TROISIÈME TON

Dimanche

LE SAMEDI SOIR AUX PETITES VÊPRES

Lucernaire

Par ta croix, ô Christ notre Sauveur, / fut renversé l’empire de la mort / et le mensonge du diable fut aboli; / le genre humain, sauvé par la foi, / chaque jour te présente sa louange.

L’univers a resplendi, / Seigneur, à la lumière de ta sainte Résurrection / et le Paradis s’entr’ouvre de nouveau: / la création entière poussant des cris de joie / chaque jour te présente sa louange.

Je chante et glorifie / la puissance du Père, du Fils et de l’Esprit, / divinité indivise et incréée, / consubstantielle Trinité / qui règne dans les siècles des siècles.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Merveille! une vierge a enfanté / et c’est le Dieu d’avant les siècles qu’elle a conçu! / Enfantement d’avance révélé / mais dépassant la nature pour s’accomplir! / Ô mystère effrayant! / pour qui le perçoit en esprit / il demeure ineffable et, même contemplé, / il ne saurait être saisi. / Bienheureuse es-tu, ô Vierge immaculée, / fille du terrestre Adam: / du Dieu très-haut tu es la mère en vérité; / implore-le pour qu’il sauve nos âmes.

Apostiches

Par ta Passion, ô Christ, / le soleil fut obscurci; / par la lumière de ta sainte Résurrection / tu as illuminé l’univers: / Ami des hommes, reçois notre hymne du soir.

Je célébrerai ton nom d’âge en âge.

Ô Vierge, nous reconnaissons en toi / l’arche spirituelle ayant porté / non les tables écrites par Dieu, / mais l’Auteur même de la Loi, / le Créateur du ciel et de la terre / qui de la grâce promulgua les décrets: / intercède auprès de lui pour qu’il sauve nos âmes.

Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille.

Tu es sur terre le ciel: / ainsi t’a révélée le Verbe notre Dieu / lorsqu’en ton sein il demeura, / prenant chair, lui l’Invisible par nature; / et sur tous tu fais pleuvoir / la rosée immortelle, Vierge et Mère inépousée.

Les plus riches du peuple rechercheront ta faveur.

Par tes prières nous possédons le salut, / grâce à elles, ô Vierge, nous évitons / sans cesse la houle des dangers / et la tempête des tentations; / et c’est pourquoi nous te demandons / de ne pas interrompre ta prière pour nous tous.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Grâce à toi nous connaissons, ô Vierge Marie, / le renouveau de la nature humaine, la seconde vie: / l’Auteur de la création façonné en ton sein / et nous ressuscitant de l’Enfer et de la mort / pour nous donner la vie éternelle / et nous permettre, Toujours-vierge, de te crier: / Réjouis-toi qui réunis les êtres d’ici-bas / aux puissances célestes d’en-haut, / réjouis-toi, espoir de la terre en ses confins, / rempart et protection de tous les humains, / réjouis-toi qui fis briller l’univers / par la résurrection de ton Fils, / accordant au monde la grande miséricorde.

GRANDES VÊPRES

Lucernaire

Par ta croix, ô Christ notre Sauveur, / fut renversé l’empire de la mort / et le mensonge du diable fut aboli; / le genre humain, sauvé par la foi, / chaque jour te présente sa louange.

L’univers a resplendi, / Seigneur, à la lumière de ta sainte Résurrection / et le Paradis s’entr’ouvre de nouveau: / la création entière poussant des cris de joie / chaque jour te présente sa louange.

Je chante et glorifie / la puissance du Père, du Fils et de l’Esprit, / divinité indivise et incréée, / consubstantielle Trinité / qui règne dans les siècles des siècles.

Devant ta Croix, ô Christ, / nous nous prosternons, / nous glorifions et nous chantons / ta sainte Résurrection: / par tes plaies et tes blessures nous avons tous été guéris.

Nous chantons le Sauveur / qui de la Vierge a pris chair, / fut mis en croix pour nos péchés / et le troisième jour est ressuscité / pour accorder au monde la grande miséricorde.

Aux Enfers, lorsqu’il y descendit, / le Christ vint annoncer la bonne nouvelle en disant: / Prenez courage j’ai triomphé, / je suis la Résurrection, / je vous délivrerai en brisant les portes de la mort.

Tout indignes que nous sommes / de nous tenir dans ta demeure immaculée, / nous t’offrons notre hymne du soir / et de l’abîme nous crions: / ô Christ notre Dieu qui as éclairé l’univers / par ta Résurrection le troisième jour, / délivre ton peuple de la main de l’Ennemi, / Seigneur, par amour pour les hommes.

* * *

Ô Vierge, montre-moi ta miséricorde, / ta bienveillance, ton attention / lorsque j’invoque ta divine grâce / pour tout ce qui m’arrive, en vérité: / car l’espérance de mon âme / tout entière repose sur toi; / en ta divine providence / constamment je place mon espoir; / en retour juge-moi digne / de la vie en Dieu et de sa gloire en l’au-delà.

En moi les braises des passions / sont attisées par la colère, l’emportement, / l’ivresse, la débauche, / l’avarice, la dureté de mon cœur, / la soif de vengeance, le trouble, l’abattement, / la vaine gloire et l’orgueil: / délivre mon âme de tous ces maux, / je t’en prie, ô notre Dame, et sauve-moi.

Tous ensemble, la conscience purifiée, / prosternons-nous devant la Mère de Dieu, / sans cesse lui criant du fond du cœur: / Sainte Dame, sauve-nous / de toute colère et méchanceté, / de la misère où nous sommes tombés; / tu es pour nous rempart et protection, / à l’ombre de tes ailes tu nous offres le salut.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Comment n’admirerions-nous pas, ô toute-digne d’honneur, / ton enfantement qui unit la divinité à notre humanité? / car sans connaître d’homme, ô Vierge immaculée, / tu as enfanté un Fils qui n’a point de père selon la chair: / né du Père avant les siècles / sans le concours d’une mère. / En naissant de toi, il n’a subi aucun changement ni mélange ni division, / mais il conserve intactes les propriétés de ses deux natures. / Et toi, souveraine Vierge et Mère, implore-le / pour qu’il sauve les âmes / de ceux qui professent la vraie foi / en te reconnaissant pour la Mère de Dieu.

Apostiches

Par ta Passion, ô Christ, / le soleil fut obscurci; / par la lumière de ta sainte Résurrection / tu as illuminé l’univers: / Ami des hommes, reçois notre hymne du soir.

Seigneur, ta vivifiante Résurrection / a resplendi sur tout l’univers, / délivrant ta créature / de la mort et du tombeau, / et nous qui sommes affranchis de la malédiction d’Adam, / nous chantons: gloire à toi, ô Seigneur tout-puissant.

Bien qu’immuable en ta divinité, / tu es passé par la souffrance de la chair: / la création ne pouvant souffrir de te voir suspendu / fut secouée de frayeur / et chanta plaintivement ta longanimité; / mais descendu aux Enfers, / tu es ressuscité le troisième jour, / donnant au monde la vie et la grande miséricorde.

Pour racheter de la mort le genre humain, / ô Christ, tu t’es soumis à la mort; / ressuscitant d’entre les morts le troisième jour, / avec toi tu as ressuscité ceux qui te reconnurent comme Dieu / et tu as illuminé le monde; Seigneur, gloire à toi.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Selon la volonté du Père / tu as conçu du saint Esprit le Fils de Dieu, / sans le concours d’une mère / né du Père avant les siècles; / pour nous tu l’as enfanté sans père selon la chair, / tu l’as allaité comme un enfant nouveau-né; / sans cesse intercède auprès de lui / pour qu’à nos âmes il épargne tout danger.

Tropaire

Que les cieux se réjouissent, / que la terre exulte d’allégresse! / car le Seigneur a fait merveille / par la force de son bras, / terrassant la mort par sa propre mort / et devenant d’entre les morts le premier-né: / du sein de l’Enfer il nous a tous sauvés, / accordant au monde la grande miséricorde.

Vierge Mère de Dieu, nous te chantons, / Médiatrice du salut pour le genre humain; / dans la chair qu’il a reçue de toi / ton Fils, notre Dieu, / a daigné souffrir sur la croix / pour nous racheter de la mort, / dans son amour pour les hommes.

LE SAMEDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Jadis il assembla les eaux en une seule masse, d’un geste divin, / et divisa la mer pour le peuple d’Israël, / notre Dieu hautement glorifié; / à lui seul offrons nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Mère ayant enfanté notre Dieu / par bienveillance du Père et puissance de l’Esprit, / nous les fidèles, te couronnons de chants purs, / divine Épouse, et pour notre salut / nous te chantons la salutation archangélique.

Jadis d’une côte d’Adam / Ève fut formée divinement / et du sein de la Vierge le Christ a paru, / se faisant homme sans changement: / le Dieu d’avant les siècles est inséré dans le temps.

Gloire: Le sein d’Ève, il l’avait condamné / à produire son fruit dans les peines, les douleurs, / et lui-même il demeure en ton sein, / avec son corps ineffablement, notre Dieu, / pour que la prime aïeule voie sa dette effacée.

Maintenant: Jetés dans le gouffre du désespoir / par le souffle de nos funestes péchés, / divine Génitrice, vers toi nous crions sans cesse: aide-nous / dans les périls que nos œuvres nous font courir; / tu es notre seule espérance après Dieu.

Ode 3

Toi qui tiras toutes choses du néant / et les créas par ton Verbe, / par ton Esprit tu les mènes à leur perfection: / Maitre tout-puissant, rends moi ferme en ton amour.

Le sceptre d’Aaron, qui a fleuri sans être arrosé, / d’avance t’a figurée, virginale Mère de Dieu, / toi qui sans semence as enfanté / le Dieu qui a pris chair sans changement.

Comme l’encensoir supportant le feu divin / t’a vue le Prophète en l’Esprit: / pour les habitants de ce monde tu as porté / le Parfum de la vie éternelle.

Gloire: Tous ensemble, avec l’archange Gabriel, / chantons à la Vierge: Réjouis-toi; / par elle a pris fin, en effet, / la malédiction qui jadis nous condamnait.

Maintenant: Toute-sainte, nous les pécheurs qui t’avons, / divine Mère, comme rempart de salut, / notre Dame, ne nous méprise pas, / n’aie pas honte de nos prières, et nous serons sauvés.

Ode 4

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour souverain / en livrant pour nous ton Fils unique à la mort; / aussi, dans l’action de grâces, nous te chantons: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Jadis Habacuc, t’ayant vue en vision divine / comme montagne spirituelle ombragée de vertus par l’Esprit, / proclama que le Verbe, assumant notre chair, / comme de Théman viendrait, ô Vierge, de toi.

En l’Esprit, Daniel parle de toi comme de la montagne non taillée / et montre qu’il prévoyait ton intacte virginité, / puisque de toi le Christ et Verbe comme pierre s’est détaché, / notre Dame, pour briser les socles de l’erreur.

Gloire: D’avance David t’a désignée comme l’admirable montagne de Dieu, / car en toi le Fils unique du Père a voulu / demeurer, ô Vierge, revêtu de notre chair; / c’est pourquoi dans l’Esprit nous te crions: Réjouis-toi.

Maintenant: Tout entière, pour les humbles, les pécheurs, / tu es l’excellente, la chaleureuse protection: / sauve, Génitrice de Dieu et Souveraine immaculée, / tes serviteurs des périls, de l’affliction et du péché.

Ode 5

Isaïe, voyant en image sur le trône élevé / le Dieu de gloire escorté par les Anges, s’écria: / Je suis perdu, car j’ai vu le Dieu incarné, / lumière sans déclin et prince de paix.

Tige de Jessé, tu as fait croître la pure fleur: / Vierge Marie, sans semence, mais de l’Esprit saint / tu mis au monde le Dieu sans commencement; / en lui espèrent les nations soumises au règne paternel.

Le prince de paix, le Dieu qui s’est incarné de toi, / divine Mère, vient régner sur le trône de David; / merveille, il brise les guerres et pille les chefs de Moab, / et de toi sa Mère c’est une Reine qu’il a fait.

Gloire: Isaïe, te montrant comme la pure beauté / d’où le Christ s’est revêtu de la chair sans semence, / s’écrie: Sur la nuée légère le Seigneur de gloire viendra / et, nous illuminant, il chassera les ténèbres de l’erreur.

Maintenant: Le Verbe consubstantiel au Père, tu l’as conçu de l’Esprit saint, / en deux natures, ô Vierge, tu l’as enfanté; / il est homme à la perfection et Dieu parfaitement, / et la représentation de sa chair, nous la vénérons avec foi.

Ode 6

Encerclé dans l’abîme sans fond de mes péchés, / je sens mon souffle défaillir: / ô Maître, lève ta main, tends-la vers moi / et sauve-moi comme Pierre, divin Timonier.

D’avance le sage Salomon dans son Cantique t’a désignée / comme litière sur laquelle a reposé le Dieu fait chair / en une seule personne issue de toi: / enfanté sans mélange, il te glorifie.

Du Verbe, Vierge toute-digne de nos chants, / tu fus l’élue, le vêtement de choix / qu’après avoir assumé la chair en toi / il revêtit comme pourpre divine pour régner splendidement.

Gloire: La demeure de l’union divine, plus précieuse que l’air pur, / tu l’as été, divine Épouse: grâce à toi / Dieu s’est fait homme et il a conversé / avec les hommes, dans la condition des mortels.

Maintenant: De ceux qui manifestent envers toi leur impiété / fais cesser l’hérésie, Vierge toute-digne de nos chants: / c’est par jalousie qu’ils dénigrent ta représentation / lorsqu’ils voient la gloire de ton aspect.

Cathisme

De toute l’ardeur de ma foi, / malgré mes lèvres indignes, mon cœur souillé, / divine Mère, depuis l’abîme de mes fautes, je te chante: sauve-moi, / aie pitié de moi qui me meurs de désespoir, / afin que, sauvé, je puisse te chanter: / Réjouis-toi, ô Vierge, toi le prompt secours du peuple chrétien.

Ode 7

Devant l’image d’or des Chaldéens / les Jeunes Gens n’ont pas voulu se prosterner, / mais au milieu des flammes ils chantaient: / Béni es-tu, Dieu de nos Pères.

Le buisson et la flamme, entremêlés comme un signe / et montrant l’un et l’autre l’incorruptible condition, / ô Vierge, t’ont désignée bien clairement, / puisque, demeurant vierge, tu enfantes notre Dieu.

Tour à tour, la toison et la rosée pour Gédéon / ont montré d’avance l’image de ton enfantement: / toi seule, en effet, tu as porté dans ton sein, / Vierge Mère, comme pluie le Verbe divin.

Gloire: Le feu de mon péché est en train de me préparer / une flamme plus grande que celle de l’enfer: / éteins-la, Vierge pure, en ton amour, / me ramenant vers la clarté du repentir.

Maintenant: En vénérant le prototype de ton aspect / sur tes images, pure Mère de Dieu, / en toi nous avons, nous tous, auprès de lui / garantie, défense et bienveillante protection.

Ode 8

La fournaise de Babylone ne brûla pas les Jeunes Gens, / comme la Vierge ne fut pas consumée par le feu divin; / avec eux, nous les fidèles, chantons; / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

C’est toi l’Épouse vierge que le Père a choisie, / au milieu des épines t’ayant trouvée comme lis désirable, / resplendissante de l’éclat de ta beauté / pour devenir par l’Esprit saint la demeure du Fils.

Tu es plus sainte que les Puissances d’en-haut, / par ta gloire incomparable, Vierge pure, en vérité; / car c’est leur Créateur que tu portas / lorsque, par union sans mélange, il prit de toi notre chair.

Gloire: Ayant gardé intacte, ô Vierge, ta virginité, / en vérité tu devins la Mère du Fils de Dieu, / étant, par bienveillance du Père, son épousée / et glorieusement le vase pur de l’Esprit saint.

Maintenant: Le Dieu par nature immatériel, / invisible en sa pure et simple divinité, / se fait homme, naissant de la Vierge surnaturellement / en deux natures et une seule personne que l’Évangile nous décrit.

Ode 9

Prodige nouveau et digne de Dieu: / le Seigneur a vraiment franchi la porte close de la Vierge; / nu à son entrée, Dieu nous est apparu revêtu de la chair à sa sortie, / mais la porte est demeurée fermée. / Celle qui est la Mère de Dieu, / ineffablement nous la magnifions.

Une sainte racine a fait croître le fruit de sainteté: / de la Stérile sanctifiée sous la Loi / et d’un père menant vers son terme une pure vie / une fille est éclose, c’est la Mère de Dieu; / Anne se réjouit d’avoir en sa vieillesse comme enfant / la divine Mère que nous magnifions.

Nouvel et divin enfantement, / celui de ton sein pur qui porte Dieu: / en lui par le doigt du Père est inscrit / dans l’humaine nature le Fils prenant chair / sans mélange, en la sainteté de l’Esprit, / et nous tous, comme Dieu nous le magnifions.

Gloire: Toute justice contre moi se met à crier: / le fait terrible de mes œuvres de péché / suscite un cri menaçant contre moi; / toute mon âme sait bien que cela doit arriver / et je crains le feu de la géhenne; mais par ton intercession, / notre Dame, avant la fin sauve-m’en.

Maintenant: Ô Vierge, dans ton enfantement tu te montras inviolée: / sans mélange en effet tu enfantas dans la chair, / Toute-pure, le divin Créateur de l’univers, / fait homme surnaturellement, sans être séparé de l’être paternel; / Vierge, tu l’es demeurée par l’Esprit saint / et, te rendant gloire, je termine ce chant.

OFFICE DE MINUIT

Ode 1

Jadis il assembla les eaux

Seule Seigneurie que nul ne peut cerner, / unique et trinitaire Majesté, / éclaire-moi de ta triple splendeur / afin que je te loue, toi sans cesse chantée / par la voix des Anges célébrant le Trois-fois-saint.

Toutes les Hiérarchies incorporelles / célèbrent clairement comme principe créateur / l’unique Source au triple éclat / et nous fidèles, unissons-nous à leur voix / pour la glorifier malgré nos lèvres souillées.

Ceux qui nous parlent de toi, Dieu et Roi de l’univers, / te nomment Intelligence, Verbe et Esprit / pour signifier comment le Fils est issu / du Père lui-même inengendré / et pour illustrer la procession de l’Esprit.

Verbe de Dieu qui nous aimes en tout temps, / tu assumas la nature des humains; / l’éclairant du triple éclat de l’unique divinité, / tu conduis tous les hommes à glorifier / la Vierge mère qui sans faille t’enfanta.

Ode 3

Toi qui tiras toutes choses du néant

Jadis ayant ordonné par trois fois / de verser l’eau sur l’holocauste et le bois, / Élie en symbole manifesta / les trois visages de l’unique et divine Seigneurie.

La nature fluctuante des mortels / te chante, immuable Créateur, / Dieu unique au triple feu, et te crie: / Délivre-moi de tout revers et sauve-moi.

Nous conformant aux révélations prophétiques, / aux paroles des Apôtres et prédicateurs de la foi, / fidèles, nous te glorifions, Dieu de tous, / Trinité coopérant pour nous sauver.

Grâce à toi, Vierge pure, le Christ / par amour depuis son trône des cieux / descendit pour élever l’humanité / et le triple feu a resplendi sur nous tous.

Cathisme

Dieu suprême et seul Seigneur, ô Christ, / reflet du Père sans commencement, / en l’unité divine de l’Esprit, / prends pitié de nous tes serviteurs: / car tous, nous avons péché, / mais ne nous sommes pas éloignés de toi; / c’est pourquoi nous te prions, Seigneur trois-fois-saint: / en ta puissance délivre de toute adversité ta créature.

De toi le Dieu suprême et seul Seigneur / par amour pour nous s’est incarné, / assumant notre condition, / mais demeurant ce qu’il était; / c’est pourquoi nous le servons comme Homme et comme Dieu, / Toute-sainte, proclamant / ta divine et virginale maternité / et glorifiant la merveille de ton enfantement, Épouse inépousée.

Ode 4

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour

Le Verbe et l’Esprit comme tiges ont poussé / sur la racine du Père, doublement, / rameaux consubstantiels et fleurs de même éternité / pour former le triple feu de la Divinité.

Sans cesse te chante le chœur des Esprits célestes, / Dieu que nul esprit ne peut saisir; / avec eux nous te glorifions en disant: / Trinité sainte, sauve-nous dans ton amour.

Vers ton amour tu nous as ravis, Dieu de bonté, / Verbe qui as pris corps sans changement pour nous, / et toi-même tu nous révélas le triple éclat / de l’unique Divinité que nous glorifions.

Ode 5

Isaïe, voyant en image sur le trône élevé / le Dieu de gloire escorté par les Anges, s’écria: / Je suis perdu, car j’ai vu le Dieu incarné, / lumière sans déclin et vrai prince de paix.

Isaïe, ayant vu l’unique et divine Seigneurie / en trois personnes glorifiée par la pure voix des Séraphins, / fut envoyé proclamer aussitôt / le triple éclat de l’Être unique et divin.

Monade aux trois soleils ayant tiré du néant / jadis l’univers invisible et celui qu’on peut voir, / sauve de toute épreuve et glorifie / les fidèles qui te chantent comme unique Dieu.

Avec amour nous te chantons et te disons bienheureuse, / lumineuse et virginale chambre où Dieu fut enfanté: / en deux natures et volontés tu mis au monde le Christ, / l’Un de la Trinité et Seigneur de gloire en vérité.

Ode 6

Encerclé dans l’abîme sans fond

Étranger sur cette terre, Abraham / mérita d’accueillir sous son toit / en trois personnes et sous l’aspect de jeunes gens / le Dieu suprême, notre unique Seigneur.

Dirige, Seigneur au triple soleil, / les cœurs fidèles vers l’inaccessible clarté; / accorde à nos âmes la splendeur de ta gloire / pour imaginer ton ineffable beauté.

Ouvre-moi les portes de la sublime Clarté, / Vierge pure, qu’en ton sein tu as conçue / afin que je contemple le triple éclat de mon Dieu / et glorifie ta souveraine splendeur.

Cathisme

Chantons le triple rayonnement de la Divinité / en sa consubstantielle unité / et que nos voix redisent au Trois-fois-saint: / Tu es Saint, ô Père sans commencement, / tu es Saint, ô Fils coéternel / avec le Saint Esprit, / unique, indivisible Dieu, / créateur de l’univers et plein d’amour pour les hommes.

Merveille sans égale en vérité! / comment ton sein peut contenir l’Infini? / comment assume-t-Il un corps humain / sans changement ni division / de l’unique et immuable Divinité? / c’est pourquoi nous te proclamons fidèlement, / Vierge toute-sainte, ‘Mère de Dieu ‘ / et sans cesse nous voulons te glorifier.

Ode 7

Jadis tu répandis la rosée

Fais de moi le temple tout brillant de clarté, / ô Maître, de la Divinité au triple éclat, / afin que je domine par ton clair rayonnement / la ténèbre des passions et des péchés: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

En trois personnes nous annonçons / l’unique nature de Dieu / tout en distinguant les propriétés / du Père, du Fils et de l’Esprit: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Dieu en trois personnes jadis visita / Abraham sous le chêne de Mambré, / lui donnant en son amour Isaac / en récompense de l’accueil qu’il reçut: / Dieu de nos Pères, nous te glorifions.

Sur terre s’est montré le Créateur, / il s’est fait homme par amour pour nous; / s’incarnant de ton sein pur et virginal, / et nous a tous déifiés grâce à toi, / Mère de Dieu, Vierge sans tache et bénie.

Ode 8

Jetés dans le feu ardent

Le Verbe et l’Esprit coéternels ayant poussé / comme sur la racine du Père éternel, / rameaux de la suprême divinité, / ont montré l’unique gloire et puissance de la Trinité / que nous fidèles, dans les siècles nous chantons.

En ta splendeur tu fais que les Anges des cieux / aux accents du Trois-fois-saint, / Père, Verbe consubstantiel, Esprit divin, / célèbrent sans cesse ton pouvoir en triple flamme convergeant / que nous fidèles, dans les siècles nous chantons.

Les oracles des Prophètes / contemplant de loin, Mère de Dieu, ton Enfant, / célèbrent sa naissance virginale sans précédent / et nous, d’une même voix, nous le chantons / et l’exaltons comme Seigneur dans tous les siècles.

Ode 9

Prodige nouveau et digne de Dieu

De leurs ailes les Anges incorporels / sûrement cherchent à s’envoler plus haut / afin de contempler la gloire au triple éclat, / mais ils redoutent l’inaccessible clarté; / sans cesse ils te chantent, unique Trinité: / à leurs voix nous unissons les nôtres pour te glorifier.

Nous aussi qui sur terre avons reçu / l’âme, l’esprit, la raison, / dans l’amour insatiable de nos cœurs / nous te chantons, Dieu et Maître de l’univers, / triple en tes personnes mais unique divinité: / prends pitié de nous dans ton immense bonté.

Fais de moi le temple de ton unique Seigneurie, / tout brillant de ta lumière au triple éclat, / afin que je te serve en toute pureté / et voie ton ineffable gloire, Créateur de l’univers, / par les prières de l’unique Mère de Dieu / digne de haute gloire et que nous magnifions.

LE DIMANCHE MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Le Christ s’est levé d’entre les morts, / prémices de ceux qui se sont endormis; / premier-né de la création, / artisan de tout l’univers, / en lui-même il a renouvelé / du genre humain la nature corrompue; / ô Mort, tu ne règnes plus: / ton empire est brisé par le Seigneur de l’univers.

Seigneur, en ta chair tu as goûté la mort, / tu en as ôté l’amertume par ta Résurrection; / contre elle tu as fortifié le genre humain, / annulant la défaite infligée par l’antique malédiction. / Protecteur de notre vie, Seigneur, gloire à toi.

Devant la grâce incomparable de ta virginité, / devant le charme et le divin éclat rayonnant de ta sainteté, / frappé de crainte, Gabriel s’écria, ô Mère de Dieu: / Quel éloge digne de ta sainteté pourrai-je te présenter? / de quel nom sublime te nommerai-je? / je ne sais, et demeure interdit. / Aussi me conformant à l’ordre reçu, / je te chante: Réjouis-toi, ô Pleine de grâce.

Cathisme II

Devant le caractère immuable de ta divinité, / devant la passion que librement, Seigneur, tu enduras, / frappé de crainte, l’Hadès gémissait sur son sort en te criant: / Je redoute ton corps exempt de corruption; / je vois l’Invisible me faisant la guerre en esprit; / et ceux que je retiens, je les entends crier: / Gloire à ta sainte Résurrection, ô Christ notre Dieu.

L’ineffable mystère, nous le proclamons, / nous les fidèles, en contemplant / ta Crucifixion que nul ne peut saisir / et ta Résurrection que nul ne peut expliquer: / en ce jour la mort et l’Enfer sont dépouillés, / le genre humain se revêt d’immortalité; / et dans l’action de grâce nous pouvons chanter: / Gloire à ta sainte Résurrection, ô Christ notre Dieu.

Celui que nul esprit ne peut saisir / et que nulle main ne peut cerner, / le Verbe consubstantiel au Père et à l’Esprit, / ton sein, divine Mère, mystérieusement l’a contenu; / unique et sans confusion est la puissance de la Trinité / que ton Fils nous enseigna à glorifier de par le monde; / et dans l’action de grâce nous pouvons te chanter: / Réjouis-toi, ô Vierge pleine de grâce.

Hypakoi

Terrible en son aspect, l’Ange resplendissant / par ses paroles répandait la rosée, / disant aux Myrophores: Pourquoi chercher / dans le sépulcre celui qui vit? / Vidant les tombes, il est ressuscité! / et par le changement intervenu dans les tombeaux / sachez reconnaître celui qui ne peut changer / et dites-lui: Que tes œuvres sont redoutables, Seigneur! / puisque de la mort tu as sauvé le genre humain.

Anavathmi

Antienne 1

Tu ramenas de Babylone / les déportés de Sion: / arrache-moi aussi à mes passions, / ô Verbe, pour me conduire vers la vie.

Ceux qui sèment dans les larmes / pour Dieu sous le vent du midi / moissonnent en chantant / des gerbes de joie pour une vie d’éternité.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Du saint Esprit rayonnent / tous les dons excellents, / comme du Père et du Fils: / en Dieu tout l’univers possède vie et mouvement.

Antienne 2

Si le Seigneur ne bâtit la demeure des vertus, / c’est en vain que nous peinons; / mais s’il protège notre âme, / nul ne pourra dévaster notre cité.

Comme le fruit des entrailles / les Saints te seront toujours, / ainsi qu’au Père, des fils, / ô Christ, sous le souffle de l’Esprit.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Il donne à toute créature / le pouvoir d’exister, / le saint Esprit en qui réside / toute sagesse et sainteté: / avec le Père et le Verbe adorons-le, car il est Dieu.

Antienne 3

Celui qui craint le Seigneur / et marche dans ses voies, / bienheureux sera-t-il: / pour nourriture il aura le fruit de vie.

À l’entour de la table, / suprême Pasteur, / contemple avec joie tes enfants / portant les rameaux de leurs bonnes actions.

Gloire au Père ... Maintenant ...

En l’Esprit saint réside / de toute gloire le trésor / et pour toute créature / de lui proviennent la grâce et la vie: / il reçoit avec le Père et le Verbe l’hommage de nos chants.

Prokimenon, ton 3: Dites aux nations que le Seigneur est roi: il a fixé l’univers qui ne chancellera pas.

Verset: Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur par toute la terre.

Ode 1

Jadis il assembla les eaux en une seule masse, d’un geste divin, / et divisa la mer pour le peuple d’Israël, / notre Dieu hautement glorifié: / à lui seul offrons nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Dieu qui jadis avait condamné la terre à porter / des épines pour le pécheur comme fruit de sa sueur, / reçut, d’une main criminelle, la couronne d’épines en son corps / pour abolir l’antique malédiction, / car il s’est couvert de gloire.

Victorieux, il triompha de la mort, / celui que la mort enveloppa; / ayant pris, lui notre Dieu, une chair capable de souffrir, / il défit le tyran et nous a tous ressuscités, / car il s’est couvert de gloire.

Tous les peuples te glorifient en vérité / comme celle qui sans semence enfante notre Dieu; / car il est descendu en tes entrailles sanctifiées / et prit la nature des humains, / homme et Dieu naissant de toi pour nous sauver.

* * *

Peuples, chantons un chant nouveau / à celui qui est né de la Vierge pour notre salut / et mena ciel et terre à l’unité, / car il s’est couvert de gloire.

Le Christ racheta au prix de son sang / le genre humain asservi au tyran; / le déifiant, il lui fit voir le renouveau, / car il s’est couvert de gloire.

Le Christ, trésor de vie, goûta la mort / comme un mortel, mais de sa propre volonté; / immortel, il ramena les morts à la vie, / car il s’est couvert de gloire.

* * *

Tout être fléchit le genou, / ô Vierge, devant le fruit de ton sein / au ciel, sur la terre, aux enfers, / car il s’est couvert de gloire.

Merveilles d’échanges en ton sein! / le Dieu qui nous comble de ses biens / nous donne l’esprit divin et reçoit notre chair, / car il s’est couvert de gloire.

Ode 3

Toi qui tiras toutes choses du néant / et par ton Verbe les créas, / par ton Esprit tu les mènes à leur perfection : / ô Maître tout-puissant, rends-moi ferme en ton amour.

Par ta croix fut confondu le Mauvais, / il est tombé dans la fosse creusée par lui-même, / mais tu relèves le front des humbles, / ô Christ, par ta sainte Résurrection.

Ta doctrine a submergé les nations, / ô Christ, comme l’onde les bas-fonds; / Ami des hommes, ressuscité du tombeau, / tu révélas la vraie lumière de la Trinité.

Qui parle de toi te glorifie, / vivante cité du Roi éternel: / Souveraine, c’est grâce à toi que notre Dieu / a conversé avec les hommes.

* * *

L’arc et le glaive de l’ennemi, / avec force tu l’as brisé, Seigneur; / ô Christ, notre roc fortifié, / saint es-tu, Seigneur notre Dieu.

Croix du Christ, ta pureté nous délivra / des lustrations en l’honneur des faux-dieux, / depuis que notre Dieu suprême, Jésus, / sur ton bois a étendu les mains. Sépulcre où descendit notre Vie, / devant toi nous les fidèles, nous prosternons: / en toi fut déposé et de toi s’est levé / le Christ qui est vraiment notre Dieu.

* * *

Rameau poussé sur la racine de Jessé, / la Vierge comme fleur t’a produit, / ô Christ, selon la prophétique vision. / Saint es-tu, Seigneur notre Dieu.

Afin que nous puissions communier, / nous mortels, à ta divinité, / tu reçus notre chair de la Vierge. / Saint es-tu, Seigneur notre Dieu.

Ode 4

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour souverain / en livrant pour nous ton Fils unique à la mort; / aussi dans l’action de grâce nous te crions: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Ô Christ, tu enduras blessures et plaies, / pour nous tu souffris l’outrage des soufflets; / longanime, tu supportas les crachats: / ainsi tu me procuras le salut. / Gloire à ta puissance, Seigneur.

À cause de la misère et l’oppression / des pauvres et des malheureux, tu as voulu / connaître la mort d’un corps mortel, / toi la Vie, et dans ta gloire de vainqueur / tu les as tous ressuscités avec toi.

Ô Christ, exauce les prières, la compassion / de ta Mère glorieuse et souviens-toi / du troupeau que tu acquis par ta passion / et, dans son épreuve le visitant, / sauve-le par ta puissance, Seigneur.

* * *

Du mystère de ta naissance ineffable et inouïe, / Seigneur, j’ai entendu l’annonce qui m’effraie, / mais c’est dans la joie que je te crie: / Gloire à ta puissance, Ami des hommes.

À ton image tu fis l’homme, par amour, / et lorsque le péché l’eut mis à mort / à la suite de sa transgression, tu l’as sauvé / sur le Calvaire en te laissant crucifier.

Seigneur, l’Enfer vorace a rendu / tous les morts qu’il avait engloutis: / ainsi fut détruit le funeste royaume de l’Hadès / lorsque tu es ressuscité du tombeau.

* * *

En ta science, Seigneur, tu fis les monts / et toi-même, pierre que nulle main n’a taillée, / tu es sorti de la sainte Montagne ombragée: / gloire à ta puissance, Ami des hommes.

Notre nature, tu l’as guérie de son mal, / lui joignant comme un remède de salut, / Seigneur, dès le sein de la Vierge, la pureté / de ta divinité, ô Verbe de Dieu.

Seigneur, tu es ma part et mon lot, / l’héritage que désire mon cœur, / ô Verbe qui par la Vierge as uni / à la chair humaine ta divinité.

Ode 5

Devant toi je veille dès l’aurore, Créateur de l’univers, / Paix qui surpasses tout esprit; / tes préceptes sont lumière: / conduis mes pas sur leurs chemins.

Toi qui sondes les cœurs et les reins / et juges avec droiture l’univers, / au juge inique tu fus livré par jalousie, / mais tu as sauvé Adam de l’antique condamnation.

Ô Christ, par la puissance invincible de ta Croix / accorde à tes Églises la paix, / toi qui ressuscitas d’entre les morts, / et sauve nos âmes.

Tu es pour nous le Tabernacle sanctifié, / toujours-vierge et plus vaste que les cieux, / car seule tu reçus le Verbe de Dieu / que la création entière ne pouvait contenir.

* * *

Invisible, sur la terre tu parus, / avec les hommes librement tu conversas; / Ami des hommes que nul esprit ne peut saisir, / nous veillons en ta présence pour te célébrer.

Ô Christ, lorsqu’une lance perça ton côté, / tu délivras de l’antique malédiction / celle qui est née de la côte d’Adam / et fut cause de ruine pour l’ensemble des humains.

D’entre les morts tu as ressuscité le temple sacré / de ton corps vénérable et immaculé, / ô Christ, notre rédempteur et sauveur, / égal au Père en ta divinité.

* * *

Ô Vierge, ton Fils, le Verbe de Dieu / qui forma le premier homme, Adam, / lui-même n’a pas été créé, bien qu’en toi / il se soit modelé une chair animée.

Égal au Père, le Verbe de Dieu, / Fils de la Vierge, Jésus le Seigneur / en deux natures manifeste vraiment / la perfection de l’Homme et du Dieu.

Ode 6

Encerclé dans l’abîme sans fond de mes péchés, / je sens mon souffle défaillir: / ô Maître, lève ta main, tends-la vers moi, / et sauve-moi comme Pierre, toi qui marches sur les flots.

Un abîme de tendresse et de bonté / m’encercla lorsqu’en ta compassion tu descendis, / ô Maître, car tu es venu dans la chair / sous forme d’un esclave pour que je sois comme Dieu, / et tu me réservas la même gloire qu’à toi.

L’auteur de la mort fut réduit à néant, / te voyant plein de vie après ta mort; / tels sont, ô Christ, les signes de ta Résurrection / et les trophées de ton auguste Passion.

Toute-pure qui assures ta médiation / entre les hommes et le Verbe créateur, / persuade ton Fils d’accorder sa protection / et sa faveur à tes indignes serviteurs.

* * *

Du séjour au plus profond de l’Enfer / Jonas fut un symbole vivant / lorsqu’il s’écriait: Arrache ma vie, / Ami des hommes, à la poussière du tombeau.

Par tes blessures et les souffrances de la croix / avec toi tu ressuscitas les blessés de l’Enfer; / aussi je te crie: Arrache ma vie, / Ami des hommes, à la poussière du tombeau.

Tremblantes, les portes de l’Enfer s’ouvrirent devant toi / et les armes furent prises à l’Ennemi; / aussi les saintes Femmes vinrent à ta rencontre, Seigneur, / changeant leur deuil en allégresse et en joie.

* * *

Celui qui dépasse toute forme, a reçu / notre aspect de la Vierge immaculée; / homme, il le fut en sa forme et vérité / sans changement pour sa divinité.

De l’abîme du péché, de la houle des passions / sauve-moi, Vierge tout-immaculée: / tu es le havre et des merveilles l’océan / pour les fidèles qui accourent vers toi.

Kondakion

Du tombeau tu es ressuscité / en ce jour, ô Dieu de miséricorde, / nous arrachant aux portes de la mort; / en ce jour Adam tressaille d’allégresse et Ève danse de joie, / et tous ensemble les Patriarches et les Prophètes chantent inlassablement / la force et la puissance de ta divinité.

Ikos

Qu’en ce jour le ciel et la terre dansent de joie / et chantent d’un seul cœur le Christ notre Dieu / qui de leurs tombes a ressuscité / les captifs de la mort! / Se réjouisse l’entière création, / offrant au Créateur de l’univers / et à notre Rédempteur / des cantiques dignes de lui! / car de l’Enfer en ce jour / comme Source de vie / il retire les humains, / les élevant avec lui vers le ciel; / il brise l’orgueil de l’Ennemi / et fracasse les portes de l’Hadès / par la force et la puissance de sa divinité.

Ode 7

Jadis tu répandis la rosée / sur les trois jeunes gens dans les flammes des Chaldéens: / du feu resplendissant de ta divinité / éclaire-nous qui te crions: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Le voile du Temple en deux se déchira / lors de la crucifixion du Créateur, / révélant la vérité, en l’Écriture cachée, / aux fidèles qui chantent désormais: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Ô Christ, lorsque fut percé ton côté, / la divine rosée de ton sang vivifiant / sur terre répandue selon ton plan de salut / rénova tous les fils de la terre qui s’écrient: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Rendons gloire à l’Esprit de bonté, / au Fils unique et au Père éternel, / fidèles, en trois personnes vénérant / un seul Principe, une seule Divinité; / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

* * *

Du fier tyran se moquèrent les jeunes Gens, / car lorsque la septuple flamme s’éteignit / sous l’action de la rosée, ils se mirent à chanter: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Ce n’est pas pour avoir vu un homme crucifié / que le soleil s’obscurcit, mais parce qu’il était / le Dieu fait chair, pour lequel nous chantons: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

L’Enfer pour son malheur ayant reçu / le Dieu fort, source de vie immortelle, / rendit les âmes des justes qui chantaient: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Trésor inestimable de bénédiction, / Toute-sainte, tu l’es pour ceux qui d’un cœur pur / te proclament Mère de Dieu, car de ton sein / le Dieu de nos Pères, le Seigneur, s’est incarné.

* * *

Seigneur de gloire, souverain des Puissances d’en-haut, / qui sièges sur le trône paternel / et fus porté sur les bras de la Vierge, / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Audacieuse est la mort, mais tu l’as anéantie / lorsqu’elle approcha ta divinité / unie à la chair que tu reçus d’une Vierge: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Nous savons tous que tu es la Mère de Dieu: / Vierge pure, tu enfantas en effet / l’Un de la Trinité qui a pris chair. / Béni soit le fruit de tes entrailles immaculées!

Ode 8

Jetés dans le feu ardent sans que la flamme leur fît aucun mal, / fermes dans leur piété, les Jeunes Gens / chantaient un cantique divin: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Lorsque sur le lieu du Crâne, Seigneur, / pour toi fut plantée une croix, / le voile du Temple se déchira en deux, / la création trembla de peur et chanta: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Ô Christ, tu es ressuscité du tombeau, / redressant par ta puissante divinité / celui qui succomba sous l’arbre par tromperie / et désormais te célèbre en chantant: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Le Temple de Dieu, c’est bien toi, / son arche, son domaine vivant, / très-pure Génitrice de Dieu / réconciliant avec les hommes leur Auteur; / et nous, toutes les œuvres du Seigneur, nous te chantons / et t’exaltons dans tous les siècles.

* * *

Éteignant les flammes du feu matériel / par la flamme immatérielle de leur piété, / les sages jeunes gens se mirent à chanter: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur.

Impassible comme Dieu, le Verbe ne peut souffrir, / mais dans sa chair souffre le Dieu pour qui nous chantons: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Endormi comme un mortel, tu t’éveilles, Sauveur immortel, / et sauves de la mort ceux qui te chantent: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exultez-le dans tous les siècles.

En trois personnes nous adorons pieusement / le Dieu unique éternellement, et nous chantons: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

* * *

Ô Mère qui surpasses les célestes armées / et te tiens dans l’entourage de Dieu, / nous bénissons, Vierge bénie, ton Enfant / et l’exaltons dans tous les siècles.

Tu as accru la beauté naturelle, / faisant luire en la chair notre Dieu. / Nous bénissons, Vierge bénie, ton Enfant / et l’exaltons dans tous les siècles.

Ode 9

Prodige nouveau et digne de Dieu: / le Seigneur a vraiment franchi la porte close de la Vierge; / nu à a son entrée, Dieu nous est apparu revêtu de la chair à sa sortie, / mais la porte est demeurée fermée. / Celle qui est la Mère de Dieu, / ineffablement nous la magnifions.

I1 est terrible de voir le Créateur, / le Verbe de Dieu suspendu sur la croix, / notre Dieu pour des esclaves souffrant en sa chair, / et sans vie déposé au tombeau / celui qui délivra les morts de l’Enfer: / Christ, Dieu tout-puissant, nous te magnifions.

Ô Christ, déposé comme mort dans le tombeau, / tu sauves les premiers pères de la mort; / les morts, tu les ressuscites et fais fleurir encore la vie, / de ta main tu conduis le genre humain vers la clarté, / le revêtant de divine immortalité; / Source intarissable de lumière, nous te magnifions.

Tu es le trône et le temple de Dieu, / en toi fit sa demeure le Très-Haut; / Toute-pure, sans semence tu l’enfantas, / sans qu’il ouvre les portes de ta chair; / aussi nous te prions d’intercéder / pour tes fidèles auprès du Christ, notre Roi.

* * *

Touchés par l’étrange douceur, / Vierge pure, de ton chaste enfantement, / admirant ta bonté digne d’honneurs, / Mère de Dieu, comme les Anges, en chœur / à juste titre nous te magnifions.

Aux mortels tu as rendu leur honneur / par l’infamie de la mort que tu subis; / en y goûtant dans ton être mortel / par ta croix tu me fis don de la vie immortelle, / Christ sauveur, ami des hommes.

Ressuscitant du tombeau, tu m’as sauvé, / ô Christ, et tu m’as exalté; / vers le Père qui t’engendre tu m’as conduit, / à sa droite tu m’as fait siéger avec toi, / Seigneur, en la tendresse de ton cœur.

* * *

De ta louange, ô Vierge, tes fidèles serviteurs / jamais ne se trouvent rassasiés; / sans cesse à la dévotion de leur cœur / ajoutant l’amour divin, spirituel, / comme Mère de Dieu ils te magnifient.

Ô Christ, tu nous donnas la Mère qui t’enfanta / pour être notre avocate auprès de toi; / par ses prières et par ta grâce donne-nous / en partage le trésor de bonté, / l’Esprit qui procède du Père par toi.

Laudes

Venez, tous les peuples, / connaître la puissance du mystère étonnant, / car le Christ notre Sauveur, / le Verbe qui était au commencement, / fut crucifié pour nos péchés / et se laissa mettre au tombeau, / puis il ressuscita des morts pour sauver l’univers: / prosternons-nous devant lui.

Tes gardiens racontèrent toutes tes merveilles, Seigneur, / mais l’assemblée des orgueilleux leur fit remettre des présents, / pensant cacher ainsi ta Résurrection / que le monde entier glorifie: / Seigneur, aie pitié de nous.

L’univers fut rempli de joie / à la nouvelle de ta sainte Résurrection, / et Marie Madeleine venue près du tombeau / trouva un Ange assis sur la pierre; / ses vêtements resplendissaient, / et il disait: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui vit? / Il n’est plus ici, car il est ressuscité: / comme il vous l’a dit, il vous précède en Galilée.

Seigneur ami des hommes, / dans ta lumière nous verrons la lumière, / car tu es ressuscité des morts, / accordant le salut au genre humain, / pour que la création entière te glorifie: / toi le seul sans péché, prends pitié de nous.

* * *

Comme une hymne du matin, / Seigneur, les Myrophores t’offrirent leurs pleurs; / portant des aromates parfumés, / elles vinrent au sépulcre promptement / pour embaumer ton corps immaculé; / mais l’Ange assis sur la pierre leur demanda: / Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui vit? / Ayant détruit la mort, il est ressuscité comme Dieu, / accordant au monde la grande miséricorde.

Près de ton sépulcre vivifiant / un Ange resplendissant dit aux porteuses de parfums: / Les tombeaux sont vides, le Rédempteur a dépouillé l’Enfer; / il est ressuscité le troisième jour, le Dieu unique et tout-puissant.

Venue au tombeau / le premier jour après le Sabbat, / te cherchant et ne te trouvant point, / Marie Madeleine faisait entendre ses lamentations: / Hélas, mon Sauveur, comment a-t-on pu te dérober, / toi qui es le Roi de l’univers? / Mais les Anges lui crièrent de l’intérieur du tombeau: / Femme, pourquoi pleures-tu? / Je pleure, leur dit-elle, car ils ont enlevé mon Seigneur / et je ne sais où ils l’ont mis. / Mais lorsque, se retournant, elle t’aperçut, / elle s’écria aussitôt: / Gloire à toi, mon Seigneur et mon Dieu!

Au sépulcre les soldats enfermèrent la Vie, / mais par sa parole le Larron / ouvrit le Paradis de délices en criant: / Celui qui pour moi fut crucifié avec moi / m’est apparu sur un trône avec le Père siégeant, / car il est le Christ notre Dieu, / celui qui donne au monde la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Eothinon

Maintenant ...

Tu es toute bénie, Vierge Mère de Dieu, / car celui qui a pris chair de toi a triomphé de l’Enfer; / par lui Adam et Ève furent délivrés de la malédiction, / la mort fut mise à mort et nous avons été vivifiés; / c’est pourquoi nous élevons la voix pour chanter: / Béni sois-tu, ô Christ notre Dieu, qui l’as voulu ainsi! Gloire à toi.

LITURGIE

Béatitudes

Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, / ô Christ, tu l’as chassé du Paradis; / mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron / te confessant sur la croix / et criant: Souviens-toi de moi, Sauveur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

Pour notre faute tu nous condamnas / à la malédiction de la mort, Seigneur source-de-vie; / mais souffrant dans ton corps, Maître sans péché, / tu fis revivre les morts / qui s’écriaient: Souviens-toi de nous aussi / quand tu entreras dans ton Royaume.

Ressuscité d’entre les morts tu nous sauvas de nos passions, / Seigneur, par ta sainte Résurrection, / et, Sauveur, tu as détruit toute la puissance de la mort; / c’est pourquoi nous, les fidèles, te crions: / Souviens-toi de nous aussi / quand tu entreras dans ton Royaume.

Par ta sépulture de trois jours tu éveillas, / ô Dieu, les morts que tu vivifias aux Enfers; / et dans ta bonté tu fus la Source de vie immortelle / pour nous tous, fidèles, qui sans cesse te crions: / Souviens-toi de nous aussi / quand tu entreras dans ton Royaume.

Aux Myrophores tu apparus d’abord, / Sauveur ressuscité d’entre les morts, / leur criant: Réjouissez-vous! / et par elles, ô Christ, tu révèles ton éveil à tes amis; / aussi te crions-nous: Souviens-toi de nous aussi / quand tu entreras dans ton Royaume.

Gloire au Père ...

Sur la montagne Moïse étendant les bras / préfigurait la croix et triomphait d’Amalec; / nous-mêmes, nous la prenons pour combattre les Démons / et tous ensemble dans la foi te crions: / Souviens-toi de nous aussi / quand tu entreras dans ton Royaume.

Maintenant...

Fidèles, chantons le Père, le Fils, le saint Esprit, / un seul Dieu, un seul Seigneur, / car la Trinité, soleil unique au triple éclat, / illumine tous ceux qui lui crient: / Souviens-toi de nous aussi / quand tu entreras dans ton Royaume.

Réjouis-toi, divine Porte que franchit, / sans en briser les scellés, / le Créateur lorsqu’il prit chair de toi, / Nuée légère portant le Christ, divine ondée; / réjouis-toi, Échelle et Trône des cieux; / réjouis-toi, Montagne sainte, fertile et non taillée de main d’homme.

Lundi

LE DIMANCHE SOIR À VÊPRES

Lucernaire

J’ai péché, Seigneur mon Dieu, j’ai péché: / Verbe, fais-moi grâce, ne me repousse pas dans ta répugnance pour moi; / mais dans ton unique miséricorde et compassion, / accueille-moi qui retourne vers toi dans la pénitence, / et donne-moi la force d’accomplir, / Dieu de tendresse, en préceptes de salut.

Hâte-toi, Seigneur, / de m’arracher à la main de l’Ennemi; / car je me suis laissé captiver par l’erreur / et me suis éloigné de tes préceptes, Sauveur; / donne-moi l’occasion du repentir / et conduis-moi vers la lumière de la componction, / afin que je pleure au souvenir de mes forfaits.

Délivre-moi, Seigneur mon Dieu, / de la dureté de mon cœur; / accorde-moi une pluie de larmes / pour laver la honte de mes péchés; / en ma ténèbre éclaire-moi, / donne-moi la lumière de ta connaissance, Sauveur, / afin que je marche en la pureté de tes divins commandements.

* * *

Seigneur, tu as établi les chœurs des Anges incorporels / pour manifester à tous le trésor de ta bonté; / tu les as tirés du néant / pour les faire participer à ta gloire et ta splendeur, / et pour qu’ils te glorifient de leur voix incessante.

Grande est la puissance de tes Anges, ô Christ: / ils parcourent le monde en qualité d’incorporels, / veillant sur les Églises de Dieu / dans la force qui leur vient de toi, Seigneur, / et pour l’univers ils intercèdent auprès de toi.

Vertus, Puissances, Dominations, / Anges et Archanges, Principautés, / Trônes, Chérubins et Séraphins, / revêtus d’ineffable splendeur / et participant à la parfaite sagesse de Dieu, / intercédez auprès de lui pour l’univers.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Ayant obtenu de grands bienfaits grâce à toi, / Vierge pure, nous célébrons avec les Anges ton Enfant / qui daigna sortir de ton sein / par un excès de sa bonté, / et de nouveau a façonné le genre humain.

Apostiches

Nous t’offrons notre hymne du soir / avec l’encens et nos cantiques spirituels: / Christ sauveur, aie pitié de nos âmes.

Sauve-moi, Seigneur mon Dieu: / tu es le salut du genre humain; / le flot des passions me secoue / et j’enfonce sous le poids de mes péchés; / accorde-moi le secours de ta main / et guide-moi vers la lumière du repentir, / Seigneur ami des hommes, le seul compatissant.

Grande, Seigneur, est la puissance de ta Croix: / une fois plantée sur le Calvaire, elle domine le monde entier; / elle a transformé de simples pêcheurs en apôtres / et des païens elle a fait une nuée de témoins / qui intercèdent pour le salut de nos âmes.

Gloire au Père... Maintenant...

Reine de sainteté, gloire des célestes armées, / antienne des Apôtres, accomplissement des prophétiques écrits, / ô notre Dame, reçois nos prières et nos chants.

LE DIMANCHE SOIR À COMPLIES

Canon de Métrophane, portant comme acrostiche: Métrophane à la Vierge dédie le tiers chant.

Ode 1

Jadis il assembla les eaux en une seule masse, d’un geste divin, / et divisa la mer pour le peuple d’Israël, / notre Dieu hautement glorifié: / à lui seul offrons nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Vierge au nom sublime, très-sainte Marie, / fille de David surpassant les Chérubins, / beauté de Jacob et Mère de notre Dieu, / ton renom est magnifié grandement / et nous tous, les fidèles, nous te glorifions.

Vierge qu’avant tous les siècles a choisie / le Roi de gloire comme pourpre immaculée, / t’ayant, dans ces temps ultimes, revêtue, / d’Adam notre premier père il couvrit les tuniques de peau: / couvre-moi donc de ton voile, moi aussi.

Gloire: Celui qui par son verbe a tendu le ciel comme une tente, / dans les limites de tes bras tu l’as porté en mortel, / sans changement pour son être divin; / prie-le donc de sauver mon âme, ô Vierge immaculée, / des passions irrationnelles et de toute affliction.

Maintenant: La faute dissolvant jadis le genre humain, / ô Vierge, tu l’as mise à sec en enfantant / comme un feu très efficace auprès de lui / les passions dont ma pauvre âme est inondée.

Ode 3

Toi qui tiras toutes choses du néant / et par ton Verbe les créas, / par ton Esprit tu les mènes à leur perfection: / Maître tout-puissant, rends-moi ferme en ton amour.

Le Maître et Seigneur des flamboyantes Dominations, / ô Vierge, est devenu ton propre Fils; / aussi, par tes prières auprès de lui / délivre-moi de l’esclavage des passions.

Vierge pure, de la lumière sans déclin / tu es le chandelier aux reflets d’or, / et le monde, tu l’as illuminé de tes rayons: / qu’ils dissipent également la brume de mon âme!

Gloire: De la tempête des passions charnelles, / Toute-pure, empresse-toi de sauver ton serviteur, / toi qui as enfanté le calme havre du salut, / la source de l’impassible condition.

Maintenant: Mon âme mise à mort par les passions / dont la multitude produit ses méfaits, / vivifie-la, Souveraine qui as enfanté / inexplicablement le Christ qui donne la vie.

Ode 4

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour souverain / en livrant pour nous ton Fils unique à la mort; / aussi, dans l’action de grâces, nous te chantons: / Gloire â ta puissance, Seigneur.

Jusqu’à moi est venu le combat des pensées charnelles: / il assiège mon âme; mais toi / qui enfantas la paix surpassant tout esprit, / notre Dame, accorde-moi cette paix.

Urne d’or ayant porté la manne de la vie, / le Christ, en sa divine humanité, / en connaissance, je te prie de nourrir mon âme affamée / et de l’abreuver aux flots de l’Esprit.

Gloire: De ton sein pour le monde tu fis jaillir / le Parfum spirituel; délivre donc / mon âme du bourbier des passions / et procure-moi par tes prières la myrrhe de l’impassible condition.

Maintenant: Ève jadis par son intempérance introduisit la mort; / mais toi, au contraire, par ta pure virginité, / tu fis entrer dans notre monde la vraie vie: / délivre-moi par tes prières de la mort et du péché.

Ode 5

Invisible, sur la terre tu parus, / avec les hommes librement tu conversas; / Ami des hommes que nul esprit ne peut saisir, / nous veillons en ta présence pour te célébrer.

Ô Vierge, de toute corruption / ton Fils est venu nous racheter; / aussi délivre-moi des pensées charnelles / et du soulèvement des passions.

Divine Mère, par tes prières boute feu / aux ronces de mes raisonnements passionnés, / toi qui es la pince ayant tenu / l’ardente Braise purifiant l’humanité.

Gloire: Ma paresse m’a fait dépouiller/ du splendide ornement des vertus; / ô Vierge, à présent revêts-moi / par tes prières d’un plus beau vêtement.

Maintenant: Toi l’Agnelle divine, tu as enfanté / l’Agneau de Dieu qui par amour pour nous / fut immolé en notre faveur; / purifie mon cœur par son sang.

Ode 6

Encerclé dans l’abîme sans fond de mes péchés, / je sens mon souffle défaillir: / ô Maître, lève ta main, tends-la vers moi / et sauve-moi comme Pierre, divin Timonier.

La maison de mon âme est ébranlée / par les perfides complots du Malin: / ô Mère du Christ qui fixa la terre sur les eaux, / affermis ma demeure par ton intercession.

Le Dieu né de ton sein, la suprême Bonté, / t’a donnée aux fidèles comme refuge et protection: / moi aussi, Toute-pure, entoure-moi / de tes bras protecteurs pour me sauver.

Gloire: Tu as éteint la dette des mortels en enfantant la pierre précieuse, le Diamant; / par lui empresse-toi de briser, / Toute-pure, les liens de mes péchés, / de mettre fin à mes peines et douleurs.

Maintenant: Sans cesse je suis ballotté, / hélas, par la houle de cette vie, / secoué par les souffles ennemis: / divine Mère, sois mon aide, je t’en prie.

Cathisme

Du Verbe tu es devenue / le tabernacle divin, / Vierge Mère tout-immaculée / qui dépasses les Anges en sainteté; / plus que tous je suis couvert de boue, / souillé par les passions charnelles; / aux flots divins purifie-moi, / toi qui nous procures par tes prières la grande miséricorde.

Ode 7

Jadis tu répandis la rosée / sur les trois Jeunes Gens, dans les flammes des Chaldéens: / du feu resplendissant de ta divinité / éclaire-nous qui te crions: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Une troupe méchante de démons / et la nuée des passions charnelles / m’entourent; mais toi qui mis au monde le Christ, / le Puissant des combats, délivre-moi / de l’affliction qui m’étreint et des funestes périls.

Ô Vierge, tu es le Paradis spirituel / ayant fait croître l’Arbre de la vie; / de lui lorsqu’Adam a goûté, / il rejeta le fruit de la mort; / arrache-moi au goût des passions et donne-moi ta douceur.

Gloire: Celui qui est inaccessible même aux Chérubins / et redoutable pour les chœurs angéliques a demeuré / en toi, Vierge pure, et nous a recréés; / aussi, notre Dame, rends-moi / redoutable aux invisibles ennemis.

Maintenant: Délivre-moi des fangeuses passions de mon corps / et des épreuves que m’infligent les démons, / toi qui as enfanté le Rédempteur des mortels, / toi la demeure du Très-Haut et le temple très-saint / du Dieu de nos Pères.

Ode 8

Jetés dans le feu ardent sans que la flamme leur fit aucun mal, / fermes dans leur piété, les Jeunes Gens / chantaient un cantique divin: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Nuée de la Lumière qui a placé dans le monde / les grands luminaires afin de présider / au jour comme à la nuit, dissipe l’obscurité / où me plongent mes péchés et mes passions, / fais de moi, divine Mère, un fils de la Clarté.

D’ineffable manière tu as enfanté / la Sagesse de Dieu qui du non-être a tiré / l’entière nature céleste et d’ici-bas;/ donne-moi donc savoir, éloquence et raison / pour que je chante avec sagesse ton enfantement divin.

Gloire: Toi qui as reçu dans ton sein / cette Pluie qui du ciel est descendue sur la toison, / éclaire-moi, rafraîchis-moi de ta rosée, / éteins la flamme des passions, des afflictions, / afin que dans les siècles je te glorifie avec ardeur.

Maintenant: Souveraine du monde, par ton intercession / guéris tant mon âme que mon corps, / délivre-moi des maux dus au péché, aux passions, / vite, je t’en prie et supplie: / tu es le dispensaire de l’ensemble des mortels.

Ode 9

Touchés par l’étrange douceur, / Vierge pure, de ton chaste enfantement, / admirant ta bonté digne d’honneurs, / Mère de Dieu, comme les Anges, en chœur / à juste titre nous te magnifions.

Métier sur lequel le Christ fut tissé divinement / lorsque l’Esprit, ce principe divin, / tissa pour lui le vêtement de sa chair, / revêts donc ma débauche de l’ornement de chasteté, / Vierge pure, par ton intercession.

La chambre nuptiale sainte et pure, c’est toi, / dans laquelle le Dieu par nature épousa la nature des mortels; / je t’en prie donc, unis-moi à ton Fils, / fais de moi un familier de sa maison / pour la vie divine, par ton intercession.

Gloire: Vigne spirituelle ayant produit / pour nous la grappe divine, le Raisin / dont nous buvons le flot immortel, / sur mon âme fais jaillir le vin de componction / qui me purifiera par ton intercession.

Maintenant: Toi qui as mis un terme à la loi de corruption / régnant sur la nature des mortels / en enfantant le Christ, la source d’immortalité, / mortifie par tes prières le vif élan / de mon être enflammé par les passions.

LE LUNDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Étrangère sur la terre, ô mon âme, repens-toi: / car la poussière ne chante plus dans le tombeau / et pour le péché il n’est plus de rédemption; / crie dès maintenant au Christ notre Dieu: / J’ai péché, Seigneur qui sondes les cœurs, / ne me condamne pas, mais prends pitié de moi.

Jusques à quand, mon âme, resteras-tu dans le péché? / jusques à quand mépriseras-tu le repentir? / Considère l’imminence du jugement / et crie au Seigneur: / J’ai péché, mais sauve-moi, ô mon Dieu.

Réjouis-toi, Mère et Vierge, Marie / montagne sainte, paradis de l’Éden, / par qui fut enfanté le Christ notre Dieu, / lui le seul sans père ici-bas, / et par lui a fleuri en ce monde la vraie vie.

Cathisme II

Devant la justice de ton redoutable tribunal / point n’est besoin d’accusateurs ni de témoins: / les livres seront ouverts / et les secrets manifestés; / mais avant que sur la scène de l’univers / tu n’enquêtes sur les œuvres de ma vie, / ô Dieu, pardonne-moi et sauve-moi, Seigneur.

Seigneur, voici le terrible tribunal qui m’attend: / si je me tais, ce sont mes œuvres qui crieront; / mais viens vite à la recherche / de ta brebis perdue, Christ mon Dieu, / et par la pénitence conduis-moi vers ton salut.

Du Verbe tu es devenue / le tabernacle divin, / Vierge Mère tout-immaculée / qui dépasses les Anges en sainte/té; / plus que tous je suis couvert de boue, / souillé par les passions charnelles; / aux flots divins purifie-moi, / toi qui par tes prières nous procures la grande miséricorde.

Cathisme III

Par ton verbe tu as créé, Dieu tout-puissant, / les êtres célestes et ceux d’ici-bas; / les chœurs des Anges, tout tremblant devant toi, / sans cesse te présentent leur louange, Seigneur, / illuminant de ta clarté les confins de l’univers; / et par eux nous te crions, nous aussi: / Sauve-nous dans la tendresse de ton cœur.

Votre courage et votre ténacité / ont vaincu les ruses de l’Ennemi; / victorieux Martyrs, dignes de tout honneur, / vous avez mérité la béatitude sans fin; / vous, les témoins du vrai Dieu, / intercédez auprès du Seigneur / pour qu’il sauve son troupeau qui aime le Christ.

Les puissances célestes se réjouirent avec amour / et le genre humain fut saisi d’émotion / lorsque l’angélique salutation / te fut adressée, ô Mère de Dieu; / sur la terre comme au ciel / une même fête projette son éclat, / puisque le premier père est délivré de la mort; / avec l’Ange nous te crions, nous aussi: / Réjouis-toi, ô très-pure Mère et Vierge immaculée.

Ode 1

Submergeant dans l’abîme les chars de Pharaon, / Seigneur, tu fendis la mer et sauvas / le peuple d’Israël te célébrant par ses chants.

Sauve-moi de mes fautes sans nombre, Seigneur sans péché, / m’accordant comme à la Pécheresse de jadis / la componction pour que je pleure mes forfaits.

Par mes crimes je suis devenu caverne de brigands: / par les vertus fais de moi ta demeure, Seigneur, / toi qui as bien voulu être enfanté dans la grotte.

Sous la conduite de l’Esprit vous avez traversé, / divins Martyrs, la tempête des tourments / et vous avez rejoint le havre de paix.

Resplendissants dans la grâce de l’Esprit, / les illustres Martyrs échappèrent joyeux / aux profondes ténèbres du culte des faux-dieux.

Toute-pure, j’ai péché si souvent, / mais toi, le refuge des pécheurs, / par tes prières accorde-moi la conversion.

* * *

Peuples, chantons un chant nouveau

Lumière éternelle, ô Christ notre Dieu, / principe de toute splendeur, / répands sur ma conscience ta clarté / par la protection de tes saints Anges, Seigneur.

Communiant au suprême bonheur, / les chœurs des Anges, en l’allégresse qui leur sied, / resplendissent des charismes divins / qui émanent de ta gloire cachée.

L’Esprit du Père, en sa force et sa bonté / vivifiant l’univers et le comblant de ses biens, / affermit les puissances des cieux / par l’immuable éclat de sa divine splendeur.

Gabriel, divin chef des Anges dans le ciel, / grand-prince des armées incorporelles, / que ta voix pleine de charme redise maintenant: / Réjouis-toi, Pleine de grâce immaculée!

Ode 3

Seigneur, seule Miséricorde, soutiens-moi, / en ton amour tends-moi la main pour me sauver.

Ami des hommes, comme tu sauvas Pierre s’enfonçant, / fais que je sorte de l’abîme du péché.

Le Séducteur m’a mis à mort par les passions: / par la pénitence vivifie-moi, Source de vie.

Martyrs injustement brûlés par le feu matériel, / vous avez brûlé d’amour pour le Seigneur immatériel.

Torturés, les martyrs ont détruit les pièges du Malin, / et méritèrent la couronne des vainqueurs.

Marie au maître-nom, par tes prières affranchis-moi / des passions funestes qui dominent mon cœur.

* * *

L’arc et le glaive de l’ennemi

Dieu bon qui fais jaillir les Anges du ciel / comme fleuves et rivières de ta bonté, / de lumière tu les fis resplendir / par l’éclat de ton mystère caché.

Afin de montrer clairement / les trésors de ton riche pouvoir, / Seigneur, tu créas les Esprits célestes, / les faisant participer à ta gloire.

Des Anges resplendissants se tiennent devant toi, / te servant sans cesse dans la crainte: / ils chantent, Seigneur, ton pouvoir / et célèbrent ta puissance infinie.

Le Maître de tout l’univers / sans changement a reçu dans ton sein, / Mère de Dieu, mon entière humanité / et t’a montrée source de grâce pour nous.

Ode 4

Est-ce contre les fleuves, Seigneur, / que tu enflammes ta fureur, / est-ce contre la mer que tu soulèves ton ardeur?

Seigneur, défais les liens de mes passions / afin que par les chaînes de conversion / je participe à l’abondance de tes biens.

Fais luire sur moi de clairs exemples de conversion, / ô Christ, juste Soleil qui viens chasser / la profonde nuit de mes passions funestes.

Sages Athlètes du Seigneur, / vous parûtes comme braises réduisant / en cendres les idoles des faux dieux / et jusqu’en la ténèbre faisant luire la clarté.

Martyrs, imitateurs du Christ en sa mort, / vous avez par les tourments les plus divers / reçu en héritage la vie éternelle.

Toute-pure, protectrice des pécheurs, / apaise la tempête de mes passions / et donne-moi la véritable conversion.

* * *

Du mystère de ta naissance

Nuées recevant la lumière au triple éclat, / vous avancez par divine volonté; / escadrons de la sainte Trinité, / sous le commandement de l’Esprit.

Aux Anges resplendissant de clarté / au voisinage de ta divine majesté / est révélé ton mystère immatériel; / et sans cesse ils te chantent, ô Christ: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Auprès de ceux qui doivent croire en toi / les Anges sont envoyés comme gardiens, / Sauveur, pour les défendre et veiller / au salut de tes fidèles serviteurs.

Les Anges du ciel sont présentés / comme lampes toujours allumées / par la prime splendeur que répand / la lumière sans soir de la divinité.

Toute-pure, j’implore ta protection: / affranchis-moi du tumulte des passions, / toi qui as mis au monde notre Dieu / en qui nos âmes puisent la paix.

Ode 5

Ô Christ, de ta lumière sans déclin / illumine mon âme et mon cœur; / guide-moi vers ta crainte, Seigneur, / car tes commandements sont la lumière de mes yeux.

Christ ami des hommes, devant ton tribunal / ne montre pas ma nudité en bonnes actions: / accorde-moi le repentir, la conversion / et les œuvres saintes me seront un vêtement.

Le glaive des passions m’a frappé, / le gouffre du doute m’engloutit: / Maître, ne méprise pas ton serviteur, / guéris mon âme et ramène-la vers toi.

Écorchés par les ongles de fer, / frappés par le glaive et bastonnés, / Martyrs, succombant sous les fouets, / devant les idoles vous n’avez pas fléchi le genou.

Par vos souffrances vous émondez le monde, saints Martyrs, / par vos blessures vous le parez de rubis; / auprès des Anges vous découvrez une vie / qui transcende toute chose d’ici-bas.

Vierge sainte qui seule as enfanté / sur terre le Verbe ineffablement, / délivre-moi des œuvres sans verbe ni raison / pour que je t’adresse des cantiques sacrés.

* * *

Invisible, sur la terre tu parus

Illuminés par la lumière au triple éclat, / fidèles, célébrons l’unique Dieu, / le Père, le Fils et l’Esprit, / et le Chantons avec les Anges du ciel.

Illuminés de plein feu par l’Esprit, / les Séraphins nous enseignent l’adoration / du seul Principe dépassant tour pouvoir, / pour qu’avec les Anges nous chantions le Trois-fois-saint.

Vers toi descendu depuis le ciel, / ô Vierge, l’archange Gabriel / t’annonça, Mère de Dieu, joyeusement / de la Source de vie le virginal enfantement.

Ode 6

Ceux qui approchent le seuil d’éternité / et risquent d’être emportés par la houle des tentations, / Ami des hommes, ne les méprise pas lorsqu’ils te crient: / Sauveur, sauve-nous comme jadis tu sauvas / du monstre marin le prophète Jonas.

En moi-même m’exaltant comme le Pharisien de jadis / je suis tombé dans un gouffre profond: / ce que voyant, le Séducteur se réjouit, / mais toi qui l’as abaissé par ta croix, / ô Christ, vois ma misère et prends pitié de moi.

Devenu l’esclave, l’ami du péché / comme nul en cette vie ne l’a été, / malheureux, j’ai gaspillé le trésor de ta bonté / et demeure insensible à ton amour: / convertis-moi par la tendresse de ton cœur.

Par leurs ordres iniques les impies / condamnant les martyrs au bûcher, / aux tourments de la scie, du chevalet, / plus que l’or les ont fait resplendir / et firent d’eux les héritiers du Christ.

Sur le stade, saints Athlètes, ayant subi / toutes sortes d’épreuves et de tourments, / vous avez en des luttes inouïes / terrassé le prince des ténèbres, Satan, / et reçu de Dieu la couronne des vainqueurs.

Comme l’arche d’alliance nous te chantons; / tu es aussi la table sainte en vérité, / le temple vivant du Seigneur, / le propitiatoire, le chandelier tout doré, / Vierge Mère qui portas le Créateur.

* * *

Du séjour au plus profond de l’Enfer

Anges et Archanges, avec force vous chantez / le prime éclat du Principe créateur, / le célébrant avec les Puissances, les Vertus, / les Dominations et les Principautés.

Toi qui ordonnes le monde des Esprits / selon ta parfaite harmonie, / Invisible, veuille à ton Église inspirer / d’en imiter la sainte perfection.

Le Verbe, en demeurant dans ton sein, / fit de toi l’intarissable source de guérisons: / soigne donc, Vierge Mère de Dieu, / les blessures de mon âme et de mon cœur.

Ode 7

Dans la fournaise les trois jeunes gens, / figures de la sainte Trinité, / méprisèrent la menace du feu et chantaient: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Mon temps est accompli, voici l’issue: / ô mon âme, montre les fruits du repentir; / avant que les portes ne soient fermées, / dis au Christ: Seigneur mon Dieu, sauve-moi.

Ouvrons nos cœurs avec le soc du vrai savoir, / en nos sillons semons le grain du repentir / pour moissonner de la justice les épis / en Christ, ce jardinier spirituel.

Flambeaux et champions de la Foi, / trésors où vont puiser les indigents, / Martyrs du Seigneur, enrichissez / ma pauvre âme dépouillée de vertus.

Toi qui sauvas le Publicain gémissant, / accueille mes pauvres soupirs; / sauve-moi par les prières des Martyrs / qui t’ont glorifié, Seigneur, en leur corps.

Fontaine d’où jaillit le flot du pardon, / assèche le torrent de mes péchés, / accordant à mes yeux les sources de pleurs / pour que je te chante comme Mère de Dieu.

* * *

Du fier tyran

Chœurs des Anges, contemplant la primordiale splendeur, / l’esprit et le regard tendus vers le Seigneur, / vous êtes à votre tour des foyers de clarté / et vous chantez: Béni es-tu, notre Dieu.

Chœurs des Anges, contemplant la beauté du Créateur / dans l’amour et l’adoration du Seigneur, / vous êtes à votre tour des sources de clarté / et vous chantez: Béni es-tu, notre Dieu.

Dans la chair tu enfantas le Verbe éternel / avant les siècles engendré divinement / sans mère par le Père des cieux: / béni soit le fruit de tes entrailles immaculées!

Ode 8

Prêtres, bénissez le Seigneur / qui s’est montré dans la fournaise de feu / descendant auprès des enfants des Hébreux: / exaltez-le dans tous les siècles.

Cham, ayant ri de son père, fut maudit et asservi: / que ferai-je, étant l’esclave des passions, / moi le détracteur impudent / sans révérence pour mon Père des cieux?

Caïn dans la fureur fratricide s’égara: / pauvre âme, tu lui ressembles, ô combien! / meurtrière de nul autre que toi / par les voluptés et la débauche de ta vie.

Fidèles, honorons tous comme il se doit / ces perles précieuses du Seigneur, / ces vases d’élection, ces lampes allumées, / ces reflets de la divine clarté, / les victorieux Martyrs du Christ notre Dieu.

Verbe qui as reçu comme l’encens / le sang de tes Martyrs victorieux, / par leurs prières sauve les fidèles pénitents / qui se prosternent devant toi, Dieu d’amour.

En l’excès de ma débauche je suis proche de l’Enfer: / ô Vierge, en l’excès de ta bonté / montre-moi ta tendresse et sauve-moi, / toi qui enfantas le Dieu compatissant.

* * *

Éteignant les flammes du feu matériel

Les Anges, tu les conçus en Créateur, / et dans la crainte ils te font couronne en chantant: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Comme flammes, les Esprits célestes, / participant à la flamme divine, s’écrient: / Toutes ses œuvres, bénissez Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Avant même les choses visibles, tu établis / les Anges immatériels qui te crient: / Toutes ses œuvres, bénissez Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Tu enfantas, Vierge Mère de Dieu, / le Verbe du Père ineffablement incarné / que nous, toutes ses œuvres, chantons comme Seigneur, / l’exaltant dans tous les siècles.

Ode 9

Moïse sur le mont Sinaï te reconnut dans le buisson, / toi qui sans être consumée / fis naître de ton sein le feu de la divinité; / Daniel te vit comme la montagne inviolée, / Isaïe comme le rameau mystique / qui a fleuri sur la racine de David.

La tempérance valut le droit d’aînesse à Jacob, / la gourmandise le fit perdre à Ésaü; / vois de quels maux s’entoure l’intempérant, / de l’abstinence considère la grandeur; / ô mon âme, fuis les exemples pernicieux, / imite avec zèle les modèles de vertu.

Pour toutes les souffrances endurées / Job l’irréprochable fut couronné, / car le cataclysme des tentations / n’ébranla nullement la forteresse de son cœur; / ô mon âme, prends modèle sur lui, / sans te laisser troubler par les embûches du Malin.

Aiguisés par le feu du saint Esprit, / vous êtes devenus les glaives spirituels / taillant en pièces les phalanges ennemies, / victorieux Martyrs du Christ notre Dieu; / ayant acquis grand renom dans les combats, / vous fûtes couronnés par notre Roi tout-puissant.

Multitude irréprochable des Martyrs, / suppliez le Seigneur notre Dieu / d’effacer la multitude de mes péchés / puisqu’il agréa vos innombrables exploits / et qu’il agrégea vos légions / à celles des Anges qui le servent dans le ciel.

Palais resplendissant du Seigneur, / fais de moi une demeure de clarté; / Porte infranchie, ouvre-moi les issues du repentir, / Terre sainte, guide-moi vers la terre des vivants; / affranchis-moi de la tyrannie des passions, ô Vierge sainte, souveraine des chrétiens.

* * *

Touchés par l’étrange douceur

Chœurs des Anges qui vous tenez constamment / devant la prime et grandiose clarté, / vous êtes de puissants intercesseurs / pour nous tous qui selon notre pouvoir / vous magnifions comme les Anges de Dieu.

Admis à glorifier clairement / la sainte et consubstantielle Trinité, / enflammés par les premiers rayons de sa clarté, / comme sources secondes vous éclairez / les fidèles qui vous magnifient.

Unanimes, nous le savons et proclamons: / tu es la cause de notre salut, / car le fruit très-pur de ton sein, / Mère de Dieu, a sauvé par son sang divin / les fidèles qui te chantent et glorifient.

Apostiches

Rassemble, Seigneur, mon esprit dispersé, / émonde les ronces de mon cœur; / comme à Pierre donne-moi le repentir / et comme au Publicain les soupirs, / comme à la Courtisane les pleurs / afin que d’une voix forte je te crie: / Sauve-moi, ô mon Dieu, / ami des hommes, le seul compatissant.

Souvent, lorsque je chantais pour toi, / je me suis trouvé en état de péché / et lorsque ma bouche te louait, / mon âme méditait des vanités; / par la pénitence corrige-moi tout entier, / ô Christ notre Dieu, prends pitié et sauve-moi.

Venez, tous les peuples, vénérons / la mémoire des victorieux Martyrs du Seigneur, / car en présence des Anges et des humains / ils ont reçu du Christ la couronne des vainqueurs / et pour nos âmes ils intercèdent auprès de lui.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Vierge sainte qui surpasses tous les Anges du ciel, / élève la prière que sur terre les humains / adressent au Maître de l’univers / pour qu’il sauve les fidèles te reconnaissant / en vérité pour la Mère de Dieu.

LITURGIE

Béatitudes

Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, / ô Christ, tu l’as chassé du Paradis; / mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron / te confessant sur la croix / et criant: Souviens-toi de moi, Sauveur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

En ta grande miséricorde sauve-moi, / ô Christ, en effaçant la multitude de mes péchés / et à l’heure du jugement / épargne-moi le sort des maudits, / Sauveur, et le châtiment éternel / afin que je puisse célébrer ta bonté.

Chérubins et Séraphins, / Trônes, Vertus, Principautés, / Anges et Archanges, Dominations / et toutes les Puissances des cieux, / implorez le Créateur pour qu’il oublie mes péchés / lorsqu’en ami des hommes il viendra juger la terre.

Revêtant la pourpre de leur sang, / les Athlètes du Christ furent dignes en vérité / de siéger sur un trône royal / avec le Roi des puissances, le Seigneur; / ils demandent le pardon des péchés / pour nous qui célébrons sans cesse leur gloire.

Gloire au Père ...

Fidèles, chantons avec piété / en trois personnes l’unique Divinité, / le Père, le Verbe, l’Esprit saint, / nous joignant au chœur des Anges pour sans cesse chanter: / Saint, saint, saint es-tu, notre Dieu, / par la protection des puissances célestes sauve nos âmes.

Maintenant ...

Nuée lumineuse qui as enfanté / la Lumière de Lumière, notre Dieu, / illumine, ô Vierge, mon âme enténébrée / par les passions et les plaisirs de cette vie; / inspire-moi le repentir pour que je puisse obtenir / la gloire que les Saints ont méritée par leur vie.

Mardi

LE LUNDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Les passions de mon âme et de mon corps, / Sauveur, m’assaillent pour m’engloutir doublement; / elles me poussent vers le gouffre du désespoir, / mais comme jadis les flots de la mer / calme-les, Seigneur, et donne-moi l’apaisement.

Condamné par la multitude de mes péchés, / je n’ai pas l’audace de regarder en haut, vers le ciel, / mais comme le Publicain je te crie: / Vois ma misère et prends pitié de moi, Sauveur.

Grande et terrible, Seigneur, est ta venue / lorsque tu sièges pour rendre un juste jugement! / Ne me juge pas, je suis d’avance condamné, / use de ta bienveillance envers moi, / à l’avenir délivre-moi de tout malheur.

* * *

Comme l’aurore tu t’es levé sur l’univers, / illuminant les cœurs de ceux qui te chantent, saint Jean: / éclaire nos âmes et nos esprits / afin que nous puissions te célébrer, / glorieux Prophète et Baptiste du Sauveur.

Intercède sans cesse, nous t’en prions, / pour tout l’univers, bienheureux Précurseur, / afin que nous recevions la divine grâce d’en-haut / et foulions la tête du Malin / grâce au trésor de ta fidèle intercession.

Lorsque viendra le Seigneur / me séparer de ce temple de chair, / puissé-je t’avoir comme appui, / comme rempart et protecteur, / saint jean, Prophète et Précurseur, / me conduisant vers la lumière sans déclin.

Gloire au Père... Maintenant ...

Sans cesse intercédant pour le troupeau de ton bercail, / par tes prières délivre-nous / de tout malheur nous menaçant / et veuille arracher tes serviteurs, / Mère de Dieu, à la colère du Seigneur.

Apostiches

Nous t’offrons notre hymne du soir / avec l’encens et nos cantiques spirituels: / Christ sauveur, aie pitié de nos âmes.

Sauve-moi, Seigneur mon Dieu: / tu es le salut du genre humain; / le flot des passions me secoue / et j’enfonce sous le poids de mes péchés; / accorde-moi le secours de ta main / et guide-moi vers la lumière du repentir, / Seigneur ami des hommes, le seul compatissant.

Grande est la puissance des Martyrs: / gisant dans les tombeaux, ils chassent les esprits du mal; / ils ont renversé le pouvoir de l’Ennemi / en combattant pour la foi en la sainte Trinité.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Mère de Dieu, protectrice de tous ceux qui te prient, / tu nous donnes courage et fierté, / en toi nous mettons notre espoir: / intercède auprès de ton Fils pour tes inutiles serviteurs.

LE LUNDI SOIR À COMPLIES

Canon alphabétique (sauf dans le dernier théotokion de chaque ode).

Ode 1

Jadis il assembla les eaux en une seule masse, d’un geste divin, / et divisa la mer pour le peuple d’Israël, / notre Dieu hautement glorifié: / à lui seul offrons nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Ayant passé ma vie dans l’insouciance, / j’approche de la fin de mes jours, / mais toi-même, je t’en prie, donne-moi / fut-ce au dernier moment la componction, / et je pleurerai, Vierge pure, mes immenses péchés.

Follement j’ai souillé par mes passions charnelles / l’image et ressemblance de Dieu / et je crains qu’il ne s’emporte contre moi, / me réservant le terrible châtiment par le feu: / ô Vierge, aie pitié de moi qui me réfugie vers toi.

Gloire: Dans mon malheur, fléchissant le genou, / Vierge sainte, je réclame ton secours: / toi-même, écoute mon âme endolorie / et dissipe le brouillard de mon chagrin / grâce au rayonnement de ton intercession.

Maintenant: Porte salutaire du Roi de gloire, ô Marie, / toute-pure Génitrice de Dieu, / guide vers les portes de la vie / par tes prières ceux qui franchissent constamment / le portique de ton temple pour te glorifier.

Ode 3

Toi qui tiras toutes choses du néant / et par ton Verbe les créas, / par ton Esprit tu les mènes à leur perfection: / Maître tout-puissant, rends-moi ferme en ton amour.

Accorde-moi le flot des pleurs et par eux / veuille éteindre la fournaise de mes passions, / divine Mère, puis efface entièrement / tout ce que mon âme a de vil.

La noblesse de mon âme, je l’ai souillée, / Vierge pure, par mes fautes et je crains / l’examen au cours duquel le Verbe de Dieu / me demandera compte de ma ressemblance avec lui.

Gloire: La tempête de mes fautes, m’étreignant, / Vierge pure, m’a fait descendre à présent / dans le gouffre du désespoir; tends-moi la main / et guide-moi vers le havre de repentance.

Maintenant: Urne divine de la manne en esprit, / montagne sainte donnant corps à notre Dieu, / divine Mère, depuis le ciel, je t’en prie, / envoie sur ma pauvre âme ta clarté.

Ode 4

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour souverain / en livrant pour nous ton Fils unique à la mort; / aussi, dans l’action de grâces, nous te chantons: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Le flot de mes actions honteuses / est arrivé jusqu’à mon âme misérable; / embourbé par mes pensées, je te crie, dans ma douleur: / notre Dame, ne méprise pas ton serviteur.

Des fauves m’entourent sans pitié, / prêts à ravir ma pauvre âme, sans merci; / mais toi, Vierge tout-immaculée, / brise les crocs de ces démons.

Gloire: Sois propice, notre Dame, envers ton serviteur, / arrache ton peuple à la menace qui l’attend, / afin que dans l’action de grâces nous puissions, / Reine toute-pure, te chanter: gloire à toi.

Maintenant: Table d’or ayant porté le pain divin, / comble de ta nourriture de salut / mon être affamé, bouleversé, / en proie aux ténèbres de l’anxiété.

Ode 5

Invisible, sur la terre tu parus, / avec les hommes librement tu conversas; / Ami des hommes que nul esprit ne peut saisir, / nous veillons en ta présence pour te célébrer.

Une meute de chiens m’entoure en vérité, / la troupe des noirs démons s’assemble autour de moi, / mais toi, Vierge pure, à présent / dissipe les complots de ces impies.

Bélial, ayant creusé un piège devant moi, / essaie de m’y faire tomber, / mais toi, notre Dame, de ta main / dans le gouffre qu’il a préparé pousse-le.

Gloire: Puissé-je ne pas être repris par ton Fils / dans sa fureur, au moment de sa venue, / ni châtié dans son courroux, mais sauve-moi / par tes prières, Toute-digne de nos chants.

Maintenant: Vois la faiblesse et le malheur / de ma pauvre âme et sauve-la / des ennemis incorporels soulevés contre moi / et des ravages qu’ils peuvent m’infliger.

Ode 6

Encerclé dans l’abîme sans fond de mes péchés, / je sens mon souffle défaillir: / ô Maître, lève ta main, tends-la vers moi / et sauve-moi comme Pierre, divin Timonier.

Lorsque sur un signe du Créateur universel / mon âme se séparera de ma chair, / délivre-moi de la main des ennemis, / divine Mère toute-digne de nos chants.

Assèche les fleuves bourbeux / de mes œuvres mauvaises sous les flots de la componction, / divine Génitrice, et au jour du jugement / dirige-moi vers les eaux du repos.

Gloire: Tu connais, Vierge pure, la fragilité de mon esprit, / la faiblesse de mon âme, la langueur de ma chair; / sauve donc ton serviteur, puisqu’en toi / j’ai mon invincible protection.

Maintenant: Me voilà dépouillé sottement, / très-sainte Dame, pour avoir soumis mon âme aux passions; / mais toi, sauve-moi en me passant / la tunique du pardon et du salut.

Cathisme

Toi qui as porté dans ton sein le Seigneur compatissant, / notre Dame, aie pitié de moi qui accours sous ta protection / et de tout cœur réclame ton divin secours; / rends-moi digne de la miséricorde de ton Fils / lorsque je me présenterai devant le Maître du créé: / sauve-moi de la flamme éternelle et de toute condamnation.

Ode 7

Devant l’image d’or des Chaldéens / les Jeunes Gens n’ont pas voulu se prosterner, / mais au milieu des flammes ils chantaient: / Béni es-tu, Dieu de nos Pères.

Jusqu’à l’âme, Vierge pure, me sont entrés / les flots débordants de mes péchés, / le fond de l’abîme m’a cerné: / des lames qui m’assaillent sauve-moi.

Asperge-moi, Vierge pure, avec le sang / issu du côté de ton Enfant; / en ta grande miséricorde, lave-moi aux flots de mes pleurs, / purifie-moi de tout ce qui est vil.

Gloire: Accorde-moi d’avoir l’âme broyée, / Toute-pure, et le cœur humilié, / afin que je sois sauvé des complots / qui ne cessent de m’assaillir sans merci.

Maintenant: Consume les pensées mauvaises de mon cœur, / les œuvres sordides de mon corps, / Vierge pure ayant mis au monde le Feu / qui se change en rosée dans la conscience des croyants.

Ode 8

Jetés dans le feu ardent sans que la flamme leur fit aucun mal, / fermes dans leur piété, les Jeunes Gens / chantaient un cantique divin: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Brise les flèches de Bélial, / Vierge pure, par la force de ton Fils; / puisse son injustice lui retomber sur le chef, / pour que je chante: Bénissez, toutes ses œuvres, le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

M’étant assoupi dans la mort, / je gis dans la tombe du désespoir, / mais toi, ô Vierge, relève-moi et fais que je chante, éveillé: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Gloire: De ta splendeur illumine mon cœur enténébré / et revêts-moi des armes de lumière, toi la porte de la Clarté, / afin que je puisse chanter: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Maintenant: Virginale chambre des noces du Seigneur, / rends dignes du palais céleste / ceux qui se réunissent dans ton saint temple chaque jour: / c’est toi que nous avons pour avocate, en effet, / auprès de celui qui d’ineffable manière a pris chair de ton sein.

Ode 9

Dans l’ombre et l’écriture de la Loi, / fidèles, nous voyons le mystère préfiguré: / Tout enfant mâle qui ouvre le sein / doit être consacré au Seigneur! / Fils premier-né, Verbe du Père éternel / et premier-né d’une Mère vierge, nous te magnifions.

Mon âme est secouée par la vague des passions / et le trouble des pensées honteuses; / sans cesse l’assaut des hommes méchants / me bouleverse, mais toi, dans ta bonté, / viens vite éloigner de moi / ce danger qui me presse violemment.

Pauvre âme, abstiens-toi de tes mauvaises actions, / cesse de faire le mal / et d’exciter la colère de Dieu; / observe de tout cœur ses préceptes divins; / la Mère de Dieu est là, en effet, / pour redresser ton chemin.

Gloire: Toi qui as enfanté le Seigneur de l’univers, / délivre-moi de mes passions et du péché; / tout entier, dans ton immense compassion, / rends-moi riche de bonnes actions / afin qu’avec amour et dans la joie, / Toute-pure, je te puisse magnifier.

Maintenant: Gémissant et soupirant devant toi, / je me prosterne, dans les pleurs: / compatis, sauve mon âme digne de pitié, / ô Vierge ayant enfanté celui qui veut / la miséricorde, et au jour du jugement / délivre-moi de toute condamnation.

LE MARDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Étrangère sur la terre, ô mon âme, repens-toi: / car la poussière ne chante plus dans le tombeau / et pour le péché il n’est plus de rédemption; / crie dès maintenant au Christ notre Dieu: / J’ai péché, Seigneur qui sondes les cœurs, / ne me condamne pas, mais prends pitié de moi.

Jusques à quand, mon âme, resteras-tu dans le péché? / Jusques à quand mépriseras-tu le repentir? / Considère l’imminence du jugement / et crie au Seigneur: / J’ai péché, mais sauve-moi, ô mon Dieu.

Mère de Dieu, notre force et notre rempart, / puissante auxiliatrice de l’univers, / ô Vierge entre toutes bénie, / par tes prières sauve de tout danger tes serviteurs.

Cathisme II

Seigneur, tu connais l’abîme de mes péchés: / comme à Pierre donne-moi la main et sauve-moi.

Lorsque le juge de l’univers / prononcera le juste jugement, / ô mon âme, quelle défense présenteras-tu? / Crie-lui donc avant la fin: / J’ai péché, ô mon Dieu, mais prends pitié de moi.

Bienheureuse Mère inépousée, / guéris mon âme affaiblie, / car je succombe sous le poids de mes péchés / et je t’appelle, ô Mère de Dieu, / dans les gémissements de mon cœur. / Accueille-moi, Vierge pure, malgré le nombre de mes forfaits / afin que, plein d’assurance, je te crie: / Réjouis-toi, sainte demeure du Seigneur notre Dieu.

Cathisme III

À l’ombre de tes ailes nous réfugiant, / nous les fidèles, du fond de notre âme crions: / Bienheureux Prophète et Précurseur, / apaise la houle des dangers, / des tentations, des maladies; / étouffe les complots de l’Ennemi / et demande pour nous la grande miséricorde.

De tes Martyrs, Seigneur tout-puissant, tu as fait briller le souvenir, / tu leur as donné la force d’imiter ta passion; / ils ont vaincu noblement la puissance de Satan / et reçu le don de guérison: / par leurs prières, Seigneur ami des hommes, accorde-nous la paix / et pour nos âmes la grande miséricorde.

Tout homme se réfugie / là où il trouve le salut: / en toi seule nous trouvons un abri, / Mère de Dieu, protectrice de nos âmes.

Ode 1

Tu es le Dieu hautement glorifié qui fis merveille autrefois, / en terre ferme changeant l’abîme et noyant les cavaliers / pour sauver le peuple qui te chante, Rédempteur.

Sur nous-mêmes, fidèles, pleurons avant la fin / de toute notre âme, car voici le Fiancé! / par nos œuvres tenons nos lampes allumées / afin de prendre part aux noces de l’Agneau.

De toute son âme se repentant, Manassé / jadis fut sauvé en invoquant, / dans les chaînes, l’unique Seigneur: / imite-le, mon âme, et tu seras sauvée.

Les saints Martyrs ont enduré l’aveuglement, / la perte de la langue et des mains, / l’arrachement des pieds, des jambes et des bras, / mais n’ont pas cessé de rendre grâce au Christ.

Saints Martyrs, vos reliques sont pour nous / dans la foi le remède divin / où nous puisons la force des âmes et des corps, / sans cesse vous chantant comme il se doit.

Vierge sainte, vase spirituel ayant porté / le Christ, cette manne d’immortalité, / délivre-moi de l’amertume des passions funestes / pour que je te chante dans la foi et la piété.

* * *

Jadis il assembla les eaux

Surgeon de l’infertile sein d’Élisabeth, / prie Dieu de produire en moi les fruits des vertus, / m’ôtant la honte d’être stérile en bonnes actions / et dissipant de ma conscience l’obscurité, / saint Précurseur du Christ notre Dieu.

Sur terre tu parus comme un astre, et le plus grand, / précédant en sa course le vrai Soleil / dont la gloire illumine l’univers; / et mon âme enténébrée de sombres pensées, / prie-Le de l’éclairer, divin Précurseur.

Prophète qui dans l’Esprit divin annonças / aux Enfers l’approche de la Vie, / par tes prières vivifie mon âme meurtrie, / fais-la surgir de la fosse du péché, / je t’en prie, ô glorieux Précurseur.

Avec les Anges, les Archanges et tous les Saints, / ô Vierge, je te prie d’intercéder / auprès du Seigneur manifesté grâce à toi / pour qu’il sauve de tout danger tes serviteurs / qui te reconnaissent pour la Mère de Dieu.

Ode 3

Âme stérile et sans enfants, / fais éclore le fruit de bon renom, / mère en tes fils glorifiée, / chante: Par Dieu mon cœur est fortifié; / nul n’est saint, nul n’est juste si ce n’est le Seigneur.

J’ai méprisé la loi divine en ma folie, / je suis bien près de m’entendre condamner: / que ferai-je à présent? je ne sais; / juste juge, fais-moi grâce en ta pitié, / sauve-moi dans la tendresse de ton cœur.

Ami des hommes, par excellence Soleil levant, / fais-moi lever de la nuit du péché; / Lumière de justice, je t’en prie, / délivre-moi de la griserie des passions / et du châtiment dans les ténèbres sans fin.

Citoyens de la terre des vivants, / arbres fruitiers du Paradis, / sources d’où jaillit l’eau vive de Dieu, / saints Martyrs, vous nous êtes apparus / comme coupes où nous buvons la sainteté.

Les Martyrs, ces athlètes victorieux, / n’ayant qu’une âme en tant de corps, / ont mis en fuite les myriades impies / du Prince de ce monde, l’Ennemi, / en proclamant l’indivisible Trinité.

Vierge Mère, souveraine de l’univers, / considère nos cœurs pénitents / se réfugiant vers le Christ et désirant / recevoir le pardon des péchés: / accorde à nous tous la faveur de ton Fils.

* * *

Toi qui tiras toutes choses du néant

Devenu la voix du Verbe, saint Jean, / dirige vers lui maintenant / la voix de ceux qui t’honorent et procure leur / le pardon de leurs fautes par ta sainte médiation.

Contre toi j’ai péché, j’ai commis l’iniquité, / j’ai transgressé tes préceptes, Sauveur: / l’âme souillée, je t’invoque, prends pitié / pour l’amour de ton Baptiste, Seigneur.

Perdu dans le désert des voluptés, / je t’implore, toi le fils du désert: / conducteur du nouveau peuple et Précurseur, / guide-moi jusqu’au chemin du repentir.

Vierge pure, avec les Apôtres, les Martyrs, / les Prophètes, les Pontifes, les Puissances d’en-haut, / intercède auprès de ton Fils et Seigneur / pour qu’il prenne en grâce tous les chantres de ton nom.

Ode 4

Comme la montagne ombragée / Habacuc préfigura ton sein immaculé, / ô Vierge, et c’est pourquoi nous chantons: / Le Seigneur est venu de Théman, / le Dieu saint, de la montagne ombragée.

Toi qui jadis fis jaillir du rocher / pour un peuple indocile et sans foi, / ô Christ, l’eau guérisseuse de la soif, / de mon âme fais jaillir la componction / en un flot de larmes pour laver mon péché.

Médecin des malades, penche-toi / dans ta bonté sur les passions de mon cœur, / m’ordonnant le remède du repentir / et rendant à mon âme sa vigueur, / afin que dans la foi je te glorifie.

Laissant là toute amitié pour le corps, / tout sentiment de compassion, saints Martyrs, / aux bourreaux vous vous êtes livrés / pour répondre plus authentiquement / à l’amitié de votre Créateur.

Soldats du Christ qui avez souffert tant de maux / sous l’épreuve des tourments les plus variés, / de l’Esprit vous avez reçu comme don / la grâce de chasser ici-bas / les souffrances que nous causent nos passions.

Réjouis-toi, Vierge parée de tant de noms: / par toi fut enfanté le Verbe Dieu / nous délivrant de nos actes sans verbe ni raison; / réjouis-toi, lumineuse Nuée / qui chasses loin de nous les nuages du malheur.

* * *

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour

Voix du Verbe paru dans la chair, / je t’implore, Précurseur du Seigneur: / délivre-moi de mes œuvres sans verbe ni raison, / moi qui use mon verbe pour t’honorer / et te dire à juste titre bienheureux.

Soupire, pauvre âme, et dis au Créateur: / J’ai péché, fais-moi grâce, ô mon Dieu; / délivre-moi du terrible châtiment, / des périls et de toute affliction / par les prières du divin Précurseur.

Submergé par la houle des passions, / ballotté par la tempête des tentations, / du fond de l’abîme je te crie: / Baptiste, sauve-moi du péril / et guide-moi vers le havre du salut.

Mère de Dieu, plus sublime que le char des Séraphins, / en compagnie des Serviteurs incorporels, / Toute-pure, avec le chœur de tous les Saints / prie le Christ que tu as enfanté / pour qu’il me sauve de l’abîme sans espoir.

Ode 5

Devant toi dès l’aurore nous veillons, / te chantant, Verbe et Fils unique de Dieu; / donne-nous, Seigneur, la paix et prends pitié / des fidèles qui te chantent et se prosternent devant toi.

Avec l’hysope de la pénitence lave-moi, / purifie-moi de la souillure des passions / afin que je sois pur à tes yeux quand tu viendras, / juste juge, pour juger tout l’univers.

Purulentes sont les plaies de mon âme, Seigneur, / mais toi, le Médecin des cœurs meurtris, / ô Verbe, dispensateur de tous biens, y en ton grand amour viens me guérir et me sauver.

Sur terre comme vase d’argile est brisée / l’enveloppe charnelle des Martyrs, / mais leur âme y gagne en force et vigueur, / illuminée par la puissance du Christ.

Le sang répandu par les Martyrs / sanctifie l’univers tout entier; / il abreuve les âmes et fait tarir / les fleuves immondes d’une vaine adoration.

Ô Vierge, par ton divin enfantement / tu mis fin à la malédiction des premiers parents / et pour nous tu fis jaillir des fleuves de bénédiction, / pour les fidèles qui te chantent et glorifient.

* * *

Invisible, sur la terre tu parus

Comme un Ange sur la terre tu vécus / dans la chair, Précurseur bienheureux: / aussi je te prie de délivrer / ma pauvre âme des pensées charnelles.

Je suis tombé dans le gouffre du péché, / mon âme est souillée de voluptés; / dans le péril c’est vers toi que j’accours: / sauve-moi, saint Précurseur du Seigneur.

Des Prophètes tu nous sembles le plus grand, / ayant vu celui dont tu annonçais la venue; / sans cesse implore-le, Prophète du Christ, / pour qu’à nos âmes il accorde sa clarté.

Plus vaste que les cieux tu apparais, / toi la Mère de Dieu, en vérité; / Vierge comblée de grâce par Dieu, / délivre-moi de l’emprise du péché.

Ode 6

Le gouffre des passions s’est ouvert devant moi, / dans la tempête des courants ennemis: / hâte-toi de me sauver, Dieu sauveur, / comme tu délivras le Prophète du monstre marin.

Engourdi par les ténèbres du péché, / me voilà tout entier languissant: / toi que jadis une lance transperça, / ô Christ, fais-moi grâce en la tendresse de ton cœur.

Je soupire et pourtant je fais le mal, / je pleure, sans redouter le jugement! / Verbe de Dieu, guéris mon cœur impénitent, / par tes préceptes montre-moi le salut.

Illustres Martyrs, comme agneaux obéissants, / muets, sans élever la voix, / conduits pour subir l’immolation, / dans les supplices vous chantiez pour le Christ.

Les fauves vous prennent pour aliment, / la mer en ses abîmes vous reçoit: / dans l’allégresse de votre âme, saints Martyrs, / le Christ vous donne la couronne des vainqueurs.

Porche des fidèles rachetés, / Porte que seul franchit le Seigneur s’incarnant, / ouvre grandes les portes de la justice pour nous / qui dans l’allégresse te chantons fidèlement.

* * *

Encerclé dans l’abîme sans fond

Dans l’eau tu baptisas de ta main / le Flot de délices s’inclinant; / prie-le de m’envoyer les flots de componction / pour laver mes fautes, bienheureux Précurseur.

Dans le fleuve tu laves l’Océan de pitié, / celui qui établit le ciel sur les eaux: / Prophète, prie l’Ami des hommes, Jésus, / de laisser pleuvoir sur moi les ondes du pardon.

Voici qu’approche le royaume du Christ, / repentez-vous! criais-tu, Précurseur; / à ceux qui te chantent avec amour / et recourent à ta sainte protection / fais la grâce de pouvoir y prendre part.

Toi qui donnas une chair au Créateur, / Vierge pure, avec les Puissances d’en-haut, / les Prophètes, les Apôtres, les Martyrs, / prie-le de m’accorder la grâce et le salut.

Ode 7

Toi qui répandis la rosée / sur la fournaise de feu / et sauvas de la flamme les enfants d’Abraham, / tu es béni dans les siècles éternels, / Seigneur, Dieu de nos Pères.

Dépouillé de la tunique de vie, / j’ai revêtu celle des œuvres d’infamie; / c’est pourquoi je te crie, ô mon Dieu: / en ton amour revêts-moi désormais / du vêtement resplendissant des vertus.

Dans la débauche j’ai souillé mon regard, / l’intempérance de ses doigts sales m’a touché; / je deviens une horreur à tes yeux, / Jésus, accueille-moi cependant / comme le Fils prodigue, et sauve-moi.

Par amour pour une vie plus haute, saints Martyrs, / vous supportiez les tourments les plus cruels: / soldats du Christ, luminaires divins, / nous les fidèles vous disons bienheureux.

Resplendissant à la lumière des tourments, / plus clair que le soleil vous avez lui, / repoussant les ténèbres des faux-dieux, / bienheureux Témoins du Christ notre Dieu.

Mère de Dieu toujours-vierge qui enfantas / le Créateur tenant le monde en sa main, / délivre-moi de l’emprise qu’ont sur moi / les ténèbres de l’ignorance et du péché.

* * *

Dans la fournaise les trois jeunes gens, / figures de la sainte Trinité, / méprisèrent la menace du feu et chantaient: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Chandelier du vrai Soleil, illumine la cécité / de mon âme enténébrée par l’inertie; / guide-moi vers le chemin du repentir, / Baptiste et Précurseur du Seigneur.

Songeant à l’heure du jugement, je frémis / à la pensée du grand nombre de mes péchés; / Baptiste du Sauveur, viens me sauver / du feu qui se présente devant moi.

Rempart et protecteur de ma vie, / Précurseur, défends-moi, sauve-moi / des ennemis invisibles ou que l’on voit, / pour que je prenne part au Royaume des cieux.

Vierge Mère de Dieu, prie ton Fils / avec les Prophètes, les Apôtres, les Martyrs, / pour qu’il sauve du malheur à venir / les fidèles qui t’honorent constamment.

Ode 8

Celui que les Anges dans les cieux / sans cesse glorifient comme Dieu, / cieux des cieux, montagnes, collines et l’océan / et tous les hommes, par vos hymnes louez-le, / bénissant votre Créateur et l’exaltant dans tous les siècles.

En mon cœur n’ayant point la crainte de toi, / j’ai commis toutes fautes et péchés / suggérés par la folie de ma chair, / et je tremble devant ta justice, ô mon Roi: / ne méprise pas mon repentir à présent.

Permets que je pénètre en la terre sainte, moi aussi, / celle que les doux posséderont; / Seigneur, par la pénitence purifie-moi, / lave-moi de la fange du péché, / toi qui sur terre es né d’une Vierge immaculée.

Les pieds empourprés de votre sang, / vous avez fait trébucher les ennemis; / vers le ciel vous avez cheminé saintement, / illustres Athlètes victorieux, / soldats du Christ ce Dieu de l’univers.

De plein gré vous vous êtes dévêtus / sur le stade pour le plus grand des combats, / dépouillant l’ennemi et le couvrant d’infamie; / c’est pourquoi vous exultez dans les cieux, / illustres Martyrs, portant couronne de vainqueurs.

Beauté de Jacob, le Seigneur de toute beauté / par amour fit sa demeure en ton sein, / ô Vierge toute pure, immaculée, / pour orner la nature des humains / des charmes d’une grâce qui dépasse tout esprit.

* * *

Jetés dans le feu ardent

Saint Jean, divin Prophète annonçant / l’Agneau de Dieu qui ôte le péché des humains, / supplie-le d’alléger le fardeau / que font peser sur moi mes forfaits, / afin que j’aie part à l’héritage des élus.

Délivre-moi de la fournaise ardente de feu, / des ténèbres extérieures sans clarté, / moi que retient la nuit de mes œuvres impies, / je t’en prie, Verbe éternel de mon Dieu, / par les prières du Baptiste glorieux.

Aux âmes désertes et sans fruits / tu annonças le divin fruit du repentir; / en mon âme, Prophète du Seigneur, / émonde les ronces des passions, / et je produirai l’épi des bonnes actions.

Mère de Dieu, avec les Anges et les Saints, / les Prophètes, les Apôtres, les Martyrs, / intercède pour que soient délivrés / des périls, de l’affliction, du châtiment / ceux qui te reconnaissent pour la Mère de Dieu.

Ode 9

Béni soit le Seigneur Dieu d’Israël: / il nous suscite une force de salut / dans la maison de David son serviteur; / il nous visite en l’amour de son cœur, / Soleil levant et Lumière d’en-haut / guidant nos pas sur le chemin de la paix.

Voici le temps favorable et le jour du salut: / prépare, ô mon âme, ta conversion, / produis les dignes fruits du repentir / de peur que la cognée de la mort ne te trouve sans fruit / et, te coupant comme le figuier de jadis, / ne te jette dans les flammes en l’au-delà.

Jouissant de délices comme le Riche de jadis, / je ferme mon cœur au prochain; / c’est pourquoi je crains le feu qui ne s’éteint: / ô Maître, lave mon âme endurcie / afin qu’avant le terme de ma vie / j’illumine mes ténèbres de bonté.

Marqués dans le sang, divins Martyrs, / et luttant sous le signe de la foi, / vous avez mis en fuite l’ennemi, / arrachant tant de peuples à l’erreur / pour les faire passer divinement / vers la lumière de la science de Dieu.

Vous avez lui comme glaives aiguisés / pour mettre en pièces les légions de l’Ennemi, / divins et victorieux Athlètes du Christ, / porte-flambeaux de la sainte Trinité, / luminaires étincelants de la foi / et vrais soldats du Roi de gloire.

Le Prophète t’a contemplée d’avance / comme la Nuée lumineuse d’où parut / ce grand Soleil qu’est le Christ notre Dieu / pour éclairer les ténèbres d’autrefois; prie-le de chasser les nuages de mes passions / pour que je rayonne en la divine clarté.

* * *

Dans l’ombre et l’écriture de la Loi, / fidèles, nous voyons le mystère préfiguré: / Tout enfant mâle qui ouvre le sein / doit être consacré au Seigneur! / Fils premier-né, Verbe du Père éternel, / et premier-né d’une Mère vierge, nous te magnifions.

Sortant de l’ombre de la Loi, tu contemplas / la splendeur de la divine grâce illuminant / avec force les confins de l’univers / et chassant de l’ignorance l’obscurité: / sage Prophète, saint Jean, / pour tout cela nous te chantons fidèlement.

Divin Baptiste et Témoin du Seigneur, / luminaire de la conversion au Christ, / aurore de la foi qui assures la jonction / entre l’ancien et le nouveau testaments, / renouvelle mon âme vieillie dans le mal, / de la divine science envoie sur elle la clarté.

À l’heure de la crainte et de l’effroi, / au jour du terrible jugement, / délivre-moi (je suis d’avance condamné) / de la menace qui m’attend dans l’au-delà: / le Sauveur de nos âmes exaucera / tes prières, en tant qu’ami de l’Époux.

Mère du Verbe Dieu né de toi, / avec les Prophètes, les Pontifes, les Martyrs, / les Apôtres et les Anges incorporels / implore sans cesse ton Fils, / Vierge toute-sainte et Mère de Dieu, / pour qu’au monde il fasse don de la paix.

Apostiches

Rassemble, Seigneur, mon esprit dispersé, / émonde les ronces de mon cœur; / comme à Pierre donne-moi le repentir / et comme au Publicain les soupirs, / comme à la Courtisane les pleurs / afin que d’une voix forte je te crie: / Sauve-moi, ô mon Dieu, / ami des hommes, le seul compatissant.

Souvent, lorsque je chantais pour toi, / je me suis trouvé en état de péché / et lorsque ma bouche te louait, / mon âme méditait des vanités; / par la pénitence corrige-moi tout entier, / ô Christ notre Dieu, prends pitié et sauve-moi.

Les soldats du Christ ont banni toute peur / devant les rois et les tyrans; / avec un noble courage ils ont confessé / le Seigneur de l’univers, notre Dieu et notre Roi, / et pour nos âmes ils intercèdent maintenant.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Sans semence tu as conçu de l’Esprit saint / et nous te glorifions en chantant: / Réjouis-toi, ô Vierge toute-sainte.

LITURGIE

Béatitudes

Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, / ô Christ, tu l’as chassé du Paradis; / mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron / te confessant sur la croix / et criant: Souviens-toi de moi, Sauveur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

L’âme souillée par les plaisirs de cette vie, / j’ai recours à ta miséricorde, Seigneur: / tout entier captif du désespoir, / dans ma défaite je crie vers toi, / Sauveur qui seul connais mes secrets: / purifie-moi dans ton amour miséricordieux.

Divin Baptiste, toi qui es le médiateur / entre l’ancien et le nouveau testaments, / renouvelle mon âme vieillie dans le péché / et donne-moi, par tes prières, de marcher / tout droit vers le chemin du repentir, / me conduisant vers le Royaume du Christ notre Dieu.

Sur le stade ayant mené le bon combat, / endurant mille tourments, / généreux Athlètes, vous avez reçu le don / d’alléger toute peine en tout temps / et chassez loin de nous l’esprit du mal: / c’est pourquoi nous les fidèles, nous vous glorifions.

Gloire au Père ...

Lumière, vie, omnipotence est en vérité / l’Unité en trois personnes que nous glorifions: / le Père, le Fils et l’Esprit saint, / unique Maître et Seigneur, / principe de l’entière création, / seul Dieu qui se révèle en trois Visages.

Maintenant ...

Sans cesse par mes transgressions / j’ai courroucé le Dieu très-bon: / Vierge Mère, prends pitié dans ta bonté / et par la pénitence corrige-moi, / afin que j’échappe au châtiment éternel, / célébrant, ô Vierge pure, ton intercession.

Mercredi

LE MARDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Par ta crucifixion, ô Verbe, la création fut altérée, / de crainte le soleil retint ses rayons, / le voile du Temple se déchira en deux / et tout homme croyant fut sauvé; / aussi nous glorifions le trésor de ton amour.

Ayant assumé notre chair en son amour, / le Seigneur Dieu fut cloué sur la croix; / il releva notre nature déchue / lorsqu’il fut élevé en son corps / selon son bon vouloir et son amour compatissant.

L’eau et le sang de ton côté / ont rénové le monde, Seigneur; / avec l’eau tu laves nos péchés, / avec ton sang tu signes le pardon, / Jésus Christ, en ton amour compatissant.

* * *

Gisant dans l’absence de soucis, / j’ai passé dans l’indolence le temps de ma vie; / je redoute l’heure du départ, / mais par tes prières éveille-moi / au repentir, Vierge pure, et sauve-moi.

Guéris la peine de mon cœur, / redresse l’erreur de mon esprit, / permets que je te chante d’un cœur pur / pour trouver grâce et pitié, / Vierge sainte, au jour où nous serons jugés.

Pauvre âme, rejette le fardeau, / dépose le mal trop pesant; / avance dans les larmes et criant: / Vierge sainte, rends-moi digne de porter / le joug suave de ton Fils et de ton Dieu.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Un glaive a transpercé ton cœur, / Toute-sainte, quand tu vis ton Fils sur la croix / et tu crias: Ne me laisse pas sans enfant, / ô mon Fils et mon Dieu / qui vierge m’a laissée même après l’enfantement.

Apostiches

Ô Christ, je me prosterne devant ta précieuse Croix, / gardienne du monde et salut des pécheurs, / sublime propitiatoire, triomphe royal, / et sujet de gloire et de fierté pour l’univers.

L’arbre défendu produisit pour le monde la mort, / l’arbre de la croix fit fleurir la vie immortelle; / aussi nous t’adorons, Seigneur crucifié; / que brille sur nous la lumière de ton visage, Sauveur!

Les Prophètes, les Apôtres du Christ et les Martyrs / nous ont appris à chanter la Trinité consubstantielle; / ils ont porté la lumière aux nations égarées: / les Anges et les Hommes sont devenus concitoyens.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Lorsque la Brebis mère qui t’enfanta / te vit cloué sur la croix, ô Jésus, / pleurant et gémissant, ta Mère immaculée / s’écria: Ne laisse pas sans enfant / celle que tu gardes vierge même après l’enfantement.

LE MARDI SOIR À COMPLIES

Canon alphabétique renversé (de ω à a), excepté dans le dernier théotokion de chaque ode.

Ode 1

Jadis il assembla les eaux en une seule masse, d’un geste divin, / et divisa la mer pour le peuple d’Israël, / notre Dieu hautement glorifié: / à lui seul offrons nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Te connaissant, toi la Mère de Dieu, / comme source de tendresse et compassion, / je m’approche, implorant de ta bonté / que tu m’accordes la componction pour regretter / et pleurer mes nombreuses fautes, Souveraine immaculée.

Accorde-moi le flot des pleurs spirituels / pour nettoyer le bourbier de mes actions, / balayer mes mauvaises pensées, / me purifier de tout ce qui est vil / et faire de moi un temple de l’Esprit.

Gloire: Secoué par la houle déchaînée / de mes fautes, ô Vierge immaculée, / sans cesse ballotté furieusement par les souffles du guerroyeur / et jeté dans le gouffre de perdition, / je me mets à te crier: sauve-moi.

Maintenant: Dans la tendresse de ton cœur, Souveraine de l’univers, / prends pitié de ma pauvre âme et sauve-moi / de la flamme éternelle et de l’assaut des démons, / moi qui maintenant me réfugie, / divine Mère, sous ta sainte protection.

Ode 3

Toi qui tiras toutes choses du néant / et par ton Verbe les créas, / par ton Esprit tu les mènes à leur perfection: / Maître tout-puissant, rends-moi ferme en ton amour.

Mon esprit qu’enténèbrent de viles pensées, / éclaire-le de ta lumière divine, Toute-digne de nos chants; / toi-même, n’as-tu pas enfanté / la lumière issue du Père éternel?

La démarche de mon âme a trébuché, / à terre l’ennemi des justes l’a renversée; / mais toi, Souveraine immaculée, / tends-moi la main pour que je puisse me relever.

Gloire: Utilisant la prière du Publicain, / je te crie, notre Dame, dans mon malheur: / fais-moi grâce et, par ton intercession, / procure à ton serviteur la rémission de ses péchés.

Maintenant: Les blessures de mon âme, guéris-les, / calme la tempête déchaînée / de mes pensées, notre Dame, et donne-moi / de vivre en de paisibles conditions.

Ode 4

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour souverain / en livrant pour nous ton Fils unique à la mort; / aussi, dans l’action de grâces, nous te chantons: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Ma chair, je l’ai souillée dans les plaisirs, les voluptés, / la pureté de mon âme, par de honteuses pensées; / et mon esprit, notre Dame, je l’ai terni: / cependant ne méprise pas ton serviteur.

Sois pour moi refuge, forteresse, protection, / consolatrice me sauvant de toute affliction, / Vierge pure, ma force de salut, / couvrant de confusion mes ennemis.

Gloire: La multitude des épreuves m’encercle à présent / et sans cesse j’enfonce dans les pièges des démons; / dans mon malheur, j’ai recours à ta chaleureuse intercession / et te demande de sauver ton serviteur.

Maintenant: La nuit sans clarté des passions / entoure le malheureux que je suis: / dissipe les ténèbres de mon âme, ô Vierge immaculée, / et guide-moi vers la lumière des préceptes divins.

Ode 5

Isaïe, voyant en image sur le trône élevé / le Dieu de gloire escorté par les Anges, s’écria: / Je suis perdu, car j’ai vu le Dieu incarné, / lumière sans déclin et prince de paix.

Le temps de ma vie a disparu comme fumée, / je suis proche des portes de la mort; / je crains le soulèvement des démons, moi qui dans leurs œuvres les ai suivis: / Toute-pure, prends pitié et sauve-moi.

Assèche l’océan de mes péchés, / accorde-moi, ô Vierge, des fleuves de pleurs; / éteins la fournaise de mes passions et donne-moi / d’éviter le feu et les autres peines quand viendra le jugement.

Gloire: Mon âme rendue malade par mes péchés, / Vierge pure, guéris-la par ta compassion; / donne-moi l’humilité d’accomplir les préceptes de ton Fils / afin qu’éternellement je jouisse de sa bonté.

Maintenant: La Mère du Verbe, en ses larmes, disait: / Ô mon Fils, en lui offrant le sang de ton côté / tu habilles l’Église veuve en mariée, / et moi je souffre les douleurs en te voyant sur la croix.

Ode 6

Encerclé dans l’abîme sans fond de mes péchés, / je sens mon souffle défaillir: / ô Maître, lève ta main, tends-la vers moi / et sauve-moi comme Pierre, divin Timonier.

De tes chastes entrailles prenant chair, / divine Épouse, le Fils de Dieu a fait de toi / le refuge des pécheurs: montre donc / ta miséricorde envers tes serviteurs.

À ta clarté fais briller le regard de mon cœur / enténébré par la confusion des pensées; / fais de moi un fils de lumière, en ta bonté, / et dans un lieu resplendissant place-moi.

Gloire: Sans cesse je suis troublé par la houle des passions: / la tempête soulevée par les esprits du mal / fait que j’enfonce, mais veuille m’affermir / sur le roc de l’impassible condition.

Maintenant: Assoupi dans ce qui est pour mon âme la mort, / je gis dans la tombe du désespoir, / tends-moi la main, je t’en prie, relève-moi, / montre-moi le chemin du repentir et de la vie.

Cathisme

Comme sceptre de puissance nous avons / la Croix de ton Fils, ô Mère de Dieu; / par lui nous abaissons l’orgueil de l’Ennemi, / nous qui te magnifions sans cesse de tout cœur.

Ode 7

Devant l’image d’or des Chaldéens / les Jeunes Gens n’ont pas voulu se prosterner, / mais au milieu des flammes ils chantaient: / Béni es-tu, Dieu de nos Pères.

Mon âme affaiblie par le péché, / ceins-la de puissance, ô Vierge immaculée: / à ton Fils elle crie: Sauve-moi; / béni es-tu, Dieu de nos Pères.

Redoutant le moment de la mort / à cause de l’immortel, de l’éternel châtiment, / devant toi je me prosterne: sauve-moi, / divine Génitrice, du filet des chasseurs.

Gloire: Toi dont le sein, divine Mère, a pu loger / le Dieu que nul espace ne contient, / délivre de la tyrannie de mes péchés / mon âme que leur grand nombre met à l’étroit.

Maintenant: Divine Mère, le genre humain t’en supplie, / notre Dame, prends pitié de tes serviteurs / qui chantent pour ton Fils avec foi: / Béni es-tu, Dieu de nos Pères.

Ode 8

Jetés dans le feu ardent sans que la flamme leur fit aucun mal, / fermes dans leur piété, les Jeunes Gens / chantaient un cantique divin: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

À l’instar du Fils prodigue en vérité / dans les fautes j’ai passé toute ma vie, / mais à présent je crie vers toi: J’ai péché, / fais de moi un des salariés de ton Fils et Créateur, / afin qu’en tous les siècles je puisse te glorifier.

Mon âme est emplie de maux, je suis compté / parmi ceux qui descendent dans la fosse, mais toi, / du gouffre de ma misère tire-moi, / ainsi que du bourbier infect de mes fautes, virginale Mère de Dieu.

Gloire: Implore, divine Mère, le Christ / que tu enfantas de tes chastes entrailles: / qu’il m’accorde le pardon de mes nombreuses fautes / afin que je chante: Bénissez, toutes ses œuvres, le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Maintenant: Lorsque sur l’ordre de Dieu / ma pauvre âme quittera cette vie, / arrache au filet des chasseurs ceux qui chantent devant toi: / Nous te louons avec toutes les œuvres du Seigneur / et en tous les siècles te disons bienheureuse.

Ode 9

Dans l’ombre et l’écriture de la Loi, / fidèles, nous voyons le mystère préfiguré: / Tout enfant mâle qui ouvre le sein / doit être consacré au Seigneur! / Fils premier-né, Verbe du Père éternel / et premier-né d’une Mère vierge, nous te magnifions.

Fort de ton invincible intercession, / le genre humain, Toute-pure, à présent / t’invoque de jour comme de nuit: / Ne manque pas de prier sans répit / ton Fils et divin Créateur / pour qu’il prenne en compassion qui te chante.

Les traits des grossières passions / ont atteint ma pauvre âme et, sous l’assaut / des hostiles démons, les flèches des pensées / blessent constamment mon esprit: / mes plaies sont incurables, mais toi, / Vierge pure, empresse-toi de les guérir.

Gloire: Des ennemis qui me font la guerre, promptement, / arrête les coups portés contre moi, / car leurs attaques, leur cruelle méchanceté, / hélas, je ne peux plus les supporter; / or donc, chaste Épouse de Dieu, / fais diligence pour venir me délivrer.

Maintenant: Tu connais la faiblesse de mon corps, / la douleur dont mon âme est affligée, / les gémissements que pousse mon cœur, / ainsi que l’égarement de mon esprit, / les idoles qu’il s’est inventées: / en ta miséricorde, guéris-moi de tout cela.

LE MERCREDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Sur terre fut plantée la Croix, / s’élevant jusqu’aux cieux / non par la hauteur de son bois, / mais parce qu’en elle tu as accompli toutes choses. Seigneur, gloire à toi.

Sur le pin, le cyprès, le cèdre du Liban / tu es exalté; Agneau de Dieu, / pour sauver ceux qui adorent avec foi / ta crucifixion volontaire: gloire à toi, ô Christ notre Dieu.

Comme sceptre de puissance nous avons / la Croix de ton Fils, ô Mère de Dieu; / par lui nous abaissons l’orgueil de l’Ennemi, / nous qui te magnifions sans cesse de tout cœur.

Cathisme II

Ô Christ, tu as reçu sans colère les soufflets / pour sauver le genre humain; / délivre du tombeau notre vie; / Seigneur, accorde-nous ton salut.

Contemplant ta puissance sans fin / et la crucifixion librement consentie, / les Anges s’étonnèrent de voir / comment l’Invisible a souffert en sa chair, / car il voulait racheter le genre humain de la mort. / Aussi nous te chantons comme la Source de vie, / ô Christ, et nous te glorifions en ta royale majesté.

Ô Christ, ta sainte Mère inépousée / voyant ton corps suspendu sur la croix, / versant des larmes s’écria maternellement: / Voici la récompense d’un peuple ingrat / qui a joui de tant de bienfaits! / Ô mon Fils, je chante et magnifie ta divine condescendance.

Cathisme III

Seigneur, tu supportas l’ignominie de la croix, / toi le Maître de l’entière création, / afin de me rendre l’honneur perdu jadis, / et par la lance ton côté fut transpercé / pour libérer de la fosse l’œuvre de tes mains: Ami des hommes, je chante le trésor de ton amour et ta bonté.

Cuirassés de l’armure du Christ, / ayant revêtu les armes de la foi, / vous avez affronté les légions de l’Ennemi / et courageusement les avez renversées; / soutenus par l’espérance de la vie, / vous avez bravé les supplices et les menaces des tyrans / et vous avez reçu la couronne, valeureux Témoins du Christ notre Dieu.

Te voyant, Seigneur, cloué sur une croix, / ta Mère inépousée, la Vierge immaculée / s’écria: Hélas! très-doux Enfant, / comment un peuple sans-loi / a pu te condamner à la croix? / Maître et créateur de toutes choses, je chante ton extrême bonté.

Ode 1

Jadis il assembla les eaux en une seule masse, d’un geste divin, / et divisa la mer pour le peuple d’Israël, / notre Dieu hautement glorifié: / à lui seul offrons nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Par les souffrances de ta chair immaculée, / Verbe, tu calmas nos douleurs et nos passions; / tu sauvas les mortels jadis blessés par l’Ennemi, / qui maintenant se prosternent pieusement / devant le mystère de ton œuvre de salut.

Le Séducteur qui jadis au Paradis / enchaîna l’homme par la transgression de la loi, / Seigneur, tu l’enchaînes à son tour, / toi qui voulus te lier à notre chair, / Ami des hommes, pour nous délier de nos péchés.

Les Martyrs pleins de gloire voyant la création / naufragée sur les écueils des démons, / devinrent des havres de paix pour les croyants / lorsqu’ils eurent par l’effusion de leur sang / submergé les forces adverses de Satan.

Le chœur des Martyrs clairement s’est uni / à celui des Puissances d’en-haut: / sans cesse ils rayonnent sous l’éclat de l’Incréé / pour sur terre éclairer à leur tour / les fidèles glorifiant leurs exploits.

Plus haute que les Anges du ciel, / Vierge pure, sur terre tu conçus / le Verbe Dieu qui par amour nous conduit / derechef vers la gloire des cieux / par sa Passion et sa précieuse Croix.

* * *

Comme la montagne ombragée / Habacuc te vit d’avance en esprit: / Vierge pure, ombrage-moi, je t’en prie, / moi que brûle l’ardeur des passions / et délivre-moi de l’ombre de la mort.

Au flot divin qui jadis a coulé, / Vierge pure, du côté de ton Fils / lave les blessures de mon cœur / afin que je te magnifie comme il se doit, / toujours-bienheureuse et tout-immaculée.

Tu as conçu le Verbe né du Père dans les cieux / et déifiant la nature des mortels: / par tes prières obtiens-moi de sa bonté / pour ma pauvre âme minée par les complots de l’Ennemi, / Vierge pure, la divine consolation.

Ode 3

Toi qui tiras toutes choses du néant / et par ton Verbe les créas, / par ton Esprit tu les mènes à leur perfection: / ô Maître tout-puissant, rends-moi ferme en ton amour.

Impassible par la nature de ta divinité, / en la chair devenu passible par bonté, / sur la croix tu fus soumis à la mort, / toi qui nous confères l’immortalité!

Verbe qui suspendis la terre sur les eaux, / tu daignas te laisser pendre sur le bois / afin que de l’abîme du mal / tu me pousses jusqu’au faite des cieux.

Bariolés des stigmates du Christ, / saints Martyrs, vous vous tenez près du Seigneur, / ayant reçu largement de sa main / les récompenses du royaume des cieux.

Dans l’allégresse de leur âme, les Martyrs / sont allés au-devant des tourments, / causant l’amer chagrin du Dragon / et comblant de joie les chœurs des Anges.

Voyant le Christ élevé sur la croix, / Mère vierge, en ta douleur tu lui dis: / Soleil de gloire, tu te couches à mes yeux / pour faire luire en la ténèbre ta clarté.

* * *

Le Verbe si riche en pitié, / dont la tendresse ne peut être contée, / Toute-sainte, trésor de bonté, / fais qu’en nos malheurs il nous octroie sa compassion.

Demeure du Créateur universel, / fais descendre sous mon toit le Paraclet, / Vierge pure, bien que je sois devenu / l’antre des brigands qui tuent les âmes.

Mère de Dieu qui portas dans tes bras / celui qui porte le monde d’un geste divin, / penche-toi vers moi pour me sauver / de mon odieux penchant vers les passions.

Ode 4

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour souverain / en livrant pour nous ton Fils unique à la mort; / aussi dans l’action de grâce nous te crions: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Maître qui surpasses tout honneur, / ô Christ, tu as souffert l’insulte des violents, / la tête frappée d’un roseau, / Ami des hommes, pour me rendre l’honneur / perdu par mon antique transgression.

La couronne d’épines, tu l’as portée, / Longanime, étant roi en vérité; / jusqu’aux racines tu as arraché / les ronces produites par le péché: / Sauveur, je chante les souffrances de ta croix.

Inébranlables devant les peines et tourments, / saints Martyrs, vous avez ébranlé / l’erreur inventée par l’Ennemi, / foulant aux pieds le superbe Satan / consumé par son orgueil démesuré.

En un corps corruptible vous avez hérité / le caractère incorruptible de Dieu; / par vos souffrances vous avez imité / la Passion de l’Impassible noblement, / illustres Martyrs, concitoyens des Anges dans les cieux.

Le Prophète jadis a vu en toi, / ô Vierge, le livre dans lequel / le doigt du Père inscrit le Verbe incarné / qui déchire d’un coup de lance sur la croix / la dette contractée par Adam.

* * *

Christ ayant souffert en ta compassion / de plein gré les blessures et l’immolation, / par les prières de celle qui t’enfanta / guéris mon âme blessée par les coups / et la violence criminelle des démons.

Créateur, je suis l’ouvrage de tes mains, / mais par la malice du Serpent / je suis brisé par les plaisirs de cette vie: / ô Christ, façonne-moi de nouveau x grâce aux prières de ta Mère immaculée.

Seule vierge demeurée telle en enfantant / ineffablement le Verbe du Père qui délie / les mortels de leur manque de raison, / sans cesse supplie-le de m’affranchir / de mes passions sans verbe ni raison.

Pour nous tu fais jaillir chaque jour, / Fiancée divine, les flots de guérison, / toi le tabernacle de sainteté resplendissant de divine clarté / et distillant pour nous la myrrhe au doux parfum.

Ode 5

Invisible, sur la terre tu parus, / tu conversas librement avec les hommes; / Ami des hommes que nul esprit ne peut saisir, / nous veillons en ta présence pour te célébrer.

Comme agneau tu fus mis sur le bois, / à ton Père en sacrifice fus offert / pour nous, toute-puissante Bonté, / et fis cesser les sacrifices des faux-dieux.

Percé par la lance, ton flanc, Source de vie, / fit jaillir le double flot du salut / pour ceux qui te proclament l’Un de la Trinité / possédant deux énergies et volontés.

Tes martyrs intrépides dans la foi, / ô Jésus, ayant trouvé en toi / la base solide, l’inébranlable rocher, / comme pierres précieuses s’y sont eux-mêmes édifiés.

Martyrs victorieux, en la foi / cuirassés par la force de Dieu, / vous avez écrasé la puissance du Trompeur et reçu au ciel couronne de vainqueurs.

Dame toute-sainte, le rempart de nos âmes, / tu répares, en enfantant le Christ / sans dommage pour ta virginité, / notre nature endommagée par le péché.

* * *

Isaïe, voyant en image sur le trône élevé / le Dieu de gloire escorté par les Anges, s’écria: / Je suis perdu, car j’ai vu le Dieu incarné, / lumière sans déclin et vrai prince de paix.

Vierge, soulage la peine de mon âme et de mon corps, / Nuée lumineuse, dissipe les nuages de ma tiédeur, / accorde-moi santé et délivrance de tout mal, / puisque je te prie et glorifie avec amour.

Chargé de tant de fautes, je t’envoie / en ambassade et médiation devant ton Fils; / Vierge, sois mon gage et la réforme de ma vie, / guide-moi jusqu’à la route de la science-de-Dieu.

Illumine mon âme, sanctifie mon esprit, / ô Vierge, fais que j’aie part à la gloire de Dieu; / me voici, la conscience souillée, / chargé de maux, servant d’esclave aux plaisirs.

Ode 6

Encerclé dans l’abîme sans fond de mes péchés, / je sens mon souffle défaillir: / ô Maître, lève ta main, tends-la vers moi, / et sauve-moi comme Pierre, toi qui marches sur les flots.

Le Serpent, me faisant mordre à l’hameçon, / perfidement m’a chassé de l’Éden, / mais le Christ, en se laissant mettre en croix, / me donne d’y entrer comme autrefois.

I1 fut blessé par la plaie de ton côté, / celui qui nous blessa, et son mal / est incurable, mais nous fidèles sommes guéris / par les blessures dont, Seigneur, tu fus meurtri.

Saints Martyrs, dans les flammes du bûcher / comme agneaux de sacrifice brûlés, / offerts en holocauste à notre Dieu, / vous héritiez en son royaume l’ineffable joie.

Martyrs, vous répandez les flots de guérisons, / puisant aux intarissables trésors; / le flux des passions, vous l’asséchez / et vous désaltérez les foules des croyants.

Vierge Mère, lorsque tu vis la mise à mort / du Verbe qui prit chair en ton sein, / en ta plainte maternelle tu magnifiais / la Source de la vie, Dame tout-immaculée.

* * *

Ceux qui approchent le seuil d’éternité / et risquent d’être emportés par la houle des tentations, / Ami des hommes, ne les méprise pas lorsqu’ils te crient: / Sauveur, sauve-nous comme jadis tu sauvas / du monstre marin le prophète Jonas.

En arrogance j’ai surpassé le Pharisien / par l’orgueil et la superbe de mon esprit; / dans le gouffre sans fond du péché, / Vierge pure, me voilà prisonnier: / prends en pitié mon âme humiliée.

Merveille dépassant tout exploit, / la façon dont tu conçus puis enfantas! / manifeste les merveilles de ta pitié / envers moi, misérable esclave des plaisirs / qui fus conçu dans le péché puis enfanté.

Je pleure, soupire et gémis / à la pensée du redoutable jugement; / mauvaises sont les œuvres de ma vie: / Mère de Dieu et Vierge inépousée, / assiste-moi en cette heure d’effroi.

Ode 7

Devant l’image d’or des Chaldéens / les jeunes Gens / n’ont pas voulu se prosterner, / mais au milieu des flammes ils chantaient: / Béni es-tu, Dieu de nos pères.

Par ta Passion tu calmas nos passions, / Ami des hommes, et tu mènes vers la vie impassible / ceux qui se prosternent pieusement / devant tes saintes Souffrances, Dieu de l’univers.

Lorsque la création te vit crucifié, / ô Christ, elle s’altéra et frémit; / la terre trembla et les rochers se fendirent, / en sa course le soleil voila sa clarté.

Dociles aux préceptes du Christ, / les Martyrs repoussèrent les flatteries des impies; / sur le stade ayant lutté loyalement, / ils furent couronnés de gloire et d’honneur.

Brûlant d’un amour plus ardent que le feu, / dans les flammes vous n’avez pas été brûlés; / Athlètes couronnés par le Christ dans les cieux, / vous chantiez: Béni es-tu, notre Dieu.

Vierge pure, voyant exalté sur la croix / le Christ que tu avais enfanté, / tu crias: Ne laisse pas sans enfant / celle que tu gardes vierge même après l’enfantement.

* * *

D ans la fournaise les trois jeunes gens, / figures de la sainte Trinité, / méprisèrent la menace du feu et chantaient: / Dieu de nos pères, Seigneur, tu es béni.

Ce n’est pas dans les œuvres qu’est mon salut / puisque j’accumule les péchés; / sainte Dame, vois ma misère et mon malheur: / par tes prières fais-moi grâce et sauve-moi.

Le juge est à la porte, le tribunal est préparé; / prépare-toi, ô mon âme, criant: / Verbe, en ta justice acquitte-moi / grâce aux prières de ta Mère immaculée.

Meurtri d’avoir cueilli les fruits du péché, / l’âme infertile, je crie vers toi: / Vierge dont le Fruit fit disparaître la corruption, / fais en sorte que je porte du fruit.

Ode 8

La fournaise de Babylone ne brûla pas les jeunes Gens / comme la Vierge ne fut pas consumée par le feu divin; / fidèles, avec les jeunes Gens nous chanterons: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Par ta croix fut rouvert le Paradis, / le glaive n’est plus tourné contre nous, / s’effaçant, Dieu de tendresse infinie, / devant la lance qui perça ton côté.

Par la lance l’Ennemi déchu fut blessé, / après sa chute Adam recouvre la vie, / te criant, Dieu de tendresse infinie: / Je bénis et glorifie ta volontaire immolation.

Saints Martyrs, le monde, illuminé par vos combats, / vos merveilles inouïes, vos exploits, / échappe aux ténèbres du mal et chante dans la foi: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

À vos pieds, saints Martyrs, voici que gît curieusement / celui qui se vantait de détruire la terre et l’océan, / et la main vivifiante du Christ / vous couronne d’immortelle renommée.

Vierge pure, tu mis au monde et dans le temps / l’Intemporel qui délia par ses liens / l’antique chaîne d’Adam, pour le river / aux chaînes de sa douce charité.

* * *

Jetés dans le feu ardent sans que la flamme leur fît aucun mal, / fermes dans leur piété, les jeunes Gens / chantaient un cantique divin: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Moi qui ai passé toute ma vie / dans la paresse et les mauvaises actions, / comble-moi d’œuvres bonnes, Mère de Dieu / toute belle et si proche du grand Roi, / afin que dans les siècles je te glorifie.

Comme jadis tu délivras le Prophète du poisson, / Verbe de Dieu, d’admirable façon, / sauve aussi mon âme du gouffre de perdition / car voici qu’intercède pour moi, / Sauveur, la Vierge qui sans faille t’enfanta.

M’ayant trouvé revêtu du bel habit / emblème de ma divine filiation, / les artisans d’iniquité m’ont dépouillé, / mais intercède, Vierge Mère de Dieu, / et par la pénitence couvre-moi d’habits divins.

Ode 9

Toi que Moïse d’avance décrivit / dans le buisson et le feu du Sinaï, / toi qui sans être consumée / as conçu dans ton sein le feu divin, / lampe toujours pleine de clarté / et Mère de Dieu en vérité, / par nos hymnes nous te magnifions.

Ô Christ, cherchant la drachme perdue, / en ton corps tu montas sur la croix; / l’ayant trouvée, tu fis part de ta joie, / Source de vie, aux Puissances d’en-haut; / avec elles te chantant, Dieu de bonté, / Seigneur qui nous combles de bienfaits, / par nos hymnes nous te magnifions.

Lorsque, Seigneur, tu élevas / tes mains sur le bois de la croix, / de ta puissance tu douas mes propres mains / jadis sollicitées par les passions; / et mes genoux paralysés par le mal, / tu les renforces pour courir jusqu’à Dieu; / dans l’action de grâces nous te magnifions.

Brûlés par les cuisantes douleurs / des supplices sans nombre et sans fin, / tes Athlètes admirables et sans peur, / ô Christ, trouvèrent en toi la rosée de fraîcheur; / dans l’allégresse ils menèrent leur course jusqu’au bout / pour obtenir la récompense du combat / et chantaient sans cesse pour te magnifier.

La multitude des Athlètes victorieux, / le chœur des saints Martyrs te supplie, / ô Christ, pour le peuple nombreux / qui exaspère tant de fois ta bonté: / en l’abondance de ta miséricorde, Seigneur, / efface la multitude de nos péchés, / Dieu de tendresse en qui les hommes ont un ami.

Du Père tu enfantas le Reflet / portant l’enveloppe des mortels; / et lorsqu’on l’éleva sur la croix, / le soleil s’obscurcit pour ne point voir; / dès lors disparut l’obscurité / du culte rendu aux faux-dieux: / Vierge sainte, nous te magnifions.

* * *

Dans l’ombre et l’écriture de la Loi, / fidèles, nous voyons le mystère préfiguré: / Tout enfant mâle qui ouvre le sein / doit être consacré au Seigneur! / Fils premier-né, Verbe du Père éternel, / et premier-né d’une Mère vierge, nous te magnifions.

En mon âme, ma conscience, mon esprit, / corrompu et souillé de fautes, / je t’apparais entièrement dépouillé / de toutes sortes de biens et de vertus: / Vierge sans souillure, immaculée, / ne me méprise pas, mais pare-moi des œuvres de piété.

Rempli de pensées, d’actes mauvais / qui m’éloignent de toi, notre Ami, / vers toi je soupire et je crie: / montre-moi le chemin du repentir / et veuille ne pas me repousser, / par les prières de ta Mère, Bienfaiteur compatissant.

Par tes prières, Vierge tout-immaculée, / puissé-je être sauvé de tout danger, / de la colère, des passions funestes, / de la géhenne cruelle et du feu, / de l’injustice et de la haine des méchants, / moi qui t’appelle à l’aide et me blottis sous tes ailes.

Toi la Mère de Dieu, implore ton Enfant, / le Seigneur, notre Dieu et notre Roi: / qu’il me sauve du péril menaçant, / de la malice perverse de mes penchants: / dès le sein de ma mère c’est en toi que je me fie, / je suis ton serviteur, ô Souveraine immaculée.

Apostiches

Par jalousie je fus chassé du Paradis / et j’ai connu le poids de ma déchéance; / mais tu ne m’as pas méprisé, Seigneur, / pour moi tu as assumé la ressemblance avec moi; / tu te laissas crucifier et fus pour moi le salut: / en ta gloire conduis-moi. Dieu qui me sauves, gloire à toi.

Élevant les mains en forme de croix, / sur la montagne Moïse triompha d’Amalec; / mais toi, Sauveur, sur la précieuse croix / étendant les mains tu me pris dans tes bras; / tu me fis échapper à la servitude de l’ennemi / et tu me donnas un signe de vie. / Précieuse Croix du Christ je me prosterne devant toi.

Comme des astres vous éclairez l’univers / même après votre mort, saints Martyrs; / ayant combattu le bon combat, / vous avez le pouvoir d’intercéder auprès du Christ / pour qu’il accorde à nos âmes la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Te voyant suspendu sur le bois, / Christ de bonté, la Vierge immaculée / en sa douleur maternelle te cria: / Ô mon Fils bien-aimé, / comment un peuple injuste te juge digne de la croix?

LITURGIE

Béatitudes

Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, / ô Christ, tu l’as chassé du Paradis; / mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron / te confessant sur la croix / et criant: Souviens-toi de moi, Sauveur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

Pour moi tu fus crucifié, Seigneur Jésus, / une lance perça ton côté; / tu fis jaillir sur moi le double fleuve du salut: / sauvé par ta Passion je chante ta miséricorde, ô Christ, / m’écriant: Souviens-toi de moi, Sauveur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

Compté parmi les hors-la-loi, / tu ôtes l’iniquité de tout homme, Jésus; / couronné d’épines, Roi de tous, / jusqu’à la racine, ô Christ, / tu arraches les ronces qu’ont produites le péché / et tes Souffrances, nous fidèles, nous les glorifions.

Imitateurs de la Passion du Christ, / nobles Athlètes, Martyrs pleins de renom, / dans la force qui vous vient de Dieu / vous avez renversé l’erreur de l’Ennemi / et reçu la gloire des cieux / où sans cesse vous intercédez en notre faveur.

Gloire au Père ...

Unité en trois personnes, indivisible Trinité, / unique Puissance créatrice de l’univers, / de tout mal provoqué par l’Ennemi / garde les chantres de ton nom / et donne-leur en ton Royaume, Seigneur, / la gloire que les Saints ont méritée par leur vie.

Maintenant ...

Vierge Mère de Dieu, lorsque sur la croix / tu vis celui qu’avait conçu ton chaste sein, / dans les larmes tu crias: Ô mon Enfant, / de quelle ingratitude on te paie / lorsqu’on te condamne à la mort, / toi qui procures aux fidèles la vie et la résurrection!

Jeudi

LE MERCREDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Par les prières de tes Apôtres divins, / Ami des hommes qui seul as pitié, / donne à ton peuple la paix / et délivre de tout danger / les fidèles qui te chantent et se prosternent devant toi.

Témoins oculaires de Dieu, / délivrez-moi des flèches du Mauvais; / sur mon âme consumée par la brûlure du péché / répandez la fraîche rosée de l’Esprit, / Apôtres divins qui me comblez de vos bienfaits.

Par toute la terre en vérité / a retenti votre divine voix / illuminant les ténèbres des nations / pour offrir à Dieu comme l’encens / ceux qui l’ont reconnu, divins Apôtres du Seigneur.

Envers nous tous, Nicolas trois fois heureux, / tu te montres secourable hautement: / car tu délivres tes serviteurs / de tout péril et nécessité, / des épreuves, des maladies, des ennemis invisibles.

Mordu par le Serpent venimeux, / me voilà misérable et rejeté: / par ta prière qui ne dort pas, / saint Pontife, hâte-toi de me guérir / afin que je glorifie l’empressement de ton secours.

À l’heure terrible où je devrai / comparaître devant le redoutable tribunal, / puisse ton secours me délivrer du châtiment / et des ténèbres extérieures, saint Nicolas, / grâce au crédit que tu possèdes auprès de Dieu!

Gloire au Père ... Maintenant ...

Souveraine de l’entière création, / vois mon âme dominée par les passions: / divine Épouse, affranchis-la / grâce au prompt remède de ton intercession / et fais-en l’esclave de ton Fils et notre Dieu.

Apostiches

Par toute la terre a retenti votre voix, / saints Apôtres, vous avez brisé les faux-dieux / et proclamé la connaissance du vrai Dieu, / ayant ainsi mené le bon combat, / bienheureux dont nous chantons et glorifions le souvenir.

Saints Apôtres, vous avez gardé / sans faille les préceptes du Christ; / gratuitement vous les avez reçus / et vous les avez transmis gracieusement, / guérissant les passions de nos âmes et de nos corps / et par le crédit que vous avez auprès de Dieu / intercédez en notre faveur pour que nos âmes soient sauvées.

Tes Martyrs, Seigneur, soutenus par la foi / et fortifiés par l’espérance, / unis spirituellement par l’amour de la Croix, / ont brisé la tyrannie de l’Ennemi; / ayant reçu la couronne d’immortalité, / pour nos âmes ils intercèdent avec les Anges incorporels.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Beauté des Anges divins, / gloire des Apôtres que les Prophètes ont marquée de leur sceau, / protectrice des croyants et chemin du salut, / Vierge, nous voulons nous prosterner devant toi.

LE MERCREDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Jadis il assembla les eaux en une seule masse, d’un geste divin, / et divisa la mer pour le peuple d’Israël, / notre Dieu hautement glorifié: / à lui seul offrons nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Accorde-moi les soupirs d’un cœur broyé, / divine Mère, et les pleurs spirituels, / afin que je déplore mes péchés si nombreux / ainsi que mes incorrigibles penchants: / puissé-je me rendre favorable la tendresse de ton cœur.

Mes pensées m’ont fait glisser et tomber, / Toute-pure, dans le gouffre de perdition; / je réclame à présent ta protection: / arrête l’immuable langueur de mon esprit, / affermis-le sur la pierre des préceptes divins.

Gloire: Moi le stérile figuier, je crains la cognée, / le jugement par lequel mon divin Créateur / m’enverra dans le feu; aussi hâte-toi, / par les œuvres du repentir fais que je porte du fruit, / notre Dame, afin que je te puisse glorifier.

Maintenant: Toi la pure demeure du Roi, / purifie mon cœur souillé par de passions honteuses, / Vierge immaculée, je t’en prie, enrichis-le / des œuvres d’une chaste et pure vie, / toi que notre Dieu a comblé de ses grâces.

Ode 3

Toi qui tiras toutes choses du néant / et les créas par ton Verbe, / par ton Esprit tu les mènes à leur perfection: / Maître tout-puissant, rends-moi ferme en ton amour.

Ceux qui m’affligent et me font la guerre sont légion; / il n’est pas possible de trouver relâchement / de la part de qui m’assaille ni mise en liberté: / ma prière, Vierge pure, ne la méprise pas.

Appesanti par le nombre et le poids / de mes fautes, je n’ai pas la force de lever / mon regard vers la céleste hauteur: / procure-moi le pardon, Vierge tout-immaculée.

Gloire: Chaque jour le perfide serpent / essaie de déchirer mon âme avec ses dents, / mais toi, divine Mère, écrase-le, / lui brisant les crocs et leur funeste venin.

Maintenant: De la terrible tempête déchaînée contre moi, / ô Vierge, délivre ton serviteur / et par tes prières guide-moi / en droite ligne vers le port du salut.

Ode 4

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour souverain / en livrant pour nous ton Fils unique à la mort; / aussi, dans l’action de grâces, nous te chantons: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Je tremble de voir l’océan de mes péchés, / l’immense et terrible houle des pensées / qui m’assaillent, mais toi, ô Vierge immaculée, / prends le gouvernail et vers le calme guide-moi.

Mon âme est saisie d’aveuglement, / ignorant, oubliant le mal commis en cette vie: / Vierge toute-pure, conduis-moi / vers le repentir de mes actions.

Gloire: Au flot de mes larmes éteins le feu des plaisirs, / brûle les ronces de la vie qui étouffent mon esprit; / au feu de l’Esprit saint consume-les, / divine Génitrice, mon soutien, ma protection.

Maintenant: J’enfonce dans l’abîme des passions, / sous la houle des mauvaises pensées; / sans cesse poussé dans le gouffre du désespoir, / je te prie, notre Dame, de sauver ton serviteur.

Ode 5

Isaïe, voyant en image sur le trône élevé / le Dieu de gloire escorté par les Anges, s’écria: / Je suis perdu, car j’ai vu le Dieu incarné, / lumière sans déclin et prince de paix.

Lorsque l’heure du jugement se présente à mon esprit, / je tremble d’effroi, je verse des larmes et gémis, / malheureux, et demande comment je pourrai me présenter, / avec mes œuvres qui m’accusent, devant le Juge universel.

De mon âme, ô Vierge, tu connais la douleur, / de mon esprit, le caractère instable, l’état délabré; / rends-moi digne de ta grâce et ton amour, / afin que, sauvé par ton aide, je puisse te glorifier.

Gloire: Ne ferme pas tes entrailles de miséricorde, Souveraine immaculée, / accorde-moi ta pitié, le pardon de mes fautes, l’illumination, / à moi qui m’approche de toi avec componction, / afin que, dans l’action de grâces, je puisse célébrer tes hauts faits.

Maintenant: Ils sont légions, ceux qui m’affligent et me haïssent sans raison, / plus foisonnants que les cheveux de ma tête, ô Vierge immaculée, / cherchant à me déchirer, à me transformer en leur proie: / couvre-les de honte et chasse-les loin de moi.

Ode 6

Encerclé dans l’abîme sans fond de mes péchés, / je sens mon souffle défaillir; / ô Maître, lève ta main, tends-la vers moi / et sauve-moi comme Pierre, divin Timonier.

Par les œuvres, les paroles, les actions, / il n’est personne qui ait vécu comme moi sur terre; / aussi, en vertu de ton amour pour le genre humain, / je demande, notre Dame, d’obtenir ta compassion.

Guéris la pauvre âme de l’infirme que je suis: / Vierge pure, tous mes os sont troublés; / jusques à quand m’oublieras-tu, ô Tout-immaculée, / jusques à qui, si tu ne m’exauces, devrai-je appeler?

Gloire: Illumine mes yeux de la divine clarté, / Vierge pure, de peur que je ne m’endorme dans la mort / et que l’ennemi ne se réjouisse à mon sujet; / n’es-tu pas toi-même l’illumination de mon cœur?

Maintenant: Les flots des mauvaises pensées / me sont entrés jusqu’à l’âme au point de la couvrir; / permets que je franchisse la muraille des eaux / et montre-moi la route vers le havre de paix.

Cathisme

Dans l’insouciance j’ai passé toute ma vie, / et pour moi maintenant approche le seuil de mon temps: / je redoute que mes ennemis / ne s’emparent de mon âme, Vierge tout-immaculée, / et ne m’entraînent vers le gouffre de perdition: / délivre-moi de leurs méfaits, par tendresse pour ton serviteur.

Ode 7

Devant l’image d’or des Chaldéens / les Jeunes Gens n’ont pas voulu se prosterner, / mais au milieu des flammes ils chantaient: / Béni es-tu, Dieu de nos Pères.

Multipliant envers moi les marques de ta bonté, / ferme les yeux sur la multitude de mes péchés / et sois clémente envers ceux qui chantent pour ton Fils: / Béni es-tu, Dieu de nos Pères.

Des profondeurs je crie vers toi: délivre-moi / des lèvres injustes, ô Vierge immaculée, / et de la langue perfide, moi qui psalmodie: / Béni es-tu, Dieu de nos Pères.

Gloire: Vers toi j’élève les yeux de mon cœur, / ô Vierge, penche vers moi ton regard; / vois ma douleur et sauve-moi qui psalmodie: / Béni es-tu, Dieu de nos Pères.

Maintenant: Mon âme est abreuvée de mépris, / notre Dame, prends-la donc en pitié / et sauve-moi qui psalmodie pour ton Fils: / Béni es-tu, Dieu de nos Pères.

Ode 8

Jetés dans le feu ardent sans que la flamme leur fit aucun mal, / fermes dans leur piété, les Jeunes Gens / chantaient un cantique divin: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Je suis tombé entre les mains des brigands / alors que je parcourais les chemins de cette vie; / m’infligeant des blessures mortelles, ils m’ont laissé gémissant: / guéris-moi, toi qui as enfanté l’unique médecin, / afin que je glorifie la tendresse de ton cœur.

Puisse mon âme, telle un oiseau, s’échapper / du filet des chasseurs et puisse leur filet / se déchirer promptement pour que je puisse chanter; / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Gloire: Dès ma jeunesse ayant accompli d’infâmes actions, / j’approche de la vieillesse et j’ai terni / la beauté de mon âme; aussi je crains, / Vierge pure, le terrible examen de ton Fils; / mais toi, délivre-moi de tout châtiment.

Maintenant: Des chiens qui s’en prennent à l’âme font cercle autour de moi, / ô Vierge, et ils cherchent ma perdition; / mais toi, divine Mère, couvre-les / de toute sorte d’infamie / pour qu’en tous les siècles je te puisse glorifier.

Ode 9

Dans l’ombre et l’écriture de la Loi, / fidèles, nous voyons le mystère préfiguré: / Tout enfant mâle qui ouvre le sein / doit être consacré au Seigneur! / Fils premier-né, Verbe du Père éternel / et premier-né d’une Mère vierge; nous te magnifions.

Tu connais la faiblesse de mon corps, / la douleur dont mon âme est affligée, / les gémissements que pousse mon cœur, / ainsi que l’égarement de mon esprit, / les idoles qu’il s’est inventées: / en ta miséricorde, guéris-moi de tout cela.

Hélas, j’ai passé dans la débauche ma vie, / et j’approche de la fin de mes jours: / je crains, Vierge pure, d’être accusé / par les esprits impurs, les noirs démons; / d’une avocate assure-moi le soutien / et délivre mon âme de tout le mal qu’ils me feraient.

Gloire: Tu connais la malice des démons / et la faiblesse de mon âme, ô Mère de Dieu, / les misères dont ils m’affligent chaque jour, / la tristesse que mon âme en ressent; / mais toi, viens à mon aide promptement / et de leur tyrannie, ô Vierge, sauve-moi.

Maintenant: Notre Dame, divine Épouse, penche-toi, / accueille ma prière avec amour; / présente-la à ton Fils et Rédempteur, / afin qu’en sa grande miséricorde et compassion / de mes fautes si nombreuses il veuille bien / me sauver, ô Vierge tout-immaculée.

LE JEUDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

De tes Apôtres, Seigneur, tu as illuminé le souvenir, / Dieu tout-puissant, tu leur donnas la force d’imiter ta Passion; / ils ont vaincu noblement la puissance de Satan / et reçu le don de guérison: / par leurs prières, Seigneur, accorde au monde la paix.

Les Apôtres avec les flots du Verbe Dieu / ont arrosé la terre entièrement; / ils ont fait croître l’épi de notre Foi / et jusqu’en ses confins le monde en fut rempli, / car toute l’ivraie fut retranchée; / ils ont illuminé l’ensemble des humains / pour les offrir au Christ notre Dieu, / les baptisant au nom de l’indivise Trinité.

Méditant sur l’infini trésor de ta compassion / et sur la force invincible de ton pouvoir, / je me suis réfugié sous ta protection / et, dans l’angoisse qui m’étreint, / dans le trouble de mes inquiètes pensées, / du fond de mon cœur je te crie: / Viens à mon aide, Vierge Mère de Dieu, / et sauve ton indigne serviteur.

Cathisme II

Venez tous et chantons les Apôtres divins / comme nos guides dans la foi: / pourchassant le mensonge des faux-dieux, / ils nous ont conduits vers la lumière et la vie, / et nous ont appris à glorifier la Trinité; / honorant leur sainte mémoire, célébrons fidèlement le Sauveur.

Les illustres Apôtres qui virent notre Dieu, / brillants de la vraie foi, éteignent toute erreur; / ils enrichissent le monde de leurs trésors / et parent les Églises de splendeur, / priant le Christ d’accorder aux fidèles la paix / et à nos âmes la grande miséricorde.

Englouti dans l’abîme des passions, / j’invoque l’océan de ton amour: / viens à mon aide, Vierge immaculée, / étends la main vers ton fidèle, Mère de Dieu, / sauve-moi comme ton propre Fils / sur les flots sauva Pierre jadis; / prends pitié du naufragé que je suis / dans la tempête de mes innombrables transgressions.

Cathisme III

Célébrant ta prédication de vérité / et le brillant éclat que tu répands sur le monde, / saint Nicolas, nous te chantons et dans la foi nous te crions: / comme tu sauvas les innocents de la mort, / sauve-nous aussi du péril, / de l’affliction et de tout malheur qui nous menace.

Par la foi vous brillez comme des astres lumineux, / saints Martyrs dont nous célébrons les combats; / sans crainte devant les supplices des tyrans, / vous avez mis fin au blasphème des faux-dieux / par les seules armes de la vérité / et l’invincible trophée de la Croix.

Tu es le trône tout doré de notre Roi, / Vierge pure, le Paradis plein de fleurs; / par ta grâce tu répands sur nous le doux parfum, / puisque c’est Dieu lui-même qu’en ton sein tu as porté; / et la vérité de ta divine maternité, / nous la proclamons et sans cesse nous te magnifions.

Ode 1

Jadis il assembla les eaux en une seule masse, d’un geste divin, / et divisa la mer pour le peuple d’Israël, / notre Dieu hautement glorifié: / à lui seul offrons nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Venez, célébrons les Apôtres divins, / ces douze tours de l’Église du Christ / édifiées saintement sur le fondement de la foi / pour la défense de tous les croyants: / par leurs prières puissions-nous être sauvés!

L’erreur de l’Ennemi m’a fait tomber: / me voilà gisant par terre, en danger, / sans ressources, mais vous, redressez-moi, / inébranlables colonnes de la foi, / pour que j’obtienne le pardon de mes péchés.

Bien avant la sentence de ton juste jugement, / hélas, je me condamne moi-même et j’en frémis: / sans nombre sont mes perverses actions; / Seigneur, sauve mon âme sans espoir, / par l’intercession de tes Apôtres divins.

Avec les Prophètes et les Apôtres du Christ, / Vierge pure, en compagnie des Martyrs, / supplie le Seigneur qui s’est incarné de toi: / qu’il mortifie les passions de notre chair / et nous accorde la vie éternelle!

* * *

Chantons pour le Seigneur notre Dieu / qui fit merveille autrefois: / sur la mer Rouge il sauva le peuple / d’Israël, / il engloutit ses ennemis; / à lui seul offrons / nos chants, car il s’est couvert de gloire.

Lampe resplendissante, saint Nicolas, / vigilant phare sur terre / et guidant vers le havre divin / ceux qui naviguent en l’océan de cette vie, / avec amour nous te disons bienheureux.

Fortifié par la puissance de Dieu, / plein de zèle pour la connaissance de la foi, / tu sauves les innocents de la mort: / aussi nous t’en prions, saint Nicolas, / sauve-nous de toute injuste adversité.

Au Seigneur présente une prière assidue, / Père saint, pour qu’il nous délivre du péché, / de l’éternel châtiment par le feu, / des épreuves et de toute affliction, / grâce au trésor de son unique bonté.

Arche toute-pure de Dieu, / demeure du divin Législateur, / de l’insondable Océan qui par amour / efface toutes nos iniquités, / d’un même chœur nous te disons bienheureuse, ô Marie.

Ode 3

Toi qui tiras toutes choses du néant / et par ton Verbe les créas, / par ton Esprit tu les mènes à leur perfection: / ô Maître tout-puissant, rends-moi ferme en ton amour.

Vous qui avez rempli le monde entier / de votre divin enseignement, / Apôtres qui avez vu le Christ, remplissez / mon âme de pensées et d’actes vertueux.

Disciples du Christ, délivrez-nous / des embûches sans nombre du Malin, / de l’angoisse, de toute affliction / et de tout danger nous menaçant.

Hélas, ma pauvre âme, trop souvent / tu pèches et provoques la colère de Dieu: / si tu ne cesses de faire le mal, / comment donc obtiendras-tu le pardon?

Divine Échelle que vit en songe Jacob / et par laquelle Dieu descendit, nous élevant, / en compagnie des Apôtres constamment / implore-le pour qu’il nous prenne en pitié.

* * *

Âme stérile et sans enfants, / fais éclore le fruit de bon renom, / mère en tes fils glorifiée, / chante: Par Dieu mon cœur est fortifié; / nul n’est saint, nul n’est juste si ce n’est le Seigneur.

Tel un glaive aiguisé de l’Esprit / tu apparais, sage Père Nicolas; / des hérétiques tu retranches l’ivraie / tandis que tu frayes et aplanis / pour les fidèles les chemins du salut.

Source d’où jaillissent les flots de guérison, / saint Nicolas, nous t’implorons suppliants: / par tes prières lave la fange de nos passions, / en ta grâce affranchis-nous de tout danger, / libère-nous de toute affliction.

Toi qui renversas l’Ennemi / par tes labeurs et tes exploits de géant, / par tes prières, saint Père Nicolas, / fortifie contre lui nos pensées / affaiblies par le débordement de nos passions.

L’esprit de l’homme ne peut concevoir, / Vierge mère et Génitrice de Dieu, / la merveille de ton enfantement sans égal: / aussi comble de grâces mon esprit / pour que sans cesse je te glorifie.

Ode 4

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour souverain / en livrant pour nous ton Fils unique à la mort; / aussi dans l’action de grâce nous te crions: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Comme éclairs, comme rayons, Soleil sans déclin, / envoyant tes Apôtres divins de par le monde, / tu dissipas les ténèbres d’impiété / pour éclairer tout homme, ô Verbe de Dieu.

Je fais naufrage en l’océan du péché, / mon âme sombre sous la houle des pensées; / à la prière de tes Disciples sauve-moi, / Seigneur et Verbe et divin Nautonier. je tremble à la pensée de ta redoutable venue, / Maître, car devançant ton jugement, / ma conscience m’a déjà condamné / et me donne un avant-goût du châtiment.

Par les prières de la Vierge qui t’enfanta, / Verbe de Dieu, et de tes Apôtres divins, / Sauveur, délivre-nous de tout danger, / sauve de tout péril tes serviteurs.

* * *

Comme la montagne ombragée / Habacuc préfigura ton sein immaculé, / ô Vierge, et c’est pourquoi nous chantons: / Le Seigneur est venu de Théman, / le Dieu saint, de la montagne ombragée.

Devant Dieu tout croyant chaque jour, / saint Nicolas, jouit de ton intercession: / c’est pourquoi nous te prions de nous sauver / de toute faute et des périls nous menaçant.

Ayant au cœur comme une eau vive la grâce du Seigneur, / tu répands l’inépuisable rosée, / Bienheureux, sur ceux qui risquent de périr / sous l’ardeur du péché et les brûlures du chagrin.

Bienheureux qui sauvas autrefois / les innocents d’un injuste trépas, / sauve-nous maintenant de l’oppression, / de la perversité et du mensonge des Démons.

Vierge pure ayant conçu d’ineffable façon / le Verbe s’incarnant dans l’excès de son amour, / supplie-le de nous affranchir des passions charnelles / et de toutes nos misères en cette vie.

Ode 5

Invisible, sur la terre tu parus, / tu conversas librement avec les hommes; / Ami des hommes que nul esprit ne peut saisir, / nous veillons en ta présence pour te célébrer.

Verbe incarné, sur la terre tu établis / tes Disciples comme cieux pour annoncer, / ô Christ, ta divine gloire, et maintenant / par leurs prières prends pitié de nous.

De tes Apôtres tu agrées l’intercession: / par leurs prières sauve donc tes serviteurs; / ô Verbe, affranchis-nous de nos passions, / de tout mal et des périls nous menaçant.

Hélas, ma pauvre âme, comment / devant le juge redoutable te présenter? / ne reste pas infertile, empresse-toi / de t’amender, portant le fruit des vertus.

Celui qui est apparu sur terre / dans la chair ineffablement reçue de toi, / Vierge pure, sans cesse implore-le / afin qu’il nous accorde sa faveur.

* * *

Ô Christ, de ta lumière sans déclin / illumine mon âme et mon cœur; / guide-moi vers ta crainte, Seigneur, / car tes commandements sont la lumière de mes yeux.

Père saint qui te tiens dans le ciel / en présence de la pure Clarté / et brilles en ses rayons sans cesse jaillissants, / pour nous tous demande la lumière et la paix.

Plus que tout homme, par l’arrogance de mon esprit, / Seigneur, j’ai provoqué ton courroux: / fais-moi grâce, suprême Bonté, / par les ferventes prières de saint Nicolas.

Dans l’indolence j’ai gaspillé toute ma vie; / saint Père Nicolas, je t’en prie: / éveille au repentir mon âme embourbée.

Pleine de grâce, joie des Anges dans le ciel, / comble d’allégresse mon cœur / assombri et submergé par les plaisirs.

Ode 6

Encerclé dans l’abîme sans fond de mes péchés, / je sens mon souffle défaillir: / ô Maître, lève ta main, tends-la vers moi, / et sauve-moi comme Pierre, toi qui marches sur les flots.

Asséchant les ruisseaux de la sagesse d’ici-bas, / le chœur des Apôtres fit jaillir / les grandes eaux de la sagesse selon l’Esprit / pour abreuver l’ensemble des croyants.

Gémis et pleure, pauvre âme, criant / et disant au Seigneur: J’ai péché contre toi; / Maître, fais-moi grâce en ta bonté / par l’intercession de tes Apôtres divins.

Les torrents impétueux de mes passions / ont fait crouler la demeure de mon cœur: / saints Apôtres, vous les fleuves de l’Esprit, / restaurez et vivifiez mon cœur brisé.

Le chœur des Apôtres, ô Jésus, / t’implore avec celle qui t’enfanta: / sur tes fidèles envoie ta grâce et ta paix / en ta divine bienveillance et ton amour envers nous.

* * *

Le gouffre des passions s’est ouvert devant moi, / dans la tempête des courants ennemis: / hâte-toi de me sauver, Dieu sauveur, / comme tu délivras le Prophète du monstre marin.

Mortifiant par l’abstinence ton corps, / tu héritas la vie éternelle; / par tes prières, saint Nicolas, permets-nous / d’éviter le mal pour en jouir nous aussi.

Par la voile de tes saintes prières sauve-nous / de l’océan des innombrables tentations / et de l’abîme du péché conduis-nous, / sage Pontife, vers le havre de vie.

Occupant le siège de Myre en Lycie, / des Pontifes tu fus l’ornement; / par tes prières garde-nous, saint Nicolas, / des tentations qui nous assiègent ici-bas.

Dans son amour et sa divine compassion / le Verbe qui logea dans ton sein, / Vierge pure, a délogé la corruption / qui jadis par la faute s’établit chez les humains.

Ode 7

Jadis les jeunes Gens n’ont pas voulu se prosterner / devant l’image d’or, l’idole des Chaldéens: / au milieu de la fournaise ils chantaient tous les trois: / Tu es béni, Dieu de nos Pères.

Le Christ, lumière du monde, a fait de vous, / Apôtres lumineux, des flambeaux / pour dissiper les ténèbres de l’erreur / et resplendir en la conscience des croyants.

Le filet que l’Ennemi jetait sur nous, / saints Apôtres, vous l’avez déchiré / et pour nous qui trouvons refuge près de vous, / vous avez aplani les routes qui ramènent vers Dieu.

Saints Apôtres, annonciateurs de notre Dieu, / vous le sel de la terre en vérité / conservant et vivifiant les croyants, / purifiez mon âme des passions charnelles.

Ô Vierge, beauté de Jacob, / fais luire en mon âme le goût pour le bien; / intercède avec les Apôtres divins / auprès du Fruit de tes entrailles immaculées.

* * *

Dans la fournaise les trois jeunes gens, / figures de la sainte Trinité, / méprisèrent la menace du feu et chantaient: / Dieu de nos pères, Seigneur, tu es béni.

Comme père et vrai pasteur du troupeau, / par la vigueur de ta parole, Nicolas, / tu étouffas la voix d’Arius l’insensé / qui induisit en erreur le peuple du Seigneur.

Ayant vécu saintement ta sainte vie, / tu demeures avec les Apôtres, saint Nicolas, / transmettant la lumière, la sainteté / aux fidèles qui te disent bienheureux.

Saint Père Nicolas, nous t’invoquons, / chaleureux protecteur et défenseur toujours prompt: / délivre-nous des passions charnelles / et des tentations qui nous échoient par surprise.

Sur mon âme par l’indolence enténébrée, / Vierge pure, répands ta clarté; / allume le flambeau de mon cœur / afin que plein de zèle je te glorifie.

Ode 8

Jetés dans le feu ardent sans que la flamme leur fît aucun mal, / fermes dans leur piété, les jeunes Gens / chantaient un cantique divin: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Le glaive des passions m’a frappé, / j’ai le cœur vulnéré par l’artisan d’iniquité; / tout entier me voilà démuni: / illustres Apôtres, guérissez-moi, / vous les médecins des âmes et des corps.

Par toute la terre s’est répandu / le message divin des Hérauts / enseignant la merveilleuse adoration / de la Trinité en une seule essence et seigneurie / qui règne seule en tous les siècles.

Tant de fois j’ai péché, gaspillant / par mes fautes ta divine longanimité: / Maître, ramène-moi vers toi qui connais, / ô Verbe, ma singulière infirmité, / ma paresse et ma mauvaise volonté.

Divine pincette ayant reçu / ineffablement la divine braise, / Mère de Dieu, éteins les charbons ardents de mes passions / par la rosée de ta divine intercession / jointe à celle des Apôtres glorieux.

* * *

Celui que les Anges dans les cieux / sans cesse glorifient comme Dieu, / cieux des cieux, montagnes, collines et l’océan / et tous les hommes, par vos hymnes louez-le, / bénissant votre Créateur et l’exaltant dans tous les siècles.

Vénérable, tu héritas par ta douceur / la terre que les doux posséderont; / c’est pourquoi fidèlement je te prie: / apaise la fureur du Mauvais / sans cesse déchaînée contre moi.

Comme tu libéras les chefs d’armée / injustement condamnés à mourir, / délivre-nous de la malice des méchants / et de toutes les intrigues des démons, / saint Nicolas, priant pour nous le Sauveur.

Aux hommes, bienheureux Nicolas, / tu montras le droit chemin du salut: / et nous qui cheminons en cette vie / conduis-nous par le même chemin / pour nous introduire en la cité de la vie.

Ma force et mon chant, c’est celui / qui par toi, Vierge pure, fut enfanté; / instamment supplie-le de fortifier / mon être soumis aux passions, / pour que j’accomplisse ses préceptes de salut.

Ode 9

Dans l’ombre et l’écriture de la Loi, / fidèles, nous voyons le mystère préfiguré: / Tout enfant mâle qui ouvre le sein / doit être consacré au Seigneur; / Fils premier-né, Verbe du Père éternel, / et premier-né d’une Mère vierge, nous te magnifions.

Par le verbe de tes Disciples, Seigneur, / tu affermis les confins de l’univers; / par leurs prières, Verbe du Père éternel, / fais-moi grâce bien que sans verbe ni raison / j’aie glissé vers le gouffre des passions, / égaré par le mensonge des Démons.

Pauvre âme servant l’élan de tes passions, / élève ta prière vers celui / qui s’est soumis à la souffrance pour toi / afin de te libérer des passions: / par les prières des Disciples du Seigneur / qui en leur corps ont imité sa Passion.

Disciples du Christ, lorsqu’avec lui vous siègerez / pour juger ceux qui auront à rendre compte au jugement, / puisse mon âme ne pas être condamnée / malgré les œuvres mauvaises qui l’ont souillée! / gardez-la de toute peine et châtiment, / défenseurs du monde et protecteurs pleins de bonté.

Ô Vierge, sainte Épouse de Dieu, / demeure royale du Christ, / Toute-pure qui as conçu dans ton sein / d’ineffable façon le Saint des saints, / avec les Apôtres divins / intercède pour l’ensemble des humains.

* * *

Moïse sur le mont Sinaï te reconnut dans le buisson, / toi qui sans être consumée / fis naître de ton sein le feu de la divinité; / Daniel te vit comme la montagne inviolée, / Isaïe comme le mystique rameau / qui a fleuri sur la racine de David.

En toi le terrestre univers / possède forteresse et rempart, / refuge divin nous préservant / sans cesse de tout péril et danger / par tes prières, saint Nicolas, et te louant / fidèlement nous te disons bienheureux.

Sous la menace de tant de dangers, / Bienheureux, c’est vers toi que je fuis; / me réfugiant vers ta chaude intercession, / je te crie: réduis la peine de mon cœur, / calme les vagues du désespoir, / apaise aussi le trouble en mon esprit.

Elle approche, la venue du Créateur / qui jugera sur terre toute chair; / hélas, n’étant pas prêt, je tremble de tout mon corps / en songeant au grand nombre de mes péchés: / Seigneur longanime, fais-moi grâce, sauve-moi / par l’intercession du vénérable Nicolas.

Sois pour moi la lumière du salut, / toi qui as mis au monde la Clarté; / chasse les noirs nuages, les sombres nues / qui tiennent mon âme enténébrée; / par tes prières fais que je devienne fils du jour faisant le bien / et que sans cesse je te chante et magnifie.

Apostiches

Par toute la terre a retenti votre voix, / saints Apôtres, vous avez brisé les faux-dieux / et proclamé la connaissance du vrai Dieu, / ayant ainsi mené le bon combat, / bienheureux dont nous chantons et glorifions le souvenir.

Saints Apôtres, vous avez gardé / sans faille les préceptes du Christ; / gratuitement vous les avez reçus / et vous les avez transmis gracieusement, / guérissant les passions de nos âmes et de nos corps, / et par le crédit que vous avez auprès de Dieu / intercédez en notre faveur pour que nos âmes soient sauvées.

Les célestes puissances des Anges saints / ont admiré les exploits des Martyrs: / dans l’enveloppe charnelle de leur corps / ils ont cependant méprisé les tourments pour devenir les imitateurs / de la passion du Christ Sauveur, / et pour nos âmes ils intercèdent maintenant.

Gloire au Père ... Maintenant...

Reine de sainteté, gloire des armées célestes, / antienne des Apôtres, accomplissement des écrits prophétiques, ô notre Dame, reçois nos prières et nos chants.

LITURGIE

Béatitudes

Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, / ô Christ, tu l’as chassé du Paradis; / mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron / te confessant sur la croix / et criant: Souviens-toi de moi, Sauveur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

Du gouffre de l’ignorance repêchant / tous les peuples grâce au roseau de la croix, / saints Apôtres, vous avez fait péricliter / les doctrines mensongères des Grecs; / c’est pourquoi nous vous disons bienheureux, / sauveurs infaillibles des fidèles, en vérité.

Rayons mystiques et brillants éclairs / du vrai Soleil qu’est le Christ, / saints Apôtres, vous avez fait reculer / les ténèbres de l’impiété / et vous avez conduit vers la lumière de Dieu / tous les peuples qui désormais vous tiennent en vénération.

Étant passés par la fournaise des tourments, / Athlètes victorieux vous avez reçu / la rosée de grâce tombée du ciel / et puissamment vous guérissez les douleurs des mortels, / vous les sages serviteurs du Christ; / et dans la foi nous célébrons votre mémoire sacrée.

Gloire au Père ...

Hérauts divins de la sainte Trinité, / Pierre, Paul, Marc et Luc, / Matthieu, Simon, Philippe, Jean, / Jacques, André, Thomas, Barthélemy, / intercédez sans cesse auprès du Seigneur / pour qu’il nous sauve de tout péril qui nous menace.

Maintenant ...

Beauté des Apôtres, joie des saints Martyrs, / Dame comblée de grâce par Dieu, / intercède en notre faveur / auprès du Dieu et Sauveur de l’univers / pour qu’il nous accorde le pardon de nos péchés / et fasse de nous tous les héritiers de la vie éternelle.

Vendredi

LE JEUDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Par ton sang précieux et l’eau de ton côté, / longanime Seigneur, la création fut sanctifiée, / les libations des faux-dieux asséchées, / Adam sauvé de la déchéance et de la mort, / ô Verbe, par ta sainte mise en croix.

Ami des hommes qui surpasses tout honneur, / tu as bu le vinaigre et subi les outrages pour nous / et tu souffris la croix de plein gré / pour sauver de la fosse le genre humain, / Bienfaiteur, par ta propre mise à mort.

Tu as voulu être fixé sur une croix, / à ton Père tu fus offert en sacrifice pour nous; / ainsi tu mis un terme aux sacrifices des faux-dieux / et tu brisas l’empire du Mauvais, / Roi des siècles, si riche de bonté.

* * *

Nuée de la lumière sans déclin, / Vierge Marie comblée de grâce et bénie, / fais luire sur moi la lumière de conversion / puisque me voilà dans les ténèbres du péché; / par tes prières délivre-moi / du feu de la géhenne, des ténèbres sans clarté; / et fais qu’au jour sans soir de ton Fils / je puisse prendre part, moi qui maintenant me réfugie, / Vierge pure, sous ta sainte protection.

Toi qui as enfanté l’Auteur du salut, / miséricordieuse Vierge Marie, / sans cesse supplie-le de prendre en pitié / ma pauvre âme que l’Ennemi a fait glisser dans le gouffre de perdition; / ne méprise pas ma prière à présent / et dans ton incommensurable bonté / ne détourne pas de ton serviteur les trésors de ton amour.

Celui qui en l’Éden prit au piège Adam / pour qu’il désobéît au Seigneur, / m’a pris moi-même à l’hameçon, / me faisant perdre le droit chemin; / et me voyant tombé dans les fondrières du péché, / il se loue de ma chute méchamment; / par le glaive de tes prières frappe-le, / délivre-moi de ses filets, / ô Vierge, en raison de ton amour.

Gloire au Père... Maintenant ...

Voyant ton Fils suspendu à la croix, / ô Vierge immaculée, tu t’écrias en pleurant: / Hélas, mon Enfant bien-aimé, /où est passée la resplendissante beauté dont tu avais paré la nature des humains?

Apostiches

Ô Christ, je me prosterne devant ta précieuse Croix, / gardienne du monde et salut des pécheurs, / sublime propitiatoire, triomphe royal, / et pour l’univers sujet de gloire et de fierté.

L’arbre défendu produisit pour le monde la mort, / l’arbre de la croix fit fleurir la vie immortelle; / aussi nous t’adorons, Seigneur crucifié; / que brille sur nous la lumière de ton visage, Sauveur!

Grande, Seigneur, est la puissance de ta Croix: / une fois plantée sur le Calvaire, elle domine le monde entier; / en apôtres elle a transformé de simples pêcheurs / et des païens elle a fait une nuée de témoins / qui intercèdent pour le salut de nos âmes.

Gloire au Père... Maintenant...

Au monde il est fait grâce à cause de ta croix, / la création y trouve sa lumière et les nations, le salut, / disait la Toute-pure au Verbe son Seigneur, / quant à moi j’ai le cœur blessé quand je vois / la Passion que tu acceptes de plein gré.

LE JEUDI SOIR À COMPLIES

Canon du moine Jean, portant comme acrostiche: À la Mère de Dieu j’offre un troisième chant.

Ode 1

Jadis il assembla les eaux en une seule masse, d’un geste divin, / et divisa la mer pour le peuple d’Israël, / notre Dieu hautement glorifié: / à lui seul offrons nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Toi la montagne ombragée / qu’en esprit vit d’avance le prophète Habacuc, / Vierge immaculée, je te prie / d’ombrager mon âme brûlée par les passions, / pour me sauver des périls qui m’entraînent vers l’ombre de la mort.

Par l’aspersion du flot divin qui a jailli / du flanc transpercé de ton Fils, / lave les blessures de mon cœur / afin que je puisse te magnifier et glorifier comme il se doit, / Mère toujours-vierge et tout-immaculée.

Gloire: Celui qui œuvre avec le Père, tu l’enfantas, / le Verbe déifiant la nature des mortels: / demande-lui pour moi qui me trouve désemparé, / affaibli par les ruses de l’ennemi, / Vierge pure, la divine consolation.

Maintenant: Procure-moi le pardon de mes péchés, / Vierge sainte, par ta divine intercession, / car ta prière, notre Dame, a le pouvoir / de sauver tes fidèles de l’affliction, / de leurs fautes, des passions et des périls.

Ode 3

Toi qui tiras toutes choses du néant / et par ton Verbe les créas, / par ton Esprit tu les mènes à leur perfection: / Maître tout-puissant, rends-moi ferme en ton amour.

Celui qui possède richement / l’ineffable miséricorde, la compassion, / Toute-sainte, demande-lui, dans ta bonté, / de prendre en pitié notre malheur.

Toi la demeure du Créateur universel, / supplie-le de faire habiter le Paraclet, / Vierge pure, en moi qui suis devenu / la caverne des funestes brigands.

Gloire: Divine Mère ayant porté dans tes bras / celui dont la volonté divine porte l’univers, / penche-toi vers moi et sauve-moi / de mon grossier penchant pour les plaisirs.

Maintenant: Ouvre-moi tes entrailles de compassion, / je t’en supplie, divine Mère immaculée; / afin de te montrer envers moi / dans les épreuves mon secours et mon salut.

Ode 4

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour souverain / en livrant pour nous ton Fils unique à la mort; / aussi, dans l’action de grâces, nous te chantons: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Toi qui supportas de plein gré, / ô Christ, les blessures et l’immolation, / guéris mon âme blessée par les coups des démons, ces brigands, / Seigneur compatissant, à la prière de celle qui t’enfanta.

Je suis ta créature, l’œuvre de tes mains, / ô Christ, mais par la malice du serpent / je suis broyé par les plaisirs de cette vie: / par l’intercession de ta Mère veuille donc me recréer.

Gloire: Le Verbe du Père, ineffablement tu l’enfantas / pour qu’il délivre les mortels de l’absence-de-raison. / Seule toujours-vierge, prie-le de me délivrer / de mes passions irrationnelles.

Maintenant: Chaque jour, de ta main tu fais jaillir pour nous les guérisons, / toi le tabernacle de sainteté, / tout entière comblée de lumière et distillant la myrrhe de bonne odeur, / divine Épouse tout-immaculée.

Ode 5

Isaïe, voyant en image sur le trône élevé / le Dieu de gloire escorté par les Anges, s’écria: / Je suis perdu, car j’ai vu le Dieu incarné, / lumière sans déclin et prince de paix.

Fais cesser la peine de mon âme et les douleurs de ma chair, / chasse le brouillard de ma nonchalance, ô Vierge, toi qui es / la nuée de la lumière; accorde-moi santé, sécurité, / à moi qui de tout cœur te chante et glorifie.

Je te délègue en ambassade et médiation, / ô Vierge, auprès du Fils né de toi; / moi qui suis rempli de tout péché, je t’en prie: sois pour moi / ma garantie, l’amendement de ma vie, / ma conductrice vers la connaissance de Dieu.

Gloire: Ô Vierge, sanctifie mon âme et mon esprit, / éclaire-moi, et fais qu’à la divine gloire je communie: / empli de maux, je suis l’esclave de tous les plaisirs / et ma conscience en est avilie.

Maintenant: Vigne divine ayant produit le Raisin mûr / qui offre à nos âmes l’intarissable boisson, / Vierge sainte, abreuve-moi de ta douceur, / chasse l’ivresse des plaisirs et sauve-moi.

Ode 6

Ceux qui approchent le seuil d’éternité / et risquent d’être emportés par la houle des tentations, / Ami des hommes, ne les méprise pas lorsqu’ils te crient: / Sauveur, sauve-nous comme jadis tu sauvas / du monstre marin le prophète Jonas.

J’ai surpassé par mon orgueil le Pharisien, / sans cesse m’avançant fièrement / pour finir dans le gouffre d’immenses péchés: / Vierge pure, vois ma terrible humiliation / et de ma pauvre âme aie compassion.

Toi dont nous admirons la conception, l’enfantement, / multiplie tes merveilles d’amour / envers le misérable que je suis, / puisque l’esclave des plaisirs, / conçu et enfanté dans le péché.

Gloire: Je pleure, gémis et frémis / lorsque je considère le redoutable tribunal: / mes œuvres sont mauvaises, en effet; / Vierge inépousée et Mère de Dieu, / à cette heure terrible sois présente et défends-moi.

Maintenant: Nu1 esprit n’est capable de concevoir / et d’exprimer, Vierge pure, à ton sujet / la merveille étonnante et inouïe: / comment tu enfantes et restes vierge cependant.

Cathisme

Ta pure et virginale Mère, ô Christ, / voyant ton corps suspendu sur la croix, / versant des larmes s’écria maternellement: / Voici la récompense d’un peuple ingrat / qui a joui de tant de bienfaits! / Ô mon Fils, je chante ta divine condescendance.

Ode 7

Dans la fournaise les trois jeunes gens, / figures de la sainte Trinité, / méprisèrent la menace du feu et chantaient: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

De mes œuvres je n’attends point le salut: / j’ai entassé, notre Dame, en effet, / faute sur faute et méfait sur méfait; / par tes prières et par pitié sauve-moi.

Le jugement est sur le seuil, le tribunal est préparé: / sois prête, ô mon âme, et à l’heure du jugement / demande au Verbe de ne pas te condamner, / mais de permettre à sa Mère de prier en ta faveur.

Gloire: Ayant cueilli les fruits du péché, me voici mis à mort / et, t’offrant mon âme stérile, je m’écrie: / fais cependant que je porte du fruit, / toi dont le Fruit fit disparaître la mort.

Maintenant: Étrange mystère, étonnante constatation: / comment se fait-il que notre Dieu / ait paru tel un homme sur terre? / Comme il le sait, comme il lui plaît, il agit comme il l’entend.

Ode 8

Jetés dans le feu ardent sans que la flamme leur fit aucun mal, / fermes dans leur piété, les Jeunes Gens / chantaient un cantique divin: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Divine Mère, étant proche du Roi de tous / et toute belle, comble-moi d’œuvres bonnes / qui ai vécu dans le mal et, sans souci, / ai consumé toute ma vie: / alors dans tous les siècles je pourrai te glorifier.

Comme jadis par miracle, ô Verbe de Dieu, / tu sauvas ton prophète du ventre du poisson, / sauve aussi mon âme du gouffre de perdition, / Sauveur, en écoutant la supplication / de la Vierge inépousée qui t’enfanta.

Gloire: M’ayant trouvé revêtu du bel habit / de ma naissance divine, ô Mère de Dieu, / les princes du mal m’en ont dépouillé, / mais toi, fais-moi resplendir sous les divins ornements / par mon repentir et par ton intercession.

Maintenant: Celui que révère l’entière création, / dans tes bras tu l’as porté lorsque pour nous / il s’est fait chair, en la tendresse de ton cœur; / prie-le de tous nous sauver qui te crions: / dans les siècles, Vierge pure, nous t’exaltons.

Ode 9

Dans l’ombre et l’écriture de la Loi, / fidèles, nous voyons le mystère préfiguré: / Tout enfant mâle qui ouvre le sein / doit être consacré au Seigneur! / Fils premier-né, Verbe du Père éternel / et premier-né d’une Mère vierge, nous te magnifions.

Mon âme est corrompue tout autant que mon esprit, / ma conscience souillée par le péché, / de tous les biens je me trouve dépouillé: / ô Vierge toute-pure, immaculée, / envers moi n’éprouve pas de mépris, / mais pare-moi des œuvres convenant à la piété.

J’ai fait le plein de mauvaises pensées / qui m’éloignent de toi, l’Ami du genre humain: / c’est pourquoi je soupire et te prie / d’accueillir mon retour vers toi; / par les prières de celle qui t’enfanta, / ne me rejette pas, Bienfaiteur compatissant.

Gloire: Puissé-je par tes prières être sauvé, / Vierge pure, de tout péril menaçant, / des passions qui engendrent la mort, / de la terrible géhenne et de son feu, / des hommes injustes, des cruels ennemis, / moi qui recours à ta protection et qui t’appelle à mon secours.

Maintenant: Implore en tant que Mère de Dieu / le divin Roi, le Seigneur né de toi; / qu’il sauve de tout péril imminent / et des mauvaises habitudes ton serviteur / dont l’espérance repose sur toi, / notre Dame, dès le sein maternel.

LE VENDREDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Sur terre fut plantée la Croix, / s’élevant jusqu’aux cieux / non par la hauteur de son bois, / mais parce qu’en elle tu as accompli toutes choses. Seigneur, gloire à toi.

Sur le pin, le cyprès, le cèdre du Liban / tu es exalté, Agneau de Dieu, / pour sauver ceux qui adorent avec foi / ta volontaire crucifixion: gloire à toi, ô Christ notre Dieu.

L’entière création se réjouit, / te voyant, longanime Seigneur et joie de tous, élevé sur la croix, / disait la Vierge pure et tout-immaculée, / car elle a trouvé, grâce à toi, / Fils bien-aimé, la rédemption; / par le bois tu as guéri, / l’homme condamné à cause du bois; / quant à moi, j’en ai le cœur tout dolent, / ne pouvant souffrir de te voir plongé dans la mort.

Cathisme I

Contemplant ta puissance sans fin / et la crucifixion librement consentie, / les Anges s’étonnèrent de voir comment l’Invisible a souffert en sa chair, / car il voulait racheter le genre humain de la mort. / Aussi nous te chantons comme la Source de vie, / ô Christ, et nous te glorifions en ta royale majesté.

Ayant choisi de souffrir la mort sur une croix, / tu l’as plantée au cœur de la création; / pour nous sauver, tu as voulu que ton corps y fût cloué / et le soleil alors cacha ses rayons; / ce que voyant le bon Larron te reconnut comme Dieu / et pour sa foi il obtint le Paradis / en te criant: Seigneur, en ton royaume souviens-toi de moi.

La Brebis vierge contemplant son propre Agneau / décidé à souffrir sa passion sur la croix, / disait: Hélas! ô mon Enfant, / quel étrange mystère m’apparaît? / Comment acceptes-tu la mort, / toi qui es l’Immortel? / Je chante, ô Verbe, et glorifie / ton amour longanime et ta miséricorde infinie.

Cathisme III

Ô Christ, tu as reçu sans colère les soufflets / pour sauver le genre humain; / délivre du tombeau notre vie; / Seigneur, accorde-nous ton salut.

Votre courage et votre ténacité / ont vaincu les ruses de l’Ennemi; / victorieux Martyrs, dignes de tout honneur, / vous avez mérité la béatitude sans fin; / vous, les témoins du vrai Dieu, / intercédez auprès du Seigneur / pour qu’il sauve son troupeau qui aime le Christ.

Les êtres célestes furent pris d’effroi / et ceux d’ici-bas saisis de frayeur / lorsque, Seigneur sans péché, tu as voulu / être élevé sur la croix; / le soleil s’obscurcit, la lune se voila, / et ta Mère tout en larmes s’écria: / Quelle est cette vision, ô mon Fils? / Comment, seul, souffres-tu pour tout l’ensemble des humains?

Ode 1

Jadis le soleil atteignit / la terre ferme enfantée par l’océan; / comme en deux remparts l’eau se figea de chaque part / en faveur du peuple cheminant et pour Dieu psalmodiant: / Chantons pour le Seigneur, car il s’est couvert de gloire.

Les vagues de la mer, tu les figeas par le bâton / et ton peuple, tu le menas, préfigurant ta Croix / par laquelle tu fendis les ondes de l’erreur / et vers la terre de ta science guidas pour les sauver / tous les fidèles qui célèbrent ta puissance, Seigneur.

Par ton ordre tu créas l’abîme, Tout-puissant, / tu fis tes chambres hautes et suspendis la terre sur les eaux; / sur la croix tu te laissas suspendre, ô mon Dieu, / et d’un signe tu ébranlas la création: / affermis nos âmes dans la crainte de ton nom.

Fils de Dieu, vous l’êtes par divine communion, / héritiers et citoyens de la céleste Sion; / en elle, portant couronne de vainqueurs, / saints Martyrs, vous criez allégrement: / Chantons pour le Seigneur, car il s’est couvert de gloire.

Lorsqu’on vous trancha les mains et les pieds, / même sous les scies ou devant les bûchers, / saints Martyrs, vous n’avez pas renié le Christ Dieu de tous, / mais vous êtes écriés pleins d’ardeur: / Chantons pour le Seigneur, car il s’est couvert de gloire.

Lorsque la Vierge de souveraine beauté / sur le bois vit son Fils élevé, / elle exprima sa douleur en criant: / Toi, le Roi de gloire, le Dieu de tous, / comment peux-tu souffrir ainsi, dans ton amour?

* * *

Chantons pour le Seigneur notre Dieu / qui fit merveille autrefois: / sur la mer Rouge il sauva le peuple d’Israël, / il engloutit ses ennemis; / à lui seul offrons nos chants, car il s’est couvert de gloire.

La Nuée spirituelle de la céleste Clarté / faisant luire sur nous les rayons du repentir / dissipa les ténèbres du péché / et pour tout homme fit briller la lumière du savoir: / c’est la Mère de Dieu, la protectrice de nos âmes.

Mère de Dieu, c’est en toi que nous avons / la forteresse, le refuge toujours prompt, / le rempart gardé de Dieu, le havre de sûreté, / et nous tous en l’océan de l’affliction, / nous voilà sauvés des sombres flots nous menaçant.

Séjour de la gloire ineffable, réjouis-toi, / demeure du Soleil spirituel, / trésor de la plus pure virginité, / char de feu portant le Verbe de Dieu / et nourricière de l’ensemble des vivants.

Ode 3

Soutien de ceux dont l’espoir repose en toi, / affermis ton Église, Seigneur, / que tu as acquise au prix de ton sang.

Porteur d’une seule Personne, ô Verbe de Dieu, / tu souffris le déshonneur de la croix, / source d’honneur pour qui honore ton nom.

Pour les hommes il n’est plus de malédiction, / car toi-même, Seigneur, te faisant tel, / sur la croix tu fis jaillir la bénédiction.

Étrangers sur la terre, saints Martyrs, / vous voilà devenus les citoyens du ciel, / cohéritiers du Christ en vérité.

Possédant l’arme invincible de la croix, / les Martyrs pour toujours ont aboli / la puissance du funeste Ennemi.

Elle est vierge même après l’enfantement, / la Toute-pure en qui s’incarne le Dieu / qui a souffert d’être cloué sur une croix.

* * *

Mon cœur est affermi dans le Seigneur, / en mon Dieu je relève le front, / car il n’est d’autre Saint que toi, Seigneur.

Vierge Mère, Brebis sans tache ayant conçu / l’Agneau qui enlève tout mal, / sauvegarde le troupeau de ton bercail.

Toi qui portas la Vigne des cieux / et remplis le cratère du repentir, / tu fis croître le pardon pour les pécheurs.

Naviguant sur l’océan de cette vie, / engloutis par l’onde amère du péché, / nous recourons à la douceur de ton appui.

Ode 4

Ô Christ, tu as couvert les cieux de ton renom, / de ta louange fut rempli l’univers, / car tu sortis de la Mère immaculée / comme de l’arche de ta sainteté, / et comme un enfant que l’on porte sur le bras / tu as paru dans le Temple de ta gloire.

Ô Christ, devenant nouvel Adam, / de sa chute tu relevas le précédent; / tes mains furent clouées sur la croix, / d’un roseau tu acceptas d’être frappé, / tu goûtas le vinaigre et le fiel; / et nous exaltons la majesté de ton amour.

Comme brebis d’abattoir le Prophète t’a vu, / comme agneau qui n’ouvre pas la bouche pour crier, / Verbe de Dieu, car tu souffris librement, / en faveur de qui pécha volontairement, / d’être mis en croix pour le sauver et délivrer / dans l’immensité de ton amour.

Ouvrant leur âme avec l’araire de la foi, / les Martyrs que nous glorifions sans cesse / par leur patience au milieu des tourments / ont semé en leurs sillons le bon grain / et moissonné par leur témoignage le lourd épi / qui nourrit l’ensemble des croyants.

Accablés d’insupportables tourments / les Martyrs, dans l’espérance des biens futurs, / sont passés de l’angoissa à la joie / en obtenant le céleste royaume du Christ; / aussi nos bouches s’ouvrent largement / pour célébrer sans cesse leurs exploits.

La braise divine, Vierge Mère, tu l’as reçue / comme pincette, sans en être consumée, / ou plutôt en tes entrailles immaculées / son feu répandit la fraîche rosée; / et lorsque tu le vis corporellement sur la croix, / en hymnes de louange tu le glorifias.

* * *

À l’écoute de ta voix, je suis rempli de frayeur, / saisissant tes œuvres, je te glorifie.

Montre-moi ton amour, le trésor de ta pitié, / car tu es la Mère du Seigneur compatissant.

Illumine mon errance en la nuit du péché, / Mère toujours-vierge du Soleil resplendissant.

Protectrice du monde, requiers la faveur / du Maître universel envers tes propres serviteurs.

Ode 5

Isaïe, voyant en image sur le trône élevé / le Dieu de gloire escorté par les Anges, s’écria: / Je suis perdu, car j’ai vu le Dieu incarné, / lumière sans déclin et vrai prince de paix.

Lorsque j’étais accablé par le fardeau de mes péchés, / ô Verbe, tu m’as fait reposer en reposant sur la croix; / par tes outrages, Jésus, tu m’as sauvé du déshonneur: / je chante ta puissance et ta divine Passion.

Comme flambeau tu allumas ta chair sur la croix, / Ami des hommes, et cherchas la drachme perdue; / l’ayant trouvée, tu invitas les Puissances amies / à célébrer la force de ta royauté.

Foulé aux pieds par les Athlètes du Christ, / le Trompeur apparut sans force et sans vie; / pour toujours les voilà mis au nombre des Anges de vérité / dans la plénitude de l’ineffable joie.

Dans la rigueur des tourments, de l’affliction, / glacés par les souffrances, les Martyrs / gagnèrent la chaleur du royaume des cieux / et pour les fidèles ils sont de chauds intercesseurs.

Voyant sur une croix et le côté transpercé / celui qui créa d’une côte l’Ève de jadis, / Vierge Mère, tu crias à ton Fils: / Quelle mort pour la Vie immortelle!

* * *

Fils de Dieu, fais-nous don de ta paix, / hors de toi / nous ne connaissons d’autre Dieu / dont la gloire, avec le Père et l’Esprit, / soit chantée jusqu’au plus haut des cieux.

Te couvrant de son ombre, Vierge pure, / la puissance du Très-Haut fit de toi / la demeure du Dieu que nul ne peut saisir, / la mère de la Vie et le salut du genre humain.

En toi j’ai la divine source de mon salut: / que la tempête ne me puisse engloutir! / que ne me happe l’océan du péché, / Souveraine qui excelles en sainteté!

Terre sans labours, tu parus au monde / comme le guéret virginal / dont naquit par l’ineffable parole / le créateur de toutes choses, ce divin jardinier.

Ode 6

Le Vieillard contemplant de ses yeux / le salut que pour les peuples tu préparais, / s’écria: Ô Christ, tu es mon Dieu.

Comme un agneau tu souffris l’immolation, / ô Christ, pour ramener vers la vie / celui qui goûta la mort sous l’arbre défendu.

Exalté sur la croix, tu fais choir le Diable trompeur / tandis qu’est élevée la multitude des croyants / qui te chantent comme Source de la vie.

Vêtus de la riche pourpre teinte en leur sang, / porteurs de couronnes, les Martyrs / entourent maintenant le Roi de l’univers.

Sur tout malade les reliques des Martyrs / font jaillir comme une source les guérisons, / chassant le noir essaim des maladies.

L’esprit de l’homme ne peut concevoir, / ô Vierge, ton mystérieux enfantement, / car tu y braves la nature et ses lois.

* * *

J’ai crié en d’incessants gémissements / vers le Dieu de miséricorde et d’amour: / au plus profond de l’Hadès il m’entend / et de la fosse il relève ma vie.

Mes œuvres en justice, Seigneur, / me rendent passible du châtiment, / mais toi, cloué sur le bois de la croix, / de ta justice tu m’accordes le trésor.

Toute la noirceur du péché / par tes prières se trouve effacée: / le Christ, lumière éternelle issue de toi, / a dissipé l’obscurité de mes péchés.

En toi j’ai placé mon espoir / et de toi j’attends, ô Vierge de bonté, / la grâce me conciliant le Fils né de toi: / Toute-sainte, prends pitié de moi.

Ode 7

Toi qui dans la fournaise couvris de rosée / les jeunes Gens bénissant le Seigneur / et choisis pour demeure la Vierge immaculée, / nous te louons comme Verbe et chantons: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Sur le cèdre, le pin, le cyprès, / toi qui es l’Un de la Trinité, / Maître, tu fus élevé et relevas / les hommes tombés dans le gouffre des plaisirs. / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Seigneur, au prix de ton sang tu purifias la création / des sanglantes victimes offertes aux Démons; / Verbe de Dieu, tu fis cesser les offrandes impies, / t’immolant comme un agneau sans défaut. / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Inébranlables colonnes, les Martyrs / se tenaient en présence des tyrans; / ils firent basculer les faux-dieux, / affermissant le cœur des fidèles et chantant: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Vierge sans souillure tu conçus, / seule sans semence tu enfantas, / donnant corps au Seigneur mis en croix / que sans cesse en nos hymnes nous chantons: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

* * *

Dans la fournaise les trois jeunes gens, / figures de la sainte Trinité, / méprisèrent la menace du feu et chantaient: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Issu de toi, le Soleil resplendissant, / Vierge Mère, illumine nos cœurs / pour nous apprendre à chanter et psalmodier: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Réjouie par ta virginale conception, / la création magnifie ton Enfant / et pieusement le glorifie en chantant: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Le Créateur de l’univers, Dieu suprême et Seigneur, / prenant de toi sa ressemblance avec nous, / ô Vierge, nous déifiant, nous fait siéger / dans le ciel avec le Père et l’Esprit.

Ode 8

Jetés dans le feu ardent sans que la flamme leur fît aucun mal, / fermes dans leur piété, les Jeunes Gens / chantaient un cantique divin: / Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Un peuple indocile te condamne à mourir, / toi qui veux par obéissance être crucifié, / ô Verbe, afin de rendre la vie / à ceux qui ont cueilli la mort par leur propre volonté / et qui désormais te chantent et glorifient dans tous les siècles.

Sur la croix tu étends les mains pour guérir / celles que vers l’arbre défendu / tendit le premier homme avidement / et, te voyant, le soleil retint ses rayons, / l’entière création fut ébranlée de frayeur.

Par les flots qu’ils versèrent en des luttes sacrées / les Athlètes victorieux mirent à sec / les impures libations des faux dieux / et comme source ont fait jaillir les guérisons / pour laver la souillure des passions / et désaltérer les cœurs des croyants.

Imitateurs des souffrances du Christ, / observateurs de ses préceptes divins, / saints Martyrs, concitoyens des Anges incorporels, / à présent suppliez le Seigneur / d’inscrire au registre de la céleste cité / ceux qui vous honorent en tous les siècles.

Ciboire et chandelier tout doré, / table sainte et rameau fleurissant, / montagne divine et lumineuse nuée, / trône de feu et palais du grand Roi: / Mère de Dieu, c’est ainsi que te nomment les croyants / pour être restée vierge même après l’enfantement.

* * *

Prêtres, bénissez le Seigneur / qui s’est montré dans la fournaise de feu / descendant auprès des enfants des Hébreux: / exaltez-le dans tous les siècles.

Opérant notre salut sur la croix, / ô Vierge, ton Fils nous invite à chanter: / Prêtres, bénissez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

L’Ennemi tente de m’engloutir dans le péché, / mais toi, sainte Mère de Dieu, / sauve-moi, délivre-moi de sa tyrannie / pour que je te glorifie dans tous les siècles.

J’enfonce dans la sombre nuit du péché, / en ma lampe manque l’huile des bonnes actions / pour tenir, ô Vierge, mon âme illuminée: / et me voilà chassé loin du céleste banquet.

Ode 9

Dans l’ombre et l’écriture de la Loi, / fidèles, nous voyons le mystère préfiguré: / Tout enfant mâle qui ouvre le sein / doit être consacré au Seigneur! / Fils n premier-né, Verbe du Père éternel, / et premier-né d’une Mère vierge, nous te magnifions.

Fixé au gibet, Jésus Christ, / toi qui fixes la terre sur le néant, / en ta bonté et ta miséricorde, Seigneur, / tu m’arraches à la fange où me fige le péché / et grâce à l’ignominie de ta mort / tu me rends l’honneur en ton amour compatissant.

Toi par nature invisible Divinité, / dans la chair tu te laisses voir exalté / afin de sauver des ennemis invisibles / le monde visible et de changer, ô Christ, / en êtres célestes ceux qui vivent ici-bas: / nous glorifions la force de ta suprême majesté.

Illustres Athlètes du Sauveur, / vous êtes une armée d’élus et de saints, / un Paradis possédant en son milieu / cet arbre de vie qu’est le Christ, / une escorte d’honneur pour notre Dieu / et, pour lui plaire, une Assemblée de premiers-nés.

De nous tous qui sur terre faisons mémoire de vous / souvenez-vous, saints Martyrs qui maintenant / vous tenez près du trône du Seigneur, / resplendissants de la gloire d’en-haut / et des rayons de la sainte clarté, / afin que pour nos fautes nous trouvions le pardon.

Les astres ont décliné, ô mon Fils, / en voyant leur Seigneur mis en croix: / que ne déclinent aussi les impies / qui livrent à la mort le Prince de vie? / disait en pleurant la Mère de Dieu; / et nous, sans cesse nous la magnifions.

* * *

Vierge sainte, buisson non consumé, / Mère de Dieu et de la divine Clarté, / notre espérance, nous te magnifions.

Étendant tes mains divines sur la croix, / tu guéris celle que le premier père en l’Éden / étendit sous l’arbre défendu.

Toute mon âme est vulnérée par les péchés, / je suis atteint d’une incurable langueur: / par tes prières rends-moi force et guéris-moi.

Réjouis-toi, spirituel instrument de conversion, / réjouis-toi, porte de salut pour les pécheurs, / réjouis-toi, vivante demeure de la gloire de Dieu.

Apostiches

Élevant les mains en forme de croix, / sur la montagne Moïse triompha d’Amalec; / mais toi, Sauveur, sur la précieuse croix / étendant les mains tu me pris dans tes bras; / tu me fis échapper à la servitude de l’ennemi / et tu me donnas un signe de vie. / Précieuse Croix du Christ, je me prosterne devant toi.

Par jalousie je fus chassé du Paradis / et j’ai connu le poids de ma déchéance; / mais tu ne m’as pas méprisé, Seigneur, / pour moi tu as assumé la ressemblance avec moi; / tu te laissas crucifier et fus pour moi le salut: en ta gloire conduis-moi. Dieu qui me sauves, gloire à toi.

Venez, tous les peuples, vénérons / la mémoire des victorieux Martyrs du Seigneur, / car en présence des Anges et des humains / ils ont reçu du Christ la couronne des vainqueurs / et pour nos âmes ils intercèdent auprès de lui.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Versant des flots de larmes, l’Immaculée / gémissait et se lamentait, du fond de son âme criant: / Jésus, douce lumière, / comment déclines-tu, mon Enfant? / toi qui par ton verbe créas l’univers, / comment te laisses-tu voir à présent / sur la croix privé du souffle et de la voix?

LITURGIE

Béatitudes

Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, / ô Christ, tu l’as chassé du Paradis; / mais, compatissant, tu fis entrer le bon Larron / te confessant sur la croix / et criant: Souviens-toi de moi, Sauveur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

Seigneur, lorsqu’il te vit sur une croix, / le soleil mit un voile à sa clarté; / les rochers se fendirent, la terre s’ébranla, / le voile au Temple en deux se déchira, / te voyant, toi l’impassible créateur, / souffrir injustement pour nous sauver.

Pour nous tous tu as souffert la mort, / ô Jésus, principe de vie, / afin de sauver par tes souffrances, divinement, / ceux qui avaient goûté la mort sous l’arbre défendu; / tu en fis les citoyens du Paradis, / et dans la foi nous magnifions ta Passion.

Imitant celui qui a souffert pour nous / en effaçant la honte et les passions des mortels, / saints Martyrs, par de nombreux tourments / vous avez triomphé de l’Ennemi / et vous avez gagné la gloire d’en-haut, / vous que sur terre nous chantons et glorifions.

Gloire au Père ...

Chantons le Père, le Fils et l’Esprit saint / dans l’inconfusible divinité, / nous prosternant devant l’unique majesté / selon la vraie foi et disant: / Souviens-toi de nous aussi / quand tu seras dans ton Royaume.

Maintenant ...

Sur la croix lorsque tu vis ton Fils / de son propre gré souffrir en sa chair, / Vierge pure et tout-immaculée, / dans l’angoisse et les larmes tu crias: / Comment peux-tu mourir, mon Enfant, / toi qui désires vivifier les mortels?

Samedi

LE VENDREDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Despotika

Fais de moi le temple de ton saint Esprit, / ô Christ, me purifiant de la souillure des péchés, / moi qui suis à présent une caverne de Démons; / et chasse-les loin de moi comme tu mis en fuite jadis / les marchands qui profanaient ton Temple saint.

Seigneur qui veux sauver tous les hommes, en ton amour, / justes et pécheurs, sans que périsse aucun d’eux, / compte-moi aussi au nombre des élus / bien que j’aie vécu dans l’insouciance / et méprisé tes préceptes, Dieu sauveur.

En ton invincible puissance, Seigneur, tu as surgi / après le sommeil de ta nature humaine au tombeau, / éveillant aussi les hôtes des sépulcres depuis Adam; / c’est pourquoi nous te prions d’accorder aux fidèles défunts / le repos dans tes parvis d’éternité.

Martyrika

Grande, Seigneur, est la puissance de ta Croix: / une fois plantée sur le Calvaire, elle domine le monde entier; / en apôtres elle a transformé de simples pêcheurs, / et des païens elle a fait une nuée de témoins / qui intercèdent pour le salut de nos âmes.

Grande est la puissance des Martyrs: / gisant dans les tombeaux, ils chassent les esprits du mal; / ils ont renversé le pouvoir de l’Ennemi / en combattant pour la foi en la sainte Trinité.

Les Prophètes, les Apôtres du Christ et les Martyrs / nous ont appris à chanter la consubstantielle Trinité, : ils ont porté la lumière aux nations égarées: / les Anges et les Hommes sont devenus concitoyens 1

Gloire au Père ... Maintenant ...

Comment n’admirerions-nous pas, ô toute-digne d’honneur, / ton enfantement qui unit la divinité à notre humanité? / car sans connaître d’homme, ô Vierge immaculée, / tu as enfanté un Fils qui n’a point de père selon la chair: / né du Père avant les siècles sans le concours d’une mère. / En naissant de toi, il n’a subi aucun changement ni mélange ni division, mais conserve intactes les propriétés de ses eux natures. / Et toi souveraine Vierge et Mère, implore-le pour qu’il sauve les âmes ceux qui professent la vraie foi en te reconnaissant pour La Mère De Dieu.

Apostiches

Martyrikon

Tes Martyrs, Seigneur, soutenus par la foi / et par l’espérance fortifiés, / unis spirituellement par l’amour de la Croix, / ont brisé la tyrannie de l’Ennemi; ayant reçu la couronne d’immortalité, / pour nos âmes ils intercèdent avec les Anges incorporels.

Nékrosima

Heureux ceux que tu as élus, ceux que tu as pris, Seigneur, avec toi.

Toute œuvre humaine est vanité / quand elle n’a pas de suite après la mort; / de la richesse il ne reste rien, / la gloire ne nous suit pas en l’au-delà; / car la mort, en survenant, / fait disparaître tout cela. / Aussi demandons au Christ immortel / d’accorder à nos défunts le repos / dans le séjour de l’universelle joie.

Leur souvenir demeure d’âge en âge.

Pourquoi se troubler vainement? / si brève est la course que nous courons; / comme fumée s’évanouit notre vie, / comme cendre et poussière elle sert un instant et bien vite disparaît. / Aussi nous t’en prions, ô Christ immortel: / accorde à nos défunts le repos / dans le séjour qui rayonne de ta joie.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Entre toutes, seule Mère inépousée, / sainte Mère de Dieu, prie le divin Roi, ton enfant, / de nous sauver dans son amour pour les hommes.

LE VENDREDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Jadis il assembla les eaux en une seule masse, d’un geste divin, / et divisa la mer pour le peuple d’Israël, / notre Dieu hautement glorifié: / à lui seul offrons nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Toi qui as enfanté d’inexplicable façon / le principe du salut et donneur de la vie, / tu délivras la prime aïeule des liens de la condamnation / et dans l’allégresse l’entière création / te magnifie, pure Mère de Dieu.

Mon corps et mon âme sont mis à mal cruellement: / arrache-les au gouffre du désespoir, / Vierge sainte, en me sauvant de tout malheur, / toi qui es, Mère très-pure, en effet / la source d’où jaillit la compassion.

Gloire: Dépouillé de ma tunique de joie, / je suis tombé dans l’affliction, la douleur; / je suis cruellement blessé de toute part: / viens vite et sauve-moi du péril qui m’étreint, / notre Dame, mon refuge et mon espoir.

Maintenant: Puisqu’en toi j’ai ma plus sûre protection, / c’est vers toi, divine Épouse, que je viens me réfugier: / je t’en prie, ne dédaigne pas ton serviteur / consumé par tant de passions, de chagrins, de maladies, / mais par tes prières guéris-moi, ô Mère de Dieu.

Ode 3

Toi qui tiras toutes choses du néant / et par ton Verbe les créas, / par ton Esprit tu les mènes à leur perfection: / Maître tout-puissant, rends-moi ferme en ton amour.

Hélas, je me trouve dans l’embarras, / dans une cruelle anxiété, / et je vois survenir la mort à grands pas: / par tes prières, Vierge pure, sauve-moi.

Toute ma vie est corrompue lamentablement, / mes œuvres insensées vont m’accuser; / j’enfonce dans le gouffre du désespoir: / sauve-moi, ô Vierge tout-immaculée.

Gloire: L’océan de ta miséricorde répandu en tout lieu, / notre Dame, par un effet de ton unique bonté, / de ta grâce comme d’une huile grasse gratifie / les fidèles qui te chantent incessamment.

Maintenant: T’ayant prise comme prémices de notre création, / divine Épouse, ton Fils, le Seigneur / par tes prières fait son logis / en tous ceux qui chantent pour toi.

Ode 4

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour souverain / en livrant pour nous ton Fils unique à la mort; / aussi, dans l’action de grâces, nous te chantons: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

En toi, notre Dame, ayant mis tout mon espoir, / je me prosterne et te prie de toute mon âme: / délivre-moi du mal qui mène à la mort / et guide-moi vers le salut, toi qui enfantes la Vie.

Vierge pure, par tes prières guéris / ton serviteur désespéré / par la succession des blessures mortelles et des malheurs, / toi qui as enfanté le médecin riche en miséricorde, notre Dieu.

Gloire: Délivre-moi qui suis tombé dans le péché, / accorde-moi, par ta divine présence, la tunique de joie, / ô Vierge ayant fait croître comme fleur / l’allégresse qui surpasse tout esprit.

Maintenant: Divine Mère, tu t’es montrée un autre ciel, / toi qui sur terre ineffablement fis lever / le Soleil de justice par lequel a brillé / sur nous la clarté suprême du savoir divin.

Ode 5

Devant toi je veille dès l’aurore, Créateur de l’univers, / Paix qui surpasses tout esprit; / tes préceptes sont lumière: / conduis mes pas sur leurs chemins.

Ayant approché par mes fautes le mal qui mène jusqu’à la mort, / instamment je te prie, ô Mère de Dieu: / de mes péchés sans mesure et si nombreux / procure-moi la rédemption.

Les mains de mon âme, je les tends vers toi, / car j’ai souillé celles de la chair, pour mon malheur; / délivre-moi de mes nombreuses douleurs / en me procurant la guérison.

Gloire: Mon âme a quitté le vêtement de la santé / et dans la douleur s’est revêtue, / notre Dame, de la tunique de deuil: / revêts-la de guérison, je t’en prie.

Maintenant: Mère de Dieu, toi qui es la splendeur / des saints Apôtres et des Martyrs / ainsi que la protection des croyants, / comme il est juste, nous te glorifions.

Ode 6

Le gouffre des passions s’est ouvert devant moi, / dans la tempête des courants ennemis: / hâte-toi de me sauver, Dieu Sauveur, / comme tu délivras le Prophète du monstre marin.

En œuvre, en parole, en action, / il n’est personne qui sur terre ait vécu si mal que moi; / c’est pourquoi j’implore de ton amour envers nous, / notre Dame, la grâce d’obtenir ta pitié.

L’effet de nos indignes péchés / engendre pour nous le chagrin; / et nous qui sommes aux prises avec d’amères tentations, / aide-nous, toi l’unique protection des chrétiens.

Gloire: Tu enfantes et te montres vierge après l’enfantement, / virginale Mère de Dieu; supplie donc sans cesse ton Fils / pour que de tout dommage causé par l’ennemi / nous tes serviteurs, nous puissions être sauvés.

Maintenant: Par les prières de ta Mère immaculée, / des Prophètes, des Apôtres, des Martyrs, / Verbe de Dieu, accorde-nous / la paix et le pardon de nos péchés.

Cathisme

Sans quitter la nature divine, il se fait chair dans ton sein: / Dieu s’incarne et demeure ce qu’il était, / lui le seul Seigneur qui t’a laissée / vierge tout-immaculée / après l’enfantement comme avant que d’enfanter: / prie-le sans cesse de nous accorder la grande miséricorde.

Ode 7

Jadis tu répandis la rosée / sur les trois Jeunes Gens, dans les flammes des Chaldéens: / du feu resplendissant de ta divinité / éclaire-nous qui te crions; / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Toi la Mère de Dieu, la pure, l’immaculée, / j’ose, malgré l’avilissement de mon âme et de mon corps, / souillé que je suis par d’infâmes actions, / te prier en implorant de ton amour: / notre Dame, prends pitié de moi.

La multitude de mes péchés, l’intensité de mes malheurs / me jette dans un grand embarras / et me pousse vers le gouffre du désespoir; / je me trouve en péril, je suis perdu: / Souveraine toute-sainte, sauve-moi.

Gloire: De moi, virginale Épouse de Dieu, / aie compassion, car l’abîme du désespoir / est prêt à m’engloutir; aussi je te prie / d’être pour moi l’accalmie, comme toujours / pour les naufragés tu es le port du salut.

Maintenant: De la fange des passions, du gouffre de l’affliction, / des épreuves de cette vie, ô Vierge, tire-nous / vers l’impassible condition, l’allégresse et la joie, / nous qui te disons: Tu es bénie, / toi l’unique Épouse de Dieu.

Ode 8

Prêtres, bénissez le Seigneur / qui s’est montré dans la fournaise de feu / descendant auprès des enfants des Hébreux: / exaltez-le dans tous les siècles.

Le venin des plaisirs en traversant mon âme a corrompu / gravement tous les sens de mon corps; / dans la mort il me fait descendre, mais toi, / Souveraine du monde, sois pour, moi le salut.

Je te confie mon âme, mon cœur et mon corps, / n’ayant d’autre espérance que toi, / notre Dame, par qui je trouve compassion; / en abondance accorde-moi ta faveur

Gloire: Le serpent qui s’approcha pour m’injecter / le venin des voluptés charnelles / a meurtri ma pauvre âme gravement; / mais toi, Vierge pure, vivifie-la / par l’antidote de tes saintes oraisons.

Maintenant: Toi qui as enfanté notre Sauveur et notre Dieu, / intercède auprès du Prince de la paix, / pour qu’il se hâte d’en faire au monde le don, / afin que, dans le calme où nous vivrons, / sans cesse nous puissions le glorifier.

Ode 9

Toi que Moïse d’avance décrivit / dans le buisson et le feu du Sinaï, / toi qui, sans être consumée, / as conçu dans ton sein le feu divin, / lampe toujours pleine de clarté / et Mère de Dieu en vérité, / par des hymnes nous te magnifions.

Vierge si bonne qui es la joie du monde / et le refuge, la citadelle des croyants, / la délivrance de qui se trouve en l’affliction, / à l’heure où la mort viendra pour moi, / sois présente à mon côté, me protégeant, / sauve-moi des terribles démons / qui cherchent à provoquer ma perdition.

Toi qui as conçu dans ton sein / ton propre Créateur et notre Dieu, / Vierge Mère tout-immaculée, / par le pouvoir qui repose en toi, / renverse l’audace du démon, / relève la force de ceux qui chantent ta majesté / et devant ton icône se prosternent avec foi.

Gloire: Il a renouvelé notre nature, celui / qui de toi, Vierge pure, a pris corps; / puisse-t-il renouveler, recréer, / par tes maternelles intercessions / ceux qui par des hymnes incessamment / te magnifient comme véritable Mère de Dieu, / comme lumineuse et vigilante protection.

Maintenant: Toi qui fais la joie des Anges, / beauté des justes, espérance des croyants, / protection de nos âmes, sauvegarde de nous tous, / tu es le pont qui permet de passer / vers la vie éternelle à tous ceux / qui, pleins d’amour et de foi, / ne cessent, Vierge Mère, de te magnifier.

LE SAMEDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

De tes Martyrs, Seigneur tout-puissant, tu as fait briller le souvenir, / tu leur as donné la force d’imiter ta passion; / ils ont vaincu noblement la puissance de Satan / et reçu le don de guérison: / par leurs prières, Seigneur ami des hommes, accorde-nous la paix / et pour nos âmes la grande miséricorde.

Cuirassés de l’armure du Christ, / ayant revêtu les armes de la foi, / vous avez affronté les légions de l’Ennemi / et courageusement les avez renversées; / soutenus par l’espérance de la vie, / vous avez bravé les supplices et les menaces des tyrans / et vous avez reçu la couronne, valeureux Témoins du Christ notre Dieu.

Par la foi vous brillez comme des astres lumineux, / saints Martyrs dont nous célébrons les combats; / sans crainte devant les supplices des tyrans, / vous avez mis fin au blasphème des faux-dieux / par les seules armes de la vérité / et l’invincible trophée de la Croix.

Vierge Mère de Dieu, nous te chantons, / Médiatrice du salut pour le genre humain; / dans la chair qu’il a reçue de toi / ton Fils, notre Dieu, / a daigné souffrir sur la croix / pour nous racheter de la mort, / dans son amour pour les hommes.

Cathisme II

Votre courage et votre ténacité / ont vaincu les ruses de l’Ennemi; / victorieux Martyrs, dignes de tout honneur, / vous avez mérité la béatitude sans fin; / vous, les témoins du vrai Dieu, / intercédez auprès du Seigneur / pour qu’il sauve son troupeau qui aime le Christ.

Sur ton ordre, quand nous serons convoqués, / Seigneur, devant ton redoutable tribunal, / ne condamne pas ceux qui ont cru en toi: / nous avons tous péché, mais sans nous détourner de toi, Dieu Sauveur; / et ceux que tu as pris avec toi, / nous te prions de les établir, / ô Christ, en ton unique bonté, / dans les tabernacles des justes et des Saints.

Sous l’arbre d’amertume nous avons failli jusqu’à mourir, / par l’arbre de vie nouvelle tu nous ressuscites, Sauveur; / par ta précieuse croix tu fis périr la mort / et pour nous tous fis sourdre la vie immortelle: / à ceux de tes fidèles ayant migré près de toi, / Seigneur, accorde-la dans ton Royaume.

Ceux qui ont franchi l’océan troublé de cette vie / et qu’il a plu à Dieu de rappeler, / tes serviteurs fidèles trépassés, / Vierge toute-pure, accueille-les; / mène-les devant le juge, notre Dieu, / intercédant pour qu’ils obtiennent rédemption, / comme une Mère à qui le Créateur accorde tout ce qu’elle veut.

Ode 1

Tu es le Dieu hautement glorifié / qui fis merveille autrefois, / en terre ferme changeant l’abîme et noyant les cavaliers / pour sauver le peuple qui te chante, Rédempteur.

Du martyre vous avez trouvé la renommée, / vous tous, les sages Athlètes, supportant / noblement toute sorte de tourments pour la vérité; / et nous fidèles constamment vous glorifions.

À nos yeux vous possédez plus haute vie, / Prophètes et Pontifes du Seigneur, / pasteurs ayant régi divinement / les brebis du Verbe s’abaissant pour nous sauver.

Saints Ascètes crucifiés pour le monde, / vous avez fui tous les plaisirs de la chair / et, devenus les instruments de l’Esprit, / vous avez par la force de Dieu mis en fuite les esprits de l’erreur.

Ceux qui de terre par ton ordre, Seigneur, / ont trépassé dans la foi et la piété, / donne-leur en ta bonté le repos / dans la vie sans fin et la lumière sans déclin.

Toute-pure, comme la Mère de Dieu / sans cesse nous t’honorons pieusement / avec les Femmes d’éclatante sainteté / qui par l’ascèse ont mis en fuite l’Ennemi.

* * *

À travers l’océan fendu par un bâton / Israël jadis passa comme au désert: / clairement la figure de la croix / d’avance prépara le chemin; / c’est pourquoi nous chantons les merveilles de notre Dieu, / car il s’est couvert de gloire.

Au sépulcre tu enterras la sombre mort, / détruisant la tyrannie de l’Enfer; / jusqu’au ciel tu es monté en précurseur, / élevant avec toi le peuple des Martyrs; / ô Christ, donne à présent le repos / à ceux qui sont passés de cette vie en l’au-delà.

Aux Martyrs tu conféras ta vigueur, / grâce à eux tu mis en fuite l’erreur; / Dieu sauveur, par leurs prières maintenant / permets aux défunts d’obtenir / auprès de toi l’immortelle destinée / et l’héritage qui revient aux bienheureux.

Pour des esclaves tu versas ton propre sang, / Seigneur t’immolant par compassion; / pour eux tu payas la rançon, / ô Christ de tendresse, et c’est pourquoi / nous te prions d’accorder le repos / aux âmes des fidèles trépassés.

Chantons la Mère tout-immaculée / qui mit au monde notre Dieu, / car pour nous par son propre trépas / il brisa les verrous de la mort, / faisant sourdre pour les siècles éternels / la béatitude et la vie immortelle.

Ode 3

Âme stérile et sans enfants, / fais éclore le fruit de bon renom, / mère glorifiée en tes fils, / chante: Par Dieu mon cœur est fortifié; / nul n’est saint, nul n’est juste si ce n’est le Seigneur.

Cuirassés par la force de Dieu, / Martyrs pleins de gloire et de renom, / vous avez anéanti la puissance du Démon, / de fond en comble l’empire du Malin, / et vous avez reçu couronne de vainqueurs.

Seigneur par qui les Saints ont vaincu l’Ennemi, / ô Christ qui par le chrême de l’onction / sanctifias les Pasteurs de ton troupeau, / par leurs prières illumine et sanctifie / ceux qui chantent pour la gloire de ton nom.

Avec les Prophètes en chœur / chantons les saintes Femmes aussi, / les Ascètes signalés par leur foi / qui brillèrent en l’éclat du combat, / foulant aux pieds l’astuce du Serpent.

Ô Christ, donne place au rang des Saints / à ceux que ta divine volonté / fit passer de ce monde vers toi; / en ta bonté ne fais pas cas de leurs péchés, / mais écoute la prière de tes Saints.

Fidèles qui avons trouvé le salut, / Vierge pure, par ton saint enfantement, / nous t’adressons le salut de Gabriel / et te prions d’obtenir pour nous tous / par tes prières le pardon de nos péchés.

* * *

Toi qui tiras toutes choses du néant

Toi qui de terre m’as formé et ramené vers la terre, / puis de nouveau m’as façonné plus beau qu’avant, / Seigneur, à la prière des Martyrs / aux âmes des défunts veuille accorder le repos.

Par les mérites des Martyrs victorieux / qui souffrirent coups et blessures, tourments et torsions, / fais reposer les âmes des fidèles défunts / qui te rejoignent, Créateur de l’univers.

Sauve de la géhenne de feu, / Ami des hommes, et des sombres chambres de l’Enfer, / ô Maître, chacun de tes serviteurs / endormis dans l’espérance et dans la foi.

Mère du Créateur, tu as paru / de toutes créatures la plus sacrée: / tu es la Mère du Dieu vainqueur de la mort / qui nous fait don de la vie immortelle.

Ode 4

Comme la montagne ombragée / Habacuc préfigura ton sein immaculé, / ô Vierge, et c’est pourquoi nous chantons: / Le Seigneur est venu de Théman, / le Dieu saint, de la montagne ombragée.

Saints Martyrs, immolés comme brebis, / vous fûtes offerts en victimes pour la foi / à l’Agneau qui sur le bois de la croix / lui-même a bien voulu s’immoler / pour le salut du genre humain.

Parmi les Saints vénérons les Pontifes renommés / devenus les flambeaux de la foi: / dissipant les ténèbres des passions / et purifiant notre foi des hérésies, / ils ont marché vers la lumière sans déclin.

Par la beauté de leurs oracles les Prophètes inspirés / réjouissent les âmes des croyants; / et les Femmes porteuses de Dieu / font luire l’aurore sur les cœurs par leurs combats et leurs prodiges éclatants.

À ceux qui ont quitté cette vie / partage ta gloire en l’au-delà, / Verbe de Dieu, leur accordant la rémission / des péchés que sur terre ils ont commis / en connaissance ou par inadvertance.

Gloire des Martyrs victorieux, / ornement des Pontifes sacrés, / toi que les Prophètes ont révélée, / en qui les saintes Femmes trouvent leur fierté, / nous te chantons comme la Mère de Dieu.

* * *

Seigneur, tu nous as prouvé ton amour

Seigneur, par amour pour nous tu demeuras au tombeau / et les sépulcres, tu les vidas, comme Dieu; / aux Martyrs tu fis porter couronne de vainqueurs: / accorde le repos à tes défunts serviteurs.

Seigneur qui agréas l’offrande des Martyrs / te confessant dans la rigueur des combats / et les tourments qu’ils endurèrent pour toi, / épargne à tes fidèles le châtiment après la mort.

Toi qui possèdes les trésors d’éternité, / accorde la vie immortelle et la gloire sans fin / à ceux que tu rappelles près de toi, / en enlevant la barricade du péché.

Vierge et Mère, tu le fus en vérité, / toi seule, Toute-pure, tu conjuguas / le vierge et le maternel en enfantant / le Dieu qui brise la puissance de la mort.

Ode 5

Ô Christ, de ta lumière sans déclin / illumine mon âme et mon cœur; / guide-moi vers ta crainte, Seigneur, / car tes commandements sont la lumière de mes yeux.

Les coups et les plaies que vous porta l’Ennemi / parurent sans remède et sans espoir, / et pourtant ils guérissent maintenant, / saints Athlètes, les blessures des croyants.

Chantons la multitude des Saints, / magnifions les Pontifes du Christ, / vénérons les Prophètes du Seigneur / qui maintenant l’implorent pour nous.

Ravies par l’amour du Dieu fait homme pour nous, / de saintes Femmes d’immortelle renommée, / s’exerçant dans l’ascèse et les combats, / méritèrent le Royaume des cieux.

Seigneur, dans les demeures du Paradis, / ô Christ, sur la terre des vivants, / là où brille ta lumière, accueille tes serviteurs / que de ce monde tu rappelles vers toi.

Dieu s’incarne, Vierge pure, en ton sein / et te montre plus que élevée les Anges; / de ses créatures tu occupes le premier rang: / c’est pourquoi nous t’honorons de nos chants.

* * *

Devant toi je veille dès l’aurore

Par les prières des Martyrs victorieux / veuille, Seigneur de bonté, / compter en l’Assemblée des premiers-nés / ceux d’entre nous qui sont passés en l’au-delà.

Sauveur, agrée le sang que tes Martyrs / ont versé, en rançon pour les péchés / des fidèles pieusement décédés: / ô Christ, accorde-leur le repos.

Verbe, dirige les âmes des défunts / vers le lieu de tes délices sans fin / et rends-les dignes de la gloire des Saints /dans la lumière qui dépasse tout esprit.

Ô Vierge, ineffablement tu as conçu / le Verbe en nul espace circonscrit, / celui qui donne vie aux défunts: / Bienheureuse, tu es digne de ce nom.

Ode 6

Le gouffre des passions s’est ouvert devant moi, / dans la tempête des courants ennemis: / hâte-toi de me sauver, Dieu sauveur, / comme tu délivras le Prophète du monstre marin.

Les chandeliers de l’inaccessible Clarté, / les brebis de l’Agneau et du Pasteur, / les soldats, les illustres Athlètes du Christ, / en des hymnes saintes nous voulons les vénérer.

Exaltons le peuple des ascètes bienheureux / qui exalta le Seigneur en l’humilité de leur cœur / et glorifions la multitude des Pontifes sacrés / dont les œuvres glorifient la sainte Trinité.

Douées de miracles éclatants / et faisant preuve de courage au combat, / les saintes Femmes ont vaincu l’Ennemi / et mérité leur récompense dans le ciel.

Les fidèles que tu rappelles vers toi, / compte-les parmi le peuple de tes Saints / et place-les dans le sein du juste Abraham / pour qu’ils chantent, ô Christ Sauveur, ton amour.

Vierge pure, tu es la gloire des Martyrs, / des Prophètes, des Saints et justes de tous temps, / et nos voix saintement s’unissent aux leurs / pour te chanter dans tous les siècles.

* * *

Comme Jonas te criait: Seigneur, retire-moi / de la fosse, mon Dieu, je crie vers toi: Sauveur, sauve-moi / du gouffre de mes péchés / et conduis-moi vers ta lumière, je t’en prie.

En joie change la peine des fidèles défunts / par les prières de tes Martyrs victorieux, / les ceignant d’allégresse en ta bonté / et conduis-les directement vers ta clarté.

En l’abondance de ton amour fais reposer, / ô Christ, dans le sein des Patriarches les défunts, / là où brille la claire joie de ton visage, Seigneur, / en évitant d’examiner tous leurs péchés.

Manifeste envers ceux qui ont rejoint l’au-delà / au sortir des misères de cette vie, / ô Christ, les merveilles de ton amour / et comble-les d’allégresse et de joie.

Tu m’as sauvé de la poussière du tombeau, / Mère de Dieu, par ton merveilleux enfantement: / c’est toi qui mis au monde notre Source d’immortalité / et de ta lumière tu baignas tout l’univers.

Ode 7

Dans la fournaise les trois jeunes gens, / figures de la sainte Trinité, /méprisèrent la menace du feu et chantaient: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Vous tenant au milieu des flammes, saints Martyrs, / du ciel vous avez reçu la divine rosée; / dans les supplices auxquels vous fûtes exposés, / vous avez mis à mort l’industrieux Ennemi.

Dirigeant comme un navire l’Église de Dieu, / les saints Hiérarques du naufrage l’ont gardée, / lui évitant les écueils de l’erreur / et la guidant sans dommage au cœur des vagues.

Mortifiant saintement votre chair, / Ascètes de vérité, vous avez hérité / avec les Prophètes et les saintes Femmes par vos combats / l’immarcescible vie en l’au-delà.

Au jugement n’accuse pas tes serviteurs / qui ont quitté cette vie dans la foi, / mais place-les, en ta bonté, Verbe de Dieu, / et nous aussi dans la lumière de tes Saints.

En vérité tu es la gloire des Martyrs, / des Prophètes, des Femmes sanctifiées, / des Pontifes qui ont vécu saintement: / Immaculée, nous te chantons avec eux tous.

* * *

Jadis tu répandis la rosée

Cause et principe de toute vie, / Puissance créatrice, Verbe de Dieu, / accorde les délices promises aux Martyrs / aux âmes de tes serviteurs défunts, / Seigneur, Dieu de nos Pères.

Dans leur courage les illustres Martyrs du Seigneur / méprisèrent comme périssable leur corps / et maintenant dans leur audace ils te prient: / fais reposer les âmes de tes serviteurs défunts, / Seigneur, Dieu de nos Pères.

Le roseau de la croix fut le calame dont tu signas / pour tout fidèle le pardon des péchés: / fais qu’en profitent les âmes trépassées / qui dans la joie psalmodient en ton honneur: / Béni es-tu, Dieu de nos Pères.

Le Verbe du Père et créateur de l’univers, / ô Vierge, trouvant la nature des mortels / couverte de la fange des passions, / comme Dieu la façonna de nouveau: / béni soit le Fruit de tes entrailles immaculées!

Ode 8

Celui que les Anges dans les cieux / sans cesse glorifient comme Dieu, / cieux des cieux, montagnes, collines et l’océan / et tous les hommes, par vos hymnes louez-le, / bénissant votre Créateur et l’exaltant dans tous les siècles.

Sous les coups répétés des tourments, / dans les supplices dont vous fûtes accablés, / vous n’avez pas renié la vraie vie, / saints Athlètes du Christ, mais refusé / aux idoles une funeste adoration.

Lampes sur le lustre des vertus, / vous éclairez la terre entière de vos rayons, / chassant toute ténèbre d’erreur, / Athlètes victorieux du Seigneur, / concitoyens des Esprits célestes.

Chantons les Prophètes dignes de renom, / célébrons tout le peuple des Saints, / la multitude sacrée des Martyrs, / car tous, ils intercèdent pour nous / auprès du Christ Seigneur et Sauveur.

Ô) Verbe, principe de vie, / dans la lumière de ton visage fais reposer / avec les Saints les fidèles trépassés, / leur accordant la rémission de leurs péchés / en raison de ta tendresse, Seigneur.

Vierge chantée sous tant de noms, / objet des révélations prophétiques, / ornement des Pontifes et des Martyrs, / allégresse des Vierges et des Saints, / nous te chantons dans tous les siècles.

* * *

Les jeunes gens de Babylone persévérant / dans le culte du Dieu vivant / méprisèrent la musique des instruments / et dans les flammes chantèrent pour Dieu: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Principe et trésor de la vie, / aux mortels tu promis l’immortalité / que tu donnes à tes Martyrs qui pieusement / te chantent dans la foi, ô Jésus Christ: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Les Athlètes qui dans la sagesse de l’Esprit / patiemment supportèrent les tourments / demandent pour les âmes des défunts / au Christ le pardon et s’écrient: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Seigneur qui par la lance perçant ton côté / rompis la barrière du péché / et déchiras la dette des fidèles trépassés, / fais-leur grâce, leur permettant de chanter: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Nuée spirituelle faisant sourdre l’eau vive du pardon / qui désaltère les fidèles trépassés, / sans cesse tu procures l’immortalité / à tous les mortels qui te crient: / Vierge bénie, nous bénissons ton Enfant.

Ode 9

Moïse sur le mont Sinaï te reconnut dans le buisson, / toi qui sans être consumée / fis naître de ton sein le feu de la divinité; / Daniel te vit comme la montagne inviolée, / Isaïe comme le mystique rameau / qui a fleuri sur la racine de David.

Comme victimes vous fûtes offerts / à celui qui pour nous s’est immolé; / de l’allégresse des Anges, saints Martyrs, / vous comblez les églises de Dieu; / par vos prières affermissez les croyants / et sauvez-nous des séductions de l’Ennemi.

Flambeaux porteurs de la parole de vie, / vous avez illuminé les âmes des croyants / aux rayons de la divine gloire, Pontifes du Christ; / et vous qui reçûtes le feu de l’Esprit, / vous avez consumé les passions / en éteignant les flammes des Démons.

Avec les saints Prophètes vénérons / la foule des justes et des Saints / qui brillèrent avant la loi et sous la loi / par la pureté de leur vie, et nous chantons / le chœur des saintes Femmes en disant: / Seigneur, par leurs prières sauve-nous.

Ta sépulture et ta sainte Résurrection, / ô Christ, donnent au monde la vie: / aussi nous osons te crier: / fais reposer avec tous les élus / tes serviteurs trépassés dans la foi / et fais-leur grâce, en ta divine bonté.

Que ce lieu est redoutable! dit Jacob / te voyant dans l’Échelle préfigurée, / Mère de Dieu, gloire des Martyrs en vérité, / fierté des Ascètes de tous temps, / splendeur des Esprits célestes, / source de salut pour tous les croyants.

* * *

Toi que Moïse d’avance décrivit / dans le buisson et le feu du Sinaï, / toi qui sans être consumée / as conçu dans ton sein le feu divin, / lampe toujours pleine de clarté / et Mère de Dieu en vérité, / par nos hymnes nous te magnifions.

Ami des hommes, Dieu d’unique bonté, / par les prières des Martyrs établis / sur la terre que les doux posséderont / les défunts qui sont passés près de toi, / leur accordant, Dieu de tendresse infinie, / le pardon et la rémission de leurs péchés / en raison de ton immense pitié.

Dans les tentes où demeurent les Saints, / dans le sein d’Abraham, Dieu sauveur, / établis les défunts que tu choisis / au nombre de tes justes, Seigneur, / là où brille la pure clarté de ta face / et demeure pour toute l’éternité / l’allégresse véritable et sans fin.

Rends dignes de ta béatitude, Seigneur, / de ta vie et des délices sans fin, / de l’allégresse véritable et des biens éternels / ceux de tes serviteurs, Source de vie, / qu’il t’a plu de rappeler jusqu’à toi: / sur des prés d’herbe fraîche mène-les / et qu’ils demeurent près des eaux du repos!

Comme l’Arche d’alliance, Immaculée, / et la Tente du témoignage, tu reçus / en ton sein le Dieu qui donne la vie, / ô Vierge, ton propre Créateur / qui mit fin à l’antique malédiction / et par sa mort a brisé les verrous / de la Mort qui nous tenait sous sa loi.

Apostiches ou Laudes

Martyrika

Les soldats du Christ ont banni toute peur / devant les rois et les tyrans; / avec un noble courage ils ont confessé / le Seigneur de l’univers, notre Dieu et notre Roi, / et pour nos âmes ils intercèdent maintenant.

Les puissances célestes des Anges saints / ont admiré les exploits des Martyrs: / dans l’enveloppe charnelle de leur corps / ils ont cependant méprisé les tourments / pour devenir les imitateurs / de la passion du Christ sauveur, / et pour nos âmes ils intercèdent maintenant.

Comme des astres vous éclairez l’univers / même après votre mort, saints Martyrs; / ayant combattu le bon combat, / vous avez le pouvoir d’intercéder auprès du Christ / pour qu’il accorde à nos âmes la grande miséricorde.

Nékrosimon

Pourquoi se troubler vainement? / si brève est la course que nous courons! / comme fumée s’évanouit notre vie, / comme cendre et poussière elle sert un instant et bien vite disparaît. / Aussi nous t’en prions, ô Christ immortel: / accorde à nos défunts le repos / dans le séjour qui rayonne de ta joie.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Reine de sainteté, gloire des armées célestes, / antienne des Apôtres, accomplissement des prophétiques écrits, / ô notre Dame, reçois nos prières et nos chants.

S’il y a Alléluia, nous chantons aux Laudes les précédents Martyrika, et comme Apostiches les Prosomia suivants:

Je glorifie ta précieuse Croix / par laquelle tu donnes le bonheur et la vie / aux fidèles qui te chantent avec amour, / seul Seigneur compatissant. / Aussi, nous t’en prions, ô Christ notre Dieu: / accorde à nos défunts le repos / dans le séjour qui rayonne de ta joie.

Heureux ceux que tu as élus, ceux que tu as pris, Seigneur, avec toi.

Seul Seigneur de tendresse et de pitié, / insondable océan de la bonté, / tu connais la nature humaine, tu l’as créée; / nous t’en prions, ô Christ notre Dieu, / accorde à nos défunts le repos / dans le séjour qui rayonne de ta joie.

Leur souvenir demeure d’âge en âge.

Dans la tombe ton humanité a connu le sommeil, / mais dans ta puissance invincible tu ressuscitas comme Dieu / ceux qui dans la tombe te louaient, / en t’adressant leurs hymnes sans fin. / Aussi, nous t’en prions, ô Christ notre Dieu: / accorde à nos défunts le repos / dans le séjour qui rayonne de ta joie.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Mère de Dieu, nous reconnaissons en toi / la lampe spirituelle qui a porté / l’éclat de la divinité / pour lui faire rencontrer l’humaine condition. / Intercède auprès de ton Fils et notre Dieu / pour qu’il accorde à nos défunts le repos / dans le séjour qui rayonne de sa joie.

LITURGIE

Béatitudes

Adam, notre premier père, ayant transgressé ton commandement, / ô Christ, tu l’as chassé du Paradis; / mais compatissant, tu fis entrer le bon Larron / te confessant sur la croix / et criant: Souviens-toi de moi, Sauveur, / quand tu entreras dans ton Royaume.

Vous tenant dans la fournaise des tourments, / saints Martyrs du Christ, vous avez trouvé / la rosée céleste vous rafraîchissant / et vous donnant la force de souffrir / les supplices qu’endurait votre chair: / aussi vous allégez nos âmes de tout mal.

Les Pontifes saints, les Prophètes glorieux, / la multitude des moines et des femmes sanctifiées / qui ont combattu le bon combat dans la foi / et détruit l’erreur de l’Ennemi, / ont hérité la gloire du ciel: / par leurs prières, Sauveur, prends en pitié tes serviteurs.

Là où brille la clarté qui vient de toi, / Seigneur, dans les demeures de tes élus, / près de la source intarissable du bonheur / place nos frères trépassés / sans tenir compte de leurs fautes, Sauveur, / afin qu’ils glorifient sans cesse ton nom.

Gloire au Père...

L’Unité divine et sans commencement / qu’en trois personnes nous adorons, / venez, fidèles, glorifions-la / pour être dignes d’obtenir / le pardon de nos fautes et le Royaume des cieux, / nous qui chantons le trésor de sa miséricorde.

Maintenant ...

De toi le Rédempteur universel / est apparu comme lumière et salut: / Dame comblée de grâce, supplie-le / pour qu’au jour du redoutable jugement, / de toute peine, Vierge pure, il délie / tous les fidèles qui célèbrent ton nom.


  1. À la place de ces trois martyrika, que nous empruntons au Paraclitique slave, le grec nous offre les théotokia suivants:

    Sous le souffle de l’Ennemi / sans cesse comme un chaume je suis agité; / ô Vierge, prends pitié de ton serviteur / et ne permets pas que je sois ébranlé jusqu’à la fin par l’ouragan du Mauvais, / mais affermis mon cœur en la foi du Rédempteur.

    Le tumulte des passions m’enserre à m’étouffer / et sans cesse trouble mon âme désolée, / il me pousse dans le gouffre du désespoir, / mais toi, ô Vierge immaculée, / change ma tempête en un calme profond.

    Ô Vierge, implore le Fils né de toi / pour qu’il sauvegarde ton troupeau / de toute embûche du Diable, notre ennemi;/ et donne-moi le pouvoir / d’accomplir l’ensemble des préceptes de mon Dieu.

    Quant aux Apostiches, l’ordre du Paraclitique grec est le suivant:

    Grande est la puissance des Martyrs: / ...

    Les Prophètes, les Apôtres du Christ et les Martyrs ...

    Tes Martyrs, Seigneur, soutenus par la foi ...

    Toute œuvre humaine est vanité / quand ...