QUATRIÈME TON

Dimanche

LE SAMEDI SOIR AUX PETITES VÊPRES

Lucernaire

Devant ta vivifiante Croix / sans cesse nous nous prosternons, ô Christ notre Dieu, / et nous glorifions ta Résurrection le troisième jour: / par elle, Dieu tout-puissant, tu rénovas la nature humaine corrompue / et tu nous as montré le chemin du ciel, / ô Dieu de bonté, seul Ami des hommes.

Pour effacer la peine due au péché / sous l’arbre défendu, / Sauveur, tu t’es laissé clouer sur l’arbre de la croix; / et par ta descente aux Enfers / tu as brisé les liens de la mort, / ô Dieu tout-puissant; / aussi nous adorons ta Résurrection d’entre les morts / et dans l’allégresse nous te chantons: / Seigneur tout-puissant, gloire à toi.

Tu as brisé, Seigneur, les portes de l’Enfer / et par ta mort tu as anéanti le royaume de la mort; / tu as libéré le genre humain de la fosse / en accordant au monde la vie immortelle et la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Sans semence tu conçus, / tu enfantas ineffablement / celui qui renverse les puissants de leur trône / pour exalter les humbles et relever le front des croyants / qui glorifient la croix du Christ et sa mise au tombeau / et sa glorieuse Résurrection; / aussi, Mère de Dieu qui nous procures de tels biens, / nous te disons bienheureuse et sans cesse nous te chantons / comme celle qui intercède pour le salut de nos âmes.

Apostiches

Seigneur, en montant sur la croix / tu as effacé l’ancestrale malédiction; / descendu aux Enfers, tu libéras les captifs / depuis les siècles détenus, / accordant au genre humain la vie immortelle; / et par nos hymnes nous glorifions / ta vivifiante et salutaire Résurrection.

Je célébrerai ton nom d’âge en âge.

Le Fils intemporel né du Père éternel / par condescendance et pour le salut des mortels / de Dieu qu’il était s’est fait homme pour ouvrir / au premier père de nouveau le Paradis, / délivrant de la ruse du Serpent tout le genre humain / et dans son indulgence sauvant son image déchue; / aussi fit-il d’une vierge immaculée / la Mère qui donne le jour à l’Époux / et que nos âmes tiennent comme l’ancre du salut.

Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille.

Bienheureuse, il a demeuré dans ton sein / corporellement, le Créateur de l’univers, / pour refaire l’homme déchu et fourvoyé par le Serpent; / dans la chair tu nous enfantes ineffablement notre Dieu, / délivrant de la tombe et renouvelant / par ton enfantement le genre humain; / c’est pourquoi nous chantons et glorifions / ta divine grâce, Vierge inépousée, / et te supplions afin d’être sauvés / de tout châtiment grâce à toi.

Les plus riches du peuple rechercheront ta faveur.

Afin de nous révéler à tous l’abondance de ton amour / et l’océan sans limite de ta bonté, / efface tous les péchés de tes serviteurs; / sur toute créature, étant la Mère de Dieu, / tu as pouvoir, Vierge immaculée, / et dans ta puissance tu mènes tout selon ton gré; / car la grâce de l’Esprit saint qui t’habite vraiment, / Bienheureuse, agit avec toi / en toutes choses éternellement.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Le Fils que glorifient les Séraphins / dans le ciel avec le Père et l’Esprit, / désirant façonner le premier homme derechef, / Mère de Dieu toute-digne de nos chants, / s’anéantit dans ton sein ineffablement / et, se levant de toi, comme soleil illumina / de sa divinité le monde entier, / le délivrant des fausses adorations; / en lui-même divinisant le genre humain, / il le mène jusqu’aux cieux, le Christ sauveur de nos âmes et notre Dieu.

GRANDES VÊPRES

Lucernaire

Devant ta vivifiante Croix / sans cesse nous nous prosternons, ô Christ notre Dieu, / et nous glorifions ta Résurrection le troisième jour: / par elle, Dieu tout-puissant, tu rénovas la nature humaine corrompue / et tu nous as montré le chemin du ciel, / ô Dieu de bonté, seul Ami des hommes.

Pour effacer la peine due au péché / sous l’arbre défendu, / Sauveur, tu t’es laissé clouer sur l’arbre de la croix; / et par ta descente aux Enfers / tu as brisé les liens de la mort, / ô Dieu tout-puissant; / aussi nous adorons ta Résurrection d’entre les morts / et dans l’allégresse nous te chantons: / Seigneur tout-puissant, gloire à toi.

Tu as brisé, Seigneur, les portes de l’Enfer / et par ta mort tu as anéanti le royaume de la mort; / de la fosse tu as libéré le genre humain / en accordant au monde la vie immortelle et la grande miséricorde.

* * *

Peuples, venez et célébrons / la Résurrection du Sauveur le troisième jour: / c’est elle qui nous a libérés des chaînes de l’Enfer / et nous a valu la vie immortelle; / aussi chantons tous: Seigneur crucifié, / enseveli et ressuscité, / sauve-nous par ta Résurrection, seul Ami des hommes.

Les Anges et les hommes, Dieu sauveur, / chantent ta Résurrection le troisième jour: / par elle tu as illuminé les confins de l’univers / et tu nous as tous délivrés / de la servitude de l’Ennemi; / Source de vie, Seigneur tout-puissant, / sauve-nous par ta Résurrection, seul Ami des hommes.

Tu as brisé les portes d’airain / et fait sauter tous les verrous, / ô Christ notre Dieu; / après sa chute tu as ressuscité la race des humains / qui tous ensemble te chantent: / Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à toi.

Seigneur qui es né du Père avant les siècles, dans l’éternité, / et qui as pris chair de la Vierge de façon ineffable et mystérieuse, / tu es descendu aux Enfers pour l’effroi du diable et de ses anges, / car ayant détruit la mort, / tu es ressuscité le troisième jour / pour accorder aux hommes la vie immortelle et la grande miséricorde.

* * *

Le Dieu de l’univers qui prit chair en ton sein / t’a révélée, Vierge pure, aux fidèles / comme avocate, secours et protection / de ceux qu’assaillent les périls et les dangers, / havre de paix sur la mer en furie: / sauve de toute angoisse et affliction / ceux qui accourent sous ta divine protection.

Que j’honore et glorifie, / que je chante, proclame et célèbre en tout temps, / ô Vierge bienheureuse, ton nom divin! / Ne fais pas de moi la risée de l’ennemi, / moi qui accours sous ta protection, / mais sous les ailes de ta prière garde-moi / à l’abri de toute tentation.

Réjouis-toi, toute-pure Mère de Dieu, / réjouis-toi, espérance des croyants, / propitiatoire du monde et rempart contre la mort, / qui délivre tes fidèles de toute affliction; / réjouis-toi, porteuse de notre Vie, / réjouis-toi, consolatrice des affligés, / notre forteresse et notre abri.

Gloire au Père ... Maintenant ...

L’ancêtre de Dieu, le prophète David, / parlant de toi et s’adressant à Celui / qui fit pour toi des merveilles, / a chanté mélodieusement: / ‘ À ta droite se tient la Reine ‘. / Car il fit de toi la mère qui nous donne la Vie, / le Christ notre Dieu, / qui a voulu virginalement s’incarner en toi, / afin de restaurer sa propre image / corrompue par le péché / et de prendre sur ses épaules / la brebis perdue retrouvée sur la montagne / pour la ramener vers le Père / et selon sa volonté la réunir aux puissances des cieux / pour sauver le monde, ô Mère de Dieu, / en lui accordant en abondance la grande miséricorde.

Apostiches

Seigneur, en montant sur la croix / tu as effacé l’ancestrale malédiction; / descendu aux Enfers, tu libéras les captifs / détenus depuis les siècles, / accordant au genre humain la vie immortelle; / et par nos hymnes nous glorifions / ta vivifiante et salutaire Résurrection.

Suspendu sur la croix, Seigneur tout-puissant, / tu ébranlas toute la création; / au sépulcre déposé, tu ressuscitas les hôtes des tombeaux, / accordant la vie immortelle au genre humain; / aussi par nos hymnes nous glorifions / ta Résurrection le troisième jour.

Un peuple injuste, Seigneur, te condamna, / te livrant à Pilate pour être crucifié / et révélant son ingratitude envers son Bienfaiteur; / mais de plein gré tu as souffert la mise au tombeau / et par ta propre puissance tu es ressuscité le troisième jour, / nous accordant la vie éternelle et la grande miséricorde.

Versant des larmes, / les saintes Femmes te cherchaient au sépulcre; / ne te trouvant pas, elles se lamentaient et disaient en gémissant: / Hélas, ô Dieu Sauveur / et Roi de tout l’univers, / comment a-t-on pu te dérober? en quel lieu a-t-on caché ton corps source-de-vie? / Mais un Ange leur répondit: / Ne pleurez pas, mais allez proclamer / qu’il est ressuscité, le Seigneur, / nous accordant l’allégresse, lui, le seul compatissant.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Ô Vierge immaculée, / exauce les prières de tes serviteurs, / délivre-nous de tout mal, écarte de nous toute affliction: / tu es notre ancre de salut, notre infaillible protection, / ne déçois pas notre attente lorsque nous t’invoquons, / hâte-toi de secourir les fidèles qui te crient: / Ô Souveraine, réjouis-toi, / secours de tous, joie, refuge et salut de nos âmes.

Tropaire

Recevant de l’Ange la joyeuse nouvelle / de la Résurrection de leur Seigneur / et détournant l’ancestrale condamnation, / les saintes Femmes se firent gloire d’annoncer aux Apôtres: / Le Christ a triomphé de la mort, / il est ressuscité, notre Dieu, / pour donner au monde la grande miséricorde.

Le mystère caché de toute éternité / et que les Anges mêmes ne connaissaient, / grâce à toi, ô Mère de Dieu, / sur la terre nous fut révélé: / Dieu s’incarne sans confondre les deux natures en cette union, / et librement il a voulu souffrir pour nous sur la croix, / pour ressusciter Adam et sauver nos âmes de la mort.

LE SAMEDI SOIR À COMPLIES

Ce canon, œuvre d’Élie, juge de Crète, a pour acrostiche, excepté dans le dernier théotokion de chaque ode: Supplication d’Élie à la Mère de Dieu.

Ode 1

Lorsqu’il eut franchi à pied sec / l’abîme de la mer Rouge, / l’antique Israël mit en fuite / au désert la puissance d’Amalec / grâce aux mains de Moïse étendues en forme de croix.

Toute-pure, toi le seul secours / de qui se trouve dans les épreuves et l’affliction / et se réfugie sous ta chaleureuse protection, / accueille, en ta suprême bonté, / la prière que je t’adresse de tout cœur.

T’ayant trouvée comme havre de paix / après l’égarement de mon cœur, / je repousse l’assaut des difficultés / et t’adresse, Vierge immaculée, / mon chant d’action de grâces.

Gloire: D’un œil favorable et bienveillant, / divine Génitrice, regarde-moi / qui me trouve dans le malheur et le danger; / et viens vite me délivrer, / moi qui te demande de me secourir.

Maintenant: Adam et Ève grâce à toi / furent sauvés de la condamnation; / comme eux, je me prosterne, Vierge pure, devant toi: / en allégresse change mes larmes de deuil / et de tout danger délivre-moi.

Ode 3

L’arc des puissants s’est affaibli; / les faibles acquièrent la vigueur; / et voilà pourquoi mon cœur / s’est affermi dans le Seigneur.

Puisque je possède en toi / l’arme invincible, l’indestructible rempart, / je mets en fuite les phalanges de l’ennemi, / divine Mère, et je célèbre tes hauts faits.

Tu fais disparaître les afflictions, / tu éteins les braises du désespoir: / qui d’autre, ô Vierge, est comme toi, / hormis le Seigneur tout-puissant?

Gloire: Sois attentive au cri de ton serviteur / qui réclame, divine Mère, ton secours; / toi mon espérance, exauce-moi, / empresse-toi de me sauver.

Maintenant: Dans ta bienveillance, penche-toi pour me sauver, / puisque tu as donné corps ineffablement / au Verbe Dieu qui d’un geste divin / fait graviter l’univers.

Ode 4

Te voyant suspendu à 1a croix, / toi le Soleil de justice, / l’Église depuis sa place / en toute vérité s’écria: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Mets en fuite ceux qui m’attaquent sans raison, / ceux qui voudraient promptement / s’en prendre à mon âme cruellement: / garde-moi, notre Dame, à l’abri de leurs complots, / afin que dans l’allégresse je puisse te glorifier.

Me gardant des langues perfides, / excellente Protectrice, montre-moi / imperméable aux œuvres de cette vie, / car tu as également ce pouvoir, / étant la Mère du Créateur.

Gloire: Te connaissant comme le dispensaire où l’on cesse de souffrir, / je te crie, dans la faiblesse de mon esprit et de mon corps: / Souveraine, guéris-moi et prends pitié, / sauve-moi, ton serviteur / qui me réfugie auprès de toi.

Maintenant: Toi que louent les anges et les humains, / tous ensemble nous te chantons, / Vierge Marie, et fidèlement / te prions, notre Dame, d’intercéder / afin que nous soyons délivrés de tout péril.

Ode 5

Seigneur, tu es venu comme la lumière en ce monde, / lumière sainte qui de la sombre ignorance fais revenir / ceux qui te chantent avec foi.

Dirige la prière de ton serviteur / vers ton Fils et ton Seigneur / afin que je trouve la rédemption / de mes nombreuses fautes, ô Vierge immaculée.

Délivre-moi des passions et des périls, / divine Épouse, puisque Dieu t’a désignée / pour intercéder auprès de lui / en faveur de mon indignité.

Gloire: Ma protection, ma joie et ma fierté, / c’est toi, souveraine Mère de Dieu; / car tu ne détournes jamais les yeux / de ceux qui se réfugient auprès de toi.

Maintenant: À présent demande pour nous / le pardon de nos péchés, / délivre-nous du péril et des passions impures / par tes prières, Vierge digne de nos chants.

Ode 6

Ton Église te crie à pleine voix: / Je t’offrirai le sacrifice de louange, Seigneur; / dans ta compassion tu l’as purifiée / du sang offert aux démons / par le sang qui coule de ton côté.

Dans les afflictions inattendues / qui s’abattent violemment sur moi, / tu es ma force et je te crie: / qu’elle est grande, Souveraine immaculée, / envers ton serviteur ta puissante protection!

De mon âme guéris les plaies, / Vierge pure, protège-moi, / délivrant ton serviteur / des injustes accusations, / des outrages et de la calomnie.

Gloire: Brise ceux qui m’en veulent injustement, / sans cesse à moi ton serviteur, / ne les laisse pas m’anéantir, / puisqu’en tant que Mère de Dieu / toute chose t’est possible.

Maintenant: Apaise en mon âme la tempête déchaînée, / car une multitude de péchés, / d’épreuves et d’afflictions / s’est élevée contre ton serviteur; / mais toi, notre Dame, sauve-moi.

Cathisme

De nombreuses fautes, moi le prodigue, ayant souillé mon esprit, / divine Mère, j’en appelle à ta puissante protection: / de mon âme illumine le regard, / m’éclairant des lumineux rayons du repentir, / et revêts-moi des armes de lumière, pure Génitrice de Dieu.

Ode 7

De la fournaise tu sauvas les enfants d’Abraham / et tu fis périr les Chaldéens / par le feu qu’ils avaient eux-mêmes préparé; / Seigneur louable hautement, / Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Par le glaive de tes prières détruisant / l’hostilité des fils d’Agar, / Vierge Marie, garde ton peuple et ton troupeau / qui chante à l’adresse de ton Fils: / Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Arche nouvelle, accueille-moi / qui me réfugie vers toi, / de peur que ne me prenne l’ennemi / cherchant à me perdre, moi qui chante pour ton Fils: / Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Gloire: Divine Génitrice, ô Marie, / viens vite au-devant de ton serviteur / en péril sur la houle des tentations / et qui, privé de toute aide, crie vers toi: / Espérance des sans-espoir, aie pitié de moi.

Maintenant: Les tentations humaines / responsables de nos fautes, ô Mère de Dieu, / par tes prières dissipe-les, / délivre aussi tes serviteurs / de tout dommage et de l’esclavage du péché.

Ode 8

Rédempteur du monde, Tout-puissant, / descendu au milieu de la fournaise, / tu as couvert les Jeunes Gens de rosée / et leur enseignas à psalmodier: / Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur.

Un peuple inique s’est levé contre nous, / se flattant de tuer tes serviteurs: / Vierge pure, arrête-le / et protège ceux qui chantent pour ton Fils: / Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur.

Puisque tu es ma force et mon secours, / je ne crains pas les outrages de l’ennemi, / Souveraine, mais je chante pour toi / et m’écrie à l’adresse de ton Fils: / Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur.

Gloire: À ma prière compatis, / donne-moi l’allégresse au lieu du deuil, / notre Dame, afin que je chante pour toi / et devant ton Fils je m’écrie: / Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur.

Maintenant: Ton abondante compassion, / toute-sainte Mère de Dieu, / nous sauve du jugement dû à nos péchés / et de toutes sortes de dangers: / ayant enfanté le Seigneur, tu prends pitié du monde entier.

Ode 9

Par sa faute et transgression / Ève instaure la malédiction; / mais toi, ô Vierge Mère de Dieu, / tu as fait fleurir pour le monde / la bénédiction par le fruit de tes entrailles; / et tous ensemble nous te magnifions.

Aiguisant ses armes contre nous, / l’Arabe perfide complote injustement, / mais toi, virginale Mère de Dieu, / par tes prières et par la force de la Croix / arme contre lui tes serviteurs, / afin que nous proclamions ta gloire.

Tu me donnes force contre l’ennemi, / notre Dame, tu me délivres du danger; / et moi, que t’offrirai-je en retour? / Vraiment, je me trouve au dépourvu, et cependant / je t’offre l’action de grâces que je sais: / accepte-la donc et sauve-moi.

Gloire: Resplendissante Mère du Créateur universel, / consolatrice des affligés, / protectrice de qui se trouve en péril, / réconfort de ceux qui ploient sous le fardeau, / prompt secours des malades, garde-moi / jusqu’à la fin de mes jours.

Maintenant: Au milieu de tant de fautes et de périls, / ne me dédaigne pas, Toute-digne d’être chantée; / mon sacrifice de louange en ton honneur, / je te l’adresse avec ce cri répété: / viens à mon aide, sainte Mère de Dieu; / et, te rendant gloire, je termine mon chant.

OFFICE DE MINUIT

Ode 1

Lorsqu’il eut franchi à pied sec / l’abîme de la mer Rouge, / l’antique Israël mit en fuite / au désert la puissance d’Amalec / grâce aux mains de Moïse étendues en forme de croix.

En trois personnes nous glorifions / la Trinité, divine majesté, / leur unique essence de même éternité / que nous supplions en disant: / sauve les fidèles qui te glorifient.

D’une huile d’allégresse en l’Esprit / le Fils a reçu du Père l’onction; / alors il assuma notre chair / et nous enseigna l’adoration / de l’unique Dieu en trois personnes.

Les Séraphins ne pouvant soutenir / l’éclat de ta gloire inaccessible, / Dieu unique au triple feu, / se couvrent de leurs ailes et sans cesse te glorifient, / en leurs hymnes célébrant le Trois-fois-saint.

Toute-pure, tu as enfanté / ineffablement le Créateur de l’univers, / celui qui sauve les mortels / de l’antique malédiction et de la poussière du tombeau: / grâce à toi nous connaissons l’unique Dieu en trois personnes.

Ode 3

Ce n’est pas en la sagesse que nous nous glorifions / ni dans la puissance ou les trésors, / mais dans la Sagesse du Père hypostasiée, / car il n’est d’autre Saint que toi, Jésus Christ.

À tes saints Apôtres, ô Christ, / lorsque tu envoyas une force d’en-haut, / d’auprès du Père le Paraclet, / tu révélas l’unique essence au triple feu.

Lorsqu’en l’apparence d’hommes tu parus, / triple Monade, au patriarche Abraham, / tu manifestas l’immutabilité / de ta bienveillante seigneurie.

Dieu unique aux trois aspects, / en nul espace circonscrit, / inaccessible à tout esprit, / sauve nos âmes de toute affliction.

Suivant les sages inspirations de ton Fils, / nous glorifions la divine Majesté / en l’unique essence au triple feu / et te disons bienheureuse, toujours-vierge Marie.

Cathisme

Triple Soleil incréé, consubstantiel, / Unité en trois personnes que nul ne peut saisir, / prends pitié de tes serviteurs, / Dieu de tendresse, sauve-les de tout danger, / car en toi nous possédons / le seul Maître et Rédempteur / et te crions: Fais-nous grâce, Seigneur.

Entourés de tant de malheurs / et des vicissitudes de la vie, / sans cesse acculés au désespoir, / en toi seule nous trouvons, / Vierge sainte, le salut, / l’espérance, la protection, / et c’est vers toi que nous accourons dans la foi / maintenant encore te criant comme il se doit: / Sauve tes serviteurs, ô Mère de Dieu.

Ode 4

Celui qui siège glorieusement / sur le trône de la divinité / est venu sur la nuée légère: / c’est Jésus, notre divin Sauveur; / et de sa main toute pure / il a sauvé ceux qui lai chantent: / Ô Christ notre Dieu, gloire à ta puissance.

Suprême Trinité / en l’unique Divinité, / nous glorifions ta seigneurie, / nous associant aux Séraphins, / et ta nature sans division ni confusion, / mais d’égale gloire partagée, / Dieu que nul esprit ne peut saisir.

Artisan de toute création / que nul espace ne contient, / nous te chantons, Divinité / répartie en trois personnes, / mais fortement soudée / en une seule seigneurie, / et seule surpassant tout horizon.

La raison suprême et sans commencement / engendre le Verbe ineffablement / et envoie l’Esprit divin / égal en force aux deux premiers, / et c’est pourquoi nous proclamons / consubstantielle Trinité / le Maître de toutes choses, notre Dieu.

C’est en figures que jadis / le Verbe se fit voir pour annoncer, / ô Vierge, son incarnation, / mais en ces derniers temps / il se montra en toute vérité / aux hommes pour leur révéler / des trois personnes l’unique majesté.

Ode 5

L’univers est transporté / par ta divine gloire, ô Vierge inépousée, / car tu as porté dans ton sein / le Dieu transcendant, / et tu mis au monde un Fils intemporel / qui accorde le salut / à ceux qui chantent ta louange.

Déduisant de notre foi / l’unique nature du Dieu / créateur et transcendant, / et la consubstantialité / de ses personnes principes de vie, / nous adorons le Père, le Fils et l’Esprit saint, / tous trois de même éternité.

Unique Dieu au triple feu, / éclaire-moi de la clarté / de ton substantiel éclat, / toi que nulle main n’a pu créer, / toi la source d’où jaillit toute splendeur, / afin que je puisse contempler / ton ineffable beauté.

Te sachant l’unique créateur / de toutes choses en vérité, / la cause de tout bien / et le très-sage nautonier, / le dispensateur de vie, / nous les fidèles te crions: / triple Soleil, garde les chantres de ton nom.

Voulant diviniser / l’homme jadis corrompu, / celui qui par amour l’avait formé / à l’image de Dieu / se fit homme, ô Vierge, dans ton sein / et nous annonça la triple majesté / de l’unique Divinité.

Ode 6

Le Prophète Jonas priant dans le ventre du poisson / préfigura les trois jours au tombeau en criant: / À la fosse rachète ma vie, / Jésus, Seigneur des puissances et mon Roi.

Le Père s’est manifesté, / proclamant la filiation du Christ; / au baptême se fit voir l’Esprit: / aussi nous glorifions l’unique et triple Majesté.

Lorsqu’il vit les Anges célébrer le Trois-fois-saint / siégeant sur le trône élevé, / Isaïe a reconnu en toi / les trois personnes de l’unique Majesté.

Roi très-haut, tri-personnel, / élève les cœurs de tes servants, / afin que de ta gloire nous voyions / clairement la lumineuse splendeur.

D’une Vierge, le Fils de Dieu / daigne prendre notre forme en son amour / et permet aux hommes de communier / à sa divine gloire.

Cathisme

En toute sagesse nous proclamons / le Père que nul n’a engendré / et le Fils né de lui / et l’Esprit saint du Père procédant, / éternelle Royauté, unique Divinité / que d’un même cœur nous glorifions en disant: / Trinité consubstantielle, sauve-nous, ô notre Dieu.

Celui qui surpasse tous les temps, / le Dieu qui précède tous les siècles, / tu l’as conçu dans le temps, / homme et Dieu ineffablement incarné; / c’est pourquoi, Vierge pure, te reconnaissant / comme la Mère de Dieu /à juste titre et en toute vérité, / nous ne cessons de te crier: / rends-nous dignes de la gloire éternelle.

Ode 7

Dans la fournaise de Perse les enfants d’Abraham, / plus que par l’ardeur des flammes embrasés par leur piété, / s’écriaient: Seigneur, tu es béni / dans le temple de ta gloire.

Imitant les hiérarchies célestes, / nous les mortels, nous glorifions / dans la vraie foi l’unique Dieu / en trois personnes agissant pareillement.

Les oracles des saints Prophètes de jadis / t’ont d’avance révélé en symboles / comme l’auteur des siècles et notre Dieu, / en trois personnes l’ineffable Seigneur.

Invisible par nature, Verbe et Créateur, / t’incarnant de la très-pure Mère de Dieu, / tu parus aux hommes pour rappeler l’humanité / vers la communion de la Divinité.

Ode 8

Daniel, étendant les mains, / dans la fosse ferma la gueule des lions; / les Jeunes Gens, pleins de zèle pour leur foi, / ceints de vertu, éteignirent la puissance du feu, / tandis qu’ils s’écriaient: Bénissez le Seigneur, / toutes les œuvres du Seigneur.

Lumière unique au triple feu, / essence éternelle et prodigieuse beauté, / en mon cœur viens habiter / et fais de moi le temple lumineux, / la demeure très-pure de ta divinité / pour que je chante: Bénissez le Seigneur, toutes les œuvres du Seigneur.

Indivisible Trinité, / inconfusible Unité, / délivre-moi de mes passions / et des ténèbres du péché, / éclaire-moi de tes rayons divins / pour que j’imagine et puisse célébrer, / Seigneur de gloire, ta divine splendeur.

Intelligence, Père inengendré, / Parole, Fils consubstantiel, / Esprit partageant la même royauté, / suprême, inexprimable, prodigieux, / à la fois Monade et Trinité, / en ton amour des hommes garde ton troupeau / par les prières de la Mère de Dieu.

Ode 9

Que tout fils de la terre exulte en esprit, / tenant sa lampe allumée, / que les Anges dans le ciel / célèbrent avec joie la sainte fête de la Mère de Dieu / et lui chantent: Réjouis-toi, / ô bienheureuse et toujours vierge, sainte Mère de Dieu.

Devant toi j’incline mon cœur et mon esprit, / les dispositions de mon âme et de mon corps: / tu es mon créateur et mon libérateur, / unique Roi au triple éclat, / et je te crie: sauve-moi, ton serviteur, / de toute épreuve et affliction.

Vers toi élève nos esprits, / Dieu très-haut, éclaire-nous de tes rayons, / Père, Verbe, Paraclet, / qui habites une lumière inaccessible, / Soleil de gloire, prince de clarté, / pour qu’en trois personnes je te glorifie comme un seul Dieu.

Sauve ceux qui croient en toi, Seigneur, / et proclament ton éternité, / en l’unité d’essence la trinité / des personnes d’égale seigneurie, / et rends-nous dignes de ta gloire dans les cieux / par les prières de la Mère de Dieu.

LE DIMANCHE MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Voyant l’entrée du tombeau / et ne pouvant soutenir l’éclat de l’Ange éblouissant, / les saintes femmes porteuses de parfums / furent saisies d’effroi et disaient: / A-t-on volé celui qui ouvrit au Larron le Paradis? / s’est-il levé, celui qui avant sa Passion annonçait déjà sa Résurrection? / Il est vraiment ressuscité, le Christ notre Dieu, / accordant à ceux de l’Enfer / la vie immortelle et la résurrection.

Librement tu as voulu souffrir la croix, Dieu Sauveur, / en un sépulcre neuf les mortels t’ont déposé, / toi dont le verbe rassemble les confins de l’univers; / et par ta vivifiante Résurrection / l’hostile Mort fut enchaînée et dépouillée, / et les captifs de l’Hadès crièrent: Le Christ est ressuscité, / pour les siècles il demeure, comme Source de vie!

Joseph fut saisi d’effroi en contemplant / le mystère où la nature est dépassée, / il se souvint de la toison couverte de rosée, / Mère de Dieu, lorsque sans semence tu conçus, / du buisson non consumé par le feu, / du rameau d’Aaron qui fleurit; / ton époux et ton gardien / te rendit témoignage devant les prêtres en criant: / La Vierge enfante et demeure vierge même après l’enfantement!

Cathisme II

Sauveur immortel, tu es ressuscité, / réveillant avec toi le monde entier; / par ta puissance, ô Christ notre Dieu, / tu as brisé l’empire de la mort; / Dieu de tendresse, tu as montré / à tous les hommes la résurrection. / Toi qui nous aimes, nous te glorifions.

Descendu des parvis célestes, / Gabriel s’approcha de la pierre où se trouva le Roc de notre vie; / vêtu de blanc, il cria aux femmes éplorées: / Cessez vos chants funèbres, car vous possédez pour toujours celui que vous aimez; / prenez courage, car il est vraiment ressuscité, / celui que vous cherchez en pleurant; / allez dire aux Apôtres: Il est ressuscité, le Seigneur!

Vierge pure, les Anges en chœur / furent frappés de stupeur / devant le mystère terrifiant / de ton divin enfantement: / comment celui qui d’un seul geste rassemble l’univers / est-il porté sur tes bras comme un enfant? / comment le Dieu d’avant les siècles connaît-il un début? / comment est allaité celui qui nourrit / toute chair en son ineffable bonté? / aussi les Anges t’acclamant / te glorifient à juste titre comme la Mère de Dieu.

Hypakoi

Premières annonciatrices de ta merveilleuse Résurrection, / les Myrophores, Seigneur, / coururent vers tes Apôtres en disant: / Le Christ est ressuscité comme Dieu, / accordant au monde la grande miséricorde.

Anavathmi

Antienne 1

Dès ma jeunesse elles m’ont traqué, / les passions qui m’assaillent, / mais toi, ô mon Sauveur, / protège-moi et sauve-moi.

Que soient tous confondus par le Seigneur, / les ennemis de Sion, / qu’ils soient comme l’herbe que roussit / le feu qui la dessèche!

Gloire au Père ... Maintenant ...

C’est par grâce de l’Esprit saint / que toute âme vit / et s’élève en toute pureté / pour resplendir de la triple unité en un mystère sacré.

Antienne 2

Avec ardeur je crie vers toi, Seigneur, / du fond de mon âme: / que ton oreille, ô mon Dieu, / se fasse attentive à ma voix!

Tout homme qui met / dans le Seigneur son espérance, / s’élèvera bien haut / au-dessus de tout chagrin.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Ils jaillissent du saint Esprit, / les flots de la grâce / qui arrosent l’entière création / pour faire éclore la vie.

Antienne 3

Vers toi j’élèverai mon cœur, / vers toi, ô Verbe de Dieu: / que nul des plaisirs de cette vie / ne m’entraîne aux misères d’ici-bas!

Comme éprouve de l’affection / un fils pour sa mère, / plus encore devons-nous avoir / pour le Seigneur un fervent amour.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Richement nous infuse l’Esprit saint / sagesse, contemplation et connaissance de Dieu: / en lui le Verbe a révélé / du Père l’éternel dessein.

Prokimenon, ton 4: Lève-toi, Seigneur, viens à notre aide, et rachète-nous pour la gloire de ton nom. Verset: ô Dieu, nous avons entendu de nos oreilles, nos pères nous ont raconté l’œuvre que tu fis de leur temps, aux jours d’autrefois.

Ode 1

Lorsqu’il eut franchi à pied sec / l’abîme de la mer Rouge, / l’antique Israël mit en fuite / au désert la puissance d’Amalec / grâce aux mains de Moïse étendues en forme de croix.

Notre déchéance, tu la redressas / lorsque tu fus élevé / sur le bois de la précieuse Croix, / nous sauvant de l’arbre pernicieux, / Dieu de bonté et Seigneur tout-puissant.

Au tombeau avec ton corps, / aux Enfers avec ton âme, comme Dieu, / au Paradis avec le bon Larron, / tu siégeais sur le trône avec le Père et l’Esprit, / Christ partout présent et remplissant l’univers.

Selon la volonté du Père tu conçus / sans semence le Fils de Dieu / grâce à l’Esprit; et dans la chair tu enfantas / celui qui est sans mère dans les cieux / et qui sans père est né de toi pour nous sauver.

* * *

Ma bouche s’ouvrira

De sa misère tu guéris l’humanité, / par ton sang divin la rénovant; / tu brisas dans ta force le puissant / qui jadis avait brisé, / Seigneur, l’ouvrage de tes mains.

Par ta mort tu es devenu / la résurrection des morts; / la force de la mort a disparu / au contact de la Vie éternelle, / Seigneur de l’univers et Dieu incarné.

Sublime plus que les Puissances des cieux, / la Vierge qui t’a porté: / car son sein est devenu / ton divin temple vivant, / ta montagne sainte, ô notre Dieu.

* * *

Comme les cavaliers de Pharaon / submerge mon âme, je t’en prie, / dans l’océan d’impassibilité, / toi qu’une Vierge a enfanté, / afin que sur le tambourin / par la mortification de mon corps / je te chante l’hymne de victoire.

Les peuples furent ébranlés, / les nations bouleversées, / de puissants royaumes renversés, / saisis d’effroi devant ton Fils / car, ô Vierge, il est venu, / le Roi vainqueur du tyran, / et de la fosse il a sauvé le monde entier.

Celui qui loge dans le ciel très-haut / est descendu chez les mortels; / le Christ a sanctifié / sa demeure, et l’a rendue stable: / car seule après l’enfantement / la Mère du Créateur est demeurée / le joyau de la virginité.

Ode 3

Ton Église, ô Christ, / en toi se réjouit et te crie: / Seigneur, tu es ma force, / mon refuge et mon soutien.

L’arbre de la vie, / la Vigne en esprit et vérité / sur la croix est suspendue, / source d’ambroisie pour tout mortel.

Grand et redoutable Seigneur / qui brisas l’arrogance de l’Enfer, / incorruptible comme Dieu, / tu t’éveilles aussi avec ton corps.

Toi seule, ô Mère de mon Dieu, / pour les hommes tu es devenue / l’intendante des trésors surnaturels: / aussi nous te chantons: Réjouis-toi.

* * *

Garde sous ta protection

Le Serpent fixa sur moi, / Sauveur, ses dents qui versent le venin, / mais par les clous perçant tes mains / tu les as brisées, Dieu tout-puissant: / car nul n’est Saint comme toi parmi les Saints.

Ami des hommes, tu t’es voulu montrer / au sépulcre comme un mort donnant la vie / et tu as ouvert les portes de l’Enfer / aux âmes s’y trouvant depuis Adam: / car nul n’est Saint comme toi parmi les Saints.

Comme un guéret non labouré / tu as produit l’Épi de vie / qui procure l’immortalité / à tout homme y communiant: / le Saint qui repose saintement parmi les Saints.

* * *

Du haut du ciel tu descendis / sur terre selon ta volonté, / toi qui domines tout pouvoir, / et du plus profond de l’Hadès / tu élevas l’humble nature des mortels: / car il n’est d’autre Saint / que toi, l’Ami des hommes.

La nature des mortels / fut purifiée grâce à toi / au contact du feu divin: / comme sous la cendre le pain, / Vierge tout-immaculée, / sans dommage tu subis le feu / du Dieu qui telle te garda.

Quelle est-elle, celle-ci, / tout près de Dieu en vérité, / qui surpasse en dignité / les hiérarchies angéliques? / C’est la seule mère qui resplendit / dans l’éclat de la virginité / puisqu’elle mit au monde le Tout-puissant.

Ode 4

Te voyant suspendu à la croix, / toi, le Soleil de justice, / l’Église depuis sa place / s’écria en toute vérité: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Sur la croix tu es monté / pour guérir nos plaies par la Passion / qu’en ta chair immaculée tu supportas; / c’est pourquoi nous te crions: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

La mort ayant goûté, Seigneur, / de ton corps sans faille et vivifiant, / fut mise à mort comme il se doit; / c’est pourquoi nous te crions: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Sans épousailles, ô Vierge, tu conçus / et te montres vierge même après l’enfantement; / c’est pourquoi nos incessantes voix / dans une foi que rien n’ébranlera / te chantent, ô notre Dame: Réjouis-toi.

* * *

L’ineffable projet divin / de ta virginale incarnation, / Dieu très-haut, le prophète Habacuc / l’a saisi et s’écria: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Ô Christ, le dépositaire de la Loi / ne reconnut pas en toi / le divin Législateur, / mais transgressant la loi qu’il aurait dû garder, / tel un hors-la-loi il te fixa sur une croix.

Sauveur, ton âme divinisée, / aux Enfers cueillant riche butin, / ressuscita les âmes s’y trouvant depuis Adam / et ton corps porteur de vie / devint la source de notre immortalité.

En toi nous glorifions en vérité / la toujours-vierge Mère de Dieu, / Toute-pure que préfigura / pour Moïse qui vit Dieu / le buisson non consumé par le feu.

* * *

Celui qui siège glorieusement

L’Invisible s’est fait voir / conversant avec les hommes / en sa divine condition / que nulle main ne peut cerner; / lui si loin de notre humanité, / il en prit la forme pour sauver / ceux qui te reconnaissent pour la Mère de Dieu.

La Vierge accueille l’Immatériel / en notre matérielle condition / et voici qu’il y prend part / en devenant petit enfant: / Dieu porteur de notre chair / et mortel hissé jusques au ciel, / il est unique en deux natures.

Vierge après l’enfantement / t’a gardée le Verbe Dieu / que sans semence tu conçus, / l’abritant en ton sein vierge, / et pendant l’enfantement / il te garda vierge encore, / lui l’Artisan de toute création.

Ode 5

Seigneur, tu es venu comme la lumière en ce monde, / lumière sainte qui retire de la sombre ignorance / ceux qui te chantent avec foi.

Seigneur, tu descendis sur terre par compassion / et, fixé au bois, tu relevas / la nature humaine déchue.

Christ, tu as ôté le poids de mes péchés, / Dieu de tendresse, et mis un terme aux peines de la mort / par ta divine Résurrection.

Tu es l’armure nous gardant de l’Ennemi, / en toi nous possédons, divine Fiancée, / notre espérance et notre ancre de salut.

* * *

L’univers est transporté

Tout entier te dévora le fol Hadès, / car te voyant fixé au bois, / transpercé par une lance, / privé de souffle, toi le Dieu vivant, / il te prit pour un mortel, / mais à l’épreuve il reconnut / la force de ta Divinité.

L’Enfer et le tombeau / s’étant partagé après sa destruction, / Ami des hommes, le temple de ton corps, / malgré eux furent contraints / de payer tous deux leur dû: / le tombeau rendant les corps / et l’Enfer, les âmes de tes Saints.

Voici que s’accomplit / l’oracle du Prophète maintenant: / Vierge inépousée, tu as porté / dans ton sein le Dieu transcendant / et tu mis au monde un Fils intemporel / qui accorde la paix / à ceux qui chantent ta louange.

* * *

Maintenant je vais me lever, / dit le Seigneur en prophétie, / je vais être glorifié et exalté / en assumant l’humanité déchue / pour la hisser vers la clarté / spirituelle de ma divinité.

Demeure de la gloire, montagne sainte de Dieu, / chambre nuptiale et temple sanctifié, / Toute-pure, le Fils de Dieu / élisant demeure en toi / en fit pour nous un paradis / d’éternelles délices.

D’entrailles virginales, ô Christ, / sans semence tu pris une chair / subsistante et immaculée, / raisonnable, spirituelle et animée, / douée de vouloir et d’énergie, / souveraine et indépendante.

Le sein d’une vierge a confondu / l’arrogance du tyran: / un enfant examine de la main / le nid funeste de l’aspic / et, renversant le rebelle orgueilleux, / il l’a mis sous les pieds des croyants.

Ode 6

Ton Église te crie à pleine voix: / ‘ Je t’offrirai le sacrifice de louange, Seigneur ‘; / dans ta compassion tu l’as purifiée / du sang des démons / par le sang qui coule de ton côté.

Ceint de puissance, tu es monté sur la croix / et, dans ta lutte contre le tyran, / de ta hauteur divine tu l’as renversé / et par ton invincible main / tu nous ressuscitas avec toi.

Du tombeau tu es ressuscité, / Christ éblouissant de beauté; / tu dispersas l’ensemble de tes ennemis / par ta divine seigneurie / et Dieu, tu as rempli de joie l’univers.

Merveille qui surpasse les merveilles de jadis! / une Vierge dans son sein / a conçu sans épousailles, / et sans qu’il y fût à l’étroit, / celui qui tient le monde dans sa main.

* * *

J’ai sombré au plus profond de l’océan / et je fus englouti / sous la houle de mes nombreux péchés, / mais toi, ô Dieu d’amour, / à la fosse tu arraches ma vie.

L ‘Enfer ouvrit sa gorge et m’avala, / il s’en fit gloire, l’insensé! / mais le Christ, y descendant, / me ramena vers la vie / en son amour pour les hommes.

La Mort est prise par la mort: / un mort se lève du tombeau, / me donnant la vie incorruptible; / puis se montrant aux Femmes, / immortel, il leur annonce la joie.

Demeure de l’inaccessible Dieu / s’est révélé ton sein très-pur, / Mère de Dieu immaculée / sur laquelle les armées des cieux / n’ont pu, sans crainte, fixer leur regard. /

Le Serpent jadis m’a pris à l’hameçon, / causant ma perte et mon trépas / par la faute d’Ève, ma première mère, / mais grâce à toi celui qui m’a créé, / Vierge pure, m’a tiré de la fosse.

Vierge, l’Océan de compassion / ineffablement révèle en toi / de ses merveilles l’océan choisi, / car de toi le Christ, ce pur joyau, / a resplendi de tout l’éclat du divin.

Kondakion

Mon sauveur et mon libérateur / a ressuscité tous les mortels, / les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau; / il a brisé les portes de l’Enfer, / et en Maître souverain il est ressuscité le troisième jour.

Ikos

Le ressuscité des morts, le Christ source de vie, / sorti du tombeau le troisième jour, / en ce jour a brisé les portes de la mort, / par sa propre puissance il a tué l’Enfer, / il a rompu l’aiguillon de la mort / et remis Adam et Ève en liberté: / chantons-le, nous tous les mortels, / dans l’action de grâce lui adressant une louange continue; / car il est le seul Dieu tout-puissant / et le Maître qui ressuscite le troisième jour.

Ode 7

Dans la fournaise de Perse les enfants d’Abraham, / plus que par l’ardeur des flammes embrasés par leur piété, / s’écriaient: Seigneur, tu es béni / dans le temple de ta gloire.

Lavé par le sang divin du Christ, / le genre humain est invité à la vie immortelle, / dans l’action de grâce te chantant: / Seigneur, tu es béni / dans le temple de ta gloire.

Plus précieux que le Paradis en vérité, / plus brillant que toute demeure de Roi, / ô Christ, nous est apparu / ton sépulcre vivifiant: / il est la source de notre résurrection.

Réjouis-toi, demeure sanctifiée, / divin tabernacle du Très-Haut; / Mère de Dieu, c’est par toi / que nous est donnée la joie et nous crions: / Tu es bénie entre les femmes, Souveraine immaculée.

* * *

Ils n’adorèrent pas la créature

Fixé au bois, tu as humilié / l’œil hautain de l’orgueilleux, / jusqu’à terre tu as abaissé / le sourcil de l’effronté / et tu sauvas l’humanité: / Seigneur digne de louange / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Par ta puissance tu relevas / le front de tes adorateurs; / ressuscité d’entre les morts, / tu vidas l’Enfer de ses trésors: / la multitude des humains / qui s’y trouvait auparavant. / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Nous conformant aux paroles inspirées, / nous glorifions l’unique Divinité / comme en trois lampes rayonnant / sans confusion ni division, / clarté sans soir illuminant / l’entière création / qui chante: Ô notre Dieu, tu es béni.

* * *

À Babylone les trois jeunes Gens, / considérant comme folie / l’ordre donné par le tyran, / au milieu des flammes te criaient, Seigneur: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Le feu qui brûle dans mon cœur / m’incite à célébrer / par des chants le virginal amour, / disant à la Mère et Vierge: Tu es bénie, / le Seigneur des Puissances est avec toi.

Mère de Dieu qui enfantas / le Créateur et le Seigneur, / des créatures tu occupes le sommet; / aussi je te chante: Tu es bénie, / le Seigneur des Puissances est avec toi.

Te vénérant comme l’unique Seigneurie / indivise en une triple sainteté, / Nature en trois personnes, je te crie / en mes hymnes: Tu es bénie, / toi qui diriges l’univers.

Ode 8

Daniel, étendant les mains, / dans la fosse ferma la gueule des lions; / les jeunes Gens, pleins de zèle pour leur foi, / ceints de vertu, éteignirent la puissance du feu, / tandis qu’ils s’écriaient: Bénissez le Seigneur, / toutes les œuvres du Seigneur.

Sur la croix tu étendis les mains / pour rassembler toutes les nations / en une seule Église, Seigneur, / qui te chante sur terre et dans les cieux / d’un même chœur: Bénissez le Seigneur, / toutes les œuvres du Seigneur.

Aux Femmes est apparu un Ange étincelant / dans l’inaccessible clarté de la Résurrection: / Pourquoi cherchez-vous dans le tombeau / comme un mort, dit-il, Celui qui vit? / Il est ressuscité, le Christ pour qui nous chanterons: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Toi seule parmi toutes les générations, / Vierge pure, fus la Mère de Dieu, / tu en devins la demeure immaculée / sans brûler au feu de sa clarté, / Marie, divine Épouse, et c’est pourquoi / d’âge en âge nous te bénissons.

* * *

Les nobles Jeunes Gens

À la vue de ton injuste immolation, / saisie de tristesse, gémit la création: / la terre tremble, et le soleil / des ténèbres a revêtu le noir manteau; / et nous-mêmes, Christ Sauveur, / sans relâche te chantons / et t’exaltons dans tous les siècles.

Descendu vers moi jusqu’en l’Hadès / et frayant pour tous la route de résurrection, / me prenant sur tes épaules, tu es remonté / et tu m’as ramené vers le Père; / aussi dans l’allégresse je crie vers toi: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

La prime Intelligence et cause de l’univers, / le Père seul, sans cause, nous le glorifions / avec le Verbe sans commencement / et l’Esprit consolateur, / un seul Dieu, Seigneur et Créateur, / Trinité consubstantielle que nous adorons, / l’exaltant dans tous les siècles.

* * *

Rédempteur du monde, Tout-puissant, / au milieu de la fournaise descendu, / de rosée tu as couvert les jeunes Gens / et leur enseignas à psalmodier: / Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur.

Du côté d’Adam il t’a formée / et prit chair de ta virginité, / le Seigneur de l’univers / que nous chantons en disant: / Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur.

Sous la tente, Abraham a contemplé / le mystère qui en toi s’est accompli, / car il reçut ton Fils avant qu’il ne prît chair / et chantait, ô Mère de Dieu: / Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur.

Vierge, l’ébauche de ta virginité / pour les Jeunes Gens fut le salut: / leur nombre était celui de la Trinité / et dans leur corps vierge ils ont foulé le feu, / criant: Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Ode 9

Le Christ, pierre angulaire que nulle main n’a taillée, / fut taillé de toi, ô Vierge, montagne inviolée; / c’est lui qui réunit les natures séparées: / aussi, pleins d’allégresse et de joie, / Mère de Dieu, nous te magnifions.

Tout mon être, tu l’assumes entièrement / dans l’union sans confusion, / à tout mon être tu accordes le salut / par la Passion que tu as subie sur la croix / en ton corps, ô Dieu de compassion.

Lorsqu’ils virent le sépulcre ouvert / et le corporal divin / abandonné en ta Résurrection, / tes Disciples avec les Anges s’écriaient: / Le Seigneur est vraiment ressuscité!

Fidèles, en chœur nous adorons / de la divine essence l’Unité, / mais des personnes l’inconfusible Trinité / partageant même force et dignité, / Dieu que dans la foi nous magnifions.

* * *

Que tout fils de la terre

En l’Éden, par ruse, le serpent / subrepticement me fit captif; / contre le roc du Calvaire le Tout-puissant comme enfant de Babylone l’a brisé, / m’ouvrant par l’arbre de la Croix / de nouveau le chemin du Paradis.

Les places fortes de l’Ennemi, / tu en fais un lieu dévasté; / de ta puissante main tu pilles ses trésors, / me ressuscitant des antres de l’Hadès / et tournant en dérision / celui qui jadis sans mesure se vantait.

Viens visiter ton pauvre peuple en son malheur; / et dans ta force et compassion / que ta main renforce ceux qui sont marqués / du royal signe de ta croix / contre les blasphèmes de nos ennemis / et pour sauver ton héritage, Christ ami des hommes.

* * *

Le mystère divin le plus secret / en toi se manifeste et s’accomplit, / Vierge pure, car Dieu par amour / en ton sein s’est incarné / et comme Mère de Dieu nous te magnifions.

Vierge, comme un lis nous te voyons / teint dans la pourpre de l’Esprit / resplendissant au milieu des épines / et comblant de son parfum / ceux qui réellement te magnifient.

Lorsqu’en ton sein, ô Vierge immaculée, / l’Immortel par compassion / prit notre fluctuante condition, / en lui-même il l’exempta de corruption; / et comme Mère de Dieu nous te magnifions.

Reine qui domines toute création, / à ton peuple accorde la victoire et ses trophées / et qu’à l’Église se rallient nos ennemis! / Alors, ô Mère de Dieu, / il sera juste que nous te magnifiions.

Laudes

Tu as souffert la mort sur la croix / et tu es ressuscité des morts: / Seigneur tout-puissant, nous glorifions ta sainte Résurrection.

Par ta croix, ô Christ, tu nous as délivrés de l’antique malédiction, / par ta mort tu as anéanti le diable qui tyrannisait le genre humain, / par ta Résurrection tu as rempli de joie tout l’univers; / aussi nous te chantons: / Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à toi.

Par ta croix, ô Christ notre Sauveur, / conduis-nous vers ta vérité, / arrache-nous aux filets de l’Ennemi. / Ressuscité d’entre les morts, / relève-nous du péché où nous sommes tombés / et que ta main, Seigneur, se tende vers nous / à la prière de tes Saints.

Fils unique et Verbe de Dieu, / tu n’as pas quitté le sein paternel / quand par amour pour les hommes tu es venu sur terre / et t’es fait homme sans changement; / et dans ta chair tu as souffert la mort sur la croix, / Dieu sauveur impassible en ta divinité; / mais ressuscité des morts, / tu accordas l’immortalité au genre humain, Seigneur tout-puissant.

* * *

En ta chair tu acceptas la mort, / Dieu sauveur, pour nous faire don de la vie immortelle; / au tombeau tu as voulu demeurer / pour nous délivrer de l’Enfer / en nous faisant partager ta Résurrection, / souffrant dans ta chair, mais ressuscité comme Dieu; / c’est pourquoi nous te chantons: / Gloire à toi, Source de vie, Seigneur ami des hommes.

Les rochers se fendirent, / lorsque sur le Calvaire fut enfoncée ta croix, / et l’Enfer trembla d’effroi lorsqu’au sépulcre on déposa ton corps, / car tu as détruit la force de la mort, / en accordant aux morts l’immortalité / par ta Résurrection, Dieu sauveur: / Source de vie, Seigneur, gloire à toi.

Les saintes Femmes désiraient voir / ta Résurrection, ô Christ notre Dieu; / Marie Madeleine, première venue, / trouva la pierre enlevée du tombeau / et l’Ange assis qui leur demanda: / Pourquoi cherchez-vous parmi les morts Celui qui vit? / Il est ressuscité comme Dieu / afin de sauver l’univers.

Où est Jésus que vous croyiez garder? / dites-nous où il est, / celui qu’au tombeau vous avez déposé / en mettant sur la pierre des scellés. / Rendez-nous son corps, négateurs de la Vie! / rendez-nous l’Enseveli / ou croyez au Ressuscité! / et même si vous la taisez, / les pierres proclameront la Résurrection du Seigneur, / et surtout celle qui fut roulée / pour libérer l’entrée du tombeau. / Grande est ta miséricorde, Seigneur, / grand est le mystère de ton œuvre de salut! / Ô notre Sauveur, gloire à toi.

Gloire au Père... Eothinon

Maintenant...

Tu es toute bénie, Vierge Mère de Dieu, / car celui qui a pris chair de toi a triomphé de l’Enfer; / par lui Adam et Ève furent délivrés de la malédiction, / la mort fut mise à mort et nous avons été vivifiés; / c’est pourquoi nous élevons la voix pour chanter: / Béni sois-tu, ô Christ notre Dieu, qui l’as voulu ainsi! Gloire à toi.

LITURGIE

Béatitudes

À cause de l’arbre défendu / Adam fut exilé du Paradis, / mais par l’arbre de la croix le Larron y entra; / car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, / l’autre partageant ta crucifixion, confessa ta divinité: / Souviens-toi de moi dans ton Royaume.

Seigneur exalté sur la Croix, / tu as brisé la puissance de la mort, / effaçant la cédule écrite contre nous; / accorde-nous la repentance du Larron / et donne à tes fidèles serviteurs, ô Christ notre Dieu, / de te crier comme lui: / Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

D’un coup de lance, sur la croix / tu as déchiré la cédule écrite contre nous; / et compté parmi les morts, tu as enchaîné le prince de l’Enfer, / délivrant tous les hommes des liens de la mort / par ta Résurrection dont la lumière a brillé sur nous; / Seigneur ami des hommes, nous te crions: / Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

Crucifié et ressuscité du tombeau, / Dieu tout-puissant, le troisième jour, / avec toi, seul Immortel, tu ressuscitas le premier homme, Adam; / donne-moi, Seigneur, de prendre aussi la voie du repentir / afin que de tout mon cœur / et dans l’ardeur de ma foi sans cesse je te crie: / Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton Royaume.

Pour nous l’Impassible devient homme de douleur / et sur la croix se laisse clouer / afin de nous ressusciter avec lui; / aussi nous glorifions avec la Croix / les Souffrances et la sainte Résurrection / par lesquelles nous fumes rénovés, / obtenant le salut en criant: / Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

Ressuscité d’entre les morts / et dépouillant l’empire de la Mort, / il apparut aux Myrophores, leur annonçant la joie; / et nous fidèles, prions-le / d’épargner à nos âmes la corruption, / lui répétant sans cesse la parole du bon Larron: / Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

Gloire au Père...

Fidèles, glorifions d’un même cœur / le Père, le Fils et l’Esprit saint, / invoquons en trois personnes l’unique Divinité / indivisible, inaccessible, sans confusion, / qui nous sauve des flammes du châtiment.

Maintenant ...

Ta Mère, Seigneur, t’enfanta virginalement / et vierge elle est demeurée même après l’enfantement: / c’est elle que nous te présentons pour intercéder auprès de toi; / accorde à sa prière le pardon des péchés / pour ceux qui ne cessent de te crier: / Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

Lundi

LE DIMANCHE SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Allons, ma pauvre âme, prosterne-toi devant Dieu / et pleure à chaudes larmes en disant: J’ai péché! / Avant la fin cherche grâce auprès du Créateur / et crie-lui de tout cœur: / Ô mon Dieu, ne rejette pas mes gémissements, / ne méprise pas la contrition de mon cœur, / Seigneur, en ta grande miséricorde.

De jour et de nuit, / le perfide Ennemi qui me combat / ne cesse de me prendre à l’appât / et me pousse pour ma perte dans le gouffre du mal, / mais toi, seule Bonté, libère-moi de sa tyrannie / et de toute nécessité; / Jésus, mon doux Sauveur, / sauve-moi de toute forme de châtiment.

J’abrite en moi d’oppressantes pensées / qui m’éloignent de toi; / tes préceptes, Seigneur, je les ai transgressés / au lieu de faire ta volonté, / mais daigne, Seigneur, habiter en moi / dans l’abondance de ta pitié / et m’enseigner à faire ta volonté, / dans ta bonté et ton amour des hommes.

* * *

Les chœurs angéliques, les divines armées, / tu les préparas pour être de ta clarté / les agréables demeures, les très-purs instruments: / témoins de ta gloire entourant ton trône divin, / exécutant tes ordres avec force, efficacement / et pleins de zèle pour accomplir tes volontés, / Seigneur ami des hommes.

Voulant manifester l’océan de ton amour, / toi l’éternelle Bonté, / pour commencer tu créas d’un geste tout-puissant / par ta divine volonté / les chœurs des Anges, leur puissante armée: / car il fallait en vérité / que le bien se répande à profusion / et qu’abonde ta grâce, Seigneur.

Les Séraphins aux six ailes, / les Chérubins aux yeux innombrables, / les Trônes sublimes se tiennent près de toi, / jouissant directement de ta lumineuse clarté: / avec les Anges, les Archanges, les Principautés, / les Puissances, les Dominations, les Vertus, / célébrant ta divine gloire, Tout-puissant, / ils intercèdent en notre faveur auprès de toi.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Toute-sainte qui m’assures auprès du Seigneur / ton inlassable prière, ta constante protection, / apaise les tentations, calme la houle de mes passions, / console mon cœur affligé, / ô Vierge, je t’en supplie, / et de ta grâce comble mon esprit, / afin qu’à juste titre je te glorifie.

Apostiches

Seigneur, je voulais effacer dans mes pleurs / la cédule de mes péchés, / afin que ma conversion te rende agréable le reste de ma vie, / mais dans sa ruse l’Ennemi / s’est acharné contre mon âme: / Seigneur, avant la fin sauve-moi.

Quel est le naufragé / qui touchant ton havre ne soit sauvé? / quel malade n’obtiendra de ton savoir la guérison? /Créateur de tous et sage médecin, / Seigneur, avant la fin sauve-moi.

Ô Christ notre Dieu, / glorifié dans la mémoire de tes Saints, / par leur intercession envoie sur nous la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Réjouis-toi, lumineuse Nuée, / réjouis-toi, chandelier de la Clarté, / réjouis-toi, ciboire où la Manne est conservée, / réjouis-toi, rameau fleuri d’Aaron, / Buisson qui brûles sans se brûler, / Lampe, Trône et Montagne sacrée, / réjouis-toi, mystique Portail, / réjouis-toi, l’espérance des croyants.

LE DIMANCHE SOIR À COMPLIES

Ode 1

Lorsqu’il eut franchi à pied sec / l’abîme de la mer Rouge, / l’antique Israël mit en fuite / au désert la puissance d’Amalec / grâce aux mains de Moïse étendues en forme de croix.

Agrée la prière que de tout cœur / je t’adresse, Souveraine immaculée / qui as enfanté dans la chair notre Dieu; / vers ton aide puissante je me réfugie: / puisse mon espérance ne pas être déçue!

Tel un serviteur, je me prosterne devant toi, / divine Génitrice immaculée: / vu l’immense crédit que tu possèdes auprès de Dieu, / par tes prières délivre-moi de toute affliction / en intercédant auprès de ton Fils.

Gloire: Secoué par la houle sur l’océan de cette vie, / alors que m’étreignent les furieuses passions, / j’aborde au havre serein / de ta sainte protection: / divine Mère, préserve-moi du malheur.

Maintenant: De ton doux regard compatissant / considère ton serviteur; / hâte-toi de l’exaucer, en ta bonté, / accomplis l’objet de sa prière, Vierge immaculée, / et renverse les conseils des impies.

Ode 3

Ton Église, ô Christ, / en toi se réjouit et te crie: / Seigneur, tu es ma force, mon refuge et mon soutien.

Tu es, notre Dame, pour les croyants / l’aide contre l’ennemi, / leur défense dans les combats, / le refuge de qui se trouve en l’affliction.

Le Dieu de tous qu’en la chair tu as enfanté, / prie-le comme ton Fils / de m’accorder la délivrance de mes maux / dès la présente vie.

Gloire: Regarde avec compassion, / notre Dame, notre indignité, / pour que tes serviteurs soient délivrés / du courroux les menaçant.

Maintenant: Notre Dame, par ta protection / nous sommes sauvés en tout temps / de toute sorte d’affliction / et nous rendons louange à ton Fils.

Ode 4

J’ai entendu ta voix / et de crainte je suis rempli, / j’ai reconnu ton œuvre admirable, Seigneur.

Grâce au crédit que tu possèdes auprès de ton Fils, / éloigne de moi, divine Mère, les épreuves m’accablant, / ruine les complots de l’ennemi qui me combat.

Chœur des Anges, des Justes, des Martyrs, / assemblée des Prophètes, des Apôtres, des Moines saints, / priez pour nous le Christ avec la Mère de Dieu:

Gloire: Reçois la prière que ta glorieuse Mère, ô Christ, / t’adresse pour le monde, compatissante: Ô mon Fils, agrée mon intercession / et calme le courroux dont la terre est menacée.

Maintenant: Devant toi je me prosterne et je te prie du fond de mon cœur / détourne de moi les épreuves, afin que sauvé du malheur, / je puisse offrir une hymne à ta splendeur.

Ode 5

Les impies ne verront pas ta gloire, ô Christ, / mais nous qui la nuit veillons devant toi, / Fils unique et divin Reflet / de la paternelle splendeur, / Ami des hommes, nous te célébrons.

Espérance des humains, / Vierge pure, et leur soutien, / de notre indignité / nous te prions d’avoir pitié: / délivre-nous de la colère qui nous attend.

Ta prière étant pour nous, / Vierge pure, l’inexpugnable rempart, / notre Dame, nous t’invoquons: / sois compatissante envers nous / et chasse nos ennemis visibles.

Gloire: Sans cesse nous glorifiant / de l’espérance que nous mettons en toi, / puissions-nous ne pas être déçus: / nous l’implorons de ta bonté / devant laquelle nous nous prosternons.

Maintenant: De ta main tout-immaculée / chasse au loin les ennemis / qui se sont levés contre nous, / et que ces misérables comprennent enfin / que sur toi repose notre espoir.

Ode 6

Le prophète Jonas priant dans le ventre du poisson / préfigura les trois jours au tombeau en criant: / À la fosse rachète ma vie, / Jésus, Seigneur des puissances et mon Roi.

Ami des hommes, efface nos péchés; / nous te le demandons par les prières de la Vierge qui t’enfanta: / ô Verbe, c’est pour nous, en effet, / que tu as versé ton sang précieux.

Injustement s’est réunie contre nous / la perfide assemblée de nos assaillants; / mais toi, divine Épouse, terrasse-la / comme jadis il advint à Simon le magicien.

Gloire: Exauce notre requête, nous t’en prions, / notre Dame, apaise les vagues déchaînées / des souffrances multiples que nous font endurer / les ennemis rassemblés contre nous.

Maintenant: Fais tourner en joie mon chagrin / et change en allégresse mes pleurs; / à cause de ta divine Mère compatis, ô Christ, / comme à Cana de Galilée tu as changé l’eau en vin.

Cathisme

L’esprit enténébré par mes nombreuses fautes de débauché, / j’invoque, divine Mère, ta sûre protection: / de mon âme illumine les yeux, / éclaire-moi des clairs rayons du repentir / et revêts-moi, Toute-pure, des armes de clarté.

Ode 7

Ne nous rejette pas jusqu’à la fin / à cause de ton saint nom, / ne brise pas ton alliance de toujours, / n’éloigne pas de nous ton amour, / Dieu de nos Pères, Seigneur / glorifié dans tous les siècles.

Moi qui suis dans l’épreuve et l’affliction, / vers toi je me réfugie maintenant, / Vierge pure, mon salut, / et te prie de ne pas me renvoyer déçu / malgré mon attente, mais de m’exaucer / en me délivrant du filet de l’oiseleur.

J’incline servilement le front, / malheureux que je suis, / je tends les mains et fléchis les genoux, / de tout mon cœur j’appelle et te prie: / Vierge toute-pure, délivre-moi des afflictions / que l’ennemi sans cesse fait fondre sur moi.

Gloire: Glorieuse Vierge Marie, / fierté du genre humain, nous t’en prions, / accorde-nous ton secours, / à nous qui t’invoquons et qui vénérons pieusement / le Fils né de toi, puisque nous n’avons / hors de toi d’autre espérance et protection.

Maintenant: Vierge Marie qui, sans connaître d’homme, as enfanté / notre Dieu de façon ineffable et surnaturelle, / toi la protectrice des croyants, / délivre des épreuves inattendues / ceux qui t’honorent et garde-les sains et saufs / des ennemis invisibles ou que l’on voit.

Ode 8

Daniel, étendant les mains, / dans la fosse ferma la gueule des lions; / les Jeunes Gens, pleins de zèle pour leur foi, / ceints de vertu, éteignirent la puissance du feu, / tandis qu’ils s’écriaient: Bénissez, / toutes ses œuvres, le Seigneur.

Vierge pure, tout souillé que je suis, / je ne peux plus lever les mains vers ton Fils; / c’est pourquoi j’ose avoir recours, / notre Dame, à ton intercession / auprès du Dieu de tendresse que tu peux fléchir, / afin qu’il nous délivre des ennemis qui nous oppriment.

Mon âme, mon cœur et mon esprit, / Vierge pure, te sont consacrés; / aussi dans ta miséricorde, Souveraine immaculée, / supplie le Dieu de clémence pour moi / qui suis vil et impatient, / pour qu’il me sauve de la peine, du péril et de tout mal,

Gloire: Transperce de ton glaive, Seigneur, / en ta puissance, ceux qui guerroient contre nous / et fais que l’emportent les croyants / qui ont mis en toi leur espoir, / par l’intercession de ta Mère, de ton Précurseur, / du chœur des Apôtres et des Martyrs.

Maintenant: Jadis, Vierge pure, Gabriel / t’apporta la bonne nouvelle de la joie / et fit cesser par ton enfantement / le deuil de la prime aïeule; c’est pourquoi, / toi-même, en effaçant de mon âme tout chagrin, / fais par tes prières que je ne sois confondu.

Ode 9

Le Christ, en pierre d’angle que nulle main n’a taillée, / fut taillé de toi, ô Vierge, montagne inviolée; / c’est lui qui réunit les natures séparées: / aussi, pleins d’allégresse et de joie, / Mère de Dieu, nous te magnifions.

Montre-nous ton aide promptement, / incline ton oreille avec cordialité, / exauce chaleureusement ceux qui te prient, / les préservant de tout malheur, / et par tes prières sauve-nous.

De ma paresse tout entier je suis la proie, / au désespoir dans l’abîme de mes péchés; / aussi, Vierge Mère, tends-moi la main, / comme â Pierre le Christ, / et du gouffre de mes fautes sauve-moi.

Gloire: La langue effrénée et parlant haut, / ô Vierge, apaise-la, / car elle aiguise ses flèches pour m’atteindre et me tuer, / mais comme la cire s’écoule en fondant, / rends inutile son dessein.

Maintenant: Anéantit les complots / qui s’arment contre nous, / ô Mère du Dieu très-haut, / et comble d’allégresse ceux qui espèrent en toi, / afin que de tout cœur nous puissions louer ton secours.

LE LUNDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Seigneur, ramène ma pauvre âme vers toi, / car j’ai dépensé toute ma vie dans le péché, / accueille-moi comme la Pécheresse et sauve-moi.

Traversant l’océan de cette vie, / je considère l’abîme de mes péchés / et ne sachant où me tourner, / comme Pierre je te crie: / Sauve-moi, ô Christ notre Dieu.

Redoutable mystère et prodige inouï! / comment la Vierge te porta, / toi le Créateur de l’univers, / et demeura vierge après l’enfantement? / Toi qu’elle a mis au monde, affermis notre foi, / adoucis les nations et donne au monde la paix, / en ton amour pour les hommes.

Cathisme II

Ensemble, accourons vers la chambre de l’Époux / afin d’entendre la douce voix du Christ notre Dieu: / ‘Venez, les amis de la gloire des cieux ‘; / et comme les vierges sages de jadis, / faisons briller notre lampe dans la foi.

Considère, ô mon âme, comment nous comparaîtrons au jugement: / en cette heure d’effroi les trônes seront dressés; / alors seront examinées les actions de chacun / par un Juge impartial; / voici, le terrible feu est préparé / pour recouvrir toutes choses comme un océan déchaîné. / Ô mon âme, fais pénitence avant la fin.

Tu es vraiment la Mère de Dieu / et comme une mère tu as le pouvoir d’intercéder / auprès de ton Fils et notre Dieu / pour la sauvegarde des fidèles qui accourent vers toi; / en toi est notre force et notre abri, / tu es notre rempart, notre havre de salut / et la seule protectrice du genre humain.

Cathisme III

De leurs bouches immatérielles, divine Trinité, / sans cesse te chantent les Anges incorporels / et dans la crainte se tenant devant toi, / Dieu en trois personnes, ils s’écrient: Tu es Saint. / Par leurs prières prends donc en pitié / l’œuvre que tes mains ont façonnée, / toi le seul Ami des hommes.

En ce jour les armées célestes / en mémoire des Martyrs victorieux / viennent illuminer le cœur des croyants et font luire la grâce sur l’univers; / par leur prière, Dieu tout-puissant, / accorde-nous la grande miséricorde.

À celle qui fut nourrie dans le temple, / dans le Saint des saints, / parée de sagesse et de foi / et d’irréprochable virginité, / l’Archange Gabriel / apporta le message des cieux: / Réjouis-toi, Vierge bénie / et de gloire comblée, / le Seigneur est avec toi.

Ode 1

Comme les cavaliers de Pharaon, / submerge mon âme, je t’en prie, / dans l’océan d’impassibilité, / toi qu’une Vierge a enfanté, / afin que sur le tambourin / par la mortification de mon corps / je te chante l’hymne de victoire.

Sauveur Jésus Christ / qui as sauvé le Débauché / et qui jadis as reçu / la Courtisane éplorée, / toi qui justifias le Publicain soupirant, / malgré le grand nombre de mes péchés / accueille mon repentir et sauve-moi.

La fournaise du mal / comme un fétu consume mon âme, / faisant de moi l’aliment / de la flamme éternelle; / Seigneur longanime, éteins-la / par la rosée de ton amour / en me donnant les larmes du repentir.

En pleine lucidité / le chœur des saints Martyrs / fit échouer sagement / les folles décisions / et l’arrogance des impies; / et dans le ciel ils ont trouvé / les divines récompenses.

De ce monde, saints Martyrs, / méprisant tous les plaisirs, / en échange vous avez reçu / la vie de l’au-delà: / de toute attache d’ici-bas / délivrez-nous qui justement / vous proclamons bienheureux.

Lampe brillamment illuminée / du Soleil de gloire qu’est le Christ, / de mon âme ranime le flambeau / que ma paresse ne cesse d’étouffer: / des bonnes œuvres verse en moi, / Toute-sainte, l’huile qui me permettra / de te glorifier dans l’amour et la foi.

* * *

Purs esprits qui vous tenez / devant le prime et grand Esprit / et de splendeur divine fulgurez, / vous les Anges, illuminez / de votre éclat mon âme célébrant / le Verbe créateur de l’univers.

Archanges glorieux / qui sans cesse devant Dieu / par amour vous inclinez, / resplendissants de sa beauté, / dans l’harmonie vous l’entourez et vous chantez / au Créateur une hymne de victoire.

Seule en ton sein tu as reçu / le Verbe sans cesse glorifié / par les Anges dans le ciel: / sur mon âme verse ta clarté, / la délivrant de la sombre expérience du péché / et l’éclairant de la connaissance de l’Esprit.

Ode 3

Du haut du ciel tu descendis / sur terre selon ta volonté, / toi qui domines tout pouvoir, / et du plus profond de l’Hadès / tu élevas l’humble nature des mortels: / car il n’est d’autre Saint / que toi, l’Ami des hommes.

Les ténèbres des passions / m’entourent dans la nuit de cette vie: / Christ, ô notre Dieu, / toi la lumière sans déclin, / éclaire-moi de la clarté du repentir, / Ami des hommes, et sauve-moi / afin que je te puisse glorifier.

Donne-moi la part de tes élus, / Christ sauveur, me détournant / de la destinée fatale / et tout entier me purifiant / par les larmes et la charité, / afin que je puisse comme il se doit / te glorifier en tout temps.

Vos pieds furent empourprés / réellement de votre sang / et plus rapidement / vous conduisirent vers le ciel / pour vous permettre de quitter / la terre et ses péchés, / saints Martyrs, émules des armées. célestes

Torturé par les tourments, / votre corps en fut brisé, / mais de votre âme la vigueur, / saints Athlètes du Seigneur, / fut renforcée de pur amour / pour vous joindre sans retour / au Créateur de l’univers.

Dame de l’entière création / qui mis au monde le Seigneur, / ô Marie, vois mon esprit / dominé par les passions: / je t’en prie, libère-le / et sur mon âme enténébrée / verse les rayons de ta clarté.

* * *

Christ chanté en l’au-delà / par les chœurs surnaturels, / fais que la foule des croyants / imite divinement / les hiérarchies célestes; / car il n’est d’autre Saint / que toi, l’Ami des hommes.

Divins Archanges qui vivez / en la parfaite harmonie / d’une ardente charité / avec la prime Source que vous servez, / par vos incessantes voix / vous chantez de la Divinité / l’être unique et sans commencement.

De l’Eve de jadis / tu as glorieusement / annulé la malédiction, / Mère pure, en enfantant le Christ / qui nous couronne de bénédictions; / car il n’est d’autre secours / que toi, ô Vierge immaculée.

Ode 4

Celui qui siège glorieusement / sur le trône de la divinité / est venu sur la nuée légère: / c’est Jésus, notre divin Sauveur; / et de sa main toute pure / il a sauvé ceux qui lui chantent: / Ô Christ notre Dieu, gloire à ta puissance.

Je me prosterne devant toi, / très-juste juge et mon Seigneur: / prends pitié de moi qui suis / condamné et sans espoir; / sauve-moi de la malédiction / qu’en justice j’ai méritée, / et donne-moi la part de tes élus.

Je suis le voyageur tombé / sous la main cruelle des brigands; / ô Christ, je suis blessé, / Ami des hommes, guéris-moi, / sur mon âme répandant / l’huile et le vin du repentir, / et revêts-moi de la tunique du salut.

Vous avez revêtu d’en-haut / le vêtement du salut / en vous dépouillant de votre corps, / saints Martyrs de bon renom, / et vous avez mis à nu / celui qui dépouilla jadis / au Paradis nos premiers parents.

Devant l’injuste tribunal, / saints Martyrs, vous avez tenu / le langage même de Dieu / et par la connaissance de la foi / vous avez confondu / comme impies les sages et les rhéteurs, / réduisant à l’impuissance l’Ennemi.

Sur toi comme une pluie / est survenu Jésus, / cet abîme de sagesse infinie / qui seule pure te trouva, / Vierge Mère de mon Dieu; / et de sa divine grâce il assécha / les terribles fleuves du péché.

* * *

Par ta force qui dépasse tout esprit, / suprême Verbe de Dieu, / du non-être tu tiras / les Esprits célestes / et de ta gloire ineffable les ornas / pour qu’ils puissent te crier: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Sous la conduite de l’Esprit / les Puissances d’en-haut / divinement illuminées / ont hérité les rangs infaillibles, / sur toutes choses vénérant / l’universelle seigneurie / de l’unique Divinité.

Admis à contempler / de ton visage la beauté, / les Anges de splendeur / qui te servent dans le ciel, / dans le reflet qui vient de toi, / ô Christ, sans cesse te crient: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Dans sa robe de brocart / parée de riches broderies / la Vierge reine maintenant / se tient auprès du Roi son Fils, / sans conteste surpassant / les Anges qui sans cesse crient: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Ode 5

Maintenant je vais me lever, / dit le Seigneur en prophétie, / je vais être glorifié et exalté / en assumant l’humanité déchue / pour la hisser vers la clarté / spirituelle de ma divinité.

Devant toi, le Juge universel, / comment devrai-je me présenter, / convaincu de culpabilité / pour tous les crimes que j’ai commis / volontairement dans ma folie, / et tout entier corrompu?

Sauve-moi, Seigneur Jésus: / me voilà rassasié de maux; / guéris-moi de mes péchés, / soigne mes terribles plaies; / contre toi seul j’ai péché: / ne me livre pas à la mort.

Bienheureuse fut la fin / qu’ont trouvée les saints Martyrs: / ils ont hérité la gloire des cieux, / en leurs propres membres glorifiant le Christ / et dans leurs supplices ils ont choisi noblement / de vivre avec le Maître des combats.

Divins Athlètes pleins de renommée, / Témoins du Christ, vous avez hérité / la joie céleste et la clarté sans soir, / la couronne qui ne se peut flétrir, / la demeure que nulle main n’a bâtie / et qui jamais ne passera.

De voix prophétiques ont annoncé / tes merveilles, ô Vierge immaculée, / te désignant comme la montagne du Seigneur, / la porte et chandelier de la clarté, / dont le merveilleux éclat / illumine en vérité le monde entier.

* * *

Les Chérubins, les Séraphins, / les Trônes, les Archanges, les Dominations, / les Vertus et les Principautés, / les Puissances dans la crainte glorifient / avec les Anges la sainteté / de l’unique et trine Divinité.

Ô Christ, tes Anges lumineux / en toute leur splendeur se sont montrés / aux saintes Femmes proclamant / ta glorieuse Résurrection / et faisant trembler tes ennemis / par le fulgurant éclat de ta Divinité.

Place tes Archanges maintenant / comme une garde pour veiller / sur l’Église qui te glorifie / en des chants conformes à la vraie foi, / toi qui nous sauves de la corruption, / étant né d’une Vierge ineffablement.

Ode 6

J’ai sombré au plus profond de l’océan / et je fus englouti / sous la houle de mes nombreux péchés, / mais toi, ô Dieu d’amour, / à la fosse tu arraches ma vie.

Insensible et malheureux, / je n’ai pas plus de sens qu’un mort; / vois ma conscience polluée: / ô mon Dieu, mon créateur, / ne me brise pas jusqu’à la fin!

Dieu de tendresse, mes actions / devant ton juste tribunal / sans pitié m’accuseront: / ô Christ, bien vite sauve-moi / en me conduisant au repentir.

Le peuple injuste des bourreaux / broyait les membres des Martyrs, / mais il n’a pas brisé leur foi / qui fit d’eux les héritiers / du Dieu sauveur de nos âmes.

Comme pierres précieuses, les Martyrs / furent édifiés sur le roc / de l’inébranlable espoir / et comme temples de l’Esprit / ils ont trouvé place dans le temple de Dieu.

Sur mon cœur noirci par le péché / et les ténébreuses tentations, / divine Épouse, verse les rayons / de la clarté qui loge en toi, / puisque tu enfantes le Soleil.

* * *

Vous qui faites cercle autour de Dieu / et jouissez en toute pureté / de la prime source de clarté, / chœurs des Anges, illuminez / ceux qui vous chantent dans la foi.

En ta sagesse tu créas / les chœurs des Anges, les Séraphins, / les Dominations et les Vertus, / et pour les siècles tu en fis / ceux qui te chantent, Seigneur.

Toi qui reposes, ô Christ, / sur les Trônes élevés, / en ta providence, comme Dieu, / surveillant tout l’univers, / sur les bras d’une Vierge tu fus porté comme un enfant.

Ode 7

À Babylone les trois Jeunes Gens, / considérant comme folie / l’ordre donné par le tyran, / au milieu des flammes te criaient, Seigneur: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Pauvre âme, à qui te comparer? / tu t’enflammes pour le mal / sans rechercher ce qui est bien: / fais diligence avant la fin / dans la pratique des vertus.

Ouvre la source de mes pleurs / pour les verser sur mon malheur; / Christ sauveur, ne permets pas / que déjà me cueille le trépas, / moi qui plus que tous ai péché contre toi.

Portant du Verbe en votre chair / les souffrances et la mort, / vous avez détruit l’erreur, / mais dans la gloire vous vivez, / saints Martyrs, et guérissez / ceux que mortifient les passions.

Quelle cité en ses remparts / n’a reçu votre clarté, / saints Martyrs, et quel pays / ne se trouve illuminé, / Athlètes glorieux, par vos combats / et par vos charismes guérisseurs.

Seule après l’enfantement / tu demeures en la beauté / d’une éclatante virginité; / seule tu ignores les douleurs, / car seule tu as enfanté / le Dieu sauveur de nos âmes.

* * *

Ayant les Messagers spirituels / pour témoins de nos actions, / mettons-nous à vivre saintement / et crions vers le Seigneur: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Purifié par le charbon ardent, / le prophète Isaïe / vit près de ton trône les Séraphins / et te cria, Seigneur: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Vierge qui as enfanté / le Créateur et le Seigneur, / clairement tu es montée / au-dessus de tout Incorporel: / béni soit le Fruit de tes entrailles immaculées!

Ode 8

Rédempteur du monde, Tout-puissant, / au milieu de la fournaise descendu, / de rosée tu as couvert les jeunes Gens / et leur enseignas à psalmodier: / Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur.

Comme bétail je me suis courbé / sous les passions sans verbe ni raison: / Verbe de Dieu qui précèdes toute éternité, / convertis-moi et sauve-moi / pour que je crie: Louez, bénissez le Seigneur.

Comme vigne cultivée par les passions / m’a ravagé le sauvage sanglier: / hâte-toi de me sauver / et fais que mon âme désormais / devienne fertile en vertus.

Dans la pourpre de votre sang / furent teints vos vêtements, / et portant couronné de vainqueurs / vous vous tenez dans les hauteurs, / saints Martyrs, devant le Roi des siècles.

Le saint cortège des Martyrs / anéantit la clique des impies, / car plutôt que d’obéir à leurs décrets, / ils combattirent et furent couronnés / devant le Roi de l’univers.

Toute la création bénit ton Fils / qui nous couronne de bénédictions / et nous arrache à la malédiction, / Vierge bénie et glorifiée / comblant de grâces le genre humain.

* * *

Créant les Anges, tu les fis / participer à la vie immortelle, / toi la Vie qui ne peux mourir, / et tu leur appris à psalmodier: / Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur.

De leurs voix incessantes / les Archanges qui forment autour de toi / un cercle spirituel, / célèbrent divinement le Créateur / et s’écrient: Louez, bénissez le Seigneur.

Les images de la Loi t’ont d’avance figurée, / toi qui enfantes notre Dieu / unissant à la matière de la chair / celui qui par nature était d’abord immatériel: / nous bénissons, ô Vierge, ton divin enfantement.

Ode 9

Par sa faute et transgression / Ève instaure la malédiction: / mais toi, ô Vierge Mère de Dieu, / pour le monde tu as fait fleurir / par le fruit de tes entrailles la bénédiction: / et tous ensemble nous te magnifions.

Voici le temps du repentir: / que tardons-nous, et pourquoi / sommes-nous plongés dans le sommeil? / rejetons le nonchaloir; / emplissons nos lampes, ainsi qu’il est écrit, / de l’huile des bonnes actions / pour ne pas rester devant la porte à pleurer.

Puisque c’est le temps de conversion, / repens-toi, mon âme, des forfaits / que, sciemment ou non, tu as commis et dis à qui sonde les cœurs: / J’ai péché, Seigneur, pardonne-moi, / ne te dégoûte pas de mon indignité.

Le Christ a réuni les saints Martyrs / de toute ville et contrée / brillamment vers le lieu de leur repos / pour leur gloire et leur vénération, / et ils réjouissent maintenant / dans l’allégresse l’Assemblée des premiers-nés.

Les saintes châsses des Martyrs, / resplendissant de la clarté / qui émane de l’Esprit divin, / projettent la splendeur des guérisons / et ensevelissent les maladies, / ô Christ, Seigneur compatissant!

Divine Épouse, éclaire-moi / par les rayons de la clarté qui vient de toi; / relève-moi qui suis tombé / dans le gouffre de la perdition; / détruis mes ennemis, mes oppresseurs, / ceux qui excitent mes passions.

* * *

Le mystère divin le plus secret / en toi se manifeste et s’accomplit, / Vierge pure, car Dieu par amour / en ton sein s’est incarné / et comme Mère de Dieu nous te magnifions.

Anges qui chantez le Père éternel / de qui procèdent le Fils et l’Esprit, / empressez-vous maintenant / de nous distribuer largement / les trésors de sa divine bonté.

Merveilleusement parés / de grâce et d’immortalité, / les divins Archanges, ô Christ, / te chantent comme intarissable source de vie / et comme bienfaiteur ils te magnifient.

Nous les fidèles, nous reconnaissons en toi / la chambre nuptiale de l’ineffable incarnation, / l’arche de la loi de grâce et le temple vivant; / c’est pourquoi, ô Mère de Dieu, / inlassablement nous te magnifions.

Apostiches

De ton troupeau mystique / je suis la brebis perdue / et vers toi je me réfugie, bon Pasteur: / ô Dieu, prends pitié de moi.

En mes larmes, Sauveur, lave-moi, / souillé que je suis de tant de péchés; / aussi je me prosterne devant toi: / j’ai péché, ô Dieu, prends pitié de moi.

Comment n’admirerions-nous pas, saints Martyrs, / le combat sublime que vous avez combattu? / en votre corps vous avez triomphé de l’incorporel Ennemi, / en confessant le Christ / et vous armant du signe de la Croix; / c’est pourquoi vous avez reçu le pouvoir / de chasser les démons et de combattre l’Ennemi: / sans cesse intercédez pour le salut de nos âmes.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Sauve de tout danger tes serviteurs, / Mère de Dieu et Vierge bénie, / afin que nous te glorifiions comme l’espérance de nos âmes.

LITURGIE

Béatitudes

À cause de l’arbre défendu / Adam fut exilé du Paradis, / mais par l’arbre de la Croix le Larron y entra; / car l’un goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, / l’autre partageant ta crucifixion confessa ta divinité: / Souviens-toi de moi dans ton Royaume.

Plus que tout mortel sur terre j’ai péché / et je crains en l’au-delà l’inflexible tribunal, / mais toi, Dieu de tendresse, affranchis-moi / de la condamnation, du châtiment, / donne-moi de me repentir / pour effacer en moi toute souillure de péché, / Seigneur ami des hommes.

Chérubins et Séraphins, / Puissances, Trônes, Dominations, / Archanges, avec les saints Anges et les Vertus / et les altières Principautés, / qui faites cercle autour du Seigneur, / demandez-lui le pardon de nos péchés / et révision de vie pour ceux qui chantent dans la foi: / Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

Dans le feu des bûchers / vous avez brûlé les ronces de l’erreur, / Athlètes du Christ, et par le flux de votre sang / vous avez étouffé le dragon de l’Enfer / et, victorieux, pleins de renommée, / vous partagez avec les Anges l’allégresse d’en-haut, / sans cesse intercédant pour nos âmes.

Gloire au Père ...

Lumière au triple feu, / illuminant pleinement le monde, / écarte de mon âme les terribles passions, / envoie le vif éclat de ta clarté, / le pardon des péchés pour que je te crie, / Père existant depuis toujours, / Fils et Esprit partageant la même royauté: / Trinité toute-puissante, sauve-moi.

Maintenant ...

Vierge pure, prends pitié de moi / qui ne cesse de pécher / et que la paresse domine tout entier; / amende-moi sur le chemin de conversion, / à mon âme endurcie accorde la componction, / Toute-sainte, inébranlable espoir / de ceux qui te chantent avec amour / et clament devant ton Fils: / Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

Mardi

LE LUNDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Imitant la femme de Chanaan, / marche à la suite du Christ, / mon âme, et crie-lui fréquemment: / Aie pitié de moi, Seigneur, / je n’ai pas d’enfant possédé, mais une chair indisciplinée; / chasses-en la fièvre, je te prie, / et calmant la fougue des passions, / par ta crainte mortifie-la, / à la prière de la Vierge immaculée / qui t’a conçu et enfanté, / ô Christ, Bienfaiteur plein de compassion, / et par l’intercession de tous les Saints.

Aux pécheurs de Ninive jadis, / ô Christ, tu envoyas / pour leur prêcher la pénitence le prophète Jonas; / et par leur conversion ils changèrent en tendresse ta fureur, / échappant à la colère porteuse de destruction; / à moi aussi ton indigne serviteur, / Ami des hommes, envoie la force de ton secours / afin que j’embrasse la conversion / pour sortir de mes innombrables transgressions; / et guide-moi sur les chemins du repentir / dans les larmes amères et les gémissements / et délivre-moi de mes fautes sans nombre en ta miséricorde.

Toi qui vins en ce monde sauver les pécheurs, / invitant les mortels au repentir, / Seigneur de tendresse, fais-moi grâce en ta bonté, / bien que je t’aie plus que tous offensé, / montre-moi le chemin de la conversion / et sauve-moi dans ton amour; / donne-moi des pensées de componction, / accorde-moi la douceur, la simplicité, / la candeur et l’humilité, / Dieu sauveur, en ta grâce et ton amour.

* * *

Mon âme assombrie par la malice du serpent, / par tes prières éclaire-la, / saint Jean, bienheureux Précurseur, / et dirige mes pas / pour que je suive le droit chemin / qui mène au bonheur, à la vie, / afin que moi, ton inutile serviteur, / obtenant de toi ce pour quoi je prie, / je puisse avec ardeur te glorifier en tout temps.

Rejeton de la stérile, bienheureux Précurseur, / fais que mon âme stérile en bonnes actions / par tes prières et dans la pénitence puisse porter du fruit devant Dieu / afin que moi, ton inutile serviteur, / enfin sauvé, je te magnifie / pour tes miracles et ta chaleureuse intercession.

Très-juste juge, Ami des hommes qui sondes les cœurs, / Seigneur qui ne gardes pas mémoire de nos péchés, / à l’heure du jugement ne me couvre pas de confusion / malgré ma débauche, ô Verbe de Dieu, / mais par les saintes prières du Précurseur, / penche-toi vers moi dès maintenant / et sauve le malheureux que je suis, / je t’en prie et je t’en supplie, / Jésus, trésor de miséricorde et Sauveur de nos âmes.

Gloire au Père ... Maintenant ...

En tout point je suis un nouvel Ésaü, / Vierge tout-immaculée: / moi seul, plus que tous j’apparais misérable et passionné, / moi seul, je suis dépouillé de la divine vertu; / qui donc sur ma misère ne pleurerait? / qui ne déplorerait ma perdition? / c’est pourquoi je te crie avant la fin: / J’ai péché, notre Dame, mais sauve-moi / comme jadis ton Fils a sauvé le Débauché.

Apostiches

Seigneur, je voulais effacer dans mes pleurs / la cédule de mes péchés, / afin que ma conversion te rende agréable le reste de ma vie, / mais dans sa ruse l’Ennemi / contre mon âme s’est acharné: / Seigneur, avant la fin sauve-moi.

Quel est le naufragé / qui touchant ton havre ne soit sauvé? / quel malade n’obtiendra de ton savoir la guérison? / Créateur de tous et sage médecin, / Seigneur, avant la fin sauve-moi.

Seigneur ami des hommes / qui as agréé la patience de tes saints Martyrs, / reçois aussi l’hommage de nos chants, / nous accordant par leurs prières la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Demeure très-pure du grand Roi, / Vierge toute-digne de nos chants, / je t’en prie, purifie mon esprit / souillé par tant de péchés / et fais-en l’agréable séjour de la Trinité / afin que moi, ton inutile serviteur, / enfin sauvé, je magnifie / ta puissance et ta grande miséricorde.

LE LUNDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Lorsqu’il eut franchi à pied sec / l’abîme de la mer Rouge, / l’antique Israël mit en fuite / au désert la puissance d’Amalec / grâce aux mains de Moïse étendues en forme de croix.

Toi qui seule dans les épreuves et l’affliction / gardes ceux qui ont recours à ta protection, / Vierge tout-immaculée, / accepte, dans ta grande bonté, / les prières que je t’adresse de tout cœur.

Puisqu’en toi j’ai trouvé le port serein, / la digue repoussant l’assaut / des passions et des périls, / en action de grâce je t’offre ce chant, / Génitrice du Christ, homme et Dieu.

Gloire: De ton doux œil compatissant, / divine Génitrice, regarde-moi / qui suis en proie aux dangers, à l’affliction; / viens vite me délivrer, / puisque je t’appelle à mon secours.

Maintenant: Adam et Ève grâce à toi / furent délivrés de la condamnation; / comme eux, Vierge pure, je me prosterne devant toi: / en allégresse change maintenant mes pleurs / et de mes passions libère-moi.

Ode 3

L’arc des puissants s’est affaibli, / les faibles acquièrent la vigueur; / et voilà pourquoi mon cœur / s’est affermi dans le Seigneur.

T’ayant comme puissante armure et comme rempart, / je triomphe des escadrons ennemis / et je chante tes hauts faits, / divine Mère immaculée.

Tu as détruit la fournaise du chagrin, / tu as éteint l’ardeur du désespoir: / divine Mère et Vierge, qui donc / est notre espérance comme toi?

Gloire: Écoute le cri de ton serviteur / qui a besoin de ton secours: / divine Mère, mon espérance, exauce-moi, / empresse-toi de me sauver.

Maintenant: Vierge pure, d’un regard sauve-moi, / puisque de manière ineffable et inouïe / tu as donné chair au Verbe de Dieu / dont la volonté divine maintient l’univers.

Ode 4

Te voyant suspendu à la croix, / toi le Soleil de justice, / l’Église depuis sa place / en toute vérité s’écria: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Triomphant de ceux qui me haïssent sans raison / et cherchent cruellement / à ravir mon âme, garde-moi, / notre Dame, sain et sauf, / afin que dans l’allégresse je te glorifie.

De la langue perfide me délivrant, / Protectrice, en ta bonté, / fais que je sorte indemne des œuvres de cette vie; / tu peux beaucoup, en effet, / puisque tu es la Mère du Créateur.

Gloire: Sachant que tu guéris / sans douleur les infirmités, / de cœur et de lèvres je m’écrie: / guéris-moi, notre Dame, prends pitié et sauve-moi; / je me réfugie vers toi, moi ton serviteur.

Maintenant: Comme fierté des Anges et des mortels, / Vierge Marie, nous tous, nous te chantons / et t’implorons fidèlement: / intercède pour que nous soyons délivrés, / notre Dame, de toute affliction.

Ode 5

Seigneur, tu es venu comme la lumière en ce monde, / lumière sainte qui de la sombre ignorance fais revenir / ceux qui te chantent avec foi.

Dirige la prière de ton serviteur, / Vierge pure, vers ton Fils le Seigneur, / afin que je puisse trouver / l’absolution de mes nombreuses fautes.

Divine Épouse, libère-moi / des passions et de tout mal, / puisqu’auprès de lui Dieu t’a placée / comme avocate pour mon indignité.

Gloire: Tu es ma protectrice, ô Mère de Dieu, / et sans cesse, notre Dame, je te loue; / ne me dédaigne donc en aucune façon, / moi qui suis en proie au chagrin.

Maintenant: À présent demande pour nous / la rémission de nos péchés, / délivre-nous des impures passions, / Vierge pure, par ton intercession.

Ode 6

Ton Église te crie à pleine voix: / Je t’offrirai le sacrifice de louange, Seigneur; / dans ta compassion tu l’as purifiée / du sang offert aux démons / par le sang qui coule de ton côté.

Toi-même, Souveraine immaculée, / tu es ma force dans les épreuves inattendues / qui me cernent et je te crie: / qu’il est grand, ton secours / envers ton serviteur.

De mon âme guéris les plaies, / virginale Souveraine, viens à mon secours / et délivre ton serviteur / des attaques, de la calomnie / et des injustes accusations.

Gloire: Brise les injustes assaillants / fondant sur moi qui me réfugie / sans cesse, Vierge pure, vers toi: / ne permets pas qu’ils me fassent périr, Servante de Dieu, / puisque toute chose se trouve en ton pouvoir.

Maintenant: De mon âme apaise la houle déchaînée, / car une multitude de péchés, / d’épreuves et de chagrins / contre moi s’est soulevée; / et toi-même, notre Dame, sauve-moi.

Cathisme

Nous tous, ô Vierge, qui sous ta protection / nous sommes réfugiés, nous te crions: / agrée la prière que nous t’adressons / et auprès de celui qui nous aime ne cesse pas / d’intercéder pour le salut de tes serviteurs.

Ode 7

De la fournaise tu sauvas les enfants d’Abraham / et tu fis périr les Chaldéens / par le feu qu’ils avaient eux-mêmes préparé; / Seigneur louable hautement, / Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

La violence que nous font les fils d’Agar, / par le glaive de tes prières brise-la; / sauvegarde ton peuple et ton troupeau / qui chante à l’adresse de ton Fils: / Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Tabernacle du nouveau Testament, / reçois-moi qui me réfugie vers toi, / afin que ne me happe l’ennemi cherchant à me faire périr, / moi qui chante, Vierge Mère, pour ton Fils: / Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Gloire: Divine Génitrice, viens vite au-devant de ton serviteur / que secoue la tempête des passions: / n’ayant pas de secours, / c’est vers toi que je crie: / mon espérance, divine Mère, aie pitié de moi.

Maintenant: Divine Mère, en ta bonté, / par tes saintes prières brise maintenant / mes passions humaines, cause de mes péchés; / et délivre tes serviteurs / de leurs fautes ainsi que de tout mal.

Ode 8

Rédempteur du monde; Tout-puissant, / descendu au milieu de la fournaise, / tu as couvert les Jeunes Gens de rosée / et leur enseignas à psalmodier: / Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur.

Contre nous se lève une injuste nation / qui se vante de faire périr tes serviteurs: / Vierge pure, détruis-la / pour défendre tes fidèles s’écriant: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Ta grande tendresse, unique Mère de Dieu, / nous sauve par compassion / du jugement dû au péché / et de tant d’épreuves; car tu prends pitié / du monde créé par le Dieu que tu as enfanté.

Gloire: De ma prière aie compassion, / au lieu de mes larmes accorde-moi la joie, / notre Dame, afin que je puisse te chanter / en m’écriant à l’adresse de ton Fils: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Maintenant: Puisque tu es ma force et mon secours, / je ne crains pas les outrages de l’ennemi, / mais je te chante, Souveraine immaculée, / et m’écrie à l’adresse de ton Fils: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Ode 9

Par sa faute et transgression / Ève instaure la malédiction; / mais toi, ô Vierge Mère de Dieu, / pour le monde tu as fait fleurir / par le fruit de tes entrailles la bénédiction; / et tous ensemble nous te magnifions.

Aiguisant ses armes contre nous, / complote l’arabique perfidie; / mais toi, virginale Mère de Dieu, / par la puissance de la Croix de ton Fils / et par tes prières défends contre elle tes serviteurs, / afin que nous puissions proclamer ta gloire.

Tu m’as donné force contre l’ennemi / et m’as délivré de mes passions; / que t’offrirai-je moi-même, je ne le sais; / mais ce que j’ai, Souveraine immaculée, / c’est mon action de grâces: accepte-la / de ton serviteur et sauve-moi.

Gloire: Mère du Créateur universel, / très-pure Consolatrice des affligés, / secours des naufragés / et protectrice des infortunés, / tout le temps de ma vie / garde-moi sain et sauf.

Maintenant: Dans l’angoisse à cause de mes nombreux péchés, / divine Mère, et de mes funestes passions, / je t’offre un sacrifice de louange et vers toi / je ne cesse de crier: / Vierge toute-digne de nos hymnes, secours-moi / qui, te rendant gloire, termine mon chant.

LE MARDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Seigneur, ramène ma pauvre âme vers toi, / car j’ai dépensé toute ma vie dans le péché, / accueille-moi comme la Pécheresse et sauve-moi.

Traversant l’océan de cette vie, / je considère l’abîme de mes péchés / et ne sachant où me tourner, / comme Pierre je te crie: / Sauve-moi, ô Christ notre Dieu.

Le Verbe du Père, le Christ notre Dieu, / nous savons qu’il a pris chair de ton sein, / Mère de Dieu et Vierge immaculée, / entre toutes bénie, / et sans cesse nous te chantons pour te magnifier.

Toi qui seule as conçu le Créateur de l’univers / et seule ornas de ton enfantement l’humanité, / Vierge pure, sauve-moi des filets de l’Ennemi, / établis-moi sur le roc des préceptes du Christ, / sans cesse suppliant celui qui prit chair de ton sein.

Ode 1

Celui qui frappa l’Égypte et son tyran, / les faisant couler dans la mer, / a sauvé de la servitude de Pharaon / son peuple chantant l’hymne de Moïse victorieux: / Car il s’est couvert de gloire.

Au grand jour, Seigneur, n’accuse pas / les œuvres de ténèbre qu’en secret j’ai accomplies; / devant tous ne publie pas mon infamie, / mais éclaire-moi d’une sincère conversion, / Dieu sauveur, et sauve-moi.

Seigneur, j’entasse en ma folie, / j’accumule les péchés / sans éprouver de crainte envers toi, / mais toi, ô Maître, avant la fin / fais-moi grâce et sauve-moi.

Protégés par le bouclier de la foi, / ayant pour glaive l’arme de la Croix, / glorieux Martyrs, vous êtes sortis / à la rencontre de l’Ennemi / et vous avez terrassé le Séducteur.

Les divins Martyrs n’ont pas redouté / les fauves dévorants et les glaives tranchants, / l’huile bouillante des chaudrons, / l’écartèlement, les ongles de fer / et les plus horribles tourments.

Le tabernacle immaculé, / l’arche d’alliance et la table sacrée, / la montagne dont fut taillé, comme un rocher, / virginalement le Seigneur de l’univers, / c’est la Vierge Marie que nos hymnes magnifient.

* * *

Comme les cavaliers de Pharaon

Astre de prime grandeur, / précurseur du Soleil, / saint Baptiste, tu as éclairé l’univers de tes rayons; / c’est pourquoi je te crie: / Illumine mon cœur aveuglé / par les sombres ténèbres du péché.

Par ta naissance, Bienheureux, / jadis tu délias / les chaînes de la stérilité; / c’est pourquoi je t’en supplie: / en mon âme infertile à cause des passions / fais naître en abondance / par tes prières le fruit des vertus.

Avec la puissance d’Élie / tu préparas les voies du Rédempteur: / Baptiste, dirige à bon port / les dispositions de mon âme, / détourne du chemin / les obstacles, les cailloux des passions / par tes prières, glorieux Précurseur.

Lumineuse Nuée, / par ta claire médiation / dissipa les nombreux nuages / qui oppressent mon âme, / pour que je voie les rayons / du Soleil issu de toi / et que dans ta lumière j’accueille la Lumière sans déclin.

Ode 3

Créateur du tonnerre et des vents, / affermis, Seigneur, mon esprit / afin que je te chante en vérité / et que j’accomplisse ta volonté, / car il n’est d’autre Saint que toi, ô notre Dieu.

Toi qui illuminas la vue des aveugles, / illumine aussi mes yeux / enténébrés par les plaisirs / et les soucis de cette vie / au lieu de regarder vers tes préceptes, Seigneur.

Il est temps, mon âme, éveille-toi, / renonce au mal que tu commets / et dans la crainte crie au Rédempteur: / Christ, mon Maître, ouvre-moi / les portes de la pénitence.

Bélial visiblement troublé / par les divines luttes des Martyrs, / sous leurs pieds vainqueurs s’est vu foulé / comme sans vie et sans vigueur, / lui qui jadis se glorifiait.

Menant leur course â bonne fin, / le saint cortège des Martyrs / mit en pièces grâce à Dieu / les myriades des noirs démons / et il obtint la gloire des cieux.

Des premiers parents tu fis cesser le deuil / en mettant au monde notre joie, / le Rédempteur source-de-vie, toute-sainte Mère de Dieu: / implore-le pour que nos âmes soient sauvées.

* * *

L’arc des puissants s’est affaibli, / les faibles acquièrent la vigueur; / et voilà pourquoi mon cœur / s’est affermi dans le Seigneur.

Tu pratiquas toute vertu / et t’éloignas de tout péché; / Précurseur, aux hommes tu montras / le chemin de la pénitence.

Du Verbe fait chair tu t’es montré / le Précurseur plein de grandeur: / délivre-moi de mes passions charnelles, / me conduisant sur le chemin de conversion.

En la condition corporelle / tu vécus tel un Incorporel: / donne-nous la force de t’imiter / par tes prières, bienheureux Précurseur.

Au monde il est fait grâce à travers toi / malgré la faute qui le condamnait, / Vierge Mère, et c’est pourquoi / à juste titre il te proclame bienheureuse.

Ode 4

Seigneur, j’ai entendu ta voix / et je suis rempli d’effroi, / j’ai saisi ton œuvre de salut, / disait le Prophète de Dieu, / et j’ai glorifié ta puissance.

De vertus je me suis mis à nu, / j’ai revêtu la robe du péché; / de honte me voilà rempli: / Ami des hommes, Jésus, / pare-moi de vêtements divins.

Sur l’océan de cette vie, / ô Verbe, par légèreté / j’ai fait sombrer ma nef / dans le naufrage des voluptés charnelles: / dirige-moi vers le havre du repentir.

Les nobles et généreux Martyrs / purifièrent en vérité / les miasmes du péché / avec le divin sel de leur ferveur / et procurèrent à tous le salut.

Roulant sur terre, les Martyrs / comme pierres ont ébranlé / jusqu’aux fondations / les forteresses de l’erreur. / Par leurs prières, Seigneur, sauve-nous.

En tout temps et en tout lieu / je t’appelle à mon secours: / ne méprise pas ton serviteur, / Vierge pure qui conçus / mon Dieu, mon Rédempteur et mon Sauveur.

* * *

Sur la croix tu es monté / par amour pour ton image, Sauveur; / les nations païennes ont disparu, / Ami des hommes, devant toi, / car tu es ma force et mon chant.

Bienheureux nous te disons, / Précurseur très-digne de nos chants, / hirondelle qui as annoncé / par ta franche prédication / au monde le Printemps de vérité.

Précurseur, je suis brisé / par l’assaut de l’Ennemi: / toi qui es le médiateur / entre l’Ancien et le Nouveau, / par tes prières tout entier rénove-moi.

Précurseur, vois mon esprit / désolé par tant de transgressions: / toi qui vécus dans le désert / ton irréprochable vie, / par tes prières tout entier rénove-moi.

Ton Fils, ô Vierge, est devenu / pour nous la grâce et le salut: / prie-le donc de nous sauver, / nous qui pleins de componction / te proclamons bienheureuse.

Ode 5

Seigneur, fais lever sur moi la lumière de tes commandements, / car mon esprit, ô Christ, veille devant toi / et te chante: Tu es mon Dieu, / en toi j’ai mon refuge, divin Roi de la paix.

Dans la paresse j’ai mené vie corrompue, / chaque jour m’assombrit la ruse du Trompeur: / fais-moi grâce, Seigneur Jésus, / guide-moi vers la clarté du repentir et de la vie.

Mon cœur s’est élevé, c’est la faute du Serpent, / et je suis tombé de bien haut! / Jésus, redressement des cœurs brisés, / convertis-moi et sauve-moi dans ton amour.

Bienheureux, par les flots de votre sang / vous avez éteint la fournaise des faux-dieux / et vous calmez l’ardeur de nos passions, / saints Martyrs, sous une pluie de guérisons.

En présence du tribunal / vous fûtes flagellés, décapités, / mais subissant les pires châtiments, / vous êtes restés inflexibles grâce à Dieu.

Fais lever sur moi les rayons de ta pitié, / puisque je me trouve en la nuit sombre du péché; / Vierge pure, guide-moi vers la clarté du repentir, / notre Dame, afin que je te chante dans la foi.

* * *

Sur nous, Seigneur, envoie ton illumination, / délivre nous de la ténèbre du péché; / du ciel, en ta bonté, / accorde-nous ta paix.

Rejeton du brûlant désert, / sur mon cœur brûlé par les passions / verse la rosée de tes intercessions / pour me garder de tout mal.

Bienheureux, ta droite a baptisé / celui qui siège à la droite du Père dans les cieux / et qui nous sauve de tout danger / par tes saintes intercessions.

Le monde entier possède en toi / l’abri, la forteresse, la puissante protection: / sauve-nous de tout péril nous menaçant, / par tes prières, ô Précurseur.

En toi, ô Vierge, Dieu chérit / la beauté de Jacob; et ce que l’antique faute avait défiguré, / il l’embellit grâce à toi.

Ode 6

En l’océan de cette vie, mes actions / m’ont fait sombrer jusqu’au fond, / mais comme Jonas dans le poisson, je te crie: / Tire-moi du gouffre de mes fautes, je t’en prie, / toi, le Fils et Verbe de Dieu.

Hélas! mon âme est assoupie / dans le pesant sommeil du nonchaloir / et me voilà plongé dans les songes du péché: / éveille-moi à la clarté du repentir, / Seigneur, et sauve-moi dans ta bonté.

Hélas! comment suis-je tombé, / m’éloignant du Dieu très-bon? / comment suis-je insensible au jugement / qui me guette redoutable en l’au-delà? / Dieu créateur, aie pitié de moi.

Sur votre lyre, saints Martyrs, / résonne comme une hymne le salut, / adoucissant les cœurs des croyants / et chassant l’ivresse de l’erreur, / Athlètes rayonnants de splendeur.

Les Témoins du Christ ont dépassé / les bornes de la condition humain: / tendus vers Dieu, ils ont souffert / allégrement l’épreuve des tourments, / comme étrangers à leur propre corps.

Protectrice de tout croyant, / Vierge sainte, protège-moi; / à l’heure du terrible jugement, / sauve-moi du sombre gouffre qui m’attend, / afin que sans cesse je te chante dans la foi.

* * *

J’ai sombré au plus profond de l’océan

Dans les ondes, Précurseur, / tu baptisas le Seigneur / qui du monde enlève le péché: / ne cesse donc de le prier / pour qu’il prenne nos âmes en pitié.

Toi qui prêchas le repentir, / à la pénitence, Précurseur, / exerce mon cœur souillé / par la honte du péché / et rétif à tout effort de conversion.

Dans les solitudes et les déserts / aux âmes tu as annoncé / la venue du Verbe, Précurseur: / c’est pourquoi d’une voix incessante / toute l’Église te proclame bienheureux.

Les images de la Loi / ont clairement figuré, / divine Épouse, ton merveilleux enfantement: / et nous qui les voyons réalisées, / à juste titre nous te glorifions.

Ode 7

Pour ne s’être prosternés / devant l’image toute en or, / les enfants d’Abraham furent éprouvés / comme l’or dans le creuset: / mais dans la fournaise de feu / comme en la salle du festin / ils dansèrent en chantant: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

En nouveau-né tu apparus / pour sauver l’humanité / de l’antique condamnation, / Christ sauveur, en ta bonté: / et moi, vieilli par le péché, / à présent rénove-moi / et sauve-moi lorsque je crie: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Tu répondis par le salut / à la conversion de Manassé, / tu fis grâce à la Courtisane éplorée / et d’un mot tu justifias le bon Larron: / et moi qui tant de fois / ai gravement péché contre toi, / accueille-moi lorsque je crie: Dieu de nos Pères, tu es béni.

Alors que la tempête des faux-dieux / se déchaînait sur l’univers, / les Athlètes victorieux, / utilisant la nef de leur piété, / sous la conduite du Christ / vers le havre de la vie / naviguèrent en chantant: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Brillant d’un pur éclat, / comme l’or dans le creuset / furent éprouvés les saints Martyrs / dans les supplices et les tourments: / et le Christ, voyant sur eux / les stigmates de sa Passion, / les déposa précieusement / dans les chambres des trésors célestes.

Dans la chair ayant conçu, / Vierge pure, immaculée, / notre Sauveur et notre Dieu, / notre Maître et Rédempteur, / sans cesse supplie-le / pour que nous soyons sauvés du mal / et, recevant la rémission de nos péchés, / nous chantions son ineffable pitié.

* * *

À. Babylone jadis / les enfants d’Abraham / foulèrent la fournaise de feu, / en leurs hymnes criant joyeusement: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

De tous fils d’homme le plus grand / tu t’es montré, Prophète de Dieu: / délivre de l’immense feu / par tes prières le grand pécheur que je suis, / afin que je te dise bienheureux.

Je suis le stérile figuier / et je redoute la cognée: / par tes prières, Précurseur du Sauveur, / amende-moi pour me faire fructifier, / afin que je te dise bienheureux.

Saint Jean, sublime Précurseur / du Rédempteur universel, / par ton inlassable intercession / calme la tourmente déchaînée par l’Ennemi / contre les fidèles qui accourent vers toi.

Des ravages du Malin, / de la servitude du Maudit / garde, ô Vierge, tes serviteurs / qui de bouche et de cœur / sans cesse te glorifient.

Ode 8

Dans la flamme de leur feu / se tiennent devant toi, Seigneur, / les Chérubins, les Séraphins; / et l’entière création / te chante mélodieusement / Louez, bénissez le Christ, seul créateur, / exaltez-le dans tous les siècles.

En ta crainte je ne suis resté, / je n’ai pas suivi tes préceptes, / je n’ai pas fait ta volonté: / que deviendrai-je, malheureux? / Ami des hommes, Dieu sauveur, / de ma misère prends pitié, / ne me rejette pas jusqu’à la fin.

Jardinier de nos vertus, / avec ta crainte comme faux / jusqu’à la racine viens couper / en mon âme avilie / les ronces de mes pensées; / et semant, ô Christ, le repentir, / fais que je produise l’épi du salut.

Dans l’angoisse qui les serrait / sous la multitude des tourments, / par divine grâce les Martyrs / furent mis au large pourtant / et resserrèrent les ornières du Mauvais; / maintenant c’est vers les routes de Dieu / qu’ils nous conduisent dans la foi et l’amour.

Il a fait naufrage, l’Ennemi, / sombrant en l’océan / de vot re fermeté dans les combats, / saints Martyrs, et l’insensé / devient l’universelle risée, / tandis que vous êtes couronnés / de la gloire immortelle des vainqueurs.

Ton sein, ô Vierge immaculée, / s’est montré pour le monde / comme le précieux grenier / qui porte le froment de vie / nourrissant tout l’univers; / et toi, la cause de ces biens, / d’un même chœur, nous les fidèles te chantons.

* * *

Rédempteur du monde, Tout-puissant

Le sommeil de la paresse m’a saisi, / je me trouve en la ténèbre du péché: / par tes prières lumineuses, ô Précurseur, / redresse-moi et donne-moi de cheminer / noblement dans les vertus, comme en plein jour.

Je sombre sous le flot des tentations / et chavire en l’ouragan de mes passions: / Baptiste, donne-moi la main / pour conduire au port de conversion / par tes prières le vaisseau de mon esprit.

Toi qui dans les ondes du fleuve baptisas / celui qui enlève les péchés du monde, / par tes prières et ton intercession / assèche l’océan de mes passions, / saint Jean, bienheureux Précurseur.

Précurseur, tu vis le saint Esprit / et tu perçus la voix du Père / rendant témoignage à celui / qu’ineffablement tu baptisais: / prie le Seigneur Jésus pour que nos âmes soient sauvées.

Toi la Source de notre renouveau, / renouvelle mon esprit brisé / par les attaques du Serpent, / afin que je te chante avec amour, / Mère de Dieu et Vierge toute-digne de nos chants.

Ode 9

Le Seigneur fait merveille par la force de son bras, / de leurs trônes il renverse les puissants, / il élève les humbles, le Dieu d’Israël, / Soleil levant, Lumière d’en haut, / il nous visite et dirige nos pas / sur le chemin de la paix.

Du mystique Époux voici que s’ouvre le palais: / les sages emplissent d’huile de vertu / leur lampe pour entrer resplendissants; / rejette la paresse et le sommeil, / ô mon âme, afin d’entrer / avec le Christ, tenant ta lampe allumée.

Comme la Courtisane je tiens tes pieds, / les lavant de mes larmes en esprit: / Verbe sauveur, purifie-moi / de la fange des passions, et maintenant / redis-moi: Ta foi t’a sauvé, / afin que je chante la grandeur de ton amour.

Exultant d’âme et de cœur, / les Martyrs habitent les hauteurs, / sans cesse conservant pour les orner / leurs stigmates, ces joyaux du Christ, / et demandant pour nous la paix, / la rémission des fautes et le pardon des péchés.

Toute terre est sanctifiée / qui détient dans les dangers / vos reliques, saints Martyrs, / comme l’arche en Israël; / mais de posséder vos âmes, Bienheureux, / le ciel se réjouit avec les Anges.

Vierge Mère de bonté / qui as conçu l’Ami du bien, / en mon âme pervertie / par les passions et les assauts de l’Ennemi, / je t’en prie, ramène la vertu / afin que je te chante, Espérance des croyants.

* * *

Par sa faute et transgression

Ma force et mon chant, c’est le Seigneur: / Précurseur du Christ, demande-lui / de m’affermir pour vaincre les passions / et repousser l’assaut de l’Ennemi, / afin que j’aie la joie de te chanter / en accomplissant la divine volonté.

Belle aronde au chant gracieux, / Précurseur de notre Dieu, / annonçant le Christ, divin printemps: / prie-le de me sauver, je t’en supplie, / de la tempête du péché / et de la tourmente où périssent les âmes.

Dans le sein de ta mère tressaillant, / tu annonças cet astre qu’une Vierge a fait briller: / prie-le de mortifier ma chair / dont les élans me font périr, / et de combler de joie mon cœur / afin que je te chante, divin Précurseur.

Sans pitié sera le jugement / pour ceux qui laissent éteindre leur pitié! / veille, ô mon âme, prends de l’huile en quantité / suffisante pour garder ta lampe allumée; / l’Époux est proche, éveille-toi, / tiens ta conscience claire en l’attendant.

Divine Mère de bonté / qui as conçu l’Ami du bien, / demande-lui de me sauver du mal / en comblant mon cœur de son amour / dans la haine des voluptés charnelles, / afin que je te chante, Toute-digne de nos chants.

Apostiches

De ton mystique troupeau / je suis la brebis perdue / et vers toi je me réfugie, bon Pasteur: / ô Dieu, prends pitié de moi.

La houle de mes fautes m’encercle, Sauveur, / et ne pouvant lutter contre leurs flots déchaînés, / je me prosterne devant toi, seul Timonier: / comme à Pierre tends-moi la main / dans ton amour des hommes et sauve-moi.

Des Anges vous êtes devenus concitoyens, / saints Martyrs, en proclamant / noblement le Christ sur le stade; / de ce monde vous avez méprisé les plaisirs, / tenant plus sûrement l’ancre de la foi, / et pour les faibles vous êtes une source de guérison: / sans cesse intercédez pour le salut de nos âmes.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Souveraine Mère de Dieu, / toi la gloire des chrétiens, / couvre de honte les blasphèmes des impies / et fais rougir le visage de ceux / qui ne veulent se prosterner, / Toute-sainte, devant ton Image sacrée.

LITURGIE

Béatitudes

À cause de l’arbre défendu / Adam fut exilé du Paradis, / mais par l’arbre de la croix le Larron y entra; / car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, / l’autre partageant ta crucifixion, confessa ta divinité: / Souviens-toi de moi dans ton Royaume.

De Pierre tu acceptas le repentir / et de la Courtisane les pleurs, / au Publicain gémissant tu fis grâce en ton amour; / à moi qui me prosterne devant toi, / implorant la rémission de mes fautes, / accorde-la, Seigneur de bonté, / et sauve-moi de la géhenne en l’au-delà.

Toi qui défis les liens de la stérilité, / Précurseur et des fils d’homme le plus grand, / fais cesser la misère de mon âme sans fruits / et rends-la fertile en vertus / par tes prières et ta médiation, / afin que j’obtienne la vie immortelle / en clamant à l’adresse du Christ: / Souviens-toi de moi, Sauveur, en ton Royaume.

Brisés par les tourments / et donnés aux fauves en aliment, / mutilés cruellement et jetés au fond des mers, / consumés par le feu et sauvagement déchirés, / vous n’avez pas renié votre Dieu, glorieux Martyrs: / sans cesse priez-le pour le salut de nos âmes.

Gloire au Père...

L’âme purifiée, chantons tous à la Trinité: / Père, Fils unique, / saint Esprit qui partages même honneur, / garde tes fidèles serviteurs / qui d’un cœur sincère te glorifient, / en une seule et divine Royauté, / te criant: Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

Maintenant ...

Le Verbe coéternel au Père et à l’Esprit / qui partage même trône avec eux, / en ton sein tu l’as reçu et conçu d’ineffable façon / lorsqu’il se fit homme pour le bien de l’humanité, / ô Marie, divine Fiancée, / tabernacle immense de notre Dieu: / prie-le sans cesse de sauver tes serviteurs.

Mercredi

LE MARDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Ami des hommes qui de terre commenças par me créer, / tu m’honoras de ton image, / par grâce m’accordant le bonheur du Paradis; / et lorsque, séduit par l’arbre de la science, j’ai connu la corruption, / de la mort tu m’as relevé, / te faisant mortel comme nous / et te laissant crucifier, Seigneur immortel, / en ton immense miséricorde et ta condescendance infinie.

En son amour sans limites mon Créateur et Seigneur, / sans quitter le sein du Père, / lui-même s’abaissa et descendit sur terre, / prenant forme d’esclave en sa bonté / dans le sein de la Vierge selon son gré; / sur la croix l’Immortel a souffert en sa chair / et, brisant la force de la mort, / il a sauvé le genre humain.

Seigneur crucifié dans ta bonté, / tu crucifias avec toi le péché / effaçant, ô Christ, l’antique malédiction / par tes mains percées de clous / et du premier père tu déchiras la condamnation / par la lance qui perça ton côté; / je chante, Seigneur, ta Passion, / je glorifie ta Résurrection: / par elle tu vivifias tous ceux qu’ont mis à mort les passions.

Lave la souillure de mon pauvre cœur, / Mère de Dieu toute-digne de nos chants, / purifie les blessures et les plaies / que lui cause le péché, / affermis aussi mon esprit changeant, / afin que dans ma misère je magnifie, / moi l’inutile serviteur, / ta puissante et souveraine protection.

À mon âme faible et relâchée, / Vierge Mère immaculée, / accorde la puissance et la vigueur / pour qu’en la crainte et l’amour / elle accomplisse les commandements du Christ; / alors j’échapperai au feu dévorant / et grâce à toi je recevrai / l’héritage du ciel et la vie sans fin dans l’éternelle exultation.

Les ténèbres terrifiantes de la mort / assaillent mon âme, divine Fiancée, / les griefs des Démons me font trembler de frayeur; / délivre-moi de leur empire en ta bonté / et conduis-moi, Vierge inépousée, / vers le havre du salut / et la lumière sans soir / en compagnie de tous les Saints.

Gloire au Père ... Maintenant ...

La Vierge toute-pure voyant le Christ / privé de vie bien qu’ayant mis à mort le Mauvais, / criait en d’amères plaintes à celui / qui était sorti de ses entrailles / et dont elle admirait, stupéfaite, la résignation: / N’oublie pas ta servante, cher Enfant, / Ami des hommes, ne tarde pas à exaucer mon désir.

Apostiches

Comme une arme invincible tu nous donnas, / ô Christ, ta sainte Croix: / en elle nous repoussons, victorieux, les assauts de l’Ennemi.

Sans cesse possédant, ô Christ, / le secours de ta Croix, / nous pouvons échapper au filet de l’Ennemi.

Par le crédit que vous avez auprès du Sauveur, / saints Martyrs, intercédez sans cesse pour nous pécheurs, / demandant le pardon de nos péchés / et pour nos âmes la grande miséricorde.

Gloire au Père... Maintenant ...

Voyant sur le bois l’Agneau et le Pasteur, / la Brebis mère qui t’enfanta / en sa plainte maternelle te disait: / Ô mon Fils bien-aimé, / telle est la récompense d’un peuple ingrat / qui a joui de tes merveilles inouïes! / mais je veux glorifier, / Ami des hommes, ton ineffable et divine condescendance.

LE MARDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Ma bouche s’ouvrira / et s’emplira de l’Esprit saint: / j’adresse mon poème à la Mère du Roi / et l’on me verra, en cette fête solennelle, / chanter avec allégresse toutes ses merveilles.

Toi qui sans semence as enfanté dans la chair, / Vierge toute-pure, le Christ, / Sagesse infinie et Puissance de Dieu, / tu as acquis, divine Génitrice pour tes serviteurs / force, puissance et divine splendeur.

Surnaturel enfantement que le tien, / Toute-pure, et par lui tu as enrichi / de la vie immortelle la multitude des humains / qui te dit bienheureuse à juste titre maintenant / comme celle qui lui a procuré le renouveau.

Gloire: À l’ombre de tes ailes, ô Vierge, guéris / ton serviteur souffrant d’âme et de corps, / car tu es la protectrice, je le sais, / de tous ceux qui se trouvent dans le chagrin, / toi qui as enfanté notre salut.

Maintenant: En funeste posture sur l’océan de l’affliction, / dans la tempête des immenses dangers, / je te prie d’étendre vers moi, / notre Dame, ta main secourable / pour me délivrer de cet abîme de malheur.

Ode 3

Garde sous ta protection, / ô Mère de Dieu et source intarissable de la Vie, / tous les chantres qui t’honorent de leurs hymnes; / dans ta divine gloire, / accorde-leur la couronne des vainqueurs.

Asperge de tes flots guérisseurs, / ô Vierge, ceux qui souffrent en tout lieu, / puisque le Seigneur de miséricorde, qui est né / de toi surnaturellement, t’a montrée / comme la source de compassion.

Vierge Mère, tu as été / la splendide chambre du Verbe divin, / son surnaturel palais nuptial; / ouvre-moi donc ton cœur compatissant / pour me conduire au salut.

Gloire: Toute ma force a décliné / à cause de mes nombreux, de mes énormes péchés; / tant d’épreuves m’ont réduit au désespoir: / notre Dame, toi qui as mis au monde la Vie, / aide-moi, Consolatrice des affligés.

Maintenant: Unique Mère de Dieu, prends pitié, / de ma pauvre âme aie compassion, / car elle est secouée par les passions, les noirs démons: / avant le temps de ma mort / purifie-la, dans la tendresse de ton cœur.

Ode 4

L’ineffable projet divin / de ta virginale incarnation, / Dieu très-haut, le prophète Habacuc / l’a saisi et s’écria: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Toi qui étais de race, de lignage royal, / le Roi de l’univers / t’a désirée, puis établie / plus haut que les chérubins et les séraphins / et tout entier, divine Mère, a fait de toi son logis.

Pour la renaissance du genre humain / le Créateur a pris chair, / il est né de toi et t’a montrée / comme l’infaillible défense des chrétiens; / aussi, Vierge pure, je me réfugie sous ta protection.

Gloire: Sois pour moi, ton serviteur, / secours, refuge et protection, / guéris-moi de mes immenses maux, / afin que je te chante, Tout-immaculée: / gloire à ton ineffable enfantement.

Maintenant: Je pleure et suis dans l’embarras, / dans l’angoisse à cause de mes pensées impures, / et je te prie, toi la source de compassion: / délivre-moi de mes douleurs / en me guidant vers la tendresse de Dieu.

Ode 5

L’univers est transporté / par ta divine gloire, ô Vierge inépousée, / car tu as porté dans ton sein / le Dieu transcendant / et tu mis au monde un Fils intemporel / qui accorde le salut / à ceux qui chantent ta louange.

Sans cesse tu fais jaillir / des flots de guérison / pour tout malade, toi qui es / la vivante nuée du Christ notre Roi; / c’est pourquoi je te prie incessamment: / fais descendre sur le malade que je suis, / ô Vierge, une rosée me guérissant.

Ne cesse pas d’intercéder, / ô Vierge divinement épousée, / auprès de celui que tu as enfanté / comme notre Maître et Sauveur, / pour qu’il mette fin à mes peines et douleurs / et que, me pardonnant mes péchés, / il me guide vers l’allégresse sans fin.

Gloire: Toute-pure, tu es pour moi / l’espérance du salut et ma fierté; / aussi je recours à ta protection: / n’aie pas dégoût de moi / qui suis imprégné de nombreux péchés / et d’affligeantes douleurs à présent, / mais, prenant les devants, sauve-moi.

Maintenant: Toi le Raisin mûr, / comment es-tu suspendu sur l’arbre? / Soleil de gloire, comment resurgis tu, / après avoir enténébré le soleil par ta passion? / Voilà, Sauveur, ce que jadis / en ses maternels gémissements / te criait l’Agnelle qui t’avait enfanté.

Ode 6

J’ai sombré au plus profond de l’océan / et je fus englouti / sous la houle de mes nombreux péchés, / mais toi, ô Dieu d’amour, / à l’abîme tu arraches ma vie.

C’est l’aspect du serviteur, / ô Vierge, que de toi / prit notre Dieu et notre Roi; / et toi, sa divine Mère, il t’a placée / plus haut que les Chérubins et les Séraphins.

Toi qui seule as mis au monde notre Vie, / à tous nous procurant le salut, / fais que j’en sois digne, moi aussi, / malgré mon désespoir et mets fin / au soulèvement de mes passions.

Gloire: Accorde-moi ton secours, / délivre-moi du malheur, de l’affliction, / me rendant libre vis-à-vis / des passions et du péché, / toi qui as enfanté le Rédempteur de l’univers.

Maintenant: En toi, ô Vierge, nous nous glorifions, / par toi nous sommes délivrés du mal, / mettant sur toi notre espérance, nous ne craignons / les Barbares et leurs méfaits, / mais nous chantons des hymnes pour toi.

Cathisme

Vierge immaculée et Mère du Christ notre Dieu, / un glaive a transpercé ton âme quand tu vis / sur la croix ton Fils et ton Dieu: / sans cesse intercède auprès de lui / pour le pardon de nos péchés.

Ode 7

Ils n’adorèrent pas la créature au lieu du Créateur, / les fidèles du Dieu très-haut, / mais affrontèrent généreusement / le feu qui les menaçait; / et ils chantaient dans la fournaise: / Seigneur digne de louange, / Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Toute ma force, comme un tesson, / est asséchée par les passions, / et je suis proche de l’enfer; / mais sauve-moi des liens de perdition, / divine Mère, en prenant les devants / pour me tirer de la tristesse qui m’étreint / grâce à la main qu’en ta miséricorde tu me tends.

Mes entrailles sont déchirées / par toutes sortes de malheurs, / et je déchire ma propre vie / par une multitude de maux et de péchés; / mais toi, délivre-moi / de l’un et l’autre, Vierge immaculée / qui as mis au monde notre Vie.

Gloire: Vierge tout-immaculée, / permets, en ta bonté, / que me soit ouvert / le royaume du Christ compatissant / et que je sois délivré / des maux funestes à l’âme et des périls, / Mère bénie, par ton intercession.

Maintenant: Les douleurs qui entourent mes plaies, / à cause de mes immenses péchés, / me conduisent vers la mort / de mon âme et de mon corps; / mais toi, Souveraine immaculée, / en ta puissance, tire-moi / de tout mal et de toute affliction.

Ode 8

Les nobles Jeunes Gens de la fournaise furent délivrés / par celui qui est né de la Mère de Dieu; / ce qui jadis n’était qu’une image / maintenant devient réalité, / puisqu’il rassemble tout l’univers qui continue de chanter: / Louez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

Par les ronces que produisent mes passions / je suis voué à la fournaise de feu; / leurs épines m’ont lacéré; c’est pourquoi, / sans espérance, je suis livré aux chaînes du péché: / Mère très-pure du Christ notre Dieu, / délivre-m’en et de toutes mes transgressions / procure-moi par tes prières la rémission:

Toi le chandelier de la lumière au triple soleil, / d’un rayon de ta miséricorde viens dissiper / la ténèbre de mes péchés, / divine Génitrice, en m’accordant / la fin de mes cruelles douleurs, / à moi qui chante avec foi / et qui exalte ton virginal enfantement.

Gloire: Tout entier demeurant / dans tes entrailles, ineffablement / s’est incarné le Dieu suprême / qui fit de toi pour le monde / la protectrice, le commun secours; / je t’en prie donc, délivre-moi / de mes passions funestes et du lien de mes péchés.

Maintenant: À l’heure de ma mort, / virginale Mère de Dieu, / arrache-moi aux griffes des démons, / épargne-moi la séparation, / le jugement, le redoutable examen, / les cruels péages, les princes de l’enfer / et le feu qui brûle éternellement.

Ode 9

Que tout fils de la terre exulte en esprit, / tenant sa lampe allumée, / que les Anges dans le ciel célèbrent avec joie / la sainte fête de la Mère de Dieu / et lui chantent: Réjouis-toi, / ô bienheureuse et toujours-vierge, / sainte Mère de Dieu.

Le genre humain est relevé par ton enfantement / et reçoit la filiale adoption / par son union avec la divinité; / avec les êtres de la terre se réjouit / la céleste multitude te chantant, / Vierge pure, à juste titre comme la Mère de Dieu, / en qui le monde se réfugie.

Devenu tout entier la proie de mes péchés, / de mes immenses maux et de mes plaies, / j’invoque, Souveraine immaculée, / ton aide et protection: / accorde-la-moi / en me délivrant / de tout mal et de toute affliction.

Gloire: De toute mon âme endolorie / je t’offre avec amour / une couronne de louange avec ce chant / pour toi qui as mis au monde le Christ notre Dieu: / avec bienveillance reçois-la / et, m’obtenant, divine Mère, le pardon, / par tes prières garde-moi.

Maintenant: Pure Génitrice de Dieu, / de mon âme illumine les yeux, / afin que la sombre nuit du péché / ne m’atteigne et que je ne sois recouvert / par l’abîme du désespoir; / mais toi-même sauve-moi et guide-moi, / intrépide protectrice des croyants.

LE MERCREDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Tu nous as rachetés de la malédiction de la Loi / par ton Sang très précieux; / cloué sur la croix et transpercé par la lance, / tu es devenu pour les hommes la source d’immortalité; / ô notre Sauveur, gloire à toi.

Toi qui souffris librement d’être exalté sur la Croix, / au nouveau peuple appelé de ton nom / accorde ta bienveillance, ô Christ notre Dieu, / donne force à tes fidèles serviteurs, / les protégeant de toute adversité: / que ton alliance leur soit une arme de paix, / un invincible trophée!

Près de la Croix l’Agnelle immaculée, / la Mère de l’Agneau rédempteur, / fut frappée d’une terrible affliction / et disait dans l’effroi de sa vision: / Quel est ce spectacle étrange et nouveau? / doux Fils, comment souffres-tu de plein gré / la mise en croix et l’infâme trépas? / Créateur, je glorifie / ton ineffable condescendance.

Cathisme II

Hâte-toi de prendre les devants, / ô Christ notre Dieu, / avant que nous ne soyons asservis / aux ennemis qui t’insultent et fondent sur nous; / ceux qui nous font la guerre, réduis-les par ta Croix, / qu’ils sachent la puissance de la vraie foi, / par les prières de la Mère de Dieu, seul Ami des hommes!

Sur la croix tu fus cloué / pour nous rappeler milieu des païens, / Seigneur ami des hommes, tu étendis les mains / selon ta propre volonté, / et tu acceptas que ton côté / par la lance fût percé. / Dieu de tendresse, gloire à toi.

Lorsque la Mère inépousée te vit sur la Croix, / elle versa des larmes et dit en gémissant: / Quelle est cette étrange merveille, ô mon Fils? / comment ce peuple ingrat te fixe à la croix, / toi la vie universelle, la lumière de mes yeux?

Cathisme III

Après la chute lamentable du Paradis / provoquée par l’amer conseil de l’Ennemi, / sur le Calvaire, ô Christ, tu m’as remis debout, / corrigeant par la croix l’antique malédiction; / et tuant le serpent dont l’astuce m’avait meurtri, / tu me fis le don de ta vie. / Gloire, Sauveur, à ta divine crucifixion.

En tout l’univers tes Martyrs / ont orné l’Église de leur sang: / revêtue de pourpre et de lin fin, / par leur bouche elle te chante, ô Christ notre Dieu: / À ce peuple qui est tien / manifeste ta compassion, / donne la paix à tous nos gouvernants / et à nos âmes la grande miséricorde.

Te voyant suspendu sur la croix, / l’Agnelle vierge disait en pleurant: / Quelle ineffable condescendance, ô Verbe tout-puissant! / comment une foule de proscrits / ose condamner maintenant / le Dieu qui doit juger l’univers? / Je chante, Seigneur, ton ineffable pitié.

Ode 1

Lorsqu’il eut franchi à pied sec / l’abîme de la mer Rouge, / l’antique Israël mit en fuite / au désert la puissance d’Amalec / grâce aux mains de Moïse étendues en forme de croix.

Seigneur qui as tendu les cieux, / sur la croix tu étendis les mains / manifestement pour embrasser / les peuples éloignés de toi, / Jésus, en ton amour et ta bonté.

Par ta croix, ô Christ, protège-moi / pour que je ne sois la proie / du Loup cherchant ma perdition, / ô Verbe, et chaque jour / me préparant ses pièges et traquenards.

Par vos peines vous avez brisé / la cause de tout mal: / héritant la vie et le bonheur, / bienheureux Martyrs, vous allégez / toute peine de nos âmes et de nos corps.

D’infrangibles chaînes vous avez lié, / sages Martyrs, l’industrieux Démon, / vous attachant au Christ qui se laissa lier / de plein gré pour défaire toute erreur; / aussi nous vous disons bienheureux.

Vierge pure, après l’enfantement / tu conserves ta virginité, / ayant conçu de merveilleuse façon / celui qui fut exalté sur la croix: / et nous fidèles à pleine voix te magnifions.

* * *

Vierge, la plus pure dans la création, / purifie mon cœur souillé / par l’impureté de mes passions, / ô Mère de notre Dieu, / grâce à tes prières immaculées.

Sauve-moi des larmes, des gémissements / qui m’attendent au jour du jugement, / Vierge Mère immaculée, / grâce à tes prières qui agréent / au Créateur notre Dieu.

Par ton ineffable conception / toi seule délivras le genre humain / de l’antique malédiction: / par tes prières, ô Vierge, délivre-moi / qui suis l’esclave des passions charnelles.

Ode 3

Ton Église, ô Christ, / se réjouit en toi et te crie: / Seigneur, tu es ma force, / mon refuge et mon soutien.

Exalté sur la croix, tu élevas / ceux qui avaient glissé jusqu’au tombeau / et tu y culbutas l’Ennemi, / ô Christ, notre Maître et notre Dieu.

Le glaive du Mauvais s’est émoussé / lorsque fut percé ton côté / et le Paradis s’ouvre pour nous, / Verbe du Père hypostasié.

Fleuves de feu, les saints Martyrs / ont arrêté les fleuves de l’erreur / tout en éteignant le feu / de la multitude des faux-dieux.

Crucifiés, roués de coups, / vous avez, Témoins du Christ, / égorgé notre ennemi le Dragon / avec le glaive de votre fermeté.

L’Agnelle immaculée / voyant ta mise en croix / pleurait amèrement / tout en célébrant ta puissance, Seigneur.

* * *

Ce n’est pas en la sagesse que nous nous glorifions / ni dans la puissance ou les trésors, / mais dans la Sagesse du Père hypostasiée, / car il n’est d’autre Saint que toi, Jésus Christ.

Dame plus haute que les Chérubins, / ô Vierge, fais que mon esprit / culbuté par la malice du serpent / domine les passions de mon corps.

Au jour terrible du jugement, / lorsque le Seigneur viendra juger / les nombreux péchés que j’ai commis, / puisses-tu, ô Vierge, me sauver du châtiment!

En ta pitié change mon cœur / insensible et sans pitié; / en ta compassion, ô Christ, sauve-moi / par l’intercession de celle qui t’enfanta.

Ode 4

Te voyant suspendu à la croix, / toi le Soleil de justice, / l’Église depuis sa place / en toute vérité s’écria: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Te voyant suspendu sur le bois, / Soleil de gloire, par ta propre volonté, / le soleil s’est recouvert de ténèbres / et les rochers se fendirent, / le voile du Temple s’est déchiré en deux.

Seigneur, en ta crucifixion / lorsqu’une lance te perça, / sur ton ordre le glaive flamboyant / se détourna du bon Larron / chantant la force de ta Royauté.

Protégés par l’arme de ta croix, / tes victorieux Athlètes, Seigneur, / ne furent pas blessés par les flèches du Mauvais, / mais renversèrent jusqu’aux fondations / les remparts instables du culte des faux-dieux.

Hosties sans tache, victimes sans défaut, / saints Martyrs, vous fûtes offerts / au Seigneur qui par amour / s’est fait pauvre comme nous, / et vous fûtes récompensés de vos labeurs.

Toi qui dans le temps conçus l’Intemporel, / gardant sans faille ta virginité, / à la vue de ton Seigneur / suspendu sur l’arbre de la croix, / en ton âme tu fus déchirée de douleur.

* * *

Toi, le saint Temple de celui / qui s’abaissa pour secourir / l’ouvrage de ses propres mains, / Vierge pure, sanctifie, / illumine mon cœur et mon esprit.

Arrache au gouffre du malheur, / affermis par ton intercession, / ô Vierge, mon âme emportée / dans le tourbillon du mal / et l’abîme des passions.

Vivante demeure du Roi céleste, / Vierge, maintenant je t’en supplie: / par tes prières fais de moi / la demeure de la Trinité, / pour ne plus être une caverne de brigands.

Ode 5

Seigneur, tu es venu comme la lumière en ce monde, / lumière sainte qui retire de la sombre ignorance / ceux e qui te chantent avec foi.

De ton flanc percé tu fis couler sur moi, / Seigneur, les divins flots de l’immortalité / pour réparer la faute issue du flanc du premier père.

Sur l’Ennemi l’emporte la précieuse Croix / que, Seigneur, tu nous donnas pour le salut / des âmes qui te chantent avec foi.

Bien que mortels, Martyrs resplendissants, / vous avez rejoint les Anges flamboyants / pour avoir subi la flamme des tourments.

Malgré leurs corps brisés par tant de maux, / en leurs âmes les Martyrs ont affermi / l’infrangible amour qui les relie au Créateur.

En un sein vierge ayant pris chair, / l’unique Bien se laisse mettre en croix / pour nous sauver de la poussière du tombeau.

* * *

Les impies ne verront pas ta gloire, ô Christ, / mais nous qui la nuit veillons devant toi, / Fils unique et divin Reflet de la paternelle splendeur, / Ami des hommes, nous te célébrons.

Agnelle ayant conçu l’Agneau de Dieu, / vivifie mon âme empoisonnée / par la morsure du serpent / et perdue sur la montagne de la transgression.

Par ta chaleureuse intercession / pousse, ô Mère pure, pieusement / mon âme glacée par la force du péché / vers la chaleur divine et l’amour du Créateur.

Entre les femmes la plus belle, Immaculée, / libère de la honte des passions / ma pauvre âme, et par ta médiation / guide ma vie en toute pureté.

Ode 6

Ton Église te crie à pleine voix: / Je t’offrirai le sacrifice de louange, Seigneur / dans ta compassion tu l’as purifiée / du sang des démons / par le sang qui coule de ton côté.

Toi qui surpasses tout honneur, / tu supportas l’infamie / pour me tirer du déshonneur / et me sauver par ta Croix, / Seigneur ami des hommes.

Lorsqu’au sommet de la croix, / Seigneur, tu déposas ta vie, / tu fis mourir l’auteur de notre mort / et le couvris de toute sorte d’infamie: / gloire â ta puissance, Créateur.

Voulant vous nuire, le Malin / lui-même fut frappé d’horribles maux; / il fut jeté à vos pieds, / saints Martyrs, et se laisse voir / comme objet d’universelle risée.

De vos reliques, saints Martyrs, / jaillissent les guérisons; / vos cendres conservées dans les tombeaux / comme poussière dissipent les Démons, / guérissant toute maladie corporelle.

La Vierge en ses larmes s’écria: / Une foule injuste t’a percé de clous / et mon cœur est déchiré / par le glaive du chagrin, / Jésus, mon Fils et Créateur.

* * *

Ton Enfant est devenu, / ô Vierge, le vainqueur de la mort, / étant la vie, la rédemption des mortels: / c’est pourquoi je te supplie / de relever mon âme meurtrie.

Ami des hommes, j’ai sombré / dans l’océan de cette vie: / étends la main pour me sauver / à la prière de la Mère de Dieu / et des innombrables Puissances des cieux.

Terre ayant produit l’Épi divin, / ne méprise pas mon âme incultivée; / je me consume en la disette de mon Dieu: / nourris-moi donc, je t’en prie, / des divines grâces de ton Fils.

Ode 7

Dans la fournaise de Perse les enfants d’Abraham, / plus que par l’ardeur des flammes embrasés par leur piété, / s’écriaient: Seigneur, tu es béni / dans le temple de ta gloire.

Tu te laisses mettre en croix sans vêtement, / Immortel qui de nuages ceins le ciel, / mais tu couvres d’éternelle infamie / celui qui dépouilla jadis nos premiers parents.

On t’élève en croix: Adam déchu est relevé; / on perce ton côté, ô Maître, et le Démon / malgré sa ruse reçoit le coup fatal. / Bénie soit ta puissance, Seigneur!

Noblement unis au Verbe bel et bon, / glorieux Athlètes, vous avez rompu / toute attache avec le monde d’ici-bas, / liés et brisés, mais foulant encore l’Ennemi.

Les Martyrs ont renversé l’erreur et ses remparts / grâce au levier divin de leur Passion / et sont devenus murailles et donjons / pour les fidèles qui les chantent pieusement.

Le Christ en la fournaise est apparu sous forme de rosée, / son feu divin n’a pas brûlé ton sein: / Vierge, lorsque tu l’as vu pendu au bois, / tu glorifias son ineffable condescendance.

* * *

Montagne sainte dont la pierre détachée par nulle main / brisa les stèles des démons, / écarte de mon âme les images des faux-dieux / et la dureté de pierre qui oppresse mon cœur.

Tu n’as pas tremblé, ô Vierge, en recevant / dans ton sein celui qui d’un regard fait trembler / la terre et tout son contenu, quand il le veut: / affermis donc mon cœur ébranlé par les assauts de l’Ennemi.

Le Mauvais m’enténébra par de honteux plaisirs: / dissipe, ô Vierge, mes pensées charnelles; / Mère de Dieu, ornant mon être de vertus, / fais qu’il devienne tout entier spirituel.

Ode 8

Daniel, étendant les mains, / dans la fosse ferma la gueule des lions; / les jeunes Gens, pleins de zèle pour leur foi, / ceints de vertu, éteignirent la puissance du feu, / tandis qu’ils s’écriaient: Bénissez le Seigneur, / toutes les œuvres du Seigneur.

Sur la croix tu étendis les mains, / voulant guérir, Seigneur, / l’avide main du pécheur; / et percé de clous tu arraches les passions / du premier père qui te chante désormais: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur.

La dette des premiers parents / est déchirée lorsqu’on transperce ton côté; / par ton sang versé à flots / l’entière création est sanctifiée; / en action de grâce elle ne cesse de chanter: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Au milieu des flammes les illustres Martyrs / ne sentirent pas le feu, mais une fraîche rosée; / en une mystique symphonie / ils entonnèrent le divin cantique des jeunes Gens, / chantant: Bénissez le Seigneur, / toutes les œuvres du Seigneur.

Portant sans trêve le flambeau de votre amour, / vous n’êtes pas tombés dans les ténèbres du châtiment, / mais sous l’effet de la force divine, saints Martyrs, / vous avez couru vers la lumière sans couchant, / criant sans cesse: Bénissez le Seigneur, / toutes les œuvres du Seigneur.

Voyant sans vie le Christ qui mit à mort / l’adversaire et meurtrier du genre humain, / la Dame toute-digne de nos chants / dans les larmes célébrait son Maître et son Fils, / admirant sa longanimité et s’écriant: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur.

* * *

Tu mis au monde le splendide Fruit / dont la Mort goûta pour en mourir; / et moi que fit périr le fruit perfide du péché, / je t’en prie, ô Vierge, vivifie-moi / pour que je chante: Bénissez le, Seigneur, / toutes les œuvres du Seigneur.

Pauvre âme, tu n’auras point d’avocat, / mais tes péchés sans nombre t’accuseront là-bas; / opère donc ta conversion / et sur la route qui te mène au Bien / prends pour compagne la seule Immaculée, / l’unique refuge des mortels.

Ode 9

Le Christ, pierre angulaire que nulle main n’a taillée, / fut taillé de toi, ô Vierge, montagne inviolée; / c’est lui qui réunit les natures séparées: / aussi, pleins d’allégresse et de joie, / Mère de Dieu, nous te magnifions.

Voici, la Vie se laisse voir à tous / suspendue sur l’arbre de la croix; / le soleil troublé cesse d’émettre ses rayons, / la terre tremble, et nos pensées / sont affermis dans la foi et la piété.

Comment une faction de hors-la-loi / condamne à la peine de la croix / l’Auteur même de la Loi, / le Seigneur, l’universelle Vie / qui par sa Passion donne à tout homme l’immortalité!

Martyrs illustres, sagement / de vos lèvres annonçant Dieu / au milieu des païens vous haïssant, / du Verbe vous prêchiez l’incarnation / et pour vos saintes luttes vous avez reçu couronne de vainqueurs.

Faisant pâlir l’astre du jour, / divins Martyrs, vous éclairez / l’entière création par la splendeur / de vos saintes luttes et guérisons / et vous chassez la sombre nuit des passions.

Sur mon âme enténébrée par le péché, / Vierge pure, envoie ta clarté; / chasse les nues de mes péchés, / lumineuse Nuée qui jadis contemplas / le soleil voilé par la crucifixion de l’Immortel.

* * *

Brise les liens de mes passions / par la divine lance de ton Fils, / délivre mon âme captive et menacée / pour l’attacher à ton amour, / Vierge Mère de notre Dieu.

Toi, la plus vaste que les cieux, / mène vers la vaste plaine d’immortalité / mon âme angoissée par les assauts de l’Ennemi, / et donne-moi la force de marcher / sans cesse sur la voie resserrée.

Afin que je te glorifie, / Vierge glorifiée en vérité, / sauve-moi de l’infamie de mes péchés / et puisque j’ai recours à ta pitié, / fais-moi prendre part à la gloire des cieux.

Apostiches

Ta Croix nous devienne un rempart, / Jésus notre Sauveur! / nous les fidèles n’avons en effet d’autre espérance / que toi, Seigneur cloué sur elle en ta chair / et nous accordant la grande miséricorde.

À ceux qui te craignent, Seigneur, / tu as donné le signe de ta précieuse Croix: / en elle tu as vaincu les principautés et les puissances de l’Enfer / et nous as ramenés vers l’antique félicité; / aussi nous glorifions ton amour pour nous / et ton œuvre de salut, / Seigneur tout-puissant et Sauveur de nos âmes.

Saints Martyrs, nous admirons vos combats / car, revêtus d’un corps mortel, / vous avez repoussé l’invisible Ennemi; / sans crainte devant les menaces des tyrans, / vous avez subi les pires tourments; / et maintenant vous jouissez de la gloire méritée / auprès du Christ qui accorde à nos âmes la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Lorsque ta Mère contempla / la croix où tu étais étendu, / les clous qui te fixaient et la lance perçant ton côté, / en ses larmes elle cria: / Hélas, Enfant bien-aimé! / comment un peuple injuste a fait mourir / celui qui donne vie à ceux de l’Hadès? / Ressuscite bientôt pour la joie de ceux qui t’aiment.

LITURGIE

Béatitudes

À cause de l’arbre défendu / Adam fut exilé du Paradis, / mais par l’arbre de la croix le Larron y entra; / car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, / l’autre partageant ta crucifixion confessa ta divinité: / Souviens-toi de moi dans ton Royaume.

Tu fus cloué sur la croix, / ô Christ, dans ton immense bonté, / de ton côté transpercé jaillit le double flot du pardon; / et la terre fut ébranlée, / ne pouvant souffrir de te voir outragé, / les rochers se fendirent, le soleil s’éteignit, / montagnes et collines tremblèrent de frayeur / devant ta puissance, Seigneur.

Ô Christ, corrigeant la transgression / de l’avide main du premier père tendue jadis / vers l’arbre de la connaissance, / tu étendis toi-même les mains / en ton bon vouloir te laissant clouer, / Seigneur longanime qui fis l’homme de ta main / dans ton immense bonté. / Gloire à ton ineffable tendresse, ô Verbe de Dieu.

Saints Martyrs qui fîtes descendre sur terre le ciel / par le superbe éclat de vos combats, / en lui vous avez dissipé les ténèbres des vanités / et vous avez fixé votre demeure près de la lumière sans couchant, / participant à la vie de Dieu / et de l’éclat de la connaissance illuminant / ceux qui sans cesse vous proclament bienheureux.

Gloire au Père ...

Gloire, louange et honneur / à l’universel principe, la Trinité: / nos voix lui présentent l’hymne des Anges au Trois-fois-saint; / à l’adresse du Père éternel, du Fils et de l’Esprit / nous reprenons en chantant les paroles du bon Larron: / Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

Maintenant ...

Vierge pure, lorsque tu vis ton Fils et ton Dieu / fixé à la croix selon sa propre volonté, / en tes larmes tu disais, frappée d’étonnement: / Où est passé ton charme, Seigneur, / toi qui ornes l’univers de toute beauté? / Telle est la récompense d’un peuple ingrat / pour tes bienfaits à son égard! / Gloire, Seigneur, à ton immense bonté.

Jeudi

LE MERCREDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

D’un cœur ferme combattant, / vous avez marché sur l’ennemi, / protégés par l’armure de l’Esprit / et, détruisant toute puissance des Démons, / comme butin vous leur avez pris / les âmes des humains: / et pour les siècles nous vous chantons, glorieux Apôtres du Seigneur.

Étendant en forme de croix / le filet de la Foi, / la divine Douzaine de tes Apôtres, Seigneur, / prit toutes les nations pour les conduire jusqu’à toi / et mit à sec les ondes amères de nos passions; / c’est pourquoi, je t’en prie, rappelle-moi / de l’abîme du péché / par leurs prières qu’il te plaît d’exaucer.

La sainte Douzaine des Apôtres choisis par Dieu, / en ce jour célébrons-la par des cantiques divins, / chantant Pierre et Paul, André et Jean, / Jacques, Matthieu, Simon et Thomas, / Luc et Marc, Philippe et Barthélemy / et les soixante-dix autres Apôtres.

* * *

La divine grâce de l’Esprit / te consacra du saint myron, / toi l’archevêque de Myre en Lycie / dont les vertus ont embaumé le monde entier / et qui chasses les miasmes de nos passions / grâce au parfum de tes prières, Nicolas; / et c’est pourquoi nous chantons et célébrons / fidèlement ta mémoire sacrée.

Luminaire sans déclin, / astre universel resplendissant / au firmament de l’Église, Nicolas, / illuminant le monde entier, / repoussant les ténèbres des noirs dangers, / faisant disparaître la froidure du désespoir / pour nous ramener le calme et la paix, / selon tes mérites nous te disons bienheureux.

Dans les songes présent et paraissant, / tu sauvas, saint Nicolas, / ceux qui risquaient l’injuste peine de la mort, / en ta bienveillante compassion / protégeant chaleureusement / les fidèles qui invoquent ton secours, / concitoyen des Anges et Père très-saint, / émule des Prophètes et des justes de tous temps.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Toi dont le sein put contenir / le Dieu que nul espace ne contient / et qui par amour des hommes se fit homme comme nous, / prenant de toi notre condition humaine / pour la déifier manifestement, / Toute-sainte, ne méprise pas mon affliction, / mais bien vite fais-moi grâce et sauve-moi, / me délivrant de l’action perverse de l’Ennemi.

Apostiches

Des Apôtres tu as illuminé le chœur, / ô Christ, par ton saint Esprit; / par leurs prières, Seigneur, lave aussi la souillure de nos péchés, / et prends pitié de nous.

De tes Disciples sans instruction / ton saint Esprit a fait des docteurs / et par le charme de leur verbe retentissant en toute langue / il a fait disparaître l’erreur, / ô Christ notre Dieu tout-puissant.

Vivantes hosties, / holocaustes spirituels, / saints Martyrs, victimes agréables au Seigneur notre Dieu, / brebis connaissant leur divin Maître et connues de lui, / et dont le bercail ne s’ouvre pas pour les loups ravisseurs, / intercédez auprès du bon Pasteur / pour qu’avec vous il nous mène aussi vers le lieu du repos.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Délivre-nous de tout danger, / Mère du Christ notre Dieu, / qui enfantas le Créateur de l’univers, / afin que sans cesse nous te chantions: / Réjouis-toi, Protectrice de nos âmes.

LE MERCREDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Lorsqu’il eut franchi à pied sec / l’abîme de la mer Rouge, / l’antique Israël mit en fuite / au désert la puissance d’Amalec / grâce aux mains de Moïse étendues en forme de croix.

Réellement, en toute vérité, / tu as enfanté notre Dieu et Seigneur, / et toi seule, véritablement, / tu mérites d’être appelée Mère de Dieu; / aussi nous te chantons avec foi et te glorifions comme il convient.

De toi, ô Vierge immaculée, / s’est levé l’astre de Jacob / qui appelle comme Dieu, / chaque étoile par son nom; / par sa lumière dissipe la ténèbre de mes péchés.

Gloire: La chambre nuptiale de la divine incarnation, / c’est toi, je le sais clairement, / Vierge toute-pure, et je te prie: / délivre-moi des passions charnelles, / des épreuves, des périls, de l’affliction.

Maintenant: Toi l’échelle dont notre Dieu tout-puissant, / dans sa descente vers nous, / s’est servi pour venir sur terre, / élève-moi des passions terrestres vers le ciel / et de la chair fais que je monte vers Dieu.

Ode 3

Ce n’est pas en la sagesse que nous nous glorifions / ni dans la puissance ou les trésors, / mais dans la Sagesse du Père hypostasiée, / car il n’est d’autre Saint que toi, Jésus Christ.

Toi la source vive, tu es / la consolation des affligés; / de tes prières fais donc jaillir le flot / pour éteindre le feu de mes passions.

Guéris-moi qui suis blessé, / ô Vierge, par mes pensées impures, / toi qui as guéri notre nature de ses plaies / en enfantant le Créateur notre Dieu.

Gloire: Secoué par les épreuves et les passions / sur l’océan de mes nombreux péchés, / je t’en prie: viens à mon secours / et guide-moi vers le havre de paix.

Maintenant: Celui qui est descendu dans ton sein / comme pluie divine sur la toison, / sur mon cœur brûlé par les passions / prie-le de verser aussi la rosée.

Ode 4

Te voyant suspendu à la croix, / toi le Soleil de justice, / l’Église depuis sa place / en toute vérité s’écria: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Des parfums coulant de ton Fils, / dans la bonne odeur de la vie universelle, / sur mon âme fais jaillir / la myrrhe de l’impassible condition / pour effacer les miasmes des passions.

Souillé que je suis par la fange du péché, / avec l’hysope de tes prières asperge-moi, / lave-moi, notre Dame, en effaçant / la souillure de mes passions / et fais de moi la demeure du Christ.

Gloire: Toi le livre scellé / où le Verbe fut inscrit par le doigt de Dieu, / Vierge pure, inscris, je t’en prie, / du doigt de tes prières la rémission de mes péchés / et délivre-moi de mes passions.

Maintenant: Toi qui, surpassant / toutes les montagnes saintes, fus pour Dieu / sa maison, comme le Prophète l’a prédit, / notre Dame, avez ton aide fais de moi / pour le Christ un pur logis.

Ode 5

Seigneur, tu es venu comme la lumière en ce monde, / lumière sainte qui de la sombre ignorance fais revenir / ceux qui te chantent avec foi.

Divine Génitrice, te sachant / la rosée de l’Hermon / qui descend sur Sion, / je te prie d’éteindre l’ardeur de ma chair.

Toi le jardin de la Vie, / promptement délivre-moi / de la mort due au péché / et de toutes sortes de passions.

Gloire: Le vase d’albâtre, c’est bien toi, / Vierge pure qui as fait couler / le divin Parfum du ciel sur terre: / de sa bonne odeur comble-moi.

Maintenant: Tu as renouvelé l’humanité / qui avait chu dans la corruption; / à présent, divine Épouse, tire-moi / de l’abîme de mes fautes et des passions.

Ode 6

Ton Église te crie à pleine voix: / Je t’offrirai le sacrifice de louange, Seigneur; / dans ta compassion tu l’as purifiée / du sang offert aux démons / par le sang qui coule de ton côté.

Du Roi de gloire ayant été, / glorieuse Souveraine, le splendide palais, / tu as couvert de gloire l’humanité; / rends-moi digne, par conséquent, / de la gloire immortelle, moi aussi.

De notre nature tu as fait cesser / la putride corruption / par ta pure virginité; / assèche donc le flot de mes passions / et le cours de mes raisonnements charnels.

Gloire: Calme le soulèvement de mes passions corporelles / et soumets, Vierge pure, à mon esprit / comme un poulain les bondissements / de ma chair en l’endormant / du sommeil de tes prières.

Maintenant: Je te chante, toi qui as enfanté / le Dieu louable hautement / et je te prie, Servante de Dieu: / avant la terrible, l’éternelle condamnation, / délivre-moi et sauve-moi.

Cathisme

Invincible Protectrice, Génitrice de Dieu, / toujours prête à intercéder pour qui se réfugie auprès de toi, / délivre-moi de tout mal / et ne dédaigne pas ton serviteur, / toi qui es le secours de l’univers.

Ode 7

Dans la fournaise de Perse les enfants d’Abraham, / plus que par l’ardeur des flammes embrasés par leur piété, / s’écriaient: Seigneur, tu es béni / dans le temple de ta gloire.

Toi le théophore buisson ardent, / brûle les ronces de mes raisonnements impurs / et de mon âme éclaire les pensées, / ô Vierge, en asséchant l’abîme de mes passions.

Toi seule, sur terre tu as manifesté / la gloire divine, l’éternelle splendeur / au point de paraître comme un autre ciel: / repousse donc mes ennemis grandiloquents, les démons.

Gloire: Divine vasque de miséricorde et de bonté, / en abondance verse-moi le trésor de ta pitié / pour effacer la souillure de mes péchés / et veuille éteindre l’ardeur de ma chair.

Maintenant: Ayant vécu en débauché, / j’ai gaspillé pour les voluptés charnelles / le trésor spirituel que Dieu m’avait donné; / mais comme le Prodigue, ô Vierge, par tes prières amende-moi.

Ode 8

Daniel, étendant les mains, / dans la fosse ferma la gueule des lions; / les Jeunes Gens, pleins de zèle pour leur foi, / ceints de vertu, éteignirent la puissance du feu, / tandis qu’ils s’écriaient: Bénissez, / toutes ses œuvres, le Seigneur.

Romps les chaînes de mes péchés, / apaise les penchants de mon corps, / soigne la perversité de mes raisonnements, / hâte-toi de purifier ton serviteur, / divine Mère, de ses secrètes pensées, / toi la protectrice et le secours de tout croyant.

Toi la divine montagne non taillée, / le fertile mont, l’opulente montagne ombragée, / à l’ombre de tes prières couvre-moi, / délivre-moi du filet de l’oiseleur, / garde-moi des traits lancés par le démon / et de toute vile pensée.

Gloire: Fais que me saisisse la crainte de Dieu, / en mes entrailles l’esprit de componction, / que je mène vertueuse vie / et rends-moi redoutable aux noirs démons / afin qu’à la gloire de ton Fils / je participe avec les Anges saints.

Maintenant: Ouvre-moi vite les portes de la vie, / les portes de mon espérance, Vierge immaculée, / et guide-moi vers la vie sans fin, / fais de moi l’héritier du royaume des cieux / et permets à ton serviteur / de prendre part à la divine gloire des Saints.

Ode 9

Par sa faute et transgression / Ève instaure la malédiction; / mais toi, ô Vierge Mère de Dieu, / pour le monde tu as fait fleurir / par le fruit de tes entrailles la bénédiction; / et tous ensemble nous te magnifions.

Vierge pure, par ton intercession / regarde vers ton serviteur, / empresse-toi de prendre les devants, / délivre-moi des ennemis invisibles qui m’affligent et me font du mal; / sauve-moi du malheur et de l’affliction / et de toutes sortes de périls.

Moi qui suis blessé par le venin du péché / et que la médecine a condamné, / ô Vierge, guéris-moi, / libère-moi des mauvaises pensées, / toi qui as enfanté le Verbe tout-puissant, / bon et ami des hommes.

Gloire: À cause du premier Adam / et de sa chute dans la mort, / de notre mort ton Fils a pris sa part, / lui qui a le pouvoir de faire vivre et mourir; / aussi par tes prières garde-moi, / ô Vierge, de la chute et des passions.

Maintenant: Ceux qui accourent près de toi, / divine Mère, sauve-les / de la fosse et du malheur, / de la tempête et du péché, / du trouble et de l’agitation de cette vie, / ainsi que des attaques du Malin.

LE JEUDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Princes des Apôtres / et Docteurs de l’univers, / intercédez auprès du Maître universel / pour qu’il accorde au monde la paix / et à nos âmes la grande miséricorde.

Ô Christ, tes Apôtres ont brillé / comme des flambeaux sur l’univers, / illuminant nos âmes à la clarté / de tes divins enseignements; / par eux tu as dissipé le mensonge des faux-dieux, / éclairant le monde par les dogmes de la foi. / Par leurs prières sauve nos âmes.

Ô Vierge, hâte-toi de recevoir / les prières que nous t’adressons; / très-sainte Dame, présente-les / à ton Fils et notre Dieu: / apaise la détresse de ceux / qui accourent vers toi; / déjoue les ruses du Malin / et renverse l’ardeur / de l’Ennemi qui combat tes serviteurs.

Cathisme II

Par toute la terre s’est répandue votre voix, / rendant insensée la sagesse d’ici-bas, / glorieux Apôtres, et retirant / les hommes du gouffre de l’erreur, / à tout mortel indiquant / le chemin du salut: / il est donc juste que nous vous disions bienheureux.

Sauveur, tu désignas au monde / tes Disciples comme hérauts de la Foi, / menant les peuples par eux / vers la connaissance de Dieu; / des rayons de leur verbe ils éclairèrent l’univers, / semant en vérité la semence de piété: / par leurs prières sauve nos âmes.

Souveraine, exauce ton serviteur / dont l’âme affligée crie vers toi; / accorde-moi la rémission / de mes péchés si nombreux; / car de jour et de nuit, / c’est toi ma constante protection; / de la géhenne de feu, / Mère de Dieu, délivre-moi / et place-moi à la droite de ton Fils et ton Dieu.

Cathisme III

Hâte-toi de prendre les devants, / bienheureux Père Nicolas, / sauve tes serviteurs des périls / qui nous affligent et fondent sur nous; / grâce au crédit dont tu jouis / auprès du Créateur notre Dieu / hâte-toi de secourir / ceux qui t’invoquent avec foi, / leur accordant ton aide et protection.

Tes Martyrs, Seigneur, par les combats qu’ils ont menés, / ont reçu de toi, ô notre Dieu, la couronne d’immortalité; / par la force de ton bras ils ont triomphé des tyrans / et réduit à l’impuissance la hardiesse des démons; / par leurs supplications, ô Christ notre Dieu, sauve nos âmes.

Puisque tu occupes le sommet de toute la création, / nous ne pouvons te chanter comme il se doit: / c’est pourquoi, ô Mère de Dieu, / fais-nous ce don, nous t’en prions, / de nous prendre en pitié.

Ode 1

Lorsqu’il eut franchi à pied sec / l’abîme de la met Rouge, / l’antique Israël mit en fuite / au désert la puissance d’Amalec / grâce aux mains de Moïse étendues en forme de croix.

Les glorieux Apôtres du Christ, / ces divins instruments du Paraclet, / par son divin souffle sans cesse accompagnés, / ont en vérité joué pour nous / la mélodie du salut.

Sur la couche du nonchaloir / me voici gisant et l’âme consumée / par la mortelle maladie du péché, / mais vous, Apôtres glorieux qui avez vu le Christ, / daignez me visiter dans mon malheur.

Apôtres dont le verbe a délié / les nations sans verbe ni raison, / par la grâce du Paraclet / illuminez aussi mon cœur / enténébré par les passions.

Vierge pure, après l’enfantement / tu conserves ta virginité, / ayant conçu de merveilleuse façon / celui qui s’est montré sur terre pour nous sauver: / supplie-le d’illuminer nos âmes.

* * *

Comme les cavaliers de Pharaon

Bienheureux qui héritas / la vie sans peine ni chagrin / et pour toujours te vis comblé / de joie spirituelle, / de mon âme éloigne tout chagrin / afin que je te glorifie allégrement, / très-saint Père Nicolas.

Tu as pris place sur le chandelier / des plus sublimes vertus / comme lampe illuminant / les cœurs des croyants: / Pontife Nicolas, je t’en supplie, / par l’éclat de ton intercession / chasse les ténèbres de mon âme.

Naviguant sur l’océan / de cette vie corrompue, / au milieu de mille tentations / j’accours vers toi pour te crier: / Puissé-je en toi, saint Nicolas, / trouver le nautonier capable d’apaiser / par tes prières la fureur des flots.

Vierge pure dont l’intercession / ne connaît point de repos, / apaise en nos âmes les passions / par ta sainte médiation, / nous éveillant divinement / et pour notre salut / à l’accomplissement de la divine volonté.

Ode 3

Ton Église, ô Christ, / en toi se réjouit et te crie: / Seigneur, tu es ma force, / mon refuge et mon soutien.

Comme fleuves spirituels, / tes Disciples, Seigneur, réjouissent de leurs flots / la cité de Dieu qu’ils sanctifient.

Citoyens de la céleste patrie, / concélébrant avec les Anges dans le ciel, / délivrez-nous de toute affliction, / glorieux Apôtres du Seigneur.

Toi qui affermis, ô Christ, / tes cieux spirituels, en ton amour / rends-moi ferme par leur intercession / sur le roc de tes commandements.

La Vierge pure qui t’enfanta / te supplie maternellement / avec les Disciples en chœur: / accorde-nous ta miséricorde, Seigneur.

* * *

Ce n’est pas en la sagesse que nous nous glorifions / ni dans la puissance ou les trésors, / mais dans la Sa gesse du Père hypostasiée, / car il n’est d’autre Saint que toi, Jésus Christ.

Tu es le glaive de combat / taillant en pièces l’Ennemi: / garde-nous saufs de ses assauts, / Nicolas, pour suivre la divine volonté.

Guéris mon cœur broyé, / saint Pontife qui brisas / les perfides pièges de l’Ennemi, / afin que dans la foi je magnifie ta protection.

Saint Père, toi qui détruisis / les idoles vaines d’Artémis, / chasse de mon cœur l’image des passions, / Nicolas, par ta divine médiation.

Vierge toute-sainte en qui nous possédons / la plus sûre protection, / change en allégresse notre deuil / et délivre-nous de la mortelle affliction.

Ode 4

Te voyant suspendu à la croix, / toi, le Soleil de justice, / l’Église depuis sa place / en toute vérité s’écria: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Vers la mer tu as poussé, / Ami des hommes, les coursiers que tu choisis / pour piétiner les ondes d’impiété / et prêcher à toutes les nations / la connaissance de ta vérité.

Astres illuminant par votre foi / l’Église en son mystique firmament, / glorieux Apôtres du Seigneur, / délivrez-moi de la sombre nuit / où m’enferment l’ignorance et le péché.

Saints Apôtres qui apparaissez / comme flèches aiguisées, / éteignez les flèches embrasées / par la malice de l’Ennemi / et rendez fermes mes pensées.

Sur mon âme empoisonnée / par la morsure venimeuse du Serpent / verse, ô Christ, comme un remède souverain / les prières de celle qui t’enfanta / et de tes Apôtres divins.

* * *

Celui qui siège glorieusement

Ta sainte et glorieuse vie / en tout lien t’a rendu illustre et glorieux / grâce à tes prodiges divins, / Parure des Pontifes saints / et gloire de tout dévot / qui te célèbre en chants de joie.

Depuis la chaire où tu trônais, / Bienheureux, tu louas Dieu, / rayonnant l’éclat divin / de ta sainte humilité: / donne-nous d’y prendre part / par tes prières, Père saint, / puisqu’elles plaisent à Dieu.

De la mort tu délivras / ceux qu’on y menait injustement, / car le zèle de ton Dieu / enflammait ton cœur, Pontife saint; / aussi nous te crions: Arrache-nous / de même aux cruelles tentations / qui mettent notre âme en danger de mort.

Nicolas, ô Père bienheureux / qui demeures en la joie céleste, / invisiblement visite ceux / qui appellent ta venue, / guérissant toute langueur et maladie de nos âmes / et leur donnant en Dieu le repos.

Elles sont remplies d’effroi, / Toute-sainte, les armées / des Anges célébrant la grandeur / de ton enfantement divin: / avec elles implore le Seigneur / pour qu’il sauve ceux qui d’un cœur pur / fidèlement te magnifient.

Ode 5

Seigneur, tu es venu comme la lumière en ce monde, / lumière sainte qui retire de la sombre ignorance / ceux qui te chantent avec foi.

De la vivante Vigne florissants raisins, / les glorieux Apôtres ont abreuvé le monde entier / avec le vin de la joie spirituelle.

Vers la lumière des divins commandements, / Apôtres, conduisez les âmes égarées / qui gisent en la ténèbre du péché.

Apôtres bienheureux, délivrez-nous / de nos chutes et transgressions, / du jugement futur, des périls et de la mort.

Sauve-moi, Seigneur, en ton amour / par les prières de celle qui t’enfanta / et de tous tes Apôtres divins.

* * *

Les impies ne verront pas ta gloire, ô Christ, / mais nous qui la nuit veillons devant toi, / Fils unique et divin Reflet de la splendeur paternelle, / Ami des hommes, nous te célébrons.

Comme un soleil mourant, tu déclinas, / saint Nicolas, pour te lever en Christ, / éclairant de tes prodiges éclatants, / sage Père, l’étendue de l’univers.

Exauce-nous, saint Nicolas, / au jour d’angoisse et d’affliction, / écartant de nous tout sort mauvais / par la grâce de l’Esprit qui demeure en toi.

L’âme broyée par les tourments de cette vie, / saint Nicolas, j’invoque ton secours: / hâte-toi et, suppliant le Dieu très-bon, / pour finir accorde-moi la guérison.

Te voyant de son regard spirituel, / Isaïe, ô Vierge, s’écria: / Voici que pour la renaissance des humains / une Vierge enfantera le Seigneur Jésus.

Ode 6

Ton Église te crie à pleine voix: / Je t’offrirai le sacrifice de louange, Seigneur / dans ta compassion tu l’as purifiée / du sang des démons / par le sang qui coule de ton côté.

Les brebis choisies du bon Pasteur / dispersées par le monde / ont changé grâce à leur foi / la férocité des loups / en la douceur des brebis.

Divins Apôtres chargés de fruits / comme les arbres du Paradis, / changez de mon âme l’infécondité / pour que je porte à mon tour / l’abondance des vertus.

Le glaive du plaisir m’a vulnéré, / glorieux Apôtres, et me voilà fini; / mais vous qui avez reçu du Christ / la grâce de ressusciter les morts, / rendez la vie à ma pauvre âme.

Apaise de mon âme le flot tumultueux, / Dieu de tous, en ta bonté, / par les prières de celle qui t’enfanta, / de tes Apôtres glorieux / et de tes divins Martyrs.

* * *

J’ai sombré au plus profond de l’océan

Dans la force et la puissance du Sauveur / et dans la sagesse divine, saint Nicolas, / tu triomphas de l’invisible Ennemi: / par tes prières sauve-nous / de sa cruelle perfidie.

Du châtiment qui nous attend / dans la géhenne, saint Nicolas, / de l’oppression des hommes pervers / par tes saintes prières délivre-nous, / toi le saint que chante l’univers.

Les officiers qui ont risqué / d’être mis à mort injustement / furent sauvés par ton intercession: / digne de toute admiration, / délivre-nous de tout malheur.

Ton peuple et ta cité / te supplient, Mère de Dieu: / sauve-nous de tout danger / et de l’éternelle condamnation, / Vierge souveraine et toute-sainte.

Ode 7

Dans la fournaise de Perse les enfants d’Abraham, / plus que par l’ardeur des flammes embrasés par leur piété, / s’écriaient: Seigneur, tu es béni / dans le temple de ta gloire.

Par la force du kérygme saint de Dieu, / infaillibles Apôtres du Christ, / vous avez chassé les brumes de l’erreur / et de clarté divine empli le cœur des croyants.

Sources intarissables de l’arôme divin, / Disciples du Parfum spirituel, / de sa bonne odeur comblez ceux qui accourent vers vous / et dissipez les miasmes des passions.

Les passions charnelles m’ont ruiné jusqu’à la mort: / Disciples glorieux du Verbe immortel, / sauvez-moi lorsque je crie: Seigneur, / tu es béni dans le temple de ta gloire.

Les chœurs des Anges, des Apôtres et des Martyrs sans cesse implorent ta pitié: / Verbe ami des hommes, en ton amour, / fais-nous grâce à cause de la Mère de Dieu.

* * *

À Babylone les trois Jeunes Gens

Celui qui seul repose parmi les Saints, / le Créateur de l’univers, implore-le, / saint Nicolas, pour qu’il nous sanctifie / et pour qu’il envoie sur nous / l’abondance de sa miséricorde.

Par ta droiture et ta douceur, / par ta mesure et ton humilité, / vénérable et glorieux, tu as atteint / du sacerdoce le plus haut degré, / accomplissant prodiges et merveilles.

Des lois divines te portant garant, / tu fus pour Dieu un temple saint: / c’est pourquoi nous te crions, / bienheureux et vénérable Nicolas: / sauve de toute faute tes serviteurs.

Ô Vierge, par ta vigilante médiation / calme les élans de mes passions: / donne à mon âme de rester éveillée / et chasse loin de moi / le sommeil et la paresse.

Ode 8

Daniel, étendant les mains, / dans la fosse ferma la gueule des lions; / les Jeunes Gens, pleins de zèle pour leur foi, / ceints de vertu, éteignirent la puissance du feu, / tandis qu’ils s’écriaient: Bénissez le Seigneur, / toutes les œuvres du Seigneur.

Bouches enflammées du Christ / qui avez fermé les lèvres des bavards / pour semer partout le verbe du salut, / de la gueule du Loup spirituel / délivrez ceux qui chantent devant Dieu: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Autour de mon âme mise à mort / sonnez, trompettes au noble son; / glorieux Apôtres du Christ, / de la paresse et de l’abîme sans espoir / comme de tombe éveillez-la pour qu’elle crie: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Moi qui ai foulé aux pieds / tes préceptes en ma perversité, / moi le débauché, le corrompu, / demeuré l’esclave des mauvais penchants, / Christ Seigneur, n’aie pas dégoût de moi / grâce aux prières de tes Disciples.

Sur mon cœur domine le Serpent / et je suis l’esclave du péché: / Reine de tous, Marie, délivre m’en, / fais que je serve sous la loi du Christ / pour lui chanter en toute pureté: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

* * *

Rédempteur du monde, Tout-puissant

Parlant de Dieu, saint Nicolas, / tu fermas les lèvres indiscrètes des impies / et de la peste d’Arius / tu délivras grand nombre de croyants / pour qu’ils chantent le Seigneur en la vraie foi.

Toi l’éponyme des vainqueurs, / par tes prières fais triompher / des passions qui mènent à la mort / et de la langue double des impies / les fidèles qui sans cesse te prient.

De grâce envoie sur nous, / saint thaumaturge Nicolas, / le secours et le salut / au jour où nous te supplions / fidèlement dans la détresse de nos cœurs.

Fidèles, en la vraie foi / adorons la sainte Trinité, / glorifiant le Père tout-puissant, / le Fils et l’Esprit saint, disant: / Louez, bénissez le Seigneur.

Rends-moi digne de ta compassion, / toi qui enfantas le Verbe bienfaisant; / Toute-sainte et Vierge bénie, / à l’heure de l’ultime jugement / protège-moi et sauve-moi.

Ode 9

Le Christ, pierre angulaire que nulle main n’a taillée, / fut taillé de toi, ô Vierge, montagne inviolée; / c’est lui qui réunit les natures séparées: / aussi, pleins d’allégresse et de joie, / Mère de Dieu, nous te magnifions.

Pierres choisies par le Seigneur / qui fut posé en pierre d’angle, / vous avez édifié les âmes des croyants, / saints Apôtres, sur la pierre de la Foi, / détruisant les constructions de l’Ennemi.

Du Christ ayant reçu pouvoir, / saints Apôtres, de lier et délier, / brisez mes chaînes de péché, / à l’amour du Christ enchaînez-moi / pour que j’aie part au Royaume de Dieu.

Divins nuages du Seigneur, / sur mon âme aride et pervertie, / bienheureux Apôtres du Christ, / versez la pluie en flots divins / pour que je porte du fruit.

Toute-sainte Mère de Dieu, / avec les Apôtres divins, / les Anges saints, les glorieux Martyrs, / supplie ton Fils et ton Seigneur / pour qu’il sauve nos âmes du péril.

* * *

Par sa faute et transgression

Distillant la myrrhe parfumée, / ton sépulcre opère de constantes guérisons / pour ceux qui dans la foi et dans l’amour / s’approchent de toi, saint Nicolas, / et tu enterres fièvres et maladies; / c’est pourquoi nous te disons bienheureux.

Comme un soleil tu fais briller, / bienheureux Père, sur l’univers / la splendeur de tes miracles éclatants, / chassant la nuit des noirs dangers / par ta prière et médiation, / Ornement des Pontifes du Seigneur.

Sans cesse prends pitié de nous / que les dangers de cette vie, / les embûches des démons / et la malice des pervers / troublent chaque jour cruellement, / afin que tous nous te disions bienheureux.

Ô mon âme, souviens-toi / du jour, de l’heure où dans l’effroi / le Maître te mettra en jugement / pour tes méfaits les plus secrets; / crie-lui déjà: Sauveur, sauve-moi / par les prières de saint Nicolas.

De Gabriel nous empruntons / l’allègre voix pour te chanter: / Réjouis-toi, saint Paradis / ayant en son milieu l’arbre de vie, / Palais du Verbe plein d’éclat, / réjouis-toi, ô Vierge immaculée.

Apostiches

Des Apôtres tu as illuminé le chœur, / ô Christ, par ton saint Esprit; / par leurs prières, Seigneur, lave aussi la souillure de nos péchés, / et prends pitié de nous.

De tes Disciples sans instruction / ton saint Esprit a fait des docteurs / et par le charme de leur verbe en toute langue retentissant / il a fait disparaître l’erreur, / ô Christ notre Dieu tout-puissant.

Elle est précieuse, Seigneur, la mort de tes amis: / par le glaive, la flamme ou le gel / ils donnèrent leur vie dans l’espérance d’obtenir / la récompense de leurs travaux, / et leur patience leur a valu / auprès de toi, Sauveur, la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Seule Vierge pure et immaculée / qui enfantas ineffablement notre Dieu, / intercède pour le salut de nos âmes.

LITURGIE

Béatitudes

À cause de l’arbre défendu / Adam fut exilé du Paradis, / mais par l’arbre de la croix le Larron y entra; / car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, / l’autre partageant ta crucifixion, confessa ta divinité: / Souviens-toi de moi dans ton Royaume.

Nourrissons spirituels de l’Agneau et du Pasteur, / sages Apôtres, par lui vous fûtes envoyés / comme agneaux au milieu des loups / pour changer par la divine prédication / en la douceur de la foi leur férocité / et chanter dans la fermeté de votre cœur: / Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

Parcourant l’étendue de l’univers, / saints Disciples du Seigneur, / brillants comme des astres vous avez dissipé les ténèbres de l’erreur / et sur les égarés vous avez fait resplendir / la lumière du salut; / c’est pourquoi, hérauts du Christ, nous vous disons bienheureux, / vous priant d’intercéder pour nous sans cesse auprès du Seigneur.

Broyés par les supplices et brûlés sur les bûchers, / bienheureux Martyrs, vous avez mis en flammes les faux-dieux; / et dès lors vous faites jaillir sur nous / des flots de guérisons / tandis qu’avec foi nous nous approchons / et crions au Christ avec ardeur: / Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

Gloire au Père ...

Contemplant le mystère en la pureté de notre cœur, / chantons celui qui siège au plus haut des cieux / avec le Père et le saint Esprit / en l’indivisible Trinité / qui établit toutes choses par son verbe au commencement / et illumine tout fidèle lui disant avec piété: / Souviens-toi de moi dans ton Royaume.

Maintenant ...

La joie des Apôtres, la couronne immarcescible des Martyrs, / c’est toi en vérité, / ô Vierge immaculée, génitrice de Dieu: / avec eux demande pour nous la rémission de nos péchés / et une vie sans faille pour qui te clame fidèlement: / Réjouis-toi, trésor de grâces en vérité.

Vendredi

LE JEUDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Lorsque l’entière création te vit crucifié, / elle s’altéra et trembla; / la terre s’ébranla, bouleversée; / d’effroi, le voile du Temple se déchira, / Verbe longanime, lorsque l’on t’insultait; / les rochers se fendirent de frayeur / et le soleil cessa d’émettre ses rayons, / reconnaissant en toi son Créateur.

La dette du premier-père Adam / contractée depuis les siècles / fut déchirée lorsqu’on perça ton côté; / et depuis son exil le genre humain, / sanctifié par les flots de ton sang, se mit à crier: / Gloire à ta puissance, Seigneur, / gloire à ta divine crucifixion, / Jésus tout-puissant et Sauveur de nos âmes.

Comment une foule de hors-la-loi / ose te condamner, toi le juge immortel / qui jadis au désert fit le don de la Loi à Moïse qui-vit-Dieu; / et comment ne furent-ils effrayés / en voyant l’universelle Vie mourir sur la croix? / comment n’ont-ils saisi en leur cœur / que tu es le seul Seigneur / et le Maître de l’entière création?

* * *

Je chancelle sous les coups des démons, / ils me poussent vers le gouffre de perdition: / Souveraine, montre-moi ta compassion, / m’affermissant sur le rocher des vertus / et veuille des méchants arrêter les complots / pour que je puisse accomplir / les préceptes de ton Fils et notre Dieu / et trouver ainsi la rémission au jour du jugement.

Je suis tombé aux mains de brigands meurtriers / et de force fus dépouillé / de l’immortel vêtement de la gloire d’en-haut; / ils m’ont vulnéré sans pitié / et demi-mort ils m’ont laissé en un lieu maudit: / Vierge toute-pure, empresse-toi, / étends la main vers moi / et relève-moi, je t’en prie.

Gisant sur la couche du nonchaloir / et dans la paresse passant le cours de ma vie, / je redoute le moment du départ: / puisse le perfide Serpent / ne pas déchirer mon âme en sa cruelle férocité! / Aussi, Mère de Dieu et Vierge immaculée, / avant la fin empresse-toi / d’éveiller en mon cœur le repentir.

Gloire au Père ... Maintenant...

Le soleil et la lune te voyant, / Ami des hommes, suspendu à la croix / voilèrent tous deux leurs rayons, / Soleil de justice, jésus Christ, / et les fondements de la terre furent terrifiés par ta majesté; / ta Mère en son cœur vulnérée te cria: / Gloire à ta miséricorde, Trésor de bonté.

Apostiches

Comme une arme invincible tu nous donnas, / ô Christ, ta sainte Croix: / en elle nous repoussons, victorieux, les assauts de l’Ennemi.

Sans cesse possédant, ô Christ, / le secours de ta Croix, / nous pouvons échapper au filet de l’Ennemi.

Ô Christ notre Dieu / glorifié dans la mémoire de tes Saints, / par leur intercession envoie sur nous la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Ne me pleure pas, ô Mère, / bien que voyant suspendu sur la croix / le Fils et le Dieu qui suspendit la terre sur les eaux / et fut l’auteur de toute création; / car je ressusciterai et serai glorifié / et dans ma force divine je briserai les royaumes de l’Enfer, / je ferai disparaître la puissance de l’Hadès / et de sa malice délivrerai tous les enchaînés / pour les mener vers mon Père, en ma tendresse pour eux.

LE JEUDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Ma bouche s’ouvrira / et s’emplira de l’Esprit saint: / j’adresse mon poème à la Mère du Roi / et l’on me verra, en cette fête solennelle, / chanter avec allégresse toutes ses merveilles.

Tu es l’unique protection, / la sauvegarde, le refuge de tes serviteurs, / pure Génitrice de Dieu; / aussi, devant toi je me prosterne et je m’écrie:/ sauve par pitié le malheureux que je suis.

Mes secrètes actions / pour ma conscience sont un fléau: / leur reproche est sans cesse devant moi; / hâte-toi, notre Dame, viens à mon secours, / avant le jugement délivre-moi et sauve-moi.

Gloire: Notre Dame, sanctifie / mon cœur avili, / toi qui as enfanté le Verbe plus que saint, / étant plus sainte que toutes les puissances d’en-haut, / seule toute-digne de nos chants.

Maintenant: En toi j’ai mis l’espoir de mon salut, / avec foi je me suis réfugié / vers la tendresse de ton cœur: / espérance des sans-espoir, ne me dédaigne pas, / ne fais pas de moi la risée des noirs démons.

Ode 3

Garde sous ta protection, / ô Mère de Dieu et source intarissable de la Vie, / tous les chantres qui t’honorent de leurs hymnes; / dans ta divine gloire, / accorde-leur la couronne des vainqueurs.

Vierge tout-immaculée, / accorde-moi ta miséricorde comme rosée / pour nettoyer la fange de mes péchés; / toi-même, fais cesser mon chagrin / et de la divine allégresse fais-moi le don.

La ténèbre de mon esprit, / divine Mère, dissipe-la, je t’en prie, / par la lumière qui se trouve en toi / intercède pour que la pénitence me rende meilleur, / toi qui es excellente et pleine de compassion.

Gloire: Sous la pluie de ton amour / éteins les braises de mes passions, / Vierge comblée de grâces par Dieu, / et rallume la lampe éteinte de mon cœur, / toi le chandelier très-pur et tout doré.

Maintenant: Je titube sur la tempête de mes péchés, / sur la houle de mes impures pensées: / Vierge toute-pure, aie compassion, / tends-moi ta main secourable, dans ta bonté, / afin que, sauvé, je te puisse magnifier.

Ode 4

L’ineffable projet divin / de ta virginale incarnation, / Dieu très-haut, le prophète Habacuc / l’a saisi et s’écria: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Divine Mère digne de toute admiration, / fais briller sur moi la lumière de la conversion, / de ma pauvre âme dissipe l’obscurité; / et les perverses pensées de mon cœur, / fais-les disparaître, ô Vierge immaculée.

Toi la propitiation de tous les mortels, / avec foi je te prie, suppliant: / rends-moi favorable ton Fils / et mon Juge, ô Vierge bénie, / afin que ma louange te puisse glorifier.

Gloire: Mon pauvre cœur humilié, / rendu lépreux par l’assaut des passions impures, / arrache-le aux mains des noirs démons / et, telle un médecin, / procure-lui la guérison.

Maintenant: Par des paroles divinement inspirées / d’avance le bienheureux Habacuc / t’a désignée comme pure montagne ombragée / annonçant en clair celui qui est venu de Théman / et de toi, notre Dame, s’est incarné.

Ode 5

L’univers est transporté / par ta divine gloire, ô Vierge inépousée, / car tu as porté dans ton sein / le Dieu transcendant / et tu mis au monde un Fils intemporel / qui accorde le salut / à ceux qui chantent ta louange.

Mis à mort par les passions, / Toute-pure, et les pensées, / vers ta compassion je me réfugie, / notre Dame, vers la chaleur / de ton aide et protection: / toi qui seule as enfanté notre Vie, / vivifie aussi mon cœur.

Le glaive du péché / m’a frappé: guéris-moi / par l’efficace remède qui se trouve en toi, / puisque tu as enfanté le Christ Sauveur, / lui qui s’est laissé transpercer pour moi / par la lance afin de frapper / au cœur le perfide serpent.

Gloire: Soigne le délire de mon esprit / et de mon âme guéris les passions, / Vierge tout-immaculée, / dissipe la ténèbre de mon inaction, / afin qu’en te louant / je te chante, Bienheureuse en tout temps, / divine Mère toute-digne de nos chants.

Maintenant: Telle une vigne, la Vierge contemplant / le raisin, qu’elle avait fait pousser, / suspendu au bois de la croix, / lui cria: Ô mon Enfant, / fais couler le suc qui chassera / l’ivresse des ennemis / qui t’ont crucifié, toi le seul compatissant.

Ode 6

Célébrant cette divine et sainte fête de la Mère de Dieu, / venez, fidèles, battons des mains, / glorifiant le Dieu qu’elle a conçu.

Toi l’unique secours de l’univers, / aide-nous qui sommes en péril; / tends-nous la main, dirige-nous vers le port du salut, / Vierge comblée de grâce par Dieu.

À l’heure terrible où les comptes seront rendus, / épargne-moi la fureur des noirs démons, / le jugement, les ténèbres, le feu / et toutes sortes de châtiments.

Gloire: Je te chante, Vierge immaculée, / je glorifie tes vénérables hauts faits; / délivre-moi de mes passions impures / et rends-moi digne de ta gloire, pour l’éternité.

Maintenant: Nous nous devons de te chanter, / mais ne le pouvons comme il convient en vérité; / c’est donc par notre silence que nous vénérons / l’ineffable mystère qui en toi, ô Vierge, s’est opéré.

Cathisme

Te voyant exalté sur la croix, / ta sainte Mère, ô Verbe de Dieu, / pleurait maternellement et disait: / Quelle est cette étrange merveille, ô mon Fils? / Toi qui es la Vie de l’univers, / comment peux-tu descendre dans la mort? / Mais dans ta miséricorde tu veux rendre la vie aux défunts.

Ode 7

Ils n’adorèrent pas la créature au lieu du Créateur, / les fidèles du Dieu très-haut, / mais affrontèrent généreusement / le feu qui les menaçait; / et ils chantaient dans la fournaise: / Seigneur digne de louange, / Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Toi qui seule as enfanté / sans changement le Seigneur, / Vierge comblée de grâces par Dieu, / supplie-le de changer en mieux / par sa droite à présent / mon esprit si fort altéré / par l’attaque des démons.

Toi la Reine vierge ayant enfanté / le Christ notre Roi, / en ta compassion sauve-moi / que troublent les passions, / m’affermissant dans la foi / et me guidant sur la voie salutaire, / toi le salut des croyants.

Gloire: Toute-pure, montre-toi / ma propitiation / auprès de celui que tu as enfanté: / de mes importantes dettes procure-moi la rémission, / ainsi que l’entrée au royaume de Dieu, / la jouissance des délices du Paradis / et ma part de la divine clarté.

Maintenant: Vierge tout-immaculée / qui sans connaître d’homme as enfanté / dans la chair notre Dieu, / en ton immense bonté, / intercède auprès de lui / pour que du chagrin et du péché / il veuille bien nous délivrer.

Ode 8

Les nobles Jeunes Gens de la fournaise furent délivrés / par celui qui est né de la Mère de Dieu; / ce qui jadis n’était qu’une image / maintenant devient réalité, / puisqu’il rassemble tout l’univers qui continue de chanter: / Louez le Seigneur, toutes ses œuvres, / à lui haute gloire, louange éternelle.

En prodigue ayant passé ma vie / et commis toute sorte d’impureté, / je redoute le tribunal, / je crains également / la sentence de ma condamnation: / de ma pauvre âme, divine Mère, aie compassion, / avant la mort procure-moi le pardon.

En toi, Vierge Mère inépousée, / j’ai mis toute espérance de salut / et c’est toi qu’à mon aide je ne cesse d’appeler: / sauve-moi de l’affliction, / des épreuves que m’impose l’ennemi; / brise les liens éternels du péché, / arrache-moi aux ténèbres de l’Enfer.

Gloire: Les Anges, tu les surpasses à nos yeux, / car ineffablement tu donnas corps à notre Dieu; / Souveraine tout-immaculée, / supplie-le donc de me montrer / supérieur aux passions charnelles / et, au jour du jugement, / à la flamme éternelle arrache-moi.

Maintenant: Des flots divins, ô Vierge, comble-moi, / toi qui en portas la source dans ton sein / pour laver la fange de mes péchés: / guide-moi vers le havre du salut; / de ma pauvre âme éloigne-la / du sombre désespoir / et des noirs démons délivre-moi.

Ode 9

Que tout fils de la terre exulte en esprit, / tenant sa lampe allumée, / que les Anges dans le ciel célèbrent avec joie / la sainte fête de la Mère de Dieu / et lui chantent: Réjouis-toi, / ô bienheureuse et toujours-vierge, / sainte Mère de Dieu.

Arrête le flux de mon péché: / il me consume l’âme, le corps et l’esprit; / Souveraine toute-pure, accorde-moi, / par ton incessante oraison / et ton efficace intercession, / la salutaire guérison / et la pure crainte du Seigneur.

Vierge pure, sauve-moi, / toi qui as enfanté le Sauveur compatissant; / prends en pitié ton serviteur, / guide- moi sur la voie du repentir, / ôte les pierres d’achoppement, / évite-moi les pièges de l’ennemi, / à la flamme éternelle arrache-moi.

Gloire: De mon âme, ô Vierge, illumine le regard, / toi qui as mis au monde la divine clarté: / que ne m’engloutisse la ténèbre du péché / et que ne m’entraîne en ses profondeurs / l’abîme du désespoir; / mais toi-même sauve-moi pour me guider / vers le havre de la divine volonté.

Maintenant: Le Verbe, ayant revêtu, / ô Vierge, la chair qu’il a reçue de toi, / s’est fait homme et dans le monde il a vécu, / n’étant plus simplement Dieu, / lui qui d’abord était incorporel; / et celui qui tyrannisait le monde entier, / par sa divine puissance il l’a terrassé.

LE VENDREDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Tu nous as rachetés de la malédiction de la Loi / par ton Sang très précieux; / cloué sur la croix et transpercé par la lance, / tu es devenu pour les hommes la source d’immortalité; / ô notre Sauveur, gloire à toi.

Toi qui souffris librement d’être exalté sur la Croix, / au nouveau peuple appelé de ton nom / accorde ta bienveillance, ô Christ notre Dieu, / donne force à tes fidèles serviteurs, / les protégeant de toute adversité: / que ton alliance leur soit une arme de paix, / un invincible trophée!

La Vierge pure contemplant l’immolation / que le Maître a soufferte librement, / dans les pleurs et les gémissements s’écria: / Enfant bien-aimé, quelle mort as-tu choisie? / Au milieu de malfaiteurs comment est mis en croix / le Soleil de justice, notre Dieu? / Fils longanime, je te glorifie.

Cathisme II

Hâte-toi de prendre les devants, / ô Christ notre Dieu, / avant que nous ne soyons asservis / aux ennemis qui t’insultent et fondent sur nous; / ceux qui nous font la guerre, réduis-les par ta Croix, / qu’ils sachent la puissance de la vraie foi, / par les prières de la Mère de Dieu, seul Ami des hommes!

Sur la croix tu fus cloué / pour nous rappeler du milieu des païens, / Seigneur ami des hommes, tu étendis les mains / selon ta propre volonté, / et tu acceptas que ton côté / par la lance fût percé. / Dieu de tendresse, gloire à toi.

Vierge immaculée et Mère du Christ notre Dieu, / un glaive a transpercé ton âme quand tu vis / sur la croix ton Fils et ton Dieu: / sans cesse intercède auprès de lui / pour le pardon de nos péchés.

Cathisme III

En ton amour sans limites, / tu souffris librement pour nous la mort sur la croix / et l’injuste jugement pour libérer le genre humain / de la condamnation et de l’antique malédiction; / c’est pourquoi, ô Verbe, nous nous prosternons devant ta Croix.

En ce jour les armées célestes / en mémoire des Martyrs victorieux / viennent illuminer le cœur des croyants / et font luire la grâce sur l’univers; / par leur prière, Dieu tout-puissant, / accorde-nous la grande miséricorde.

Te voyant exalté sur la croix, / ta sainte Mère, ô Verbe de Dieu, / pleurait maternellement et disait: / Quelle est cette étrange merveille, ô mon Fils? / Toi qui es la Vie de l’univers, / comment peux-tu descendre dans la mort? / Mais dans ta miséricorde tu veux rendre la vie aux défunts.

Ode 1

Ma bouche s’ouvrira / et s’emplira de l’Esprit saint: / j’adresse mon poème à la Mère du Roi, / et l’on me verra en cette fête solennelle / chanter avec allégresse toutes ses merveilles.

Sur la croix tu étendis, / Longanime, tes divines mains; / le monde corrompu, tu l’invitas / à la connaissance de ta majesté: / aussi nous magnifions ton amour et compassion.

Moïse éleva le serpent d’airain / figurant, Verbe éternel, / ta divine crucifixion / qui fit tomber le venimeux serpent, / lui-même cause de la chute d’Adam.

Bienheureux Martyrs, vous avez mérité / d’habiter en la splendeur des Saints, / gagnant, comme Paul l’a révélé, / le Royaume qui ne peut être ébranlé, / pour prendre part à la gloire du Christ.

Saints Martyrs, les vagues déchaînées / d’insupportables châtiments / n’ont pas fait sombrer votre nef, / car sous la conduite du grand Roi / vous avez rejoint le havre du repos.

Le glaive prédit par Siméon / traversa ton cœur lorsque tu vis / le Christ, ô Reine, sur la croix / transpercé d’une lance, / et toi-même tu souffris en gémissant.

* * *

Celui qui par nature est incréé, / coéternel au Père et dominant les temps, / de toi, ô Vierge, est devenu / homme créé, soumis au temps / afin de sauver l’humanité.

Celui qui siège au plus haut des cieux, / divine Épouse, s’est fait chair / et dans tes bras tu l’as porté, / car seule de toutes les générations / tu fus digne d’accueillir le Tout-puissant.

Venez tous et célébrons / la seule Vierge immaculée / qui enfanta le Christ Seigneur / renouvelant le genre humain / sans changement pour sa virginité.

Ode 3

Garde sous ta protection, / ô Mère de Dieu et Source intarissable de la Vie, / tous les chantres qui t’honorent de leurs hymnes, / et dans ta divine gloire / accorde-leur la couronne des vainqueurs.

Comme brebis vers l’abattoir / un peuple injuste te mena, / toi l’Agneau de Dieu, ô Christ / voulant sauver du Loup cruel / les brebis qu’en ton amour tu chérissais.

Devant l’injuste juge tu parais, / toi qui juges avec justice l’univers, / et tu endures les soufflets / pour me sauver, moi qui servais / le mauvais Prince de ce monde, Seigneur.

Saints Martyrs, luttant loyalement / pour la honte d’ennemis sans foi ni loi, / vous avez sciemment reçu la mort / pour l’universelle résurrection, / terrassant l’auteur de notre mort, le Dragon.

À la terre furent arrachés / les Martyrs ambitionnant déjà / la véritable renommée en s’unissant / dans leur corps à l’ordre incorporel, / remplis d’une joie ineffable.

Pour la restauration du genre humain / Dieu se montre en vérité, / ô Vierge, né de toi selon la chair / et mis en croix pour vaincre les démons, / Souveraine comblée de grâces par Dieu.

* * *

Ce n’est pas en la sagesse que nous nous glorifions / ni dans la puissance ou les trésors, / mais dans la Sagesse du Père hypostasiée, / car il n’est d’autre Saint que toi, Jésus Christ.

Celui qui de la fange me forma tout au début, / en ton sein, ô Vierge immaculée, / se laissa former pour me sauver / en corrigeant la faute de jadis.

Mère de Dieu, en concevant la Vie, / tu renversas l’empire de la mort, / annulant l’effet de l’antique condamnation: / aussi nous vénérons ton virginal enfantement.

En toi, Mère de Dieu, nous possédons / la plus sûre protection; / mettant notre espérance en toi, nous sommes sauvés; / nous réfugiant vers toi, nous trouvons un abri.

Nous glorifions en toi la Mère de notre Dieu, / te donnant le nom, l’appellation / conformes au Fils que tu conçus, / Souveraine toute-sainte.

Ode 4

L’ineffable projet divin / de ta virginale incarnation, / Dieu très-haut, le prophète Habacuc / l’a saisi et s’écria: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Pour me délivrer des chaînes du péché, / Ami des hommes, tu voulus être enchaîné / et comme un malfaiteur mourir en croix: / Gloire à ta miséricorde infinie.

Verbe de Dieu, tu enduras les plaies / et l’affreuse mort pour immortaliser / la nature humaine mise à mort par les passions: / gloire à ta miséricorde infinie.

Avant que d’hériter la joie de Dieu / en l’Esprit très-saint les Martyrs / endurèrent, l’âme réjouie, / les supplices et la violence de la mort.

Les mains coupées, la tête tranchée, / la langue arrachée qui louait Dieu, / privés de la lumière, écartelés, / vous n’avez pas été séparés de Jésus Christ.

Seigneur et Maître, par la lance te perçant / est déchirée la dette contractée par Adam, / criait tout en larmes et gémissant / la Mère de Dieu se tenant près de la Croix.

* * *

Celui qui siège glorieusement

De tous les Anges tu surpassas / la splendeur et la beauté, / Vierge sainte, en enfantant / leur Créateur et leur Seigneur / qui de tes entrailles immaculées / prit un corps pour racheter / tous les hommes qui le glorifient.

De la nourriture de jadis / rejetant ce qui nous a souillés, / nourrissons-nous du Pain de vie / qui descend du ciel pour nous / et qu’en sa terre a fait pousser / la Vierge que nous chantons / comme la source de ces biens.

Bienheureuse est déclarée / la sainte Mère de Dieu, / tabernacle immaculé, / porte de la divine clarté, / table et ciboire tout-doré, / montagne d’ombre non-taillée / qui offre asile au Créateur.

Les fleuves des dons célestes / et les sources de guérisons, / les trésors divins de la grâce / sont largement répartis / par la vivifiante main / du Tout-puissant que de ton sein, / divine Épouse, tu conçus.

Ode 5

L’univers est transporté / par ta divine gloire, ô Vierge inépousée, / car tu as porté dans ton sein / le Dieu transcendant, / et tu mis au monde un Fils intemporel / qui accorde le salut / à ceux qui chantent ta louange.

Lorsque le soleil te vit, Seigneur, / élevé sur une croix, / il cessa d’émettre ses rayons, / ne pouvant briller en ton déclin, / tandis que tu illuminais ceux qui dormaient / en la nuit de l’erreur / pour qu’ils adorent ta puissance, Sauveur.

Sur la croix tu m’as sauvé, / Seigneur, en ton amour, / et tu as voulu goûter / le vinaigre et le fiel / pour nous délivrer dans ta bonté / de la gourmandise qui causa / notre perte et notre égarement.

Divins Martyrs, vous avez repoussé / la froidure de l’erreur / par la chaleur du saint Esprit / et dans l’allégresse vous avez rejoint / le lieu du printemps éternel / d’où vous protégez tous ceux / qui se trouvent dans l’angoisse et l’affliction.

La terre entière fut arrosée / par les flots de votre sang, / divins Martyrs, et vous avez asséché / les torrents de l’impiété; / à présent vous demeurez / près des eaux vivifiantes, / intercédant pour l’univers.

Pleine de grâce, lorsque sur la croix / tu vis fixer le Christ / qu’en la chair tu avais enfanté, / tu versas des larmes abondamment / et tu fus frappée en vérité / par sa longanimité, / magnifiant la condescendance de ton Fils.

* * *

Les impies ne verront pas ta gloire, ô Christ, / mais nous qui la nuit veillons devant toi, / Fils unique et divin Reflet de la splendeur paternelle, / Ami des hommes, nous te célébrons.

Se levant de toi, le Soleil spirituel / déploya sur l’univers / les rayons de sa divinité: / Mère de Dieu, nous te glorifions.

Pour nous tu enfantas en vérité / dans la chair le Fils unique du Père: / nous t’appelons ` très-pure Mère de Dieu ‘ / pour que ton nom s’accorde à ton enfantement.

Consubstantiel au Père et de même nature que lui, / le Fils unique a bien voulu / revêtir la nature des humains / et de toi, Mère vierge, s’incarna le Très-Haut.

Ode 6

Célébrant cette divine et sainte fête / de la Mère de Dieu, / venez, fidèles, battons des mains, / glorifiant le Dieu qu’elle a conçu.

Par les peines qu’en la croix tu enduras / tu calmas les peines de l’humanité / et conduisis vers la vie sans peine / tous les hommes, Seigneur de bonté.

Du soleil s’éclipse la clarté, / la splendeur du Temple est déchirée, / la terre tremble et se fendent les rochers / à la vue du Créateur mis en croix.

Frappé de mort fut le Serpent lorsqu’il a vu / les divins Martyrs mourant sous tant de coups / et recevant comme héritage en même temps / la vie éternelle par la grâce de Dieu.

Vous avez souffert tant de tourments / et remporté grand nombre de trophées, / immortelle multitude des Martyrs: / aussi diminuez la multitude de nos maux.

Sois mon havre, Vierge immaculée, / car je traverse un océan de maux: / Mère de Dieu, notre nature naufragée, / tu l’as déjà sauvée par ton enfantement.

* * *

Le prophète Jonas priant dans le ventre du poisson / préfigura les trois jours au tombeau en criant: / À la fosse rachète ma vie, / Jésus, Seigneur des puissances et mon Roi.

En ton sein le Maître ayant trouvé / le pur logis de la virginité, / il y demeure en toute pureté / afin de purifier le genre humain.

La nature terrestre des humains, / tu l’as rendue céleste, ô Vierge immaculée; / après sa chute tu l’as renouvelée; / aussi nous te chantons d’une incessante voix.

En ton sein tu as conçu, Mère de Dieu, / le Verbe sans commencement / qui en deux natures, sans changement, / pour nous les hommes prit la condition humaine.

Ode 7

Ils n’adorèrent pas la créature au lieu du Créateur, / les fidèles du Dieu très-haut, / mais affrontèrent généreusement / le feu qui les menaçait; / et ils chantaient dans la fournaise: / Seigneur digne de louange, / Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

L’Ennemi fut renversé, / tombant de tout son long, / tandis que sur la croix / fut exalté le Christ; / et l’homme condamné jadis / fut sauvé pour lui chanter: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

En mourant sur une croix, / tu m’as divinisé, ô Christ, / moi qui par l’arbre avais connu la mort; / et par tes plaies divines / tu as guéri les blessures de mon cœur; / Seigneur très-digne de nos chants, / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Cruellement frappés de coups, / vos corps ont disparu, / mais la splendeur et la beauté / de votre âme en vérité / s’est montrée, Martyrs du Christ / qui sans cesse lui criez: / Seigneur Dieu, tu es béni.

Faisant naufrage, l’Ennemi / sous les flots de votre sang / a péri ainsi que toutes ses armées, / mais vous-mêmes dans la joie, / Martyrs illustres, vous chantez: / Seigneur très-digne de nos chants, / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Tu es l’Épouse immaculée, / le palais du Créateur, / tu es le trône flamboyant / et le guéret non labouré; / c’est pourquoi nous te crions: / Réjouis-toi, ô Reine déifiant / tous les mortels par ton divin enfantement.

* * *

De la fournaise tu sauvas les enfants d’Abraham, / et tu fis périr les Chaldéens / par le feu qu’ils avaient eux-mêmes préparé, / Seigneur très-digne de nos chants, / Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Pour nous rappeler de la captivité, / le Verbe qui était au commencement, / dans ton sein, ô Vierge demeurant, / a pris chair, lui notre Maître et notre ami, / le Dieu de nos Pères qui est béni.

Telle une porte tu parus / pour l’Orient venu d’en-haut / sur la terre se manifestant aux hommes, / ineffablement, divine Épouse, né de toi, / le Dieu de nos Pères qui est béni.

Richement parée de toutes les vertus, / tu te tiens à droite du grand Roi / qui s’est incarné de toi, ô Vierge inépousée; / auprès de lui tu intercèdes sans répit / pour qu’il nous sauve de l’angoisse et du péril.

Brise les liens de nos péchés / par ta maternelle intercession: / à ton Fils, ô Vierge, nous chantons fidèlement: / Seigneur très-digne de nos chants, / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Ode 8

Les nobles Jeunes Gens de la fournaise furent délivrés / par Celui qui est né de la Mère de Dieu; / ce qui jadis n’était qu’une image, / maintenant devient réalité, / puisqu’il rassemble tout l’univers qui continue de chanter: / Louez le Seigneur, toutes ses œuvres; / à lui haute gloire, louange éternelle.

Depuis les siècles j’étais enchaîné, / mais dans le temps tu es venu, / toi l’Intemporel, et tu m’as délivré / par les chaînes que tu as voulu porter; / et liant le Diable pour l’éternité, / par ta croix et ta passion tu m’as sauvé; / Christ Seigneur, je te bénis dans tous les siècles.

Sur la croix tu montes librement, / élevant aussi l’entière création, / Verbe, digne objet de notre chant, / invisible et sans commencement, / toi qui as couvert de confusion / les puissances des ténèbres en ta Passion: / c’est pourquoi nous te louons dans tous les siècles.

Sur le char de votre sang, / Martyrs d’universel renom, / vous êtes montés pour arriver / jusqu’aux habitations célestes, / recevant du Christ la récompense méritée / et criant: Louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Élevés sur les gibets, / précipités dans les abîmes, / livrés aux bêtes, au feu, à l’eau, / taillés en pièces, les victorieux Martyrs / dans l’allégresse psalmodiaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Sur la croix voyant plongé dans le sommeil / le Dieu qui donne à tous / la résurrection et le salut, / la Vierge Mère immaculée / gémissait et s’écriait: / Quel est ce prodige nouveau? / il a voulu mourir, celui qui tous nous vivifie!

* * *

Celui qui pour tout Ange dans le ciel / est l’inaccessible Créateur, / en ton sein, ô Vierge, a demeuré, / conservant irréprochable ta virginité / même après l’enfantement, et c’est pourquoi / nous lui crions: Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Irréprochable et sans péché, / temple de toute sainteté, / tu as enfanté le Verbe saint / partageant l’éternité du Père / et par qui tout homme est sanctifié; / Vierge, c’est pourquoi nous te louons / et t’exaltons dans tous les siècles.

En toi, ô Toute-pure, nous reconnaissons / de bouche et de cœur la Mère de notre Dieu; / car dans les limites de la chair / tu enfantas le Seigneur et Créateur, / notre Messie et notre Roi; / Vierge, c’est pourquoi nous te louons / et t’exaltons dans tous les siècles.

Arche de toute sainteté / que l’Esprit saint couvre de son ombre, / Mère de Dieu qui enfantas / le Verbe devançant l’éternité / et prenant chair en notre humanité / dans son ineffable compassion: / nous te louons et t’exaltons dans tous les siècles.

Ode 9

Que tout fils de la terre exulte en esprit, / tenant sa lampe allumée, / que les Anges dans le ciel / célèbrent avec joie la sainte fête de la Mère de Dieu / et lui chantent: Réjouis-toi, / ô bienheureuse et toujours-vierge, / sainte Mère de Dieu.

Tu comparais en accusé, / toi qui viendras juger tout l’univers / et volontairement / tu ceins la couronne d’épines, Sauveur, / déracinant les ronces du péché, / Christ ami des hommes, pour planter au cœur de tous / la connaissance de ta miséricorde.

Comment la foule injuste aveuglée de jalousie / te livre pour être crucifié, / toi la source de clarté, / toi le juste sans péché? / voyant tes souffrances, le soleil s’est obscurci, / la gloire du Temple fut déchirée, / les fondements de la terre furent ébranlés.

Imitateurs de la Passion du Christ, / saints Martyrs, vous êtes devenus / cohéritiers de son Royaume et sa splendeur: / envoyez donc votre clarté / sur ceux qui chantent votre nom, / les préservant de tout danger / et des ténèbres du péché.

Au ciel même vous avez déjà, / saints Martyrs, fixé votre séjour; / couverts de gloire pour l’éternité, / vous prenez part à la divinité; / de nous tous veuillez vous souvenir / qui vénérons fidèlement / votre mémoire sacrée.

Illumine qui te chante avec amour, / Vierge pure, éclaire qui te magnifie, / dissipe les ténèbres de nos passions, / apaise l’ouragan des tentations, / écarte les embûches du Mauvais / et soumets au Christ notre Roi / par tes prières le monde entier.

* * *

Par sa faute et transgression / Ève instaure la malédiction; / mais toi, ô Vierge Mère de Dieu, / pour le monde tu as fait fleurir / par le fruit de tes entrailles la bénédiction: / et tous ensemble nous te magnifions.

Le charbon spirituel qu’Isaïe a contemplé, / divine Épouse, dans tes bras tu l’as porté, / unissant l’éclat de sa divinité, / Mère de Dieu, à notre humanité / et faisant luire sur le monde le salut: / c’est pourquoi nous te magnifions.

D’avance les Prophètes ont divulgué / les signes de ton enfantement, / révélant de loin, ô Vierge immaculée, / et sous l’inspiration du saint Esprit / annonçant au monde puissamment / ce dont nous admirons l’accomplissement.

Plus que tous il resplendit par sa beauté, / le Fruit de tes entrailles immaculées: / Mère de Dieu et Vierge, tu as enfanté / le Dieu porteur de notre chair / venu pour le salut du genre humain: / c’est pourquoi nous te magnifions.

Apostiches

Ta Croix nous devienne un rempart, / Jésus notre Sauveur! / nous les fidèles n’avons en effet d’autre espérance / que toi, Seigneur cloué sur elle en ta chair / et nous accordant la grande miséricorde.

À ceux qui te craignent, Seigneur, / tu as donné le signe de ta précieuse Croix: / en elle tu as vaincu les principautés et les puissances de l’Enfer / et nous as ramenés vers l’antique félicité; / aussi nous glorifions ton amour pour nous / et ton œuvre de salut, / Seigneur tout-puissant et Sauveur de nos âmes.

Comment n’admirerions-nous pas, saints Martyrs, / le combat sublime que vous avez combattu? / en votre corps vous avez triomphé de l’incorporel Ennemi, / en confessant le Christ / et vous armant du signe de la Croix; / c’est pourquoi vous avez reçu le pouvoir / de chasser les démons et de combattre l’Ennemi: / sans cesse intercédez pour le salut de nos âmes.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Lorsque la Vierge ta Mère, Seigneur, / te vit suspendu sur la croix, / frappée d’étonnement, elle dit: / Comment es-tu fixé sur ce bois, / Seigneur longanime et Fils bien-aimé? / comment les impies ont-ils cloué, / Verbe, tes mains et tes pieds / et fait couler le sang de notre Dieu?

LITURGIE

Béatitudes

À cause de l’arbre défendu / Adam fut exilé du Paradis, / mais sur l’arbre de la croix le Larron y entra; / car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, / l’autre partageant ta crucifixion, confessa ta divinité: / Souviens-toi de moi dans ton Royaume.

Te voyant fixé sur la croix, / seul Longanime, les Puissances des cieux, / interdites, furent muettes de stupeur; / la terre chancela et la splendeur des astres s’éteignit; / et tandis que tu étais injustement jugé, / Adam le condamné fut justifié / pour chanter, Ami des hommes, ta bonté.

Lorsque tu fus élevé sur le lieu du Crâne, / tu broyas la tête de l’Ennemi; / en mourant sur le bois, tu vivifias, Seigneur, / ceux que le fruit de l’arbre avait réduits à la mort / et tu fis d’eux les citoyens de ton Paradis / pour qu’ils te chantent sans cesse, ô Christ notre Dieu: / Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

Ayant pris pour arme la Croix, / saints Martyrs, vous êtes sortis / noblement au-devant des armées ennemies; / et les ayant anéanties, / vous avez ceint la couronne d’immortalité, / obtenant gloire et divine splendeur; / c’est pourquoi, tous les fidèles, nous vous disons bienheureux.

Gloire au Père ...

Pour nous montrer, Sauveur, ta miséricorde envers nous, / tu te laissas clouer sur la croix, / toi qui vis en l’unité du Père et de l’Esprit; / et supportas l’éponge et le roseau, / les outrages, la flagellation, / voulant sauver de la flamme éternelle ceux qui te crient: / Souviens-toi de nous aussi dans ton Royaume.

Maintenant ...

Celui que nul espace ne pourrait contenir / demeura dans ton sein sans y être à l’étroit, / Vierge pure et génitrice de Dieu; / mis à mort sur le bois, il fit jaillir pour le monde la vie: / prie-le donc de mortifier nos pensées charnelles / et de nous sauver tous dans son amour pour les hommes.

Samedi

LE VENDREDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Despotika

Écrase, Seigneur mon Dieu, / les passions funestes de mon cœur: / si tu brises la demeure de mon corps / pour en faire un temple de l’Esprit, / c’est en vain que l’ennemi de mon âme fera le guet. / Avant ma perte finale, Seigneur, sauve-moi.

Tu m’as donné, Seigneur de compassion, / pour l’utilité de ma formation / l’Ennemi comme écharde et comme don: / le mal qui est en lui me sert en effet / par une épreuve qui sans être bonne conduit vers le bien; / ce n’est donc pas en l’action de grâces que je te prie: / Avant ma perte finale, Seigneur, sauve-moi.

Pour moi, Seigneur, tu enduras / les souffrances et la mort / afin de me libérer, Source de vie, / des passions et de la corruption mortelle / pour me rendre impassible comme autrefois; / Sauveur, éveille-moi du tombeau / où le péché m’a déposé / et sauve-moi avant que ne me prenne la mort pour les siècles.

Martyrika

Vivantes hosties, / holocaustes spirituels, / saints Martyrs, victimes agréables au Seigneur notre Dieu, / brebis connaissant leur divin Maître et connues de lui, / et dont le bercail ne s’ouvre pas pour les loups ravisseurs, / intercédez auprès du bon Pasteur / pour qu’avec vous il nous mène aussi vers le lieu du repos.

Elle est précieuse, Seigneur, la mort de tes amis: / par le glaive, la flamme ou le gel / ils donnèrent leur vie dans l’espérance d’obtenir / la récompense de leurs travaux/ et leur patience leur a valu / auprès de toi, Sauveur, la grande miséricorde.1

Par le crédit que vous avez auprès du Sauveur, / saints Martyrs, intercédez sans cesse pour nous pécheurs, / demandant le pardon de nos péchés / et pour nos âmes la grande miséricorde.

Gloire au Père ... Maintenant ...

L’ancêtre de Dieu le prophète David, / parlant de toi et s’adressant à Celui / qui fit pour toi des merveilles, / a chanté mélodieusement: / ‘À ta droite se tient la Reine ‘ / Car il fit de toi la mère qui nous donne la Vie, / le Christ notre Dieu, / qui a voulu virginalement s’incarner en toi, / afin de restaurer sa propre image / corrompue par le péché / et de prendre sur ses épaules / la brebis perdue retrouvée sur la montagne / pour la ramener vers le Père / et selon sa volonté la réunir aux puissances des cieux / pour sauver le monde, ô Mère de Dieu, / en lui accordant en abondance la grande miséricorde.

Apostiches

Martyrika

Ô Christ notre Dieu / glorifié dans la mémoire de tes Saints, / par leur intercession envoie sur nous la grande miséricorde.

Le Seigneur est admirable parmi les Saints, le Dieu d’Israël.

Seigneur ami des hommes / qui as agréé la patience de tes saints Martyrs, / reçois aussi l’hommage de nos chants, / nous accordant par leurs prières la grande miséricorde.

Nékrosimon

Heureux ceux que tu as élus, ceux que tu as pris, Seigneur, avec toi.

Avec les esprits des justes / parvenus à leur ultime perfection, / Sauveur, fais reposer les âmes de tes serviteurs, / les menant vers la bienheureuse vie / près de toi, l’Ami des hommes.

Gloire au Père ... Maintenant ...

Ô Mère de Dieu, / notre espoir et protection, / de l’Ennemi nous ne craignons pas les complots, / car tu protèges nos âmes.

LE VENDREDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Comme les cavaliers de Pharaon, / submerge mon âme, je t’en prie, / dans l’océan d’impassibilité, / toi qu’une Vierge a enfanté, / afin que sur le tambourin, / par la mortification de mon corps, / je te chante l’hymne de victoire.

De la fange des passions, / de la houle des pensées, / des flèches du Malin / et de tout assaut de l’ennemi / sauve ma pauvre âme, Vierge immaculée / et Génitrice de Dieu, / et de la flamme éternelle préserve-moi.

Vierge pure, tire-moi / de l’abîme du péché / et dirige-moi vers la clarté / des préceptes divins / du Christ notre Dieu Sauveur; / fais briller sur moi le rayon salutaire du repentir / et procure-moi la vie éternelle.

Gloire: Tombé dans le funeste bourbier / de mes fautes, je suffoque atrocement / sous mes perverses actions / et je ne peux plus tenir: / Vierge Mère, Souveraine immaculée, / par ta puissance tire-m’en, / préserve-moi du châtiment par le feu.

Maintenant: Tu as mis fin à la corruption de la mort, / divine Mère toute-digne de nos chants, / lorsque tu as enfanté le Christ / faisant jaillir l’incorruptible condition: / de grâce et d’immortalité / tu as orné le genre humain, / Vierge tout-immaculée.

Ode 3

Ce n’est pas en la sagesse que nous nous glorifions / ni dans la puissance ou les trésors, / mais dans la Sagesse du Père hypostasiée, / car il n’est d’autre Saint que toi, Jésus Christ.

Par ta présence lumineuse, ô Vierge immaculée, / éloigne l’obscurité de mon âme; / brise les chaînes de mes péchés, / viens à mon aide et sauve-moi, je t’en prie.

Mon cœur est secoué / par l’assaut de mes passions: / dans la crainte divine garde-le purement, / Vierge immaculée, en la tendresse de ton cœur.

Gloire: Désespérant de tout secours, / Vierge pure, je me réfugie auprès de toi, / puissante garde et sûr abri: / ne m’écarte pas de ta divine protection.

Maintenant: Comme reine, sous les brocarts dorés, / notre Dame, tu te tiens à présent / à la droite du Roi divin / que tu pries pour tes serviteurs.

Ode 4

Celui qui siège glorieusement / sur le trône de la divinité / est venu sur la nuée légère: / c’est Jésus, notre divin Sauveur; / et de sa main toute pure / il a sauvé ceux qui lui chantent: / Ô Christ notre Dieu, gloire à ta puissance.

Moi qui suis en proie à l’acédie, / assombri par les passions ténébreuses / et asservi par le péché, / ô Vierge, délivre-moi, / toi que Dieu lui-même a déclarée bienheureuse, / et fais que je sois réconcilié / avec ton Fils et notre Dieu.

Mis à mort par la perfidie du Séducteur, / je te prie, ô Vierge immaculée: / vivifie-moi, toi qui as enfanté la Vie, / car vers toi je me réfugie; / enfoncé que je suis / dans le gouffre de perdition, / viens m’en extraire, dans ta compassion.

Gloire: Je gis dans le tombeau / de mes énormes péchés, / et je me trouve en proie / à la paresse, l’acédie; / mais toi qui as enfanté / l’universelle résurrection, / en ta bonté, rends-moi la vie et sauve-moi.

Maintenant: Le Prophète jadis t’a désignée, / ô Vierge immaculée, / comme la montagne sanctifiée, / la montagne divine, ombragée / tout entière par les vertus, / de laquelle est apparu le Verbe sauveur / pour l’édification de nos âmes, leur illumination.

Ode 5

Les impies ne verront pas ta gloire, ô Christ, / mais nous qui la nuit veillons devant toi, / Fils unique et divin Reflet / de la paternelle splendeur, / Ami des hommes, nous te célébrons.

Pour qu’exulte de joie / ma pauvre âme, Souveraine immaculée, / par tes prières fais naître en moi / la crainte de ton Fils / et pousse mon cœur à faire sa volonté.

Fais que mon âme passionnée / et tout mon cœur, notre Dame, en ta bonté, / rendent témoignage au Rédempteur, / en chassant loin de moi / l’ignorance, ô Vierge immaculée.

Gloire: Comme la pupille de l’œil / garde mon âme à l’abri / de tes ailes, en ta bonté, / et préserve-la des supplices et châtiments / que lui réservent les esprits du Mal.

Maintenant: Montre-toi pour délivrer / de l’assaut des passions, / ô Vierge, et des noirs démons / ton serviteur qui possède en toi / l’invincible protectrice, l’énergique secours.

Ode 6

Le prophète Jonas priant dans le ventre du poisson / préfigura les trois jours au tombeau en criant: / À la fosse rachète ma vie, / Jésus, Seigneur des puissances et mon Roi.

Renverse ceux qui m’assaillent constamment, / dissipe la nuée de mes funestes raisonnements, / toi qui es, Mère de Dieu, / la porte du véritable Soleil.

Fais briller sur moi la lumière du repentir / et disparaître la nuée des raisonnements pervers, / car je suis tombé / en de funestes pièges, pour ma perdition.

Gloire: Apaise la terrible houle de mes passions, / calme la tempête de mes perverses pensées, / ô Vierge tout immaculée, / refuge de tous et leur ferme protection.

Maintenant: En mon âme se sont multipliées / comme sable de la mer les transgressions, / je croule sous leur poids trop pesant, / mais toi, ô Vierge, avant la fin prends pitié et sauve-moi.

Cathisme

Ardente protectrice dans le malheur, / notre secours, notre divine réconciliation, / nous avons échappé grâce à toi / à la corruptible condition, / et nous, les fidèles, te disons bienheureuse en tant que Mère de Dieu.

Ode 7

À Babylone jadis / les enfants d’Abraham / foulèrent la fournaise de feu, / en leurs hymnes s’écriant avec joie: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Divine Mère, je t’invoque avec foi: / sauvegarde mon pauvre cœur; / préserve-moi du châtiment par le feu / et des ténèbres sans fin.

Déchire la cédule de mes péchés, / Vierge pure, avec la lance de ton Fils, / et délivre-moi de toute possession / à l’heure de ma mort, je t’en prie.

Gloire: Sous le flot de mes larmes, Vierge immaculée, / et la pluie de tes miséricordes éteins le feu / que me procure la multitude de mes péchés / par l’œuvre des funestes démons.

Maintenant: Délivre-nous des épreuves survenant, / seule Mère du Verbe à la pérenne virginité, / et de toute peine, nous qui te chantons, / dans tous les siècles, en esprit et vérité.

Ode 8

Rédempteur du monde, Tout-puissant, / descendu au milieu de la fournaise, / tu as couvert les Jeunes Gens de rosée / et leur enseignas à psalmodier: / Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur.

Mon âme souffrante, guéris-la, / éclaire aussi mon esprit enténébré; / épargne-moi le feu / et les indicibles peines de l’éternité.

Ayant cédé aux passions irrationnelles, / je suis tombé dans le gouffre de perdition / et je me suis procuré / par moi-même la fournaise ardente: délivre-m’en, / moi ton serviteur, ô Mère de Dieu.

Gloire: Assèche l’océan de mes malheurs, / toi qui as enfanté l’abîme de miséricorde infini, / notre Rédempteur et Seigneur, / et puisque tu as mis au monde le Sauveur de tous, / romps les chaînes de mes fautes avant la fin.

Maintenant: En tes entrailles s’est incarné / le Seigneur qui domine la création; / sur le monde visible et l’immatériel / il t’a donné d’exercer, ô Vierge, la seigneurie / en te glorifiant comme sa Mère immaculée.

Ode 9

Par sa faute et transgression / Ève instaure la malédiction; / mais toi, ô Vierge Mère de Dieu, / pour le monde tu as fait fleurir / la bénédiction par le fruit de tes entrailles; / et tous ensemble nous te magnifions.

Mon cœur stérile en divines vertus, / fais-lui porter du fruit, / Vierge pure et Mère de Dieu / qui fus enfantée par la Stérile / sur l’ordre de celui qui fait tout par sa volonté; / alors je t’adresserai les chants qui te sont dus.

De ta lumière éclaire-moi, ô Vierge immaculée / qui as mis au monde l’inaccessible Clarté; / dissipe la nuée de mes passions / et de l’obscure ténèbre délivre-moi; / rends-moi digne de la lumière de Dieu, / Vierge Mère, afin que je te puisse chanter.

Gloire: Sous l’aspersion de tes bontés / lave la pourriture de mon cœur; / et rends-moi digne de verser / constamment les flots de mes pleurs / pour apaiser l’écoulement de mes passions / et me délivrer de tout châtiment.

Maintenant: Toi qui as mis au monde le Dieu d’amour, / aimable Génitrice de Dieu, / libère-moi vite à présent / du funeste amour de la chair; / et moi dont la paresse cause la perdition, / fais que j’observe la divine volonté.

LE SAMEDI MATIN À L’ORTHROS

Cathisme I

Armés de ta Croix, ô Christ notre Dieu, / tes Martyrs ont triomphé des ruses de l’Ennemi; / comme des astres ils ont brillé, / conduisant les mortels; / à ceux qui les invoquent avec foi / ils accordent la guérison. / Par leurs prières sauve nos âmes.

En tout l’univers tes Martyrs / ont orné l’Église de leur sang: / revêtue de pourpre et de lin fin, / par leur bouche elle te chante, ô Christ notre Dieu: / À ce peuple qui est tien / manifeste ta compassion, / donne la paix à tous nos gouvernants / et à nos âmes la grande miséricorde.

Tes Martyrs, Seigneur, par les combats qu’ils ont menés, / ont reçu de toi, ô notre Dieu, la couronne d’immortalité; / par la force de ton bras ils ont triomphé des tyrans / et réduit à l’impuissance la hardiesse des démons; / par leurs supplications, ô Christ notre Dieu, sauve nos âmes.

Le mystère caché de toute éternité / et que les Anges mêmes ne connaissaient, / grâce à toi, ô Mère de Dieu, / sur la terre nous fut révélé: / Dieu s’incarne sans confondre les deux natures en cette union, / et librement il a voulu souffrir pour nous sur la croix, / pour ressusciter Adam et sauver nos âmes de la mort.

Cathisme II

En ce jour les armées célestes / en mémoire des Martyrs victorieux / viennent illuminer le cœur des croyants / et font luire la grâce sur l’univers; / par leur prière, Dieu tout-puissant, / accorde-nous la grande miséricorde.

Aux âmes des fidèles qui sont passés / des choses éphémères vers toi, / ô Christ notre Dieu, / accorde en ta puissance et ta bonté le repos; / pardonne leurs fautes passées, / prends en pitié l’ouvrage de tes mains, / par les prières de la Mère de Dieu, / seul Ami des hommes.

Ayant franchi la brièveté de cette vie, / les fidèles sont passés vers toi, Seigneur de bonté: / ceux à qui tu assignes le lieu du repos, / place-les à ta droite au jour du jugement / sans faire cas des péchés qu’ils ont commis.

Pour les fidèles tu t’es montrée propitiation, / commun refuge et chaleureuse intercession; / Vierge pure et divine Fiancée, / montre-toi donc à présent / pour qui trépasse dans la foi / la médiatrice et la porte de salut / les conduisant vers les vastes plaines du Paradis.

Ode 1

Comme les cavaliers de Pharaon, / submerge mon âme, je t’en prie, / dans l’océan d’impassibilité, / toi qu’une Vierge a enfanté, / afin que sur le tambourin / par la mortification de mon corps / je te chante l’hymne de victoire.

La sainte Église brille pour toujours / grâce aux merveilleux combats / des brillants Athlètes du Seigneur / et dans l’allégresse glorifie / le Christ, ce vrai Soleil / qui de la Vierge s’est levé / pour réduire les ténèbres de l’erreur.

Fidèles, nous voulons chanter / les Pontifes du Christ, saints pasteurs du peuple élu, / et louer avec splendeur / tous ceux qui vécurent saintement / et mortifièrent dans l’Esprit / les voluptés charnelles.

Une force fut donnée par Dieu / aux saintes Femmes terrassant / dans la grâce l’Ennemi / par leur ascèse et fermeté; / Seigneur, par leur intercession / et par celle des Prophètes saints / sur nous tous envoie ta miséricorde.

Justifie, ô Christ, tes serviteurs / qu’en ta juste providence tu as fait passer / de la condition mortelle / à la vie et l’immortalité; / accorde-leur de partager / l’allégresse des élus / en oubliant tous leurs péchés.

Afin de nous racheter / de l’antique malédiction, / le Fils de Dieu a bien voulu / devenir aussi ton Fils; / devenus par lui fils adoptifs, / nous bénissons le Père dans les cieux / et chantons, ô Vierge, en ton honneur.

* * *

Lorsqu’il eut franchi à pied sec

Prenant par la main tes serviteurs, / guide-les vers la vie éternelle / pour qu’ils contemplent, ô Verbe, ta beauté, / par l’intercession des victorieux Martyrs, / ces Témoins de ta vérité.

Seigneur, à tes fidèles trépassés / accorde en héritage près de toi / l’ineffable gloire et la félicité, / et malgré leurs fautes justifie-les / par ta grâce et l’effusion de ton sang.

Tu as mis à mort le Meurtrier / par ta mort vivifiante / et tu vivifias les morts, / Christ notre Dieu et source de la vie: / aux fidèles trépassés accorde aussi le repos.

Comme Dieu, le Fils excelle en sa beauté, / mais lorsqu’ayant pris chair de toi / il fut cloué sur une croix, / il n’eut plus forme ni beauté, / souffrant pour tous l’affreuse mort.

Ode 3

L’arc des puissants s’est affaibli, / les faibles acquièrent la vigueur; / et voilà pourquoi mon cœur / s’est affermi dans le Seigneur.

Comme agneaux, les victorieux Martyrs / furent immolés et sacrifiés, / offerts au Verbe et à l’Agneau de Dieu / immolé pour le rachat du genre humain.

Servant de bouche à notre Dieu, / les Docteurs et Pontifes ont redonné / à leurs disciples l’antique dignité grâce aux lumières de leurs saints enseignements.

La multitude des Bienheureux / a trouvé, grâce au renoncement, / dans la contemplation et la montée vers Dieu / une jouissance qui jamais ne passera.

Par les prières de tous les Saints / fais reposer tous les fidèles trépassés / sans faire cas des péchés / qu’ils ont commis en cette vie.

Chantons louange à notre Dieu / qui de sa propre volonté / naît d’une Vierge et réunit / aux chœurs des Anges ceux des saintes Femmes.

* * *

Ce n’est pas en la sagesse

Ayant brisé le culte des faux-dieux, / les Martyrs implorent maintenant / notre Maître et notre Dieu / pour qu’il donne aux trépassés le repos.

Seigneur, concède à tes fidèles trépassés / d’outrepasser le glaive flamboyant / et d’accéder pour leur bonheur / à la communion de l’arbre de vie.

Parmi les délices du Paradis / et les chants de fête au pur écho / fais demeurer tes serviteurs, / leur accordant le pardon de leurs péchés.

À ton enfantement divin / tu as pu joindre la virginité, / car tu mis au monde ineffablement / le créateur de qui dépend tout l’univers.

Ode 4

Celui qui siège glorieusement / sur le trône de la divinité / est venu sur la nuée légère: / c’est Jésus, notre divin Sauveur; / et de sa main toute pure / il a sauvé ceux qui lui chantent: / Ô Christ notre Dieu, / gloire à ta puissance.

Le saint cortège des Martyrs / ayant saintement glorifié / en ses propres membres le Seigneur / que tous les Anges glorifient / est lui-même glorifié / et nous assure son intercession / pour nous sauver de toute affliction.

Divins Pontifes, grâce à votre esprit / illuminé de clarté immatérielle / vous avez chassé la nuit privée de Dieu / et d’une main très sûre avez conduit / le troupeau choisi du Christ / vers la connaissance de Dieu.

L’innombrable foule des Bienheureux / brille de splendeur et de beauté; / et des Femmes ayant vécu pour Dieu / la multitude est magnifiée; / des Prophètes inspirés / le saint cortège est honoré / s’unissant aux chœurs des Anges dans la joie.

Saints Martyrs qui êtes devenus / concitoyens des Anges dans le ciel, / demandez pour les défunts / qu’ils obtiennent le repos, / le séjour divin du Paradis / et l’entière rémission / des péchés qu’ils ont commis.

Celui qui même après l’enfantement / garda sans faille ta virginité / a couvert de gloire dans le ciel / les vierges qui se tiennent autour de toi: / avec elles implore-le / pour que nos âmes soient sauvées / de toute peine et tentation.

* * *

Te voyant suspendu à la croix

Comme des astres, les Martyrs / illuminent brillamment / la céleste voûte de l’Église / et demandent au Christ sauveur / d’accorder le pardon aux trépassés.

Ayant ta Croix pour sceptre de puissance, / tes serviteurs fidèles ont traversé / l’océan de cette vie: / plante-les, Seigneur, / sur ta montagne de sainteté.

Les serviteurs que tu as choisis / et que tu as pris, Seigneur, près de toi, / fais qu’ils habitent, Dieu d’amour, / les tabernacles que tu chéris / avec les âmes des justes et des Saints.

Mère de Dieu, celui qui a pouvoir / sur les morts et les vivants / prit chair humaine de ton sein / et l’Immortel souffrit la mort / pour briser la puissance de l’Hadès.

Ode 5

Seigneur, tu es venu comme la lumière en ce monde, / lumière sainte qui retire de la sombre ignorance / ceux qui te chantent avec foi.

Mis en croix, broyés par la roue, / privés de leurs membres, les courageux Martyrs / semblèrent inséparables de leur Dieu.

Hiérarques, devenus sauveurs pour les croyants, / vous avez conduit au Pasteur et à l’Agneau / le saint troupeau confié à vous.

S’éloignant du tumulte et des passions, / de saints moines ont trouvé la paix du cœur / et furent dignes d’être appelés fils de Dieu.

Le chœur des Prophètes inspirés / et des saintes Femmes ayant servi le Seigneur / demande pour les défunts le repos.

Le Seigneur qui demeura en toi / a fait des hommes, Vierge immaculée, / la demeure de sa divine gloire.

* * *

Seigneur, en ta puissance tu glorifias les Martyrs: / par leurs prières donne aussi dans ta bonté / le repos à nos frères trépassés.

Dieu de tendresse, accorde à nos défunts / la vie sans peine, la douce joie / et l’allégresse qui jamais ne passera.

Bon Maître, seule source de bonté, / fais reposer ceux qui au terme de leur vie / dans la foi t’ont reconnu comme Dieu.

Mère de Dieu, nous te chantons avec amour, / bienheureuse qui as fait jaillir sur l’Enfer / l’ineffable jour, l’inaccessible Beauté.

Ode 6

J’ai sombré au plus profond de l’océan / et je fus englouti / sous la houle de mes nombreux péchés, / mais toi, ô Dieu d’amour, / à la fosse tu arraches ma vie.

Saints Martyrs, comme pierres de grand prix / sur la terre projetés, / vous avez fait crouler / les constructions de l’impiété / pour devenir les temples de Dieu.

De la main puissante du Tyran / vous avez sauvé maints serviteurs, / Pontifes et Pères vénérés / qui faisiez paître le troupeau du Christ: / c’est pourquoi l’on vous déclare bienheureux.

Se conformant aux prophéties, / maintes Femmes en vérité / par l’ascèse et es combats / se sont soumises au Verbe Dieu / qui d’une Femme vierge a lui sur nous.

Vie de tous les trépassés, / Christ de tendresse, place donc / à la la lumière de ton visage / ceux de nos frères qui dans la foi / sont passés vers toi, ô Créateur.

Non seulement de bouche mais de cœur, / ô Vierge, en toi je reconnais / la pure Mère de mon Dieu; / et par ta sainte médiation / sauve-moi de l’éternelle damnation.

* * *

Ton Église te crie à pleine voix

Lorsqu’il voit ton côté divin / transpercé par une lance, / Sauveur, le glaive flamboyant / s’écarte de tes serviteurs / à la prière des victorieux Martyrs.

Sur la croix tu as ouvert le Paradis: / plante donc en ses jardins, / Dieu de tendresse et mon Sauveur, / les fidèles trépassés, / pour qu’ils prennent part à ta gloire, Seigneur.

Ceux qui par leur pieuse mort / près de toi, Seigneur, sont parvenus, / accorde-leur au Paradis / de cueillir les fleurs de tes prairies / et compte-les parmi les justes de tous temps.

Invisible en tant que Dieu, / le Verbe s’est fait voir à nos yeux; / immatériel, il a pris corps / d’une Vierge inépousée / et par sa mort il a détruit la mort.

Ode 7

À Babylone jadis / les enfants d’Abraham / foulèrent la fournaise de feu, / en leurs hymnes criant joyeuse ment: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Vases sacrés du Christ Seigneur, / les Témoins de notre Dieu / à l’Église servent de remparts: / chantons-les d’un même chœur / en l’allégresse de nos âmes.

Avec les Anges dans le ciel / exultent les Pontifes du Christ / et le divin chœurs de tous les Saints: / par leurs prières, Sauveur, / sauve le troupeau de tes brebis.

Celles d’entre les Femmes qui saintement / ont exercé dans les combats / leur patience et leur fidélité, / par l’obéissance ont triomphé / de celui qui blessa l’Ève de jadis.

Toi qui de l’Hadès fis un captif / et par ta mort vainquis la mort, / aux fidèles trépassés / donne en ta miséricorde le repos / et fais d’eux les habitants du Paradis.

Dans le buisson qu’il vit jadis / brûler sans être consumé / le Législateur a reconnu la préfiguration de ton enfantement, / seule Mère de Dieu entre les femmes bénie.

* * *

Dans la fournaise de Perse

Des Martyrs, Sauveur, agrée le sang versé, / la patience, le courage, et en retour / fais reposer les âmes des fidèles trépassés / en ton indulgence et ta miséricorde.

Sauveur, avec les justes et premiers-nés / compte les âmes de tes serviteurs défunts / et donne-leur sans cesse de jouir / de ta présence, Souverain de l’univers.

Qu’il te plaise, ô Verbe, en tant que Dieu / de recevoir sur les nuées des cieux / dans l’allégresse et la splendeur / ceux qu’en ta miséricorde tu as ait monter vers toi!

Vierge bénie et Mère de mon Dieu / réjouis-toi, par qui la mort a disparu / pour qu’une vie sans peine en vérité / soit accordée à tous les défunts.

Ode 8

Rédempteur du monde, Tout-puissant, / au milieu de la fournaise descendu, / de rosée tu as couvert les Jeunes Gens / et leur enseignas à psalmodier: / Toutes ses œuvres, loues, bénissez le Seigneur.

Les Pontifes, les Prophètes, les Martyrs / arrivés au terme des combats / ont trouvé la sainte compagnie / des Anges, avec lesquels ils implorent pour nous tous / le pardon et la grande miséricorde.

Resplendissant en l’Esprit, les Pères vénérés / ont chassé les ténèbres des Démons: / avec eux les Pontifes, les Prophètes, les Martyrs / exultent d’allégresse dans le ciel / en compagnie des Justes de tous temps.

Celui qui se vantait dans sa folie / d’anéantir la terre et l’océan / se laisse vaincre constamment / par l’ascèse et les combats / de saintes Femmes rayonnantes en l’Esprit.

Ô Christ, voici que nous intercédons / pour l’ensemble des fidèles trépassés; / en ta miséricorde agrège-les / aux chœurs de tes élus psalmodiant sans cesse: / Louez, bénissez le Seigneur.

Rends-moi digne de ta compassion, / toi qui enfantas le Verbe bienfaisant; / toute-sainte Mère de mon Dieu, / sauve-moi lorsque je crie: / Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur.

* * *

Daniel, étendant les mains

Des Martyrs agréant l’intercession / et la compassion envers le genre humain, / fais reposer, Seigneur, les âmes des défunts; / à cause de leur foi pardonne leurs péchés / lorsqu’ils te chantent: Bénissez le Seigneur, / toutes les œuvres du Seigneur.

Compté parmi les morts et les impies, / pour les morts tu fus la source de vie éternelle; / ceux donc, Seigneur, qui de ce monde sont passés / vers toi dans l’espérance de ressusciter, / donne-leur de parvenir en ton Royaume et de chanter: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Intarissable Source d’immortalité, / reçois dans les parvis du ciel / au terme de leur vie tes serviteurs / ayant quitté ce monde passager / et te criant, très-doux Sauveur: / Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Seule sur la terre tu parus / vierge pure et mère inépousée: / car c’est un Dieu que tu conçus, / merveille dépassant l’entendement; / pour les mortels tu fus la source de vie éternelle: / divine Épouse, nous te bénissons.

Ode 9

Par sa faute et transgression / Ève instaure la malédiction: / mais toi, ô Vierge Mère de Dieu, / pour le monde tu as fait fleurir / par le fruit de tes entrailles la bénédiction: / et tous ensemble nous te magnifions.

Les Martyrs, voyant les dons de Dieu / et recevant les récompenses de leurs travaux, / se réjouissent grandement / et magnifient le Christ / qui les a lui-même magnifiés, / leur accordant la couronne des vainqueurs.

Pontifes, annonciateurs de Dieu, / vous avez régi le peuple du Seigneur, / l’éclairant par votre ascèse / de rayons plus vifs que le soleil / et par vos œuvres signalées / vous avez brillé dans le cœur des croyants.

Avec les Pontifes ayant versé leur sang, / les Prophètes, les Martyrs, nous célébrons / tous les justes et Bienheureux / et les Femmes ayant brillé par leur piété: / ô Christ, par leur intercession / sauve nos âmes de la flamme sans fin.

De la même joie dont tu pourvois / les Saints qui t’ont servi parfaitement / rends dignes aussi les trépassés / qui ont cru en toi, Seigneur Jésus, / sans faire état de leurs péchés / en ta miséricorde infinie.

Vierge immaculée qui t’es montrée / plus sublime que les Chérubins / puisque tu portas le Dieu de l’univers, / fais que je puisse dominer / mes impulsions charnelles / et donne-moi de suivre les préceptes du Seigneur.

* * *

Aux victorieux Martyrs tu as donné / le pouvoir d’intercéder auprès de toi: / par leurs prières accorde après leur mort / à tes fidèles la divine rédemption, / leur donnant, Seigneur, de demeurer / dans les tabernacles de ta sainteté.

Toi qui d’un geste créateur / à notre convenance façonnas tout l’univers, / toi qui as pouvoir sur les vivants / et règnes en maître sur les morts, / place en l’au-delà tes serviteurs, / Dieu de tendresse, près des eaux du repos.

Toi dont l’apanage est la bonté, / riche de grâce et de pitié, / sauve des ténèbres extérieures / ceux sur qui ton nom fut invoqué; / par la foi justifie-les / et de ta grâce, Ami des hommes, éclaire-les.

D’avance les Prophètes ont divulgué / les signes de ton enfantement, / chacun par des vocables différents / à merveille te convenant: / car pour les mortels tu enfantas la Vie / qui aux Enfers brisa l’empire de la mort.

Apostiches ou Laudes

Martyrika

Des Anges vous êtes devenus concitoyens, / saints Martyrs, en proclamant / sur le stade le Christ noblement; / de ce monde vous avez méprisé les plaisirs, / tenant plus sûrement l’ancre de la foi, / et pour les faibles vous êtes une source de guérison: / sans cesse intercédez pour le salut de nos âmes.

Saints Martyrs, nous admirons vos combats / car, revêtus d’un corps mortel, / vous avez repoussé l’Ennemi invisible; / sans crainte devant les menaces des tyrans, / vous avez subi les pires tourments; / et maintenant vous jouissez de la gloire méritée / auprès du Christ qui accorde à nos âmes la grande miséricorde.

Elle est précieuse, Seigneur, la mort de tes amis: / par le glaive, la flamme ou le gel / ils donnèrent leur vie dans l’espérance d’obtenir / la récompense de leurs travaux, / et leur patience leur a valu / auprès de toi, Sauveur, la grande miséricorde.

Nékrosimon

Dans tes parvis, Seigneur, / où tous les Saints jouissent du repos, / fais reposer tes serviteurs, en ton unique bonté.

Gloire au Père ...

Où sont les mondanités? / où sont les illusions passagères? / où sont l’or et l’argent et le tumulte des serviteurs? / tout cela n’est que poussière et vanité; / venez plutôt et chantons au Roi immortel: / Seigneur, accorde tes biens éternels / et donne à nos défunts le repos / dans la béatitude sans fin.

Maintenant ...

Seule Vierge pure et immaculée / qui enfantas ineffablement notre Dieu, / intercède pour le salut de nos âmes.

S’il y a Alléluia, nous chantons aux Laudes les précédents Martyrika, et comme Apostiches les Prosomia suivants:

Mystère effrayant / que celui de la mort! / comment notre âme est-elle arrachée à son corps, / séparée de l’harmonieuse unité? / Comment est rompu le lien le plus naturel / par la divine volonté? / Aussi, nous t’en prions, / accorde le repos aux fidèles défunts / dans les tabernacles de tes Saints, / Ami des hommes et Source de vie.

Heureux ceux que tu as élus, ceux que tu as pris, Seigneur, avec toi.

Pour les croyants la mort n’est plus qu’un sommeil / depuis que tu as reposé dans le tombeau, / toi le Maître de tout l’univers, / et que tu as brisé l’empire de la mort; / aussi nous te supplions: / accorde le repos aux fidèles défunts / dans les tabernacles de tes Saints, / Ami des hommes et Source de vie.

Leur souvenir demeure d’âge en âge.

En toi nous avons acquis justice et sainteté, / et poux nos âmes la rédemption; / vers le Père tu nous conduis justifiés et rachetés, / car tu as pris sur toi le châtiment de nos péchés; / et maintenant nous te supplions: / accorde le repos aux fidèles défunts / dans la lumière et la joie, / Seigneur, notre bienfaiteur et sauveur.

Gloire au Père... Maintenant ...

Suivant les oracles inspirés, / ô Vierge, nous te vénérons comme la Mère de Dieu: / c’est Dieu que tu as enfanté de façon merveilleuse; / il s’est incarné de ton sein / pour nous délivrer du péché qui nous tenait captifs; / aussi implore-le maintenant / pour qu’il fasse briller sa clarté / sur tes défunts serviteurs.

LITURGIE

Béatitudes

À cause de l’arbre défendu / Adam fut exilé du Paradis, / mais par l’arbre de la croix le Larron y entra; / car l’un, goûtant de son fruit, méprisa le commandement du Créateur, / l’autre, partageant ta crucifixion, confessa ta divinité: / Souviens-toi de moi dans ton Royaume.

Enflammés par l’amour du Christ, / saints Martyrs, vous avez éteint / dans la sueur des combats la fournaise d’impiété / et pour l’Église vous avez resplendi / comme lustres aux mille feux, / chassant en la grâce l’obscurité / des maladies de nos âmes affligées; / c’est pourquoi nous vous honorons / selon vos mérites et d’un seul cœur.

Les Pontifes du Christ, / le cortège des Prophètes inspirés, / les chœurs des saints Moines et la multitude des Femmes sanctifiées, / ayant servi le Seigneur par leurs actes vertueux, / ont mérité d’être glorifiés; / aussi nous les disons bienheureux / et de leurs prières nous attendons / la gloire éternelle et la splendeur céleste.

Là où brille, Seigneur, ta clarté, / là où séjournent les chœurs des Saints, / bien loin de toute peine ou chagrin, / place tes serviteurs décédés avant nous / qui ont quitté cette vie pleine de douleurs, / pour qu’ils chantent, Sauveur, ton ineffable bonté / si tu ne tiens pas compte des péchés qu’ils ont commis.

Gloire au Père ...

Indivisible Trinité / en la totale unité / du Père, du Fils et de l’Esprit, / Monade en trois personnes aux idiomes distincts, / donne en toi le repos éternel / à nos frères qui sont morts dans la foi, / leur accordant la grâce et le pardon / à la prière des Prophètes, des Martyrs et des justes de tous temps.

Maintenant ...

Vierge pure, tu as conçu / le Verbe qu’avant l’aurore le Père engendra; / tu l’enfantas dans la chair comme un homme parfait, / possédant deux énergies et volontés: / implore-le donc comme Créateur et comme Seigneur / de prendre en pitié les chantres de ton nom, / virginale Épouse de Dieu.


  1. À la place de ces trois martyrika que nous empruntons au Paraclitique slave le grec nous offre les théotokia suivants:

    Ô notre Dame délivre-moi / des pensées honteux et grossiers / qui souillent tous les sens de mon âme et de mon corps; / aussi Vierge pure, je te prie / et je clame en mon repentir: / Avant ma perte définitive, ô notre Dame, sauve-moi.

    Hélas, que vais-je faire ou devenir, / ayant dès ma jeunesse servi les passions? pourrais-je en la vieillesse montrer au Christ ? les fruits du repentir? / déjà la seule habitude m’égare avant que d’être égaré: / avant ma perte définitive, ô notre Dame sauve-moi.

    Fais-moi le don des larmes, ô Mère de Dieu, / donne à mon cœur la contrition, / accorde-moi la confession des fautes de ma vie, / afin que grâce à ton secours / je passe le reste de mes jours dans le repentir / et puisse obtenir le pardon.

    Quant aux Apostiches, l’ordre du Paraclitique grec est le suivant :

    Seigneur ami des hommes / qui as agréé ...

    Par le crédit que vous avez auprès du Sauveur ...

    Vivantes hosties, / holocaustes spirituels ...

    Avec les esprits des Justes / parvenus ...