux qui vivent selon Dieu, / qu’ils ne tendent vers le crime leurs mains, / car le Christ ne laisse pas tomber / son héritage sous le sceptre des impies.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Toute sagesse prend source en l’Esprit saint, / par lui la grâce aux Apôtres est donnée, / par lui les Martyrs sont couronnés dans les combats / et les Prophètes reçoivent leurs visions.

Prokiménon, ton 2: Éveille-toi, Seigneur, défends ma cause au jugement: et l’assemblée des peuples fera cercle autour de toi.

Verset: Seigneur mon Dieu, en toi j’espère, sauve-moi.

Ode 1

Dans l’abîme jadis fut culbutée / par la puissance invincible / toute l’armée de Pharaon, / et maintenant le Verbe fait chair / a supprimé le poids de nos péchés, / le Seigneur que nous glorifions, car il s’est couvert de gloire.

Pour n’avoir pas suivi ton commandement, / devant le Prince de ce monde / nous fumes assignés, / mais ta Croix l’a mis en jugement; / t’ayant frappé comme un mortel, lui-même il chancela, / convaincu de faiblesse, sous la force de ton bras.

Rédempteur du peuple des mortels, / Prince de vie éternelle, / dans le monde tu entras; / par ta Résurrection tu as brisé les liens de la mort / et tous ensemble nous la glorifions: / car tu t’es couvert de gloire.

Vierge pure, tu es apparue / plus haute que toute créature / invisible ou que l’on voit, / car tu enfantas le Créateur / quand il s’est plu à prendre chair en ton sein: / intercède auprès de lui pour le salut de nos âmes.

* * *

Parcourant au profond de l’océan / une voie nouvelle, / non frayée, sans se mouiller, / Israël ton bien-aimé s’écria: / Chantons le Seigneur, car il s’est couvert de gloire.

Ô Christ, par ta passion selon la chair / tu devins puissance des faibles, / relèvement pour les déchus / et pour les morts vie incorruptible, / car tu t’es couvert de gloire.

De son image déchue il prend pitié, / et son icône brisée, il la relève désormais, / lui le Créateur et le rénovateur; / mis à mort, à tous il rend la vie, / car il s’est couvert de gloire.

* * *

L’échelle immatérielle de jadis, / le chemin de la mer par miracle mis à sec / préfigurent ton enfantement, / Vierge pure, et nous le célébrons, / car il s’est couvert de gloire.

En personne, la puissance du Très-Haut, / la parfaite Sagesse de Dieu hypostasiée, / Vierge pure, ayant pris chair en toi / est demeurée parmi les mortels, / car il s’est couvert de gloire.

Le Soleil de justice a pénétré / par la porte infranchissable de ton sein; / par la porte close il est passé / pour illuminer le monde entier, / car il s’est couvert de gloire.

Ode 3

Comme un lis a fleuri le désert et de même fleurira / l’Église stérile des nations, à ton avènement, Seigneur: / en lui mon cœur s’est affermi.

En ta Passion fut renversée la création, / voyant comme un esclave outragé par les impies / le Dieu qui d’un geste fonda l’univers.

De terre ta main m’a façonné à ton image, / mais lorsque le péché m’a brisé comme vase / et ramené à la poussière du tombeau, / Christ, tu descendis aux Enfers / pour que je ressuscite avec toi.

Les Anges furent pris d’étonnement, / les Hommes s’émurent en ton enfantement: / et nous, fidèles, te vénérons comme la Mère de Dieu.

* * *

Voici qu’est fracassé l’arc des puissants / par ta force, ô Christ, et les faibles désormais / ont pour ceinture ta puissance.

À peine au-dessous des Anges fut-il abaissé, / le Christ qui domine l’entière création, / lors de sa passion selon la chair.

Mis à mort au nombre des impies, / devant les saintes femmes tu parus, resplendissant, / couronné de gloire par ta Résurrection.

* * *

Celui qui surpasse tous les temps, puisqu’il en est l’Auteur, / en ton sein, ô Vierge, volontairement / s’est laissé former comme un enfant.

Chantons le sein plus vaste que les cieux: / Adam, par lui, dans l’allégresse est devenu / citoyen de la patrie céleste.

Ode 4

Tu es issu de la Vierge non comme un ange ou un ambassadeur, / mais comme le Seigneur revêtu de notre chair, / tu as sauvé tout mon être; / c’est pourquoi je te crie: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Au tribunal de Caïphe tu parais en accusé, / sans élever la voix, ô Maître des nations: / sur elles tu prononces un jugement, / c’est le salut que pour le monde tu as opéré / par tes Souffrances, Seigneur.

L’Ennemi lâcha son glaive en ta Passion / et lors de ta descente vers l’Enfer / les cités rebelles furent démolies / et l’audace du tyran / fut renversée par ta Croix.

Nous les fidèles, nous reconnaissons en toi, / ô Mère de Dieu, le havre du salut, / la forteresse inébranlable; / ô notre Dame, par ton intercession / délivre nos âmes de tout danger.

* * *

Seigneur, j’ai su ton œuvre de salut, / Ami des hommes, j’ai glorifié / ta merveilleuse puissance.

Te voyant cloué sur une croix, / ô Christ, la Vierge qui sans peines t’enfanta / subit alors les douleurs d’une mère.

Un mort a dépouillé les portes de l’Enfer, / la Mort échoue, l’Hadès est abattu, / j’hérite tous les biens surnaturels.

* * *

Voici qu’est exaltée aux yeux de tous / la divine montagne, la demeure du Seigneur, / au-dessus des Puissances, la Mère de Dieu.

Ô Vierge toute-digne de l’appel divin, / tu as seule enfanté le Roi de l’univers, / dépassant la nature et ses lois.

Ode 5

Tu es devenu le médiateur entre Dieu et les hommes, ô Christ notre Dieu: / par toi, ô Maître, nous avons quitté la nuit de l’ignorance / pour aller vers ton Père, source des lumières, / auprès duquel nous avons accès désormais.

Comme un cèdre, ô Christ, tu as brisé / l’orgueil des ennemis lorsque tu as bien voulu, / Seigneur, être élevé dans ta chair / sur le pin, le cèdre et le cyprès.

En la fosse, Christ sauveur, on déposa ton corps sans vie, / mais par tes plaies tu as guéri / les blessés oubliés dans les tombeaux / qui dormaient dans l’attente de ta Résurrection.

Vierge pure, prie ton Fils et ton Seigneur / d’accorder aux captifs / dans l’adversité leur rédemption / et la paix à qui se fie en ton secours.

* * *

Celui qu’Isaïe prophétisa comme un charbon ardent, / le Soleil de justice, d’un sein vierge s’est levé / sur ceux qui gisaient en la ténèbre de l’erreur / pour leur donner la science et la lumière de Dieu.

Refusant le jeûne, le premier Adam / mangea le fruit de l’arbre et en mourut; / mais son péché, le nouvel Adam / l’effaça sur le bois de la croix.

Tu t’es soumis à la souffrance et à la mort, / toi l’impassible Dieu qui étais immatériel; / tu donnas aux morts la vie incorruptible / lorsque de l’Enfer tu les ressuscitas avec toi.

* * *

Nuées, répandez la douce joie / sur cette terre où un enfant nous est donné: / le Dieu d’avant les siècles / qu’un sein vierge a fait paraître en notre chair.

La lumière a lui sur ma vie charnelle / et il effaça la tristesse du péché, / le Très-Haut qui en ces derniers temps / sans semence, a pris corps de la Vierge.

Ode 6

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme / insondable de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

Comme larron le juste est condamné, / avec l’impie sur la croix il est cloué, / lui qui nous rachète par son propre sang.

Un seul homme, le premier Adam, / fit entrer la mort dans le monde autrefois; / un seul aussi nous montre la résurrection: / c’est le Fils de Dieu.

Ô Vierge, sans connaître d’homme tu conçus / et demeurant vierge, tu révélas bien clairement / la divinité de ton Fils et ton Dieu.

* * *

Ô Maître, exauce la prière et la supplication / que mon âme exhale en la détresse et la douleur, / pour que tu la sauves des dangers, / car tu es l’unique source de notre salut.

Après la chute, tu plaças les Chérubins / pour garder l’arbre de vie, / mais les portes, ils les ouvrirent en te voyant / introduire au Paradis le bon Larron.

L’Enfer devint désert et pauvre par ta mort, / car le trésor qu’il avait accumulé, / toi seul, ô Christ, l’en as spolié / en faveur de nous tous.

* * *

La nature humaine, esclave du péché, / grâce à toi fut affranchie, Souveraine immaculée, / car ton Fils comme un agneau / fut immolé pour nous tous.

Ensemble nous t’invoquons en toute vérité / comme la Mère de Dieu: délivre donc tes serviteurs; / seule tu possèdes auprès du Fils / l’assurance d’une mère.

Kondakion

Lorsque tu es ressuscité du tombeau, Sauveur tout-puissant, / l’Enfer à la vue de ce miracle fut saisi de frayeur; / les morts se sont levés et, te voyant, la création partage ta joie, / Adam s’unit à l’allégresse; / et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Ikos

Lumière de qui se trouve en la ténèbre, / tu es l’universelle Résurrection; / aux hommes tu apportes la vie, / les fidèles ressuscitent avec toi; / Sauveur, tu dépouilles l’empire de la mort, / Verbe, tu brises les portes de l’Enfer; / la vue de ce prodige émerveille les mortels / et toute créature en ta Résurrection se réjouit; / nous tous, Ami des hommes, nous glorifions / et célébrons ta condescendance; / et le monde, ô mon Sauveur, te chante pour toujours.

Ode 7

Sur l’ordre impie d’un injuste tyran / la flamme s’éleva très haut, / mais le Christ a répandu sur les jeunes gens / la rosée de l’Esprit saint: / à lui bénédiction et haute gloire!

Ô Maître, dans ta compassion / tu n’as pas souffert de voir l’homme esclave de la mort, / mais tu es venu et t’es fait homme, / par ton propre sang tu l’as sauvé: / à toi bénédiction et haute gloire!

Te voyant dans l’habit du justicier, / les portiers d’Enfer, Seigneur, ont tressailli, / car tu es venu soumettre comme un serf / celui qui nous tyrannisait: / à toi bénédiction et haute gloire!

En toi nous reconnaissons le Saint des saints, / qui seule as enfanté le Dieu sans changement, / Vierge sans souillure et Mère inépousée, / tu fis jaillir pour tous l’incorruptible vie / en mettant au monde notre Dieu.

* * *

Les jeunes Gens se muèrent en rhéteurs, / car du fond de leur cœur / versé en la sagesse de Dieu / s’éleva jusqu’à leurs lèvres ce chant: / Dieu de nos pères et le nôtre, Seigneur, tu es béni.

Le premier père jadis au Paradis / fut condamné pour avoir désobéi; / mais il a voulu passer en jugement, / celui qui de sa faute a libéré Adam, / le Dieu de nos pères et Seigneur de haute gloire.

Tu as sauvé celui qui en l’Éden / fut empoisonné par la langue du Serpent / et la morsure qu’il avait cherchée, / tu l’as guérie en acceptant la croix, / Dieu de nos pères et Seigneur de haute glaire.

Tandis que je marchais en l’ombre de la mort, / tu m’as rappelé vers ta lumière et ton salut, / et le ténébreux Enfer, / tu le foudroyas par ta divinité, / Dieu de nos pères et Seigneur de haute gloire.

* * *

Comme en figure Jacob vit dans la nuit / le Dieu de gloire incarné dans notre chair; / né de toi, il a paru de fait / comme un phare aux yeux de qui l’appelle / Dieu de nos pères et Seigneur de haute gloire.

Figure de l’ineffable enlacement / par lequel en toi, ô Vierge immaculée, / il a voulu s’unir au genre humain, / le Très-Haut luttait avec Jacob, / le Dieu de nos pères et Seigneur de haute gloire.

Malheureux qui ne proclame pas / de bouche et de cœur, indubitablement / que toi, le Fils de la Vierge, / tu es l’Un de la très-sainte Trinité, / le Dieu de nos pères et Seigneur de haute gloire.

Ode 8

Jadis à Babylone la fournaise ardente a divisé la force de son action / et selon le décret divin / elle consuma les Chaldéens, / mais répandit sa rosée sur les fidèles qui chantaient: / Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Voyant ton vêtement de chair / empourpré de ton sang, les Anges dans le ciel, / saisis d’effroi devant ta longanimité, / en chœur se mirent à chanter: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Dieu de tendresse, en ta Résurrection, / d’immortalité tu habilles les mortels; / plein de joie, ô Christ, ton peuple élu / dans l’action de grâce chante devant toi: / Victoire! la mort est engloutie!

Le Dieu fait homme en ton sein a demeuré / sans être séparé de son Père dans les cieux; / sans semence, ô Vierge, tu l’as conçu, / ineffablement, ô Mère, tu l’as enfanté; / pour nous tous tu es vraiment le salut.

* * *

Méprisant la statue d’or, les Jeunes Gens / trois fois heureux contemplaient / l’Icône immuable et vivante / de Dieu; / au milieu des flammes ils entonnaient ce chant: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Trésor de grâce, on te cloua sur une croix, / tu te laissas mettre au tombeau / et ressuscitas le troisième jour, / sauvant tous les fidèles qui te chantent: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

* * *

Verbe de Dieu, descendu au plus profond, / tu libéras de la mort / celui qu’en ta puissance tu formas; / à ta gloire, ô Christ, tu lui fais prendre part / pour qu’il chante: L’entière création / te bénisse et t’exalte dans tous les siècles!

Par toi, ô Vierge, sur terre il a paru, / avec les hommes il conversa, / riche en puissance et en bonté, / et nous fidèles, nous crions en chœur: / Que toute créature chante le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Hautement nous te proclamons et glorifions / comme la Mère de Dieu, toi qui dans la chair as enfanté / l’Un de la sainte Trinité / qu’avec le Père et l’Esprit saint nous célébrons en chœur: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Ode 9

Le Fils du Père sans commencement, notre Seigneur et notre Dieu, / ayant pris chair de la Vierge, / nous est apparu / pour illuminer les ténèbres / et rassembler ce qui était dispersé: / ô Mère de Dieu, toute digne de louange, nous te magnifions.

Trois fois heureux, le bois de ta précieuse Croix / sur le lieu du Crâne planté / comme au cœur du Paradis! / arrosé de sang et d’eau / par la source de ton flanc divin, / ô Christ, il fit fleurir notre vie.

Sur la croix tu renverses les puissants, / du fond de l’Hadès / tu relèves la nature humaine emprisonnée / pour la faire asseoir, ô Tout-puissant, / sur le trône de ton Père dans les cieux; / en elle un jour tu reviendras: / nous t’adorons et te magnifions.

Fidèles, chantons et glorifions dans la vraie foi / l’Unité en trois personnes, / la consubstantielle Trinité, / la nature divine, indivisible, / la lumière sans déclin brillant d’un triple feu, / la seule éternelle, qui répand sur nous sa clarté.

* * *

Le Verbe, vrai Dieu né du vrai Dieu, / qui dans son ineffable sagesse / est venu renouveler Adam, / après la chute mortelle occasionnée par le péché, / d’une Vierge sainte s’est incarné pour nous, / et nous, fidèles, d’un seul cœur le magnifions.

Agneau de Dieu, suspendu sur le Calvaire / à l’arbre de la Croix, au milieu de deux larrons, / quand la lance transperça ton côté / en ta bonté tu nous donnas la vie, / À nous qui sommes poussière / mais qui vénérons avec foi ta divine Résurrection.

Fidèles, prosternons-nous devant le Dieu / qui dans sa puissance a détruit / par sa propre mort l’empire de la Mort, / car avec lui il a ressuscité / les fidèles de toutes les générations, / leur accordant la vie et la résurrection.

* * *

Verbe de Dieu, doux objet de mon désir, / Fils de la Vierge, Dieu des dieux, / Seigneur plus saint que / tous les saints, / avec celle qui t’a mis au monde / tous ensemble nous te magnifions.

Un sceptre de puissance en ton sein nous est donné, / c’est le Verbe de Dieu qui a ressuscité / la nature défaillante glissant vers le tombeau; / c’est pourquoi, ô Vierge immaculée, / comme Mère de Dieu nous te magnifions.

Ô Maître, dans ta compassion / écoute celle que déjà tu as choisie: / que ta Mère soit notre avocate / pour que l’univers soit plein de tes bienfaits / et que tous ensemble nous te magnifiions.

Laudes

Tout ce qui vit et respire et toute la création / te glorifie, Seigneur, / pour avoir détruit la mort par ta croix, / montrant au monde ta Résurrection d’entre les morts / dans ton amour pour les hommes.

Que disent les Pharisiens / comment les soldats ont perdu le roi qu’ils gardaient / et pourquoi la pierre n’a pas retenu le roc de la vie! / qu’ils produisent le corps / ou adorent le Seigneur ressuscité / et disent avec nous: / Sauveur qui nous combles de ta miséricorde, gloire à toi.

Peuples, réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse! / Un Ange s’est assis sur la pierre du tombeau, / nous annonçant la bonne nouvelle en disant: / Le Christ, sauveur du monde, est ressuscité des morts, / de sa bonne odeur il a rempli l’univers; / peuples, réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse.

Au jour de ta conception / un Ange, Seigneur, / dit à la Pleine-de-grâce: Réjouis-toi! / Au jour de ta Résurrection / un Ange vint rouler / la pierre de ton sépulcre glorieux: / au lieu de la tristesse et de la mort / l’un portait des signes de joie, / l’autre annonçait le Seigneur source-de-vie; aussi nous te chantons: / Bienfaiteur de l’univers, gloire à toi.

* * *

Les saintes femmes répandirent / parfums et larmes sur ton sépulcre / et leur bouche s’emplit de joie en proclamant: / Le Seigneur est ressuscité!

Nations et peuples, louez le Christ notre Dieu / qui à voulu souffrir pour nous sur la croix / et demeurer trois jours dans le tombeau; / prosternez-vous devant sa Résurrection d’entre les morts: / par elle furent illuminés les confins de l’univers.

Tu acceptas la croix et le tombeau / selon ton bon vouloir, ô Christ; / et triomphant de là mort, / tu es ressuscité dans la gloire comme Dieu et Seigneur, / donnant au monde la vie éternelle / et la grande miséricorde.

Les impies qui scellèrent le tombeau / nous ont valu merveille plus grande encor; / les gardes le savaient bien: / « En ce jour, dirent-ils, le Christ est sorti du tombeau ». / Mais ils répondirent: « Publiez que pendant votre sommeil / les Disciples sont venus le dérober. » / Qui donc volerait un mort, / surtout lorsqu’il est nu? / Mais dans te divine puissance il est ressuscité, / laissant dans le sépulcre son linceul, / et sans briser les scellés, / il a triomphé de la mort, / accordant au genre humain / la vie éternelle et la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Eothinon Maintenant ...

Tu es toute-bénie, Vierge Mère de Dieu, / car celui qui a pris chair de toi a triomphé de l’Enfer; / par lui Adam et Ève furent délivrés de la malédiction; / la mort fut mise à mort et nous avons été vivifiés; / c’est pourquoi nous élevons la voix pour chanter: / Béni sois-tu, ô Christ notre Dieu qui l’as voulu ainsi! Gloire à toi.

LITURGIE

Béatitudes

Empruntant la voix du bon Larron, / ô Christ, nous te crions: / Souviens-toi de nous, Seigneur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

Ta Croix, nous te l’offrons: / pour la rémission de nos péchés, / Seigneur, tu l’as supportée / dans ton amour pour les hommes.

Ô Maître, nous adorons / ta Sépulture et ta sainte Résurrection: / par elles tu rachetas de la corruption, / Ami des hommes, le monde entier.

Seigneur, par ta mort / fut renversé l’empire de la Mort / et par ta sainte Résurrection / tu sauvas le monde, Dieu sauveur.

Au plus profond de l’Enfer / lorsqu’ils virent ta clarté, / ceux qui dormaient dans la ténèbre, / Christ, se levèrent ressuscités.

Ressuscité du tombeau, / tu vins au-devant des Myrophores / et les Disciples reçurent la mission / de proclamer ta Résurrection.

Gloire au Père ...

Glorifions le Père éternel, / prosternons-nous devant le Fils, / avec foi chantons tous / la louange du saint Esprit.

Maintenant ...

Réjouis-toi, Trône de feu, / réjouis-toi, Épouse inépousée, / réjouis-toi, Vierge qui enfantas / pour les hommes notre Dieu.

Lundi

LE DIMANCHE SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Donne-moi des pensées de repentir, / donne aussi du sentiment de componction / à ma pauvre âme le désir; / éveille-moi de mon sommeil, / change mon cœur endurci / et de ma paresse chasse l’obscurité, / dissipe la ténèbre du désespoir, / ô Verbe, afin que me reprenant, / je m’attache à toi désormais / et chemine selon ta volonté.

Ô Christ qui seul es indulgent, / Verbe, seul au-dessus de tout bien, / longanime et compatissant, / je me prosterne devant toi / et t’implore avec ferveur, / te suppliant et te criant: / Sauve-moi, j’ai péché, / sauve-moi dans ton amour / afin que dans l’action de grâce je te crie: / Accorde au prodigue que je suis, / Seigneur, le pardon de mes péchés / et désormais je marcherai / à la lumière de ta bonté.

Tous les péchés que j’ai commis / contre toi, ô mon Dieu, / en pensée, en parole, en action, / tous, je te les confesse maintenant, / car j’ai gaspillé tout le temps de ce jour / et dans le mal suis arrivé jusqu’au seuil de la nuit; / aussi je me prosterne devant toi, / criant: Seigneur et Sauveur, / j’ai péché contre toi; / pardonne-moi et sauve-moi.

* * *

Venez, par des hymnes célébrons / en des cantiques spirituels / les stratèges des armées d’en-haut; / de tous les Anges incorporels / deux Archanges dirigent les chœurs / et reçurent un nom tous les deux: / le prince de la grâce, c’est Gabriel, / tandis que l’exarque de la Loi / et des temps qui précédèrent Moïse, / ce fut Michel, le chef des Archanges.

Astre des Anges dans le ciel, / archistratège sans égal / des chœurs incorporels, / initiateur et premier annonciateur / des secrets mystères de Dieu, / bienheureux Michel, contemplateur de l’infini, / délivre, nous t’en prions, / de tout malheur et danger / ceux qui accourent vers toi; / car auprès du Seigneur / tu es pour nous le défenseur / qui sans cesse veille sur nous.

Stratège des Anges, réjouis-toi, / initiateur des ineffables secrets, / liturge de Dieu, / grand prince des chœurs incorporels, / archange Gabriel / plein de gloire et de renom; / car tu apparus en serviteur / des terribles mystères / du dessein le plus secret / lorsque tu vins nous annoncer / la condescendance infinie / du Seigneur Dieu envers le genre humain.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Voyant l’heure du châtiment, / je tremble au souvenir / de mes péchés si nombreux: / quelle défense présenter? / comment fuir la honte que me vaudra / la débauche de ma vie? / Dans les larmes je te crie: / Vierge sainte qui enfantas / ce très pur joyau qu’est le Christ, / purifie mon âme et sauve-moi.

Apostiches

Comme le Fils prodigue j’ai péché / contre toi, Sauveur: / Père, reçois mon repentir / et prends pitié de moi, ô mon Dieu.

Ô Christ mon Sauveur, / j’emprunte la voix du Publicain: / accorde-moi le même pardon / et prends pitié de moi, ô mon Dieu.

N’ayant point désiré les jouissances d’ici-bas, / les saints Martyrs ont obtenu les célestes trésors, / ils sont devenus concitoyens des Anges: / par leurs prières, Seigneur, / aie pitié de nous et sauve-nous.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Infranchissable Porte du Seigneur, / mystiquement scellée, / Mère de Dieu et Vierge bénie, / reçois nos prières pour les offrir / à ton Fils et ton Dieu / afin qu’il sauve nos âmes grâce à toi.

LE DIMANCHE SOIR À COMPLIES

Canon de Métrophane, ayant pour acrostiche: À la Mère de Dieu ce chant de Métrophane.

Ode 1

Dans l’abîme jadis fut culbutée / par la puissance invincible / toute l’armée de Pharaon, / et maintenant le Verbe fait chair / a supprimé le poids de nos péchés, / le Seigneur que nous glorifions, car il s’est couvert de gloire.

Celui qui prit de toi notre nature, le Soleil sans soir, / a fait de toi manifestement / un autre ciel resplendissant; / tire-moi donc des ténèbres des passions, / afin que je te chante avec amour, / toi l’unique mère vierge.

Toi la source de miséricorde, Tout-immaculée / qui as porté le Christ / et qui as ouvert l’Éden au genre humain, / ouvre-moi les portes de ta compassion, / m’accordant la rémission de mes péchés, / Souveraine du monde, sainte Mère de Dieu.

Gloire: Toi la pince ayant porté comme braise notre Dieu / afin de purifier / la nature des mortels, / je t’en prie, notre Dame, ôte la souillure de mes péchés, / et des passions m’avilissant, / par tes prières, sauve-moi.

Maintenant: Les entraves de mes fautes, brise-les, / toi le refuge de tous, / en priant ton Fils et notre Dieu, / et renverse la tyrannie que le péché / exerce sur moi, afin que, sauvé, je te glorifie / en tout temps, Mère toujours-vierge et tout-immaculée.

Ode 3

Tu m’as affermi sur la pierre de la foi, / tu m’as fait triompher devant mes ennemis, / et mon esprit exulte de joie en chantant: / Nul n’est saint comme toi, ô notre Dieu, / nul n’est juste comme toi, Seigneur.

La brume et les ténèbres de mes passions, / chasse-les grâce aux rayons de tes prières pour m’illuminer, / Dame toute-sainte ayant enfanté le Christ, / celui qui avant l’étoile du matin / par le Soleil fut engendré comme Soleil sans déclin.

Ô Vierge, sois pour moi le glaive flamboyant / consumant en mon âme les passions et le péché, / et fais de moi un autre paradis / gardé par toi de tout complot / et portant les fleurs de l’Esprit.

Gloire: Toute-pure, par ton enfantement / tu as relevé de la ruine où il était tombé / le temple de ton ancêtre David, ô Mère de Dieu; / relève donc aussi ton serviteur / brisé par les passions et le péché.

Maintenant: Mon âme rendue malade, Génitrice de Dieu, / par la paresse et les attaques des démons, / guéris-la et donne à mon cœur les larmes du repentir; / Toute-pure, plante en lui / la divine crainte du Seigneur.

Ode 4

Je te chante, Seigneur, car j’ai ouï ta voix / et suis rempli d’effroi, / car jusqu’à moi tu es venu, / vers la brebis perdue que tu cherchais, / et c’est pourquoi je glorifie / ta condescendance envers moi.

Vierge sainte, toi le pur levain / de la nature humaine, à partir duquel le Créateur, / assumant ce dont nous-mêmes étions pétris, / a renouvelé le genre humain, / efface en moi la souillure des passions / et de mes fautes purifie-moi.

Détache les entraves de mes passions, / notre Dame, brise les liens de mes péchés / avec le glaive de tes intercessions, / toi qui as enfanté le Christ / pour accorder la rédemption / aux captifs de l’Hadès.

Gloire: Utilisant tes prières comme pansements, / avec l’huile et l’émollient / de tes intercessions, / guéris les plaies de mon âme, les blessures du péché, / pure Souveraine qui as enfanté / pour notre nature son divin principe guérisseur.

Maintenant: Me voici dépouillé de tous les biens / et gisant dans le péché, / moi qui ai surpassé tous les déchus, / ceux de jadis et d’à présent; / pare-moi donc des premières vertus, / divine Épouse, et de mes vices délivre-moi.

Ode 5

Lumière de qui se trouve en la ténèbre, / ô Christ sauveur, salut des sans-espoir, / devant toi je veille, Prince de la paix: / illumine-moi de tes rayons; / je ne connais point d’autre Dieu que toi.

Comme de l’antique malédiction tu nous as sauvés, / toi qui as enfanté le Christ, la bénédiction, / Souveraine de l’univers, délivre-moi aussi / des pensées mauvaises et de toute affliction, / car toi seule tu es l’allégresse des croyants.

La terrible tempête des esprits mauvais / comme une trombe met le trouble dans mon cœur: / vite, empresse-toi de l’apaiser, / toi qui seule as enfanté le Timonier / de l’entière création, le Christ tout-puissant.

Gloire: Sur moi qui suis enfermé dans les ténèbres de perdition, / divine Génitrice, envoie la lumière de la conversion; / offre ta main secourable au gisant que je suis, / par tes prières éveille-moi / pour que j’accomplisse les préceptes divins.

Maintenant: La cité de mon âme est assiégée par une troupe de démons, / qui tente violemment de s’en emparer:/ toi la fameuse cité du Roi de tous, / notree Dame, protège-la / grâce aux tours de tes prières et sauve-moi.

Ode 6

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

Toute-pure ayant enfanté la vie éternelle / par tes prières mortifie la mort / qui veut passer de mon corps en mon âme.

Moi qui chemine par des voies tortueuses, / guide-moi vers le droit sentier, toi qui as enfanté / le chemin de vie, le Christ notre Dieu.

Gloire: Le dragon haïssant les hommes essaie de me tenter: / Souveraine ayant mis au monde celui qui a brisé / la tête des serpents, écrase-le.

Maintenant: Naviguant sur l’océan de cette vie, / je suis battu de tous côtés par les vagues d’immenses afflictions:/ aide-moi, Toute-sainte qui as enfanté le Timonier de l’univers.

Cathisme

Source de miséricorde, ô Mère de Dieu, / rends-nous dignes de ta compassion; / regarde vers le peuple pécheur, / manifeste ta puissance de toujours; / en toi nous mettons notre espoir / et te crions: Réjouis-toi! / comme le fit jadis l’archange Gabriel.

Ode 7

Les Jeunes Gens, méprisant le culte impie / de la statue d’or élevée / dans la plaine de Doura, / au milieu des flammes psalmodiaient, / couverts d’une fraîche rosée: / Béni sois-tu, Dieu de nos Pères.

Te sachant la porte du Soleil levant / qui s’est manifesté depuis le ciel, / je te prie, ô Vierge, moi ton serviteur, / pour que dans les cieux je puisse entrer grâce à toi; / accueille-moi donc et procure-moi / ta lumière pour me guider.

La source d’illumination / ayant pris naissance en toi, mystique Paradis, / abreuve la face de la terre: / c’est le flot de délices immatériel, / la grâce de l’Esprit saint issue de toi; / permets-moi d’y communier en abondance, moi aussi.

Gloire: Jadis la toison révéla d’avance / pour Gédéon ton sein devant porter / la céleste rosée qui désaltérerait / ceux qui étaient pris par la soif du péché, / Vierge bénie et toute-digne de nos chants, / qui dans la chair as enfanté notre Dieu.

Maintenant: Le Christ, ton Fils, en se laissant suspendre au gibet, / a triomphé des puissances ténébreuses, / il a détruit le pouvoir corrupteur de la mort; / c’est pourquoi, Souveraine tout-immaculée, / toi-même veuille mortifier / les désirs passionnés de ma chair.

Ode 8

Méprisant la statue d’or, les Jeunes gens, / trois fois heureux, contemplaient / l’Icône immuable et vivante de Dieu; / au milieu des flammes ils entonnaient ce chant: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Mon âme consumée par la flamme du péché, / ô Vierge, arrose-la de tes flots vivants, / divine Mère, et garde-moi sans cesse dans la componction, / afin que je puisse chanter avec foi: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles.

Tabernacle divinement construit / et possédant à l’intérieur / l’image de l’ancien temple pour accueillir / le grand et suprême Pontife en ton saint des saints, / ô Vierge, fais de mon cœur un tabernacle saint / du Christ, le très-haut Roi de tous.

Gloire: De ton sein, notre Dame, s’est détaché / comme de la montagne celui qui est / la pierre précieuse, Vierge immaculée, / et dans sa force unique, lui le Tout-puissant, / il a renversé la stèle de tout égarement; / fais donc disparaître de mon âme l’idole des passions / et brise les crocs des funestes dragons.

Maintenant: Arche divine ayant porté comme tables du Testament, / ô Vierge, ton propre Fils, le Christ, l’Incirconscrit, / le Verbe très-pur de notre Dieu, / par tes prières fais qu’il soit inscrit, / gravé sur les tablettes de mon cœur / par le doigt divin.

Ode 9

L’astre divin qui s’est levé avant l’aurore / et vécut parmi nous / corporellement, / de tes entrailles virginales / tu lui donnas corps ineffablement: / Vierge bénie et Mère de Dieu, nous te magnifions.

De toi, Vierge sainte; a pris un corps / celui qui a fondé comme Dieu / la nature des êtres incorporels; / du soulèvement des passions corporelles / et des pensées charnelles, par ton intercession, / délivre donc ton serviteur.

Ô Vierge, tu as fait lever / le Soleil de justice, le Christ, / et comme ciel resplendissant tu as paru; / dissipe donc la nuit de mes passions, / illumine mon âme de ta splendeur / et fais descendre ta lumière sur mon cœur.

Là où la foule des justes fait retentir sa joie / permets que moi, ton indigne serviteur, / je puisse un jour habiter; / pour cela ferme les yeux / sur la multitude de mes péchés, / toi qui as allaité celui qui enlève le péché du monde.

Gloire: Rends-moi justice, ô Marie, Mère de Dieu, / défends-moi contre le terrible accusateur, / délivre-moi de son accusation, / toi qui as enfanté le Juge juste et bon / qui, avec la balance de sa divinité, / a décrété la condamnation de la mort.

Maintenant: Pour la mère des vivants tu as fait cesser le deuil, / toi qui as mis au monde le nouvel Adam, / celui qui de nouveau a façonné la nature du premier; / délivre-moi de mes passions, / des épreuves et de l’affliction.

LE LUNDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Sur moi ont déferlé mes péchés / comme les vagues de la mer / et comme un esquif sur l’océan / je suis balayé par la houle d’iniquité; / Seigneur, conduis-moi vers le havre de paix / et sauve-moi en me ramenant jusqu’à toi.

Je suis l’arbre stérile, Seigneur, / je ne porte pas le fruit du repentir, / je crains la cognée et le feu qui ne s’éteint; / c’est pourquoi je te prie, avant la fin / sauve-moi, Seigneur, en me ramenant jusqu’à toi.

Source de miséricorde, ô Mère de Dieu, / rends-nous dignes de ta compassion; / regarde vers le peuple pécheur, / manifeste ta puissance de toujours; / en toi nous mettons notre espoir / et te crions: Réjouis-toi! / comme le fit jadis l’archange Gabriel.

Cathisme II

Comme David je te crie, moi aussi: / Aie pitié de moi, j’ai péché; / dans les larmes de la pénitence, Sauveur, / lave mes péchés et prends pitié de moi.

Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi, / ainsi pleurait David sur son double péché; / et moi, je compte mes fautes par milliers, / mais je n’ai pas une seule des larmes qu’il versa: / aie pitié de moi, ô Dieu, en ta grande bonté.

Mère de Dieu, nous te magnifions en criant: / réjouis-toi, Porte close du Seigneur / par laquelle fut ouvert au genre humain / le Paradis pour y jouir comme autrefois.

Cathisme III

Très-saints chœurs des Anges dans le ciel, / implorez le divin Maître de bonté / pour qu’à l’heure du terrible jugement / il nous épargne l’amertume du châtiment, / la malice des démons, la ténèbre des passions / et toute menace qui pèse sur nous / tandis que nous cherchons refuge sous votre protection.

Seigneur qui revêts le ciel de nuées, / tu fus en ce monde le vêtement des Martyrs: / ils endurèrent les supplices des impies / et ruinèrent le mensonge des faux-dieux; / délivre-nous de l’invisible Ennemi / par leur intercession et sauve-nous, Dieu sauveur.

Qui donc a ouï dire qu’une mère ait conservé la virginité / ou qu’une vierge ait connu la maternité? / mais toi, ô Mère de Dieu, tu échappes à l’ordre commun; / c’est pourquoi, nous les fidèles, nous te magnifions.

Ode 1

Venez, tous les peuples, chantons pour notre Dieu, / le Christ qui divisa la mer / pour le peuple qu’il soustrait / à la servitude des Égyptiens, / car il s’est couvert de gloire.

Ô Verbe, ayant pris chair tu es venu, / comme tu l’as dit, pour appeler / non les justes mais les pécheurs: / accueille-moi qui ai beaucoup péché, / sauve-moi qui retourne vers toi.

Seul, je fus l’esclave du péché / et seul, j’ai ouvert / la porte aux passions; / ô Verbe, dans ta miséricorde, / sauve-moi qui retourne vers toi.

Près du trône où tu sièges dans les cieux / se tiennent les Martyrs / couronnés de sainteté: / ils ont vaincu l’audace du Démon / et reçu le prix de la vie immortelle.

Faisant jaillir sur nous le flot des guérisons, / les Martyrs victorieux / assèchent le courant / des passions de notre chair / par la puissance du saint Esprit.

Ô Vierge qui as enfanté / l’impassible divinité, / guéris mon âme blessée par les passions, / arrache-moi au feu éternel, / toi qui possèdes pleinement la grâce de Dieu.

* * *

Parcourant au profond de l’océan

Comme charbons porteurs du feu divin, / rayonnant l’éclat de ta divinité, / tu fais briller les chœurs des Anges / qui te glorifient, ô Christ, / comme le Seigneur tout-puissant.

Possédant la vertu d’incorporéité / et la gloire de l’immortalité, / les Anges sont illuminés, / ô Christ, par leur proximité / par rapport à toi.

Ô Christ, tes Anges lumineux / manifestent en leur nature / l’immatérialité; / ils sont le type et le symbole / de la pureté.

Celui que merveilleusement / tu mis au monde, / Vierge immaculée, / les Anges le servent dans la joie, / car tu enfantas leur Seigneur et leur Dieu.

Ode 3

Seigneur, affermis nos cœurs en ton amour, / toi qui sur la croix fis disparaître le péché, / et plante la crainte de ton nom / dans les cœurs de ceux qui te louent.

Ô Christ, issu d’un sein immaculé, / par la pénitence renouvelle, je te prie, / mon âme souillée par les passions / et fais-la briller de clarté éternelle.

J’ai suivi l’amer conseil de l’Ennemi / et j’ai commis toute sorte de péchés, / j’ai suscité largement ton courroux, / Maître longanime et ami des hommes.

Protégés par l’armure de la croix, / les victorieux Martyrs, valeureux soldats du Christ, / ont rasé comme remparts / les forteresses de l’erreur.

En la puissance divine renforçant / votre faiblesse, généreux Athlètes du Seigneur, / vous avez totalement détruit / la force de notre Ennemi.

Marie, encensoir d’or de la divinité, / verse sur mon âme la bonne odeur du Christ, / affermis mon cœur de peur qu’il ne chancelle / sous les flèches du perfide Ennemi.

* * *

Voici qu’est fracassé l’arc des puissants

Le Dieu qui par nature est immortel / en sa grâce et sa sagesse attribua / l’immortalité aux Anges qu’il créa.

Vous les Anges qui vous tenez auprès du Christ / avec tant d’amour, intercédez à présent / pour que tous nous ayons part au salut.

Le Créateur qui lui-même fit le temps, / Mère toujours vierge, tu lui donnas de commencer / lorsque tu le mis au monde et dans le temps!

Ode 4

Je te chante, Seigneur, car j’ai ouï ta voix / et suis rempli d’effroi / car tu es venu jusqu’à moi, / vers la brebis perdue que tu cherchais / et c’est pourquoi je glorifie / ta condescendance envers moi.

Je suis tombé dans la fange du péché / et j’ai perdu, Seigneur, / la beauté venue d’en-haut, / et je crains le châtiment: / sur ma pauvre âme fais briller, Sauveur, / la splendeur du repentir.

Par ses mensonges le perfide Séducteur / m’ayant détourné / de toi, ô Dieu de tous, / m’engloutit comme une proie; / arrache-moi à sa malice / et par la pénitence fais que je revienne vers toi.

Le temps de ma vie est devenu / une course vers ma propre perdition: / en un seul instant viens me sauver / comme tu sauvas jadis la Débauchée / qui sur ton ordre, ô Christ, changea de vie, /afin que je te chante, seul Seigneur sans péché.

L’Impie qui de son propre gré / fut l’inventeur du mal, / voulut contraindre les Martyrs / à rendre un culte aux dieux sans âme, / mais il fut anéanti / par leur confession de l’unique Dieu Créateur.

Vénérant en son essence l’Unité, / en ses personnes la Trinité, / divinité que nul n’a façonnée, / aux créatures vous n’avez rendu / aucun hommage, saints Martyrs du Christ, / et l’on vous fit subir toute sorte de tourments.

Le Seigneur s’incarne de ton chaste sein / et s’unit aux hommes / de son propre mouvement; / il accueille au repentir / les anciens esclaves du péché / grâce à tes prières, Vierge immaculée.

* * *

Seigneur, j’ai su ton œuvre de salut

Je prends pour avocats les Anges de ton ciel: / écoute-les, Seigneur, dans ta bonté / et délivre-moi de mes péchés.

Approchant l’Esprit suprême et cause de tout bien, / les esprits divins brillent en toute pureté / d’une intelligence qui surpasse tout esprit.

Les divins Ordres, les célestes Hiérarchies / demeurent à l’abri de tout danger mortel / par l’ordonnance du saint Esprit.

De loin te voyant porter comme un enfant, / ô Vierge, le Dieu et Verbe qui prit chair, / Isaïe d’avance l’annonça.

Ode 5

Toi qui es la source de clarté / et le créateur des siècles, / Seigneur, dirige-nous / à la clarté de tes commandements: / nous ne connaissons nul autre Dieu que toi.

Toi qui donnes aux aveugles la clarté, / illumine, Seigneur, / ma cécité spirituelle, / fais que je m’éveille aux œuvres bonnes, / rejetant paresse et sommeil.

À mon âme grièvement blessée / par la morsure du péché / veuille accorder la guérison, / seul Sauveur qui as guéri jadis / le voyageur tombé aux mains des brigands.

La multitude des Athlètes du Seigneur / couvrit de honte la clique des impies, / supportant tous les supplices / pour jouir de l’allégresse désormais / en compagnie des Anges de Dieu.

Les Martyrs, brillant de mille feux, / apparurent tels des astres lumineux; / par leur patience, comme clairs rayons, / sur les âmes des fidèles ils font briller / la lumière du saint Esprit.

Le Dieu d’avant les siècles, tu l’as enfanté / comme un enfant nouveau-né / possédant en même temps / deux natures et volontés / car, ô Vierge, tu conçus l’Homme Dieu.

* * *

Celui qu’Isaïe prophétisa

Les Séraphins et les Chérubins / brillant du proche éclat de la divine Majesté / avec les sublimes Trônes / communiquent aux autres Hiérarchies / la clarté qu’ils ont eux-mêmes reçue de Dieu.

Toi la Source de toutes les clartés, / Verbe de Dieu, tu disposas autour de toi / des miroirs étincelants / recevant directement ton éclat / dans l’harmonie et l’allégresse.

Gabriel le saint archange t’annonça, / chaste Épouse de Dieu, / en descendant des cieux, / l’allégresse qui put mettre fin / à la tristesse des premiers parents.

Ode 6

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable / de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

Culbuté par la malice du Serpent, / me voilà gisant sur le lit du désespoir: / comme tu le fis pour le paralytique / par ton verbe, Christ sauveur, relève-moi.

Secoué par le souffle du Dragon / et ballotté par la tempête du péché, / comme Pierre sur les flots, / Seigneur ami des hommes, sauve-moi.

Saints Martyrs, dépassant le naturel, / vous avez souffert au-delà de toute fermeté: / c’est pourquoi vous jouissez des biens / qui dépassent l’entendement.

Étant bons et beaux et valeureux, / vous avez rejoint le Christ en sa bonté et sa beauté: / devant lui sans cesse vous intercédez / en notre faveur, saints Martyrs que nous chantons.

I1 t’a choisie entre toutes les générations, / Beauté de Jacob aimée du Créateur; / Vierge sainte, il nous est apparu / comme un astre au sortir de ton sein.

* * *

Ô Maître, exauce la prière

Les Anges, ces êtres figurant / ta gloire et ta splendeur, ô Christ notre Seigneur, / demeurent dans les siècles / les divins rayons de la clarté éternelle.

Affermis par le Dieu saint et fort, / les Séraphins d’une voix incessante / chantent l’hymne du Trois-fois-saint, / nous révélant le culte de la Trinité.

Comme jadis à David il l’a juré, / en vérité le Seigneur tint parole en surgissant / de ton sein, ô Vierge sainte, / car tu mis au monde le grand Roi de l’univers.

Ode 7

Les jeunes Gens, méprisant le culte impie / de la statue d’or élevée / dans la plaine de Doura, / au milieu des flammes psalmodiaient, / couverts d’une fraîche rosée: / Béni sois-tu, Dieu de nos pères!

Sous l’offensive des Démons qui m’ont séduit / me voilà bien loin de tes bras tendus vers moi: / la honte couvre mon visage, / mais je reviens à toi et je te crie / comme le Fils prodigue: J’ai péché, / ne me méprise pas, toi qui pris chair pour me sauver.

Jadis tu sauvas, ô Dieu de l’univers, / les Ninivites pénitents / sous la menace de la mort; / à présent, ô seul Ami des hommes, / sauve du terrible châtiment / mon cœur souillé par d’innombrables péchés.

Le Mauvais qui méditait de vous blesser / fut lui-même vulnéré, / saints Martyrs divins et bienheureux, / et son mal demeure sans remède; / mais vos plaies deviennent sources de la guérison / pour les fidèles vulnérés par l’antique Séducteur.

Ni les fauves ni les menaces des tyrans, / ni les glaives aiguisés / ni les outrages ni les scies / ne vous ont épouvantés, / mais vous avez souffert comme étrangers à votre corps, / saints Martyrs couronnés à juste titre.

En ton sein la Lumière immatérielle a demeuré / pour dissiper l’impiété / à la lueur de la divine connaissance; / Fiancée de Dieu et Vierge immaculée, / nous célébrons ton Fils en lui criant: / Béni sois-tu, Dieu de nos pères! /

* * *

Les jeunes Gens se muèrent en rhéteurs

Les esprits qui sans cesse dans le ciel / volent à l’entour / du trône de ta gloire inégalée, / chantent de leur bouche immatérielle: / Dieu de nos pères et le nôtre, Seigneur, tu es béni.

Ô Christ, tous les Anges te voyant / au plus haut des cieux / corporellement porté, / ouvrirent les portes célestes en psalmodiant: / Dieu de nos pères et le nôtre, Seigneur, tu es béni.

Gabriel, ô Vierge, te montrant / la récapitulation / des Prophètes et de la Loi, / te cria: Voici que tu vas enfanter / le Dieu de nos pères et le nôtre, Vierge sainte et bénie.

Ode 8

Le Dieu qui dans la fournaise descendit / pour venir en aide / aux enfants du peuple hébreu / et changer la flamme en une fraîche rosée, / toutes ses œuvres, chantez-le comme Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Tombé sous l’emprise du Malin / je fus asservi / par sa ruse et tromperie, / et me voyant en pleine perdition, / il se gonfle mais, Seigneur, délivre-m’en, / Dieu de tendresse, abri de qui s’est égaré.

Délivre-moi de l’empire des passions / qui retient mon corps en d’insolubles liens, / toi qui as brisé les chaînes de l’Enfer; / Christ, Sauveur du monde, veuille me guider / sur les droits chemins de ton salut.

Contre moi les artisans de nos passions, / hélas, ont déclenché / toute leur perversité; / mais vous, ô bienheureux Martyrs, / les imitateurs de la Passion du Christ, délivrez-moi de ce qu’ils trament contre moi.

Devant les stèles n’ayant point fléchi le genou, / comme les jeunes Gens / vous fûtes jetés dans la fournaise des tourments, / saints Martyrs, mais la divine rosée / de la flamme vous a préservés, / tandis que vous chantiez le Christ dans les siècles.

À mon âme épuisée par les assauts du Mal, / Génitrice de Dieu, / veuille accorder la guérison / par la force de ton oraison, / Vierge sainte, afin que je te glorifie / dans tous les siècles.

* * *

Méprisant la statue d’or

Pour refléter, ô Verbe, ta bonté, / tu disposas les Anges / pour mettre en pratique tes commandements / et venir en aide à ceux qui chantent: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

De vertus sublimes tu paras les citoyens des cieux, / les illuminant / des hiérarchies angéliques; / Christ, reçois leur voix incessante: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Dans l’allégresse nous voulons nous associer / au divin concert / des Anges dans le ciel / et chanter au divin Maître: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

La vraie Sagesse qui dirige l’univers / t’ayant prise en dilection, / toi la pure Mère immaculée, / en toi fit sa demeure et nous chantons sa gloire: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Ode 9

Le Dieu et Verbe en sa sagesse inégalée / est venu du ciel / renouveler Adam déchu / pour avoir mangé le fruit de perdition; / d’une Vierge sainte il a pris chair pour nous; / et nous fidèles, à l’unisson / dans nos hymnes nous le magnifions.

Voici le temps d’agir: pourquoi dors-tu, / ô mon âme, dans le plus total abattement? / réveille-toi et dans les larmes / fais briller ta lampe et hâte-toi / vers l’Époux des âmes qui s’approche; / ne tarde pas de peur que ne se ferme / devant toi la porte du ciel.

Marqués par l’amour de l’Agneau et du Pasteur, / les glorieux Athlètes du Seigneur / se laissent immoler dans l’allégresse / comme agneaux sans tache répandant leur sang / et font resplendir en vérité / toute l’Assemblée des premiers-nés, / l’Église sainte dans les cieux.

Sous les rayons du divin Soleil, / astres resplendissants, / de toute âme vous communiquez / la splendeur de vos exploits, / généreux Martyrs, et vous chassez / les ténèbres de l’erreur: / c’est pourquoi nous les fidèles vous disons bienheureux.

Épargne-moi, Seigneur, épargne-moi / lorsque tu viendras / prononcer mon jugement; / ne me condamne pas au feu, / ne me corrige point dans ton courroux; / laisse toi fléchir, ô Christ, par la Vierge qui t’a mis au monde, / par les myriades d’Anges et la foule des Martyrs.

* * *

Verbe de Dieu, doux objet de mon désir

En symbole, aux Disciples du Seigneur / se firent voir resplendissants / des Anges revêtus de blanc / annonçant, Christ Dieu, ta seconde parousie: / avec eux nous tous, nous te magnifions.

Bienfaiteur, en l’excès de ta bonté / aux esprits célestes qu’au ciel tu as créés / tu donnes le rayonnement second, / ô Verbe, de ton prime éclat, / et par nos hymnes nous te magnifions.

Reconnaissant, Toute-sainte, la splendeur / qui émane de ta virginité, / frappé de crainte, le divin Archange / te clama son allégresse et nous aussi, / comme Mère de Dieu nous te magnifions.

Apostiches

Considérant mes folles actions, / je me réfugie vers ta compassion / à l’exemple du Publicain, / du Fils prodigue et de la Courtisane éplorée, / et je me prosterne devant toi: / avant de me condamner, ô mon Dieu, / épargne-moi et fais-moi grâce en ta bonté.

Seigneur, ne regarde pas mes péchés, / toi qu’une Vierge a enfanté, / mais purifie mon cœur pour en faire le temple du saint Esprit; / ne me rejette pas loin de ta vue, / toi qui possèdes l’abondance du salut.

Ayant souffert pour le Christ jusqu’à la mort, / victorieux Témoins du Seigneur, / vous avez dans le ciel remis votre âme entre les mains de Dieu, / et vos reliques sont portées dans le monde entier; / devant elles se prosternent les prêtres et les rois, / et toutes les nations s’écrient dans la joie: / Elle est précieuse aux yeux du Seigneur, la mort de ses amis.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Telle un olivier verdoyant / qui porte fruit en son temps, / la Vierge t’a produit / comme le fruit de la vie, / Seigneur, pour donner au monde la grande miséricorde.

LITURGIE

Béatitudes

Empruntant la vois du bon Larron, / ô Christ, nous te crions: / Souviens-toi de nous, Seigneur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

Ami des hommes, ne regarde pas / la multitude de mes péchés, / mais je t’en prie, accorde-moi / de prendre part à ta divine splendeur.

Dans le ciel les Anges par milliers / intercèdent devant toi / pour tous les fidèles, Seigneur, / qui te chantent dans l’amour de leur cœur.

Par les prières de tes saints Martyrs, / Jésus, Seigneur de bonté, / fais-nous grâce et nous prends en pitié / à l’heure terrible du jugement.

Gloire au Père ...

Glorifions le Père éternel, / prosternons-nous devant le Fils, / avec foi chantons tous / la louange du saint Esprit.

Maintenant ...

Ceux qui avaient trouvé la mort par un fruit / c’est le Fruit de tes entrailles, ô Marie, / qui a permis de devenir / les citoyens du céleste Paradis.

Mardi

LE LUNDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Ô Christ, le seul sans péché, / le seul indulgent, la seule source de bonté, / vois ma misère, mon affliction, / efface toute trace de mes plaies, / en ta miséricorde sauve ton serviteur, / afin qu’ayant éloigné les nuages du désespoir, / Sauveur, je glorifie ta suprême bonté.

Pauvre âme, considère tes actions, / vois de quelle fange elles sont souillées, / vois ta nudité, ton isolement; / car tu risques d’être séparée / de Dieu et de ses Anges saints / pour être livrée aux tourments éternels. / Veille donc et hâte-toi / de crier: Sauveur, j’ai péché, / accorde-moi ton pardon et sauve-moi.

Mon corps, je l’ai gravement profané, / j’ai souillé mon âme et mon cœur / et par d’impures pensées j’ai blessé tous mes sens, / polluant mes oreilles et mes yeux, / infectant ma langue de vains discours / et me voilà tout entier avili; / aussi je me prosterne devant toi, / Christ mon Maître, en disant: / j’ai péché contre toi, / accorde-moi ton pardon et sauve-moi.

* * *

Hâte-toi, je te prie, / de m’arracher aux tentations, glorieux Prophète du Seigneur: / car c’est en vain qu’ont surgi / mes adversaires contre moi / et que s’emploient les noirs Démons / à prendre en leurs filets / comme un pauvre oiselet / l’âme de ton serviteur; / ne m’abandonne pas jusqu’à la fin, / mais puissent-ils apprendre plutôt / que tu es mon refuge, bienheureux Précurseur!

De la stérile fruit très-saint, / charmante fleur du désert, / hirondelle du printemps, / rossignol au chant joyeux, / tourterelle aux reflets d’or, / fais que mon âme, en sa misère et sa stérilité, / produise le fruit des bonnes actions / et l’épi qui donne cent fois plus / pour me permettre de t’offrir / en Dieu ma louange, bienheureux Précurseur.

Sauve-moi de la flamme sans fin, / des ténèbres sans clarté, / de tout danger, de toute affliction, / de la misère et de tout mal, / je t’en prie, ô Précurseur, / et malgré mes péchés / par lesquels je me suis moi-même condamné, / fais de moi l’héritier / de la part des élus / grâce à tes prières, Bienheureux, / là où exulte le chœur des Saints / et résonne l’ineffable joie.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Peine et malheur m’ont assailli / et toutes sortes de passions / mettent ma pauvre âme en danger; / Vierge inépousée et Mère du Christ notre Dieu, / sois la timonière de mon esquif / sur l’océan de cette vie; / apaise la mer en furie / et mène jusqu’au port de repentance et de paix / celui qui recourt à ta divine protection.

Apostiches

Comme le Fils prodigue j’ai péché / contre toi, Sauveur: / Père, reçois mon repentir / et prends pitié de moi, ô mon Dieu.

Ô Christ mon Sauveur, / j’emprunte la voix du Publicain: / accorde-moi le même pardon / et prends pitié de moi, ô mon Dieu.

Les saints Martyrs intercèdent pour nous / et de leurs hymnes célèbrent le Christ: / dès lors cesse tout égarement / et le genre humain est sauvé par la foi.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Mon espérance, ô Mère de Dieu, / tout entière je la mets en toi: / garde-moi sous ta protection.

LE LUNDI SOIR À COMPLIES

Canon de la moniale Thècle, signé Thècle dans les odes 8 et 9.

Ode 1

Houleuse et infranchissable était la mer, / mais Dieu lui ordonna de s’abaisser / pour y conduire à pied sec le peuple d’Israël: / chantons le Seigneur, / car il s’est couvert de gloire.

Voici que l’Église, ô Vierge, dans l’Esprit / par ses éloges te prépare une couronne toujours fleurie / pour te l’offrir pieusement / avec ton paranymphe l’archange Gabriel / et te célébrer dans l’allégresse en te chantant: Réjouis-toi.

Ayant fait croître la Vigne porteuse de vie, le Christ notre Seigneur, / divine Mère toute digne de nos chants, / comme tu t’es montrée ineffablement la terre sainte du Père, / Vierge comblée de grâce par Dieu, / et du vin de la vie divine tu as abreuvé l’univers.

Gloire: Le monde entier, en péril / sur les terribles vagues du péché, / tu l’as sauvé d’un naufrage cruel, / toi le havre tranquille, en enfantant / le Christ sauveur, notre Seigneur et timonier.

Maintenant: Nous tous, les fidèles, te reconnaissant, ô Marie, / Mère du Christ, comme notre abri, / notre citadelle de refuge, ardemment nous t’en prions: / accueille les prières de tes fidèles serviteurs / et délivre-nous tous de la condamnation due au péché.

Ode 3

Seigneur, affermis nos cœurs en ton amour, / toi qui sur la croix fis disparaître le péché, / et plante la crainte de ton nom / dans les cœurs de ceux qui te louent.

La faute d’Ève a déclenché le fait / que Dieu s’est détourné des hommes, / mais la sainte Mère de Dieu / l’a réconcilié avec nous.

C’est comme le trésor de notre vie / que tes parents t’ont mise au monde, Toute-digne de nos chants, / et Joachim se réjouit d’avoir une si belle enfant, / sortie de lui pour être la joie de l’univers.

Gloire: Anne t’a fait croître comme allégresse du genre humain, / et tu enfantes, ô Vierge, toi-même son Roi; / de ton enfantement se réjouissent / les femmes, délivrées de l’antique malédiction.

Maintenant: Au Sinaï, le buisson préfigura, / ô Vierge, la merveille de ton enfantement, / puisque ton sein ne fut pas consumé / en recevant le feu de la divinité.

Ode 4

Seigneur, j’ai perçu le plan de ton salut, / car tu es né de la Vierge, ô Christ notre Dieu, / pour sauver ceux qui te chantent: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Comme échelle divine Jacob / d’avance, ô Vierge, t’a contemplée / et sur son extrémité / il a vu s’appuyer notre Dieu.

Les Anges qui descendaient / ont montré d’avance la venue / du Verbe jusqu’à nous / grâce à toi, Toute-digne de nos chants.

Gloire: Bienheureux ton sein pur / et tes mamelles; en effet / nous tous, ô Vierge, par eux / nous avons trouvé la vie.

Maintenant: Mystiquement nous te chantons / en exprimant la vraie foi: / en l’Église garde-la, / divine Mère, par ton intercession.

Ode 5

Illumine les yeux de mon âme et de mon cœur / à la clarté de tes préceptes, Seigneur, / afin qu’ils ne se ferment dans la mort / et ne s’endorment dans l’obscurité, / mais s’éveillent joyeusement devant toi.

Nous te chantons comme celle qui est vraiment / plus vénérable que l’arche de la Loi, / car les tables que tu as portées, / c’est le Créateur de tous et notre Dieu, / divine Mère toute-digne de nos chants.

Comme le trône du Verbe notre Dieu, / divine Mère, nous te proclamons: / sur toi il s’est assis, dans son humanité, / pour mes yeux de chair, et t’a montrée / supérieure au trône des Chérubins.

Gloire: De l’amère servitude tu as délivré, / ô Vierge, l’ensemble du genre humain / et, dans la liberté que nous donne le Christ, / tu as offert à la nature féminine le grand honneur / d’avoir enfanté notre Dieu.

Maintenant: LaVierge a mis au monde un Fils, / et les femmes, en elle, manifestement / triomphent de notre ennemi, / puisque des jeunes filles, la suivant, / pratiquent la virginité.

Ode 6

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

Avec l’Ange nous te chantons fidèlement: / Allégresse du monde, Toujours-vierge, réjouis-toi, / dissipe notre peine et rends-nous dignes de ta joie.

Divine Épouse, en ta gloire tu t’es montrée / comme le ciel qui transcende tous les cieux, / puisqu’à mes yeux tu portes Dieu dans la chair.

Gloire: Sachant, Mère toujours-vierge que tu es manifestement / l’immortel habitacle de la joie, nous te disons: Réjouis-toi, / car à toi seule convient l’allégresse, Tout-immaculée.

Maintenant: Maintenant la nature féminine se réjouit, / le deuil cesse, la joie fleurit, car Marie a enfanté / l’allégresse du monde, le Seigneur et Sauveur.

Cathisme

Sur la paresse invétérée de mon âme penche-toi, / observe, divine Mère, l’aveuglement de mon cœur; / et viens par tes prières me guérir, / procure-moi la part des sauvés, / me délivrant de toute espèce de châtiment, / toi ma seule espérance, ma seule consolation.

Ode 7

Les Jeunes Gens, méprisant le culte toutes ses œuvres, chantez-le comme Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Tel un nouveau paradis tu t’es montrée / à nos yeux, Toute-sainte Mère deDieu, / et sans semence tu as porté / non l’arbre de la mort, mais celui de la vie, / le Seigneur au fruit duquel nous tous, / nous goûtons l’immortalité.

Nul ne périt, Vierge immaculée, / de ceux qui ont mis en toi / l’espérance de la vraie foi, / divine Mère, si ce n’est / ceux qui se refusent, par envie, / à se prosterner devant l’image de ton aspect.

Gloire: Mère de Dieu, l’entière Église du Christ / est charmée par ton enfantement, / car tous, pécheurs et pauvres, sont sauvés, / ceux qui de tout cœur se réfugient en toi, / car notre Dieu, grâce à toi, / est venu sauver le genre humain.

Maintenant: Grâce à toi la prime aïeule est délivrée / de la malédiction, ô Mère de Dieu, / et voici que désormais / des femmes luttent pour le Christ, / et le genre féminin se réjouit, / comme Thècle la protomartyre l’atteste par les faits.

Ode 9

L’astre divin qui s’est levé avant l’aurore / et vécut parmi nous / corporellement, / de tes entrailles virginales / tu lui donnas corps ineffablement: / Vierge bénie et Mère de Dieu, nous te magnifions.

Ô Vierge toute-digne de nos chants, / incline ton oreille vers moi / qui par des éloges célèbre ton enfantement: / comme obole de la Veuve recevant / l’hymne de mes lèvres, procure-moi / la rémission de mes péchés.

Ta beauté divine resplendit, / elle brille d’un virginal éclat; / et plus que tout rayonne ton enfantement, / car c’est Dieu lui-même qui naît de toi, / lui l’auteur du soleil et de l’entière création; / c’est pourquoi nous tous, nous te magnifions.

Gloire: Par des hymnes, divine Mère, te célébrant / comme fleur de pureté / et sceptre de la virginité, / avec des louanges nous te demandons / de nous affermir en la chasteté et nous garder en toute pureté.

Maintenant: Ton corps et ton âme, tu les avais gardés, / Vierge Marie, en toute pureté: / aussi le Roi s’est épris de ta beauté / et le Christ a fait de toi / la Mère de son incarnation, / la glorieuse intendante de mon salut.

LE MARDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Ô mon âme, rappelle-toi/ le jour terrible du jugement / et tremble à la pensée du châtiment / qui dans les siècles pourrait suivre tes actions, / et clame dans les larmes du repentir: / Contre toi j’ai péché, prends pitié de moi, ô mon Dieu.

Examinant ma conscience chargée, / Seigneur, je crains ton redoutable tribunal, / car là ce n’est plus dans les œuvres qu’est le salut, / mais puisque tu possèdes le trésor de tendresse, / montre-moi ta clémence, Christ Sauveur, et sauve-moi.

Mère de Dieu, nous te magnifions en chantant: / Réjouis-toi, fertile rameau / sur lequel sans semence a fleuri / le Dieu qui triompha de la mort sur le bois.

Cathisme II

Comme David je te crie, moi aussi: / Aie pitié de moi, j’ai péché; / dans les larmes de la pénitence, Sauveur, / lave mes péchés et prends pitié de moi.

Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi, / ainsi pleurait David sur son double péché; / et moi, je compte mes fautes par milliers, / mais je n’ai pas une seule des larmes qu’il versa: / aie pitié de moi, ô Dieu, en ta grande bonté.

Ô Mère de Dieu, ne méprise pas / ton serviteur qui a besoin de ton secours, / car en toi mon âme espère: aie pitié de moi.

Cathisme III

Tu fis descendre dans les flots du Jourdain / la Source intarissable de miséricorde, saint Jean; / aussi je t’implore avec ardeur, / naufragé que je suis chaque jour / au milieu de l’océan de cette vie / sous les vagues nombreuses des passions: / par tes prières agréables à Dieu / que ta main me conduise vers le havre de vie!

Plus que l’or tu as fait briller tes Martyrs, / et tes Saints, tu les as glorifiés dans ta bonté; / par leurs prières, ô Christ notre Dieu, / ami des hommes, pacifie notre vie, / agrée notre prière comme l’encens, / toi qui reposes parmi les Saints.

A-t-on jamais vu on entendu / qu’une Mère enfantât son propre Créateur? / que sans noces elle ait conçu puis allaité / celui qui donne la nourriture à toute chair? / Merveille! ton sein est devenu, / Mère de Dieu, le trône des Chérubins: / Pleine de grâce, intercède pour nous.

Ode 1

Chante, ô mon âme, le cantique de Moïse: / le Seigneur est mon secours, ma protection, / c’est lui qui m’a sauvé, / il est mon Dieu / et je veux le glorifier.

Frères, pleurons amèrement / sur nous-mêmes avant la fin de cette vie, / afin que par nos larmes et notre repentir / nous évitions les larmes issues du châtiment / qui ne serviraient plus à nous sauver.

Tant de fois, ô Christ, je fus convié / à changer de vie pour revenir vers toi; / mais mon âme est insensible / et je tombe dans l’égarement: / prends pitié de ma faiblesse, Sauveur.

Ayant supporté la fournaise des tourments / grâce à la divine rosée, / victorieux Athlètes du Seigneur, / délivrez-moi du feu de la géhenne, / moi qu’assaillent les cruelles passions.

La puissance divine a fait de vous / ses valeureux champions pour combattre l’Ennemi / et l’empire du Démon, / vous l’avez anéanti, / merveilleux Témoins du Seigneur.

Toi que jadis Isaïe a contemplée / comme la pince porteuse du charbon ardent, / brûle au feu du Dieu que tu portas / les passions charnelles de mon cœur / pour les effacer à tout jamais.

* * *

Dans l’abîme jadis fut culbutée

Baptiste et Précurseur du Christ, / gouverne mon esprit / entièrement plongé / dans les délectations corporelles / et fais cesser la houle des passions, / afin que je te glorifie dans le calme divin.

Tel un astre brillant de mille feux / dans l’ineffable clarté / tu précédas de ton éclat / l’Orient spirituel: / sur mon cœur enténébré par les Démons, / Baptiste du Seigneur, fais descendre ses rayons.

Dans le fleuve jadis tu baptisas / l’insondable Océan / engloutissant par sa grâce / la multitude de nos transgressions; / dès lors assèche les torrents de mes péchés, / très-sage Médiateur auprès de Dieu.

Bienheureux es-tu, ô Précurseur: / tu fus le cousin de la Vierge immaculée / en qui Dieu s’est incarné; / avec elle nous te célébrons: / donne aux pèlerins du divin temple qui t’est consacré / d’être la demeure du saint Esprit.

Ode 3

Le stérile désert de mon esprit, / Seigneur, rends-le fertile et fécond, / toi qui veilles à la croissance de tout bien / dans ta divine bonté.

Mon âme est appesantie par le sommeil, / ô Christ, relève-moi de mon oisiveté, / éveille-moi aux œuvres de la pénitence, / afin que j’accomplisse tes commandements.

Au jour terrible de ta Parousie, / Seigneur, évite-moi le désespoir, / mais avant le terme de ma vie / rappelle-moi vers toi et sauve-moi du châtiment.

Athlètes victorieux du Christ notre Dieu / qui avez divinement / imité les souffrances du Seigneur, / guérissez les passions de mon âme.

Afin de mériter en l’au-delà / les biens célestes que la mort ne peut ravir, / sur terre vous avez souffert / avec endurance les épreuves et les tourments.

Tu allaites maternellement / le nourricier de l’univers et portes dans tes bras, / ô Vierge immaculée, / celui qui sans cesse tient le monde dans sa main.

* * *

Tu m’as affermi sur la pierre de la foi, / tu m’as fait triompher devant mes ennemis, / et mon esprit exulte de joie en chantant: / Nul n’est saint comme toi, ô notre Dieu, / nul n’est juste comme toi, Seigneur.

Les blessures de mon âme, guéris-les, / par ta sainte médiation illumine mon esprit / enténébré par l’insouciance de ma vie; / Précurseur du Seigneur, je t’en prie, délivre-moi / de tout péril et de toute adversité.

Délivrant ta mère de la stérilité, / sage Prophète, tu naquis par la grâce du Seigneur; / Précurseur du Christ, fais que mon cœur à présent / de stérile se mette à fructifier / par la floraison de mes vertus.

Le divin temple préparé par ton amour, / prie le Christ de lui offrir l’héritage des élus; / et les fidèles qui te servent en ta maison, / fais qu’ils deviennent des temples de l’Esprit, / Baptiste et Précurseur, par ta sainte médiation.

D’allégresse tressaillit le Précurseur / lorsqu’il était porté dans le sein d’Elisabeth; / il se prosterna devant le Christ que tu portais, / Pleine de grâce, dans ton sein: / prie-le de me sauver de tout malheur.

Ode 4

Le Prophète voyant la Vierge t’enfanter / proclama hautement: Seigneur, j’ai entendu ta voix / et je suis rempli de crainte, / car tu es venu de Théman, / ô Christ, de la sainte montagne ombragée.

Me voyant misérable et dépouillé de tout, / le perfide Séducteur / se réjouit de mon malheur; / Seigneur de gloire, seul trésor des affligés, / délivre-moi de sa méchanceté.

Seigneur, j’ai souillé mes mains et mon regard / en faisant le mal, à l’encontre de ta loi; / ta tendresse, je l’ai courroucée, / gaspillant ta longanimité: / fais-moi grâce, de nouveau, dans ta bonté.

Admirable est le Seigneur parmi les Saints, / notre Dieu dans l’assemblée de ses féaux: / ils ont brisé les stèles des faux-dieux / et reçu en héritage le jardin du Paradis / qui fut clos jadis pour Adam.

Bienheureux, par les flots de votre sang / vous avez refoulé le sang impur / offert jadis aux Démons / pour la perdition de leurs adorateurs; / c’est pourquoi l’on ne cesse de vous dire bienheureux.

Le chœur magnifique des Prophètes inspirés, / initié par l’Esprit, ô Mère de Dieu, / à ton mystère qui dépasse la raison, / l’ébauche maintes fois en des symboles saints / dont nous contemplons l’exacte réalisation.

* * *

Tu es issu de la Vierge

De celui qui inclina les cieux / pour converser avec les hommes, tu inclinas le chef / par ta droite, ô Précurseur: / puisse ta main me protéger / et garder mon cœur en d’humbles pensées!

Le désert infranchissable t’eut pour citoyen, / bienheureux Prophète et Précurseur du Christ: / c’est pourquoi je te supplie de protéger / mon âme devenue comme un désert / stérile de tout acte divin.

Prenant la défense de la Loi de Dieu, / tu fus mis à mort à l’encontre de la loi; / c’est pourquoi je te supplie de redresser / mon esprit toujours enclin à transgresser / et traqué par la ruse des Démons.

Toi-même, tu t’es préparé / pour t’offrir au Maître comme un royal palais: / maintenant que tu habites les divins parvis, / Précurseur, je te supplie d’en faire profiter / celui qui t’élève une demeure sacrée.

Abaisse ton regard sur mon malheur, / Toute-pure, viens guérir mon incurable maladie / et délivre-moi de mes passions, / afin que je te magnifie, / toi qui as porté si haut le genre humain.

Ode 5

Repoussant de mon âme l’obscurité, / à la clarté de tes divins commandements / éclaire-moi, ô Dieu Sauveur, / toi l’unique Roi de la paix.

J’accumule comme un insensé / péché sur péché, alors que dans la mort / il n’est plus de repentir: / hélas! comment me présenter devant le Christ?

Ô Christ, tel un navire naufragé, / j’ai perdu le fret que tu m’avais confié / et maintenant dans la détresse je te crie: / ne méprise pas ton serviteur!

Méprisant la gloire d’ici-bas / et l’ayant foulée au pied, vous avez mérité / la gloire céleste, saints Martyrs, / en compagnie du Christ notre Dieu.

Par la foi vous avez tenu votre esprit / à l’écart de tout penchant pour votre chair; / par amour vous fûtes familiers de la douleur, / saints Martyrs aimés du Christ notre Dieu.

En esprit Daniel t’a contemplée / comme la montagne élevée, ô Mère de Dieu, / dont la pierre détachée / brisa les stèles des faux-dieux.

* * *

Lumière de qui se trouve en la ténèbre, / ô Christ Sauveur, salut des sans-espoir, / devant toi je veille, Prince de la paix: / illumine-moi de tes rayons; / je ne connais point d’autre Dieu que toi.

Précurseur qui dans les ondes du Jourdain / as baptisé le Christ, source d’immortalité, / prie-le de mettre à sec le flot de mes passions / pour m’accorder les fleuves de félicité / et la douce joie de ses élus.

Déjà je pleure et suis rempli d’effroi / et sans cesse me saisit l’anxiété / si je considère mes actions et le terrible jugement: /Dieu de tendresse, épargne-moi / par l’intercession de ton saint Précurseur.

Instituant pour les peuples le salut / et la loi du repentir à cause des péchés, / Précurseur, tu fus à mi-chemin / entre la grâce et la loi; / aussi éclaire-nous par la pénitence, nous t’en prions.

Bienfaiteur et Verbe, donne-moi le temps du repentir, / car dans la paresse j’ai gaspillé le temps présent: / pour cela je compte sur l’intercession / de saint Jean l’illustre Précurseur / qui annonça la pénitence au monde entier.

Par les ruses et les complots du Séducteur, / Vierge immaculée, me voilà près de la mort: / vivifie-moi, ô Mère qui as enfanté / la Vie du monde hypostasiée, / afin que je te chante, ô notre Dame, pieusement.

Ode 6

Dieu Sauveur, j’enfonce dans l’abîme du péché, / je suis plongé dans l’océan de cette vie, / mais comme, Jonas sortit du poisson, / retire-moi du gouffre des passions / et sauve-moi, Seigneur.

Comme jadis la femme de Chanaan, / je te crie, Sauveur: / Fais-moi grâce et prends pitié, ô Fils de Dieu, / car mon âme souffre horriblement / et ne veut point connaître son mal.

Je roule dans l’immense houle des passions, / mais de même que jadis / tu enjoignis aux flots de s’apaiser / et sauvas tes saints Disciples, / Christ Jésus, tends-moi la main et sauve-moi.

Les chœurs des Anges incorporels ont admiré / votre fermeté corporelle dans les tourments; / dans le ciel ils ont chanté celui / qui vous accorda la force, saints Martyrs, / et la récompense méritée par vos exploits.

Baignant dans les flots de votre sang / et les yeux crevés par les bourreaux, / exposés au froid le plus glacial, / saints Martyrs, vous avez rejoint le Christ, / le célébrant dans la chaleur de la vie.

Comme une table, tu portes le Pain mystique / et celui qui s’en nourrit jamais n’aura plus faim; / Vierge toute digne de nos chants, / du Christ universel Seigneur nous te savons la Mère et la nourricière en vérité.

* * *

Encerclé par l’abîme de mes péchés

Voix du Verbe que tu annonças, / exauçant nos voix / demande-lui de pardonner / les péchés de qui te chante dans la foi.

Guéris mon cœur contrit et humilié, / allège le fardeau de mes péchés, / contre tout espoir procure-moi le salut / par tes prières, bienheureux Précurseur.

Celui que tu baptisas de ta main, / glorieux Prophète, supplie-le de me sauver / de la griffe du péché, / moi qui sans relâche tends les mains pour le prier.

Esclave du sommeil d’oisiveté, / je suis oppressé par l’hypnose du péché: / par ta médiation qui ne connaît point de repos, / Toute-sainte, éveille-moi et sauve-moi.

Ode 7

Dans la fournaise les Jeunes Gens s’inspirèrent des Chérubins, / lorsqu’ils chantèrent: Béni sois-tu, ô notre Dieu, / tu as porté juste sentence, / c’est pour nos fautes que tu nous traites ainsi; / à toi haute gloire, louange éternelle.

Au mépris de tes commandements / j’ai suivi mes convoitises / et j’ai commis l’iniquité; / follement j’ai cultivé les vanités / plus que sur la terre aucun autre mortel: / Christ Sauveur, dans ton amour pour moi / ne permets pas que je me perde entièrement.

Dans le péché ma mère m’a conçu: / je gémis comme David / et comme la Courtisane je répands des pleurs; / comme l’infidèle serviteur / j’ai exaspéré, ô Dieu, ton cœur si bon: / Christ Sauveur, dans ton amour pour moi / ne permets pas que je me perde entièrement.

Le peuple des Athlètes victorieux / combattit jusqu’au martyre / et pour son témoignage fut couronné / par la droite vivifiante, / car en vérité ils ont aimé / le Dieu qui fit le monde par son verbe; / et maintenant ils goûtent dans la joie / l’héritage du royaume des cieux.

Malgré leurs yeux crevés par les bourreaux, / privés de mains et de pieds, / c’est en droite ligne cependant / que vers le ciel marchèrent les Martyrs, / dressant des pièges sous les pas / du seul Ennemi du genre humain; / Verbe de Dieu, par leur intercession / sauve tous ceux qui te glorifient.

Les Chérubins et les Séraphins, / les Trônes, les Puissances et les Dominations / sans cesse chantent et glorifient / ton ineffable enfantement, / Vierge Marie toute digne de nos chants, / car seule dans la chair tu as conçu le Dieu / auprès duquel nous te prions d’intercéder pour qu’il sauve tous les amants de ton nom.

* * *

Sur l’ordre impie d’un injuste tyran

Arrachant jusqu’à la racine les nodosités / de mon cœur plein de passions, avec la cognée du repentir, / Précurseur, fais croître en moi l’insensibilité / et la plus pure crainte devant Dieu / en m’éloignant de tout mal.

Tu baptisas dans les ondes du Jourdain / le Seigneur qui établit ses chambres hautes sur les eaux: / implore-le pour qu’il accorde à mes yeux / les flots de la divine componction, / Précurseur du Christ que nous glorifions.

Précurseur, tu annonças l’Agneau de Dieu / qui enlève le péché du monde entier: / demande-lui de m’épargner / le sort des boucs et me compter / parmi les brebis, à la droite du Christ.

Ô Vierge, un sein stérile t’a portée / et toi-même tu portas le Verbe qui prit chair / et que le Précurseur, ce fruit d’un infertile sein, / reconnut dans l’allégresse et la divine exultation / en se prosternant devant lui.

Ode 8

À celui qui dans le buisson ardent / sur la montagne du Sinaï devant Moïse préfigura / le prodigieux mystère de la Vierge, / chantez une hymne de bénédiction: / à lui haute gloire dans tous les siècles.

Afin de nous rendre comme Dieu / en ta miséricorde, Seigneur, tu t’incarnas; / faute de l’avoir compris je fus l’esclave des plaisirs, / mais dans ta bonté ramène-moi vers toi, / Christ qui offres à tous les hommes le salut.

Ô Verbe, toi qui es le bon Pasteur, / cherche ma pauvre âme perdue comme brebis / sur la montagne de la transgression; / ramène-la et sauve-moi / de peur que l’Ennemi ne m’engloutisse pour toujours.

Ensemble tenons-nous virilement, / criaient l’un à l’autre dans l’horreur de leurs tourments / les gracieux Athlètes du Seigneur; / car le Christ nous offre la couronne des vainqueurs / dans tous les siècles.

Dans la pleine force de vos travaux herculéens / vous avez brisé le souffle au monstrueux Serpent / qui voulait vous prendre à son appât, / et dès lors aux yeux de tous vous avez hérité / les délices du Paradis.

Afin de nous rendre comme lui, / Dieu lui-même en tes entrailles immaculées / a pris chair pour devenir mortel; / Vierge sainte, implore-le / pour ceux qui te vénèrent, ô Mère de Dieu.

* * *

Jadis à Babylone la fournaise

Précurseur qui étendis la main / pour laver dans l’onde le Seigneur immaculé, / tends-moi la main, relève-moi de terre, / corps et âme lave-moi, purifie-moi / par la pénitence, et sauve-moi.

Ô mon âme, voici le temps du repentir! / rejette le profond sommeil de ton oisiveté; / avec zèle éveille-toi, criant au Maître: / Dieu de tendresse, prends pitié de moi / par les prières de ton Baptiste et Précurseur.

Les fleuves des passions, les ondes du Malin / m’ont envahi jusqu’à l’âme, Prophète bienheureux: / hâte-toi, viens à mon aide, / toi qui dans les ondes du Jourdain / baptisas de la Tendresse le pacifique Océan.

Hélas, que de méfaits ai-je commis! / et seul j’ai courroucé le Dieu qui m’aime tant! / Baptiste du Seigneur, viens à mon aide, / procure-moi la rémission de mes péchés / et la remise de mes dettes par ta sainte médiation.

Le Dieu très-haut, dans la chair tu l’enfantas, / et moi, relève-moi de la fange des passions; / Toute-sainte, fais-moi riche des vertus divines, / me tirant de la misère et l’affliction / pour que je te chante, ayant trouvé le salut.

Ode 9

Quel mortel a jamais entendu cela? / et qui a déjà vu qu’une vierge pût concevoir / et sans douleurs mettre au monde son enfant? / Mais tel est ton mystère prodigieux: / sainte Mère de Dieu, nous te magnifions.

Qu’il est terrible, ton redoutable tribunal / où j’attends d’être jugé sans pour autant sentir d’effroi, / gaspillant ma vie dans l’insouciance! / Créateur unique, tourne-moi vers toi / qui as opéré la conversion de Manassé.

Ô Christ, arrête le courant de mes immenses maux, / fais pleuvoir mes larmes afin de purifier / les souillures occasionnées par ma folie; / sauve-moi, toi qui sauvas en ton amour / la Courtisane de tout cœur se repentant.

La mémoire des divins Martyrs / brillamment se lève sur nous tous comme un soleil; / éclairant la terre jusqu’en ses confins, / elle chasse l’ombre des faux-dieux, / la ténèbre des passions par le saint Esprit.

La phalange sainte et victorieuse armée, / l’assemblée choisie, le peuple des Martyrs, / le bienheureux chœur s’unit à ceux des Anges: / par leurs prières, ô Christ, fais-nous participer / tous ensemble à ton royaume dans les cieux.

Par la splendeur de celui qui de ton sein / se leva sur nous et dissipa la nuit privée de Dieu, / Vierge Mère, éclaire-nous / qui tous ensemble t’honorons fidèlement / et des ténèbres sauve-nous au jour du jugement.

* * *

Le Fils du Père sans commencement

Seigneur, ôte de moi la fange du péché, / toi le Dieu d’amour qui seul en est exempt; / écoute la prière du Baptiste, / car au monde entier il est venu montrer / l’Agneau de Dieu qui ôte les péchés du genre humain.

Prophète du Seigneur, ayant trouvé en toi / la rose au doux parfum, le cyprès qui fleure bon, / le lis pérenne, le précieux onguent, / j’éviterai les miasmes du péché / en cherchant refuge sous ta protection.

Bienheureux, rends-moi stérile en actes dépourvus de fruit / pour que je produise l’abondance des vertus / qui fera de moi un vrai fils du Seigneur / au divin royaume digne d’avoir part / en compagnie de l’assemblée des Saints.

À nous qui t’aimons et qui te célébrons avec ardeur / et pèlerinons jusqu’en ton temple saint, / du ciel accorde rémission pour nos péchés, / Précurseur du Christ, et révision de vie / et pour nos fautes la clémence du Seigneur.

Celui dont le vouloir supporte l’univers / et que dans son sein portait la Vierge immaculée, / tu l’as adoré, Prophète, et maintenant / avec elle supplie-le pour le salut de ma pauvre âme / chaque jour tombant en de nombreuses transgressions.

Apostiches

Par mes fautes je surpasse tout pécheur: / de qui apprendrai-je le repentir? / si je soupire comme le Publicain, / j’ai l’impression d’importuner les cieux; / et si je pleure comme la Débauchée, / je souille la terre de mes pleurs; / accorde-moi donc le pardon de mes péchés, / ô mon Dieu, et prends pitié de moi.

Seigneur, ne regarde pas mes péchés, / toi qu’une Vierge a enfanté, / mais purifie mon cœur pour en faire le temple du saint Esprit; / ne me rejette pas loin de ta vue, / toi qui possèdes l’abondance du salut.

Les saints Martyrs ayant pris la croix du Christ / comme un invincible trophée, / ont détruit la puissance du Démon / et, couronnés dans le ciel, / ils sont devenus nos protecteurs / qui sans cesse intercèdent pour nous.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Réjouis-toi, Vierge Mère de Dieu, / indestructible Temple du Sauveur, / sanctuaire dont le Prophète disait: / Saint est ton Temple, merveille pour les justes.

LITURGIE

Béatitudes

Empruntant la voix du bon Larron, / ô Christ, nous te crions: / Souviens-toi de nous, Seigneur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

J’ai surpassé par mes crimes le Larron / et la Courtisane par mes passions: / j’ai signé ma propre condamnation, / mais toi, Sauveur, aie pitié de moi.

Baptiste qui dans l’onde fis s’abaisser / l’Océan de miséricorde infinie, / Précurseur, par tes prières diminue / la multitude de mes passions.

Vous qui avez noyé sous les flots de votre sang / les mensonges du Serpent, / saints Athlètes du Christ notre Dieu, / à juste titre vous êtes glorifiés.

Gloire au Père ...

L’esprit de l’homme, ainsi qu’il est écrit, / malgré toute son éloquence ne peut / en trois personnes chanter comme il faut / l’unique pouvoir de la Divinité.

Maintenant ...

Celle qui enfanta la Divinité éternelle / sans être consumée par son feu, / sans cesse nous voulons lui présenter / tous ensemble la louange de nos chants.

Mercredi

LE MARDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Sauveur, te voyant cloué sur la croix, / le soleil s’obscurcit en son effroi, / le voile du Temple se déchira en deux, / la terre trembla et de même les rochers / dans leur tremblement furent scindés, / ne pouvant supporter de voir leur Créateur / souffrir injustement sur le bois, / même si ce fut de Son plein gré, / et malmené par les impies.

Renversé, bouleversé, / le voilà complètement terrassé, / le perfide Serpent / lorsque toi-même sur la croix, / par amour du genre humain, / Seigneur, tu fus exalté; / Adam est délivré de la malédiction, / il est sauvé, lui jadis condamné, / et nous-mêmes nous te prions: / fais-nous grâce et sauve-nous / et rends-nous dignes de ton Royaume dans les cieux.

Tu es mis en jugement, / unique Roi qui viendras juger l’univers / au jour de ta Parousie; / tu ceins la couronne d’épines, Sauveur, / toi qui viens dans ton amour du genre humain / arracher les ronces produites par le péché; / mais dans ta puissance tu plantes au cœur de tout croyant / qui se prosterne devant ta sainte crucifixion, / la connaissance de ta miséricorde infinie.

* * *

Trésor et délice des besogneux / et refuge des affamés, / ô Vierge, tu es l’espoir des orphelins: / nous te glorifions criant dans l’affliction: / Plus sainte que les Saints, / hâte-toi de délivrer / tes serviteurs de toute tentation, / du terrible châtiment / et de l’éternelle condamnation.

La multitude de mes offenses, en vérité, / me dépasse la tête, Vierge immaculée, / et dans le foisonnement de mes péchés / je porte un poids trop pesant, / malheureux et incorrigible que je suis; / mais toi, par ta chaleureuse intercession, / hâte-toi de me sauver / puisqu’en toi les pécheurs retrouvent leur chemin.

Comme au havre du salut / je recours à ta sainte protection, / Vierge Mère immaculée / et je te prie d’avoir pitié: / ne repousse pas ton serviteur, / mais sauve-le de la présente affliction, / toi qui par nature as compassion; / Mère du Dieu très-haut, intercède toujours / et sauve de toute adversité / tes fidèles serviteurs.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Lorsque tu vis suspendu à la croix / le raisin mûr que tu avais produit sans labours, / ô Vierge, tu t’écrias en pleurant: / Ô mon Fils, laisse couler le doux nectar / qui fera cesser l’ivresse des passions / lorsque j’intercèderai maternellement auprès de toi, / Dieu de tendresse et divin Bienfaiteur.

Apostiches

Sauve-moi, Christ Sauveur, / par la puissance de ta Croix, / toi qui sauvas Pierre sur les flots, / et prends pitié de moi, ô mon Dieu.

De l’arbre de ta Croix, / Christ notre Dieu, tu fis un arbre de vie / pour nous qui croyons en toi; / par lui tu as détruit l’Ennemi / qui avait l’empire de la mort, / tu nous as vivifiés, nous que le péché avait mis à mort; / aussi nous te crions: / Bienfaiteur de l’univers, Seigneur, gloire à toi.

En chœur, les saints Martyrs résistèrent aux tyrans, / disant: Nous militons pour le Roi des Puissances d’en-haut; / vous aurez beau nous faire subir les tourments et le feu, / nous ne renierons pas la puissance de la Trinité.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Vierge sainte, lorsqu’on mit en croix ton Fils et ton Dieu, / quelle douleur tu éprouvas, / pleurant, gémissant et criant amèrement: / Hélas, mon Enfant bien-aimé, / comme tu souffres injustement / en voulant sauver la race d’Adam! / C’est pourquoi, ô Vierge, nous te supplions avec foi: / procure-nous la faveur de ton Fils.

LE MARDI SOIR À COMPLIES

Le canon porte en acrostiche: Les liens de mes passions, ô Vierge, brise-les.

Ode 1

Venez, tous les peuples, chantons pour notre Dieu, / le Christ, qui divisa la mer / pour le peuple qu’il a soustrait / à la servitude des Égyptiens, / car il s’est couvert de gloire.

Vierge pure, pour te chanter / je n’ai pas le verbe le plus harmonieux, / puisque me couvre la ténèbre du péché, / mais toi, Génitrice de Dieu, / dans mes limites accepte-moi.

Toute-pure, moi qui ai commis / d’immenses fautes, je me réfugie / sous ta protection pour que tu veuilles bien / m’obtenir du Dieu et Maître qui voit tout / sa bienveillance et me sauver.

Gloire: C’est toi ma chaleureuse propitiation: / en abordant près de toi je serai sauvé / et de mon âme j’obtiendrai le salut, / car tu peux faire tout ce que tu veux, / étant la Mère de Dieu.

Maintenant: Le séducteur de nos âmes m’a poussé / dans le gouffre de la perdition; / mais toi, ô Mère de Dieu, / étends vers moi ta puissante main / et vers la lumière fais-moi vite remonter.

Ode 3

Seigneur, affermis nos cœurs en ton amour, / toi qui sur la croix fis disparaître le péché, / et plante la crainte de ton nom / dans les cœurs de ceux qui te louent.

Dès maintenant je t’expose mes secrets, / à toi qui es vraiment refuge et protection, / pour qu’en son juste jugement / ton Fils ne me le reproche.

Tombé aux mains de nombreux brigands, / hélas, je fus dépouillé, blessé, abandonné, / mais toi, divine Mère, / ne détourne pas de moi ton regard.

Gloire: Afin de dépouiller l’antique Adam, / il l’a séduit par le fruit de l’arbre, le serpent; / et mon âme, pareillement / il l’a réduite en servitude: aie pitié de moi.

Maintenant: Aie pitié de nous, Vierge pure, prends pitié, / car nulle de nos œuvres ne nous assure le salut; / c’est pourquoi, dans l’ardeur de notre foi, / nous te prions de prendre en pitié tes serviteurs.

Ode 4

Je te chante, Seigneur, car j’ai ouï et, dans le mal où je gis, / je surpasse en perversité / tous les déchus de jadis: / des premiers veuille m’embellir à présent, / divine Épouse, et délivre-moi du second.

Je souffre d’un incurable mal, / notre Dame, et je suis pauvre de vertu: / n’aie pas dégoût de moi, mais accorde-moi / la compassion qui est le propre de ta bonté, / et par tes soins fais que j’acquière ce trésor: / l’or incorruptible du royaume des cieux.

Me voici dépouillé de tous les bien / et, dans le mal où je gis, / je surpasse en perversité / tous les déchus de jadis: / des premiers veuille m’embellir à présent, / divine Épouse, et délivre-moi du second.

Gloire: La Courtisane, je l’ai surpassée, / notre Dame, par ma lascivité / et le Publicain par ma cupidité / en désir ou en effet; / mais de l’un et l’autre accorde-moi / de posséder avant la fin le repentir.

Maintenant: J’ai habité le désert de l’affliction / en m’éloignant de toi, / Génitrice de mon Dieu: / qui me donnera des ailes pour voler, / pour atteindre mon espoir auprès de toi / qui sauves des défaillances de mon âme le malheureux que je suis?

Ode 5

Toi qui es la source de clarté / et le créateur des siècles, / Seigneur, dirige-nous / à la clarté de tes préceptes: / nous ne connaissons nul autre Dieu que toi.

De même que pour ceux de la terre tu as fait briller / au sortir de ton sein la lumière sans couchant, / déverse ta clarté sur mon âme enténébrée, / pure Souveraine, et chasse au loin / toute brume de mon cœur.

De mes crimes, de mes mauvaises actions / voici que me recouvre la sombre nuit, / mais je te prie de me guider, / resplendissante Dame, vers la divine clarté / de ton Fils et Seigneur.

Gloire: Moi aussi, Vierge pure, accueille-moi / comme ton Fils, le créateur de l’univers, / a reçu l’Enfant prodigue; / avec lui je m’écrie: en vérité j’ai péché, / notre Dame, sauve-moi.

Maintenant: Vierge pure, dans ta compassion, / guéris mon cœur meurtri / par les traits de l’ennemi, / toi qui as mis au monde ineffablement / celui qui sur la croix fut meurtri dans sa chair.

Ode 6

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

Je suis tombé dans le gouffre du péché / et, dans ma crainte, ne puis lever les yeux vers celui qui n’oublie rien, / mais c’est toi que j’implore, sainte Épouse de Dieu.

Mon cœur coiffé par les terribles vagues de mes péchés, / sauve-le, virginale Mère de mon Dieu, / par ta puissante intercession.

Gloire: De ta gloire puissé-je contempler la splendeur, / autant que possible, quand mon âme quittera mon corps, / afin que je sache qu’en l’au-delà j’ai obtenu le pardon.

Maintenant: Des épreuves, des périls, de l’affliction, / sainte Dame, sauve par tes prières auprès de Dieu / tes serviteurs qui se réfugient près de toi dans la foi.

Cathisme

Mère de Dieu, nous te magnifions en chantant: / Réjouis-toi, fertile rameau / sur lequel a fleuri sans semence / le Dieu qui sur la croix triompha de la mort.

Ode 7

Les Jeunes Gens, méprisant le culte impie / de la statue d’or élevée / dans la plaine de Doura, / au milieu des flammes psalmodiaient, / couverts d’une fraîche rosée: / Béni sois-tu, Dieu de nos Pères.

En sa gueule béante l’ennemi / maintenant s’empresse de m’engloutir / et me crée de tout côté / des pièges, des tentations / pour couper mon élan; mais toi, vite, sauve-moi, / Vierge Mère, de ses perfides complots.

Le Maudit souille mes sens et trouble mon esprit, / luttant pour me pousser dans le gouffre du désespoir; / c’est pourquoi, divine Épouse, je te prie, / toi qui es pour moi l’unique abri, / de me délivrer de sa main / et de ses perfides séductions.

Gloire: Toi qui jadis, ô mon Christ et Verbe, as délivré / les trois jeunes gens de la fournaise brûlant jadis, / moi aussi, délivre-moi / de la flamme que j’ai allumée par mes innombrables péchés / et rafraîchis-moi par l’intercession / de celle qui t’enfanta sans connaître d’homme.

Maintenant: Trouvant frivole mon cœur, le corrupteur m’a mis à mort; / mais revêts-moi de la force divine / et rends-moi digne d’en triompher, / Mère inépousée, afin que dans la foi / je puisse te chanter à haute voix: / Bénie es-tu qui dans la chair enfantes Dieu.

Ode 8

Le Dieu qui descendit dans la fournaise / pour venir en aide / aux enfants du peuple hébreu / et changer la flamme en une fraîche rosée, / toutes ses œuvres, chantez-le comme Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Je succombe sous le trop grand poids / de mes innombrables péchés / et n’ose nullement / lever mes yeux vers le ciel; / aussi prends pitié de ma déchéance, / je t’en prie, unique Mère de Dieu.

Je redoute, Vierge pure, le courroux / de ton Fils et notre Dieu; / aussi délivre-m’en / et à l’heure où il me fera passer en jugement / sois mon secours pour m’éviter / d’aller à sa gauche parmi les boucs.

Gloire: Me voici tel un mort: éveille-moi / de la fosse où m’ont poussé tant de péchés, / divine Épouse vierge, et par ton intercession / délivre-moi de toute séduction / où l’ennemi, le corrupteur des âmes, / puisse, dans sa lutte, m’entraîner.

Maintenant: Comment, ô mon âme difficile à corriger, / as-tu défiguré ton antique et bel aspect, / comment as-tu rejeté toute amitié / envers ton créateur et préféré les pires maux; / mais relève-toi pour accourir / auprès de la divine Mère avec foi.

Ode 9

Le Dieu et Verbe, en sa sagesse inégalée, / est venu du ciel / renouveler Adam déchu / pour avoir mangé le fruit de perdition; / d’une Vierge sainte il a pris chair pour nous, / et nous fidèles, à l’unisson / dans nos hymnes nous le magnifions.

Par des œuvres funestes en vérité / j’ai souillé mes sentiments, / Vierge tout-immaculée, / et je suis rempli d’œuvres maudites; / mais rends-moi pur en demandant pour moi / le temps favorable de la componction, / afin que sans cesse je te puisse magnifier.

Toi-même, rends-moi justice lorsque paraîtront / manifestement les secrets de chacun, / ô Vierge, puisque tu as le pouvoir / de m’éviter le séjour ténébreux: / place-moi donc, par ton intercession, / dans le lieu où se trouvent la clarté / et l’allégresse qu’on ne peut exprimer.

Gloire: Avant que ma fin n’arrive, je te prie, / ô Verbe, de m’accorder l’ardeur du repentir, / les larmes de la componction, / la totale sagesse, l’humilité / ainsi que la divine charité / et place-moi parmi les brebis de ton bercail, / par les prières de celle qui t’enfanta.

Maintenant: Toi qui surpasses les êtres sensibles et immatériels, / ô Vierge ayant, après Dieu, plus de gloire et plus d’honneur, / n’aie pas dégoût de moi / qui ai surpassé par mes péchés / tous les hommes de jadis et d’à présent / qui sur terre ont péché, mais sauve-moi / par ta divine intercession.

LE MERCREDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Au milieu de la terre tu as accompli le salut, / ô Christ notre Dieu; / sur la croix tu étendis tes mains immaculées / afin de rassembler / toutes les nations, qui te chantent: Seigneur, gloire à toi!

Nous t’offrons, Seigneur, le talisman de la Croix vivifiante / que malgré notre indignité tu nous donnas dans ta bonté; / sauvegarde notre pays et tout le peuple chrétien / par les prières de la Mère de Dieu, seul Ami des hommes.

Contemplant, ô Christ, ta mort sur la croix, / la Vierge ta Mère pleurait amèrement: / Ô mon Fils, disait-elle, quel est ce mystère effrayant? / toi qui accordes à tous la vie éternelle, / comment peux-tu de plein gré / souffrir sur cette croix le déshonneur et la mort?

Cathisme II

Devant ta sainte Icône nous nous prosternons, Dieu de bonté, / implorant le pardon de nos fautes, ô Christ notre Dieu, / car tu as bien voulu souffrir en montant sur la croix / pour sauver ta créature de la servitude de l’Ennemi; / aussi dans l’action de grâce nous te crions: / tu as rempli de joie l’univers, / ô notre Sauveur, en venant porter au monde le salut.

Par ta Croix tu as illuminé l’univers, / à la repentance tu as invité les pécheurs: / bon Pasteur, ne me sépare pas de ton bercail, / mais viens chercher, ô Maître, ta brebis égarée; / compte-moi dans le troupeau de tes élus / en ton amour pour les hommes et ton unique bonté.

Sous la croix se tenait la Vierge qui t’enfanta / et, ne pouvant supporter de te voir souffrir injustement, / elle pleurait et gémissait en disant: / Ô mon Fils, impassible par nature, comment souffres-tu? / Je chante et glorifie ton immense bonté.

Cathisme III

Imitant la confession du bon Larron, / je te crie, Seigneur de bonté: / Dans ton royaume souviens-toi de moi, / compte-moi comme lui au nombre des élus, / toi qui pour nous as souffert ta Passion volontaire.

Bienheureuse est la terre arrosée de votre sang, / victorieux Athlètes du Seigneur, / et saintes sont les demeures qui abritent vos corps, / puisque dans l’arène vous avez triomphé de l’Ennemi / en proclamant avec courage le Christ: / obtenez-nous de sa bonté / par vos prières le salut de nos âmes.

Merveille inouïe! criait la Vierge immaculée, / voyant son Fils cloué sur la croix: / celui qui de sa main soutient l’univers / supporte les souffrances de la mort / et l’on juge et condamne celui / qui accorde à tous le pardon des péchés.

Ode 1

Dans l’abîme jadis fut culbutée / par la puissance invincible / toute l’armée de Pharaon, / et maintenant le Verbe fait chair / a supprimé le poids de nos péchés, / le Seigneur que nous glorifions, car il s’est couvert de gloire.

Transgressant le premier commandement, / le premier homme jadis / récolta sur l’arbre un fruit de mort; / élevé sur l’arbre de la croix, / l’immortel Seigneur, ayant goûté la mort, / donne à tous les hommes l’immortalité.

Quand sur terre fut plantée la Croix, / l’arrogance du Démon / tomba et disparut, / car Adam retourne au Paradis / d’où jadis il l’avait fait chasser: / gloire à toi, unique Dieu qui l’as voulu ainsi!

Figurant les agneaux et les béliers, / égorgés, mutilés, / glorieux Martyrs du Christ, / en sacrifice vous étiez offerts / et de joie vous faites rayonner / l’Assemblée des premiers-nés.

En luttant de pied ferme, saints Martyrs, / vous avez triomphé / des ennemis féroces; / retranchés par le glaive / et jetés dans l’eau et dans le feu, / vous avez gagné le bonheur éternel.

Le chœur des saints Prophètes t’a nommée, / Vierge immaculée, / la porte non franchie, / la terre d’élection, la montagne non taillée, / car tu as conçu l’universel Seigneur / qui a bien voulu souffrir la mort sur une croix.

* * *

Entre les femmes Dieu t’a distinguée / pour ta pureté, / pour ton charme et ta beauté: / il choisit ton sein pour y loger; / Vierge sainte, supplie-le de délivrer / de toute faute ceux qui chantent pour ton nom.

Selon le psaume, comme Reine tu te tiens / à la droite du Roi / qui se leva de ton sein pur: / supplie-le, ô Vierge immaculée, / pour qu’au jour du jugement / il veuille aussi me placer à sa droite.

Tout entière, tu renouvelas / la nature humaine, / terre en friche désolée par le péché, / car tu enfantas la pluie du ciel; / fais que de mon âme le sillon désert porte fruit par tes prières, sainte Épouse de Dieu.

Ode 3

Comme un lis a fleuri le désert et de même fleurira / l’Église stérile des nations / à ton avènement, Seigneur: / en lui mon cœur s’est affermi.

Sur la croix tu ébranlas, Seigneur, la création, / mais tu affermis / les fidèles confessant / ta puissance, ô Verbe, et ta condescendance inouïe.

Par ta croix tu as ouvert, Seigneur, le Paradis, / tu y fis entrer le Larron / qui reconnut ta royauté / et le fabuleux trésor de ta divine bonté.

Comme roses ont fleuri les saints Martyrs: / parfumant d’arôme nos vallons spirituels, / ils ont éloigné les miasmes de l’erreur, / tout en embaumant le cœur des croyants.

Luminaires brillant sur l’univers, / saints Martyrs, éclairez des rayons de l’Esprit saint / tous les fidèles qui vous doivent le salut / et vous disent à juste titre bienheureux.

Te voyant, toi la Source de la vie, / élevé en croix et de plein gré souffrant la mort / pour donner la vie au monde, / la très-sainte Vierge en eut le cœur tout déchiré.

* * *

Toute-pure, de ton sein le Créateur / est sorti porteur de mon humanité / pour donner la robe d’immortalité / â ceux qu’ont mis à nu leurs transgressions.

En tout honneur tu conçus le Verbe Dieu: / Vierge pure, de tout cœur implore-le / pour qu’il prenne en grâce ma pauvre âme / déshonorée par l’habitude des plaisirs.

Guéris les blessures de mon cœur, / Toute-sainte, et sur mon âme empoisonnée / par la morsure venimeuse du serpent, / applique ton remède le plus sûr.

Ode 4

Tu es issu de la Vierge non comme un ange ou un ambassadeur, / mais comme le Seigneur revêtu de notre chair, / tu as sauvé tout mon être; / c’est pourquoi je te crie: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Tu as aboli l’empire de notre Ennemi / lorsqu’on t’éleva sur l’arbre de la croix; / notre malédiction, tu l’as fait disparaître, / et nous qui grâce à toi sommes sauvés, seul Seigneur, nous te glorifions.

Au moment de ta crucifixion / le soleil retint ses rayons en te voyant; / montagnes et rochers se sont fendus, / et se déchira par le milieu / le voile du Temple, Seigneur tout-puissant.

Mis à mort, saints et victorieux Martyrs, / vous avez conduit à sa propre mort notre Ennemi; / et lorsqu’on vous écorcha tout vifs, / vous avez laissé la peau et ses passions / pour vous revêtir de gloire.

Une fois que leur tête fut tranchée, / les redoutables Martyrs ont décapité / les puissances de l’Enfer / et dans l’allégresse ont hérité / une gloire qui demeure sans fin.

Le Christ, reflet du Père, s’est levé / de ton sein très-pur, ô Vierge inépousée, / et lorsqu’il fut mis en croix, / il a resplendi sur l’univers, / faisant disparaître les ténèbres des Démons.

* * *

Sur moi verse une pluie de componction / pour apaiser entièrement / l’effervescence de mon cœur, / refoulant de ma conscience / les désirs mauvais et les viles pensées.

Frappé par l’aiguillade du plaisir, / me voilà blessé, ô Vierge immaculée: / ne te détourne pas de moi, / mais guéris-moi par la lance et par le sang / de ton Fils, notre Dieu crucifié.

Toi qui es riche de ta souveraineté / sur l’entière création, notre Dame, prends pitié / de moi si pauvre en la divine grâce, / afin que je magnifie / ta protection et ta bonté.

Ode 5

Tu es devenu le médiateur entre Dieu et les hommes, / ô Christ notre Dieu: / par toi, ô Maître, nous avons quitté la nuit de l’ignorance / pour aller vers ton Père, / source des lumières, / auprès duquel nous avons accès désormais.

Fixé sur le gibet, tu fis trembler la terre et ses fondements / et transpercé par une lance, tu perças le flanc de l’Ennemi / et sur tous les hommes, ô Christ, / tu fis jaillir les sources du salut.

Ne souffrant pas de voir en son égarement / celui que ta main avait formé, tu étendis tes propres mains, / ô Verbe, sur la croix pour y mourir / et vivifias celui qui sur le bois avait jadis cueilli la mort.

Les amis de Dieu, qui prennent tous les hommes sous leur protection, / admirables fleurs et vases d’élection du saint Esprit, / les sages et victorieux Athlètes / sont à juste titre déclarés bienheureux.

Combattant loyalement, les chœurs des saints Martyrs / confondirent les sans-loi par ta puissance, ô seul Législateur, / puis au terme de leur course / furent ceints de la couronne du martyre.

Ô Vierge, tu demeuras telle après l’enfantement, / car tu mis au monde comme un homme notre Dieu; / lorsque tu le vis cloué en croix, / tu gémis en la douleur atroce de ton cœur.

* * *

Vierge pure qui enfantes le Chemin de notre vie, / veuille me conduire par le droit chemin, / car ma folie m’a fait tomber / dans les ornières et les ravins du péché.

M’exilant dans mon étourderie, / Vierge pure, j’ai mené une vie de débauché; / me voilà perdu dans un pays lointain, / mais par tes prières appelle-moi et sauve-moi.

Abreuve ton serviteur à tes eaux vivifiantes, / car je brûle en la fournaise du péché / et je suis en butte aux flèches du Démon, / Vierge Mère immaculée.

Ode 6

Jonas dans le poisson criait vers le Seigneur: / Je t’en prie, retire-moi des antres de l’Hadès, / Rédempteur, pour que je t’offre un sacrifice / dans les chants de laude et en esprit de vérité.

Croisant les mains sur les têtes des enfants, / Jacob préfigura, ô Christ, ta sainte croix / sur laquelle tu as étendu les mains, / sauvant le genre humain de la griffe du Démon.

Roi de tous, par la croix où tu voulus souffrir / le règne du péché, ô Christ, fut aboli: / Adam jadis banni du Paradis / s’y installe de nouveau dans les hymnes de joie.

Ornés de leurs blessures et drapés de sainteté, / revêtus de splendeur, de céleste majesté, / voici les saints Martyrs qui ont aimé le Seigneur: / nous les chanterons de tout l’élan de notre cœur.

Ayant tenu leurs lampes allumées / et s’étant lavés dans le sang qu’ils ont versé, / les divins Martyrs ont pu rejoindre / dans l’allégresse la salle du festin.

Nous te chantons, Vierge toute-digne de nos chants, / toi qui as conçu le Dieu qui prime tout renom, / dont la force a terrassé le pire des tyrans / sur la croix, pour nous offrir le salut et la fierté.

* * *

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable de ta compassion: / de la fasse, mon Dieu, relève-moi.

Ne fais pas de moi la risée des noirs Démons, / au jour du jugement, mais par ton intercession, / notre Dame, que me prenne en grâce le juge, ton Fils!

Je t’ai courroucé par mes crimes et forfaits, / mais voici ta Mère qui plaide en ma faveur: / prends pitié de moi, Seigneur, et sauve-moi.

Sauve-moi de la condamnation que méritent mes péchés, / Souveraine qui conçus le juge d’un chacun, / le Seigneur et Dieu de l’univers.

Ode 7

Sur l’ordre impie d’un injuste tyran / la flamme s’éleva très haut, / mais le Christ a répandu sur les jeunes gens / la rosée de l’Esprit saint: / à lui bénédiction et haute gloire!

Le glaive jadis tourné vers moi / s’en est détourné lorsque sur la croix, Dieu de bonté, / tu fus transpercé par une lance; / c’est pourquoi je veux te magnifier, / puisque tes souffrances ont éloigné mes passions.

Le serpent que Moïse a élevé / préfigure la divine crucifixion / du Christ qui mit à mort l’antique Séducteur / tandis qu’il vivifiait tous ceux / que leurs fautes avaient réduits à la mort.

Du Père sans commencement / vous êtes les fils par divine communion, / ayant imité, ô saints Martyrs, / la Passion du Christ qui vous appelle frères / et cohéritiers du royaume des cieux.

Comme le Maître, ils furent mis en croix, / on les perça de lances et le glaive les trancha; / passant par l’eau et par le feu, / déchirés par le supplice de la roue, / les divins Martyrs témoignèrent dans la joie.

Le raisin mûr que sans labours tu as produit, / Vierge pure, lorsque tu le vis pendu au bois, / tu crias: Ô mon très-doux Enfant, / laisse couler le doux nectar / qui fera cesser l’ivresse des passions.

* * *

Notre Dame, tu es ma force et mon salut, / mon cantique de louange, mon refuge le plus sûr, / mon rempart inébranlable: / chasse au loin les diables ennemis / qui en veulent à mon âme pour la faire périr.

Ayant formé en ton chaste sein le corps de Dieu, / ô Vierge, tu divinisas 1e genre humain; / et moi que souillent les passions / et que l’Ennemi séduit de tout son art, / sauve-moi par tes prières devant Dieu.

La fournaise préfigura, / Toute-pure, ton divin enfantement, / car les Jeunes Gens n’y furent point brûlés, / comme tes entrailles furent préservées du feu divin; / nous t’en prions, délivre-nous de la flamme éternelle.

Ode 8

Jadis à Babylone la fournaise ardente a divisé la force de son action / et selon le décret divin / elle consuma les Chaldéens, / mais répandit la rosée sur les fidèles qui chantaient: / Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Par le sang que fit jaillir ton flanc immaculé, / longanime Seigneur, / la création fut sanctifiée, / les fleuves du polythéisme furent asséchés / et l’ondée de la piété chassa la siccité de l’erreur.

Le soleil fut troublé par ta crucifixion, / ô Verbe, et se cacha / tandis que se fendirent les rochers, / l’Enfer trembla et les esprits des justes / jubilèrent en apprenant l’universelle rédemption.

Les cendres et les reliques des Martyrs / sont pour les fidèles une source de salut; / leur sang guérit les incurables maladies / et dans l’action de grâce, Seigneur, nous te crions: / Tu es admirable dans tes saints Martyrs!

Saints Martyrs, d’un cœur ferme vous avez souffert / la fureur des fauves et les bouillantes immersions, / le froid, le gel, le poids de la chaleur, / les ongles de fer, les geôles et la mort; / c’est pourquoi vous partagez l’allégresse du Christ.

En ta chair il lui plaît de s’incarner, / l’invisible Dieu à nos yeux se laisse voir, / il accepte la crucifixion / et pour nous se fait malédiction, / Pleine de grâce, ton Fils, le Seigneur!

* * *

Recherche le bien, ô mon âme, en t’éloignant du mal / dans la diligence à faire ce qui plaît à Dieu: / la Vierge mère t’assure son intercession / et son intrépide protection, / dans sa compassion et sa bonté.

Mère de Dieu, tu as délivré le genre humain / de l’antique chaîne de la condamnation: / je te prie de délivrer aussi mon cœur / de tout lien qui le rattache au mal, / en me reliant à l’amour du Créateur.

Toi qui enfantas le Reflet de la gloire paternelle, / sur mon cœur souillé par l’infamie de mes péchés, / Mère de Dieu, répands ta lumière / pour que j’aie ma part de gloire sans déclin, / Vierge toute-pure et bénie.

Ode 9

Le Fils du Père sans commencement, notre Seigneur et notre Dieu, / ayant pris chair de la Vierge, / nous est apparu / pour illuminer les ténèbres / et rassembler ce qui était dispersé: / ô Mère de Dieu, toute digne de louange, nous te magnifions.

Guéris ma misère et mon chagrin / par tes plaies et tes blessures, / inaccessible Verbe de Dieu, / et par tes souffrances purifie / ton image souillée par les passions, / Seigneur, toi le Dieu de mon salut.

Ô Maître, aux yeux de tous tu fus élevé, / sur le cèdre, sur le pin et le cyprès, / dans l’amour dont tu nous aimes, / toi qui es l’Un de la sainte Trinité, / une seule personne ayant deux volontés, / pour sauver le genre humain.

Comme cuirasse endossant la sainte croix, / vous êtes demeurés, / saints Martyrs, invulnérés / malgré les flèches de l’Auteur du mal / que vous avez foulé au pied, / le traitant comme un jouet dérisoire.

Si la terre accueille votre sang, / le ciel par contre reçoit / votre souffle et votre esprit / pour lui faire place auprès du trône divin / en compagnie des Anges flamboyants, / victorieux Martyrs, de l’Église inébranlables donjons.

Après sa chute, tu rénovas la nature du premier Adam / lorsque vierge tu conçus / hors des lois de la nature / celui qui en est le Créateur / et que voyant jadis pendu en croix, / Vierge mère, tu pleuras amèrement.

* * *

Ayant pris sur l’arbre la nourriture défendue, / Adam goûta l’amertume de la mort / mais, cloué sur l’arbre de la croix, / ton Fils, ô Vierge, fit jaillir sur nous / la douceur de l’immortalité: / c’est pourquoi nous te magnifions.

Toi la Reine, tu as enfanté / ineffablement le Roi de l’univers / qui renversa l’empire de l’Hadès: / ô Vierge, implore-le sans te lasser / pour qu’il accorde le royaume d’en-haut / à tous ceux qui te célèbrent par leurs chants.

Fais du bien à mon pauvre cœur / perverti par le grand nombre des plaisirs, / Vierge irréprochable / qui as mis au monde le suprême Bien, / et de la pénitence / fais-moi franchir les portes pour mon bien.

Apostiches

Qu’il soit crucifié! / crièrent ceux que tu comblas de tes bienfaits; / et ils demandèrent qu’on libère un criminel / au lieu de leur Bienfaiteur; / et toi, ô Christ, tu gardais le silence et supportais / les cris de ces meurtriers des justes, / car tu voulais souffrir et nous sauver dans ton amour.

Librement tu as voulu / partager notre pauvreté humaine; / ô Christ notre Dieu, / tu vins sur terre et t’incarnas de la Vierge / et tu souffris la mort sur la croix / pour nous libérer de la servitude de l’Ennemi. / Seigneur, gloire à toi.

Ô Christ, la multitude des Martyrs / intercède auprès de toi: / dans ta bonté pour les hommes, aie pitié de nous.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Lorsque l’injuste peuple te suspendit à la croix, / Sauveur qui nous vivifies, / ta Mère toute-sainte se tenait près de toi et gémissait en pleurant: / Enfant bien-aimé, lumière de mes yeux, / comment souffres-tu d’être fixé à la croix / au milieu des malfaiteurs, / toi qui as suspendu la terre sur les eaux?

LITURGIE

Béatitudes

Empruntant la voix du bon Larron, / ô Christ, nous te crions: / Souviens-toi de nous, Seigneur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

Lorsque tu fus élevé sur la croix, / Seigneur, tu élevas avec toi / l’entière nature des mortels / qui sans cesse te chante: Sauveur, gloire à toi.

La cédule écrite contre Adam, / Seigneur, par ta lance tu la déchiras / et, dans l’amour que tu portes aux humains, / tu l’as inscrit dans le livre de vie.

Étant les imitateurs de celui / qui endura la croix pour nous sauver, / saints Martyrs, vous êtes devenus / les cohéritiers de sa gloire.

Gloire au Père...

Au Père éternel et premier, / au Fils qui en partage l’éternité / reviennent avec le saint Esprit / même adoration et même gloire.

Maintenant ...

Lorsque tu vis sur la croix / celui que tu conçus sans semence, / ô Vierge, tu célébras et chantas / son ineffable miséricorde.

Jeudi

LE MERCREDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Du Verbe qui sur terre est apparu / vous vous êtes montrés les hérauts, / Apôtres de Dieu: / à tous vous avez révélé son salut, / rassemblant les peuples pour les conduire vers la foi / et détruisant les forteresses de l’erreur; / et c’est à juste titre, Bienheureux, / que vous avez reçu les honneurs / et la couronne des vainqueurs.

La multitude des Anges en vérité / du haut du ciel applaudit / dans l’allégresse les Apôtres divins, / les voyant proclamer / avec assurance et fermeté / l’incarnation du Seigneur / et clamant devant tous: / Voici que notre Dieu, / celui d’avant les siècles, a voulu / prendre chair comme nous, / lui qui partage le trône du Père / et la gloire du saint Esprit.

Vous, les Pêcheurs de l’univers, / hâtez-vous de libérer / mon âme prise à l’hameçon / par les subterfuges de l’Ennemi, / et sauvez-moi du danger / que je cours en mon désespoir, / me donnant la force de porter / les dignes fruits du repentir, / divins Apôtres, afin qu’évitant la géhenne de feu, / je puisse mériter le royaume des cieux.

* * *

Cerné par la multitude des tentations, / roulé dans la houle de cette vie, / naufragé dans l’océan des périls / et frappé par toutes sortes de chagrins, / je mets en toi mon espoir, / saint Père Nicolas: / délivre-moi de tout fléau / par tes prières, Bienheureux, / et par ton intercession auprès du Seigneur.

Me voici donc enveloppé / des sombres nuages du désespoir / et des ténèbres d’anxiété; / tour à tour me troublent divers sujets d’affliction / et m’oppresse la crainte des dangers: / je t’en prie, sauve-moi! / toi qui as trouvé le bonheur auprès de Dieu, / je te choisis pour défenseur: / Père, réponds-moi lorsque j’invoque ton secours.

Ayant reçu la grâce de par Dieu, / saint Nicolas, tu procures la guérison à tous ceux / qui accourent sous ta protection; / car tu chasses des Démons / les incurables possessions / et ton patronage guérit toute maladie; / et nous aussi, nous te prions, / intercède auprès du Seigneur / pour qu’il sauve de tout mal / ceux qui chantent pour ton nom.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Sainte Mère, tu es pour nous / la force et le rempart de notre vie, / de tes chantres le sûr abri; / qu’ils ne fassent fi de ton secours, / ceux qui toisent tes serviteurs! / car tu es notre avocate auprès de Dieu; / ô notre Dame, n’oublie pas / de sauver tes serviteurs.

Apostiches

Sauveur, tu magnifias / dans tout l’univers / le nom des Apôtres coryphées: / du ciel ils apprirent les ineffables secrets, / pour les hommes ils furent une source de guérisons, / leur ombre seule guérissait les maladies; / le premier fit des miracles, de pêcheur qu’il était, / le second, choisi parmi les juifs, / expliqua de la grâce les dogmes divins; / par leurs prières, Dieu d’amour, / accorde-moi la grande miséricorde.

De toute part attaqués injustement / et vers toi, Dieu de vérité, nous réfugiant, / nous t’adressons le cri de tes Disciples en disant: / Sauve-nous, Seigneur, nous périssons! / Et montre à nos ennemis, nous t’en prions, / que tu protèges ton peuple et le sauves du danger, / à la prière de tes Apôtres pardonnant / la multitude de nos fautes en ton immense bonté: / Maître et Seigneur, gloire à toi.

Grande gloire vous fut acquise par la foi: / non seulement vous avez triomphé de l’Ennemi en souffrant, / mais vous chassez encore les démons, / et vous guérissez toute maladie, / médecins des âmes et des corps; / saints Martyrs, intercédez auprès de Dieu / pour qu’il ait pitié de nos âmes.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Ô Vierge, tu protèges en ta bonté / de ton bras puissant tous les fidèles qui recourent à toi; / devant Dieu nous, les pécheurs, n’avons d’autre défense que toi, / affligés que nous sommes au milieu des dangers; / aussi, Mère du Dieu très-haut, / nous nous prosternons devant toi: / de toute adversité délivre tes fidèles serviteurs.

LE MERCREDI SOIR À COMPLIES

Ce canon, œuvre de Jean Mavropous, métropolite d’Euchaïtes, porte comme acrostiche: Vierge pure, suave ceux qui accourent près de toi.

Ode 1

Venez, tous les peuples, chantons pour notre Dieu, / le Christ, qui divisa la mer / pour le peuple qu’il a soustrait / à la servitude des Égyptiens, / car il s’est couvert de gloire.

Moi qui de lèvres et de cœur te reconnais / à juste titre pour la Mère de mon Dieu, / de la gravité des périls, / des maladies et du péché / garde-moi sain et sauf.

Tout l’océan des grâces, nous le savons, / repose en toi, ô Mère de Dieu; / c’est pourquoi nous réfugiant / de tout cœur sous ta divine protection, / nous trouvons le salut.

Gloire: Implore pour nous qui te chantons / celui qui s’incarna de tes chastes entrailles / et qui, pour nous tirer / des maux amers et du péché, / est sorti de ton sein vénérable.

Maintenant: En toi, nous les fidèles, nous avons tous / le refuge, le solide fondement, / l’allégresse de nos âmes, leur salut, / l’espérance et le rempart, / Vierge comblée de grâces par Dieu.

Ode 3

Seigneur, affermis nos cœurs en ton amour, / toi qui sur la croix fis disparaître le péché, / et plante la crainte de ton nom / dans les cœurs de ceux qui te louent.

Vierge pure, par ton intercession / rends favorable le Dieu sorti de toi / envers les serviteurs qui accourent sous ta protection / et se prosternent avec foi devant ton divin enfantement.

Les paroles de mon âme, écoute-les, / car elle est terriblement troublée: / rends-lui la paix, Vierge toute-digne de nos chants, / toi qui sans cesse l’as sauvée des périls.

Gloire: Gouverne, ô Vierge, mon entière vie, / toi mon espérance et ma protection, / divine Mère, me préservant / des épreuves et des funestes dangers.

Maintenant: La Sagesse hypostasiée de notre Dieu, / tu l’as portée, divine Mère, dans tes bras: / de l’ignorance et de l’égarement / prie-la de sauver ceux qui chantent pour toi.

Ode 4

Seigneur, j’ai perçu le plan de ton salut / et je t’ai glorifié, seul Ami des hommes.

Des blessures de mon âme et des maladies corporelles, / souveraine Mère de Dieu, accorde-moi la délivrance.

Affermis, ô Vierge, en l’espérance et dans la foi / mon être ballotté par les pensées et les passions sur la houle de la vie.

Gloire: De l’assaut de la tempête et des périls délivre-moi / par ton intercession, divine Mère, seule digne de nos chants.

Maintenant: Arrache-moi à la tempête déchaînée de cette vie, / ô Vierge, et guide-moi vers ton havre de paix.

Ode 5

Toi qui es la source de clarté / et le créateur des siècles, / Seigneur, dirige-nous / à la clarté de tes préceptes: / nous ne connaissons nul autre Dieu que toi.

Possédant, contre les diverses tentations, / l’arme invincible, nous voilà sauvés / constamment de tout assaut de l’ennemi, / ô Vierge, nous qui te reconnaissons / pour la Mère de Dieu.

Tu as enfanté, toi qui surpasses les Chérubins, / l’accomplissement de la Loi, / le Fils unique de Dieu qui a pris chair en toi: / envers tes serviteurs / veuille susciter sa faveur.

Gloire: Toi qui portas, Vierge pure, dans tes bras / le Créateur de l’univers, / par ton intercession / procure-nous sa grâce, nous qui de tout cœur / cherchons refuge auprès de toi.

Maintenant: Des angoisses de mon âme accablée de maux, / en ta miséricorde sauve-moi / qui t’adresse ma supplication / comme à l’unique ayant enfanté / le Verbe qui est à l’origine de toute compassion.

Ode 6

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

Te connaissant, notre Dame, comme havre du salut, / je t’invoque en naviguant sur l’océan de cette vie: / sois le gouvernail de mon âme parmi tant de soucis.

De la robe d’innocence, pour mon malheur, / virginale Mère, je me trouve dépouillé: / donne-moi la tunique d’allégresse, toi qui as mis au monde notre Dieu.

Gloire: Ma paresse, hélas, m’a fait déchoir d’une sainte vie: / Vierge toute-pure et bénie, vers le haut ramène-moi / en me dirigeant grâce aux préceptes de ton Fils.

Maintenant: Rends-moi digne de la divine compassion, / toi la Mère du Verbe compatissant / qui sauva les hommes de la mort par son propre sang.

Cathisme

Rends-moi digne d’accéder auprès de Dieu, / Vierge sainte, par ton intercession / et, brisant les liens de mes funestes passions, / de la flamme éternelle délivre-moi.

Ode 7

Les Jeunes Gens, méprisant le culte impie / de la statue d’or élevée / dans la plaine de Doura, / au milieu des flammes psalmodiaient, / couverts d’une fraîche rosée: / Béni sois-tu, Dieu de nos Pères.

Génitrice de Dieu, celui qui a pris chair de toi / en se laissant suspendre sur la croix / a déchiré la cédule écrite contre Adam: / Toute-pure, supplie-le de délivrer / de tout danger les fidèles s’écriant: / Béni sois-tu, Dieu de nos Pères.

Notre Dame, tu es la protectrice des croyants / et leur ferme espérance: alors nous te prions / d’accorder l’océan de ta compassion / à tous ceux qui mettent leur confiance en toi / et s’écrient à l’adresse de ton Fils: / Béni sois-tu, Dieu de nos Pères.

En proie que j’étais aux ténèbres de cette vie, / je n’ai pas accueilli / mes compagnons de peine et de chagrin: / par ton éclat dissipe la brume de mes péchés, / ô Vierge, m’illuminant pour que je puisse chanter: / Béni sois-tu, Dieu de nos Pères.

Gloire: Le splendide ornement des préceptes du salut / dont je m’étais, par le baptême, revêtu, / hélas, par mon insouciance je l’ai terni: / à toi, ô Vierge, maintenant j’ai recours, / te demandant de revêtir à nouveau / la tunique de sagesse grâce à toi.

Maintenant: Déchu de la vie immortelle, l’antique Adam / est sauvé par ton enfantement; / et moi qui suis maintenant, / Toute-pure, sous l’empire du mal, / fortifie-moi et sauve-moi pour me permettre de chanter: / Bénie es-tu qui dans la chair enfantes Dieu.

Ode 8

Le Dieu qui descendit dans la fournaise / pour venir en aide / aux enfants du peuple hébreu / et changer la flamme en une fraîche rosée, / toutes ses œuvres, chantez-le comme Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Dans la faiblesse maintenant se trouve mon esprit, / tombé que je suis le gouffre de l’infamie / au point que je risque en l’au-delà / d’être assailli par toutes sortes de maux; / toi, ô Vierge, guéris-moi en me faisant revêtir / la lumière de la condition impassible.

Pusqu’en toi, ô Vierge, nous possédons / la puissante tour de sûreté, / la solide assise, la garde et protection, / par la foi nous sommes sauvés qui maintenant / célébrons, Toute-pure, ton enfantement / et l’exaltons dans tous les siècles.

Gloire: Nous savons, divine Mère, que tu es / la limpide source d’immortalité, / puisque tu as enfanté le Verbe du Père éternel, / qui lui-même de la mort / délivre les fidèles l’exaltant / dans tous les siècles.

Maintenant: Pour nous, les fidèles, tu fais jaillir / intarissablement / le flot des guérisons; / y puisant l’abondante grâce maintenant, / nous chantons, Vierge pure, ton enfantement / et l’exaltons dans tous les siècles.

Ode 9

Le Dieu et Verbe, en sa sagesse inégalée, / est venu du ciel / renouveler Adam déchu / pour avoir mangé le fruit de perdition; / d’une Vierge sainte il a pris chair pour nous, / et nous fidèles, â l’unisson / dans nos hymnes nous le magnifions.

Ô Vierge déclarée bienheureuse par notre Dieu, / en toi je mets / toute mon espérance, tout mon cœur; / sauve-moi, ô Mère de la vie véritable, / et des éternelles délices prie ton Fils / de me combler, moi qui, plein d’amour et de foi, / te magnifie par des hymnes.

Toi la porte de la divine Lumière, éclaire donc / de l’éclat immatériel issu de ta splendeur / ma pauvre âme enténébrée / et rends-moi digne, ô Vierge, d’échapper / au feu qui brûle dans l’éternité, / moi qui, plein d’amour et de foi, / te magnifie par des hymnes.

Gloire: Voyant que nous souffrons d’âme et de corps / et que nous sommes dévolus aux passions funestes, / notre Dame, dans ta compassion, / nous guérissant, délivre-nous / des peines qui nous accablent maintenant, / afin que par nous puissions / incessamment te magnifier des hymnes.

Maintenant: En ton sein, divine Mère, tu as abrité / le Fils qu’avant les siècles / le Père engendre de son sein: / il est devenu un homme parfait / et comme source de grâces t’a montrée / à nous les fidèles qui nous prosternons / devant ton ineffable enfantement.

LE JEUDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Aux Pêcheurs tu donnas plus de sagesse qu’aux rhéteurs / et tu les envoyas par toute la terre comme hérauts; / en vertu de ton amour ineffable, ô Christ notre Dieu, / à ton Église donne force par leur appui, / sur tes fidèles envoie ta bénédiction, / seul Ami des hommes et Seigneur compatissant.

Les Pêcheurs, prenant les nations dans leurs filets, / enseignèrent aux confins de l’univers / à se prosterner devant toi, Christ notre Dieu, / comme devant le Père et l’Esprit; / affermis par leurs prières notre Foi, / envoie sur les peuples ta miséricorde, / toi qui seul reposes parmi les Saints.

Grâce à toi, Mère de Dieu et toujours-vierge Marie, / nous avons pu participer à la nature de Dieu; / pour nous, en effet, tu as enfanté / le Dieu qui a revêtu notre chair; / aussi, comme il est juste, nous tous, / pieusement nous te magnifions.

Cathisme II

Le Dieu qui s’est appauvri par amour / vous envoya dans le monde pour l’enrichir / et montrer par la pauvreté des messagers / aux confins de l’univers le céleste trésor; / Apôtres qui avez enrichi notre foi, / nous célébrons pieusement votre mémoire sacrée.

Disciples et témoins de la sagesse de Dieu, / les divins Apôtres réduisirent à néant / la folle sagesse des philosophes et des rhéteurs / par la simplicité du dogme qu’ils annonçaient; / aux nations ils donnèrent la sagesse de chanter / selon la vraie foi le seul Seigneur et Créateur. Mère de Dieu, tu es le secours des affligés, / la protectrice des indigents, / l’espérance de ceux qui perdent tout espoir, / la guérisseuse des incurables maladies; / ô Vierge toute-digne de nos chants, / intercède pour nous en présence du Seigneur.

Cathisme III

Des rayons de tes miracles, saint Nicolas, / tu éclaires l’entière humanité, / tu dissipes les ténèbres de l’affliction, / tu repousses l’offensive des périls, / étant auprès de Dieu notre chaleureux intercesseur.

Apôtres, Prophètes et Martyrs, / Pontifes saints et tous les justes, / vous qui avez mené le bon combat / et veillé à la sauvegarde de la foi, / par le crédit que vous avez auprès du Sauveur / obtenez-nous de sa bonté / la grande miséricorde pour nos âmes.

Toi seule, sans semence tu conçus notre Dieu / et demeuras vierge après ta rencontre avec lui: / Toute-pure, je me prosterne devant toi / criant avec crainte et dans la foi: / sauve-moi de mes passions et maladies, / de tout péril et nécessité.

Ode 1

Dans l’abîme jadis fut culbutée / par la puissance invincible / toute l’armée de Pharaon, / et maintenant le Verbe fait chair / a supprimé le poids de nos péchés, / le Seigneur que nous glorifions, car il s’est couvert de gloire.

Vous qui êtes devenus par la foi / les éclairs de la divine Clarté, / lumineux Apôtres du Sauveur, / illuminez mon cœur enténébré / par la griserie des voluptés, / car j’ai passé dans l’insouciance toute ma vie.

Disciples et amis du Christ, / me voici l’ami / du Mauvais qui loge en moi: / délivrez-m’en et faites que mon âme / soit touchée par l’amitié du Dieu / qui aima dans sa bonté tout le genre humain.

Pauvre âme, avant la fin empresse-toi / de te convertir, / de pleurer ta propre mise à mort, / et le Dieu d’amour qui a ressuscité / après quatre jours Lazare son ami / te fera lever à la prière des Apôtres.

Toute-sainte, tu as enfanté / le Dieu très-bon qui fait du bien / à tous ceux qu’atteint la corruption: / Toute pure, implore-le / avec les Prophètes, les Apôtres et les Martyrs / de nous délivrer de nos transgressions.

* * *

Portant couronne, pontife Nicolas, / près du trône du Christ / tu te tiens avec les Anges: / illumine la ténèbre de mon âme, / Bienheureux, afin que dans la joie / je célèbre ta mémoire sacrée.

Le Seigneur qui donne gloire à qui le glorifie / a fait de toi, saint Nicolas, / pour les fidèles un sûr abri, / pour délivrer des tentations / ceux qui se mettent sous ta protection / et t’invoquent avec foi et amour.

Le Serpent m’inspira dans sa malignité / le désir de devenir semblable au Créateur / et fit de moi son prisonnier, / mais grâce à toi, ô Vierge, je fus rappelé / pour être déifié en vérité / par celui que tu as mis au monde, sainte Mère de Dieu.

Ode 3

Comme un lis a fleuri le désert et de même fleurira / l’Église stérile des nations à ton avènement, Seigneur : / en lui mon cœur s’est affermi.

Comme pédagogue possédant en l’Esprit saint / la Sagesse du Père, glorieux Disciples du Seigneur, / vous avez tenu pour folle la sagesse des Grecs.

Délivrez mon âme de la stérilité, / rendez-la fertile en œuvres pleines de vertu, / glorieux Apôtres à qui le Verbe s’est fait voir.

Je suis atteint par la morsure venimeuse du Serpent: / à la prière des Apôtres guéris-moi, / Bienfaiteur de tous et Seigneur compatissant.

Implore la bonté suprême de ton Fils / avec les Apôtres, Vierge tout-immaculée, / pour qu’il sauve de tout mal / et de tout danger les chantres de ton nom.

* * *

Nicolas, bienheureux disciple du Seigneur, / sauve des périls, du malheur et de la mort / les fidèles qui accourent vers toi.

Fais-nous grâce et donne à tes fidèles en ta bonté, / Dieu de compassion, la rémission de leurs péchés / par la médiation de Nicolas ton serviteur.

Apaise, ô notre Dame, le tumulte de mes passions / et dirige ma vie, Vierge sainte qui conçus / le Dieu en qui mon cœur s’est affermi.

Ode 4

Tu es issu de la Vierge non comme un ange ou un ambassadeur, / mais comme le Seigneur revêtu de notre chair, / tu as sauvé tout mon être; / c’est pourquoi je te crie: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Comble-moi de la nourriture du salut, / moi qui chaque jour subis les affres de la faim: / sauve-moi par les prières / des Apôtres saints qui par le monde entier / portèrent ton message, seul Seigneur immortel.

Ami des hommes, tu envoyas comme coursiers / vers les rives du monde et l’océan de cette vie / pour agiter les ondes amères / de la saumâtre incrédulité / tous tes Apôtres glorieux.

Apôtres, vous avez fait briller le Christ / sur ceux de la ténèbre comme un clair soleil: / illuminez aussi mon âme / gisant dans les ténèbres du péché, / et dissipez les noirs pensées de mon cœur.

Ô Vierge toute-digne de nos chants / qui as enfanté le Dieu qu’exalte toute voix, / avec les Apôtres implore-le / pour tes chantres afin qu’ils soient sauvés / de toute faute, péril et châtiment.

* * *

Capable d’accueillir en toute pureté / les rayons de l’Esprit saint, tu devins un astre de clarté / illuminant le monde et ses confins, / saint pontife universel, / sauveur de qui te chante dans la foi.

Toi qui sauves de la mort les jeunes gens, / comme on le vit jadis / maintenant encore sauve-moi / de tout péril et tentation, / bienheureux et vénérable Nicolas.

Tout brillant de l’éclat de tes vertus, / très-saint Père, et devenu l’imitateur / le plus fidèle du Seigneur, / lorsqu’on t’invoque tu te hâtes de sauver / ceux qui te chantent avec amour et respect.

I1 est venu, le Maître de la création, / prendre corps en toi et sauver dans sa bonté / toute mon humanité: / c’est pourquoi nous les fidèles d’une même voix, / nous te vénérons comme la Mère de Dieu.

Ode 5

Tu es devenu le médiateur entre Dieu et les hommes, ô Christ notre Dieu: / par toi, ô Maître, nous avons quitté la nuit de l’ignorance / pour aller vers ton Père, source des lumières, / auprès duquel nous avons accès désormais.

Le grand Pasteur envoya comme brebis / au milieu des loups pour les transfigurer / par la force du Baptême / et la beauté du Verbe, ses Disciples divins.

Saints Apôtres, vous avez illuminé divinement / les cœurs perdus en la ténèbre de l’erreur: / Bienheureux, je vous supplie d’illuminer / mon âme enténébrée par la griserie des voluptés.

Pauvre âme, vite avant la fin / fais pénitence et crie vers le Seigneur: / Contre toi, ô Maître, j’ai péché, pardonne à cause des Apôtres et sauve-moi dans ta bonté.

De ta lumière illumine mon obscurité, / toi le Tabernacle de la divine Clarté; / intercède en compagnie des saints Apôtres, / et que tes prières me délivrent de tout mal!

* * *

Lumière de qui se trouve en la ténèbre, / ô Christ sauveur, salut des sans-espoir, / devant toi je veille, Prince de la paix: / illumine-moi de tes rayons: / je ne connais point d’autre Dieu que toi.

Resplendissant de ton séjour auprès de Dieu, / trois fois bienheureux, tu apparus et délivras / ceux qu’un suffrage inique condamnait à la mort / et qui criaient au Seigneur Christ: / Nous ne connaissons d’autre Dieu que toi.

Dans le ciel contemplant la gloire sans déclin / et jouissant maintenant de l’éclat le plus radieux / de la clarté divine et ineffable, / couvre-moi de ta constante protection, / serviteur du Christ, saint pontife Nicolas.

Afin de rechercher ton image souillée par les passions, / ô mon Christ, tu cachas ta céleste identité / et de la Vierge ayant pris chair, / tu t’es montré à ceux qui te chantaient: / Nous ne connaissons d’autre Dieu que toi.

Ode 6

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

Vous qui procurez l’eau vive du salut, / Disciples du Sauveur, je vous prie, abreuvez-m’en, / car mon âme est exposée à la brûlure du péché.

Apôtres divinement illuminés, / comme les cieux vous annonciez l’ineffable gloire de Dieu: / puissions-nous tous par vos prières y prendre part!

Naufragé sous la houle des périls, / je cherche à te rejoindre, Timonier de l’univers: / par tes Apôtres conduis-moi vers le havre du salut.

Avec les Prophètes, les Apôtres, les Martyrs / et toutes les Puissances d’en-haut, voici ta Mère: écoute-la! / prends pitié de moi et sauve-moi.

* * *

Nicolas, toi dont le chef fut digne de porter / la couronne de victoire, comme un vainqueur et le meilleur / sauve ceux qui invoquent ton nom.

Bienheureux, je suis meurtri par mes péchés, / naufragé dans la tempête des passions; / viens me sauver et porte moi jusqu’au havre du Plaisir de Dieu.

Sur toi, Mère toujours-vierge, j’ai fondé / l’espoir de mon salut, et c’est toi que j’ai choisie / comme sûr abri et rempart inébranlable de ma vie.

Ode 7

Sur l’ordre impie d’un injuste tyran / la flamme s’éleva très haut, / mais le Christ a répandu sur les jeunes gens / la rosée de l’Esprit saint: / à lui bénédiction et haute gloire!

Saints Apôtres, embrasés du feu de l’Esprit saint, / vous avez éteint les braises de l’erreur / et dans le cœur de tout fidèle / vous allumez l’amour de Dieu: / aussi nous élevons nos voix pour vous chanter.

Méprisant le monde et les choses d’ici-bas, / vous avez aimé le Dieu fait chair et conversant / en ce monde avec les hommes: / divins Apôtres, priez-le / de me délivrer des périls de cette vie.

Juste juge, toi qui sondes nos pensées / et qui seul connais mes péchés les plus secrets, / ne me damne pas au jour du jugement / et par l’intercession de tes Apôtres / ne me livre pas au feu éternel.

Le feu de la divinité / ne t’a pas brûlée, ô Vierge inépousée, / lorsqu’ineffablement tu as conçu le Christ: / avec les Apôtres prie-le de libérer / de la flamme éternelle celui qui te glorifie.

* * *

Les jeunes Gens, méprisant le culte impie / de la statue d’or élevée / dans la plaine de Doura, / au milieu des flammes psalmodiaient, / couverts d’une fraîche rosée: / Béni sois-tu, Dieu de nos pères!

Je suis tombé sous les coups des tentations / et dans mon désespoir / j’ai approché les portes de l’Enfer: / sauve-moi par tes prières, / relève-moi pour que je puisse te chanter: / Bienheureux es-tu, saint pontife du Christ.

Auréolé des rayons immatériels / de la lumière sans soir, / libère ceux que l’affliction / détient en ses ténèbres, / et conduis vers la lumière ceux qui chantent pieusement: / Serviteur du Christ, nous te disons bienheureux.

Prie le Christ, ton Fils et notre Dieu, / Vierge Mère, pour que ceux / qu’ont asservis les noirs péchés / et les maléfices du Serpent, / soient rachetés par son précieux sang / et chantent: Béni sois-tu, Dieu de nos pères!

Ode 8

Jadis à Babylone la fournaise ardente / a divisé la force de son action / et selon le décret divin / elle consuma les Chaldéens, / mais répandit sa rosée sur les fidèles qui chantaient: / Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Reposant sur vous, l’Esprit Consolateur / se fit voir sous forme de feu, / divins Apôtres du Seigneur, / enflammant comme torches les impies, / mais illuminant tous ceux / qui le servent pieusement.

Guéris, Dieu de tendresse, je t’en prie, / les incurables passions / qui s’emparent de mon cœur, / illumine ma pauvre âme, / guide mon esprit enclin au mal, / par l’intercession de tes Disciples, Seigneur.

Gémis, pauvre âme, et pleure sans répit, / verse des larmes sur ton sort / avant la fin de cette vie, / avant que d’exhaler l’inconsolable plainte, / et dis à ton Seigneur et Créateur: / Par les prières des Apôtres prends pitié de moi.

La fournaise qui jadis laissa intacts les Jeunes Gens, / Vierge tout-immaculée, / préfigura ta conception; / c’est pourquoi je te supplie d’intercéder / avec tous les Apôtres et les Prophètes saints, / pour que la géhenne ne m’atteigne de son feu.

* * *

Le Dieu qui dans la fournaise descendit / pour venir en aide / aux enfants du peuple hébreu / et changer la flamme en une fraîche rosée, / toutes ses œuvres, chantez-le comme Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Dans ta bienveillance et ta compassion / libère des périls / ceux que cerne l’océan des tentations, / leur procurant la délivrance / par tes prières auprès du Christ sauveur, / bienheureux pontife Nicolas.

Initiateur des ineffables vérités, / ministre des mystères / célestes, immatériels, / divin Pontife plein de foi, / demande au Christ notre Sauveur / la rémission de nos péchés.

Hélas! sans force est mon esprit: / j’ai déjà rejoint / le fond du désespoir / et je suis la proie de tant de maux, / mais toi, ô Vierge, guéris-moi, / entoure-moi de clarté salutaire.

Ode 9

Le Fils du Père sans commencement, notre Seigneur et notre Dieu, / ayant pris chair de la Vierge, / nous est apparu / pour illuminer les ténèbres / et rassembler ce qui était dispersé: / ô Mère de Dieu, toute digne de louange, nous te magnifions.

Je suis l’incorrigible condamné / et j’ai négligé / de suivre tes commandements; / j’ai prêté l’oreille aux séductions du Diable; / fais-moi revenir vers toi / par l’intercession de tes Apôtres, Seigneur.

Apôtres glorieux et bienheureux, / disciples du Sauveur / et ses annonciateurs, / sauvez-moi de tout dommage, / de la colère et des périls, / de toute faute et transgression.

Voici mon âme qui s’obstine en son erreur, / ma conscience souillée / par la fange du péché, / voici mon cœur et mes pensées / maculés de tant d’impuretés: / Ami des hommes, fais-moi grâce en ton amour.

De ton Fils les Apôtres ont annoncé / par le monde entier / la divinité, l’humanité; / avec eux, ô Toute-sainte, implore-le / pour qu’au jour du redoutable jugement / il épargne les fidèles qui te magnifient.

* * *

La grâce divine t’illuminant de ses rayons, / Bienheureux, tu t’es montré / comme flambeau de la bonté: / tu affranchis les opprimés, / tu sauves en mer les naufragés, / tu nourris les affamés, de merveilleuse façon.

Maintenant que tu demeures au Paradis, / contemplant très clairement / l’ineffable gloire du Seigneur, / du haut de la voûte céleste / veille sur les chantres de ton nom, / bienheureux Pontife porteur de Dieu.

Mère de Dieu, en tes entrailles immaculées / chastement tu as conçu / le Verbe du Père hypostasié, / la Sagesse et la Puissance de Dieu / qui assuma le temple de son corps / en l’indivisible union des deux natures.

Apostiches

Sauveur, tu magnifias / dans tout l’univers / le nom des Apôtres coryphées: / du ciel ils apprirent les ineffables secrets, / pour les hommes ils furent une source de guérisons, / leur ombre seule guérissait les maladies; / le premier fit des miracles, de pêcheur qu’il était, / le second, choisi parmi les juifs, / expliqua de la grâce les dogmes divins; / par leurs prières, Dieu d’amour, / accorde-nous la grande miséricorde.

De toute part attaqués injustement / et vers toi, Dieu de vérité, nous réfugiant, / nous t’adressons le cri de tes Disciples en disant: / Sauve-nous, Seigneur, nous périssons! / Et montre à nos ennemis, nous t’en prions, / que tu protèges ton peuple et le sauves du danger, / à la prière de tes Apôtres pardonnant / la multitude de nos fautes en ton immense bonté: / Maître et Seigneur, gloire à toi.

Victorieux Martyrs, vos reliques sont honorées / en toute ville, en tout pays, / car vous avez combattu généreusement / et reçu la couronne dans les cieux; / vous êtes la gloire des prêtres et des rois, / et l’ornement des saintes Églises de Dieu.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Joie de tous les opprimés, / protectrice de qui souffre injustement, / nourriture des affamés, / consolation des étrangers, / bâton des aveugles, et des faibles le soutien, / secours et protection des affligés, / auxiliatrice des orphelins, / tu es la Mère du Dieu très-haut; / et tous, nous nous prosternons devant toi: / délivre-nous de tout danger.

LITURGIE

Béatitudes

Empruntant la voix du bon Larron, / ô Christ, nous te crions: / Souviens-toi de nous, Seigneur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

Apôtres qui avez rejoint / les confins de l’univers, des ténèbres de l’erreur / vous avez très-sagement délivré les mortels.

Dans les filets de la grâce de Dieu / vous avez tiré les humains / du gouffre des vaines adorations, / sages révélateurs des mystères divins.

Fidèles, chantons d’un même chœur / les victorieux Athlètes du Christ / qui ont mené leur course à bonne fin / gardant sans faille la foi des chrétiens.

Gloire au Père ...

Et nous, les fidèles, maintenant / tous ensemble avec crainte glorifions / du Père le Fils consubstantiel / en l’unité de l’Esprit divin.

Maintenant ...

Des Apôtres tu es la fierté, / tu es la parure des Martyrs; / ô Vierge toute-immaculée, / tu fus pour le monde la cause du salut.

Vendredi

LE JEUDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Sauveur, te voyant cloué sur la croix, / le soleil s’obscurcit en son effroi, / le voile du Temple se déchira en deux, / la terre trembla et de même les rochers / dans leur tremblement furent scindés, / ne pouvant supporter de voir leur Créateur / souffrir injustement sur le bois, / même si ce fut de son plein gré, / et malmené par les impies.

Renversé, bouleversé, / le voilà complètement terrassé, / le perfide Serpent / lorsque toi-même sur la croix, / par amour du genre humain, / Seigneur, tu fus exalté; / Adam est délivré de la malédiction, / il est sauvé, lui jadis condamné, / et nous-mêmes nous te prions: / fais-nous grâce et sauve-nous / et rends-nous dignes de ton Royaume dans les cieux.

Lorsque le peuple sans-loi, / Sauveur, te cloua sur la croix, / toi, la Vie de l’univers, / toute la création trembla d’effroi, / les royaumes de l’Hadès et l’empire de la mort / par ta divine puissance furent anéantis; / Adam, le premier père, à ce moment / dans l’allégresse te cria: / Gloire à ta condescendance, Seigneur ami des hommes.

* * *

Penche ton visage vers nous / à la prière de tes serviteurs, / Toute-pure, accorde-nous / les sources de larmes pour laver / les souillures de nos péchés / et pour éteindre les flammes du feu éternel; / car tu exauces les prières de ceux / qui t’invoquent de tout cœur, / toi la Mère du Seigneur.

Secoué par la tempête des pensées, / par la houle de cette vie, / égaré par les esprits dévoyés / du Prince de ce monde, le Mauvais, / Vierge pure, je crie vers toi: Hâte-toi de me délivrer / des périls m’environnant / afin que d’un cœur reconnaissant, / Vierge comblée de la grâce de Dieu, / j’annonce à tout fidèle tes merveilles.

Vois la faiblesse où je suis, / vois la misère de mon âme désolée, / Vierge sainte, et la perversion de mon cœur; / dissipe les complots des ennemis invisibles / qui m’assaillent et combattent contre moi; / car ayant enfanté notre Dieu, / tu peux à ce titre obtenir / la rédemption pour les fidèles en péril.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Quelle bonté, ô mon Fils! / quelle miséricorde infinie! / quelles patience et longanimité! / criait la Vierge tout en pleurs; / Verbe éternel et immortel, / comment as-tu choisi de mourir? / Grand est le mystère que je vois, / et je ne puis que me prosterner / devant ta Passion soufferte de plein gré.

Apostiches

Sauve-moi, Christ sauveur, / par la puissance de ta Croix, / toi qui sauvas Pierre sur les flots, / et prends pitié de moi, ô mon Dieu.

De l’arbre de ta Croix, / Christ notre Dieu, tu fis un arbre de vie / pour nous qui croyons en toi; / par lui tu as détruit l’Ennemi / qui avait l’empire de la mort, / tu nous as vivifiés, nous que le péché avait mis à mort; / aussi nous te crions: / Bienfaiteur de l’univers, Seigneur, gloire à toi.

N’ayant point désiré les jouissances d’ici-bas, / les saints Martyrs ont obtenu les trésors célestes, / ils sont devenus concitoyens des Anges; / par leurs prières, Seigneur, / aie pitié de nous et sauve-nous.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Lorsque tu vis suspendu à la croix / le raisin mûr que tu avais produit sans labours, / ô Vierge, tu t’écrias en pleurant: / Ô mon Fils, laisse couler le doux nectar / qui fera cesser l’ivresse des passions / lorsque j’intercèderai maternellement auprès de toi, / Dieu de tendresse et divin Bienfaiteur.

LE JEUDI SOIR À COMPLIES

Canon alphabétique renversé (de ω à a), œuvre de Jean Mavropous, métropolite d’Euchaïtes.

Ode 1

Dans l’abîme jadis fut culbutée / par la puissance invincible / toute l’armée de Pharaon, / et maintenant le Verbe fait chair / a supprimé le poids de nos péchés, / le Seigneur que nous glorifions, car il s’est couvert de gloire.

Comme belle, parfaite, comme tout-immaculée, / parmi les femmes Dieu t’ayant choisie, / il habita ton sein très pur: / supplie-le donc de préserver / de la souillure du péché / tous ceux qui chantent pour toi.

Comme on le chante dans le psaume, Vierge immaculée, / c’est en reine que tu te tiens / à la droite du grand Roi / qui de ton sein a resplendi: / implore-le pour qu’il me place moi aussi / à sa droite au jour du jugement.

Gloire: La nature des mortels, rendue inculte par toutes sortes de péchés, / tout entière tu l’as renouvelée / en enfantant la pluie du ciel: / je t’en prie, divine Épouse, / fais que le sillon désert / de mon âme porte du fruit.

Maintenant: Mis à mort par l’arbre du savoir, / vers la vie, nous les fidèles, nous fûmes rappelés / par le nouvel arbre de vie / issu de toi, divine Mère, ineffablement, / le Christ notre Dieu; et par le crédit que tu possèdes auprès de lui / intercède pour que nos âmes soient sauvées.

Ode 3

Comme un lis a fleuri le désert et de même fleurira / l’Église stérile des naions / à ton avènement, Seigneur: / en lui mon cœur s’est affermi.

Porteur de mon humanité, / Vierge pure, de ton sein / s’est avancé le Créateur / pour accorder la tunique d’immortalité / à ceux que tant de fautes avaient mis à nu.

Ô Vierge qui as enfanté / le Verbe Dieu surpassant tout honneur, / sans cesse prie-le de prendre en compassion / ma pauvre âme ternie / par les déshonorantes voluptés.

Gloire: De mon âme guéris les plaies / et mon pauvre cœur, / empoisonné par le venin du serpent, / de ton efficace remède soigne-le, / Vierge tout-immaculée.

Maintenant: Possédant, ô Vierge immaculée, / le crédit d’une Mère auprès de ton Fils, / demande-lui de secourir / le peuple soumis à tant de maux / et d’écraser l’orgueil des impies.

Ode 4

Tu es issu de la Vierge non comme un ange ou un ambassadeur, / mais comme le Seigneur revêtu de notre chair, / tu as sauvé tout mon être; / c’est pourquoi je te crie: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Sur moi verse une pluie de componction / pour enlever tout à fait / l’inflammation de mon cœur / et chasser loin de mon âme / les pensées moroses.

Je suis blessé par le glaive du plaisir / et demeure vulnéré: / de moi, ô Vierge, n’aie mépris, / mais guéris-moi par la lance et le sang / du Crucifié, ton Fils et notre Dieu.

Gloire: Toi qui possèdes la souveraineté / sur l’entière création, / aie compassion de moi, / qui suis tellement pauvre de la divine grâce, / pour que je magnifie ton excellente protection.

Maintenant: De ton sein le Reflet du Père s’est levé: / c’est le Christ, il a illuminé / par sa crucifixion le monde habité, / virginale Mère, et il a dissipé / les ténèbres des démons.

Ode 5

Tu es devenu le médiateur entre Dieu et les hommes, ô Christ notre Dieu: / par toi, ô Maître, nous avons quitté la nuit de l’ignorance / pour aller vers ton Père, source des lumières, / auprès duquel nous avons accès désormais.

Toi qui mis au monde le Chemin de notre vie, / sur la voie droite, Vierge pure, guide-moi / qui follement me suis précipité par les innombrables sentes / dans le gouffre des pires transgressions.

Sottement je me suis éloigné de Dieu / et j’ai vécu à la façon d’un débauché, / pour me perdre en un pays lointain: / ramène-m’en, virginale Mère, et par tes prières sauve-moi.

Gloire: À tes eaux vives abreuve ton serviteur / consumé par la flamme des passions / et mis en péril par les attaques des démons, / Vierge et Mère immaculée.

Maintenant: Voici que dans ton sein tu as porté / ineffablement, divine Mère immaculée, / le Christ Dieu, comme Isaïe d’avance l’avait dit, / et, dépassant la nature, tu l’as enfanté, Génitrice de Dieu.

Ode 6

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

De moi, notre Dame, ne fais pas la risée des noirs démons / au tribunal de l’au-delà, mais prie le Juge, ton Fils, / de jeter vers moi son regard bienveillant.

Seigneur, je t’ai courroucé par mes pensées / et mes actions impies, mais en guise de propitiation / je te présente ta Mère: prends pitié et sauve-moi.

Gloire: Par mes fautes je me suis moi-même condamné: / sauve-moi pourtant de la condamnation, / Souveraine ayant enfanté le Juge, le Seigneur de l’univers.

Maintenant: Jésus, le Sauveur que tu enfantas dans la chair / surnaturellement, / Vierge Mère immaculée, / prie-le de sauver de tout danger tes serviteurs.

Cathisme

Contemplant, ô Christ, ta mort sur la croix, / la Vierge, ta Mère, pleurait amèrement: / Ô mon Fils, disait-elle, quel est ce mystère effrayant: / toi qui accordes à tous la vie éternelle, / comment peux-tu de plein gré / souffrir sur cette croix le déshonneur et la mort?

Ode 7

Sur l’ordre impie d’un injuste tyran, / la flamme s’éleva très haut, / mais le Christ a répandu sur les Jeunes Gens / la rosée de l’Esprit saint: / à lui bénédiction et haute gloire!

Toi ma force, mon chant et mon salut, / ma sûre protection, mon invincible rempart, / notre Dame, combats incessamment / les démons qui luttent contre moi / et cherchent à me faire mourir.

Ô Vierge qui donnas corps à notre Dieu de tes entrailles virginales, / tu as divinisé le genre humain; / et moi qui suis souillé par les passions, / corrompu par les ruses de l’ennemi, / par tes prières sauve-moi.

Gloire: La fournaise a préfiguré ton enfantement: / de même qu’elle n’a brûlé les Jeunes Gens, / l’intolérable feu de la divinité, / Toute-pure, n’a consumé ton sein; / prie donc pour que de la flamme éternelle soient sauvés tes serviteurs.

Maintenant: Toi seule, demeurant vierge, tu as montré / conception immaculée et virginal enfantement, / car c’est le Dieu suprême que tu as conçu, / le Dieu qui s’est fait homme pour le salut / et la rédemption des croyants.

Ode 8

Jadis à Babylone la fournaise ardente a divisé la force de son action / et, sur l’ordre de Dieu, / elle consuma les Chaldéens, / mais répandit la rosée sur les fidèles qui chantaient: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Aie du zèle pour le bien, éloigne-toi du mal, / pratique, ô mon âme, les bonnes actions: / la divine Mère intercède pour toi, / comme intrépide protectrice de l’univers, / dans sa bienveillance et compassion.

Des chaînes de l’antique damnation / tu as délivré, divine Mère, le genre humain; / c’est pourquoi je te supplie de mettre fin / à tout le mal auquel mon cœur est enchaîné / et de me relier à l’amour du Créateur.

Gloire: Divine Mère tout-immaculée / qui de la gloire paternelle as mis au monde le Reflet, / illumine aussi mon cœur terni / par l’infamie de mes fautes et permets-moi / de participer à sa gloire éternelle, ô Vierge bénie.

Maintenant: De toi, divine Génitrice, s’est montré à nous / le vrai Soleil de la justice pour illuminer / l’univers grâce aux rayons de sa divinité / lorsqu’a pris un corps le Très-Haut / que nous, ses œuvres, nous chantons comme Seigneur.

Ode 9

Le Fils du Père sans commencement, notre Seigneur et notre Dieu, / ayant pris chair de la Vierge, / nous est apparu / pour illuminer les ténèbres / et rassembler ce qui était dispersé: / Mère de Dieu toute digne de louange, nous te magnifions.

Ayant mangé la nourriture défendue, / sous l’arbre amèrement / Adam goûta la mort; / mais ton Fils, sur l’arbre crucifié, / a fait jaillir la douceur de l’immortalité; / c’est pourquoi, Vierge pure, nous te glorifions.

Tu es reine, pour avoir ineffablement / mis au monde le Roi notre Seigneur / qui a mis fin aux royaumes de l’Enfer: / sans cesse, ô Vierge, supplie-le / d’accorder le royaume d’en-haut / à tous ceux qui chantent pour toi.

Gloire: Notre Dame, fais du bien à mon pauvre cœur / mis à mal par le déluge des plaisirs; / toi qui as enfanté le Dieu suprême / et qui es toi-même toute bonté, / conduis-moi, fais-moi passer / par l’excellente porte du repentir.

Maintenant: Élevé sur la croix, tu fus mis à mort, / toi qui as écrasé la tête du serpent; / c’est pourquoi je te prie à haute voix / de prendre en pitié mon âme meurtrie / par mes œuvres mauvaises, ô Verbe, et la vivifier / à la prière de celle qui t’enfanta.

LE VENDREDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Au milieu de la terre tu as accompli le salut, / ô Christ notre Dieu; / sur la croix tu étendis tes mains immaculées / afin de rassembler / toutes les nations, qui te chantent: Seigneur, gloire à toi!

Nous t’offrons, Seigneur, le talisman de la Croix vivifiante / que malgré notre indignité tu nous donnas dans ta bonté; / sauvegarde notre pays et tout le peuple chrétien / par les prières de la Mère de Dieu, seul Ami des hommes.

Voyant le Christ son Fils en la mort, / l’Agnelle vierge en ses thrènes cria: : Quel forfait ont osé les criminels! / mais toi, soleil, cache à présent ta clarté: / celui qui a créé l’univers / de son propre vouloir est mis à mort / et l’on peut voir au rang des condamnés / celui qui est l’unique Seigneur des Anges!

Cathisme II

Devant ta sainte Icône nous nous prosternons, Dieu de bonté, / implorant le pardon de nos fautes, ô Christ notre Dieu, / car tu as bien voulu souffrir en montant sur la croix / pour sauver ta créature de la servitude de l’Ennemi; / aussi dans l’action de grâce nous te crions: / tu as rempli de joie l’univers, / ô notre Sauveur, en venant porter au monde le salut.

Par ta Croix tu as illuminé l’univers, / à la repentance tu as invité les pécheurs: / bon Pasteur, ne me sépare pas de ton bercail, / mais viens chercher, ô Maître, ta brebis égarée; / compte-moi dans le troupeau de tes élus / en ton amour pour les hommes et ton unique bonté.

Plus que toutes de gloire comblée, / nous te chantons, ô Mère de Dieu; / la mort fut mise à mort et l’Enfer terrassé / par la Croix de ton Fils; / de la mort il nous a fait ressusciter, / nous accordant la vie éternelle; / le Paradis nous est offert de nouveau / pour y jouir comme autrefois; / aussi dans l’action de grâce nous glorifions / l’amour et la puissance du Christ notre Dieu.

Cathisme III

Imitant la confession du bon Larron, / je te crie, Seigneur de bonté: / Dans ton royaume souviens-toi de moi, / compte-moi comme lui au nombre des élus, / toi qui pour nous as souffert ta volontaire Passion.

Seigneur qui revêts le ciel de nuées, / tu fus en ce monde le vêtement des Martyrs; / ils endurèrent les supplices des impies / et ruinèrent le mensonge des faux-dieux; / délivre nous de l’invisible Ennemi / par leur intercession et sauve nous, Dieu sauveur.

Sous la croix se tenait la Vierge qui t’enfanta / et, ne pouvant supporter de te voir souffrir injustement, / elle pleurait et gémissait en disant: / Ô mon Fils, impassible par nature, comment souffres-tu? / Je chante et glorifie ton immense bonté.

Ode 1

Parcourant au profond de l’océan / une voie nouvelle, / non frayée, sans se mouiller, / Israël ton bien-aimé s’écria: / Chantons le Seigneur, car il s’est couvert de gloire.

Tu acceptas, ô Verbe, la crucifixion / et tu fus percé de clous, / supportant le déshonneur / pour rendre leur honneur perdu / aux mortels qui glorifient ta Passion volontaire.

Sur la croix tu étendis les mains / toi qui tends comme une peau / le firmament céleste; / dans tes bras tu rassemblas les peuples et les nations / qui glorifient ta Passion volontaire.

Portant la croix sur leurs épaules / les saints Martyrs se hâtaient / de suivre Christ le crucifié / pour être les imitateurs / de sa divine Passion.

Les Puissances angéliques vous chantaient / à la vue de vos combats; / mais la multitude des démons / fut attristée par vos exploits, / victorieux Martyrs, imitateurs de notre Dieu.

L’oracle du Prophète s’accomplit: / un glaive, en effet, / a transpercé ton cœur, / notre Dame, lorsque sur la croix / tu vis la lance transpercer le cœur de ton Fils.

* * *

Venez, tous les peuples, chantons pour notre Dieu, / le Christ qui divisa la mer / pour le peuple qu’il soustrait / à la servitude des Égyptiens, / car il s’est couvert de gloire.

Hautement je te confesse en ma piété / de bouche et de cœur / comme la très-pure Mère de mon Dieu: / veuille me sauver des noirs dangers / comme de tout mal et de toute transgression.

En toi nous voyons dans son immensité / l’océan de grâces / d’où jaillit notre salut, / lorsque de tout cœur nous accourons, / Mère de Dieu, sous ta divine protection.

Implore pour nous qui te chantons / celui qui s’incarna, / Vierge pure, de ton sein immaculé, / afin qu’il nous délivre du péché / et des graves tentations.

En toi nous, les fidèles, nous avons / notre commune fierté, / notre secours et notre appui, / notre allégresse et le salut de nos âmes, / Pleine de grâce, notre espoir et protection.

Ode 3

Tu m’as affermi sur la pierre de la foi, / tu m’as fait triompher devant mes ennemis, / et mon esprit exulte de joie en chantant: / Nul n’est saint comme toi, ô notre Dieu, / nul n’est juste comme toi, Seigneur.

Comme vigne suspendue sur l’arbre de la vie, / ô Christ, tu fis couler le divin nectar, / le vin qui réjouit le cœur de l’homme / et calme pour toujours l’ivresse des passions, / Jésus, rédemption de nos âmes.

Sur la croix tu acceptas d’être élevé / et tu mis un terme à la malfaisance du Démon; / ô Jésus, dans ton amour tu relevas / après sa chute tout le genre humain / qu’un mauvais conseil avait conduit à sa perte.

Enflammés d’amour divin, les saints Martyrs / ne craignirent point le feu, dans la noblesse de leur cœur; / devant la mort ils ne conçurent point d’effroi, / prévoyant de recevoir en présents immortels / l’ineffable joie et la lumière sans couchant.

De leur propre sang les victorieux Martyrs / se sont fait un vêtement teint de pourpre et de splendeur, / et revêtus de la sorte, ils tiennent en main / comme un sceptre de pouvoir la divine Croix du Christ / pour régner avec lui dans l’éternité.

Dans le ciel te chantent les Incorporels, / car tu mis au monde porteur de notre corps / le Seigneur de l’univers qui par la Croix, / Vierge Épouse de Dieu, brisa les chaînes de la mort / pour unir tous les fidèles en son amour.

* * *

Seigneur, affermis nos cœurs en ton amour, / toi qui sur la Croix fis disparaître le péché, / et plante la crainte de ton nom / dans les cœurs de ceux qui te louent.

Par tes prières auprès du Dieu que tu conçus / rends-le propice envers ceux qui t’invoquent suppliants, / les fidèles qui accourent sous ta protection, / ô Vierge, et se prosternent devant ton Fils.

Exauce, ô Vierge, les supplications / de mon âme troublée par les dangers mortels: / Vierge toute-digne de nos chants, / donne-lui la paix et sauve-la.

Ô Vierge, prends les rênes de ma vie, / toi qui es pour moi espoir et protection; / délivre-moi des tentations / et de tout danger, sainte Épouse de Dieu.

La Sagesse de Dieu hypostasiée, / tu l’as portée dans tes bras, sainte Mère du Seigneur: / de toute erreur et dureté de cœur / supplie-le de nous sauver maintenant.

Ode 4

Tu es issu de la Vierge non comme un ange ou un ambassadeur, / mais comme le Seigneur revêtu de notre chair, / tu as sauvé tout mon être; / c’est pourquoi je te crie: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Tout-puissant qui suspends la terre sur les eaux, / tu fus suspendu sur l’arbre de la croix; / de ton côté percé par une lance / tu fis couler le sang et l’eau / pour la rédemption des mortels.

On perce ton côté, mais je guéris de ma douleur; / on te frappe comme un serf, mais j’acquiers ma liberté; / et lorsque tu goûtas le fiel amer, / Christ mon Dieu, je fus alors sauvé / de la nourriture des passions.

Par vos blessures ayant blessé le cauteleux serpent, / guérissez aussi les blessures de nos cœurs, / faisant sourdre la divine grâce / depuis les sources du salut, / victorieux Témoins du Seigneur.

L’Ennemi, vous l’avez couvert de plaies / lorsque vous étiez tout couverts de votre sang / dans le supplice de la roue, / sous les bastonnades et les coups, / victorieux Athlètes pleins de gloire et d’honneur.

I1 a pris corps de ton chaste sein, le Dieu très-haut, / et lorsque, Vierge sainte, tu le vis / injustement fixé tout en haut de la croix, / tu versais des larmes en gémissant / et magnifiais sa miséricorde infinie.

* * *

Seigneur, j’ai perçu le plan de ton salut, / car tu es né de la Vierge, ô Christ notre Dieu, / pour sauver ceux qui te chantent: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Des blessures dont mon âme est vulnérée / et des maladies dont mon corps est accablé, / notre Dame, accorde-moi la guérison, / toi qui mis au monde notre Dieu.

Agité par les passions et les pensées, / ballotté par la tempête de la vie, / Vierge sainte, je te prie: / affermis mon cœur en l’espérance et la foi.

Sauve-moi des périls m’environnant, / de la fureur des flots, de toutes sortes de dangers, / Mère de Dieu, par ton intercession, / seule toute-digne de nos chants.

Ô Vierge, veuille m’arracher / aux vagues déchaînées en l’océan de cette vie; / montre-moi la route qui conduit / vers ton havre de paix.

Ode 5

Celui qu’Isaïe prophétisa comme un charbon ardent, / le Soleil de justice, d’un sein vierge s’est levé / sur ceux qui gisaient en la ténèbre de l’erreur / pour leur donner la science et la lumière de Dieu.

Par amour tu fus fixé sur une croix, / tu me fis sortir du gouffre de malheur / pour me faire asseoir avec ton Père, / me comblant d’honneur par ton propre déshonneur.

D’épines tu fus couronné, ô Verbe de Dieu, / toi par qui la terre est couronnée de fleurs, / et de mes passions tu extirpas les ronces / pour planter en moi la connaissance de Dieu.

Fortifiés par la puissance de celui / qui voulut se revêtir de notre infirmité, / saints Martyrs, vous avez aboli / pour toujours l’empire du Démon.

Sur la terre ayant mené le grand combat, / vous avez trouvé plus grande gloire dans les cieux: / des plus grands périls veuillez nous délivrer, / nous qui célébrons votre mémoire sacrée.

Celui qui est divinement porté, / Vierge sainte, dans le ciel sur le dos des Chérubins, / dans tes bras se fait porter / et, mis en croix, nous sauve tous de la mort.

* * *

Toi qui es la source de clarté / et le créateur des siècles, / Seigneur, dirige-nous / à la clarté de tes commandements: / nous ne connaissons nul autre Dieu que toi.

L’arme invincible, nous la possédons / contre les diverses tentations, / et nous sommes délivrés / des insultes de nos ennemis, / nous qui te savons la Mère de Dieu.

Celui qui accomplit la Loi, tu l’enfantas, / le Fils unique de Dieu / qui s’est incarné de toi: / implore-le pour tes fidèles, / toi qui surpasses en dignité les Chérubins.

Vierge sainte qui portes dans tes bras / le Créateur de l’univers, / rends-le propice à notre égard / par tes prières, pour qu’il sauve / ceux qui de tout cœur se réfugient près de toi.

Dans l’angoisse et la détresse de mon cœur / c’est vers toi que je prie, / puisque seule tu as enfanté / le Verbe, source de miséricorde: / prends pitié de moi et sauve-moi.

Ode 6

Ô Maître, exauce la prière et la supplication que mon âme exhale / en la détresse et la douleur, / pour que tu la sauves des dangers, / car tu es l’unique source de notre salut.

Livrant, Sauveur, ton dos aux coups de fouet, / tes joues aux soufflets, / ton visage aux crachats, / tu m’as sauvé, alors que si souvent / j’ai offensé par ignorance ta bonté.

Comme un agneau que l’on mène à l’abattoir, / Christ Jésus, tu es venu / et ramènes vers la vie / les victimes du Loup spirituel: / gloire à toi, Seigneur crucifié!

Observant les commandements de leur Seigneur, / les Martyrs ont mis en échec / le conseil inique des impies / et par leur mort ils ont trouvé / la vie du siècle à venir.

Saints Martyrs, combattant joyeusement / avec les armes de Dieu / contre les puissances ennemies, / vous les avez mises en fuite / et de Dieu avez reçu la couronne des vainqueurs.

Afin que l’homme redevînt semblable à lui, / Dieu lui-même par toi, / Vierge pure, est enfanté; / mis en croix, il goûte aussi la mort, / triomphant du meurtrier de jadis.

* * *

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

Te connaissant comme le havre du salut / et naviguant sur cette vie toute pleine de soucis, / je t’invoque, ô notre Dame: prends le gouvernail de mon âme.

Pour mon malheur j’ai revêtu l’habit de ma folie: / Mère toujours-vierge qui mis au monde notre Dieu, / donne-moi plutôt la tunique de joie.

Pour ma détresse je suis banni de la cité des saints: / conduis-moi au large, toi la Mère de mon Dieu, / suivant les prescriptions de ton Fils.

Rends-moi digne de ta divine compassion, / toi qui enfantas le Seigneur compatissant / dont le sang nous a sauvés de la mort.

Ode 7

Sur l’ordre impie d’un injuste tyran / la flamme s’éleva très haut, / mais le Christ a répandu sur les jeunes Gens / la rosée de l’Esprit saint: / à lui bénédiction et haute gloire!

Élevé en croix, universelle Résurrection, / tu me fis lever, moi qui fus déchu par ma faute; / tu désarçonnas celui qui nous avait fait choir; / l’ennemi, ô Verbe, tu en fis un être inanimé. / Gloire à ta puissance, Seigneur!

Par tes clous le péché d’Adam fut arraché, / le roseau qui te frappa fut un calame pour signer / l’affranchissement de tout mortel. / Gloire à ta Passion, ô Christ, qui nous a libérés / de la multitude des passions!

Sectionnés en leur corps par les bourreaux, / les victorieux et prestigieux Témoins du Christ / mirent en pièces l’Ennemi perfide, / l’égorgèrent par le glaive de leur fermeté / et restèrent inséparablement unis à l’Esprit saint.

Fortifiée par l’invincible Croix du Christ, / l’impassible armée des valeureux Martyrs / extermina la horde des démons, / recevant en récompense dans le ciel / la béatitude et la vie immortelle.

Ô Vierge, tu es le palais spirituel / et le trône de feu du Roi de l’univers: / lorsqu’il y siégea, il nous a relevés / de la déchéance de jadis / et nous fit asseoir avec le Père dans les cieux.

* * *

Les jeunes Gens, méprisant le culte impie / de la statue d’or élevée / dans la plaine de Doura, / au milieu des flammes psalmodiaient, / couverts d’une fraîche rosée: / Béni sois-tu, Dieu de nos pères!

Mis en croix, celui qui a pris chair de toi, / Génitrice de Dieu, / déchire la cédule du péché; / Vierge sainte, implore-le / pour qu’il sauve de tout mal ceux qui lui clament dans la foi: / Béni sois-tu, Dieu de nos pères!

Souveraine, tu es notre espérance et protection / et maintenant nous te prions / d’accorder ta riche compassion / à ceux qui mettent leur espoir en toi / et clament à l’adresse de ton Fils: / Béni sois-tu, Dieu de nos pères!

Angoissé par la ténèbre obscure de ma vie, / je n’ai trouvé personne / pour compatir à ma douleur; / dissipe donc la sombre nuit de mes péchés, / ô Vierge, et fais briller ton jour sur ceux qui psalmodient: / Béni sois-tu, Dieu de nos pères!

Hélas! j’ai souillé dans ma légèreté / le bel habit de salut / qu’au Baptême j’ai reçu; / accourant vers toi, ô Vierge immaculée, / je demande de pouvoir encor / revêtir la robe de sagesse, grâce à toi.

Adam, jadis déchu de la vie immortelle, / retrouve le salut / grâce à ton Enfantement: / Vierge sainte, donne force à ma faiblesse, / sauve-moi et rends-moi digne de chanter: / Bénie sois-tu qui dans la chair as enfanté notre Dieu!

Ode 8

Méprisant la statue d’or, les Jeunes Gens / trois fois heureux contemplaient / l’Icône immuable et vivante de Dieu; / au milieu des flammes ils entonnaient ce chant: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

Un peuple sans foi ni loi / t’élève sur la croix / au milieu de malfaiteurs, / Dieu de tendresse qui nous justifies / et que l’entière création comme son Maître glorifie / et célèbre, longanime Seigneur.

De tes mains clouées sur une croix / tu versas ton sang, ô Christ, pour arrêter / le sang jadis offert aux Démons / pour la perdition de leurs adorateurs; / Dieu de tous, l’entière création te glorifie / et te chante, longanime Seigneur.

Pleins d’eau vive, les Martyrs ont fait tarir / les fleuves de l’erreur / par leur sang versé à flots, / et clamaient dans leur solide foi: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

L’immense flot de votre sang, / bienheureux Martyrs, éteignit le feu de l’impiété / et l’erreur des Grecs aux dieux multiples, / mais illumina tous les fidèles qui chantaient: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

L’ornement des Prophètes et des Martyrs, / l’Agnelle immaculée, te voyant comme un Agneau / attaché au bois du sacrifice, / versa d’amères larmes et s’écria: / L’entière création bénisse le Seigneur / et l’exalte dans tous les siècles!

* * *

Le Dieu qui descendit dans la fournaise / pour venir en aide / aux enfants du peuple hébreu / et changer la flamme en une fraîche rosée, / toutes ses œuvres, chantez-le comme Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Hélas! sans force est mon esprit: / j’ai déjà rejoint / le fond du désespoir / et je suis la proie de tant de maux, / mais toi, ô Vierge, guéris-moi, / entoure-moi de salutaire clarté.

En toi possédant la tour de garde et le rempart, / le solide donjon, / la très sûre protection, / Vierge sainte, nous voilà sauvés, / nous tous qui célébrons ton Fils / et l’exaltons dans tous les siècles.

Mère de Dieu, nous le savons, tu es pour nous / la limpide source d’immortalité, / toi qui as conçu le Verbe / du Père saint, céleste et immortel, / car il sauve de la mort / ceux qui l’exaltent dans tous les siècles.

Pour nous fidèles tu fais jaillir / intarissablement / le flot des guérisons; / puisant à la source la grâce immortelle, / Vierge immaculée, nous célébrons ton Fils / et l’exaltons dans tous les siècles.

Ode 9

Toute langue hésite à prononcer tes louanges / et l’esprit le plus céleste / éprouve le vertige / à te chanter, Mère de Dieu, / mais dans ta bonté reçois l’hommage de notre foi / et l’élan de notre amour qui monte vers toi, / car tu es la protectrice du peuple chrétien; / nous te magnifions.

Isaac jadis lié sur le bois / préfigure ta Passion, ô Verbe de Dieu; / il est délié tandis qu’est pris dans le buisson / le bélier image de rédemption, / et c’est ainsi qu’il fut délivré / d’une véritable mais involontaire immolation, / tandis que par ton sacrifice librement voulu, / Christ Sauveur, nous sommes délivrés de tout mal.

D’entre les fils des hommes le plus beau, / tu n’avais, ô Christ, en ta Passion, / ni forme ni beauté, / lorsque tu fus pendu au gibet de la croix, / toi qui pourtant rends sa beauté / à tout le genre humain. / Gloire à ta miséricorde infinie, / seul Seigneur compatissant.

De la Jérusalem céleste / vous êtes les divins habitants, / des Anges les concitoyens, / saints Martyrs qui leur ressemblez tant, / et vous faites resplendir / l’Assemblée des premiers-nés, / tout brillants de la divine clarté / et parés de la couronne du martyre.

Amis et bien-aimés / de celui qui nous a tant aimés, / saints Martyrs du Christ, / délivrez-moi de mon amour envers la chair, / demandez la sanctification, / l’illumination et le pardon de leurs péchés / pour tous ceux qui glorifient / votre mémoire sacrée.

Le cours normal des astres et leur beauté / furent altérés lorsqu’ils ont vu / le Soleil de justice retenu / sur la croix selon sa propre volonté; / la Vierge cependant / en face du Disciple bien-aimé / pleurait amèrement et s’écriait: / Hélas! que signifie cette étrange vision?

* * *

Le Dieu et Verbe en sa sagesse inégalée / est venu du ciel / renouveler Adam déchu / pour avoir mangé le fruit de perdition; / d’une Vierge sainte il a pris chair pour nous; / et nous fidèles, à l’unisson / dans nos hymnes nous le magnifions.

Ô Vierge bienheureuse en Dieu, / je place avec ardeur / mon espoir en toi tout; / sauve-moi, ô Mère de la Vie, / comble-moi du bonheur éternel, / Vierge pure qu’avec amour et foi / je magnifie par des hymnes.

Montre-toi, ô Vierge, et fais briller / sur mon âme enténébrée / les rayons immatériels de ta clarté, / toi qui es la porte du divin Soleil; / comble-moi de l’éternel bonheur, / Vierge pure qu’avec amour et foi / par des hymnes je magnifie.

Observe de quelle maladie / sont atteints nos âmes et nos corps / ravagés par les passions; / en ta miséricorde guéris-nous, / notre Dame, affranchis-nous des noirs chagrins / afin que tous ensemble et sans répit / nous te magnifiions par des hymnes.

Dans ton sein il est venu pour y loger, / celui qu’avant les siècles / de son sein le Père a engendré, / le Fils qui s’est fait homme comme nous / et te révéla, ô Mère de Dieu, / comme source de miracles pour tous ceux / qui glorifient ton ineffable enfantement.

Apostiches

Qu’il soit crucifié! / crièrent ceux que tu comblas de tes bienfaits; / et ils demandèrent qu’on libère un criminel / au lieu de leur Bienfaiteur; / et toi, ô Christ, tu gardais le silence et supportais / les cris de ces meurtriers des justes, / car tu voulais souffrir et nous sauver dans ton amour.

Librement tu as voulu / partager notre pauvreté humaine; / ô Christ notre Dieu, / tu vins sur terre et t’incarnas de la Vierge / et tu souffris la mort sur la croix / pour nous libérer de la servitude de l’Ennemi. / Seigneur, gloire à toi.

Ayant souffert pour le Christ jusqu’à la mort, / victorieux Témoins du Seigneur, / vous avez dans le ciel remis votre âme entre les mains de Dieu, / et vos reliques sont portées dans le monde entier; / devant elles se prosternent les prêtres et les rois, / et toutes les nations s’écrient dans la joie: / Elle est précieuse aux yeux du Seigneur, la mort de ses amis.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Lorsque l’Agnelle sur la croix / vit son Agneau percé de clous, / elle gémit, frappée d’effroi, et versa des larmes en disant: / Quelle mort, ô mon Fils, / toi qui as voulu déchirer / la dette contractée par Adam / et racheter de la mort le genre humain! / Seigneur ami des hommes, je glorifie ton œuvre de salut.

LITURGIE

Béatitudes

Empruntant la voix. du bon Larron, / ô Christ, nous te crions: / Souviens-toi de nous, Seigneur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

Crucifié, Seigneur sans péché, / sur le lieu du Crâne tu écrasas / la tête du perfide Ennemi / et pour le monde ce fut le salut.

Ô Maître, tu as extirpé / les ronces du péché, / portant volontairement / la couronne d’épines, longanime Seigneur.

Martyrs, lorsque vos corps étaient broyés, / vous avez vous-mêmes brisé / en vérité toute l’erreur de l’Ennemi, / et vous avez reçu la couronne des vainqueurs.

Gloire au Père...

Nous les fidèles, c’est dans le sang divin / que nous sommes baptisés, / et forts de la divine clarté, / nous adorons en trois Personnes l’unique Dieu.

Maintenant ...

Contemplant le Christ suspendu / comme un Agneau sur la croix, / ô Vierge tout-immaculée, / dans les larmes tu le magnifiais.

Samedi

LE VENDREDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Despotika

Lorsqu’en ta gloire tu viendras / avec tes Anges, Seigneur, / pour juger tout l’univers, / et que tous les hommes devant toi / se présenteront sans vêtements / pour rendre compte de leurs actions, / alors, ô Verbe, place-moi / du côté de tes brebis, / m’accordant en l’au-delà / la rémission de tout péché / que j’ai commis en cette vie.

Brise les liens de mes passions, / perce de mon âme l’abcès, / seul Ami des hommes, donne-moi / les larmes de componction / et sur mon cœur enténébré, / ô Christ, envoie ta clarté / pour me délivrer, je t’en prie, / de toute sorte de danger, / de la tempête des adversités / et des épreuves que me fait subir / le prince de ce monde, ce terrible ennemi.

Ô mon âme, considère en esprit / l’heure terrible du jugement / où toute créature sera prise de tremblement / lorsque siégera le Très-Haut / sur un trône d’insoutenable majesté, / nous demandant compte de nos actions; / hâte-toi donc de te réconcilier / avec le juge universel, en lui criant: / Contre toi j’ai péché, Seigneur, sauve-moi.

Martyrika

N’ayant point désiré les jouissances d’ici-bas, / les saints Martyrs ont obtenu les trésors célestes, / ils sont devenus concitoyens des Anges: / par leurs prières, Seigneur, / aie pitié de nous et sauve-nous.

Les saints Martyrs intercèdent pur nous / et de leurs hymnes célèbrent le Christ: / dès lors cesse tout égarement / et le genre humain est sauvé par a foi.

En chœur, les saints Martyrs / résistèrent aux tyrans / disant: Nous militons / pour le Roi des puissances d’en-haut; / vous aurez beau nous faire subir des tourments et le feu / nous ne renierons pas la puissance de la Trinité 1

Gloire au Père ... Maintenant ...

L’ombre de la Loi s’évanouit devant la grâce / et comme brûlait le buisson ardent sans être consumé, / ô Vierge, tu as enfanté / et vierge tu es demeurée; / le Soleil de justice s’est levé / au lieu de la colonne de feu; / à la place de Moïse / voici le Christ, le Sauveur de nos âmes.

Apostiches

Martyrikon

Grande gloire vous fut acquise par la foi: / non seulement vous avez triomphé de l’Ennemi en souffrant, / mais vous chassez encore les démons, / et vous guérissez toute maladie, / médecins des âmes et des corps; / saints Martyrs, intercédez auprès de Dieu / pour qu’il ait pitié de nos âmes.

Heureux ceux que tu as élus, ceux que tu as pris, Seigneur, avec toi.

Nékrosima

Comme un rêve ou comme une fleur, / tout homme se fane et s’évanouit, / mais lorsque la trompette retentira, / elle ébranlera tous les morts qui se réveilleront / pour aller à ta rencontre, ô Christ notre Dieu; / alors, ô Maître, place nos défunts dans les tabernacles des justes, / dans l’éternité les âmes de tes serviteurs.

Leur souvenir demeure d’âge en âge.

Hélas, quelles angoisses éprouve l’âme en agonie, / lorsqu’elle est séparée de son corps! / hélas, quelles larmes, et personne pour compatir! / Regardant vers les Anges, elle implore vainement, / se tournant vers les hommes, elle n’obtient de secours. / Aussi, mes frères bien-aimés, / considérant la brièveté de la vie, / demandons au Christ le repos pour les défunts / et pour nos âmes la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Mon espérance, ô Mère de Dieu, / toute entière je la mets en toi: / garde-moi sous ta protection.

LE VENDREDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Venez, tous les peuples, chantons pour notre Dieu, / le Christ, qui divisa la mer / pour le peuple qu’il a soustrait / à la servitude des Égyptiens, / car il s’est couvert de gloire.

Vierge Mère, toi la source de la vie / ayant porté son principe, le Seigneur, / tu as vivifié l’univers / et répandu la divine rosée / sur les fidèles qui te glorifient.

Nous tous qui possédons en toi, / divine Mère tout-immaculée, / la ferme assise et protection / et reconnaissons ta divine maternité, / d’une vie houleuse nous sommes sauvés.

Gloire: Refuge toujours-vierge des croyants / et secours puissant de qui accourt vers toi, / de toute nécessité / et du mal causé par l’ennemi / garde-nous sains et saufs.

Maintenant: Océan de miséricorde, ô Mère de Dieu, / refuge des pécheurs, ne me repousse pas / jusqu’à la fin, moi qui ai recours à toi, / mais conduis-moi par la main / vers les chemins du repentir.

Ode 3

Seigneur, affermis nos cœurs en ton amour, / toi qui sur la croix fis disparaître le péché, / et plante la crainte de ton nom / dans les cœurs de ceux qui te louent.

Montagne, charmant palais de notre Dieu, / encensoir tout doré, / urne où la Manne est conservée, / c’est ainsi, ô Vierge, que nous pouvons te nommer.

Toi le temple, la demeure sacrée / du Verbe, toute-sainte Mère de Dieu, / Reine toujours-vierge, sois pour moi / la propitiation de mes péchés.

Gloire: Nulle langue terrestre, nul esprit incorporel / ne peuvent expliquer ton enfantement divin: / dépassant la nature et notre entendement, / tu as enfanté, divine Mère, le Créateur.

Maintenant: Sois refuge, forteresse et protection, / virginale Génitrice de notre Dieu, / pour tes fidèles se réfugiant en toi / et proclamant ta divine maternité.

Ode 4

Seigneur, j’ai perçu le plan de ton salut / et je t’ai glorifié, seul Ami des hommes.

Nous les chrétiens qui possédons en toi un grand secours, / arrache-nous, ô Vierge, aux plus rudes périls.

Virginale Souveraine qui as reçu Dieu dans ton sein, / délivre-nous tous de nos épreuves et afflictions.

Gloire: Divine Mère immaculée, nous possédons en toi, nous les croyants, / dans les périls une ferme espérance, un invincible rempart.

Maintenant: Ayant la solide assise de ton intercession, / notre Dame, nous sommes délivrés de toute sorte d’affliction.

Ode 5

Toi qui es la source de clarté / et le créateur des siècles, / Seigneur, dirige-nous / à la clarté de tes préceptes: / nous ne connaissons nul autre Dieu que toi.

Divine Génitrice, nous savons, nous les croyants, / que s’est incarné en toi / et que sans semence est né ton Fils, / homme par nature et véritable Dieu; / c’est pourquoi nous te glorifions.

Nous les fidèles, Toute-pure, nous réfugiant / sous ton aide et protection, / nous sommes par la foi / sans cesse délivrés grâce à toi, / ô Vierge, des pires dangers.

Gloire: Vierge pure, sauve-nous des tentations, / de la tempête où s’agitent les pensées, / de toute menace, de tout péché, / de la famine, des épidémies / et du châtiment éternel.

Maintenant: Notre Dame, toi qui es pour nous / le salut, la protection, / l’espérance des chrétiens, / sauve les fidèles qui te chantent constamment / avec amour, Vierge toute-digne de nos chants.

Ode 6

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

Toi qui fis l’univers par ta seule volonté, / tu voulus habiter le sein virginal pour accorder / aux hommes, par amour, l’incorruptible condition.

Tu surpasses en hauteur et sainteté / les Puissances d’en-haut, Toute-pure qui logeas / surnaturellement dans ton sein le Verbe infini.

Gloire: Moi qui suis égaré sur le chemin de cette vie / et constamment retombe dans les friches du péché, / guide-moi, Souveraine, vers les sentiers du repentir.

Maintenant: Nos prières, pure Souveraine, ne les méprise pas: / nous tes serviteurs, nous mettons notre espérance en toi: / tu es notre refuge et pour nos âmes propitiation.

Cathisme

Sans semence tu as enfanté le Verbe, ton Fils, / tu as mis au monde le Fils unique, le Christ, / comme enfant nouveau-né ton propre Créateur; / c’est pourquoi, divine Mère, nous te magnifions.

Ode 7

Les Jeunes Gens, méprisant le culte impie / de la statue d’or élevée / dans la plaine de Doura, / au milieu des flammes psalmodiaient, / couverts d’une fraîche rosée: / Béni sois-tu, Dieu de nos Pères.

Au Fils consubstantiel au Père tu as donné corps / grâce à la puissance de l’Esprit très-saint, / Souveraine comblée de grâce par Dieu; / sans cesse prie-le donc / de prendre en pitié les fidèles te chantant: / Bénie es-tu qui dans la chair enfantes Dieu.

Divine Mère, toi le havre de sûreté, / l’indestructible rempart, la protectrice redoutée / de ceux que menacent les dangers / sur la tempête des afflictions, / sauve de toute épreuve tes serviteurs / en intercédant auprès de ton Fils.

Gloire: Toi l’unique secours, l’espérance des chrétiens, / divine Génitrice, empresse-toi / de venir en aide aux gens de ta maison / qui enfoncent dans le gouffre de la tribulation / et, dépourvus de moyens, en proie à la douleur, / dans la confiance de leur âme, se réfugient auprès de toi.

Maintenant: Vierge sainte et bénie, Épouse inépousée, / rédemption des pécheurs, / relèvement de qui a chu, / sauve le prodigue que je suis / et qui psalmodie à l’adresse de ton Fils: / Dieu de nos Pères, sois béni.

Ode 8

Le Dieu qui dans la fournaise descendit / pour venir en aide / aux enfants du peuple hébreu / et changer la flamme en une fraîche rosée, / toutes ses œuvres, chantez-le comme Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Source vive ayant enfanté le flot de vie, / sur mon âme consumée / par la flamme du péché, / virginale Mère de Dieu, / verse ta rosée, afin que je te glorifie / dans tous les siècles.

Nous qui sommes à la dernière extrémité / et prêts à être déposés / dans la poussière de la mort et du tombeau, / relève-nous, toi qui as enfanté, / notre Dame, Vierge pure et bénie, / le Christ notre Dieu, le principe de la vie.

Gloire: Sauve-moi, Souveraine immaculée, / de l’éternel châtiment et du feu qui ne s’éteint, / préserve-moi des hommes qui toujours / cherchent à me faire du mal, / afin que je puisse te magnifier, / toi que l’entière création dit bienheureuse.

Maintenant: Le Dieu suprême, sorti de toi, / ô Vierge, nous est apparu / semblable à nous de par la chair: / prie-le sans cesse de nous prendre en pitié, / nous qui vivons dans le péché / et redoutons le châtiment éternel.

Ode 9

Le Dieu et Verbe, en sa sagesse inégalée, / est venu du ciel / renouveler Adam déchu / pour avoir mangé le fruit de perdition; / d’une Vierge sainte il a pris chair pour nous, / et nous fidèles, à l’unisson / dans nos hymnes nous le magnifions.

Rends-moi digne de l’amour divin, / toi la seule ayant porté / l’ami des hommes, notre Dieu, / ineffablement, lorsqu’il t’emprunta la chair; / supplie-le de délivrer / de la flamme éternelle et de tout châtiment / celui qui te glorifie de tout cœur.

Te possédant comme puissante protection, / comme espérance et rempart, / ancre de salut et sûr abri, / calme port et invincible soutien, / et seul refuge fortifié, / nous tous, nous sommes sauvés, / Toute-digne de nos chants.

Gloire: Virginale Mère de la Clarté, / de mon âme dissipe le brouillard / et donne-moi de contempler en toi, / notre Dame, en toute pureté / la beauté salutaire / de celui qui de ton sein très-pur ineffablement / a brillé pour le salut des nations.

Maintenant: Ô Vierge ayant mis au monde la Clarté de Dieu, / illumine mon cœur / enténébré par les passions, / par des pensées qui m’éloignent de lui, / et sans cesse répands sur moi / la rosée me purifiant / des souillures du péché.

LE SAMEDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Plus que l’or tu as fait briller tes Martyrs, / et tes Saints, tu les as glorifiés dans ta bonté; / par leurs prières, ô Christ notre Dieu, / ami des hommes, pacifie notre vie, / agrée notre prière comme l’encens, / toi qui reposes parmi les Saints.

Bienheureuse est la terre arrosée de votre sang, / victorieux Athlètes du Seigneur, / et saintes sont les demeures qui abritent vos corps, / puisque dans l’arène vous avez triomphé de l’Ennemi / en proclamant avec courage le Christ: / obtenez-nous de sa bonté / par vos prières le salut de nos âmes.

Apôtres, Prophètes et Martyrs, / Pontifes saints et tous les justes, / vous qui avez mené le bon combat / et veillé à la sauvegarde de la foi, / par le crédit que vous avez auprès du Sauveur / obtenez-nous de sa bonté / pour nos âmes la grande miséricorde.

Tes mystères dépassent tous l’entendement / et tous, ils sont glorieux, ô Mère de Dieu: / vierge et sainte, tu l’es sans faille demeurée, / et mère, tu le fus véritablement lorsque tu mis au monde le vrai Dieu. / Intercède auprès de lui pour qu’il sauve nos âmes.

Cathisme II

Seigneur qui revêts le ciel de nuées, / tu fus en ce monde le vêtement des Martyrs: / ils endurèrent les supplices des impies / et ruinèrent le mensonge des faux-dieux; / délivre-nous de l’invisible Ennemi / par leur intercession et sauve-nous, Dieu sauveur.

Source de vie qui a le pouvoir sur tous, / vivants et défunts, comme Dieu, / exauce la prière de tes serviteurs / et montre ta miséricorde envers nous; / accorde la rémission des péchés / aux âmes qui sont passées dans l’espérance vers toi, / Dieu de miséricorde et suprême bonté.

Seigneur, souviens-toi de tes serviteurs en ta bonté, / pardonne-leur tous les péchés commis en cette vie: / personne n’est exempt de péché / hormis toi seul qui peux donner aux défunts le repos.

Mère de l’ineffable Clarté, / comme les Anges dans les cieux / nous te chantons pour te magnifier.

Ode 1

Chante, ô mon âme, le cantique de Moïse: / Le Seigneur est mon secours, ma protection, / c’est lui qui m’a sauvé, / il est mon Dieu / et je veux le glorifier.

Endurant peines et persécutions / et courageusement les pires traitements, / saints Athlètes, des confins de l’univers / vous avez mis en fuite toute erreur / par la force de Dieu.

Les Pontifes et ministres du Seigneur / par l’éclat spirituel / dont ils ont brillé sagement / ont conduit tous les fidèles / vers la lumière de la foi.

L’esprit hautain, par votre humilité, / vénérables Martyrs, / vous l’avez courbé et humilié; / et vous que Dieu a exaltés, / vous secourez les humbles en tout temps.

Accorde en partage, Seigneur Dieu, / la plus pure clarté / et la joie éternelle / aux fidèles serviteurs / que tu fis passer de ce monde vers toi.

Les saintes Femmes qui dans l’ascèse ont combattu / d’un cœur ferme, repoussant / avec force l’Ennemi, / se tiennent dans la joie / près de toi, ô Mère de Dieu.

* * *

Houleuse et infranchissable était la mer, / mais Dieu lui ordonna de s’abaisser / pour y conduire à pied sec le peuple d’Israël: / chantons le Seigneur, / car il s’est couvert de gloire.

Par ta mort ayant vaincu la mort, / tu fis jaillir l’éternité de la vie en Dieu: / accorde-la, Seigneur, aux âmes des défunts, / leur donnant dans ta bonté / à la prière des Martyrs la rémission de leurs péchés.

Intarissable Source de miséricorde infinie, / accorde à tes fidèles, Seigneur, / qui t’accueillent dans le temple de leur cœur / le lieu du repos dans tes parvis de sainteté, / Christ ami des hommes et trésor de bonté.

Étant plus fort que la mort, / tu l’enchaînas et nous as délivrés: / maintenant encore sauve de ses liens / en ta bonté les âmes des défunts, / leur donnant part à ta lumière sans fin.

Rends plus ferme mon esprit chancelant, / l’affermissant dans les divins commandements / de celui que tu as porté dans ton sein / et qui de l’Hadès a détruit, / sainte Mère de Dieu, le royaume ténébreux.

Ode 3

Le stérile désert de mon esprit, / Seigneur, rends-le fertile et fécond, / toi qui veilles à la croissance de tout bien / dans ta divine bonté.

Enflammés par l’amour du Christ, / les Martyrs ont éteint la fournaise des tourments / sous la fraîche rosée / répandue par l’Esprit saint.

Pontifes du Christ tout pleins de sainteté / avec les chœurs des justes vénérables et consacrés, / intercédez pour nous tous / auprès du divin Ami des hommes.

Le très-saint chœur des Prophètes inspirés / fut digne d’être magnifié / et les saintes Femmes qui luttèrent noblement / ont mérité la gloire des cieux.

Aux mortels, en mourant sur une croix, / tu fis le don de l’immortalité: / Christ, accorde-la pareillement / aux défunts qui sont partis près de toi.

Ô Vierge, avec les Prophètes rassemblés / et les saintes Femmes, intercède avec ardeur / auprès du Dieu que tu conçus, / pour qu’il nous prenne en pitié.

* * *

Tu m’as affermi sur la pierre de la foi, / tu m’as fait triompher devant exulte de joie en chantant: / Nul n’est saint comme toi, ô notre Dieu, / nul n’est juste comme toi, Seigneur.

Des rayons de ta suprême beauté / veuille faire resplendir les fidèles trépassés / en compagnie de tes Martyrs et près de toi, / Trésor de pitié; car tu es notre Dieu, / nul n’est juste comme toi, Seigneur.

Dans le lieu de la fraîcheur, Dieu de bonté, / dans le sein d’Abraham ton élu / daigne faire reposer tes serviteurs / qui te chantent: Tu es notre Dieu, / nul n’est juste comme toi, Seigneur.

Les fidèles que selon ta volonté / tu as fait passer de ce monde temporel / vers toi l’Ami les hommes, accorde-leur / d’entrer pour y loger dans le ciel, en tes palais / comme les Vierges sages, la lampe allumée.

J’étais mort et vers la terre retournais, / mais tu m’as fait lever en enfantant la Source de la vie; / du plus profond de l’Enfer tu m’as tiré / et je te glorifie comme la Mère de mon Dieu, / je t’honore, ô Vierge toute-digne de nos chants.

Ode 4

Le Prophète, voyant la Vierge t’enfanter, / proclama hautement: Seigneur, j’ai entendu ta voix / et je suis rempli de crainte, / car tu es venu de Théman, / ô Christ, de la sainte montagne ombragée.

Ayant imité le Christ en sa passion, / les glorieux Martyrs torturés par les bourreaux / regardaient dans l’allégresse / vers les récompenses de l’éternité: / bienheureux sont-ils de les avoir obtenues!

Pontifes, observant les lois de l’Esprit saint, / vous avez conduit les peuples sagement / vers le divin port en excellents pilotes / et, quittant les eaux tourbillonnantes d’ici-bas, / vous avez rejoint les calmes ondes de la vie.

Bienheureux Pères, sur terre pèlerins / vous avez trouvé, ainsi qu’il est écrit, / dans le ciel votre patrie, / par la tempérance réfrénant / les passions charnelles dans la force du Christ.

Ayant aimé la divine mortification / qui procure en vérité la vie incorruptible, / par vos peines, vos larmes, votre tempérance, / saintes Femmes, vous êtes dignes désormais / d’implorer le Christ en notre faveur.

La multitude innombrable des défunts / qui de ce monde passager sont allés vers toi, Seigneur, / en te servant dans la vraie foi, / fais-lui rejoindre, ô Verbe, la masse des élus, / lui accordant la vie éternelle.

Le prophète Habacuc, ô Mère de Dieu, / te voit comme la montagne ombragée par les vertus, / d’où le Seigneur Dieu est apparu / couvrant les cieux de sa puissance inégalée / et sauvant de la mort tout le genre humain.

* * *

Je te chante, Seigneur, car j’ai ouï ta voix / et suis rempli d’effroi / car jusqu’à moi tu es venu, / vers la brebis perdue que tu cherchais / et c’est pourquoi je glorifie / ta condescendance envers moi.

Accorde à tes serviteurs qui ont vécu / dans l’espérance et l’amour / et la véritable foi, / ta gloire qui dépasse tout esprit, / ô Christ, en raison de ton amour pour nous / et par l’intercession de tes illustres Martyrs.

Seigneur qui possèdes pour l’éternité / les fleuves du bonheur, / tu en abreuves tes élus: / en ton ineffable miséricorde, / ô Christ, abreuve aussi les trépassés / à la source de la rédemption.

Ô Maître, sur les vivants et sur la mort / tu as pouvoir et seigneurie / et dans ta puissance tu as ressuscité / ceux qui sont nés de la terrestre fange: / Sauveur, à ceux qui sont passés vers toi / accorde d’habiter en tes parvis célestes.

Tu mis un terme à la malédiction, / à la ruine d’Ève, / car tu as conçu le Créateur / qui est capable de nous redresser / alors que nous étions déchus, / seule Vierge et Mère qui enfantes notre Dieu.

Ode 5

Repoussant de mon âme l’obscurité, / à la clarté de tes divins commandements / éclaire-moi, ô Dieu Sauveur, / toi l’unique Roi de la paix.

Dieu de tendresse, par amour pour toi / les généreux Martyrs, méprisant les choses d’ici-bas, / ont enduré tous les tourments / dans leur renoncement à la chair.

Pontifes, Prophètes et Saints porteurs de Dieu, / vous qui éclairez l’entière création / sous les rayons de l’Esprit saint, / dissipez les ténèbres des passions.

Les Prophètes et les Pontifes saints, / les vénérables Pères, les Femmes consacrées, / Christ Seigneur de l’univers, / ont trouvé grâce à tes yeux.

Ceux d’entre nous que tu rappelas vers toi, / place-les, Sauveur, nous t’en supplions, / dans le chœur de tes élus, / leur donnant part à la vie éternelle.

Ô Vierge toute immaculée, / fierté des Martyrs, des Justes et des Saints, / arrache-nous, nous t’en prions, / à la tyrannie des tentations.

* * *

Toi qui es la source de clarté / et le créateur des siècles, / Seigneur, dirige-nous / à la clarté de tes commandements: / nous ne connaissons nul autre Dieu que toi.

Nous étions morts et dans la tombe nous gisions: /, tu nous éveillas, / Dieu de bonté, nous arrachant / aux sombres antres de l’Hadès / et fis de nous une nuée de Témoins.

Pour nous sauver, ô Christ, tu es venu: / à présent reçois / les défunts qui sont passés vers toi; / accorde-leur de demeurer / avec Lazare dans le sein d’Abraham.

Tu as mis fin à l’inimitié séculaire, / devenant toi-même, / Seigneur, l’ambassadeur / et le médiateur de paix: / prends pitié de nos défunts et donne-leur le repos.

Mère de Dieu, ceux qui se fient en toi / vivent sous ta protection, / car tu enfantas pour nous / la Source de la vie / qui dans sa bienveillance vivifie l’univers.

Ode 6

Dieu Sauveur, j’enfonce dans l’abîme du péché, / je suis plongé dans l’océan de cette vie, / mais comme Jonas sortit du poisson, / retire-moi du gouffre des passions / et sauve-moi, Seigneur.

Combattant l’Ennemi de tout leur cœur, / sur le stade les Martyrs / le prirent en leur filet / et reçurent la couronne des vainqueurs: / désormais ils intercèdent pour notre salut.

Fidèles, vénérons et magnifions / les Hiérarques du Christ et les justes avec eux, / sauvés que nous sommes par leur intercession / de toute menace et affliction / et de la méchanceté de l’Ennemi.

Des saintes Femmes ont combattu pour Dieu / et dans l’ascèse ont servi le Seigneur qui est aux cieux: / elles ont trouvé leur part en son Royaume; / par leurs prières, unique Rédempteur, / ô Jésus, sauve le monde qui est tien.

Source de vie qui de terre nous formas, / donne le repos aux fidèles trépassés, / leur accordant la rémission / de leurs méfaits en ta bonté / et ta miséricorde, Christ Jésus.

Toute-sainte qui mis au monde notre Dieu, / sanctifie nos pensées, affermis nos sentiments, / sauve-nous des traits de l’Ennemi / pour que sans blessures nous glorifiions, / Vierge pure, ta tendresse envers nous.

* * *

Encerclé par l’abîme de mes péchés, / j’invoque l’abîme insondable de ta compassion: / de la fosse, mon Dieu, relève-moi.

Accorde, Seigneur ami des hommes et tout-puissant, / l’ineffable et divine splendeur en compagnie de tes Martyrs / à ceux que tu as fait passer de la terre vers toi.

Illumine de ta gloire et ta splendeur / ceux qui ont quitté cette vie et sont passés / vers ton ineffable lumière, Seigneur.

Manifeste, ô notre Dame, ta puissance de salut / envers ceux qui t’invoquent, toi la Vierge qui conçus / le Christ régnant sur la mort et la vie.

Ode 7

Dans la fournaise les jeunes Gens s’inspirèrent des Chérubins, / lorsqu’ils chantèrent: Béni sois-tu, ô notre Dieu, / tu as porté juste sentence, / c’est pour nos fautes que tu nous traites ainsi; / à toi haute gloire, louange éternelle.

Par leur patience les saints Martyrs ont triomphé de Bélial, / supportant l’épreuve des tourments les plus cruels, / car ils aimaient vraiment le Dieu souffrant pour nos péchés; / par leurs prières, ô Verbe, sauve-nous / des tentations et des dangers.

Pontifes lumineux, Prophètes inspirés, / chœurs des saints Martyrs et des Femmes consacrées, / auréolés de gloire dans l’ascèse et les combats, / sans cesse intercédez pour nous / afin que Dieu nous prenne en pitié.

Là où cessent chagrin, douleur, gémissements / dans le clair rayonnement de ton visage, Seigneur, / là où jubile maintenant le chœur des Saints, / place les âmes des fidèles trépassés, / oubliant tous leurs péchés, dans ton unique bonté.

Au milieu des Prophètes et des Martyrs, / des vénérables Pères et des Femmes sanctifiées, / prie celui qui seul repose parmi les Saints, / Vierge pure, afin qu’il sanctifie / ceux qui dans les siècles le glorifient.

* * *

Sur l’ordre impie d’un injuste tyran / la flamme s’éleva très haut, / mais le Christ a répandu sur les jeunes Gens / la rosée de l’Esprit saint: / à lui bénédiction et haute gloire!

Dieu suprême, tu es descendu / sauver le genre humain de son errance de jadis: / par l’intercession constante des Martyrs, / Sauveur, à ceux qui de ce monde sont passés vers toi / accorde le repos sur la terre des vivants.

Par ta mort tu fis cesser la mort, / toi le seul Seigneur, le seul libre entre les morts: / délivre maintenant tes serviteurs / de la mort due au péché, / leur donnant en héritage le Royaume des cieux.

Ineffable est ta miséricorde, ô Jésus Christ, / insondable l’océan de ton amour pour les mortels: / accorde donc aux trépassés / la rémission de leurs péchés / et la grâce d’être purs à tes yeux.

Chandelier de la divine gloire en vérité, / Vierge pleine de grâce, tu fus porteuse du Reflet / qui par l’Esprit s’est révélé à nous / et fit disparaître les ténèbres de l’Hadès / par l’éclat de sa divine splendeur.

Ode 8

À celui qui dans le buisson ardent / sur la montagne du Sinaï devant Moïse préfigura / le prodigieux mystère de la Vierge, / chantez une hymne de bénédiction: / à lui haute gloire dans tous les siècles!

Le sang que vous avez versé, / saints Martyrs, a sanctifié l’entière création: / il fut capable de tarir / les fontaines de l’erreur / et désaltéra les âmes des croyants.

Le peuple des Ascètes et des Pontifes saints, / le chœur des saintes Femmes et des Prophètes glorieux / s’est montré à la hauteur des Anges, / ayant imité leur condition / en vivant sur terre dans l’Esprit.

Ceux d’entre nous que tu as pris auprès de toi, / place-les, Seigneur, au milieu de tes élus, / leur accordant, Dieu de tendresse, / la rémission de leurs péchés / et le repos dans le sein d’Abraham.

Vierge pure qui mis au monde notre Dieu, / au milieu des Prophètes, des justes, des Martyrs, / des vénérables et saintes Femmes, / des Pontifes qui ont témoigné jusqu’en la mort, / prie le Sauveur pour qu’il nous prenne en pitié.

* * *

Jadis à Babylone la fournaise ardente a divisé la force de son action / et selon le décret divin / elle consuma les Chaldéens, / mais répandit sa rosée sur les fidèles qui chantaient: / Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur.

Toi qui nous montras les issues de la sombre mort, / tu nous fis connaître / en ta puissance, ô notre Dieu, / pour l’éternité le porche de la vie / que tes saints Martyrs ont mérité de franchir.

Accorde à tes fidèles trépassés / de jouir sans fin de ta splendeur et ta beauté; / Maître ami des hommes, efface en eux / du péché la honte et la laideur, / toi qui seul en es affranchi.

Nous étions tombés dans la poussière de la mort, / mais ta mort, ô Christ, / nous redressa pour nous donner / joie, délices et la vie éternelle: / veuille l’accorder à tes fidèles trépassés.

Mère de Dieu, qu’il est redoutable et qu’il est grand, / le divin mystère de ton enfantement! / car tu mis au monde le Seigneur / que n’ont retenu la tombe ni la mort / et nous, toutes les nations, nous te glorifions.

Ode 9

La Mère de Dieu qui a conçu de merveilleuse façon / le Verbe jaillissant du Père éternellement, / fidèles, nous la magnifions.

Valeureux et puissants Athlètes du Seigneur, / vous avez vaincu les passions et l’Ennemi, / luttant loyalement et recevant couronne de Dieu.

Devenus les imitateurs du bon Pasteur, / vous avez fait paître le troupeau de son bercail, / Sanctificateurs illustres du peuple de Dieu.

Avec les saints Ascètes et les Prophètes inspirés / voici les saintes Femmes s’offrant à notre imitation: / dans l’ascèse elles ont triomphé de l’Ennemi.

Ô Christ, la glorieuse multitude des élus / t’implore sans répit pour les fidèles trépassés: / donne-leur part, Seigneur, à la vie éternelle.

Vierge Mère qui sans faille as enfanté dans la chair / le Dieu compatissant, sans cesse implore-le / avec tous les Saints, pour qu’il nous sauve des dangers.

* * *

L’astre divin qui avant l’aurore s’est levé / et vécut parmi nous / corporellement, / de tes entrailles virginales / tu lui donnas corps ineffablement: / Vierge bénie et Mère de Dieu, nous te magnifions.

Source de vie qui as pouvoir sur les vivants et sur les morts, / à ceux qui sont passés / de ce monde vers toi / accorde, ô Maître, dans le ciel / l’héritage et la splendeur / de tes saints et glorieux Martyrs.

Source de vie et Verbe qui jadis / me donnas d’exister, / puis me fis le don de la nouvelle vie, / place en ta miséricorde / les fidèles trépassés / dans le sein de notre père Abraham.

Sauveur, tu es douceur, lumière et joie, / tout entier tu es / l’inépuisable objet de nos désirs: / abreuve aux flots de tes délices, / à la source de ta rédemption / les fidèles qui jusqu’en la mort te glorifient.

À juste titre, nous, les fidèles, maintenant / te disons bienheureuse / selon tes paroles inspirées, / Mère de Dieu, car seule sur la terre, / virginalement tu as conçu / le Dieu qui a brisé l’empire de la mort.

Apostiches ou Laudes

Martyrika

Les saints Martyrs, ayant pris la croix du Christ / comme un invincible trophée, / ont détruit la puissance du Démon / et, couronnés dans le ciel, / ils sont devenus nos protecteurs / qui sans cesse intercèdent pour nous.

Ô Christ, la multitude des Martyrs / intercède auprès de toi: / dans ta bonté pour les hommes, aie pitié de nous.

Victorieux Martyrs, vos reliques sont honorées / en toute ville, en tout pays, / car vous avez combattu généreusement / et reçu la couronne dans les cieux; / vous êtes la gloire des prêtres et des rois / et l’ornement des saintes Églises de Dieu.

Nékrosimon

Hélas, quelles angoisses éprouve l’âme en agonie, / lorsqu’elle est séparée de son corps! / hélas, quelles larmes, et personne pour compatir! / Regardant vers les Anges, elle implore vainement, / se tournant vers les hommes elle n’obtient de secours. / Aussi, mes frères bien-aimés, / considérant la brièveté de la vie, / demandons au Christ le repos pour les défunts / et pour nos âmes la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

J’ai gaspillé toute ma vie, / hélas! et me voilà / privé de toute bonne action; / voyant la mort s’approcher, / je redoute le tribunal / de ton Fils et ton Dieu: / Vierge pure, délivre-m’en, / fais que je change avant ce jour, / ô notre Dame, et sauve-moi.

S’il y a Alléluia, nous chantons aux Laudes les précédents Martyrika, et comme Apostiches les Prosomia suivants:

La force de la mort et du tombeau, / tu l’as brisée, Seigneur, / par ta mort vivifiante; / tu as fait jaillir pour tous la vie éternelle, / aux morts tu as donné de ressusciter: / c’est pourquoi nous te prions: / donne le repos aux fidèles trépassés, / Sauveur ami des hommes, / et rends-les clignes de ta gloire sans fin.

Heureux ceux que tu as élus, ceux que tu as pris, Seigneur, avec toi.

Afin de permettre l’accès / de ton divin Royaume aux humains, / tu as daigné souffrir la mort sur la croix; / aussi nous te prions, / dans ta miséricorde partage ton Royaume avec ceux / qui t’ont rejoint par la foi, / et rends-les dignes de la béatitude et de la gloire sans fin.

Leur souvenir demeure d’âge en âge.

Devant ton redoutable tribunal / les morts attendent dans l’effroi / depuis les siècles ton juste jugement: / en ce jour, Seigneur et Sauveur, / épargne tes serviteurs / qui t’ont rejoint dans la foi / et donne-leur la béatitude sans fin.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Venez tous et chantons, / par nos hymnes glorifiant sans cesse / la Mère de la Clarté: / c’est elle qui enfanta notre salut, / disons-lui donc: Réjouis-toi, / car seule tu conçus le Dieu d’avant tous les siècles; / réjouis-toi qui enfantas le Créateur / ayant refait l’image d’Ève sur la croix; / réjouis-toi, Mère très-pure et Vierge inépousée.

LITURGIE

Béatitudes

Empruntant la voix du bon Larron, / ô Christ, nous te crions: / Souviens-toi de nous, Seigneur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

Martyrs qui avez imité / les souffrances du Christ, / sans cesse vous guérissez / des mortels les nombreuses douleurs.

Avec les Prophètes inspirés / et les justes de tous les temps, / les Apôtres et Docteurs de la foi / furent agréables au Créateur de 1’univers.

Accorde, Seigneur, le repos / en compagnie de tous les Saints / aux âmes des fidèles trépassés / que tu as rappelés de ce monde vers toi.

Gloire au Père ...

Ô sainte et consubstantielle Trinité, / de ceux qui te chantent aie pitié, / sans cesse les délivrant / des pièges et des filets de l’invisible Ennemi.

Maintenant ...

Vierge pure, ne méprise pas / les prières de tes serviteurs, / mais veuille, ô notre Dame, nous sauver / de nos péchés sans nombre et de toute affliction.


  1. À la place de ces trois martyrika que nous empruntons au Paraclitique slave le grec nous offre les théotokia suivants:

    Dès ma jeunesse, toute entier / je fus l’esclave de honteuses passions / et j’ai fini par effacer / en ma débauche effrénée / l’image et ressemblance de Dieu / et je redoute la sentence à venir, / Vierge toute-digne de nos chants, / lorsque je paraîtrai devant ton Fils et ton Dieu ; / aussi avant la fin accorde-moi, / Vierge pure, la purification de mes passions / et de mes fautes la rédemption.

    Vierge pure, je redoute le tribunal, / le châtiment éternel par le feu, / l’inexorable malédiction, / le grincement de dents, / la férocité du ver qui ronge sans répit ; / c’est pourquoi, dans la détresse de mon cœur, / Vierge tout-immaculée, je te prie : / sauve-moi de la terrible condamnation.

    Lorsque des membres de mon corps / mon âme sera par force séparée, / divine Épouse, sois présente à mes côtés, / dissipe les complots des ennemis incorporels, / broye les dents de ceux qui cherchent à m’avaler, / afin que sans encombre je passe au travers / des princes des ténèbres qui se trouvent dans les airs.

    Quant aux Apostiches, l’ordre du Paraclitique grec est le suivant :

    Les saints Martyrs intercèdent pour nous / ...

    En chœur, les saints Martyrs / résistèrent ...

    Grande gloire vous fut acquise par la foi: / ...

    Comme un rêve ou comme une fleur) / ...