CINQUIÈME TON

Dimanche

LE SAMEDI SOIR AUX PETITES VÊPRES

Lucernaire

On chante 4 stichères, en répétant le premier.

Par ta précieuse Croix, ô Christ, / tu as dompté le démon / et par ta Résurrection tu as émoussé l’aiguillon du péché, / tu nous as tous sauvés des portes de la mort: / Fils unique de Dieu, nous te glorifions.

Celui qui accorda la résurrection au genre humain / fut conduit comme une brebis pour être immolé; / devant lui tremblèrent les princes de l’Enfer / et s’ouvrirent les portes de l’affliction, / car le Roi de gloire y est entré: c’est le Christ; / il a fait sortir les captifs / et ceux qui gisaient dans les ténèbres, il les a conduits vers la clarté.

Merveille, vraiment: / le Créateur des esprits célestes, / par amour pour les hommes, a souffert dans sa chair, / le Dieu immortel est ressuscité; / venez, toutes les familles des nations, / prosternons-nous devant lui, / car sa miséricorde nous a tirés de l’erreur / et nous avons appris à chanter un seul Dieu en trois personnes.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Vénérons l’auguste Vierge / digne du Seigneur notre Dieu / et plus vénérable que les Chérubins; / car le Créateur de l’univers, / voulant se faire homme comme nous, / en elle fit sa demeure ineffablement. / Action étrange, mystère inouï! / Qui ne serait frappé de stupeur / en apprenant la nouvelle que Dieu / s’est fait homme sans subir de changement / et qu’il a franchi les portes de la virginité / sans lui causer la moindre dégradation? / Selon les paroles du Prophète, / nul homme jamais n’y passera, / si ce n’est le seul Seigneur d’Israël / qui nous accorde la grande miséricorde.

Apostiches

Nous te magnifions par nos hymnes et nos chants, / Christ sauveur qui en t’incarnant n’as pas quitté les cieux, / car tu as bien voulu souffrir, / Seigneur ami des hommes, la mort sur la croix / en faveur du genre humain / et, brisant les portes de l’Enfer, / tu es ressuscité le troisième jour pour le salut de nos âmes.

Je célébrerai ton nom d’âge en âge.

Réjouis-toi, Vierge tout-immaculée / qui, sans qu’on puisse l’expliquer, / as conçu le Fils de Dieu / et de tes entrailles l’enfantas dans la chair, / lui transmettant la nature des humains / et une âme douée de raison, de liberté; / ayant pleinement revêtu le vieil Adam, / il restaure l’homme et le mène au salut; / aussi est-ce en deux natures que nous est révélé / le Christ en lui-même manifestant / l’énergie de l’une et l’autre. / Prie-le, supplie-le d’accorder / à nos âmes la grande miséricorde.

Devant ta face imploreront les plus puissants.

Réjouis-toi, parure de Jacob / que Dieu a choisie et chérie, / porte des rachetés et pince tenant la braise enflammée, / délivrance de la malédiction, ô Toute-bénie, / sein porteur de notre Dieu, / relèvement des hommes déchus, / plus sainte que les Chérubins et sommet de la création, / vision que l’on ne peut contempler, / nouvelle inouïe et langage nouveau, / char du Verbe et nuée d’où s’est levé le Soleil / qui dans les ténèbres nous éclaira, / nous accordant la grande miséricorde.

Gloire au Père... Maintenant...

Elles sont accomplies, les prophéties, / Vierge pure, à ton sujet: / un des prophètes te figura d’avance comme la porte de l’Éden regardant vers l’orient, / par où nul n’est passé, hormis ton Créateur, qui est celui du monde entier; / un autre t’a vue comme buisson embrasé / puisqu’en toi demeura le feu de la divinité, te laissant inconsumée; / un autre, comme la montagne sainte dont fut taillée, / sans que main d’homme l’eût touchée, / la pierre d’angle qui frappa la statue du tyran spirituel. / Grand et sublime, vraiment, / le mystère que tu abrites, ô Mère de Dieu; / aussi nous te glorifions et nous chantons: / grâce à toi nos âmes jouissent du salut.

GRANDES VÊPRES

Lucernaire

On chante 10 stichères: ordinairement 7 de la Résurrection (les suivants) et 3 du Saint du jour (à prendre au Ménée).

Par ta précieuse Croix, ô Christ, / tu as dompté le démon / et par ta Résurrection tu as émoussé l’aiguillon du péché, / des portes de la mort tu nous as tous sauvés: / Fils unique de Dieu, nous te glorifions.

Celui qui accorda la résurrection au genre humain / fut conduit comme une brebis pour être immolé; / devant lui tremblèrent les princes de l’Enfer / et s’ouvrirent les portes de l’affliction, / car le Roi de gloire y est entré: c’est le Christ; / il a fait sortir les captifs / et ceux qui gisaient dans les ténèbres, il les a conduits vers la clarté.

Merveille, vraiment: / le Créateur des esprits célestes, / par amour pour les hommes, a souffert dans sa chair, / le Dieu immortel est ressuscité; / venez, toutes les familles des nations, / prosternons-nous devant lui, / car sa miséricorde nous a tirés de l’erreur / et nous avons appris à chanter un seul Dieu en trois personnes.

Ô Lumière sans déclin, / nous t’offrons notre adoration vespérale: / par ton incarnation vers la fin des temps / tu as brillé, comme en un miroir, pour illuminer l’univers; / jusqu’aux Enfers tu descendis / pour y dissiper l’obscurité ténébreuse; / aux nations tu as montré ta lumineuse résurrection: / Source de vie, Seigneur, gloire à toi.

Rendons gloire au Christ / comme au principe de notre salut, / car le monde fut sauvé de l’erreur par sa résurrection d’entre les morts. / Joie dans les cieux parmi les Anges, / voici que disparaît l’égarement des démons: / après sa chute Adam est relevé et le diable est abaissé.

Les impies séduisirent les gardiens: / «Cachez la résurrection du Christ, et recevez cet argent; / dites que pendant votre sommeil on a enlevé le corps du tombeau». / A-t-on jamais vu ou entendu qu’un mort fût dérobé, / qu’on l’ait pris nu et embaumé, / abandonnant son linceul dans le tombeau? / Ne vous laissez pas séduire par les impies, / étudiez les paroles des prophètes et sachez / qu’il est vraiment le Sauveur du monde et le Seigneur tout-puissant.

Seigneur qui as dépouillé l’Enfer, / Sauveur qui as triomphé de la mort, / par ta précieuse Croix tu as illuminé l’univers: / ô Christ, aie pitié de nous.

Gloire au Père... Maintenant... Théotokion

Dans la mer Rouge s’inscrivit autrefois / l’image de l’Épouse inépousée: / jadis Moïse fut celui qui divisa les eaux; / dans ce nouveau mystère c’est Gabriel / qui devient le serviteur du miracle, / autrefois pour traverser l’abîme Israël passa à pied sec / et maintenant, pour enfanter le Christ, la Vierge a conçu sans semence; / la mer est demeurée infranchissable après le passage d’Israël, / comme la Vierge est demeurée intacte après l’enfantement de l’Emmanuel. / Ô Dieu vivant qui es et qui étais / et qui as revêtu notre humanité, / Seigneur, aie pitié de nous.

Apostiches

Nous te magnifions par nos hymnes et nos chants, / Christ sauveur qui en t’incarnant n’as pas quitté les cieux, / car tu as bien voulu souffrir, / Seigneur ami des hommes, la mort sur la croix / en faveur du genre humain / et, brisant les portes de l’Enfer, / tu es ressuscité le troisième jour pour le salut de nos âmes.

Source de vie, tu fis jaillir pour tous / de ton côté transpercé les fleuves du pardon, / de la vie et du salut; / dans ta chair tu acceptas la mort / pour nous faire le don de l’immortalité; / au tombeau tu nous as libérés / pour nous ressusciter avec toi / dans la gloire de Dieu; / c’est pourquoi nous te crions: / Seigneur ami des hommes, gloire à toi.

Nous admirons, Seigneur, / ta crucifixion, ta descente aux Enfers: / par elles tu as triomphé de la mort / pour ressusciter avec toi, / dans la gloire de Dieu, / les captifs auxquels tu as ouvert le Paradis; / à nous aussi qui glorifions / ta Résurrection le troisième jour, / accorde le pardon de nos péchés / et, dans ta miséricorde, accueille-nous au Paradis.

Toi qui as accepté de souffrir en ta chair / et le troisième jour es ressuscité d’entre les morts, / guéris, Seigneur, nos passions charnelles / et du mal où nous sommes tombés / relève-nous, Ami des hommes, et sauve-nous.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Ô Vierge toute-sainte, tu es le temple, / la porte, le palais et le trône du Roi: / par toi le Christ, mon libérateur et Seigneur, / sur ceux qui dormaient dans les ténèbres s’est levé, / soleil de justice pour illuminer / ceux qu’à son image il avait créés de sa main; / ô Toute-vénérable, / forte de l’assurance dont tu jouis devant ton Fils, / intercède auprès de lui pour le salut de nos âmes.

Tropaire

Verbe coéternel au Père et à l’Esprit, / toi qui es né de la Vierge pour notre salut, / nous te chantons, nous tes fidèles, et t’adorons, Seigneur, / car tu as bien voulu souffrir en montant sur la croix / pour y subir la mort en ta chair / et ressusciter les morts / en ta sainte et glorieuse Résurrection.

Théotokion

Réjouis-toi, infranchissable porte du Seigneur, / réjouis-toi, rempart et protection de ceux qui accourent près de toi, / réjouis-toi, havre qui nous offres un sûr abri. / Vierge inépousée qui as enfanté dans la chair / ton Créateur et ton Dieu, / sans cesse intercède pour ceux / qui chantent ton Fils et se prosternent devant lui.

LE SAMEDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

Nous tous, notre Dame, nous ne pouvons / te présenter le chant qui te revient, / puisque ta gloire surpasse tout le créé; / ne repousse pas cependant / la prière que nous t’offrons / avec tant de respect et d’amour.

Nous tous, virginale Mère de Dieu, / nous accourons vers les flots / de ta source inépuisable et nous chantons: / unique joie du genre humain, / ô Vierge tout-immaculée, / pour les Églises demande la paix.

Pour tous ceux qui sont dans le malheur / il a fait de toi, / Vierge pure, un calme port, / le Dieu qui a bien voulu prendre chair de toi; / aussi nous nous prosternons en te chantant: / à tes serviteurs accorde ton secours.

Que ta prière soit un manteau, / Vierge pure, pour tes serviteurs, / l’éloignement des passions, / l’absolution de tout péché, / divine Génitrice, et la guérison / de toute sorte de maladie.

Ode 3

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

L’espérance des terrestres, c’est bien toi, / leur allégresse, leur secours, / leur abri, leur protection, / souveraine Mère de la Vie; / aussi nous te prions d’envoyer / ton aide à ceux qui chantent pour toi.

Dieu de tous et Créateur compatissant, / nous qui sommes en proie / aux passions cruelles, aux maladies, / comme ambassadrice nous te présentons / ta vénérable Mère, sa protection: / brise donc les liens de nos péchés.

Toi seule, tu as enfanté / le Seigneur en demeurant vierge, / l’auteur et créateur de l’univers; / du haut du ciel accorde â tes serviteurs / qui te glorifient en vérité comme la Mère de Dieu, / divine Épouse, le salut.

Comble-moi des eaux vivifiantes, / Souveraine qui as fait jaillir / pour le monde le flot divin; / apaise aussi par ta sérénité / le trouble flot de mes iniquités / et la houle qui agite mon cœur.

Ode 4

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

Toi qui surpasses toute la création, / aux terrestres qui demeurent ici-bas / Dieu t’a donnée pour intercéder, / divine Mère, auprès de lui.

Te connaissant, Vierge Mère, comme la maison de Dieu / et te vénérant, sans cesse nous te prions: / ne ferme pas à tes serviteurs, / divine Mère, les portes de ta compassion.

De Dieu tu es vraiment le plus bel ornement, / Mère n’ayant pas connu de noces, et, le sachant, / nous te vénérons et te prions: / revêts-nous de la tunique d’innocence.

Vierge pure, par ton enfantement / tu as comblé de joie le monde entier; / c’est pourquoi l’archange Gabriel / depuis le ciel est venu t’annoncer: Réjouis-toi.

Ode 5

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi je veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

Si nous sommes châtiés, ce n’est en vérité / à l’égale mesure de nos iniquités; / détourne de nous cependant, / Vierge immaculée, le courroux de ton Fils.

Sans connaître d’homme, tu as enfanté le Dieu / qui a séparé la lumière / des ténèbres; prie-le incessamment / d’envoyer sur tes serviteurs sa clarté.

Avec l’encens de tes prières, Vierge immaculée, / toi la divine Épouse dont Salomon / a prédit qu’elle viendrait du Liban, / Mère du Créateur, parfume tes serviteurs.

Sans semence ayant enfanté le Christ, / notre justice et notre rédemption, / tu as libéré de la condamnation, / divine Mère, la nature du prime aïeul.

Ode 6

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

Souveraine ayant enfanté le Créateur, / pour tes serviteurs demande le pardon; / et relève-nous, ô Mère de Dieu, / pour qu’avec force nous puissions te chanter.

Pour nous tes serviteurs fidèles qui te prions, / Vierge pure, sois le secours par compassion; / et relève-nous, ô Mère de Dieu, / pour qu’avec force nous puissions te chanter.

Grâce au pouvoir dont tu as hérité, / de ton œil compatissant / regarde tes serviteurs, / Vierge pure, et arrache-nous à la fosse.

Toi qui sans cesse fais couler sur tes fidèles / le flot de tes miséricordes, en ta bonté, / répands aussi, Vierge pure, sur moi / la lumière des préceptes de ton Fils.

Cathisme

Vierge toute-sainte, aie pitié de nous / qui nous réfugions vers ta miséricorde avec foi, / implorant ta chaleureuse protection; / en vérité, tu peux sauver l’ensemble des humains, / Pleine de grâce et Mère du Très-Haut, / en usant de ta maternelle intercession.

Ode 7

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Ineffable Sagesse divine, ô Christ, / à cause de ta Mère, fais grâce à tes serviteurs / qui ne cessent de chanter: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Seigneur, nous l’implorons de ta bonté, / à cause de ta Mère, soigne toute plaie / de ceux qui te vénèrent en chantant: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Divine Mère, de ton œil compatissant / regarde tes serviteurs et délivre-les / de tout péril, eux qui chantent avec foi: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Ayant fait le mal, nous avons été déchus, / mais à nouveau, pure Souveraine, avons trouvé / ton aide après avoir chanté: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Ode 8

Le Fils de Dieu, né du Père avant les siècles, / en ces derniers de la Vierge Mère s’est incarné:/ vous les prêtres, louez-le, / peuple exalte-le dans tous les siècles.

Notre Dame qui nous procures tant de biens, / à tes serviteurs souffrants accorde la guérison, / afin que cesse nous puissions te chanter / et t’exalter dans les siècles.

Ineffablement ayant enfanté le Rédempteur, / inexplicablement tu l’as nourri en restant vierge cependant; / prie-le pour ceux qui chantent tes hauts faits / et t’exaltent dans tous les siècles.

Pour toi, lumineux chandelier du Rédempteur, / formant un chœur de fête, nous psalmodions: / Toute, les œuvres du Seigneur, chantez 1a Vierge Marie, / exaltez-la dans les siècles.

Vierge Mère, Agnelle immaculée, / purifie mon corps de ses passions, / afin que j’échappe aux pièges da Séducteur, / Pleine de grâce, et chante pour toi.

Ode 9

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

Notre chant touche à son terme, / mais ineffable, ô Créateur, / est l’espoir que nous mettons en toi, / de même que ta grâce, ô Christ: / d’une force correspondante veuille affermir, / divin Maître, tes serviteurs / par les prières de celle qui t’enfanta.

Tu es proche des infirmes, / tu es pour ceux qui souffrent un réconfort, / comme Mère véritable de la Vie; / aussi cherchant refuge vers toi, / nous avons pansé toute affliction / et sous ta protection, / notre Dame, trouvé le salut.

Contemplant sur ton image, / notre Dame, ton aspect divin, / nous t’y voyons bien clairement, / malgré la haine dont sur terre / la poursuivent les hérétiques insensés; / mais, nous prosternant devant lui, / de nos peines nous trouvons la guérison.

Nous les pécheurs, ô Vierge pure, / nous reconnaissons en toi / sur l’abîme le secours, / dans la tempête la grâce; / c’est pourquoi nous te prions: / tire de tout danger tes serviteurs / cherchant refuge sous ta protection.

OFFICE DE MINUIT

Le canon triadique, œuvre de Métrophane, porte en acrostiche: Le cinquième canon pour le triple Soleil.

Ode 1

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

La force de l’unique nature au triple feu, / nous la célébrons en chantant et nous disons: / Dieu et Maître tout-puissant, / illumine notre esprit, / élève-le vers ta gloire ineffable.

Les armées spirituelles des Anges dans le ciel, / de leur voix incessante, te célèbrent au chant du Trois-fois-saint, / Unité au nombre trois, / consubstantielle Trinité, / Dieu suprême et tout-puissant.

Accorde-moi le doux nectar de ton amour, / lumière pour mon âme et pour mon cœur, / unique Trinité, principe de clarté, / et purifie-moi par la divine componction, / Dieu de tendresse, Seigneur de toute création.

Sans bruit, du ciel est descendu / comme sur la toison, ô Vierge immaculée, / sur ton sein la divine pluie / qui de l’aride sécheresse/ délivra la nature des humains.

Ode 3

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Concevant les êtres spirituels, / tu en fis les inlassables chantres de ta divinité, / Dieu créateur au triple éclat, / mais reçois aussi, dans ta bonté, / la prière des mortels que de la fange tu créas.

Ô Dieu qui, par nature, es à l’abri du changement, / en cette vie changeante où nous chantons et célébrons / l’impénétrable source de ta compassion, / accorde-nous la rémission de nos péchés / et, dans ta bonté, la grande miséricorde.

Glorifions Père, Fils et saint Esprit / en l’immuable forme de la divinité, / seul Seigneur de tous au triple éclat, / comme Dieu lui-même l’enseigna, / aux Prophètes et aux Apôtres clairement.

À Moïse tu apparus dans le buisson / comme l’Ange du grand conseil du Tout-puissant, / manifestant ta virginale incarnation, / par laquelle tu nous transformas, / Verbe de Dieu, et nous hissas vers le ciel.

Cathisme

Dieu d’amour, indivisible Trinité, / tu as pitié de l’ensemble des humains, / en ta puissance, ta miséricorde et ta compassion; / aussi, nous qui ployons sous le poids de nos péchés, / nous nous réfugions auprès de toi en criant: / Seigneur, fais grâce à tes indignes serviteurs, / nous t’en prions, sauve-nous tous du châtiment.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Vierge toute-sainte, aie pitié de nous / qui nous réfugions vers ta miséricorde avec foi, / implorant ta chaleureuse protection; / en ta bonté, tu peux sauver l’ensemble des humains, / Pleine de grâce et Mère du Dieu très-haut, / en usant de ta maternelle intercession.

Ode 4

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

Daniel fut initié au triple aspect / de l’unique Seigneurie en contemplant / le Fils de l’homme auprès du Père / et l’Esprit lui révélant cette vision.

Ceux qui te chantent de leurs lèvres de mortels / comme le Dieu suprême trinitaire en ses personnes, / mais qui par nature est unité, / rends-les dignes de la gloire des Anges.

La montagne ombragée par la forêt / d’où jadis Habacuc vit venir le Dieu saint, / ô Vierge, tu nous l’as montré, / c’est le mystère inexplicable de ta divine conception.

Ode 5

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

Toi qui créas l’homme, par un effet de ta bonté, / et qui à ton image et ressemblance le formas, / Dieu au triple éclat, demeure en moi, / dans ta bonté et ton amour compatissant.

Unité au triple feu, conduis mes pas sur les chemins de ton salut divin, / comble-moi de ta clarté, / toi qui par nature es le Dieu tout-puissant.

Lumière indivisible de l’unique Dieu, / répartie selon ses trois aspects, / triple soleil, clarté sans soir, / illumine mon cœur de tes rayons.

Le Prophète, lorsqu’il te vit jadis, / Vierge tout-immaculée. comme la porte regardant / vers la lumière sans couchant, / aussitôt te reconnut pour l’habitacle de Dieu.

Ode 6

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

De tes personnes sans cesse répandant, / divine Majesté, la lumière au triple éclat, / consubstantielle Trinité, / tu es unique en ta nature et volonté.

Le Prophète, chantant au Père: «Par l’Esprit, / dans ta lumière, nous verrons le Fils, lumière également», / de l’unique Dieu, suffisamment, / a montré le triple soleil.

Seigneur Dieu, lumière unique au triple feu, / fais descendre sur les chantres de ton nom / la rémission de leurs péchés, / par l’intercession de la Mère de Dieu.

Cathisme

Glorifions la lumière du triple Soleil, / devant l’unique Trinité prosternons-nous maintenant, / car elle nous illumine et prend pitié de nous; / de la fosse elle a sauvé le genre humain, / rachetant le monde entier de l’égarement des faux-dieux, / et nous accorde le royaume des cieux.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Dénué de tout, je cherche un abri / près de toi, l’espérance de tous, / refuge des humbles pécheurs, / et je te crie, ô Vierge: J’ai péché, / mais je demeure asservi à mes funestes passions; / prends en pitié le malheureux que je suis, / fais-moi revenir avant la fin / et sauve de tout châtiment ton indigne serviteur.

Ode 7

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et / couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Toi qui possèdes l’abîme sans fond, / l’insondable océan de la miséricorde, / Seigneur de tendresse, prends pitié de ceux / qui chantent l’unique et triple feu de ta suprême divinité.

Nous te chantons comme Seigneur et notre Dieu, / seul et triple éclat inaccessible à notre esprit, / et dans nos hymnes te crions: / Accorde à tes serviteurs le pardon de leurs péchés.

Ô Vierge, tu as fait fleurir, / coéternel au Père, le divin rameau, / la fleur de l’éternelle divinité / qui donne vie à l’ensemble des humains.

Ode 8

Pour toi, Dieu créateur, / dans la fournaise les Jeunes Gens / formèrent un chœur avec tout l’univers et chantaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Afin de révéler / autrefois bien clairement / les trois personnes de l’unique Seigneurie, / en l’apparence d’hommes, ô Dieu, tu te montras / aux yeux d’Abraham louant ta seule majesté.

Accorde-moi, Seigneur, / inaccessible clarté, / de regarder vers tes divins rayons, / Père de miséricorde, Verbe et saint Esprit, / pour t’agréer sans cesse, Seigneur de l’univers.

Toute-digne de nos chants, / tu as fait briller pour nous / le Christ Seigneur, l’un de la gloire aux trois soleils, / en trois personnes nous apprenant à chanter / dans tous les siècles l’unique Divinité.

Ode 9

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

Nulle langue sur la terre / ne pourrait comme il se doit / te louer, Monade sans début; / mais, tentant l’impossible, / dans la foi nous présentons, / Trinité d’égale royauté, / gloire et louange à ta divine majesté.

D’une identique gloire / les Chérubins, les Séraphins, / te louent, seul Dieu au triple éclat; / au pur écho de leurs lèvres / laisse-nous joindre aussi nos voix, / bien que pécheurs, pour magnifier, / Seigneur, ta divine majesté.

Vierge pure et sans souillure, / tu as mis au monde un Fils / qui nous sauve du péril; / c’est le Dieu immuable: / intercède auprès de lui / pour que maintenant encor / il nous accorde le pardon de nos péchés.

LE DIMANCHE À MATINES

Cathisme I

Célébrons la précieuse Croix du Seigneur, / vénérons sa Sépulture par nos hymnes et nos chants, / glorifions sa sainte Résurrection, / car notre Dieu a ressuscité les morts du tombeau, / dépouillant l’empire de la mort / et brisant la puissance du Démon, / et sa lumière s’est levée sur les captifs de l’Enfer.

Seigneur, tu fus compté parmi les morts, / toi qui as mis à mort le prince de la mort, / et tu fus déposé du sépulcre, toi qui vides les tombeaux; / la tombe fut gardée sur terre par les soldats, / tu as ressuscité les morts aux Enfers / qui depuis les siècles s’étaient endormis. / Dieu tout-puissant que l’univers ne peut cerner, / notre allégresse, Seigneur, gloire à toi.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Réjouis-toi, montagne sainte que le Seigneur a gravie, / réjouis-toi, buisson non consumé par le feu, / réjouis-toi, passerelle du monde vers Dieu, / toi qui mènes de terre en la vie éternelle, / réjouis-toi, ô Vierge inépousée / qui as enfanté pour nos âmes le salut.

Cathisme II

Seigneur, après ta Résurrection le troisième jour, / lorsque les Apôtres se prosternèrent devant toi, / Pierre s’écria: Des Femmes ont eu le courage que je n’eus pas, / un Larron t’a reconnu comme Dieu, / et moi, je t’ai renié: / m’appelleras-tu Disciple après cela, / ou bien me renverras-tu vers mes filets? / Agrée mon repentir, ô mon Dieu, et sauve-moi.

Seigneur, les impies t’ont cloué sur la croix, / au milieu des criminels, / d’une lance ils ont percé ton côté; / Dieu de tendresse, tu acceptas d’être mis au tombeau, / toi qui as brisé les portes de l’Enfer, / et tu ressuscitas le troisième jour; / les Femmes accourues pour te voir / annoncèrent aux Apôtres la Résurrection. / Dieu très-haut que chantent les Anges dans le ciel, / tu es béni, Seigneur, gloire à toi.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Épouse inépousée et Génitrice de Dieu / qui as changé la peine d’Ève en joie, / nous les fidèles, nous te chantons et devant toi nous prosternons; / car tu nous as relevés de l’antique malédiction; / et maintenant, très-sainte Vierge toute-digne de nos chants, / intercède pour notre salut.

Après le Polyéléos, les Évloghitaires de la Résurrection et la petite litanie:

Hypakoi

Terrifiées par l’angélique vision, / illuminées par la divine Résurrection, / les Myrophores coururent chez les Apôtres en disant: / Annoncez parmi toutes les nations / la bonne nouvelle de la Résurrection du Seigneur / qui opère ici-bas des prodiges éclatants / et nous accorde la grande miséricorde.

Anavathmi

Antienne 1

Dans ma détresse, / comme David je te chante, Sauveur: / De la langue perfide délivre mon âme.

Pour ceux qui habitent le désert / bienheureuse est la vie: / ils volent sur les ailes de l’amour divin.

Gloire... Maintenant...

C’est l’Esprit saint qui maintient l’univers, / le monde visible et l’immatériel: / détenant le pouvoir souverain, / il est vraiment l’Un de la sainte Trinité.

Antienne 2

Vers les montagnes, ô mon âme, élevons-nous, / vers le lieu d’où viendra le secours.

Que ta droite, ô Christ, se pose comme une aile sur moi / et me préserve de toute déviation.

Gloire... Maintenant...

Du saint Esprit confessons la divinité en disant: / Tu es la vie, l’amour, l’intelligence, la clarté, / le Dieu de bonté qui règne dans les siècles.

Antienne 3

Lorsqu’on m’a dit: Entrons dans les parvis du Seigneur, / je fis monter mes prières vers lui, / tout rempli d’allégresse et de joie.

Dans la maison de David / s’accomplit un mystère étonnant, / car un feu y consume toute vile pensée.

Gloire... Maintenant...

C’est à l’Esprit que revient d’animer l’univers, / car il remplit tout être de vie / comme le Père et le Verbe divin.

Prokimenon, ton 5: Lève-toi, Seigneur mon Dieu, et dresse ta main, / car tu règnes dans les siècles des siècles. Verset: Je veux te rendre grâce, Seigneur, de tout mon cœur et raconter toutes tes merveilles.

Ode 1

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

Porteuse d’épines, la synagogue des Hébreux, / reniant tout amour maternel à ton égard, / ô Christ, t’en couronna, / toi le Bienfaiteur qui délivras / des ronces du péché le chef de notre lignée.

Pour me tirer du gouffre où j’avais chu, / Source de vie, tu t’es penché vers lui sans y tomber; / supportant, sans en être affecté / ma puante corruption, / tu me parfumas de ta suave divinité.

La tristesse a disparu ainsi que la malédiction, / car la Pleine de grâce, la Vierge bénie / a fait surgir pour les fidèles la joie, / portant comme une fleur le Christ, / bénédiction pour le monde et ses confins.

* * *

Le Dieu sauveur qui a conduit à pied sec / sur la mer Rouge le peuple d’Israël, / submergeant le Pharaon et toute son armée, / chantons-le comme le seul digne de nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Celui qui se laissa clouer dans sa chair sur la croix / et de l’antique condamnation / libéra l’homme déchu par le bois, / chantons-le comme le seul digne de nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Le Christ ressuscitant de la mort et du tombeau / pour relever aussi l’homme déchu / et le faire asseoir auprès du Père dans les cieux, / chantons-le comme le seul digne de nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Le Dieu qui a pris chair de ton sein / sans quitter celui du Père dans les cieux, / Mère de Dieu et Vierge immaculée, / sans cesse intercède auprès de lui / pour qu’il sauve de tout danger ceux qu’il forma de sa main.

* * *

Dans la mer Rouge cheval et cavalier

Lumière ayant fait sa demeure en toi, / le Christ a répandu sur le monde la clarté / de sa rayonnante divinité: / demande-lui d’illuminer / tous ceux qui te chantent, Vierge et Mère immaculée.

Ornée de la splendeur de tes vertus, / Vierge toute-pure et comblée de grâce, / par l’éclat de l’Esprit saint / tu as reçu la rayonnante Majesté: / celui qui revêt l’univers de sa beauté.

Au Sinaï le buisson jadis te figurant / ne fut pas brûlé dans son contact avec le feu: / vierge, tu l’étais en enfantant / et vierge, ô Mère, tu es demeurée, / en un mystère dépassant l’entendement

Ode 3

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

C’est du fiel que te présentèrent, ô Christ, / ceux qui avaient sucé le miel du rocher / lorsqu’au désert tu fis merveille en leur faveur; / et, pour la manne, ils t’abreuvèrent de vinaigre, / en leur ingratitude, les enfants d’Israël.

Jadis par la nuée lumineuse ils furent protégés, / ceux qui déposèrent au tombeau le Christ notre Vie; / mais, librement ressuscité, / aux fidèles il accorda la clarté / sous l’ombre mystérieuse dont les couvre l’Esprit.

Sans épousailles tu devins Mère de ce Dieu / en qui brille inaltérée la splendeur paternelle; / tu n’as pas connu les douleurs des mères / et, puisque tu as enfanté le Verbe fait chair, / selon la vraie foi nous te disons Mère de Dieu.

* * *

Ô Christ, par la puissance de ta Croix / affermis nos sentiments / pour nous permettre de chanter / et de glorifier ta divine Résurrection.

Ô Christ, tu t’es levé du tombeau / pour sauver de la poussière de la mort, / toi la Source de la vie, / ceux qui chantent ta Crucifixion volontaire.

Ô Christ, les Myrophores se hâtaient / pour embaumer ton corps immaculé, / mais s’en retournèrent, ne t’ayant trouvé, / et célébrèrent ta sainte Résurrection.

Vierge pure, intercède constamment / devant celui que ton sein a mis au jour, / pour que soient délivrés de tout égarement / ceux qui te chantent comme la Mère de Dieu.

* * *

Sur le néant tu as fixé

Échelle par où le Très-Haut descend vers nous / afin de redresser la nature corrompue: / telle, ô Vierge, tu nous apparais, / puisque grâce à toi le Dieu très-bon / a bien voulu se trouver parmi nous.

Le mystère décidé d’avance, / connu avant les siècles par le Dieu qui connaît tout, / en ces temps qui sont les derniers / recevant son accomplissement, / Vierge toute-sainte, s’est révélé dans ton sein.

La sentence de l’antique malédiction, / Vierge pure, est effacée par ta divine médiation, / car le Seigneur paru en toi, / seule parure du genre humain, / en sa grande bonté, répand sur nous la bénédiction.

Ode 4

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

Dieu très-bon, l’onde amère de Mara, / tu l’as adoucie par le bois préfigurant / comme une image ta précieuse Croix, / qui effaça le goût mortel du péché.

Pour l’arbre de la connaissance, tu souffris la croix, / pour le fruit délectable, tu voulus goûter le fiel; / pour nous épargner la corruption de la mort, / ô mon Sauveur, tu versas ton sang divin.

Sans épousailles, virginalement / dans ton sein tu as conçu et sans douleurs tu enfantas, / puis restas vierge après l’enfantement, / car c’est Dieu que tu fis naître en la chair.

* * *

Seigneur, j’ai entendu ta voix, / j’ai reconnu la puissance de ta Croix, / puisque par elle fut ouvert le Paradis, / et j’ai dit: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Lorsqu’en terre fut plantée / sur le Calvaire ta croix, / les verrous se brisèrent et les geôliers séculaires / s’écriaient: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Lorsque le Sauveur, comme un mortel, / descendit vers les captifs, / avec lui ressuscitèrent tous les morts depuis Adam, / s’écriant: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

La Vierge amis au monde sans douleurs, / mais elle est mère et vierge en même temps; / c’est elle que nous chantons allégrement, / lui criant: / Réjouis-toi, ô Mère de Dieu.

* * *

Comprenant ton divin abaissement

De cœur, de bouche, par l’âme et par l’esprit, / pieusement te confessant Mère de Dieu en vérité, / Vierge pure, je récolte le salut / et je suis sauvé par tes prières.

Celui qui du néant créa le monde entier / en bienfaiteur a bien voulu, / Vierge tout-immaculée, / se laisser créer en toi selon la chair / pour sauver les fidèles qui te chantent avec amour.

Les chœurs célestes célèbrent ton enfantement, / Vierge sans souillure et tout-immaculée; / ils se réjouissent du salut / de ceux pour qui tu es vraiment la Mère de Dieu.

Isaïe t’a désignée comme rameau / faisant éclore pour nous la fleur unique en sa beauté, / le Christ Dieu pour le salut des croyants, / qui se rangent avec amour sous ta sainte protection.

Ode 5

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi je veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

Seigneur de gloire, perdant ta gloire en notre aspect, / librement tu fus pendu sur le bois de l’infamie, / en ta bienveillance prenant soin / de me procurer la gloire de Dieu.

Tu m’as vêtu de la robe d’immortalité / quand tu fis l’épreuve de la tombe et de la mort / en ta chair sans corruption / et du sépulcre te levas le troisième jour.

Sans semence, pour nous tu enfantas, / ô Mère de Dieu, le Christ, justice et rédemption, / et tu libéras de la malédiction / la nature du premier père.

* * *

En cette veille et dans l’attente du matin, / Seigneur, nous te crions: Prends pitié et sauve-nous, / car tu es en vérité notre Dieu, / nous n’en connaissons nul autre que toi.

Seigneur qui nous sauves sur le bois, / tu as étendu les mains / pour rappeler auprès de toi, / Ami des hommes, l’ensemble des humains.

Par ta sépulture, Seigneur notre Sauveur, / tu as dépouillé l’Enfer / et par ta sainte Résurrection / tu combles d’allégresse tout l’univers.

Nous te chantons, sainte Mère de Dieu, / vierge même après l’enfantement: / pour le monde tu fis naître en vérité / dans la chair le Verbe de Dieu.

* * *

Seigneur qui te revêts de lumière

Unanimes, les Prophètes ont annoncé / bien clairement ta future et divine maternité: / seule en effet tu fus trouvée / parfaitement pure, Vierge Mère de Dieu.

Ô Vierge, nous reconnaissons en toi / la lumineuse Nuée faisant pleuvoir, pour nous / qui étions sans espérance, le Christ, / onde vive d’immortalité.

Toute proche, belle, immaculée, / scellée par la plus pure virginité, / tu fus chérie du seul compatissant, / le Dieu qui fit sa demeure en ton sein.

Ode 6

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

Dans la fosse glissa le chef de notre lignée / pour avoir goûté la nourriture défendue, / mais il fut remis en vie / par tes souffrances, ô Christ et Seigneur.

Aux Enfers, Seigneur, tu descendis, / ô Christ, notre Maître et notre Vie; / du Meurtrier tu fus la tombe, / et par ta mort tu fis jaillir la résurrection.

Ô Vierge, tu as enfanté / et vierge après l’enfantement tu demeuras; / Vierge et Mère, tu portas en vérité / celui qui porte l’univers en ses mains.

* * *

L’abîme m’entourait de toutes parts, / le monstre me tenait comme au tombeau: / Ami des hommes, j’ai crié vers toi, / et ta droite, Seigneur, m’a sauvé.

Ô Christ notre Dieu, tu étendis les mains / pour réunir par ta vivifiante Croix, / Ami des hommes, l’ensemble des nations / qui se tenaient loin de toi.

Tu dépouilles la mort, et de l’Hadês / tu brises les portes pour Adam / qui, délivré de ses liens, te cria: / Ta droite, Seigneur, m’a sauvé.

À juste titre nous te glorifions, / Buisson qui brûles sans te consumer, / montagne, vivante échelle et porte du ciel, / Vierge Marie, la gloire des chrétiens.

* * *

Quand souffle sur mon âme

Celui qui est la cause de l’univers / et qui donne à tous les êtres d’exister, / divine Mère tout-immaculée, / eut sa cause en toi lorsqu’il prit notre chair.

En toi, Souveraine immaculée, / nous reconnaissons la source d’où jaillit / l’aliment des âmes et leur guérison / pour les fidèles qui recourent à ton illustre protection.

Pour nous tu enfantas la source de la vie, / la cause du salut venue pour accorder / la rédemption éternelle / à ceux qui te proclament vraie Mère de Dieu.

Kondakion

Des Enfers où tu descendis, mon Sauveur, / tu as brisé les portes, Tout-puissant, / pour ressusciter les morts, ô Créateur; / et tu brisas l’aiguillon de la mort, / Adam fut délivré de la malédiction; / et nous, Seigneur, nous te crions: / sauve-nous, dans ton amour pour les hommes.

Ikos

Les Femmes, ayant ouï les paroles de l’Ange, / cessèrent leurs thrènes, gagnées par la joie, / et dans l’effroi contemplaient ta Résurrection; / et voici que le Christ, s’approchant, / leur dit: Courage, réjouissez-vous, / car j’ai vaincu le monde et sauvé les captifs; / hâtez-vous d’annoncer aux Disciples / que je les précède en Galilée / pour la nouvelle qu’ils devront proclamer. / Et nous, Seigneur, nous te crions: / sauve-nous, dans ton amour pour les hommes.

Ode 7

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Enveloppé de la chair comme appât sur l’hameçon, / par ta puissance divine tu entraînes le Serpent / et fais monter ceux qui te clament: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Celui qui anime l’immensité de l’univers / selon la chair est caché dans l’étroitesse du tombeau, / lui l’Infini pour qui nous chantons tous: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

En deux natures, ô Vierge immaculée, / du Dieu fait homme tu as enfanté / la seule personne à qui nous chantons tous: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

* * *

Sauveur qui, dans la fournaise de feu, / préservas les Jeunes Gens qui te chantaient, / tu es béni, Seigneur, Dieu de nos Pères.

Celui qui par le bois de la Croix / a détruit le mensonge des faux-dieux, / c’est le Seigneur béni, le Dieu de nos Pères.

Celui qui des morts ressuscita, / relevant avec lui ceux de l’Hadès, / c’est le Seigneur béni, le Dieu de nos Pères.

Toi que mit au monde une Vierge immaculée / dont tu fis la Mère de Dieu, / tu es béni, Seigneur Dieu de nos Pères.

* * *

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu

L’Infini qui demeure sans changement / par miséricorde en sa personne s’est uni, / Vierge sainte, à la chair reçue de toi, / le Dieu de nos Pères, le seul qui est béni.

Mère de Dieu et notre Dame, nous te glorifions / d’une même voix comme l’Épouse immaculée / et le trône de ton Créateur / à qui nous chantons: Seigneur, tu es béni.

Purifiée par l’Esprit, ô Vierge, tu devins / la Génitrice du Roi de l’univers, / la Mère de ton propre Créateur / à qui nous chantons: Seigneur, tu es béni.

Il m’a sauvé, le Seigneur, s’enveloppant / dans l’enveloppe d’une chair reçue de toi, / divine Mère immaculée; / à lui nous chantons: Seigneur, tu es béni.

Ode 8

Pour toi, Dieu créateur, / dans la fournaise les Jeunes Gens / formèrent un chœur avec tout l’univers et chantaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

La coupe désirée / de ta Passion salutaire, / tu souhaitas qu’elle s’éloigne comme non désirée, / car en deux natures tu portes deux volontés, / ô Christ, en tous les siècles.

Ô Christ et Créateur, / par ta descente fut tourné en dérision / l’Enfer devant rendre tous ceux que jadis / par sa ruse il avait mis à mort / et qui t’exaltent dans tous les siècles.

Toi qui enfantes le Seigneur / ineffablement à la parole de Dieu, / demeurant vierge après l’enfantement, / nous tous, les œuvres du Seigneur, nous te bénissons / et t’exaltons dans tous les siècles.

* * *

Le Fils de Dieu, né du Père avant les siècles, / en ces derniers temps / de la Vierge Mère s’est incarné: / vous les prêtres, louez-le, / peuple, / exalte-le dans tous les siècles.

Celui qui sur la croix voulut tendre les mains, / le Christ notre Dieu / qui brisa les chaînes de la mort, / vous les prêtres, louez-le, / peuple, exalte-le dans tous les siècles.

Tel un Époux, sortant de tombe, le Christ notre Dieu / apparut aux Myrophores / et leur annonça la joie: / vous les prêtres, louez-le, / peuple, exalte-le dans tous les siècles.

Tu t’es montrée plus vénérable que les Chérubins, / sainte Mère de Dieu, lorsqu’en ton sein tu as porté / celui qui est porté sur leurs ailes dans les cieux / et qu’avec les Anges incorporels / nous les mortels, nous glorifions dans tous les siècles.

* * *

Pour toi, Dieu créateur

De nos premiers parents / cesse la tristesse maintenant / puisque, Mère de Dieu, tu as enfanté notre Joie; / aussi nous te chantons, ô Vierge, sans répit / et t’exaltons dans tous les siècles.

Les Anges dans le ciel / chantent et célèbrent avec nous, / ô Vierge, ton ineffable enfantement, / formant avec amour un même chœur / pour t’exalter dans tous les siècles.

Ô Vierge, c’est de toi, / limpide fleuve d’immortalité, / qu’est sorti le Seigneur de l’univers / pour effacer les taches des fidèles te chantant / et t’exaltant dans tous les siècles.

En toi nous contemplons / le divin trône lumineux, / la table où fut gravée la loi de grâce par Dieu, / ô Vierge ayant reçu le Verbe du Père, / que nous exaltons dans tous les siècles.

Ode 9

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

Ô Christ notre Maître, / tu as assumé l’homme déchu, / tout entier te l’unissant / dès le sein de la Vierge; / seul exempt de tout péché, / tu le délivras de la corruption / tout entier par ta sainte Passion.

Ô Christ notre Maître, / par le flot du sang divin / coulant de ton côté / vivifiant et sans souillure, / cessent les sacrifices des faux-dieux / et de toute la terre nous t’offrons / le sacrifice de louange.

Celui qu’a mis au monde / la Vierge pure et sans péché, / ce n’est pas un Dieu sans corps / ni seulement un homme, / mais il est en vérité / homme et Dieu parfaitement / et nous le magnifions avec le Père et l’Esprit.

* * *

Dépassant notre esprit et notre entendement, / tu mis au monde et dans le temps le Seigneur intemporel: / Mère de Dieu, d’une même voix et d’un seul cœur, / nous les fidèles, nous te magnifions.

Toi qui sur la croix as accepté / de plein gré les souffrances de ta Passion / et par ta mort brisas la force de l’Enfer, / selon la véritable foi, / nous les fidèles, nous te magnifions.

Toi qui du sépulcre ressuscitas le troisième jour / et dépouillas l’Enfer de son butin, / puis illuminas le monde entier, / d’une même voix et d’un seul cœur, / nous les fidèles, nous te magnifions.

Divine Mère, réjouis-toi / qui mis au monde le Christ notre Dieu; / prie celui que tu as enfanté / d’accorder la rémission de leurs péchés / aux fidèles qui chantent pour toi.

* * *

Isaïe, danse d’allégresse

De tes chastes entrailles, / hors de l’ordre naturel, / pour le Créateur de l’univers / et Fils unique du Père / sans semence s’est formé / une chair douée d’âme et d’esprit, / ô toujours-vierge Mère de Dieu.

L’élan irrésistible / de la vorace Mort, / tu l’arrêtas en enfantant selon la chair / ineffablement la Vie éternelle, / car l’Enfer, l’ayant voulu happer / de sa bouche amère, en fut anéanti, / toute-sainte Mère et Vierge.

Parée de vertus divines, / resplendissante sous les franges d’or, / t’a placée à sa droite / ton Fils siégeant sur le trône: / tel un Maître souverain, / en partage il t’a donné / les honneurs qui reviennent à la Mère du Roi.

Laudes

Seigneur, malgré les scellés posés par les impies, / tu es sorti du tombeau / comme tu es né de la Mère de Dieu; / et, comme les Anges ne purent s’expliquer / ta mystérieuse incarnation, / les soldats ne purent observer le moment de ta sainte résurrection, / car cette double merveille est scellée pour les savants, / mais se révèle à ceux qui adorent avec foi / le mystère qu’ils célèbrent de leurs chants. / Donne-nous la joie et la grande miséricorde.

Seigneur, tu as brisé les verrous de l’éternelle damnation, / tu as rompu les chaînes du tombeau; / en ressuscitant tu as abandonné ton linceul / pour témoigner de ton véritable ensevelissement pendant trois jours; / et, laissant la garde veiller sur le tombeau, / tu précédas les Apôtres en Galilée. / Grande est ta miséricorde, / Seigneur que l’univers entier ne peut contenir: / Sauveur, aie pitié de nous.

Seigneur, les saintes femmes coururent au sépulcre pour te voir, / ô Christ qui as souffert pour nous; / et, lorsqu’elles furent arrivées, elles trouvèrent un Ange assis sur la pierre du tombeau; / et cet Ange leur dit: / Le Seigneur est ressuscité; / allez dire aux Apôtres qu’il est ressuscité des morts, / le Sauveur de vos âmes!

Seigneur, malgré les scellés tu es sorti du tombeau / et tu entras chez tes disciples, toutes portes fermées: / tu leur montras sur ton corps les souffrances qu’en ton amour tu enduras pour nous sauver. / Comme fils de David, tu supportas d’être meurtri, / mais en tant que Fils de Dieu / tu sauvas le monde entier. / Grande est ta miséricorde, / Seigneur que l’univers entier ne peut contenir; / Sauveur, aie pitié de nous.

* * *

Seigneur, roi des siècles et créateur de l’univers, / qui as daigné souffrir en ta chair / la crucifixion et la mise au tombeau / pour nous libérer de l’Enfer, / tu es notre Dieu, nous n’en connaissons nul autre que toi.

Seigneur, qui racontera tes miracles resplendissants, / qui annoncera tes mystères divin? / Selon ton bon vouloir, tu t’es fait homme pour nous; / de ta puissance tu as montré le pouvoir; / par ta croix tu as ouvert au Larron le Paradis, / mis au tombeau, tu as brisé les verrous de l’Enfer / et par ta résurrection tu as comblé l’univers; / Seigneur de miséricorde, gloire à toi.

Les Myrophores, venues au sépulcre de bon matin, / voulaient t’embaumer, Seigneur immortel et verbe de Dieu; / mais, instruites par les paroles de l’Ange, elles s’en retournèrent dans la joie, / pour annoncer aux Apôtres clairement / que tu es ressuscité, Source de vie pour l’univers, /accordant au monde le pardon et la grande miséricorde.

Les gardiens du sépulcre divin / déclarèrent aux Pharisiens: / Qu’il est insensé, votre conseil! / Cherchant à garder celui que nul ne peut cerner, / c’est en vain que vous peiniez; / voulant cacher la résurrection du crucifié, vous l’avez clairement révélée. / Ô stupide conciliabule, / pourquoi décidez-vous encore de cacher ce qui ne peut rester caché? / Mieux vaut nous écouter et croire la vérité des faits: / Un Ange étincelant, descendu des cieux, / a roulé la pierre, ce qui nous fit mourir d’effroi; / et, s’adressant aux courageuses Myrophores, il leur dit: / Ne voyez-vous pas les gardiens comme morts, / les scellés brisés, l’Enfer évacué? / Pourquoi cherchez-vous parmi les morts / celui qui a ruiné la victoire de l’Hadès / et brisé l’aiguillon de la mort? / Allez vite porter aux Apôtres la bonne nouvelle de la Résurrection / et sans crainte leur crier: / Il est vraiment ressuscité, le Seigneur / qui nous accorde la grande miséricorde.

Gloire au Père... Eothinon

Maintenant...

Tu es toute bénie, Vierge Mère de Dieu, / car celui qui a pris chair de toi a triomphé de l’Enfer; / par lui Adam et Ève furent délivrés de la malédiction, / la mort fut mise à mort et nous avons été vivifiés; / c’est pourquoi nous élevons la voix pour chanter: / Béni sois-tu, ô Christ notre Dieu, qui l’as voulu ainsi! Gloire à toi.

LE DIMANCHE À LA LITURGIE

Béatitudes

Le bon Larron sur la croix / eut foi en ta divinité, ô Christ; / il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant: / Souviens-toi de moi, Seigneur, en ton royaume.

Sur le bois de la croix / pour nous les hommes tu fis fleurir la vie / et se flétrir la malédiction de l’arbre défendu: / Sauveur et Créateur, nous te chantons d’un même chœur.

Par ta mort, ô Christ, / tu as brisé la force de la mort, / ressuscitant tous les morts depuis Adam, / qui te chantent comme vrai Dieu et Sauveur du genre humain.

Venues à ton sépulcre, Sauveur, / les saintes Femmes te cherchaient / pour embaumer la Source de vie, / mais un Ange leur apparut pour leur dire: Il est ressuscité, le Seigneur!

Ô Christ, lorsque tu fus crucifié / au milieu de deux larrons, / l’un fut justement condamné pour t’avoir insulté, / l’autre par sa confession devint l’hôte du Paradis.

Devant le chœur des Apôtres, / les saintes Femmes s’écriaient: / Le Christ est vraiment ressuscité, / adorons en lui notre Maître et Créateur.

Gloire au Père...

Unique et indivisible Trinité, / Dieu créateur et tout-puissant, / Père, Fils et saint Esprit, / nous te chantons comme Sauveur et vrai Dieu.

Maintenant... Théotokion

Réjouis-toi, porte infranchissable et temple vivant du Seigneur, / réjouis-toi, trône de feu non consumé, / réjouis-toi, ô Mère de l’Emmanuel, / le Christ notre Dieu est avec nous.

Lundi

LE DIMANCHE SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Hélas, j’ai provoqué ton courroux, / Dieu de miséricorde et mon Seigneur: / ô Christ, que de fois j’ai promis de me convertir / et, dans ma folie, fus infidèle à mon serment. / D’abord, de mon baptême j’ai souillé le blanc vêtement, / sans tenir compte de mes engagements envers toi; / ensuite j’ai violé cette seconde promesse / que je t’ai faite en présence des Anges et des humains / lorsque j’ai revêtu l’habit de componction; / mais toi, Sauveur. fais-moi grâce avant la fin et sauve-moi.

Pauvre âme, quelle défense / pourras-tu présenter à l’heure du jugement / et qui te sauvera de la juste condamnation, / du feu éternel et de toutes sortes de tourments? / Personne, si tu ne gagnes la faveur du Seigneur compatissant / en renonçant à tes actions criminelles / pour mener une vie qui plaise au Seigneur, / pleurant chaque jour les immenses forfaits / qu’à toute heure tu commets en action, en parole, en pensée; / et prie le Christ de t’accorder / la parfaite rémission de tes péchés.

Puisse, Sauveur, ne pas me tenir en son pouvoir / la funeste habitude du péché, / puisse ne pas me dominer le démon sans cesse guerroyant / ni m’assujettir à sa propre volonté, / mais arrache-moi à sa despotique tyrannie / et aux ténèbres du châtiment; / Ami des hommes, règne sur moi, / fais que tout entier je devienne tien, / ô Verbe, et vive selon ta volonté, / afin de trouver en toi le repos, / la miséricorde, le pardon et la grande miséricorde.

* * *

Les passions funestes exercent sur moi leur tyrannie, / enténèbrent les yeux de mon cœur / et m’empêchent de voir les chemins du salut; / saints Archanges, je m’égare en marchant / et dévale dans les terribles gouffres de l’Enfer, / mais lorsque je me souviens de vos miracles, je suis guéri de tout mal. / Puissé-je rencontrer votre bienveillance à présent: / hâtez-vous d’éteindre les flammes de mes passions, / me procurant la suppression de mes malheurs / et me guidant vers la lumière du salut.

Saints Archanges, le Mauvais posséda / même degré de gloire que vous, / lorsque jadis il fut votre égal sous le nom de Lucifer; / mais sur terre fut précipité le méchant Ennemi / et rejeté dans les ténèbres, / et maintenant il me pousse à briser avec lui / l’image du Créateur dont je fus honoré; / toutefois, si j’ai failli, le Christ m’a relevé: / montrez-vous donc mes protecteurs et prévenants défenseurs, / demandant pour ma pauvre âme le pardon et la grande miséricorde.

Puisque je fus créé à l’image de Dieu / et qu’à votre nombre je fus agrégé, / je ne devais pas tomber entièrement sous le joug du méchant Ennemi; / mais, sous l’inspiration du Maudit, je ne vous ai pas imités, / j’ai transgressé la loi et fus déchu de la gloire du Créateur, / et me voilà réduit à la servitude, saints Archanges du Seigneur; / me voyant encerclé par le gouffre des passions, / donnez-moi la main pour me guider vers la route du ciel, / afin que par vos prières je trouve le salut / et la gloire de mon antique beauté.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Je suis plongé dans les ténèbres du malheur: / envoie sur moi ta clarté, / Vierge Mère qui as conçu dans la chair et enfanté la divine Lumière de vérité; / tire-moi vite de l’abîme du désespoir, / affermis mes pas sur le roc de la vraie vie, / cite en justice les démons qui m’assaillent sans répit; / hâte-toi de calmer la peine de mon cœur, / toi l’espérance des confins de l’univers, / qui procures au monde la grande miséricorde.

Apostiches

Seigneur, sans cesse me tient le péché, / et j’oublie ta bonté envers moi: / guéris l’aveuglement de mon cœur; / Ami des hommes, prends pitié de moi.

Seigneur, je n’ai même pas la crainte de toi / et sans cesse je fais le mal: / quel homme ne craint le juge au tribunal, / quel malade, soucieux d’être guéri, / irrite son médecin comme moi? / Seigneur longanime et plein d’amour, / considère ma faiblesse et prends pitié de moi.

Illustres Martyrs qui avez méprisé les biens de cette vie / pour affronter avec noblesse les tourments, / vous n’êtes point frustrés dans votre espérance du bonheur, / mais en héritage vous avez reçu le royaume des cieux; / et, puisque vous avez le pouvoir de plaider auprès d’un Dieu si bon, / demandez-lui pour le monde la paix / et pour nos âmes la grande miséricorde.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Grand et redoutable mystère: / l’Infini trouve place en un sein, / et sa Mère demeure vierge même après l’enfantement, / car c’est Dieu qu’elle enfante en sa chair; / avec les Anges chantons-lui: Tu es saint, / ô Christ notre Dieu, qui pour nous / t’es fait homme. Seigneur, gloire à toi.

LE DIMANCHE SOIR À COMPLIES

Canon â la Mère de Dieu, œuvre de saint Théophane le Marqué, évêque de Nicée, dont on voit la signature dans le tropaire final de chaque ode.

Ode 1

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

Entre toutes ayant mérité d’être bénie, / toute-sainte Vierge Marie, / sauve les fidèles te chantant / avec amour comme la Mère de Dieu; / des passions, de tout péché, de l’affliction / garde-les par ton intercession.

Que la foi et non point la démonstration, / divine Épouse, soit prise en considération / à propos de tes miracles qui dépassent l’esprit, / puisque tu as enfanté surnaturellement / celui que nul ne peut saisir / et qui a revêtu notre humanité.

Gloire: Tout entier, il est l’objet de nos désirs, / il est divine douceur / et plénitude de tous les biens, / Toute-pure, ton Fils et notre Dieu; / par tes prières qu’il sauve de l’affliction / ceux qui te montrent leur vénération.

Maintenant: Le miracle nous étonne en vérité / qui s’est produit, ô Vierge à ton sujet, / car en ton sein tu as porté / comme un enfant celui que nul endroit / ne peut contenir, et tu l’as enfanté / en demeurant vierge, ineffablement.

Ode 3

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids / tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Celui qui du néant jadis / a créé l’univers / de tes entrailles est apparu, / se faisant homme, Vierge immaculée, / par amour extrême à notre égard, / afin de sauver l’humanité.

Voici que tu es comblée de grâce / plus que toutes les femmes, ô Vierge immaculée; / tu les surpasses toutes par ta sainteté / comme tu es supérieure à toutes et à tous, / plus haute même que les Puissances des cieux, / puisque tu es la Mère de Dieu.

Gloire: Toi qui du Verbe es le palais très pur, / ô Vierge, fais de moi / la demeure de l’Esprit; / fontaine de l’eau vive, abreuve-moi / qui suis consumé par la brûlure du péché, / afin que je puisse te glorifier comme il se doit.

Maintenant: Après Dieu, je n’ai de protection / que toi, divine Mère toute digne de nos chants, / pour me tirer sans cesse, / notre Dame, des difficultés; / je suis perdu, enténébré par le péché: / ne me dédaigne pas, ô Vierge Marie.

Ode 4

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

De tes entrailles virginales tu as tissé mon corps, / ô Vierge, pour celui qui de nuées revêt le ciel; / moi que le séducteur a mis à nu, / revêts-moi donc de l’immortel vêtement.

Ton sein, ô Vierge, inexplicablement / est devenu le palais de notre Dieu et notre Roi; / et, du fait qu’il y a demeuré, / il nous a permis d’être ses temples, à notre tour.

Gloire: Toute-pure, ineffablement / tu as conçu ton Créateur et notre Dieu; / supplie-le de nous sauver de tout danger / et d’accorder à tes chantres pour leurs âmes le salut.

Maintenant: Compatissante, prends en compassion / ma pauvre âme, divine Génitrice immaculée: / les passions et les péchés / l’ont ternie et mise à l’étroit.

Ode 5

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi je veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

La houle des malheurs m’a secoué: / vers ton havre de paix, / Vierge sainte, conduis-moi, / toi qui as enfanté l’impassible Timonier.

Un esprit, même céleste, ne peut pas / te louer, divine Mère, comme il faut, / car tu as enfanté le Créateur / que chantent les Puissances des cieux.

Gloire: Comme enfant nouveau-né tu as porté / celui qu’avant les siècles le Père intemporel / en dehors du temps fait naître avec splendeur: / implore-le pour le monde, sainte Épouse de Dieu.

Maintenant: De ma conscience illumine le regard, / chandelier d’or de la divine Clarté, / dissipe la ténèbre de mes passions / et tout entier rends-moi, ô Vierge, resplendissant.

Ode 6

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

Souveraine toute-sainte, sauve-moi, / divine Mère, de la corruption / et calme le trouble de mes passions, / toi qui as enfanté la Source de l’impassible condition.

Toute-sainte, ineffablement / tu as enfanté l’Intemporel, / le Créateur qui rachète de la mort / ceux qui te chantent comme la Mère de Dieu.

Gloire: Le Fils coéternel au Père, sans quitter / le sein paternel, / en ton sein a demeuré / pour nous ouvrir le sein d’Abraham.

Maintenant: Divine Mère, tu as enfanté, / sans connaître d’homme, l’Emmanuel / qui a pris notre misère en compassion; / aussi, comme il est juste, nous te glorifions.

Cathisme

Sur moi je pleure bien avant le jugement, / me rappelant mes funestes et mauvaises actions, / l’abîme de péchés qui depuis la jeunesse m’a saisi / au point d’étouffer mon âme; mais toi, / Vierge pure, par ton aide procure-moi le pardon / et rends-moi digne d’obtenir le salut.

Ode 7

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Le Fils qui avec le Père et l’Esprit saint / est exalté par-dessus tout, Vierge pure, t’a choisie / comme sa demeure et t’a chérie / au point de prendre notre chair en ton sein.

Le Prophète, Vierge immaculée, / comme porte infranchissable t’a contemplée, / que seule a franchie le Dieu / auquel nous tous, nous chantons: Tu es béni.

Gloire: De bouche et de cœur, joyeusement / je proclame ta divine maternité, / car tu as mis au monde le Dieu / auquel nous tous, nous chantons: Tu es béni.

Maintenant: Tu es l’épouse de notre Dieu, / la fierté des Apôtres, la couronne des Martyrs, / la splendeur des Vénérables, la joie / de ceux qui chantent: Seigneur, tu es béni.

Ode 8

Pour toi, Dieu créateur, / dans la fournaise les Jeunes Gens / formèrent un chœur avec tout l’univers et chantaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Quelle hymne te chanter, / Vierge toute digne de nos chants / qui mis au monde le Créateur de l’univers? / Déjà te chantent les armées célestes / et te rendent gloire les chœurs des mortels.

L’échelle, c’est bien toi, / divine Mère, par où Dieu descendit, / la passerelle conduisant les mortels vers le haut, / l’étonnement des anges, la blessure des démons / et le remède qui guérit les croyants.

Gloire: Sans déchoir aucunement / de ta gloire virginale comment, / sans connaître d’homme, tu as également / reçu l’honneur de la maternité? / Le Dieu qui fait des merveilles le sait bien, / lui que nous exaltons dans les siècles.

Maintenant: Avec audace j’ai ouvert / ma propre bouche affectueusement / pour te chanter une hymne également; / de sagesse remplis-la, je t’en supplie, / et l’Esprit d’intelligence en sortira, ô Marie.

Ode 9

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

Divine Mère toute-sainte, / protectrice des chrétiens, / de tout péril le menaçant / sauvegarde ton peuple, / le préservant de la captivité, / de la guerre et de la barbarie, / de tout mal et de toute condamnation.

Nous t’adressons l’éloge / que nous te chantons avec piété, / nous qui sommes délivrés / par tes divines prières / de tant de maux, et pour cela / fidèlement nous te prions / de guérir tant nos âmes que nos corps.

Gloire: Toute-sainte Souveraine, / prie l’adorable Trinité / dont l’Un fut enfanté par toi / virginalement dans la chair: / supplie-la de pacifier / ceux de la terre et d’accorder / à qui te chante rémission des péchés.

Maintenant: De ceux qui cherchent asile, / Toute-pure, auprès de toi / ne repousse pas les soupirs, / mais, te penchant, regarde notre peine, / change notre deuil en joie, / en allégresse le chagrin / de ceux qui célèbrent ton nom par des hymnes.

LE LUNDI À MATINES

Cathisme I

Quand siégera le Juge et que les Anges seront là, / au son de la trompette et devant la fournaise de feu, / que feras-tu, mon âme, conduite au jugement? / Alors paraîtront tes sombres actions, / alors seront dénoncées tes secrètes pensées; / aussi, avant la fin, dis au Christ notre Dieu: / Toi qui lis dans les cœurs, / aie pitié du pécheur que je suis.

Ô mon âme, les choses d’ici-bas / ne durent qu’un moment, / celles d’en-haut demeurent pour toujours; / je vois le tribunal, / sur son trône le Juge, et je crains d’être condamné; / ô mon âme, fais pénitence avant la fin: / impitoyable sera le jugement.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Ardente et invincible protection, / inébranlable et sûr espoir, / havre et rempart de qui se réfugie auprès de toi, / Mère pure et toujours-vierge, / supplie avec les Anges ton Fils et ton Dieu / d’accorder au monde la paix, / la miséricorde et la grande miséricorde.

Cathisme II

Veillons, pour aller à la rencontre du Christ, / avec nos vases pleins d’huile et nos lampes allumées, / afin de pouvoir pénétrer dans son palais; / car, devant les portes fermées, / il sera vain de clamer à notre Dieu: prends pitié.

Gisant sur le grabat de mes péchés, / je n’ai plus l’espoir d’être sauvé: / le sommeil et la paresse promettent à mon âme le châtiment; / mais toi, ô Dieu né d’une Vierge, / fais-moi lever pour te chanter: Seigneur, gloire à toi.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Plus sainte que les Chérubins, plus haute que les cieux, / Vierge toute-digne de nos chants, / te reconnaissant pour la Mère de Dieu en vérité, / nous trouvons, malgré nos fautes, le salut / et, dans l’épreuve, ta protection; / aussi ne te lasse pas d’intercéder pour nous, / force des mortels et refuge de nos âmes.

Cathisme III

Je crains le redoutable tribunal, / le Juge et sa juste condamnation, / car ma conscience m’accuse sans répit; / ayant vécu dans l’insouciance, me voilà pris d’effroi; / par vos saintes prières sauvez-moi du feu éternel, / saints Archanges, protecteurs des croyants.

En ce jour resplendit la mémoire des martyrs / et le ciel y ajoute son éclat: / le chœur des Anges est en fête avec nous / comme sur terre les mortels; / et les Martyrs intercèdent auprès de Dieu / pour qu’il prenne nos âmes en pitié,

Gloire... Maintenant... Théotokion

Sur terre Gabriel te porta / merveilleusement la céleste salutation; / car, voyant le Créateur des Anges s’incarner en ton sein, / il entonne l’hymne d’allégresse en ton honneur, / afin d’enseigner aux mortels / que toi seule, ô Vierge, tu as paru / à tous les hommes comme la cause de leur joie.

Le canon de componction porte en acrostiche: Contre toi j’ai péché: Verbe, pitié pour moi. Joseph.

Le canon des Incorporels, œuvre de Théophane, a pour acrostiche: Mon cinquième cantique aux divins Messagers.

Ode 1

Chantons pour le Seigneur notre Dieu, / qui sur la mer Rouge fit des merveilles inégalées, / une hymne de victoire, car il s’est couvert de gloire.

L’Ennemi, par sa ruse et tromperie, / m’a tiré vers lui, me prenant à l’hameçon: / ramène-moi vers toi et fais-moi grâce, ô Christ tout-puissant.

Ô Christ qui ouvris les oreilles du Sourd, / ouvre aussi les oreilles de mon âme, je t’en prie, / afin que j’entende ta parole, Seigneur.

Martyrika: Saints Martyrs, astres nouvellement illuminés / par le Soleil de justice, le Christ notre Dieu, / dissipez les ténèbres de nos cœurs.

Traits enflammés par les divines braises de l’Esprit, / les saints Martyrs, ces athlètes victorieux / détruisent les flèches du Serpent.

Théotokion: Ouvre-moi les portes de la pénitence, je t’en prie, / toi la Porte de la divine gloire, pour arracher / ma pauvre âme aux portes de l’Enfer.

* * *

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

Serviteurs de la divine Source de clarté, / vous les Anges qui brillez / du prime éclat de ses rayons, / priez le Maître tout-puissant / de répandre sur mon âme sa clarté.

Archistratèges des Anges dans le ciel / qui près du trône élevé occupez le premier rang, / par le crédit qu’à ce titre vous possédez / délivrez de tout danger / les fidèles qui chantent pour vous.

Théotokion: La tristesse a disparu ainsi que la malédiction, / car la Pleine-de-grâce, la Vierge bénie, / a fait surgir pour les fidèles la joie, / portant comme une fleur / le Christ, bénédiction pour le monde et ses confins.

Ode 3

Sur tous les peuples règne notre Dieu, / le Seigneur est assis sur son trône de sainteté / et nous chantons pour lui / comme il convient à notre Roi et notre Dieu.

Tu as voulu que nul ne soit perdu: / bon Maître, je succombe, prends pitié; / par un effet de ton amour / sauve-moi, Dieu de toute bonté.

En conscience ou par inadvertance j’ai péché / contre toi, Seigneur qui connais tous mes secrets; / devant toi je me prosterne en criant: / comme le Fils prodigue accueille-moi.

Martyrika: Afin de mortifier la force du péché, / saints Martyrs, vous avez mis à mort notre Ennemi / sans vous soucier aucunement / de ceux qui meurtrissaient votre corps ici-bas.

Bariolés par vos blessures, saints Martyrs, / ornés de vêtements empourprés de votre sang, / portant couronne, vous vous tenez / maintenant devant le Roi de l’univers.

Théotokion: Vierge Mère qui donnas un corps à notre Dieu, / accueille les prières de ceux / qui sans cesse crient vers toi / et sauve-nous de toute oppression.

* * *

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Par ta parole tu as établi bien sagement / les puissances d’en-haut qui te chantent dans le ciel, / montrant par là ta bienveillance infinie: / affermis ton Église par leur protection, / Ami des hommes, en ton unique bonté.

Théotokion: Sans épousailles tu devins Mère de ce Dieu / qui fait briller les chœurs des Anges incorporels / pour qu’ils chantent sans cesse l’unique Dieu / en trois personnes saintes et d’égale seigneurie, / ô Vierge pure, toute-digne de nos chants.

Ode 4

Les œuvres de ta divine économie, / Seigneur, remplirent d’effroi le prophète Habacuc, / car tu es sorti pour le salut de ton peuple, / tu es venu sauver ceux qui te sont consacrés.

Les œuvres que j’ai commises en cette vie / sont pleines d’injustice et de noirceur: / délivre-m’en, ô Christ notre Dieu, / m’accordant la véritable conversion.

J’ai négligé tes divins commandements / au mépris de ta crainte, Seigneur Christ; / je redoute le tribunal où tout sera connu: / Seigneur de tendresse, ne me condamne pas.

Martyrika: Tendus de tous côtés par des courroies, / labourés par d’effroyables coups de fouet, / déchirés par les ongles de fer, / tes Martyrs, ô Verbe, exultaient dans leur foi.

Le Mauvais n’a pu, ô saints Martyrs, / ébranler votre divine fermeté; / c’est pourquoi vous êtes devenus / le divin appui des faibles de tous temps.

Théotokion: Il s’incarne de tes chastes entrailles, le Seigneur, / accordant par ta gracieuse médiation, / ô Vierge, à qui t’honore la conversion, / en son amour des hommes et son unique bonté.

* * *

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

Créant les Anges et leur splendeur, tu les dotas, / dans ta bienveillance, des divins rayons de ta clarté, / Ami des hommes, pour qu’ils puissent exécuter / avec force et puissance ta parole, Seigneur.

Fidèles, rejetons bien loin de nous / les soucis terrestres qui concernent notre corps; / vivons en imitant les Anges incorporels / et nous volerons sur les ailes de l’esprit.

Théotokion: Vierge toute-pure, sois ma protection, / mon refuge et mon havre de salut; / repousse la fureur de mes passions, / toi dont la beauté surpasse la splendeur angélique.

Ode 5

Lumière véritable, ô Christ notre Dieu, / au milieu de la nuit mon cœur veille devant toi: / fais luire sur moi ton visage, Seigneur.

Éveille-toi, mon âme, éveille-toi / du profond sommeil où t’enfonce le péché / et resplendis de la clarté du repentir.

Renouvelons notre âme avec application, / abreuvons-la aux flots de componction / pour faire croître en elle l’épi du repentir.

Martyrika: Saints Martyrs, glaives forgés de par le ciel, / aiguisés parmi les braises d’une ardente charité, / vous avez pourfendu la horde des impies.

De l’Ennemi vous vous êtes affranchis, / vous l’avez asservi, Athlètes victorieux, / et vous êtes montrés les vrais ami du Christ.

Théotokion: Ô Vierge, bénie entre les femmes, / à ton peuple fais le don de ta pitié, / car tu es la Mère du Seigneur compatissant.

* * *

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi j veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

Parcourant la terre jusqu’en ses confins, / du Seigneur vous procurez aux fidèles les bienfaits / et vous les protégez, / saints Archanges couverts de gloire.

Ô Verbe du Père tout-puissant, / les illustres rangs des armées célestes, / obéissant à ta parole, / rayonnent en la splendeur de ta divine bonté.

Théotokion: Transfère auprès de toi tout mon élan, / toi qui portes la douceur d’un ineffable amour / à qui te reconnaît / pour la très-pure Mère de Dieu.

Ode 6

Tu délivras le Prophète du monstre marin: / fais-moi sortir de l’abîme du péché / et sauve-moi, Seigneur.

Il n’est en cette vie un seul forfait / que je n’aie commis, malheureux que je suis: / pitié pour moi, toi le seul sans péché.

Élevons-nous sur les ailes du désir / et gagnons le havre du salut, du repentir, / afin d’être sauvés, nous aussi.

Martyrika: La création est éclairée par les exploits / des Prophètes, des Apôtres et des Martyrs: / Ami des hommes, envoie sur nous leur clarté.

Ensemble, vénérons les saints Martyrs, / ces vases qui renferment la splendeur / de la divine Source de clarté.

Théotokion: Ô Vierge, protectrice des croyants, / pour tes serviteurs implore le Seigneur: / qu’il nous délivre de tout mal!

* * *

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

Vous les Anges, parés de sainteté, / en multitude choisie vous resplendissez / d’une fulgurante clarté, / diffusant à votre tour la lumière de Dieu.

Théotokion: Vierge pure, tu as enfanté / le Dieu et Créateur de l’univers / que les Anges se tenant devant lui / contemplent avec crainte, allégresse et ferveur.

Ode 7

Béni es-tu, Seigneur qui vois au fond de l’océan / et qui es assis sur le trône de ta majesté: / à toi louange et haute gloire.

Béni es-tu, Seigneur qui par amour / accueilles auprès de toi les fidèles repentants: / à toi louange et haute gloire.

Sauveur qui connais ma faiblesse, en ton amour / guéris la multitude de mes passions: / à toi louange et haute gloire.

Martyrika: Munis de la divine force, les Martyrs / triomphèrent des impies et chantèrent tous en chœur: / À toi louange et haute gloire.

Ô Verbe ayant donné aux saints Martyrs / la force de souffrir les tourments les plus divers, / par leurs prières prends pitié de nous tous.

Théotokion: Béni es-tu, Seigneur qui pénétras / dans le sein de la Vierge pour sauver l’humanité: / à toi louange et haute gloire.

* * *

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Manifestant sa puissance inégalée, / le Christ a mis en place votre armée, / Archistratèges, et vous apprit à chanter: / Dieu et Père, Seigneur, tu es béni.

Seigneur qui as organisé, dans ta bonté, / la multitude immense des êtres incorporels, / fais que l’ensemble des fidèles chante devant toi: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Théotokion: Ô Vierge, donne force maintenant / à ton serviteur tourmenté par les passions, / Source de la paix pour ceux qui chantent dans la foi: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Ode 8

Peuples, chantez l’Auteur de la création, / devant qui les Anges se tiennent en tremblant: / exaltez-le dans tous les siècles.

Seigneur, vivifie ton serviteur / mis à mort par ses transgressions, / afin que je te glorifie dans tous les siècles.

M’illuminant à la clarté du repentir, / sauve-moi, Seigneur, des ténèbres du péché, / afin que je te glorifie dans tous les siècles.

Martyrika: Les victorieux Martyrs foulèrent aux pieds / la fournaise ardente de l’erreur / sous la merveilleuse rosée venue du ciel.

Comme terre fertile, vous avez produit, / saints Martyrs, l’épi centuple en vérité / pour le Christ, arbitre des combats.

Théotokion: De toi Dieu s’est levé pour éclairer / de sa connaissance ceux que la ténèbre retenait, / ô Vierge toute-digne de nos chants.

* * *

Pour toi, Dieu créateur, / dans la fournaise les Jeunes Gens / formèrent un chœur avec tout l’univers et chantaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

La flamme de mon cœur / maintenant me presse de louer / la foule des Anges en m’unissant â leur chant: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Du simple et triple éclat / vous qui êtes les contemplateurs, / priez pour le salut des fidèles chantant; / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Théotokion: Portail de la Clarté, / Vierge et Mère immaculée, / éclaire les fidèles qui accourent vers toi: / tu es leur espérance et protection, / seule toute-sainte et sans cesse bénie.

Ode 9

Entre les femmes Bienheureuse, bénie de Dieu, / nous tous, l’ensemble des humains, / par des hymnes nous te magnifions.

Seigneur et Verbe, prends pitié de moi, / insensé qui ai commis tant de péchés / et rends-moi digne du royaume des cieux.

Seul Sauveur, comme jadis tu as sauvé / les Ninivites après leur conversion, / en ton amour sauve-nous aussi qui te chantons.

Martyrika: Ayant livré votre chair à tant de coups, / vous avez gardé votre âme invulnérée, / saints Martyrs, pour prendre part à la gloire de Dieu.

Saints Athlètes du Seigneur de l’univers, / vous resplendissez comme astres de clarté / illuminant toute âme ici-bas.

Théotokion: Celui qui soutient le monde par sa volonté, / tu le portes, ô Vierge, telle un trône de feu / et tu allaites le nourricier de l’univers.

* * *

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

Vous les illustres princes / des armées angéliques, / Michel et Gabriel, / messagers pleins de gloire / de la divine incarnation, / gardez et protégez / les fidèles qui chantent pour vous.

Toi qui fais largesse / de tes précieux trésors / et conduis en rangs serrés / les armées des Anges, / Juge de tous et notre Dieu, / lorsqu’avec eux tu reviendras, / épargne-moi qui recours à ta pitié.

Théotokion: Les Anges, les Archanges, / les Dominations, les Chérubins, / les Principautés, les Séraphins, / les Trônes, les Vertus, les Puissances, / dans la crainte, ô Vierge immaculée, / servent ton Fils en esprit, / toute-bienheureuse Mère de Dieu.

Exapostilaire (ton 2)

Anges et Archanges, Principautés, / Vertus, Puissances, Dominations, / Trônes et Chérubins aux yeux innombrables, / Séraphins aux six ailes, intercédez pour nous, / afin que nous soyons délivrés de tout danger / et que nous échappions à la flamme sans fin.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Ô Vierge, tu es ma protection, / la défense du monde, son plus ferme rempart; / devant toi je me prosterne en disant: / délivre-moi de toute peine et du feu éternel, / puisqu’en toi, ô Vierge, repose mon espoir.

Apostiches

Hélas, combien je ressemble au stérile figuier; / je redoute la malédiction, la cognée, / mais toi, le céleste jardinier, ô Christ notre Dieu, / rends féconde mon âme desséchée, / accueille-moi comme le Fils prodigue et prends pitié de moi.

Seigneur, ne regarde pas la multitude de mes péchés, / toi qu’une Vierge a enfanté: / toutes mes fautes, efface-les / et donne-moi des pensées de conversion, / seul Ami des hommes, prends pitié de moi.

Bénie soit l’armée du Roi des cieux; / car, pour être nés de la terre, / les victorieux Martyrs n’ambitionnèrent pas moins / d’atteindre la dignité angélique: / méprisant la chair et souffrant leur passion, / ils méritèrent la gloire des Anges incorporels; / par leur intercession, sauve nos âmes, Seigneur.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Apaise le chagrin de mon âme affligée, / Vierge toute-sainte et Mère de Dieu / qui effaces ici-bas toute larme de nos yeux; / c’est toi qui repousses les douleurs des mortels / et mets un terme à la malédiction des pécheurs; / en toi, ô Vierge, nous possédons / notre espérance et notre soutien.

LE LUNDI À LA LITURGIE

Béatitudes

Le bon Larron sur la croix / eut foi en ta divinité, ô Christ; / il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant; / Souviens-toi de moi, Seigneur, en ton royaume.

Me rencontrant sur le chemin de la vie, / des larrons tueurs d’âmes m’ont blessé, / mais je recours à ta miséricorde à présent: / guéris-moi, ô Christ, et sauve-moi, je t’en prie.

Les chœurs célestes te chantent, Dieu de tous; / par leur sainte médiation / ne tiens pas compte de mes péchés si nombreux, / mais je t’en prie, Seigneur, sauve-moi.

Athlètes du Christ qui fûtes agrégés / aux chœurs des Anges dans le ciel / et comblés de la lumière sans soir, / dissipez les passions de mon cœur.

Gloire au Père...

Trinité qu’avec gloire dans le ciel / célèbrent les Anges de leur voix, / sur mon âme réduite à mal par les démons / verse le baume de ta miséricorde, je t’en prie.

Maintenant... Théotokion

Vierge pure qui as accueilli dans ton sein / par la voix de l’Ange la joie, / comble d’allégresse mon âme affligée / et conduis-moi vers la lumière sans déclin.

Mardi

LE LUNDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Sauveur, dissous l’endurcissement de mon cœur / provoqué par les démons / et donne-moi d’abondantes larmes de repentir; / alors je pleurerai mes péchés si nombreux, / je serai pur de toute vile pensée, / sauvé des ténèbres de l’oubli et gagné à l’intelligence du bien; / écoute et fais-moi grâce, Seigneur, / écarte de ma pauvre âme les passions tyranniques, / afin qu’en toi je trouve le repos / et que j’accomplisse ta divine volonté.

Vers toi, Seigneur de toute bonté, / j’élève mes mains et mes lèvres souillées, / mon cœur avili par les mauvaises pensées; / hélas, mes yeux ne voient plus la clarté, / mon âme est assombrie par les passions, / enveloppée de plaisirs impurs sans que j’éprouve de dégoût; / Ami des hommes, tends vers moi tes mains immaculées, / sauve-moi, Sauveur, je t’en prie, / purifie-moi de mes péchés si nombreux, / en ta grande miséricorde, préserve-moi de tout danger.

Assèche les fleuves d’impureté, / détourne les torrents pleins de boue, / Jésus, dans ta bonté, accorde à mon cœur d’abondantes larmes de componction; / comme le Fils prodigue je me suis éloigné de toi, / dépouillé de tout désir de tes biens: / Seigneur plein de miséricorde, ne méprise pas le pécheur que je suis, / de peur que l’Ennemi cruel et trompeur / ne me tienne, pour finir, / entièrement en son pouvoir; / empresse-toi de me sauver, Seigneur, de sa tyrannie.

* * *

Tout entier me voilà terrassé, / frappé sans espoir de guérison: / soigne-moi, Témoin du Christ et Précurseur, / fidèlement j’ai recours à ta divine protection: / Bienheureux, épargne-moi ce terrible jour / où je paraîtrai devant le tribunal pour recevoir mon châtiment; / je t’en prie, délivre-moi de toute peine en l’au-delà, / ne déçois pas mon espérance envers toi, / mais intercède auprès du Seigneur / qui accorde au monde la grande miséricorde.

Chandelier de toute clarté, / Précurseur du Soleil qu’est le Christ, / fais luire tes rayons de lumière sur moi: / je suis tombé dans la profonde ténèbre des forfaits, / tire-moi de l’abîme du péché, / m’éveillant au son de ta douce voix; / toi qui jadis par ta naissance / rendis à ton père la parole, je t’en prie, / dirige ma voix maintenant / pour que dans la foi et l’amour je glorifie / l’Ami des hommes, le Dieu Sauveur / qui accorde au monde la grande miséricorde.

Bienheureux, tu fus un temple de Dieu, / Prophète, Précurseur, Annonciateur / de la Source de vie universelle habitant dans ton cœur, / sans cesse intercède auprès de lui / pour ceux qui viennent en ton saint temple t’honorer: / qu’ils deviennent des temples de l’Esprit et s’approchent de Dieu / et que nous-mêmes, nous honorions par nos chants / ta protection, ta chaleureuse intercession, / toi qui fus le plus grand des fils d’homme, / selon le propre témoignage du Seigneur.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Arrête les fleuves de mes passions, / assèche l’océan de mes péchés / par le flot de tes prières, ô Vierge immaculée; / fais que j’atteigne le havre de la divine volonté, / noie dans le gouffre de perdition les ennemis qui chaque jour / affligent mon âme et la troublent par d’impures voluptés, / emplis mon cœur d’allégresse et de joie, / dissipe, je t’en prie, la nuée de mon chagrin, / intercédant auprès du Christ notre Dieu / qui accorde au monde la grande miséricorde.

Apostiches

Seigneur, sans cesse me tient le péché, / et j’oublie ta bonté envers moi: / guéris l’aveuglement de mon cœur; / Ami des hommes, prends pitié de moi.

Seigneur, je n’ai même pas la crainte de toi / et sans cesse je fais le mal: / quel homme ne craint le juge au tribunal, / quel malade, soucieux d’être guéri, / irrite son médecin comme moi? / Seigneur longanime et plein d’amour, / considère ma faiblesse et prends pitié de moi.

Protégés par le bouclier de la foi, / affermis par le signe de la Croix, / tes saints Martyrs, Seigneur, ont enduré les tourments; / noblement ils ont vaincu le mensonge et l’audace du démon; / par leurs prières, ô Dieu tout-puissant, / envoie la paix sur le monde / et sur nos âmes la grande miséricorde.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Nous te disons bienheureuse, Vierge Mère de Dieu, / nous les fidèles, et te glorifions comme il se doit, / inébranlable cité, indestructible rempart / protectrice intrépide et refuge de nos âmes.

LE LUNDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

Accorde-moi un esprit contrit, / un cœur humilié, / donne à ma conscience la pureté / ainsi que la droiture à ma vie, / la rémission de mes péchés / et la source des larmes, Vierge pure, en ta bonté.

Considère ma tristesse et ma douleur, / guéris les plaies / de mes anciennes transgressions, / accorde-moi le temps / nécessaire à ma conversion, / à la confession de mes péchés.

Gloire: Sur moi je pleure, avant la mort, / me rappelant / le mal que j’ai commis, / l’abîme de mes fautes; c’est pourquoi / je t’en prie, demande à ton Fils / de me préserver du châtiment.

Maintenant: Ô mon âme, puisque tu en as le temps, / choisis la conversion / et de tout mal détourne-toi; / versant des larmes, fais appel / à ton Créateur en lui disant: / par l’intercession de ta Mère sauve-moi, ô mon Dieu.

Ode 3

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Les vices capitaux m’ont subjugué, / Vierge tout-immaculée, / et de honte ils ont couvert / l’image et ressemblance du Dieu qui m’a créé; / des dommages qu’ils me causent sauve-moi / qui te chante avec componction.

Traîtreusement l’ennemi cherche à me ravir / pour me destiner, / notre Dame, à l’éternel brasier; / de ses pièges tire-moi, / arrête ses complots, / afin que je te puisse glorifier dans la joie.

Gloire: Au plus profond de la fosse m’ont déposé / les ennemis des justes perfidement; / dans la fosse creusée par mes nombreux péchés / me voilà maintenant privé de secours / et, tout couvert de plaies, j’invoque ton intercession: / sauve-moi, Souveraine immaculée.

Maintenant: Dans l’insouciance j’ai gaspillé ma vie, / moi le débauché, / et des portes de la mort / j’approche, menacé par l’assaut des ennemis; / de cette épreuve tire-moi, je t’en prie, / afin que, sauvé, je te puisse glorifier.

Ode 4

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

Le péché m’a blessé de ses multiples dards: / tout mon corps n’est qu’une plaie; / avec la charpie de tes prières, je t’en prie, / de mon âme soigne, Vierge sainte, la douleur.

Mon espoir, ma force, mon bouclier / et la fin de mes chaînes, bonne Mère, c’est bien toi; / tu es l’illumination de mon esprit, / toi qui chasses de mon âme sa ténébreuse obscurité.

Gloire: Prends pitié, Vierge pure, de tes serviteurs: / c’est toi que nous avons pour médiatrice auprès de Dieu;/ sauve-nous donc de tout péril / et des peines qu’on endure dans l’éternité.

Maintenant: En prodigue j’ai gaspillé le trésor des biens / que le Christ m’avait donnés, en sa bonté, / et je meurs d’inanition: / Vierge pure, ne me dédaigne pas.

Ode 5

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi je veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

De ma pauvre âme vois l’humiliation, / de ma chair le manque de vigueur, / l’asservissement de mon esprit: / moi qui n’ai plus d’espérance, notre Dame, sauve-moi.

Le Dieu que tu as enfanté, implore-le / pour qu’il nous sauve tous, nous qui te proclamons / comme la Mère de Dieu / et glorifions ton divin enfantement.

Gloire: Qui donc ne te dirait bienheureuse, ô Tout-immaculée, / toi qui d’ineffable manière as enfanté / le Créateur du monde entier, / son seul Maître et unique Seigneur.

Maintenant: Fais descendre, Vierge pure, en moi / les flots de larmes avec lesquels / je nettoierai la souillure et le rebut de mes péchés / afin de chanter le trésor de ta bonté.

Ode 6

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

Dans l’abîme de mes fautes, de mes iniquités / je suis tombé, ô Vierge immaculée; / tends-moi donc ta main secourable / et tire-moi de l’enfer sans espérance.

Tu connais la multitude de mes péchés / et des raisonnements / dont je peux être agité: / délivre-m’en, Vierge pure, promptement.

Gloire: Par les prières de la Vierge qui t’enfanta, / épargne-moi, ô Christ, moi ton serviteur, / lorsque tu viendras en Seigneur / juger le monde que tu as créé.

Maintenant: Je suis tombé dans le gouffre du péché, / et mon âme, Souveraine immaculée, / est devenue la proie des démons: / contre toute espérance viens donc me sauver.

Cathisme

Hâte-toi de guérir mon corps de ses maux, / mon âme de ses cruelles passions, / redresse les écarts de mon esprit, / rends-moi digne, Mère de Dieu et Vierge immaculée, / d’offrir dans le calme de mes pensées / un culte pur au Souverain de l’univers / et de lui demander le pardon pour mes fautes.

Ode 7

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Lorsqu’en esprit je considère, ô Tout-immaculée, / le grand nombre de mes abominations, / je redoute la géhenne en tremblant, / mais toi, par tes prières délivre-m’en.

Le ver insatiable, le feu qui ne s’éteint / sans cesse vont me consumer, / et mon âme sera perdue: / épargne-moi cette épreuve, ô Mère de Dieu.

Gloire: Des ténèbres extérieures, / du redoutable châtiment, / Vierge tout- immaculée, sauve ton serviteur / qui s’écrie â l’adresse de ton Fils: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Maintenant: Ma chair, je l’ai souillée par mes honteux dérèglements, / et par d’impures pensées j’ai couvert de ténèbres mon esprit: / Vierge pure, aie compassion / et sauve-moi, ton inutile serviteur.

Ode 8

Pour toi, Dieu créateur, / dans la fournaise les Jeunes Gens / formèrent un chœur avec tout l’univers et chantaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Je viens te présenter / ma pauvre âme et son infirmité, / le relâchement dans lequel se trouve mon cœur / et l’égarement de mon esprit: / de ton aide, ô Vierge, j’ai besoin.

Envers tes serviteurs / sois clément, ô Verbe, par l’intercession / de ta Mère, et sauve-moi pour que je puisse te chanter: / Louez, toutes ses œuvres, le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Gloire: Toi qui as conçu / celui qui veut la miséricorde, prends pitié / de tous ceux qui accourent vers toi pour chanter: / Louez, toutes ses œuvres, le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Maintenant: Ô Vierge, en ta bonté, / des ténèbres extérieures sauve-moi / ainsi que du ver qui ronge sans fin: / tu as enfanté le Sauveur du monde; c’est pourquoi / tout ce qu’il veut, par tes prières il le fait.

Ode 9

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

Le Dieu que tu as mis inexplicablement au monde, / notre Dame, sans cesse implore-le, / afin qu’il nous délivre / des périls, de l’affliction, / de la terrible sentence à venir / et nous admette en la splendeur de ses saints.

Plus que tous je suis en faute / pour avoir désobéi / à tes préceptes vivifiants, / ô Christ, et pris la ressemblance / des animaux irrationnels; / par l’intercession de ta Mère, ô Verbe de Dieu, / à cette vie ne m’enlève pas sans conversion.

Gloire: Océan de miséricorde / qui as enfanté le Verbe Dieu, / par bonté, prends en pitié / les âmes de tous ceux qui cherchent / refuge sous ta protection, / car c’est toi que tous, nous possédons / comme intrépide protectrice auprès de Dieu.

Maintenant: Pour nous tous implore / le pardon, la rémission / de nos fautes et l’affranchissement / de toute inquiétude, / l’amendement de notre vie, / dans la transparence, la pureté; / alors, divine Mère, nous rendrons gloire à ta bonté.

LE MARDI À MATINES

Cathisme I

Quand siégera le Juge et que les Anges seront là, / au son de la trompette et devant la fournaise de feu, / que feras-tu, mon âme, conduite au jugement? / Alors paraîtront tes sombres actions, / alors seront dénoncées tes secrètes pensées; / aussi, avant la fin, dis au Christ notre Dieu: / Toi qui lis dans les cœurs, / aie pitié du pécheur que je suis.

Ô mon âme, les choses d’ici-bas / ne durent qu’un moment, / celles d’en-haut demeurent pour toujours; / je vois le tribunal, / sur son trône le Juge, et je crains d’être condamné; / ô mon âme, fais pénitence avant la fin: / impitoyable sera le jugement.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Racine ayant fait croître Dieu comme fleur, / arche d’alliance, chandelier et tabernacle doré, / table sainte où repose le pain de vie, / intercède auprès de ton Fils, notre Dieu, / avec le saint Précurseur, / pour qu’il accorde la grande miséricorde / à ceux qui te reconnaissent comme la Mère de Dieu.

Cathisme II

Pleure, ô mon âme, ta propre légèreté, / veuille te convertir avant la fin, / renonce au tumulte de cette vie, / attache-toi au Dieu de bonté: / lui seul te sauvera, dans son amour pour les hommes.

Nous tous, les pécheurs, écoutons / la voix du Seigneur et suprême Pasteur: / pour nous sur la terre il parut dans la chair, / appelant au repentir les pécheurs comme moi; / prenez courage, ne craignez pas: / si faible est la peine et si doux en est le prix!

Gloire... Maintenant... Théotokion

Le grand mystère de ton divin enfantement, / l’ineffable manière dont tu conçus, / ô Mère toujours-vierge, nous sont connus en vérité; / ta gloire frappe nos esprits / et bouleverse nos pensées, / et sur nous tous, ô Mère de Dieu, / elle s’étend pour le salut de nos âmes.

Cathisme III

Élisabeth fut délivrée de la stérilité, / la Vierge conserva sa virginité / lorsqu’en son sein elle conçut, à la voix de Gabriel; / et Jean Baptiste en sa mère exulta / lorsqu’en un sein virginal / il reconnut son Maître et son Dieu / incarné pour notre salut.

Les Puissances célestes ont admiré / les exploits des saints Martyrs, / car dans un corps mortel ils ont triomphe noblement / de l’invisible ennemi / par la puissance de la Croix / et ils intercèdent auprès du Seigneur / pour le salut de nos âmes.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Très-sainte Mère de Dieu, / protectrice des chrétiens, / sauve ton peuple qui t’appelle avec confiance et ardeur, / repousse la honte de nos pensées vagabondes, / afin que nous puissions te crier: / Mère toujours-vierge, réjouis-toi.

Le canon catanyctique porte comme acrostiche (en dehors des théotokia): Ô Christ, pour nos péchés fais-nous grâce Joseph. Le canon du Précurseur: Agrée, Baptiste Jean, cette supplication. Joseph.

Ode 1

La terre où jamais soleil n’avait paru, / l’abîme qui jamais n’avait vu le ciel à découvert, / Israël put le franchir à pied sec / et, Seigneur, tu l’as conduit vers ta montagne de sainteté, / aux accents d’une hymne de victoire.

Fais-moi grâce pour les péchés que j’ai commis, / pardonne-moi, Sauveur, avant le terme de ma vie, / purifie-moi, Seigneur qui purifias les lépreux: / puissé-je comparaître sans reproche devant toi, / lorsque tu viendras juger les vivants et les morts.

Sauveur, en mon âme purifie / la fange qui empêche mes yeux de percevoir / les rayons que ta lumière fait briller sur nous, / Soleil sans soir, et donne-moi de contempler, / Dieu de tendresse, ta grâce et ta clarté.

Martyrika: Vigilants observateurs des commandements du Christ, / vous mîtes en sommeil la méchanceté de l’Ennemi; / bienheureux Martyrs, arrachez-moi / au sommeil où m’a plongé le péché, / pour me conduire, je vous prie, à l’éveil du repentir.

Corps à corps vous mesurant à l’Ennemi, / vous l’avez vaincu grâce à l’arme de la Croix / et sous les flots de votre sang l’avez noyé, / recevant de Dieu la couronne des vainqueurs, / saints Martyrs, et chantant l’hymne de victoire.

Théotokion: Vierge pure, chasse en moi le goût du mal, / rends-moi ferme sur la pierre des commandements, / moi que prit au piège l’antique Séducteur, / et donne-moi de plaire au Christ, / notre Dame, en chantant l’hymne de victoire.

* * *

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

Prophète, en la chair tu as mené / une vie pure et digne des incorporels; / aussi, nous t’en prions, / fais de nous tes imitateurs, / qui dans la foi te disons bienheureux.

Précurseur qui fis descendre dans les ondes du Jourdain / l’Océan de miséricorde, le Christ, / supplie-le de mettre à sec / l’abîme de mes péchés / et d’illuminer ma conscience, je t’en prie.

Je t’en supplie, Précurseur du Rédempteur, / demande à l’Ami du genre humain / de m’accorder un début de conversion, / de me donner aussi la componction / pour me laver de la souillure du péché.

Théotokion: Sans douleurs, ineffablement tu enfantas / celui qu’avant les siècles a engendré / sans semence le Père dans les cieux; / prie-le, ô Vierge, de sauver / de tout malheur ceux qui accourent vers toi.

Ode 3

Affermis, Seigneur, en ton divin pouvoir, / mon cœur agité / par la houle de cette vie / et conduis-le vers le havre de paix.

Je t’ai promis, Seigneur, ma conversion / et de nouveau je pèche: que vais-je devenir, / comment comparaîtrai-je devant toi / lorsque tu viendras pour juger l’univers?

En conscience ou par inadvertance j’ai péché / contre toi, Seigneur qui connais tous mes secrets; / devant toi je me prosterne en criant: / comme le Fils prodigue accueille-moi.

Martyrika: Les impies, en des pensées de perdition, / maltraitèrent les amants de la vraie vie, / les victorieux Martyrs / qui reconnurent le Christ notre Dieu.

Aux chœurs des Messagers spirituels / furent agrégés les chœurs des saints Martyrs / devenus semblables aux Anges dans le ciel / par la grâce de l’Esprit divin.

Théotokion: Ouvre-moi les portes de la conversion, / ô Vierge, porte de clarté, / et condamne aux passions / l’entrée de ma pauvre âme.

* * *

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Prophète digne de notre admiration, / qui sans cesse fais jaillir les guérisons / sur les fidèles se rendant vers ta maison, / guéris, je t’en prie, les passions de mon cœur, / qu’en mon insouciance j’ai laissé croître, pour mon malheur.

Je gémis et fonds en larmes chaque fois / que je pense à ton inflexible tribunal, / Juge qui seul es parfaitement juste; / mais tu m’y sauveras, Seigneur mon Dieu, / à la prière de ton impeccable Précurseur.

Médiateur entre l’ancien et le nouveau, / glorieux Baptiste, par ta sainte médiation / renouvelle-moi par ma conversion, / moi qui ai vieilli dans la multitude des péchés, / afin qu’en chants de laude je célèbre ton nom.

Théotokion: Vierge Mère, seule digne de nos chants, / tire-nous de la souillure du péché, / illumine et sanctifie nos cœurs / et sauve-nous, nous t’en prions, / de l’éternelle damnation.

Ode 4

Seigneur, j’ai entendu ta voix / et je suis rempli d’effroi, / j’ai médité sur ton œuvre de salut / et je t’ai glorifié, seul Ami des hommes.

Méprisant, Seigneur, tes paroles de clarté, / c’est dans les ténèbres que j’ai cheminé / et je redoute désormais / ton redoutable tribunal en l’au-delà.

De notre âme munissons l’esquif / d’une voile qui sera la crainte de Dieu / et gagnons le havre de la conversion / en évitant la houle du péché.

Martyrika: Saints Martyrs, vous êtes apparus / comme la montagne distillant le divin suc, / comme un paradis planté par Dieu / et pour arbre possédant le Seigneur.

Votre patience et votre fermeté / furent les flèches qui vous ont permis / de mettre à mort les diables ennemis / et vous avez reçu la couronne de gloire.

Théotokion: La Vierge tout-immaculée, / ce refuge des pécheurs, / relèvement de ceux qui ont failli, / est glorifiée comme la Mère de Dieu.

* * *

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

Baptiste qui habites le royaume des cieux / tel un vrai soldat du Christ notre Roi, / intercède auprès de lui sans te lasser / pour qu’il prenne en pitié le peuple qui t’ honore.

Prévoyant la noblesse de ton cœur, / dès le sein, le Seigneur t’a sanctifié: / bienheureux Baptiste, prie-le donc, / nous t’en supplions, de tous nous sanctifier.

Aux morts tu annonças la venue / de celui qui fut mis à mort pour nous: / Précurseur, demande-lui de vivifier / et de sauver mon être mis à mort par le péché.

Pour le Christ tu as connu les chaînes et la prison: / Bienheureux, délivre-moi des liens de mes passions / et donne-moi la force, je t’en prie, / pour que j’accomplisse les préceptes de mon Dieu.

Théotokion: Fais-moi grâce, seule Vierge digne de nos chants, / toi qui enfantas, sans qu’on puisse l’expliquer, / le Dieu de grâce, en l’excès de sa bonté, / et sauve-nous de l’éternel châtiment.

Ode 5

Viens en aide à mon âme tourmentée, / sans cesse aux prises avec les ténèbres des passions, / Soleil de justice, éclaire-moi de tes rayons / afin que ta lumière illumine la nuit.

Mes œuvres, hélas, ne me procurent le salut, / car sur terre j’ai commis tant de péchés; / je crains, ô Dieu, ton redoutable tribunal / où tu viendras juger les transgresseurs de ta loi.

Insensé, je me suis enténébré, faisant le mal; / comment n’ai-je conçu de la crainte envers mon Dieu? / J’ai courbé mon être vers le sol / et j’ai pris la ressemblance du bétail: / Dieu de l’univers, rappelle-moi vers toi,

Martyrika: La nuée des Témoins du Christ / dissipa la sombre nue des châtiments, / illumina le jour de la vraie science, / chassa les ténèbres des faux-dieux / et se hâta vers la lumière sans déclin.

Par les prières de tes saints Martyrs, ô Christ, / sanctifie mon âme, je t’en prie, / emplis-moi de ta lumière, / fais que j’aie part à ta gloire en l’au-delà, / pour que je te chante et glorifie, Dieu Sauveur.

Théotokion: Par l’effet d’une ineffable parole tu enfantas pour nous, / Vierge Mère, le Dieu qui donne à tout pécheur la conversion / par ta bienveillante médiation, / havre qui sers de refuge aux croyants.

* * *

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi je veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

Précurseur, un stérile sein t’a enfanté, / toi qui rends fertiles les cœurs stériles en vertus / par tes fructueux enseignements; / c’est pourquoi nous te disons bienheureux.

Bienheureux, tu as fleuri dans le désert / comme un lis au doux parfum; et je m’écrie: / chasse l’odeur fétide du péché / loin de mon âme, divin Précurseur.

Précurseur, tu te tins à mi-chemin / entre la Loi et la Grâce; voilà pourquoi je crie: / prie le Seigneur d’avoir pitié de moi / qui suis soumis à la loi du péché.

Théotokion: Infranchissable Porte de la gloire de Dieu, / ouvre-moi les portes de la conversion; / assure-moi l’entrée du Paradis / ainsi que le repos en l’au-delà.

Ode 6

Seigneur qui as sauvé le Prophète du monstre marin, / retire-moi aussi, je t’en supplie, / du gouffre de mes furieuses passions, / afin que mes yeux regardent vers ton temple saint.

Voici le temps de la conversion, / et je suis couché comme insensible à tout remords; / Verbe, prends pitié de moi, / mets un terme à l’endurcissement de mon cœur.

Ô Christ, comme jadis le Publicain, / en ta miséricorde prends pitié de mes soupirs; / comme à la Courtisane donne-moi les pleurs / pour que je lave, moi aussi, la fange de mes péchés.

Martyrika: Au grand pécheur que je suis, grands Martyrs du Christ, / épargnez la grande flamme de la géhenne en l’au-delà, / afin que moi aussi, à haute voix, / je glorifie votre illustre mémoire.

Tes Martyrs, ayant mené le bon combat, / furent couronnés par ta main vivifiante: / par leur vénérable intercession / sauve tout ton peuple, Seigneur Dieu.

Théotokion: Tabernacle plein de grâce et arche de sainteté, / table du pain de vie, chandelier de la Clarté, / palais vivant du Verbe Dieu, / fais de moi le temple de l’Esprit.

* * *

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

Resplendissant d’ineffable rayonnement, / Précurseur du Christ, par ton efficace intercession / illumine les cœurs / de ceux qui te chantent pieusement.

De l’indolence où je me trouve sommeillant, / Précurseur du Christ, aux rayons de la grâce éveille-moi, / afin que je puisse accomplir / vaillamment la divine volonté.

De l’affliction et de toute adversité / délivre-nous, car nous t’avons, ô Bienheureux, / comme défenseur auprès de Dieu / et comme intercesseur en présence du Seigneur.

Théotokion: Emporté par la houle du péché, / je t’en prie, ô Vierge immaculée: / hâte-toi de me sauver / pour me conduire au port de conversion.

Ode 7

L’ardente flamme fut vaincue par la prière des Jeunes Gens, / et le miracle eut pour témoin la fournaise distillant la rosée, / car elle n’a brûlé ni consumé / ceux qui chantaient le Dieu de nos Pères.

Pardonne, Sauveur, mes injustices, mes forfaits, / mes innombrables péchés, / ô Christ notre Dieu, / et sauve-moi du châtiment futur, / en l’immensité de ton amour.

Comme le prodigue j’ai dilapidé / la richesse reçue et je souffre de la faim, / privé, Sauveur, de l’aliment divin, / mais agrée ma pénitence et sauve-moi.

Martyrika: Martyrs du Christ digne, de toute admiration, / par vos membres meurtris sous les tourments les plus divers, / vous avez mis à mort les combattants ennemis / et nous, fidèles, pieusement vous célébrons.

Les phalanges des démons, la multitude des tyrans, / saints Martyrs, vous les avez criblés / sous les flèches de votre noble fermeté; / désormais vous avez rejoint la vraie vie.

Théotokion: Vierge pure, tu es pour tous le havre du salut, / tu apaises la tempête des passions, / conduisant au port de conversion / tous les humbles de la terre.

* * *

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Nos voix s’élèvent pour te supplier, Précurseur du Verbe, et comme tu as délié / la voix paternelle en ton enfantement, / défais aussi les liens de nos péchés.

Soleil aux mille feux, éclaire-moi / sous les rayons salutaires de la conversion; / délivre-moi de la ténèbre des passions / qui tourmentent et assombrissent mon cœur.

Mon âme est stérile, mon cœur, privé d’enfants: / toi qu’enfanta la Stérile, Baptiste du Seigneur, / intercède constamment / pour que je produise des fruits de conversion.

Triadique: À l’égal du Père nous glorifions / le Fils et l’Esprit saint, / indivisible Trinité, / lui chantant: Seigneur, tu es béni,

Théotokion: Tu mis au monde comme nouvelet, / Vierge pure, le Christ, l’auteur du renouveau / pour nous qui étions devenus vieux / à cause de l’antique transgression.

Ode 8

Chœur des Anges et multitude des humains, / bénissez le Roi et créateur de l’univers, / et vous, prêtres, chantez-le, / peuple, exalte-le dans tous les siècles.

Les plaies de mon âme sentent l’infection, / et me voilà gisant dans un total épuisement: / Christ sauveur, viens me guérir, / utilisant pour remède la conversion.

Le Serpent, dans sa ruse et perversité, / m’a dépouillé et malmené, et je crie en gémissant; / ô Verbe, ne m’abandonne pas, / humilié et condamné que je suis.

Martyrika: Vous n’avez pas dévié du bien suprême, / mais vous avez chassé et conduit à perdition, / glorieux Martyrs, les ennemis de la Croix, / qui cherchaient à vous faire tomber.

Ni le feu ni le glaive ni les fauves ni la faim / ni la roue tranchante ni tout autre tourment / n’ont pu vous séparer du Dieu d’amour, / glorieux Martyrs du Seigneur.

Théotokion: Gloire des Anges et sauvegarde des mortels, / divine Mère, sois ma protection, / pour que je revienne à Dieu et que j’obtienne rémission / de mes péchés volontaires ou non.

* * *

Pour toi, Dieu créateur, / dans la fournaise les Jeunes Gens / formèrent un chœur avec tout l’univers et chantaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Dans les ondes du Jourdain, / tu laves le peuple, Précurseur, / en prêchant la conversion; c’est pourquoi je te crie: / assèche les flots de mes passions, / ouvre les sources de mes pleurs.

Tremble, ô mon âme, en méditant / sur le tribunal du Tout-puissant; / crie-lui: Seigneur compatissant, / par les prières du Baptiste fais-moi grâce et sauve-moi, / délivre-moi du châtiment.

Pour te prier je meus vers toi, / des lèvres impures, une langue souillée; / saint Précurseur, fais diligence, hâte-toi, / viens à mon aide, car le Séducteur / sans cesse me harcèle de coups.

Triadique: Père, Fils et saint Esprit, / consubstantielle Trinité, / verse-nous la rémission de nos péchés, / afin qu’en obtenant le salut / nous t’exaltions dans tous les siècles. -

Théotokion: Par ton sublime enfantement / tu nous hissas du gouffre où nous étions tombés, / Pleine de grâce, et c’est pourquoi, / en reconnaissance, nous te célébrons / dans tous les siècles.

Ode 9

Le Puissant fit des merveilles en ta faveur, / te laissant vierge et pure après l’enfantement, / toi qui sans semence enfantas ton propre Créateur; / c’est pourquoi, ô Mère de Dieu, nous te magnifions.

Afin que je magnifie ta longanimité, / sois longanime envers moi, ô Verbe tout-puissant; / ne me coupe pas comme le figuier stérile; / alors je t’offrirai les dignes fruits du repentir.

Combien tu es redoutable, seul, Seigneur fort et puissant! / Qui supportera l’effroi de ta venue, / lorsque tu siégeras au jugement? / Veuille m’y garder de toute condamnation.

Martyrika: Par vos blessures vous effacez les plaies corporelles: / Athlètes du Seigneur, guérissez aussi / mon âme de ses cruelles passions, / vous qui êtes d’habiles médecins.

Plus brillante que les rayons du soleil, / la châsse de vos reliques reflète la grâce de Dieu; / elle éclaire l’âme et fait briller le cœur / des fidèles qui vous chantent, saints Martyrs du Seigneur.

Théotokion: Pleine de grâce, tu es en vérité / la nuée lumineuse conduisant vers la terre promise un peuple nouveau, / tu es la porte qui nous mène vers la vie; / aussi, Mère de Dieu, nous te magnifions.

* * *

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

Voici la magnificence / de ton temple, ô Précurseur du Christ: / elle est telle que le ciel / se manifeste sur la terre; / en lui tu viens illuminer / de clarté divine les croyants / qui chaque jour t’y proclament bienheureux.

Étant l’ami intime / du Maître, ô Précurseur, / donne-moi la force, Bienheureux, / de l’aimer d’un cœur sincère / et de rejeter / les passions nocives / qui mènent à la perdition.

Devant les esprits adverses / tu ne fus pas, ô Précurseur, / un fragile roseau, / mais le rempart de l’Église, / sa divine protection: / veuille par tes prières la garder / inébranlable, à l’abri de tout faux pas.

Le Créateur est à la porte: / ma pauvre âme, pourquoi donc, / au lieu de vivre sans souci, / ne fais-tu pénitence? / Éveille-toi, crie au Seigneur: / Pardonne-moi, Sauveur, en ta bonté, / par les prières de ton saint Précurseur.

Théotokion: Tu es, ô Vierge pure, / le brillant char, en vérité, / du Soleil qui resplendit / de tes chastes entrailles / pour dissiper les ténèbres de l’erreur; / aussi, comme il convient, / avec foi nous te magnifions.

Exapostilaire (ton 3)

Célébrons Jean le Précurseur, / le Baptiste du Sauveur, / le Prophète né d’un prophète et le fils du désert, / l’enfant d’Élisabeth, / et tous ensemble glorifions son souvenir.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Ô Vierge, tu intercèdes pour moi / devant le Dieu qui aime les hommes; / ne dénonce pas les œuvres de ma vie / en présence des Anges, / mais hâte-toi, je t’en prie, de venir à mon secours.

Apostiches

Hélas, combien je ressemble au stérile figuier: / je redoute la malédiction, la cognée, / mais toi, le céleste jardinier, ô Christ notre Dieu, / rends féconde mon âme desséchée, / accueille-moi comme le Fils prodigue et prends pitié de moi.

Seigneur, ne regarde pas la multitude de mes péchés, / toi qu’une Vierge a enfanté: / toutes mes fautes, efface-les / et donne-moi des pensées de conversion, / seul Ami des hommes, prends pitié de moi.

Sur terre les saints Martyrs ont lutté, / puisant leur force dans le ciel; / livrés au feu et engloutis par l’eau, / à présent ils peuvent chanter: / Nous sommes passés par le feu et par l’eau, / et tu nous as donné le repos. / Seigneur, par leurs prières, aie pitié de nous.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Espérance des sans-espoir / et dans l’angoisse la vie, / protectrice de qui accourt auprès de toi, / sainte Dame, Vierge et Mère de Dieu, / envoie sur nous du haut du ciel ton secours.

LE MARDI À LA LITURGIE

Béatitudes

Le bon Larron sur la croix / eut foi en ta divinité, ô Christ; / il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant: / De moi, Seigneur, en ton royaume souviens-toi.

Comme tu justifias, ô Christ, / la Courtisane pleurant de toute son âme, / ainsi, bon Maître, je t’en prie, / sauve-moi du désespoir et de tout châtiment.

D’un même chœur proclamons bienheureux / saint Jean le Précurseur du Christ, / celui qui prépara les voies du Seigneur, / afin que par ses prières nous évitions le péché.

Vous qui avez bu le calice du Christ / dans l’abandon de votre âme, saints Martyrs, / de nos péchés et de toute maladie / délivrez-nous par votre divine intercession.

Gloire au Père...

Divinité que nul ne peut cerner, / Unité toute-puissante et Trinité, / sauve-moi par les prières du Précurseur, / chassant les ténèbres et le feu dont je suis menacé.

Maintenant... Théotokion

Souillé par mes viles actions, / ô Vierge, je t’implore suppliant, / toi la pure Mère du Seigneur; / de toute faute, notre Dame, purifie-moi.

Mercredi

LE MARDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Apaise, Seigneur, les assauts des démons soulevés contre moi, / contre ma pauvre âme pour la mettre à mort / et me conduire à la totale perdition; / réduis à rien les embûches, les complots / qu’ils trament chaque jour, chaque nuit, / de leurs intrigues délivre-moi, Seigneur; / apaise la tempête déchaînée de cette vie, / sauve-moi de la géhenne et des ténèbres sans fin, / ô Christ, je t’en supplie, dans ta bonté / lorsque tu viendras avec gloire pour juger le monde entier.

Lorsque les livres seront ouverts, / au jour de ta redoutable parousie, / et que tous paraîtront devant toi dans l’attente du jugement, / lorsque devant le tribunal un feu s’allumera / et que la trompette retentissante sonnera, / que ferai-je, malheureux que je suis, / accusé par ma propre conscience, / condamné au feu qui ne s’éteint? / Je te prie donc avant la fin de me remettre mes péchés, / Christ notre Dieu qui donnes au monde la grande miséricorde.

Ô Christ, tu pris ta croix sur tes épaules, marchant vers ta Passion; / à nous qui voulions vivre en toi, / tu nous montras comment nous pouvions être glorifiés et vivre avec toi; / toi-même, rends-nous dignes, nous aussi, / de partager tes Souffrances et ta gloire, / passant également par ta propre mise à mort; / mortifie, Seigneur, les élans de ma chair, / perce mes membres des clous de ta divine crainte, / fais qu’à ce monde je sois comme mort, / vivant seulement pour tes divins commandements.

* * *

Dans l’amertume, je pleure et gémis / à la pensée du terrible bilan, / n’ayant, hélas, le moindre élément de défense en mes actions; / aussi, avant que n’arrive à l’improviste la fin de cette vie, / avant la faux, la mort, le jugement, / avant que je ne doive payer mon dû / là où le feu ne s’éteint pas, / dans les ténèbres extérieures, / là où le ver ronge sans fin les pécheurs, / Vierge pure, accorde-moi la rémission de mes péchés et la grande miséricorde.

Tu es en vérité le trône des Chérubins, / la plus haute parmi les créatures, / car en toi fit sa demeure le Verbe divin pour restaurer notre condition; / de toi, en sa bonté, il sortit porteur de notre chair, / pour nous il supporta les souffrances de la croix / et comme Dieu nous fit don de sa divine Résurrection; / et, puisque tu as su réconcilier / avec le Créateur notre nature condamnée, / nous t’exprimons notre reconnaissance et te crions: / accorde-nous par tes prières la rémission de nos péchés et la grande miséricorde.

La Vierge pure s’écriait en pleurant: / Jamais le temps ne pourra sécher entièrement / les flots de larmes de mes yeux, ô Fils bien-aimé; / Lumière sans déclin qui éclaire tout astre, / Source où les grands luminaires du ciel ont puisé leur clarté, / en qui tout l’univers trouve le don d’exister, / que m’importe de voir le jour, quand se couche mon Soleil, / douce Lumière, comment as-tu cessé de briller, / toi, l’illumination de mon visage, ô mon Fils? / Désormais je baignerai de larmes les pupilles de mes yeux.

Gloire au Père... Maintenant...

La Brebis mère, voyant jadis son Agneau / se hâter vers l’immolation, / s’empressa de l’accompagner en disant: / Très-doux Enfant, où vas-tu? / Christ longanime, pour qui marches-tu sans tarder, / Jésus bien-aimé, Seigneur de miséricorde et sans péché? / Réponds à ta servante, mon Fils, / ne passe pas dans un silence terrifiant, / Dieu de tendresse, devant la mère qui t’enfanta, / Source de vie qui donnes au monde la grande miséricorde.

Apostiches

Ta Croix, ô Christ notre Dieu, / pour être du bois par nature, / est cependant revêtue de puissance divine; / lorsqu’au monde elle apparaît visiblement, / elle opère spirituellement notre salut; / et, devant elle nous prosternant, / nous te glorifions, Sauveur: aie pitié de nous.

À peine fut planté le bois de la croix, / ô Christ, l’erreur s’est enfuie / et la grâce a pu fleurir de nouveau; / elle n’est plus un supplice de condamné, / mais nous apparaît comme trophée de salut; / la Croix est notre rempart, notre fierté, / la Croix est l’objet de notre joie.

Saints Martyrs, intercédez pour nous, / afin que nous soyons lavés de nos péchés, / puisque vous avez reçu le pouvoir / d’intercéder en notre faveur.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Se tenant près de la croix, ô Jésus, / celle qui t’enfanta pleurait et gémissait, / disant: Je ne supporte pas de te voir cloué sur le bois, / toi l’Enfant que j’ai mis au monde! / Si j’ai pu fuir, comme Vierge, les douleurs, / quelles souffrances j’endure en mon cœur déchiré! / Voici qu’est accomplie la parole de Siméon, / car un glaive traverse mon cœur; / mais à présent ressuscite, ô mon Fils, / et sauve ceux qui te célèbrent en chantant.

LE MARDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

Divine Mère, de tes serviteurs / accepte les prières que fidèlement ils t’adressent du fond de leur cœur; / à ton tour présente-les / à ton Fils, afin que nos péchés / obtiennent de lui le pardon.

Ô Vierge qui enrichis en vérité, / comme bienfaitrice, les mortels, / toi la porte du salut / qui les mènes vers la vie, / divine Mère, ne cesse pas / de secourir en tout temps ceux qui te prient.

Gloire: Penche-toi maintenant pour écouter / les prières de tes chantres, toi qui es / leur puissant secours en vue du salut, / notre Dame, et par ton intercession / préserve de tout malheur / ceux qui te vénèrent, garde-les sains et saufs.

Maintenant: Hâte-toi de prendre les devants, / Vierge toute-sainte, pour nous entourer / de ta chaleureuse protection: / nous qui sommes assaillis par de terribles dangers, / dans ta miséricorde, sauve-nous / en nous libérant de tout chagrin.

Ode 3

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Divine Mère, de ta clarté / illumine par ton intercession auprès de Dieu / la sombre ténèbre de mon cœur; / fais de moi un fils de la lumière et du jour, / dans le rayonnement des vertus, / toi qui revêts nos âmes de la divine splendeur.

Nous dont le souhait continuel / est de te chanter comme il convient, / ce n’est pas sans hésitation / que nous t’adressons de nos pauvres lèvres / la louange que nous te supplions d’accepter: / sois le secours de ceux qui te prient.

Gloire: Mon âme inculte, fais-lui porter du fruit; / elle est en friche, nettoie-la / par ton intercession; / toi la Génitrice de Dieu, / comme fruits fais-lui porter / une vie sans tache et la foi véritable.

Maintenant: Celui qui tient la terre entière dans sa main, / comment est- il contenu / dans le maternel giron? / À la mamelle il est nourri de lait, / celui qui rassasie tout vivant de ses bienfaits: / lui qui est riche, il s’appauvrit en assumant notre chair.

Ode 4

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

Te sachant l’unique médiatrice auprès de Dieu, / Vierge tout-immaculée, / et celle qui efface la dette de nos péchés, / par des chants de louange nous te vénérons.

Le Dieu qui dans ton sein a demeuré / a fait de toi son temple consacré: / prie-le sans cesse, ô Vierge immaculée, / de garder sains et saufs tes serviteurs.

Gloire: Des pauvres qui espèrent en toi, / divine Mère, exauce la supplication, / hâte-toi de nous délivrer du malheur / grâce au crédit que tu possèdes auprès de ton Fils.

Maintenant: Te possédant comme douce consolation, / comme secours dans les épreuves, au milieu de l’affliction, / divine Mère, comme protectrice dans le malheur, / nous sommes préservés de tout dommage.

Ode 5

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi je veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

Toi qui par sa naissance as fait débuter l’Intemporel / et dans les limites de la chair en vérité / as inscrit celui qui par nature est incirconscrit, / pour tes serviteurs supplie-le constamment.

De ceux qui se trouvent en difficulté / promptement tu t’approches et tu les aides constamment, / et ceux qui t’invoquent dans l’épreuve, ô Tout-immaculée, / tu diriges leurs pas vers le salut.

Gloire: Du Dieu par nature compatissant / tu suscites la miséricorde par ton intercession: / à tes serviteurs procure donc paisible vie, / Vierge pure, et le pardon de leurs péchés.

Maintenant: Ô Vierge tout immaculée / ayant enfanté la Braise contemplée par Isaïe, / enflamme les broussailles de mes péchés / et répands sur moi la lumière, je t’en prie.

Ode 6

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

Mis à mort que nous sommes, par le péché, / notre Dame, relève-nous / et rends-nous la vie, / toi qui as enfanté le Vainqueur de la mort.

En toi possédant notre sûr / l’inattaquable rempart contre l’ennemi, / divine Mère, et notre ferme cours, / nous ne craignons nul assaut contre nous.

Gloire: Tu assistes, Vierge pure, en leurs infirmités / constamment sur terre ses habitants: / de la funeste corruption / garde aussi tes serviteurs sains et saufs.

Maintenant: Illumine mon âme enténébrée, / divine Épouse, par l’obscurité / dont me ternissent mes pensées / sous l’assaut du tueur d’hommes, le démon.

Cathisme, ton5

Pleine de grâce, par la croix de ton Fils / fut aboli le mensonge des faux-dieux / et la force des démons fut terrassée; / c’est pourquoi nous, les fidèles, comme il se doit, / sans cesse te chantons et bénissons / et te magnifions à juste titre comme la Mère de Dieu.

Ode 7

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Procure, notre Dame, à tes serviteurs / le pardon, la délivrance des passions / et de l’affliction sauve ceux qui chantent avec foi: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Pour nous, Vierge pure, tu as enfanté / le Dieu qui est l’auteur de tous les biens: / en tes prières maternelles supplie-le / de faire grâce à tous ceux qui te louent.

Gloire: En toi possédant l’invincible protection, / l’inébranlable assise, Souveraine immaculée; / et, revêtus de ton armure, / nous évitons les flèches lancées contre nous.

Maintenant: Considère l’humilité de ton serviteur / et préserve-moi du feu éternel, / moi qui chante constamment: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Ode 8

Pour toi, Dieu créateur, / dans la fournaise les Jeunes Gens / formèrent un chœur avec tout l’univers et chantaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Pour toi, nous les croyants, / tressant, ô Vierge immaculée, / une couronne d’éloges en parole et pensée, / nous chantons: Louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

D’avance Salomon / t’a décrite comme proche de Dieu, / ô Vierge dont le crédit maternel / te place auprès de lui / pour délivrer ceux qui sont dans le monde.

Gloire: En toi, nous les croyants / mettant après Dieu notre espérance de salut, / dans les épreuves il nous suffit de chanter: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Maintenant: Accepte notre chant, / Vierge toute digne d’être chantée, / malgré l’impure bouche que nous ouvrons pour t’acclamer: / réjouis-toi, guérisseuse des infirmes corps / et salut des âmes sans espoir.

Ode 9

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

La prière que t’adresse / notre âme en sa douleur, / ô Vierge, accepte-la / et prends pitié de nous, / les pécheurs, au jour du jugement / afin que nous ne soyons pas confondus, / nous qui t’invoquons, tendre Mère de Dieu.

Vierge toute-pure, / ne détourne pas les yeux / de la fangeuse humanité, / mais couvre-la de ton aide, / l’affermissant, dans nos chagrins, / la délivrant de toute infirmité: / nous espérons en toi, toujours prête à nous sauver.

Gloire: La prière de ton peuple, / Seigneur, exauce-la: / délivre-nous maintenant / des ennemis qui nous outra gent; / voici, en vraie propitiation / c’est ta Mère que nous te présentons / et bienheureuse avec amour nous la disons.

Maintenant: Sous l’abri de ta puissance / de tout cœur nous accourons, / notre Dame, nous tous, / les fils de la terre, / réclamant ta compassion / et la tendresse de ton cœur: / sanctifie-nous par sa douce effusion.

LE MERCREDI À MATINES

Cathisme I

Le lieu du Crâne est devenu le Paradis: / à peine fut planté le bois de la Croix, / aussitôt il a fait croître le raisin de la vie: / notre allégresse, Sauveur, gloire à toi.

Au monde le bois de ta Croix, / Sauveur, a procuré le salut, / sur lui tu acceptas d’être cloué / pour écarter la malédiction des mortels: / notre allégresse, Seigneur, gloire à toi.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Te voyant suspendu sur la Croix / au milieu des larrons, / ta Mère, ô Christ, le cœur brisé, s’écria: / Ô mon Fils bien-aimé, / comment souffres-tu sur la croix la peine des malfaiteurs, / toi qui es sans péché? / Mais tu veux rendre la vie / au genre humain, dans ton immense bonté.

Cathisme II

Fidèles, chantons et glorifions / le Seigneur crucifié, / celui qui a bien voulu nous racheter, / car lui-même il a cloué sur la croix / les péchés des mortels, / délivrant de l’erreur le genre humain / pour nous faire entrer dans le royaume des cieux.

Toi qui as bien voulu souffrir sur la croix / pour délivrer les hommes de la mort, / nous te chantons, fidèles, et t’adorons, Sauveur, / car tu nous illumines par la puissance de la Croix, / et tous, nous glorifions ton amour compatissant, / Source de vie et Seigneur tout-puissant.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Pleine de grâce, par la croix de ton Fils / fut aboli le mensonge des faux_dieux / et la force des Démons fut terrassée; / c’est pourquoi nous les fidèles, comme il se doit, / sans cesse te chantons et bénissons / et te magnifions à juste titre comme la Mère de Dieu.

Cathisme III

Les prédictions des Prophètes sont accomplies, / voici que se réalise ton antique dessein: / de plein gré, Roi de tous, tu t’appauvris en la chair / et pour nous tu acceptes de monter sur la croix / pour y souffrir la mort; / c’est pourquoi, ô Verbe, nous glorifions / ta condescendance qui dépasse tout esprit.

Seigneur, tu nous as donné comme invincible rempart / les miracles de tes saints Martyrs: / par leurs prières, ô Christ notre Dieu, ruine les complots des païens, / affermis le règne de la foi, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Lorsque je vois tes yeux fermés, / ô mon Fils bien-aimé, / alors ma lumière s’éteint; / car je ne supporte plus la vue du soleil, / je voudrais, ô Verbe, m’arracher les yeux; / cache-toi, lumière du soleil: / celui dont la parole te donna de luire ferme les yeux sur la croix!

Le canon de la Croix a pour acrostiche: Christ, élevé en croix, a relevé le monde. Joseph. Celui de la Mère de Dieu; Pour la Vierge voici le cinquième cantique. Les hirmi sont les mêmes dans les deux canons.

Ode 1

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

L’insaisissable Objet de notre méditation, / celui qui a pris chair et, porteur de notre corps, / est apparu au monde / s’est laissé jadis suspendre sur la croix / par une foule de hors-la loi.

Frappés de folie, ils t’élevèrent sur la croix, / toi la Vigne portant beaucoup de fruit: / alors, ô Christ, tu fis couler / le vin qui réjouit le cœur / et chasse, ô Verbe, l’ivresse des passions.

Martyrika: Votre courage, saints Martyrs, a dépassé / la commune mesure, et tout éloge est incomplet, / car au-delà de la nature des mortels / vous avez souffert les châtiments; / mais, dans l’allégresse, vous jouissez du repos.

Avec le Verbe pour timonier / ayant traversé la tempête des tourments, / glorieux Martyrs du Christ, / vous avez gagné les ports célestes / où vous jouissez du calme divin.

Théotokion: Ô Vierge, lorsque tu perçus / l’injuste mise en croix / du Seigneur né de ton sein, / versant des larmes tu chantas / son extrême condescendance.

* * *

Porte de la gloire de Dieu, / toi qui nous ouvres la porte du Paradis, / ouvre-moi les portes de la conversion / et illumine mon esprit, / pour que je te chante, ô Pleine de grâce.

Le courant de la mort, tu l’arrêtas / en mettant au monde, Vierge immaculée, / celui qui règne sur la vie et sur la mort: / implore-le pour qu’il arrête aussi / les péchés tuant mon âme et qu’il m’accorde 1e salut.

Seule entre toutes les générations, / comme la beauté de Jacob, c’est toi qui fus choisie / par le Verbe coéternel au Père / qui de tes entrailles, notre Dame, prit un corps / pour me sauver par ta sainte médiation.

Comme toison tu as reçu l’ondée du ciel / descendue sur toi, ô Vierge immaculée; / Mère toute-sainte, je t’en prie, / veuille assécher par ton intercession / les pluies torrentielles de mes passions.

Ode 3

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Par ta croix s’ouvre à nouveau le Paradis, / avant tous entre joyeux le bon Larron; / par ta mort le Séducteur est mis à mort, / Adam, sortant de tombe, est vivifié. / Gloire, Seigneur, à ta miséricorde infinie.

Tu éteins la flamme du péché, / crucifié sur 1e bois, Jésus, en ta bonté; / par tes chaînes tu nous sauves de l’erreur; / mis à nu, tu vêts de gloire notre humanité. / Gloire, Seigneur, à ta miséricorde infinie.

Martyrika: En astres lumineux tu changes les Martyrs, / car ils ont chassé les ténèbres des faux-dieux; / ô Christ, par leur intercession / chasse la nuit de mes passions, / illumine mon cœur enténébré.

Selon les règles, les glorieux Martyrs/ l’ont emporté dans les combats / et reçurent couronne pour leur foi; / habilement ils défirent la trame des impies, / puis obtinrent les délices du Paradis.

Théotokion: Les chœurs des Anges te célèbrent de leurs chants, / toi qui, sans conteste, surpasses tous leurs rangs: / c’est Dieu même qu’en ta chair tu as conçu, / pour qu’il efface par la Croix le souvenir de l’arbre défendu / et sur les maudits fasse jaillir la bénédiction. /

* * *

Blessé que je suis par la flèche du péché, / guéris-moi par le remède que tu possèdes en toi; / délivre-moi de la douleur qui me tenaille, / Vierge pure dont l’enfantement / libère de tout mal le genre humain.

C’est en vain qu’ils affligent mon pauvre cœur / et cherchent à me tuer, les ennemis invisibles: / par ton aide mis en fuite, / notre Dame, ils demeurent inoffensifs / et la honte les couvre entièrement.

Emplis-moi des eaux vivifiantes, / toi qui fis sourdre un flot divin pour le monde, / assèche les torrents de mes péchés, / apaise aussi la houle de mon cœur / par le divin calme qui émane de toi.

Ce que la Loi jadis en ombre comprenait / disparaît devant le Christ législateur que tu conçois: / Vierge pure et digne de nos chants, / car en nous délivrant de la malédiction, / il nous donne pour loi grâce, lumière et pardon.

Ode 4

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

De nos âmes accomplissant la rédemption, / entre les mains du Père, ô Christ, tu as remis / ton âme toute-sainte, lorsque librement / tu fus suspendu sur le bois de la croix.

L’injuste juge t’a condamné, ô Christ, / à mourir en croix, toi le Juge juste et bon, / afin de justifier tous ceux / qui étaient soumis à l’injuste Ennemi.

Martyrika: Saints Martyrs, vous avez mérité / de voir les biens éternels, supportant sur terre / toutes sortes de dangers, / l’affliction et les plus horribles tourments.

Des supplices ayant franchi l’hiver, / vous êtes parvenus à l’éternel printemps: / avec les chœurs des Anges vous voilà, / saints Martyrs, comptés dans le ciel.

Théotokion: Un glaive a traversé ton cœur, / lorsque tu as vu, Mère bénie de notre Dieu, / ton Fils unique sur la croix / entre les mains du Père remettre son esprit.

* * *

Mes œuvres, hélas, ne me procurent le salut: / c’est pourquoi j’accours sous ton aile, plein de foi; / sauve-moi du désespoir / par tes prières, Vierge digne de nos chants.

Char du Soleil, chaste logis de la Clarté, / sur mon cœur enténébré par la noirceur de mes péchés / fais descendre ta lumière, / notre Dame, et sauve-moi de tout danger.

En tes entrailles virginales tu tissas, / ô Vierge, un vêtement pour qui revêt le ciel de ses nuées; / moi que le Séducteur a dépouillé, / revêts-moi du vêtement d’immortalité.

Comme un lis en la vallée de cette vie / le Créateur, t’ayant choisi, pour le monde fit sortir / de toi le doux parfum spirituel, / Vierge toute-sainte, Épouse de Dieu.

Ode 5

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi je veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

Juste Juge, tu passes en jugement, / toi qui condamnes la haine, on te frappe d’un roseau; / par là tu as voulu signer, / ô Christ, ma parfaite liberté.

Sur le bois lorsqu’il te vit, ô Christ, / crucifié dans ta chair, le soleil / a transformé sa clarté en ténèbre, / la terre chancela, et les rochers se fendirent.

Martyrika: Vous avez sanctifié les confins de l’univers: / comme observateurs des divins commandements, / saints, Martyrs, par vos combats / vous avez obtenu la sainteté.

Que toute langue honore les Martyrs / resplendissants de beauté, divinement auréolés: / mettant à nu la malice de l’ennemi, / ils ont revêtu la gloire de Dieu.

Théotokion: Génitrice immaculée de notre Dieu, / qui rendis infertile l’antique malédiction / et nous donnas la grâce et la bénédiction, / nous te proclamons bienheureuse.

* * *

En toi puissé-je trouver secours, / qui me sauves de la condamnation à l’heure du jugement, / lorsque je paraîtrai devant le tribunal, / ô Vierge, de celui que tu enfantas.

Mis en fuite par la force du péché, / égaré par les machinations de l’ennemi, / du fond du gouffre où me voilà tombé, / Vierge pure, fais-moi revenir.

Ô Vierge tout-immaculée / qui enfantas la Braise contemplée par Isaïe, / brûle le taillis de mes transgressions / et, je t’en prie, éclaire-moi.

De ton sang tu formas la chair du Christ: / Vierge, purifie mes passions charnelles / et de ta main guide-moi / sur le chemin de l’impassible condition.

Ode 6

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

Longanime, élevé sur une croix, / tu fis tomber tous les assauts de l’Ennemi / et, dans ton immense bonté, / tu sauvas les hommes déchus.

Les âmes des Justes, t’ayant vu jadis / livrer ton âme, ô Verbe, sur la croix, / furent délivrées, Seigneur, / de leur séculaire captivité.

Martyrikon: Des tourments vous avez supporté, / tels de purs diamants, la flamme ardente vaillamment / et par votre humilité / vous avez fait choir l’Ennemi.

Théotokion: Admirable est l’Enfant sorti de toi, / l’Auteur des grandes merveilles glorifié parmi les Saints, / Mère de Dieu et notre Dame, / seule digne de toute admiration.

* * *

Que ne me happe le gouffre du nonchaloir, / que ne me coiffe la houle du péché, / mais puisse ta seule intercession / me sauver, ô Mère de Dieu!

Tu mis au monde le Bienfaiteur et le Créateur: / Dame toute-sainte, toi qui aimes la bonté, / veuille faire du bien / à mon âme mise à mal par le péché.

D’avance te figura le chandelier, / toi qui as porté, Vierge sainte, la Clarté / illuminant le monde entier; / éclaire donc les ténèbres de mon cœur.

Ode 7

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni,

Une foule injuste a voulu te couronner d’épines, / immortel Seigneur et Roi / qui arraches les ronces du péché: / Dieu de nos Pères, tu es béni.

Pour que je revête la robe d’immortalité, / tu te laisses dépouiller et tu souffres les crachats, / la mise en croix et la Passion, / toi par nature l’impassible Dieu.

Martyrika: Saints Martyrs, par vos souffrances devenus / les imitateurs du Maître universel, / vous êtes les vrais fils / et les héritiers du royaume éternel.

Aux statues de bois sans verbe ni raison / vous n’avez pas rendu de culte, mais bien plutôt, Martyrs du Christ, / vous avez servi comme Seigneur et roi de tous / celui qui étendit les mains sur une croix.

Théotokion: Admirable est ton enfantement, / car tu mis au monde, Vierge immaculée, / le Dieu qui par le bois éteint la flamme du péché / et répand sur le monde sa clarté.

* * *

Je te chante, ô Vierge immaculée, / car tu mis au monde sans semence le vrai Dieu / qui divinise ceux qui psalmodient: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Mortifie, ô Mère de la Vie, / mes passions charnelles; divine Épouse, éveille-moi / de la tombe d’insensibilité, / afin qu’avec amour je te puisse glorifier.

Vierge pure, tu mis au monde celui / qui porta librement notre faiblesse sur lui; / intercède auprès de lui / pour qu’il guérisse mon âme terriblement accablée.

Ode 8

Pour toi, Dieu créateur, / dans la fournaise les Jeunes Gens / formèrent un chœur avec tout l’univers et chantaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Dieu très-haut, l’on t’élève sur la croix, / on t’abreuve de fiel, Douceur de notre vie, / d’une lance tu es transpercé, / toi qui égorges le Serpent / ayant jadis chassé Adam du Paradis.

Tu me délies des chaînes du péché, / ô Verbe qui voulus toi-même être enchaîné / et d’éternelles chaînes lias / Bélial notre ennemi: / Sauveur, je glorifie dans les siècles ta Passion.

Martyrika: Saints Martyrs, sources secondes de clarté / par votre immatérielle participation / à la Lumière véritable, vous dissipez / également les ténèbres de l’erreur / et vous illuminez le cœur de tout croyant.

Vous les Martyrs, vous êtes les enfants / de la céleste et libre Jérusalem / et vous illuminez / l’Assemblée des premiers-nés, / exaltant dans les siècles le Christ.

Théotokion: Sous la croix tu te tenais et contemplais / fixé au bois le Christ que tu conçus, / notre Dame, et t’écrias: / Fils éternel et Verbe du Père sans commencement, / ne me laisse pas sans enfant!

* * *

Vierge toute belle, en ton éclat divin / fais-moi resplendir de la même splendeur, / afin que je puisse m’écrier: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans les siècles.

Ouvre-moi la porte lumineuse de la conversion, / toi la Porte de la Clarté, ô Vierge, et montre-moi / la justice, ce droit chemin / conduisant directement / aux issues de la divine volonté.

Toute-sainte, tu mis au monde ineffablement / le Verbe saint qui sanctifie tous les croyants: / Vierge pure, implore-le / pour qu’il daigne sanctifier aussi / ma pauvre âme souillée par le péché.

De toi, notre Dame, a jailli / le fleuve de clarté, la source d’immortalité; / c’est pourquoi, je t’en supplie, / assèche le torrent de mes péchés / sous les flots de ta divine intercession.

Ode 9

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

Sur le bois, ô Christ et Maître, / tu fus attaché comme un agneau, / tandis que tu brisais les dents du Loup, / arrachant de sa bouche / les brebis de ton troupeau, / Seigneur et bon Pasteur, / pour les conduire vers ton Père dans les cieux.

La couronne d’épines, / tu l’as portée, ô Christ, / en tant que Roi des rois, / coupant à la racine / les épines du péché / et brisant le règne du Mauvais; / c’est pourquoi nous, les fidèles, te glorifions.

Martyrika: Votre ferme assurance / comme soleil a resplendi, / dissipant les ténèbres ennemies, / Martyrs invincibles, / luminaires des croyants, / dignes de toute admiration, / inébranlables remparts de la foi.

Martyrs comblés de gloire, / vous nous êtes apparus / comme l’armée choisie de Dieu, / la céleste garde d’élite / chargée d’anéantir / les retranchements du Mauvais / par la grâce divine du Sauveur.

Théotokion: Ô Vierge, tu enfantes / le jardinier de notre foi, / le Créateur qui a planté / sur terre la vraie science, / déracinant la malédiction / poussée sous l’arbre défendu: / le magnifiant, nous te disons bienheureuse.

* * *

Tu mis au monde, Vierge pure, / l’inébranlable fondement / de notre salut, / qui fonda la terre sur les ondes / par sa divine volonté; / en lui prie-le d’affermir / les fidèles qui te disent bienheureuse.

Fais que je chemine, / Vierge pure, sans dévier, / sur le chemin de la paix / et des divins préceptes, / repoussant le tumulte des démons, / l’assaut de mes passions, / et répandant sur mon âme la clarté.

Me voyant sous l’emprise / de la paresse et d’un sommeil voluptueux, / l’ennemi impudemment / survient dans l’espérance / de me spolier; mais tu es là, / Vierge Mère immaculée, / pour me garder par ta vigilante médiation.

Me condamnant moi-même, / je vois le nombre de mes péchés / et le terrible tribunal du Seigneur, / où je dois comparaître, / mais toi, ô Mère de mon Dieu, / qui enfantas le Juge, garde-moi, / ce jour-là, de toute damnation.

Exapostilaire (ton 2)

Arme invincible, soutien de la foi, / Croix divine, nous te chantons, / devant toi nous prosternant avec foi: / tu es le refuge, la gloire des chrétiens; / gardienne des orthodoxes et fierté des martyrs, / à juste titre nous te glorifions.

Croix de Jésus, armure des chrétiens, / tu donnes aux rois victoire et tu renverses les démons: / à ceux qui se prosternent devant toi / donne ta protection et la grande miséricorde.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Tous ceux qui d’un cœur ardent / se prosternent pieusement / devant le croix et les souffrances de ton Fils, / fais qu’ils deviennent, ô Mère de Dieu, / les citoyens du Paradis / et les héritiers de la gloire des cieux.

Apostiches

À peine la figure de ta Croix / fut montrée par Moïse le prophète jadis, / elle triompha de tes ennemis, Seigneur; / à présent que nous la possédons en vérité, / nous demandons son secours: / affermis ton Église et donne aux chrétiens, / comme jadis à Constantin, / dans l’abondance de ton amour, / Ami des hommes, le trophée des vainqueurs.

Ta vivifiante Croix, ô Christ, / renversa la force de l’Enfer / et sauva le genre humain; / tirant le monde de la fosse où il gisait, / elle ouvrit au Larron le Paradis; / et, devant elle nous prosternant, / nous te glorifions, Sauveur: aie pitié de nous.

Sortis vainqueurs de leur combat, / émules des Anges incorporels, / tes Martyrs, Seigneur, ont enduré les tourments; / pour unique espérance ils avaient / la jouissance des biens promis; / par leur intercession, ô Christ notre Dieu, / donne au monde la paix / et à nos âmes la grande miséricorde.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Lorsque la Brebis vierge, ô Verbe, te vit, / toi, son Agneau, conduit à l’abattoir, / elle cria: Quelle audace inouïe, / comment des impies égorgent-ils / celui qui vivifie le genre humain? / Grande, ô mon Fils, est ta miséricorde envers nous!

LE MERCREDI À LA LITURGIE

Béatitudes

Le bon Larron sur la croix / eut foi en ta divinité, ô Christ; / il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant: / Souviens-toi de moi, Seigneur, en ton royaume.

En montant sur la croix / tu renversas la foule des démons / et, brisant la force meurtrière du tyran, / Christ Seigneur, tu sauvas le genre humain.

Lorsqu’on transperça ton côté, / tu fis couler sur moi les fleuves du pardon / et, lorsque tes mains furent clouées sur la croix, / de tout homme tu arrachas les passions.

Bienheureux Martyrs du Seigneur, / devenus les imitateurs du Christ en sa Passion, / par les tourments que vous avez endurés, / vous avez mérité les jouissances du ciel.

Gloire au Père...

Avec foi nous nous prosternons devant toi, / Dieu unique en trois personnes / qui partagent même honneur sans être divisées, / et te chantons: Gloire à toi, consubstantielle Trinité.

Maintenant... Théotokion

Te tenant près de la Croix / et voyant les blessures de ton Fils, / Pleine de grâce, tu fus blessée en ton âme / et chantas sa suprême condescendance envers nous.

Jeudi

LE MERCREDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Apôtres envoyés par toute la terre / comme flèches aiguisées du Tout-puissant, / à tire d’aile vous avez sagement émoussé / les traits enflammés et terribles des démons / pour éloigner le culte des faux-dieux / et enseigner à tous les hommes la foi, / faisant d’eux les brebis du Christ notre Dieu, / qui est vraiment le suprême Pasteur / et vous envoya, Bienheureux, parmi les loups / adoucir leur férocité par le moyen de la foi.

Disciples du Verbe de Dieu hypostasié, / qui vécut avec les hommes, en l’excès de son amour, / et assuma véritablement leur nature pour les déifier, / vous avez suivi sagement ses divines traces, / vous avez imité aussi sa pauvreté, / considérant toutes choses comme rebut; / aussi, renonçant à la deuxième tunique, / pour cheminer vous n’avez pris ni besace ni bâton / et maintenant, glorieux Apôtres, vous savourez / l’héritage des célestes trésors.

Par votre intercession en présence du Seigneur, / bienheureux Apôtres, délivrez-nous / de l’inquiétude des tentations, / du funeste bavardage des hérétiques impies, / du mauvais dessein des démons / et de la cruauté des humains, / de la tempête et de l’ouragan, / du grincement de dents / et de tout autre châtiment; / et priez-le de faire en sorte / que par l’ascèse et les travaux / nous obtenions en échange la vertu, / l’héritage du céleste royaume et la grande miséricorde.

* * *

Réjouis-toi, chef d’Église vénéré, / pure demeure des vertus, / divin modèle du sacerdoce chrétien, / pasteur suprême et flambeau lumineux, / toi l’éponyme des vainqueurs, / en qui les suppliants trouvent écoute et compassion; / tu te laisses fléchir par la prière des faibles, / tu es le secours toujours prompt, / le salut, la protection des fidèles qui vénèrent ta mémoire sacrée: / prie le Christ d’accorder à nos âmes la grande miséricorde.

Réjouis-toi, génie de sainteté, / pure demeure de la sainte Trinité, / colonne de l’Église, appui des fidèles et secours des opprimés; / astre dont les lumineuses intercessions / dissipent en tout temps les ténèbres / des épreuves et de l’affliction, pontife Nicolas; / havre de paix où trouvent refuge / pour leur salut ceux qui sont environnés / par les flots agités de cette vie, / prie le Christ d’accorder à nos âmes la grande miséricorde.

Réjouis-toi, plein de zèle pour Dieu, / toi qui sauves de malemort ceux qui doivent mourir injustement / en vertu de ton redoutable pouvoir ou des songes où tu apparais; / source jaillissant à Myre en Lycie, / arrosant aussi les âmes de myrrhe abondamment / et chassant la mauvaise senteur des passions; / glaive retranchant l’ivraie de l’erreur, / pelle vannant les enseignements de paille d’Arius, / vénérable pontife Nicolas, / prie le Christ d’accorder à nos âmes la grande miséricorde.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Au milieu de la multitude de mes péchés, / dans l’aveuglement, l’obscurcissement de mon esprit, / rempli de componction, de contrition, je te crie: / illumine les yeux de mon âme, / Vierge pure qui enfantas la Lumière sans soir / éclairant de sa radieuse connaissance les confins de l’univers; / répands sur mon esprit la clarté / de tes prières, ô Tout-immaculée, / me permettant de devenir un fils de lumière, moi aussi, / en implorant du Christ pour le monde la grande miséricorde.

Apostiches

Disciples du Sauveur, témoins oculaires des mystères du Christ, / vous avez annoncé celui qu’on ne peut voir/ et qui n’a pas de commencement, / disant: Au commencement était le Verbe; / ce n’est pas qu’avant les Anges vous fûtes créés / ni qu’auprès des hommes vous l’ayez appris, / mais directement de la sagesse d’en-haut; / c’est pourquoi nous vous prions / d’intercéder pour nos âmes en présence du Seigneur / grâce au crédit que vous avez auprès de lui.

En des hymnes mélodieuses chantons / les Apôtres du Seigneur: / revêtus en effet de l’armure de la Croix, / ils ont mis un terme à l’égarement des faux-dieux / et, porteurs de couronnes, / se sont montrés victorieux; / par leurs prières aie pitié de nous, Seigneur.

Dans votre inébranlable fermeté, / vous n’avez pas renié le Christ, / saints Martyrs qui avez souffert toutes sortes de tourments, / mais vous avez triomphé de l’audace des tyrans / et conservé sans faille la foi / pour passer de la terre vers le ciel; / aussi, par le crédit que vous avez auprès de Dieu, / demandez-lui pour le monde la paix / et pour nos âmes la grande miséricorde.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Réjouis-toi, Pleine de grâce, / Mère du Christ notre Dieu, / car à toi le Roi de gloire s’est montré / et l’Esprit saint t’a couverte de son ombre; / par le crédit que tu possèdes auprès de lui, / intercède en notre faveur / pour le salut de nos âmes.

LE MERCREDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Le Dieu sauveur qui a conduit à pied sec / sur la mer Rouge le peuple d’Israël, / submergeant le Pharaon et toute son armée, / chantons-le comme le seul digne de nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Lumineuse Nuée du Christ notre Roi, / illumine mon esprit / enténébré par les ruses du guerroyeur / et réduit à la cécité / par le brouillard de mes sombres péchés.

Toute-sainte, veuille délivrer / ma pauvre âme des raisonnements pervers / et faire d’elle un habitacle divin, / afin que je puisse te glorifier / comme il convient, Génitrice de Dieu.

Gloire: Vierge pure, lorsqu’il me faudra quitter / cette éphémère vie par divine volonté, / fais que je puisse l’emporter / sur les funestes démons / en me donnant les anges pour compagnons.

Maintenant: Pourquoi, ô mon âme, passer ta vie / tout entière dans 1’acédie? / Empresse-toi, dorénavant, / d’appeler la Mère du Seigneur: / divine Génitrice, purifie-moi et sauve-moi.

Ode 3

Ô Christ, par la puissance de ta Croix / affermis nos sentiments / pour nous permettre de chanter / et de glorifier ta venue parmi nous.

De la fosse des passions et du malheur / fais-moi vite remonter, / moi qui n’hésite pas à te chanter, / toute-bienheureuse Mère de Dieu.

Découds le sac que me font porter / mes immenses transgressions, / Pleine de grâce, et revêts-moi / de l’allégresse que procurent les vertus.

Gloire: Accorde-moi, Vierge pure, un flot de pleurs / afin que de mon cœur / je fasse cesser l’endurcissement / et sans cesse puisse te chanter.

Maintenant: Rabaisse, Tout-immaculée, / l’audace des ennemis incorporels / et de leurs tourments / hâte-toi de me délivrer.

Ode 4

Seigneur, j’ai entendu ta voix; / j’ai reconnu la puissance de ta Croix, / puisque par elle fut ouvert le Paradis, / et j’ai dit: Gloire â ta puissance, Seigneur.

Pourquoi, mon âme, imites-tu / le stérile figuier, sans craindre aucunement / la cognée, puis le feu de l’éternité? / Ressaisis-toi bien vite avant la fin.

Quelle langue peut dire l’océan / sans limite des maux que j’ai commis / et l’abîme de mes fautes? Mais du désespoir, / Vierge immaculée, sauve-moi.

Gloire: Sur moi je pleure lorsqu’en esprit / je considère la multitude de mes péchés / et l’inextinguible flamme; je t’en prie donc, / donne-moi, Vierge pure, le temps de me convertir.

Maintenant: Que l’ennemi, dans sa cruelle perfidie, / n’engloutisse mon âme comme un lion, / mais dans ta puissance, Vierge de bonté, / fais que se brisent ses funestes crocs.

Ode 5

En cette veille et dans l’attente du matin, / Seigneur, nous te crions: Prends pitié et sauve-nous, / car tu es en vérité notre Dieu, / nous n’en connaissons nul autre que toi.

Penche-toi du haut du ciel pour regarder / et exauce, notre Dame, mon appel: / je t’en prie, délivre-moi / du châtiment qui dure l’éternité.

Je suis blessé par les flèches du péché / et c’est à toi que je fais appel: / veuille guérir, ô Vierge immaculée, / les blessures de mon cœur.

Gloire: Seule Vierge toute-digne de nos chants, / prends pitié de moi qui fais appel / à ta grande bonté: / rends-moi digne de ta compassion.

Maintenant: Ami des hommes, seul compatissant, / aie pitié de moi, par l’intercession / de la Mère qui t’enfanta, / car tu es mon Seigneur et mon Dieu.

Ode 6

L’abîme m’entourait de toutes parts, / le monstre me tenait comme au tombeau: / Ami des hommes, j’ai crié vers toi, / et ta droite, Seigneur, m’a sauvé.

Le perfide, tel un fauve rugissant, / cherche à me déchirer, à faire de moi, / Vierge pure; sa proie: / sauve-moi du mal qu’il pourrait me causer.

Ami des hommes, sois compatissant, / grâce aux prières de la Vierge qui t’enfanta; / délivre de toute peine ton serviteur, / rends-moi digne de ta gloire pour l’éternité.

Gloire: L’abîme du péché fait cercle autour de moi / et j’enfonce dans le gouffre du désespoir; / Vierge pure, fais-moi donc remonter / du fond de l’enfer, moi qui te glorifie.

Maintenant: Ma vie fut remplie de fautes / et de toute insouciance; c’est pourquoi, / Vierge pure, avant la fin guide-moi / vers le repentir et sauve-moi, Toute-digne de nos chants.

Cathisme

Réjouis-toi, ferme rempart assurant la victoire de Dieu, / réjouis-toi qui fais tomber les barbares tout armés, / réjouis-toi, relèvement du peuple des fidèles croyants, / divine Mère dont l’intercession nous délivre de tout mal, / nous qui véritablement mettons en toi notre espoir.

Ode 7

Sauveur qui, dans la fournaise de feu, / préservas les Jeunes Gens qui te chantaient, / tu es béni, Seigneur, Dieu de nos Pères.

Procure-moi, notre Dame, en ta bonté, / la rémission de tous les péchés / que j’ai commis par ignorance ou volonté.

Mon esprit faiblit sous les assauts / des impures et perverses pensées: / dans ta bonté, viens vite à mon secours.

Gloire: Les passions de mon âme m’ont couvert de plaies: / à présent, divine Mère, guéris-les / grâce au remède de tes intercessions.

Maintenant: Accorde-moi, divine Mère, en ta bonté / la contrition de l’âme ainsi que d’humbles pensées, / afin que je puisse rendre gloire à ton nom.

Ode 8

Le Fils de Dieu, né du Père avant les siècles, / en ces derniers temps s’est incarné de la Vierge Mère: / vous les prêtres, louez-le, / peuple, exalte-le dans tous les siècles.

Ayant passé toute ma vie dans l’insouciance, / malheureux que je suis, j’approche de ma fin; / c’est pourquoi je te prie d’arracher / ma pauvre âme au filet de l’ennemi.

Dans ton courroux, ne reprends pas ton serviteur; / et ton peuple, en ta colère, ne le châtie pas: / il délègue ta Mère, Seigneur sans péché, / pour intercéder dans tous les siècles en sa faveur.

Gloire: À moi qu’éprouvent durement les infirmités corporelles, / les blessures de mon âme, le soulèvement de mes passions / accorde par ta médiation / la santé, Vierge Mère de Dieu.

Maintenant: Comme à la chambre nuptiale, ô Vierge, Gabriel, / envoyé vers toi, te cria: Réjouis-toi, / glorieux palais du Roi de tous, dont le Christ / fait sa demeure pour déifier tout homme ici-bas.

Ode 9

Dépassant notre esprit et notre entendement, / tu mis au monde et dans le temps le Seigneur intemporel: / Mère de Dieu, d’une même voix et d’un seul cœur, / nous les fidèles, nous te magnifions.

Celle qui t’a mis au monde, ô notre Dieu, / d’inexplicable façon, / comme protectrice nous l’avons: / c’est le salut de nos âmes, le rempart / inébranlable et la source des guérisons.

Lorsque sur le trône de gloire tu siégeras / pour juger, ô Christ, le monde que tu as créé, / avec ceux de ta droite compte-moi, Sauveur, / moi aussi, ton serviteur, / par les prières de la Vierge qui t’enfanta.

Gloire: Délivre-moi, ô Vierge immaculée, / du feu qui brûle dans l’éternité, / du ver qui ronge sans fin / et de toute punition, / moi qui ai placé mon espoir en toi.

Maintenant: Lorsque mon âme se séparera / de mon misérable corps, alors délivre-moi / de la tyrannie / des ennemis invisibles, / sainte Épouse de notre Dieu.

LE JEUDI À MATINES

Cathisme I

Les Apôtres divins / qui ont vu le Verbe et servi le Christ, / chantons-les par des hymnes et des cantiques spirituels, / car ils intercèdent auprès du Christ / pour nous qui célébrons leur mémoire sacrée.

Chantons d’un même chœur les Apôtres / qui prêchèrent à tout fidèle / selon la vraie foi la doctrine sans faille du Seigneur, / repoussant les ténèbres de l’hérésie, / répandant sur le monde la clarté spirituelle, / la grâce des enseignements divins / et qui intercèdent pour notre salut.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Vierge inépousée, Épouse toujours-vierge, / avec les Témoins oculaires de Dieu / nous te chantons, car le Puissant fit en toi des merveilles; / celui qui est né du Père avant les siècles, / prenant notre image pour nous, reposa dans ton sein / et bon lui sembla de naître en notre chair / pour la délivrance et le salut du genre humain.

Cathisme II

Par des hymnes chantons les Apôtres / comme témoins oculaires du Verbe et divins prédicateurs / qui prirent les nations dans leurs filets spirituels; / car ils nous ont conduits vers la connaissance du Christ / en sauvant de l’erreur / l’ensemble du genre humain / pour le faire entrer dans le royaume des cieux.

Disciples du Sauveur, Apôtres de Dieu / qui jusqu’aux limites de l’univers / avez semé la parole du salut / et répandu la clarté / sur qui était assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort, / illuminez aussi mon âme enténébrée par la noirceur des passions / en vertu de vos prières, sages Apôtres du Seigneur

Gloire... Maintenant... Théotokion

Vierge sainte, rempart du peuple qui espère en toi, / de toute épreuve délivre-nous, / de toute inquiétude et de tout péril; / avec les Apôtres du Christ, / intercède auprès de ton Fils / pour le salut de tous ceux qui te consacrent leurs chants.

Cathisme III

Seigneur, des pêcheurs sans instruction / confondirent les philosophes et fermèrent la bouche aux rhéteurs / en prêchant l’ineffable mystère de ta venue dans la chair; / et ils devinrent les sages Docteurs des nations, / illuminant les confins de l’univers / à la clarté de la connaissance de Dieu; / par leurs prières accorde-nous la grande miséricorde.

Tes Martyrs, Seigneur, ont bu après toi / le calice de ta passion, / ils ont renoncé aux plaisirs de cette vie; / des Anges ils sont devenus concitoyens. / Par leurs prières, Seigneur, / accorde à nos âmes le pardon et la grande miséricorde.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Hâte-toi de nous porter secours et protection, / montre ta miséricorde envers tes serviteurs, / Vierge sainte, apaise la houle de nos folles pensées, / Mère de Dieu, relève mon âme déchue; / ô Vierge, je sais en effet / que tu peux faire tout ce que tu veux.

Le canon de saint Nicolas a les mêmes hirmi que celui des saints Apôtres. Il porte en acrostiche: Je t’offre, Nicolas, un cinquième cantique. Joseph.

Ode 1

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

Divins Apôtres, vous qui possédez / comme premier don celui de rayonner / la lumière de celui qui a daigné / converser avec les hommes dans la chair, / délivrez mon âme de toute obscurité.

Tendant son arc, le Seigneur vous envoya / comme flèches en tout point de l’univers, / glorieux Apôtres, pour briser / tous les traits de Bélial / et guérir les blessures des croyants.

Ayant pour Maître la Sagesse personnifiée, / vous avez rempli de sagesse l’univers; / illuminez aussi mon cœur, / saints Apôtres, en repoussant / tout méfait de l’Ennemi.

Théotokion: Pleine de grâce et seule Vierge bénie, / toi qui as comblé l’ensemble des humains / de grâce et de bénédiction, / en compagnie de ses Apôtres prie le Christ, / Vierge pure, de nous prendre en pitié.

* * *

Par la foi et par l’amour devenu le familier de Dieu, / tu as accompli ses divins commandements / grâce auxquels en toute chose, / Père théophore Nicolas, / tu as agi saintement.

Accablés par les périls et l’affliction, / c’est auprès de toi que nous trouvons refuge, Bienheureux, / toi notre défenseur auprès de Dieu; / donne-nous la main pour nous sauver / de tout sujet d’angoisse.

L’Oint du Seigneur jadis t’a consacré / comme archevêque de Myre, afin que nous fleurions / la bonne odeur de tes miracles; / c’est pourquoi nous t’en prions, saint Nicolas, / délivre-nous des miasmes du péché.

Théotokion: Jadis le chœur des Prophètes inspirés / te nomma, ô Vierge, montagne de Dieu / et porte infranchissable: / c’est pourquoi, Mère de Dieu, nous t’en prions, / ouvre-nous les portes de la conversion.

Ode 3

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Celui qui dans la chair s’est appauvri, par un excès de sa bonté, / glorieux Apôtres qui avez tout laissé pour le servir, / vous enrichit de toutes sortes de charismes, / vous qui jusqu’au bout de l’univers / portez la lumière de sa divine connaissance.

Je suis atteint par la morsure du venimeux serpent / et je porte en moi les blessures de mon cœur; / c’est pourquoi je fais appel à toi, / Christ qui fus blessé pour moi: / par les prières des Apôtres guéris-moi, je t’en prie.

Grâce au filet de votre intercession, / bienheureux Apôtres, m’ayant pêché et retiré / du funeste abîme du péché, / de la houle des pensées meurtrières et des passions, / portez-moi sain et sauf vers le Dieu de l’univers.

Théotokion: Toi qui reçus le céleste Embrun, / avec les Apôtres, ô Vierge, implore-le / pour qu’il apaise l’orage de mes passions / et assèche l’océan de mes péchés, / pour me sauver, qui d’un cœur pur te glorifie.

* * *

Par le moyen de tes divins travaux / tu as émoussé les flèches du Mauvais; / saint Nicolas, par ton intercession / garde-nous de sa méchanceté, / sains et saufs à l’abri de ses complots.

Pontife et Père Nicolas / qui sur terre menas une vie angélique, / tu te tiens sans cesse avec les Anges / devant le trône de la sainte Trinité, / demandant pour nous le pardon de nos péchés.

De mon esprit tiens éloignée toute noirceur / par le pur éclat de tes prières, Nicolas; / apaise le remous des passions, / guide-moi, ô Père, vers le havre de paix, / afin qu’en chants de laude je puisse te glorifier.

Théotokion: À la droite du Christ comme Reine tu te tiens, / vêtue en vérité de riches broderies, / Vierge que Dieu combla de grâce, / nous procurant, par ta médiation / et ta prière, l’accès au royaume des cieux.

Ode 4

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

Jésus, qui est la Porte et notre Dieu, / entrouvrant à ses Apôtres la divine révélation, / grâce à leur prédication / ouvrit la porte à tous les peuples.

Fils de Dieu, tu fis des Apôtres, par communion, / les fils de ton Père des cieux: / fais de nous tous, par leur intercession, / des fils de lumière et de jour.

Sur douze trônes, avec le Juge notre Roi, / vous devez siéger, en sa glorieuse parousie: / saints Apôtres, ce jour-là, / délivrez-moi du redoutable jugement.

Théotokion: Tabernacle de la divine sainteté, / sanctifie nos âmes, éclaire nos pensées, / implorant sans cesse le Christ / avec les Apôtres pour notre salut.

* * *

Avec ceux qui passent, tu achetas les biens futurs: / fais que nous en héritions par tes prières, nous aussi, / bienheureux Père Nicolas, / nous délivrant des épreuves de la vie.

Toi qui de Myre occupas le siège épiscopal, / verse de la myrrhe sur les fibres de mon cœur, / saint Nicolas, pour en éloigner / par tes prières les miasmes des passions.

Détruisant les complots de l’Ennemi, / mène à leur totale perdition / nos ennemis visibles et invisibles / qui sans cesse nous font la guerre, saint Nicolas.

Théotokion: Aide-moi, sainte Mère de mon Dieu, / car je suis plongé dans le gouffre des plaisirs / et sans cesse je gémis / sur la couche de mon indolente vie.

Ode 5

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi je veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

Les saints Apôtres, ces rhéteurs spirituels, / dans la chambre haute, sous forme de feu, / reçurent l’Esprit saint / en son effrayante descente sur eux.

Flèches de choix, le Christ vous envoya / pour anéantir les flèches des méchants; / guérissez aussi mon âme / vulnérée par les traits de l’Ennemi.

Vous avez chassé de la terre l’impiété: / guérissez aussi, saints Apôtres, je vous prie, / par la rosée de vos remèdes / ma conscience saccagée par le péché.

Théotokion: Dieu de tendresse, ne me damne pas, / loin de ton visage ne me repousse pas: / avec la troupe des Apôtres, / voici pour t’implorer la Vierge qui t’enfanta.

* * *

Tu détruisis les idoles des faux-dieux; / les complots des hérétiques, tu les avais réduits à rien, / saint Nicolas, et tu as délivré / ceux qui étaient conduits à la mort.

Dès l’enfance, tu veillais en présence du Seigneur / et resplendissais des clartés venues d’en haut: / c’est pourquoi, saint Nicolas, / chasse loin de mon âme les nuages du péché.

Nous t’en prions, bienheureux Père Nicolas, / au jour du jugement sois à proximité / des fidèles qui t’invoquent, / leur accordant le salut demandé.

Théotokion: Celui que nul esprit ne peut saisir / fut cerné par toi en devenant porteur de notre corps, / Vierge pleine de divine grâce, / pour libérer tout homme des angoisses l’enserrant.

Ode 6

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

Tu fis cesser la pourriture du péché / qui avait atteint les âmes des païens, / Seigneur ami des hommes, / par le sel des enseignements apostoliques.

Tu connais l’abîme des mes péchés; / Christ notre Maître, donne-moi la main, / Ami des hommes, et sauve-moi / par les prières de tes Apôtres divins.

De la terrible condamnation, / au jour du redoutable jugement, / juste Juge, sauve-moi / par les prières de tes Apôtres glorieux.

Théotokion: Seigneur, rends-moi digne du salut / bien que désespéré par la multitude de mes péchés; / sauve-moi par l’intercession / de tes Disciples et de celle qui t’enfanta.

* * *

Par tes prières, saint pontife Nicolas, / rends favorable le Seigneur notre Dieu / envers ceux qui te vénèrent, / pour qu’il leur accorde le pardon des péchés.

Des maladies, des obstacles de la vie, / de l’affliction et de toute épreuve, Nicolas, / délivre ceux qui te choisissent / pour intercesseur en présence de Dieu.

De toi le Christ notre Seigneur / fait le meilleur des médecins: / guéris les maladies de tout fidèle / qui s’approche de toi, saint Nicolas.

Théotokion: Vierge pure, tu as enfanté / sans connaître d’homme, Mère de mon Dieu; / aussi est-ce avec foi que je t’implore: / chasse de mon âme le goût du plaisir.

Ode 7

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / vous a exaltés, tandis qu’il abaissait / toute la puissance de notre Ennemi, / Disciples qui avez vu le Christ notre Dieu.

Par vos prières, aux flots de componction / nettoyez la souillure de mon cœur, / Apôtres qui nous enseignez à chanter: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Dans le feu de l’Esprit divin / vous avez brûlé les vanités terrestres; / délivrez-moi de la géhenne, / Disciples du Verbe de Dieu.

Théotokion: Redressement de la faute d’Adam, / éveille-moi de l’abîme du péché, / ô Vierge, par ton intercession / et par celle des Apôtres divins.

* * *

Tout entier, tu t’es consacré à Dieu: / sauve-moi, divin pontife Nicolas, / qui chaque jour succombe / devant les passions de cette vie.

Luminaire allumé par Dieu, / éclaire mon esprit / assombri par les passions; / en cette vie donne-moi de cheminer dignement.

Par tes prières brise la bouche du Méchant, / qui est grande ouverte afin de m’avaler, / saint Nicolas, délivre-moi / des ennemis invisibles et que l’on voit.

Théotokion: Nuée resplendissante de clarté, / tu fis briller pour nous le Christ notre Dieu, / soleil sans soir illuminant les cœurs / enténébrés par l’ignorance, ô Mère de Dieu.

Ode 8

Pour toi, Dieu créateur, / dans la fournaise les Jeunes Gens / formèrent un chœur avec tout l’univers et chantaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

De tes saints Apôtres, / ô Verbe, tu as déployé / les nuages mystiques répandant sur nous / la pluie de leurs divins enseignements / et nous abreuvant dans tous les siècles.

Colonnes sans pareilles / qui par l’enseignement de notre foi / soutenez l’Église, veuillez affermir / de tout votre art, Apôtres ayant vu Dieu, / la maison de mon âme, qui risque de crouler.

Pauvre âme, gémissant, / de tout cœur verse des flots de larmes en t’écriant: / Unique Dieu de compassion, / pour me faire grâce et me sauver, / de tes Disciples agrée l’intercession.

Théotokion: Cité choisie du Roi, / fais de moi, ô sainte Sion, / un citoyen de la Jérusalem céleste, / Vierge pure, en implorant / avec les Apôtres ton Fils intemporel.

* * *

De Myre, ô Nicolas, / toi qui fus le grand Pasteur, / baigne de myrrhe mes sens spirituels, / afin que j’échappe aux miasmes des passions / et que je reçoive la grâce du Paraclet.

D’Arius tu arrêtas / le dissonant débit par les discours / issus de ta sainte bouche, bienheureux Nicolas; / c’est pourquoi je crie vers toi: / assèche par tes prières le flot de mes passions.

Délivre-nous aussi, / par tes prières, de nos péchés, / des méfaits du Diable, de la capture par les païens, / de tout dommage causé par les humains; / alors nous te louerons comme notre défenseur.

Triadique: Nous tous qui glorifions / fidèlement, sans nous lasser, / d’une triple laude l’unique Seigneurie, / clamons au Père, au Verbe et à l’Esprit: / nous te chantons dans tous les siècles.

Théotokion: Ô Vierge immaculée, / le Dieu sorti de toi, / qui porta notre chair, t’a montrée à nos yeux / comme la protection de tout le genre humain; / et nous fidèles, nous te chantons à pleine voix.

Ode 9

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

Cieux couverts d’étoiles, / vous l’êtes en esprit / par la splendeur de vos vertus; / possédant en votre centre / le Christ comme Soleil, / sur terre vous avez tout renouvelé; / c’est pourquoi nous vous disons bienheureux.

Portant, sages Apôtres, / sur votre corps divin / comme prestigieux bijoux / les blessures du Maître, / guérissez mon âme vulnérée / par les flèches des démons, / grâce â vos prières en présence du Seigneur.

De la profonde fosse / où le péché m’a fait tomber / et du sommeil du plaisir / où mon âme succombe / viens m’éveiller et me sauver, / comme Lazare jadis, / à la prière de tes Disciples, ô Verbe et Seigneur.

Théotokion: De mon âme dirige / les pas, ô Verbe de Dieu, / vers les divins sentiers / de tes préceptes sans faille, / toi qui as auprès de toi, Dieu de bonté, / la Vierge pure qui t’enfanta / et les Apôtres qui intercèdent pour nous.

* * *

Comme divin pontife, / tu observas en vérité / tous les préceptes du Christ / et devins pour les fidèles / le protecteur divin / qui les gardes, saint Nicolas, / de tout mal et de toute adversité.

Comme, en la famine, / tu as nourri jadis / ta cité manquant de pain, / nourris aussi mon âme / du pain spirituel, / bon Pasteur et Père Nicolas / que j’ai la chance d’avoir pour protecteur.

Toi qui brilles sans cesse / comme le grand soleil / au faîte de l’Église du Christ, / nous te prions, nous les fidèles, / de chasser l’obscurité de nos péchés; / vénérable Pasteur, / grâce aux rayons de ta splendide clarté.

Voici qu’il est tout proche, / ainsi qu’il est écrit, / le grand jour de la venue du Christ; / âme stérile, laisse l’indolence, / hâte-toi de dire au Christ: / Seigneur, viens me sauver / par les prières du saint pontife Nicolas.

Théotokion: Vierge pure, le Prophète / te vit comme un brillant flambeau, / comme un chandelier portant le Christ; / par lui nous avons reçu la lumière, / nous qui étions dans les ténèbres du péché, / et c’est pourquoi, ô Mère de Dieu / et Dame toujours-vierge, nous te disons bienheureuse.

Exapostilaire (ton 3)

Apôtres du Seigneur dont le verbe a tiré / du sombre gouffre de l’erreur / vers la lumière l’univers entier, / sans cesse intercédez en notre faveur.

Ô gloire des Apôtres et Douzaine sacrée, / avec le saint de Myre, le pontife Nicolas; / sans cesse auprès du Sauveur / intercédez en notre faveur.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Ô Vierge, refuge des chrétiens, / avec le glorieux Évêque prie ton Fils / et supplie-le pour qu’à nous, tes indignes serviteurs, / nous soit permise la joie éternelle.

Apostiches

Disciples du Sauveur, témoins oculaires des mystères du Christ, / vous avez annoncé celui qu’on ne peut voir / et qui n’a pas de commencement, / disant: Au commencement était le Verbe; / ce n’est pas qu’avant les Anges vous fûtes créés / ni qu’auprès des hommes vous l’ayez appris, / mais directement de la sagesse d’en-haut; / c’est pourquoi nous vous prions / d’intercéder pour nos âmes en présence du Seigneur / grâce au crédit que vous avez auprès de lui.

En des hymnes mélodieuses chantons / les Apôtres du Seigneur; / revêtus en effet de l’armure de la Croix, / ils ont mis un terme à l’égarement des faux-dieux / et, porteurs de couronnes, / se sont montrés victorieux; / par leurs prières aie pitié de nous, Seigneur.

Au milieu des supplices, les Martyrs / s’écriaient joyeusement: / Voici le moyen de nous réconcilier avec Dieu; / en échange des meurtrissures qui couvrent nos corps, / nous recevrons pour la résurrection de brillants vêtements; / à la place de l’infamie, la couronne des cieux; / en échange de la prison, le Paradis; / au lieu d’être condamnés / en compagnie des malfaiteurs, / nous serons avec les Anges dans le ciel. / Par leurs prières, sauve nos âmes, Seigneur.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Vierge entre toutes choisie, / écoute notre appel, / accorde à nos âmes ce qu’elles demandent avec foi; / délivre-nous des passions et des douleurs, / par les prières des Apôtres: / comme Mère de Dieu tu peux faire tout ce que tu veux.

LE JEUDI À LA LITURGIE

Béatitudes

Le bon Larron sur la croix / eut foi en ta divinité, ô Christ; / il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant: / Souviens-toi de moi, Seigneur, en ton royaume.

Comme nuages lumineux, / versant l’eau vive, vous avez parcouru l’univers, / et les cœurs consumés par le péché, / vous les avez abreuvés, divins Apôtres, richement.

Comme les mystiques rayons du Soleil / qui s’est levé d’une Vierge pure, / vous avez éclairé ceux qui étaient assis dans les ténèbres de l’erreur, / divins Apôtres du Christ notre Dieu.

Souffrant de tout cœur le feu des tourments, / vous avez brûlé le mensonge des faux-dieux / et vous avez gagné, saints Martyrs, / le bonheur éternel auprès de Dieu.

Gloire au Père...

Afin de retrouver la drachme perdue / dans le gouffre du péché / et de la porter à ton Père, ô Christ notre Dieu, / tu fis de tes Apôtres des hérauts par la grâce de l’Esprit.

Maintenant... Théotokion

Ornement des Apôtres, comblée de grâce par Dieu, / par la pénitence fais resplendir / mon âme assombrie par les plaisirs de cette vie, / afin que sans cesse je te dise bienheureuse.

Vendredi

LE JEUDI SOIR À VÊPRES

Lucernaire

Voulant faire cesser les souffrances et la honte des mortels, / Seigneur de tendresse et mon Sauveur, / tu supportes le déshonneur de la croix; / le fiel, tu l’as goûté pour ôter notre amertume, / d’une lance fut percé ton flanc immaculé / pour guérir, ô Maître, nos âmes vulnérées; / c’est pourquoi nous chantons ta glorieuse crucifixion et, nous prosternant, nous vénérons / la lance, l’éponge et le roseau / par lesquels tu donnes au monde la paix / et lui accordes la grande miséricorde.

Ô Christ, préfigurant ta Passion, / ton serviteur Moïse éleva le serpent d’airain / pour arracher les mortels à la morsure venimeuse des serpents; / et lors de ta mise en croix, longanime Seigneur, / le monde, délivré de l’atteinte du Serpent, / fut élevé de terre jusqu’aux cieux; / c’est pourquoi nous chantons dans l’allégresse ton pouvoir / et vénérons ta sainte Croix, / devant elle, Ami des hommes, nous prosternant: / par elle l’entière création / trouve la fin de ses douleurs et la grande miséricorde.

Ami des hommes, voulant arracher l’ordonnance prise contre Adam / et mettre fin à toute souffrance, Créateur, / tu te laisses percer de clous, ô Christ sans péché; / tandis que la lance blesse ton côté, / ô Verbe, tu empêches le glaive flamboyant / de nous fermer la porte, à nous tes serviteurs; / c’est pourquoi nous chantons et glorifions ton pouvoir / et vénérons ta sainte Croix, / devant elle, Ami des hommes, nous prosternant: / par elle l’entière création / trouve la fin de ses douleurs et la grande miséricorde.

* * *

Ayant le collier de mon âme sans cesse chargé / de lourds malheurs et de la multitude de mes péchés, / notre Dame, je n’ose lever mes regards vers le haut; / penché vers la terre, je crie du fond du cœur: / aie pitié, toi dont les entrailles immaculées / donnèrent le jour au Dieu de compassion: / de tes merveilles montre-moi la multitude infinie, / ô Vierge, et levant vers ton Fils / tes pures et divines mains, / obtiens-moi par tes prières, le salut.

Sur l’océan de cette vie / la tempête, la houle, le tourbillon des péchés / m’ont pris et me poussent vers le gouffre du désespoir; / par tes prières, Vierge pure, dirige mon cœur / vers le havre serein de la vie, / vers l’amendement et la parfaite conversion; / vois ma faiblesse, sois attentive à mon cas, / tends-moi ta main secourable pour me faire lever, / Toute-digne de nos chants qui enfantas le Christ notre Dieu / pour qu’il donne au monde la grande miséricorde.

Hélas, je me suis chargé des plus graves péchés, / je crains de me trouver en face de ton Fils: / ô Vierge, comment supporterai-je alors son jugement? / Devant le tribunal coule un fleuve de feu / et les Anges sont là par milliers / pour y précipiter les pécheurs; / aussi, avant la fin de cette vie, / Vierge toute-pure, je te prie d’intercéder / auprès du Juge ami des hommes pour qu’il me prenne en pitié, / m’accordant le pardon et la grande miséricorde.

Gloire au Père... Maintenant...

Prenant sur lui tout mon être, / le Créateur notre Dieu l’a revêtu, / voulant restaurer l’antique nature déchue en Adam; / sur la croix il se laisse élever de bon gré / et, les mains percées de clous, il guérit maintenant / celles qui jadis furent tendues vers l’arbre défendu; / ce que voyant, la Toute-pure s’écria: / Pourquoi, ô mon Fils, cette patience inouïe, / comment pourrai-je supporter de voir fixé sur une croix, / ô Christ, celui qui tient dans sa main tout l’univers?

Apostiches

À peine la figure de ta Croix / fut montrée par Moïse le Prophète jadis, / elle triompha de tes ennemis, Seigneur; / à présent que nous la possédons en vérité, / nous demandons son secours: / affermis ton Église et donne aux chrétiens, / comme jadis à Constantin, / dans l’abondance de ton amour, / Ami des hommes, le trophée des vainqueurs.

Ta Croix, ô Christ notre Dieu, / pour être par nature du bois, / divine est revêtue cependant de puissance; / lorsqu’au monde elle apparaît visiblement, / elle opère spirituellement notre salut; / et, devant elle nous prosternant, / nous te glorifions, Sauveur: aie pitié de nous.

Illustres Martyrs qui avez méprisé les biens de cette vie / pour affronter avec noblesse les tourments, / vous n’êtes point frustrés dans votre espérance du bonheur, / mais en héritage vous avez reçu le royaume des cieux; / et, puisque vous avez le pouvoir de plaider auprès d’un Dieu si bon, / demandez-lui pour le monde la paix / et pour nos âmes la grande miséricorde.

Gloire... Maintenant... Théotokion

À voir ton côté percé d’une lance, ô mon Fils, / je suis blessée par le terrible glaive du chagrin / et de mon âme ne peut s’échapper le moindre gémissement! / disait la Toute-pure, témoin de ta Passion / et contemplant ton injuste immolation, / Seigneur longanime et plein de bonté; / elle ajoutait, dans ses larmes: Où sont les bonnes nouvelles me concernant, / où est celui qui m’a dit: Réjouis-toi, / où est l’extraordinaire naissance, où est Pierre, notre ami? / Gloire, Seigneur, à ta patience inouïe!

LE JEUDI SOIR À COMPLIES

Ode 1

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

Sans conteste, nous te reconnaissons, / divine Épouse, comme un autre Paradis / surpassant celui de l’Éden, / puisque toi, ô Mère de Dieu, / tu as fait croître pour les humains, / Vierge pure, l’immortalité.

Adam, pour avoir saisi / au Paradis le fruit / de l’arbre défendu, / a dû goûter au nouvel arbre; / et l’immortalité lui fut donnée par celui / qui a pris chair, ô Vierge, de ton sein.

Gloire: De la terre fut formé d’abord / le premier Adam / par les mains du Tout-puissant; / mais sans semence est né de toi, / divine Mère, le nouvel Adam, / lui l’auteur du genre humain.

Maintenant: Tel un abîme sans fond m’ont entouré / mes immenses péchés / et j’enfonce maintenant / dans le gouffre du terrible désespoir: / hâte-toi, ô Vierge qui as enfanté / l’Océan de miséricorde, et sauve-moi.

Ode 3

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Toi qui fis de la terre mère, tout au début, / un jardin de vie / qui d’abord n’y était point, / sans semence, t’incarnant d’une femme, / comme d’une terre non ensemencée, / sans changement tu es venu, ô Verbe de Dieu.

Des fils de la terre tu es l’espoir, / l’allégresse, le secours, / l’abri, la protection, / souveraine Mère de la vie; / c’est pourquoi, nous t’en prions, / à tous ceux qui te chantent envoie ton secours.

Gloire: En proie aux cruelles maladies, / Créateur compatissant et Dieu de l’univers, / dans nos épreuves nous te présentons / comme ambassadrice ton tabernacle très-saint / et te prions de mettre fin / aux dangers dont sont la proie tes serviteurs.

Maintenant: Cruellement me trouble la houle du péché, / Vierge pure, m’entraînant / dans l’abîme de la transgression, / et la tempête des pensées hostiles / secoue mon âme; toi la Mère du Timonier, / hâte-toi de préserver ton serviteur.

Ode 4

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

Ève, soumise au serpent, enfante pour les femmes l’affliction, / mais toi, ô Vierge, en écoutant / avec foi la divine parole, tu as fait fleurir / l’allégresse pour le monde entier.

Du côté d’Adam Ève d’abord sans mère vit le jour; / quant à Dieu c’est maintenant / une Vierge Mère divinement épousée / qui sans père l’enfante dans la chair.

Gloire: Ève exulte: une jeune vierge a délivré / la prime aïeule de l’antique condamnation, / car elle a conçu le Juge en toute pureté / et mis au monde le Seigneur compatissant.

Maintenant: Mon existence s’achève dans le péché, / dans les pensées que me suggèrent les passions; / mon âme est condamnée: montre-moi ta compassion, / dans ta miséricorde, notre Dame, et sauve-moi.

Ode 5

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi je veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

Vierge et Mère de celui qui nous donne la clarté, / toi la lumineuse colonne et la nuée, / nous qui cheminons dans un désert de perdition, / en toi nous trouvons refuge au milieu des dangers.

Réjouis-toi, qui mis au monde dans la chair / le Dieu qui incorporellement naît / du Père avant les siècles, / dans son désir de se montrer à nous.

Gloire: Le soleil est surpassé par ta splendeur, / ô Marie, car dans tes bras tu as tenu / celui qui embellit d’étoiles le ciel / et de tes mamelles tu l’as allaité.

Maintenant: Ô Christ, ne me condamne pas, / toi mon Sauveur, / au feu qui ne s’éteint, / mais écoute l’intercession de ta Mère.

Ode 6

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

Celui qui a sauvé jadis / le prophète Jonas sain et sauf dans le poisson, / c’est le Dieu que tu as merveilleusement / porté dans tes entrailles, ô Vierge immaculée.

Toi qui portas, Vierge pure, le Seigneur / qui a calmé divinement / l’agitation des flots marins, / tu as apaisé les remous de l’erreur.

Gloire: Toi qui mis au monde l’universelle Sérénité, / Vierge pure, le Christ, / apaise par ton intercession auprès de lui / la tempête que déchaînent les passions contre moi.

Maintenant: Au jour de tristesse où je devrai / me séparer de mes liens avec le corps, / sois présente, ô Vierge, à mes côtés / pour que le diable n’ait pas d’emprise sur moi.

Cathisme

Te voyant suspendu sur la croix / au milieu des larrons, / ta Mère, ô Christ, le cœur brisé, s’écria: / Ô mon Fils bien-aimé, / comment souffres-tu sur la croix la peine des malfaiteurs, / toi qui es sans péché? / Mais tu veux rendre la vie / au genre humain, dans ton immense bonté.

Ode 7

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Le Dieu qui fut reçu jadis / par le patriarche Abraham est devenu ton Fils / et il a béni parmi les nations / sa descendance, ô Vierge bénie.

Vierge pure, tu es l’échelle de Jacob / et c’est toi seule que le Seigneur / a désignée comme unissant / la descendance d’Israël avec Dieu.

Gloire: Le Fils qui avec le Père et l’Esprit saint / est exalté par-dessus tout, Vierge pure, t’a choisie / comme sa demeure et t’a chérie / au point de prendre notre chair en ton sein.

Maintenant: Prie sans cesse le Dieu que tu as enfanté / pour qu’il me tire de mon désespoir / et me rende la droiture, pour chanter avec foi: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Ode 8

Pour toi, Dieu créateur, / dans la fournaise les Jeunes Gens / formèrent un chœur avec tout l’univers et chantaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Ô Vierge, ton enfantement / échappe à l’examen, tout en se manifestant / à ceux qui chantent avec foi: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

Sans déchoir aucunement / de ta gloire virginale comment, / sans connaître d’homme, tu as également / reçu l’honneur de la maternité? / Le Dieu qui fait des merveilles le sait bien, / lui que nous exaltons dans les siècles.

Gloire: Considère, Vierge pure, en ta bonté, / que ma pauvre âme, hélas, / se trouve mise à mal: / vite, change en allégresse sa douleur / afin qu’en tous les siècles je te puisse glorifier.

Maintenant: Accueille avec tendresse l’intercession / de ta Mère, ô Verbe, et sauve, en ta bonté, / le peuple que tu as acquis / en versant le prix de ton sang, / afin qu’en tous les siècles nous puissions te bénir.

Ode 9

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

Toute-sainte Souveraine, / prie l’adorable Trinité / dont l’Un fut enfanté par toi / virginalement dans la chair: / supplie-la de pacifier / ceux de la terre et d’accorder / à qui te chante rémission des péchés.

Elle est unique, la personne / qu’en l’Emmanuel nous concevons, / mais aux deux natures il appartient, / la divine et l’humaine; / de même en lui nous proclamons / deux volontés, deux énergies, / et la divine maternité de celle qui l’enfanta.

Gloire: Hélas, sur moi je pleure, / me rappelant combien / sont nombreux mes péchés, / voyant la dureté de mon âme, / le soulèvement de mes passions, / les écarts de mon esprit: / dans mon désespoir, accorde-moi le salut.

Maintenant: Seigneur, mes adversaires, / fondant sur moi comme brigands, / de ma céleste splendeur / et du vêtement de lumière / m’ont dépouillé en m’infligeant / de nombreuses blessures; mais toi, / me voyant à demi mort, tu m’as relevé par ta venue.

LE VENDREDI À MATINES

Cathisme I

Au monde le bois de ta Croix, / Sauveur, a procuré le salut, / sur lui tu acceptas d’être cloué / pour écarter la malédiction des mortels: / notre allégresse, Seigneur, gloire à toi.

Librement, dans ton amour, tu as souffert la croix, / faisant disparaître, comme Dieu tout-puissant, / la malédiction méritée jadis à cause du fruit défendu; / c’est pourquoi nous chantons et vénérons / tes divines et saintes Souffrances, Seigneur, / et, devant elles nous prosternant, / nous glorifions sans cesse ton salut qui dépasse tout esprit.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Debout près de la croix du Seigneur, / la Mère de Dieu gémissait en pleurant: / Hélas, ô mon Enfant bien-aimé, / hélas, ô Lumière de mes yeux, / comment se fait-il que tu sois étendu sur la croix, / toi qui as étendu le ciel comme un manteau / et qui de l’abîme as fait surgir / les sources d’eau par ta seule volonté?

Cathisme II

Toi qui as bien voulu souffrir sur la croix / pour délivrer les hommes de la mort, / nous te chantons, fidèles, et t’adorons, Sauveur, / car tu nous illumines par la puissance de la Croix, / et tous, nous glorifions ton amour compatissant, / Source de vie et Seigneur tout-puissant.

Le lieu du Crâne est devenu le Paradis: / à peine fut planté le bois de la Croix, / aussitôt il a fait croître le raisin de la vie: / notre allégresse, Sauveur, gloire à toi.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Ta Mère, ô Christ, te voyant sur la croix / fixé de ton plein gré comme agneau sans défaut, / fondit en larmes et gémit de chagrin: / Hélas, criait-elle, / comment s’éteint la lumière de mes yeux, / comment trouves-tu la mort, tel un coupable au milieu des larrons, / ô mon Fils, toi le Roi de l’univers?

Cathisme III

Adam goûta l’amertume de l’arbre défendu / lorsqu’à sa perte le conduisit la jalousie du serpent; / mais, lorsque tu fus crucifié, il récolta la vie / et grâce à l’arbre de la Croix / il habite à nouveau la patrie céleste; / le serpent est écrasé, la mort est engloutie / et nous te rendons gloire, Seigneur notre Dieu.

En ce jour resplendit la mémoire des martyrs / et le ciel y ajoute son éclat: / le chœur des Anges est en fête avec nous / comme sur terre les mortels; / et les Martyrs intercèdent auprès de Dieu / pour qu’il prenne nos âmes en pitié.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Gabriel m’avait porté l’annonce du salut, / disant que tu serais, Seigneur, avec moi, / gémissait d’amère façon la Mère de Dieu; / comment donc en chagrin se transforme ma joie, / comment vais-je paraître sans enfant, / moi qui sans connaître d’homme t’ai mis au monde, ô mon Fils, / comme le Sauveur de nos âmes?

Le canon de la Croix a pour acrostiche: Sauve-moi, ô Christ, par tes souffrances. Joseph. Celui de la Déipare: Quinte supplication à la Mère de Dieu.

Ode 1

Le Dieu sauveur qui a conduit à pied sec / sur la mer Rouge le peuple d’Israël, / submergeant le Pharaon et toute son armée, / chantons-le comme le seul digne de nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Ô Christ, tu as voulu souffrir / une Passion qui supprime nos passions / et tu as mis à mort celui / qui au Paradis fut notre meurtrier; / c’est pourquoi nous glorifions ta bonté.

Sur la Croix tu es monté et l’Ennemi fut englouti; / après notre chute, nous sommes élevés / et devenons, ô Christ, / les citoyens du Paradis, / glorifiant la force de ton amour.

Martyrika: Protégés par l’armure de la Croix, / vous vous êtes avancés au-devant de l’Ennemi, / le défiant dans les combats, / sages Martyrs, et vous avez trouvé, / en triomphant de lui, la gloire des cieux.

Comme agneaux de sacrifice, saints Martyrs, / à l’Agneau qui fut immolé pour nous / vous avez été offerts / pour mettre fin aux sacrifices des païens; / c’est pourquoi nous vous disons bienheureux.

Théotokion: Vierge pure, comme un nouveau-né / c’est l’Ancien des jours que tu as enfanté: / par la Passion qu’il a subie, / Toute-sainte, il a renouvelé / la nature humaine déchue.

* * *

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

Toi la porte de l’inaccessible Clarté, / à mon âme, ô Tout-immaculée, / ouvre les portes de la conversion / et donne-moi, ô Vierge, d’accéder / à la joie et l’allégresse en l’au-delà.

En toi, ô Vierge, possédant / l’invincible protection, l’inexpugnable rempart / et l’insurmontable fortification, / puissé-je échapper, ô Mère de Dieu, / au perfide Serpent qui cherche à m’avaler.

Ne me prive pas de ta divine protection, / ne me vide pas de ta grâce, Immaculée, / notre Dame, ne me chasse pas, / tout couvert de honte et d’infamie, / mais accorde-moi ta compassion.

Calme l’intolérable douleur / de mon pauvre cœur si digne de pitié / et veuille m’accorder, / toi la Mère de mon Dieu; / le divin éclat de ton salut.

Ode 3

Ô Christ, par la puissance de ta Croix / affermis nos sentiments / pour nous permettre de chanter / et de glorifier ta salutaire Crucifixion.

Élevé sur l’arbre de la croix, / Sauveur, tu fis pourrir le fruit de corruption / et tu laissas jaillir sur nous / de ton flanc, ô Maître, les sources d’immortalité.

Immolé sur la croix tel un agneau, / de ton sang divin, ô Christ, tu as scellé / l’enveloppe de nos âmes; / remplis de crainte, nous te glorifions.

Martyrika: Sous les tortures du chevalet, Martyrs du Christ, / sous la multitude des tourments les plus divers / et sous la dent des bêtes fauves / vous êtes restés immuables dans la foi.

Comme raisins de la Vigne de vie, / les saints Martyrs, témoins de notre Dieu, / firent couler le vin du témoignage, / réjouissant le cœur des croyants.

Théotokion: En montant sur la croix, il s’est montré, / Vierge immaculée, le dispensateur de notre vie, / ton Fils et notre Seigneur, / qui glorifie ceux qui chantent pour toi.

* * *

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Du monde tu es le refuge, ô Tout-immaculée, / et toute âme ardente qui se réfugie en toi / est délivrée de ses souffrances; / délivre-moi aussi de tout ennui, / moi qui accours sous ta sainte protection.

Toi seule, tu protèges tout mortel, / tu me sauves, de ton bienveillant regard; / universelle Souveraine, me visitant, / dans ta puissance, garde-moi: / tu as une force qu’on ne peut surpasser.

Ô Vierge, par la force de ton bras / arrache-moi à la tyrannie de l’Ennemi, / universelle Souveraine, de peur / qu’il ne me happe violemment / et ne me pousse dans le gouffre du châtiment éternel.

Avec crainte et tremblement me prosternant, / je te crie, ô Mère: viens à mon secours, / universelle Souveraine, à l’heure de la mort / quand je devrai payer / ce que je dois pour les actions de ma vie.

Ode 4

Seigneur, j’ai entendu ta voix, / j’ai reconnu la puissance de ta Croix, / puisque par elle fut ouvert le Paradis, / et j’ai dit: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Sur la croix lorsque tu as décliné, / tu fis lever la lumière sans déclin, / divin Soleil de justice, / sur ceux qui chantent ta condescendance infinie.

Comparaissant jadis devant le tribunal, / ô Christ, tu condamnas l’injuste ennemi / et toi par qui tout homme est justifié, / tu fus mis en croix au milieu des malfaiteurs.

Martyrika: Ayant reçu la couronne des vainqueurs / et tourné en dérision les invisibles ennemis, / les Athlètes du Christ se sont écriés: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Venez, fidèles, et par des hymnes célébrons / les victorieux Athlètes, ces immarcescibles fleurs / du Paradis spirituel, / ces instruments de choix du Christ notre Dieu.

Théotokion: Vierge pure, lorsque sur la croix / tu as vu le Christ ton enfant, tu admiras / son ineffable longanimité; / c’est pourquoi nous te glorifions avec lui.

* * *

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

Toi qui surpasses toute créature, / ayant porté dans ton sein notre Maître et notre Dieu, / ô Vierge, prends pitié de moi / qui plus que tout homme ai péché.

Sous la pluie de tes intercessions / en ma chair éteins l’ardeur de mes passions, / en mon âme, ô Vierge, allume le flambeau / qui brûle au feu de l’amour divin.

Force des faibles, espérance des sans-espoir, / Vierge immaculée, consolation des affligés, / donne-moi la componction source-de-joie, / par laquelle je trouverai le pardon.

C’est toi mon rempart, ma sûreté, / mon immanquable protection, mon imprenable donjon; / notre Dame, dans la foi, / j’espère trouver, grâce à toi, le salut.

Ode 5

En cette veille et dans l’attente du matin, / Seigneur, nous te crions: Prends pitié et sauve-nous, / car tu es en vérité notre Dieu, / nous n’en connaissons nul autre que toi.

Les rochers, ô Christ, s’apercevant / de ton élévation sur le bois, / ô Christ, se sont fendus, / les fondements de la terre se sont ébranlés.

Martyrika: Le soleil arrête ses rayons, / divin Soleil de justice, / lorsqu’on t’a mis en croix, / longanime Seigneur.

De miracles vous resplendissez / brillamment, saints Martyrs, / par grâce repoussant / les ténèbres des maladies.

Vos corps peuvent être sectionnés, / mais votre esprit, saints Martyrs, / inséparablement / reste uni à l’amour de Dieu.

Théotokion: Vierge Mère tout-immaculée, / voyant la mise à mort / du Maître sur la croix, / tu fondis en larmes et gémissais.

* * *

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi je veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

Qui donc serait venu pour déchirer / la cédule de mes fautes, de mes innombrables péchés, / si toi-même, ô Vierge pure, / n’avais été prompte à me donner le Rédempteur?

Considérant le grand nombre de mes péchés, / ô Vierge, j’en arrive au désespoir / et, dans mon trouble, je te crie: / Prends pitié de moi et sauve-moi.

Génitrice et Mère sans défaut / du Dieu qui d’un seul geste fit le monde entier, / de l’éternelle damnation / sauve-moi qui suis ton serviteur.

À la fierté de ta virginité / s’ajoute le suprême honneur d’être la Mère de Dieu; / c’est pourquoi, ô Vierge immaculée, / comme Gabriel nous te disons: Réjouis-toi.

Ode 6

L’abîme m’entourait de toutes parts, / le monstre me tenait comme au tombeau: / Ami des hommes, j’ai crié vers toi, / et ta droite, Seigneur, m’a sauvé.

En terre fut plantée la Croix, / et ce fut la chute des démons; / la foi commence à s’établir, / et le mal est ôté du milieu.

Le soleil s’éteint, Seigneur, lorsque ta chair / comme lampe sur la croix est allumée; / et la drachme est retrouvée, / qui était enfouie dans les ténèbres des passions.

Martyrika: Ami des hommes, élevé en croix, / tu as les chœurs des Martyrs pour suivre tes pas / et imiter ta Passion / qui nous délivre de nos propres passions.

Par les flots de votre sang, divins Martyrs, / vous avez mis à sec les fleuves de l’erreur / et vous avez éteint l’hostile feu des démons, / victorieux Athlètes, sous la divine rosée.

Théotokion: Un glaive a traversé ton cœur, / Vierge immaculée, quand tu vis ton Créateur / mis en croix et d’une lance / transpercé en son flanc divin.

* * *

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

Génitrice de notre Vie, / Dame toute-pure, à la mort spirituelle / arrache-moi et rends-moi digne / de la vie éternelle.

Toi qui surpasses incomparablement / tout être humain par ta beauté, / divine Épouse, je t’en prie, / délivre-moi de la laideur du péché.

En ce monde, je n’ai d’autre secours / que toi, ô Vierge tout-immaculée; / à tes pieds je me jette et je te crie: / ne te détourne pas de ton serviteur.

Voulant me nuire, le Séducteur / ne cesse de troubler mon esprit par les plaisirs; / notre Dame, viens à mon secours / et délivre-moi de ses méfaits.

Ode 7

Sauveur qui, dans la fournaise de feu, / préservas les Jeunes Gens qui te chantaient, / tu es béni, Seigneur, Dieu de nos Pères.

Pour nous garder du péché, de ses plaisirs, / Christ, tu as goûté le fiel amer, / toi la Douceur de notre vie! Ô Jésus, par tes blessures sur la croix / tu as guéri les plaies d’Adam / vulnéré depuis les siècles.

Martyrika: Saints Martyrs ayant honoré le Christ / par l’infamie de vos tourments, / vous avez obtenu la gloire d’en-haut.

S’avançant, dans l’élan de leur ardeur, / vers les tourments de leur passion, / les saints Athlètes se sont montrés victorieux.

Théotokion: Vierge et pure, après l’enfantement / tu l’es demeurée, comme avant que d’enfanter, / car Dieu lui-même vint au monde / afin de déifier les mortels.

* * *

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Divine Mère bienheureuse, immaculée, / veuille guérir mon âme mise à mal; / et accorde-moi / le calme du salut, l’allégresse de la vie.

Porte infranchissable du Seigneur, / ferme les portes aux discours de vanité / par lesquels ont pénétré / la mort et la ruine causée par le péché.

Tu fis jaillir par ton enfantement / les fleuves de l’immortalité; / par tes prières fais couler sur moi / les trésors de compassion de ton Fils.

Toute-pure, délivre-moi de tout méfait, / des périls de cette vie / et de toute adversité, / de l’affliction, des maladies, de la terrible calomnie.

Ode 8

Le Fils de Dieu, né du Père avant les siècles, / en ces derniers temps de la Vierge Mère s’est incarné: / vous les prêtres, louez-le, / peuple, exalte-le dans tous les siècles.

Sauveur qui effaças par l’arbre de la Croix / la malédiction cueillie sous l’arbre défendu / et fis jaillir sur l’homme la bénédiction, / nous te chantons et t’exaltons dans tous les siècles.

Sur la croix tu abaissas la superbe du Serpent / et tu exaltas l’homme déchu et humilié; / Sauveur, nous te chantons / et t’exaltons dans tous les siècles.

Martyrika: Les destructeurs de l’erreur, les champions de notre foi, / les colonnes de l’Église, ces purs diamants en vérité, / les victorieux soldats du Christ, / fidèles, chantons des hymnes en leur honneur.

Les glorieux Martyrs, brillant comme soleil, / par la grâce ont dissipé les nuages des douleurs, / ils ont chassé les ténèbres des faux-dieux / par leur foi en la sainte Trinité.

Théotokion: En nymphagogue, Gabriel fut envoyé / pour te crier, ô Vierge: Réjouis-toi, / lumineux palais du Christ notre Roi, / demeure où par lui sont déifiés tous les mortels.

* * *

Pour toi, Dieu créateur, / dans la fournaise les Jeunes Gens / formèrent un chœur avec tout l’univers et chantaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

En toi puissé-je avoir / dans les épreuves et l’affliction, / ô Vierge, ta constante protection, / ton secours dans les périls, dans les dangers ton havre de salut / et dans toute peine ta consolation!

Ô Vierge, vois ma foi, / regarde aussi de quelle ardeur / je te manifeste mon affection, / de mon âme vois l’amour divin, / accorde-moi ta grâce abondamment.

En ton sein ayant reçu / la Clarté spirituelle, / illumine les yeux de mon cœur, / dissipe les ténèbres de mes péchés / et chasse les nuées de mes sombres passions.

Toi qui as enfanté / le salut qui dépasse tout esprit, / celui qui vient sauver tous les mortels, / accorde-moi, ô Vierge, le secours divin / en effaçant la souillure de mes péchés.

Ode 9

Dépassant notre esprit et notre entendement, / tu mis au monde et dans le temps le Seigneur intemporel: / Mère de Dieu, d’une même voix et d’un seul cœur, / nous les fidèles, nous te magnifions.

La force et le pouvoir de l’Ennemi / furent anéantis, seul Maître tout-puissant, / lorsque sur la croix tu es monté / et que tes mains furent ensanglantées.

Ils ont percé, ô Christ, tes mains et tes pieds, / ils ont compté tous tes os, / les impies qui t’ont crucifié, / et t’ont fait boire le vinaigre et le fiel.

Martyrika: D’une bouche fière vous avez annoncé, / victorieux Martyrs, en présence des tyrans / le Dieu qui a revêtu notre humanité, / et vous avez gagné la gloire des cieux.

C’est eux-mêmes qui ont souffert, vos ennemis, / lorsqu’ils vous infligeaient des coups de fouet / et toutes sortes de tourments, / divins Martyrs, médecins de nos douleurs.

Théotokion: Pour nous la lumière s’est levée de toi, / Vierge pure, et c’est Jésus; / crucifié, il éclaira tout l’univers / et repoussa les ténèbres des démons.

* * *

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

Entouré de tant de peines, / je m’agenouille devant toi / et, la face contre le sol, / tristement je me prosterne, / dans les larmes te criant: / de qui me cherche sauve-moi / et sois pour moi le principe de la joie.

Elle augmente dans mon âme, / la force du désespoir: / de mes lèvres souillées / quel chant pourrait te plaire, / de mon cœur nécessiteux / quelle demande sera reçue? / Mais pour les pauvres fais des merveilles de pitié.

Altéré par l’infortune, / j’ai mes yeux et mon esprit / assombris de chagrin; / ma vie s’entoure de peines, / et de plus fondent sur moi / les terreurs de l’au-delà: / délivre-m’en, changeant en joie ma douleur.

Ma courte vie s’épuise / dans les peines, les douleurs, / la multitude des chagrins; / aussi, toi qui enfantes, / Mère de Dieu, la Joie de tous, / allège mes tourments / par tes prières agréables au Seigneur.

Exapostilaire (ton 2)

Sceptre royal de mon Christ, ô sainte Croix, / victoire des princes chrétiens, / gloire de la véritable foi, / garde ceux qui se prosternent devant toi, / afin que ne puissent triompher les doctrines erronées.

Croix, gardienne de tout l’univers, / Croix, de l’Église le charme et la beauté, / sceptre vraiment royal qui soutient la vigueur de notre foi, / Croix, le suprême effroi des légions de l’enfer, / Croix, la gloire des Anges dans le ciel.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Se tenant près de la croix, celle qui sans semence t’enfanta / dans les larmes s’écria: Hélas, très-doux Enfant, / comment se couche la Lumière de mes yeux, / comment es-tu compté parmi les morts, toi la Source de vie?

Apostiches

À peine fut planté le bois de la croix, / ô Christ, l’erreur s’est enfuie / et la grâce a pu fleurir de nouveau; / elle n’est plus un supplice de condamné, / mais nous apparaît comme trophée de salut; / la Croix est notre rempart, notre fierté, / la Croix est l’objet de notre joie.

Ta vivifiante Croix, ô Christ, / renversa la force de l’Enfer / et sauva le genre humain; / tirant le monde de la fosse où il gisait, / elle ouvrit au Larron le Paradis; / et, devant elle nous prosternant, / nous te glorifions, Sauveur: aie pitié de nous.

Bénie soit l’armée du Roi des cieux; / car, pour être nés de la terre, / les victorieux Martyrs n’ambitionnèrent pas moins / d’atteindre la dignité angélique: / méprisant la chair et souffrant leur passion, / ils méritèrent la gloire des Anges incorporels; / par leur intercession, sauve nos âmes, Seigneur.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Calme les souffrances / de mon âme accablée, / disait au Christ la Vierge éplorée; / car, si tu sauves par ta Passion les mortels, / ô Verbe, tu blesses mon âme. / Toi, ma douce Lumière, mon Enfant, mon Créateur, / je te chante, longanime Seigneur,

LE VENDREDI À LA LITURGIE

Béatitudes

Le bon Larron sur la croix / eut foi en ta divinité, ô Christ; / il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant: / Souviens-toi de moi, Seigneur, en ton royaume.

Mis à mort sur la croix, / après notre chute causée par la nourriture défendue, / tu nous vivifias, Source de vie et d’amour, / et tu fis de nous à nouveau les citoyens du Paradis.

Ô Christ, cloué sur la croix, / toi la Vigne en vérité, / tu distillas le breuvage du salut / réjouissant les cœurs des fidèles qui chantent pour toi.

Saints Martyrs, flagellés / et sectionnés en vos membres, / vous avez figuré l’immolation du Sauveur; / c’est pourquoi, Témoins du Christ, nous vous disons bienheureux.

Gloire au Père...

Sur la croix, celui qui est inséparable / du Père et de l’Esprit divin / souffrit sa Passion librement consentie, / faisant disparaître nos funestes passions.

Maintenant... Théotokion

Dans tes larmes, tu te frappais la poitrine, / voyant sur le bois de la croix / notre Vie mise à mort selon son gré; / c’est pourquoi, notre Dame, nous te disons bienheureuse.

Samedi

LE VENDREDI SOIR À VÊPRES

Si l’on chante aux Matines du samedi Le Seigneur est Dieu, l’ordre des Vêpres est le suivant: au Lucernaire, 6 stichères du Saint du jour (ou, à défaut de Ménée, les Despotika redoublés); aux Apostiches, 3 Martyrika, avec les versets habituels (psaume 122). Tropaire apolytikion du Saint du jour et théotokion dominical du ton occurrent.

S’il y a Alléluia: au Lucernaire, 3 stichères du Ménée (ou, à défaut, les 3 Despotika) et 3 Martyrika; aux Apostiches, 1 Martyrikon et 2 Nékrosima, avec les versets des Défunts. Tropaire, Nékrosimon et Théotokion du ton 2, quelle que soit la semaine: Apôtres, Prophètes et Martyrs... Gloire au Père... Seigneur, souviens-toi... Maintenant... Mère de l’ineffable Clarté...

Lucernaire

Despotika

Lorsque mon âme devra se séparer de son corps / sur l’ordre de celui qui réunit jadis la poussière et l’esprit, / épargne ton serviteur, ô Christ; / délivre-moi des invisibles assaillants / qui font le guet pour me déchirer sans merci / et faire de moi la proie de leurs dents; / et rends-moi digne de mériter le lieu du repos, / d’où sont absents les douleurs, les gémissements, / là où les délices coulent à flots, / là où résonnent les cris de fête et l’allégresse des élus.

Craignant l’heure du dénouement / et l’effrayant tumulte des démons, / je te crie du fond de mon âme accablée: / par ta puissance brise, Seigneur, / leurs obstacles et leurs complots / et ne permets pas que je devienne le jouet de leurs grossières vexations; / regarde mon visage humilié, / sois attentif à mon chagrin, / délivre ma pauvre âme de ses douleurs, / Dieu de tendresse qui donnes au monde la grande miséricorde.

Comme la Cananéenne, Sauveur, je te crie, moi aussi: / Guéris mon âme et sauve-la des insultes des démons, / des outrages des ennemis qui la troublent à l’excès, / détruisant en moi ton image, Seigneur, / et portant mes facultés et ma raison / vers de vaines et honteuses pensées; / chasse-les de mon cœur, je t’en prie, / pour y planter la plus pure crainte de toi / et donne-moi d’achever humblement / dans la paix le restant de mes jours.

* * *

Martyrika

Protégés par le bouclier de la foi, / affermis par le signe de la Croix, / tes saints Martyrs, Seigneur, ont enduré les tourments; / noblement ils ont vaincu le mensonge et l’audace du démon; / par leurs prières, ô Dieu tout-puissant, / envoie sur le monde la paix / et sur nos âmes la grande miséricorde.

Saints Martyrs, intercédez pour nous, / afin que nous soyons lavés de nos péchés, / puisque vous avez reçu le pouvoir / d’intercéder en notre faveur.

Dans votre inébranlable fermeté, / vous n’avez pas renié le Christ, / saints Martyrs qui avez souffert toutes sortes de tourments, / mais vous avez triomphé de l’audace des tyrans / et conservé sans faille la foi / pour passer de la terre vers le ciel; / aussi, par le crédit que vous avez auprès de Dieu, / demandez-lui pour le monde la paix / et pour nos âmes la grâce d u salut.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Dans la mer Rouge s’inscrivit autrefois / l’image de l’Épouse inépousée: / jadis Moïse fut celui qui divisa les eaux; / dans ce nouveau mystère c’est Gabriel / qui du miracle devient le serviteur; / autrefois pour traverser l’abîme Israël passa à pied sec / et maintenant, pour enfanter le Christ, la Vierge sans semence a conçu; / la mer est demeurée infranchissable après le passage d’Israël, / comme la Vierge est demeurée intacte après l’enfantement de l’Emmanuel. / Ô Dieu vivant qui es et qui étais / et qui as revêtu notre humanité, / Seigneur, aie pitié de nous.

Apostiches

Martyrikon

Illustres Martyrs qui avez méprisé les biens de cette vie / pour affronter avec noblesse les tourments, / vous n’êtes point frustrés dans votre espérance du bonheur, / mais en héritage vous avez reçu le royaume des cieux; / et, puisque vous avez le pouvoir de plaider auprès d’un Dieu si bon, / demandez-lui pour le monde la paix / et pour nos âmes la grande miséricorde.

Nékrosima

Heureux ceux que tu as élus, ceux que tu as pris, Seigneur, avec toi.

Me souvenant du prophète qui disait: / Je ne suis que poussière et limon, / à mon tour j’ai regardé dans les tombeaux; / je vis les ossements desséchés, et je dis: / Est-ce là un roi, un riche, un soldat, / un pauvre, un juste, un pécheur? / Seigneur, avec les Justes fais reposer / tes serviteurs, en ton amour pour les hommes.

Leurs âmes trouveront le séjour bienheureux.

Tu m’as formé, Seigneur, / posant la main sur moi, tu m’as fait lever et tu m’as dit: / Vers la terre tu dois retourner. / Conduis-moi par le chemin qui mène vers toi, / pardonne-moi mes péchés / et, dans ton amour pour les hommes, je t’en prie, sauve-moi.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Vierge bénie, nous t’implorons / Comme la Mère de Dieu: / intercède pour notre salut.

LE VENDREDI SOIR À COMPLIES

Ce canon, œuvre de Métrophane de Smyrne, porte en acrostiche: Pour toi, Vierge, un canon: le quint de Métrophane.

Ode 1

Dans la mer Rouge cheval et cavalier / furent précipités par celui qui brise les combats, / le Christ élevant ses mains, / le Sauveur que célèbre Israël / lorsqu’il chante l’hymne de victoire.

Elles te louent, toutes les générations, / comme jadis, ô Vierge, en prophétie tu l’as prédit; / accepte donc que moi aussi / je puisse, notre Dame, te chanter; / et, pour ce faire, éclaire-moi / en m’accordant la sagesse et le savoir.

L’aiguillon de la mort, tu l’as brisé / ainsi que le péché du monde en enfantant / véritablement celui qui en est la vie; / c’est pourquoi je te demande d’émousser, / notre Dame, promptement / les flèches aiguës de mes passions.

Gloire: Toi seule, qui depuis les siècles avais paru / ornée des broderies virginales, / tu as délivré la race d’Adam / du vêtement que lui avait fourni le figuier; / de la tunique des âmes chastes à présent / revêts-moi donc par ton intercession.

Maintenant: Si tant de filles ont manifestement / obtenu richesse et gloire de par Dieu dans le passé, / toi notre Dame, incontestablement / tu les as toutes dépassées; / aussi, je te le demande, enrichis-moi / des célestes et divines grâces à présent.

Ode 3

Sur le néant tu as fixé la terre selon ton ordonnance / et malgré son poids tu l’as fermement suspendue: / affermis ton Église, ô Christ, / sur le roc inébranlable de tes commandements, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

En toi, ô Marie, nous sont connues / la hauteur et la profondeur / de la Sagesse de Dieu, / qui de ton sein inexplicablement / fut mise au monde, Vierge immaculée; / par elle délivre des ruses du serpent le fond de mon cœur.

Toi qui par ton verbe donnas l’être jadis / à ce qui n’existait pas auparavant, comme les oiseaux / et tout ce qui se meut depuis les eaux, / des chastes entrailles de la Vierge, ô Christ, / à nouveau tu fis sortir ineffablement / l’enveloppe charnelle de ta Divinité.

Gloire: Toi seule, pour notre nature tu t’es montrée / le creuset dans lequel le feu de la divinité / l’épura, Vierge pure, sans la consumer; / de mes péchés et de mes passions / purifie donc les scories / afin que je brille par ton intercession,

Maintenant: Sachant que tu es la coupe en vérité / ayant contenu le vin nouveau / qui désaltère les croyants / pour la rémission de leurs péchés, / Toute-pure, je te prie d’abreuver mon cœur / au nectar de la divine rémission.

Ode 4

Comprenant ton divin abaissement, / le prophète Habacuc, dans son trouble, te cria, ô Christ: / Tu es venu pour le salut de ton peuple, / pour sauver ceux qui te sont consacrés.

Tu es vraiment le guéret non labouré / qui a fait croître sans semence l’épi divin; / de tes grâces et de tes dons divins / rassasie donc l’affamé que je suis.

Souveraine, mon âme souffre à en mourir, / en proie qu’elle est à la fournaise des passions: / relève-la vite en l’abreuvant / grâce au flot de tes intercessions.

Gloire: Toi qui es la vivante cité de notre Dieu / que réjouit le cours du Fleuve spirituel, / de mon âme fortifie la maison / grâce au rempart de tes intercessions.

Maintenant: La nuée distillant la justice en vérité, / c’est bien toi, notre Dame, et je te prie: / de tous ceux qui me font du tort / délivre-moi, ton serviteur, promptement.

Ode 5

Seigneur qui te revêts de lumière comme d’un manteau, / devant toi je veille et vers toi monte mon cri: / illumine les ténèbres de mon âme, / ô Christ, en vertu de ton amour.

Notre Dame, la tempête déchaînée, / la houle du péché, le remous de mes passions, / calme-les entièrement, toi qui as enfanté / la cause de l’impassible condition.

Du splendide vêtement divin / revêts mon âme dépouillée, / Vierge pure, des vertus, / toi le métier qui d’en haut tissas le Christ.

Gloire: Procure-moi par ton intercession / le pardon de mes péchés, / Vierge pure qui as enfanté pour nous / la divine propitiation, le Christ et Seigneur.

Maintenant: Par la chirurgie de tes intercessions / fais disparaître les plaies, les blessures, l’infection / de mes fautes, ô Vierge immaculée, / afin de rendre à ton serviteur la santé.

Ode 6

Quand souffle sur mon âme la tempête dévastatrice, / ô Christ et Seigneur, apaise l’océan de mes passions / et délivre-moi du mal, / ô Dieu de miséricorde.

Toi la Mère de la lumière ayant créé / les grands luminaires, veuille délivrer / mon âme de la ténèbre des passions, / Toute-lumineuse, et l’éclairer maintenant.

Divine Mère, supplie ton Fils / de me délivrer promptement / de l’amertume des passions, / lui qui jadis adoucit les eaux de Mara.

Gloire: Le flot des passions se déversant / sur mon âme, Vierge immaculée, / assèche-le par ton intercession / pour effacer mes pensées perverses.

Maintenant: Le Christ, pour sauver l’humanité, / est venu de Sion, c’est-à-dire de ton sein: / des dangers, des afflictions / sauve-moi donc, Souveraine immaculée.

Cathisme

Pauvre âme, pourquoi cette nonchalance, / pourquoi donc oublier le Dieu qui prend pitié de toi, / pourquoi mépriser ses préceptes divins, / pourquoi finir ta vie dans la débauche pour ton malheur? / Cesse de faire le mal et demande à la Mère de Dieu: / aie compassion de mon âme sans espoir.

Ode 7

Le Très-Haut, le Seigneur Dieu de nos Pères, / détourna la flamme et couvrit de rosée les Jeunes Gens / qui chantaient d’une même voix: / Dieu de nos Pères, Seigneur, tu es béni.

Notre Dame, les phalanges des démons / à ton nom s’enfuient, épouvantées: / d’elles sauve-moi et garde-moi / de tout dommage survenant de leur part.

Ineffable, ô Vierge, est ton renom, / car le Seigneur de gloire, tu l’as enfanté; / et moi qui te chante avec foi, / rends-moi digne de la gloire des cieux.

Gloire: Souveraine, penche-toi pour écouter / la prière de ton serviteur: / sauve-moi vite des périls, de l’affliction, / de tout assaut des ennemis invisibles.

Maintenant: Moi qui tout entier suis devenu la proie / des passions honteuses, ô Vierge immaculée, / et qui ai besoin de purification, lave-moi, / sous le flot de tes prières rends-moi mon éclat.

Ode 8

Pour toi, Dieu créateur, / dans la fournaise les Jeunes Gens / formèrent un chœur avec tout l’univers et chantaient: / Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, / exaltez-le dans tous les siècles.

L’eau abortive des passions / a rendu stérile le sein de mon âme en l’asséchant; / toi la Nuée légère, fais pleuvoir / sur moi la divine rosée, / afin que je produise les fruits du repentir.

Apaise, Toute-pure, par ton intercession / la houle déchaînée de mes pensées / engluées par les passions; / vers la paix des sens comme au havre guide-moi, / afin qu’en tous les siècles je te puisse glorifier.

Gloire: Toi la porte spirituelle, l’huis clos de notre Dieu, / par où seul il est passé, / dans son amour pour nous, / clôture, ferme les huis de mes passions, / pour m’ouvrir les portes de l’espoir.

Maintenant: Ôte de mon dos le poids de mes péchés, / toi qui seule as enfanté / ineffablement, / Vierge Mère, le Verbe, l’Agneau de Dieu / qui enlève le péché du monde entier.

Ode 9

Isaïe, danse d’allégresse, / car la Vierge a mis au monde un fils, / de son sein est né l’Emmanuel: / parmi nous Dieu se fait homme, / il a pour nom Soleil levant, / et nous qui le glorifions, / ô Vierge, nous te disons bienheureuse.

Comme tous les hommes / j’ai l’âme souillée / de tant de péchés, / ternie par les passions charnelles, / c’est pourquoi je te supplie: / purifie-moi de toute flétrissure, / ô Vierge, par ton intercession.

Toi qui as mis au monde / celui qui veut l’amour et la pitié, / le seul bon, l’ami des hommes, notre Dieu / compatissant et longanime, / rends-le-moi favorable, Vierge immaculée, / par tes intercessions / et procure-moi le pardon de mes péchés.

Gloire: Hélas, sur moi je pleure, / me rappelant combien / sont nombreux mes péchés, / voyant la dureté de mon âme, / le soulèvement de mes passions, / les écarts de mon esprit: / dans mon désespoir, accorde-moi le salut.

Maintenant: Je te bénis et te rends gloire, / Toute-pure, avec ardeur; / bénis-moi donc, qui t’ai chantée, / et me délivre / de tous mes ennemis, / de tout mal, et me gardant / invincible à l’abri de tes mains.

LE SAMEDI À MATINES

Cathisme I

Tes Martyrs, Seigneur, ont bu après toi / le calice de ta passion, / ils ont renoncé aux plaisirs de cette vie; / ils sont devenus concitoyens des Anges. / Par leurs prières, Seigneur, / accorde à nos âmes le pardon et la grande miséricorde.

Les Puissances célestes ont admiré / les exploits des saints Martyrs, / car dans un corps mortel ils ont triomphé noblement / de l’invisible ennemi / par la puissance de la Croix / et ils intercèdent auprès du Seigneur / pour le salut de nos âmes.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Réjouis-toi, porte infranchissable du Seigneur, / réjouis-toi, rempart et protection de ceux qui accourent près de toi, / réjouis-toi, havre qui nous offres un sûr abri. / Vierge inépousée qui as enfanté dans la chair / ton Créateur et ton Dieu, / sans cesse intercède pour ceux / qui chantent ton Fils et se prosternent devant lui.

Cathisme II

Seigneur, tu nous as donné comme invincible rempart / les miracles de tes saints Martyrs: / par leurs prières, ô Christ notre Dieu, ruine les complots des païens, / affermis le règne de la foi, / dans ton unique bonté et ton amour pour les hommes.

Avec les Justes, Dieu Sauveur, / donne à tes serviteurs le repos / et permets-leur d’habiter dans tes parvis, / sans tenir compte de leurs péchés, / connus et inconnus, / volontaires ou non, / dans ta bonté et ton amour pour les hommes.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Vierge Mère de Dieu, / Épouse inépousée / qui du monde portas le Sauveur / et l’enfantas dans la perfection des deux natures, / supplie-le en compagnie des Prophètes sacrés, / des Martyrs et de tous les Saints / pour la paix du monde et le salut de nos âmes.

Le canon de Tous les Saints a pour acrostiche: J’offre à tes serviteurs, Christ, les chants que voici. Joseph. Celui des Défunts, œuvre de Théophane: Canon de Théophane et cinquième des morts.

Ode 1

La terre où jamais soleil n’avait paru, / l’abîme qui jamais n’avait vu le ciel à découvert, / Israël put le franchir à pied sec / et, Seigneur, tu l’as conduit vers ta montagne de sainteté, / aux accents d’une hymne de victoire.

Livrant votre corps aux juges sans pitié, / vous avez souffert d’insupportables tourments, / nobles Martyrs, avant de recevoir la récompense d’en haut, / et le Christ vous a conduits aux tabernacles éternels, / aux joyeux accents d’une hymne de victoire.

Les Saints, les Justes, les Pontifes glorieux, / accomplissant les préceptes divins, / vers les eaux de la connaissance ont bien mené leur troupeau / et goûtent à juste titre les délices en l’au-delà, / faisant sourdre sans cesse des flots de guérisons.

Conduis-moi vers le havre de la vie, / Seigneur, à la prière des glorieux Prophètes, / des Pontifes et des saintes Femmes ayant mené le bon combat, / qui d’un cœur viril foulèrent l’Ennemi, / chantant, célébrant l’hymne de victoire.

Nékrosimon: Nous t’en prions, toi le Dieu qu’on peut fléchir: / dans le sein d’Abraham fais reposer, ô Christ, / tes serviteurs fidèles que tu arraches au trouble de la vie / et rends-les dignes de la clarté éternelle, / pardonnant tous leurs péchés, dans ta bonté.

Théotokion: Nous te crions: Réjouis-toi, ô Mère de la Joie; / sur nos âmes et nos esprits répands, ô Vierge, ta clarté, / guide-nous tous vers les chemins de connaissance, / prie de nous remettre nos péchés, / Vierge pure, ton Fils et ton Dieu.

* * *

Le Dieu sauveur qui a conduit à pied sec / sur la mer Rouge le peuple d’Israël, / submergeant le Pharaon et toute son armée, / chantons-le comme le seul digne de nos chants, / car il s’est couvert de gloire.

Par amour de Dieu, les victorieux Témoins du Christ / ont foulé aux pieds la superbe des tyrans; / pour les fidèles ayant quitté cette vie / ils implorent, pleins de compassion, / le pardon et la résurrection.

Fais demeurer les fidèles trépassés / dans tes parvis, ô Christ, / dans les tabernacles des Saints, / toi qui daignas, ô Maître, verser / ton sang précieux en rançon pour leurs péchés.

Sagesse de Dieu, Seigneur compatissant, / toi l’exacte image du Père tout-puissant, / à ceux que tu as rappelés / toi-même donne le repos, / leur accordant l’éternelle félicité.

Théotokion: Tu t’es montrée, ô Tout-immaculée, / comme le tabernacle porteur de la clarté, / comme l’arche toute en or, / qui porta le Verbe Dieu fait chair pour nous / et triomphant de la puissance de la mort.

Ode 3

Affermis-nous, en ta puissance, ô notre Dieu, / renverse l’arrogance des hérésies / et relève le front de tes fidèles.

Illustres Martyrs, vous avez tenu pour rien / la fustigation de votre corps, / fortifiés que vous étiez / par l’espérance des biens éternels.

De l’épiscopat vous avez fait luire l’ornement / par la splendeur de vos vertus, / en faisant paître le troupeau du Christ / sur les pâturages de vie.

Par leur ascèse mortifiant la chair, / à la vie divine de saints moines prirent part; / ô Christ, par leurs prières / délivre-nous de tout danger.

Nékrosimon: Aux trépassés accorde en l’au-delà, / Seigneur ami des hommes le repos, / pardonnant, Dieu de tendresse, / les péchés que sur terre ils ont commis.

Théotokion: Une multitude de femmes, te voyant, / entreprit de combattre vaillamment, / Vierge Mère, bénie entre les femmes, / pour être offertes en oblation à ton Fils.

* * *

Ô Christ, par la puissance de ta Croix / affermis nos sentiments / pour nous permettre de chanter / et de glorifier ta divine Résurrection.

Vaillamment les Athlètes ont combattu, / s’opposant à la violence des tyrans; / auprès de toi ils intercèdent, Seigneur, / pour les fidèles trépassés.

Dieu de bonté, aux fidèles trépassés / qui ont observé tes commandements / accorde le repos / dans tes tabernacles lumineux.

Rends dignes ceux que tu as choisis / de la splendeur de tes Saints, / seul Dieu de compassion, / sans tenir compte de leurs péchés.

Théotokion: Nous chantons, ô Vierge, ton Enfant / qui nous a sauvés de la condamnation, / de l’antique malédiction, / et nous a rachetés de la mort.

Ode 4

Seigneur, j’ai entendu ta voix / et je suis rempli d’effroi, / j’ai médité sur ton œuvre de salut / et je t’ai glorifié, seul Ami des hommes.

Par ta puissance, les victorieux Martyrs, / Seigneur, ont terrassé / les puissances ennemies; / ils sont devenus la force des croyants, leur solide rempart.

Le cortège de tous les Saints / exulte de joie suprême, / et les divins Pontifes se revêtent / de justice comme d’un manteau.

Chantons et célébrons d’un même chœur / les Prophètes inspirés par Dieu / et vénérons les saintes Femmes / qui ont mené la course à bonne fin.

Nékrosimon: Seigneur, leur permettant l’accès / au port de ton royaume, accorde le repos / à ceux qui ont laissé / le trouble et les remous de cette vie.

Théotokion: Par toi, ô Vierge, l’Intemporel / devient lui-même soumis à notre temps; / implore-le pour qu’il efface / de mon âme les chroniques manquements.

* * *

Seigneur, j’ai entendu ta voix, / j’ai reconnu la puissance de ta Croix, / puisque par elle fut ouvert le Paradis, / et j’ai dit: / Gloire à ta puissance, Seigneur.

Les Martyrs, ô Christ, te confessant / comme coéternel au Père, furent sacrifiés; / à présent ils te demandent / de sauver les serviteurs que tu as pris.

Ô Christ qui fus compté parmi les morts / et qui donnes aux morts la vie éternelle, / accorde maintenant / le repos à tes serviteurs trépassés.

Tu es venu sauver l’homme égaré: / ô Christ, accorde d’habiter le Paradis / à ceux que tu rappelles, / les justifiant par la grâce et la foi.

Théotokion: Ô Vierge, la puissance du Très-Haut / t’a couverte de son ombre et elle a fait de toi / un Paradis ayant pour centre / l’arbre de vie, médiateur et Seigneur.

Ode 5

Viens en aide à mon âme tourmentée, / sans cesse aux prises avec les ténèbres des passions, / Soleil de justice, éclaire-moi de tes rayons / afin que ta lumière illumine la nuit.

Pour les malades, c’est une source de guérisons / que les ossements des Martyrs, car le mal ne les a pas brisés; / ils ont plutôt réduit en cendre / le squelette de l’impiété / et redressent les âmes brisées.

Gardant tes préceptes, les Pontifes, ô Dieu d’amour, / ont mené les peuples aux pâturages de la vie / et dans la perfection de leurs pensées / les saints Moines ont mortifié / la tyrannie des passions.

Vénérons les Prophètes en même temps / que les Justes et célébrons fidèlement / les Femmes qui vécurent saintement / et par leurs épreuves en l’univers / ont resplendi comme servantes du Christ.

Nékrosimon: Veuille placer dans les demeures des cieux / tes fidèles serviteurs que de terre tu as pris, / sans tenir compte de leurs fautes, / dans l’excès de ta bonté, / toi qui pris chair pour nous les mortels.

Théotokion: Nous te chantons, ô Vierge grâce à qui / Dieu s’est montré sur terre en la forme d’un mortel: / Réjouis-toi, terre fertile / qui as porté l’épi spirituel / dont toute âme vive se nourrit.

* * *

En cette veille et dans l’attente du matin, / Seigneur, nous te crions: Prends pitié et sauve-nous, / car tu es en vérité notre Dieu, / nous n’en connaissons nul autre que toi.

Agréant les demandes des Martyrs, / Seigneur, agrège aux chœurs de tes élus / les âmes des fidèles / que tu as rappelées auprès de toi.

Toi-même, tu as dit d’avance: / Celui qui croit en moi / ne verra point la mort; / Maître, accorde donc le repos à nos défunts.

Rends dignes tous tes serviteurs / de goûter, Seigneur, / la douceur de ta maison / et de parvenir à ta suave communion.

Théotokion: Le Verbe coéternel au Père, / ayant pris chair de la Vierge, / par sa mort a mis à mort / 1a mortalité de notre condition.

Ode 6

Seigneur qui as sauvé le Prophète du monstre marin, / retire-moi aussi, je t’en supplie, / du gouffre de mes furieuses passions, / afin que mes yeux regardent vers ton temple saint.

Livrant leur corps aux supplices des tyrans, / les saints Martyrs en leur âme exultaient pourtant de joie, / car ils voyaient déjà dans les cieux / la récompense et les délices de l’éternité.

Tu es, ô Christ, la gloire des Pontifes bienheureux; / Ami des hommes, par leur intercession / aie pitié, ô Verbe, de ton peuple / que tu rachetas au prix de ton sang.

Tenant de toi les clartés de leur esprit, / les Prophètes, Seigneur, nous montrent clairement l’avenir; / dans l’ascèse et les combats, les saintes Femmes / par ta force brisent les puissances ennemies.

Nékrosimon: Agrégeant aux chœurs de tes élus / les fidèles serviteurs qui nous ont quittés pour toi, Seigneur, / accorde-leur, en ta bonté, le repos, / leur faisant miséricorde pour leurs péchés.

Théotokion: Créateur de l’Ève de jadis, / tu m’as refaçonné, Seigneur de l’univers, / en habitant le sein d’une Vierge / pour revêtir la forme du serviteur.

* * *

L’abîme m’entourait de toutes parts, / le monstre me tenait comme au tombeau: / Ami des hommes, j’ai crié vers toi, / et ta droite, Seigneur, m’a sauvé.

À l’instar des Puissances d’en-haut, / l’armée de tes Martyrs te prie de gratifier, / Seigneur ami des hommes, les défunts / du bonheur qui émane de toi.

Dans le lieu du rafraîchissement, / dans la splendeur des Saints, / au lieu de ton repos, / Ami des hommes, place les serviteurs que tu choisis.

Fais grâce à tes serviteurs, nous t’en prions, / accorde-leur, ô Christ, le pardon de leurs péchés, / rends-les dignes de la vie immortelle / et de la part qui revient aux bienheureux.

Théotokion: Quelle parole est capable d’exprimer / la merveille de ta conception virginale, / car, ô Vierge, tu enfantes le Dieu / qui par amour a vécu parmi nous?

Ode 7

L’ardente flamme fut vaincue par la prière des Jeunes Gens, / et le miracle eut pour témoin la fournaise distillant la rosée, / car elle n’a brûlé ni consumé / ceux qui chantaient le Dieu de nos Pères.

Enflammés par l’ardeur de vos tourments, / vous avez montré, glorieux Martyrs, / pour le Seigneur la plus ardente flamme, / qui vous a rafraîchis comme gouttes de rosée.

Saints Pontifes, ornés de sagesse par l’Esprit, / vous avez conduit le peuple de Dieu, / annonçant la bonne nouvelle de la grâce: / comme liturges du Christ nous vous disons bienheureux.

Mortifiant sous tant de peines votre chair, / vous avez trouvé la vie en l’au-delà / et demandez, saints Ascètes, la même grâce pour nous / qui succombons sous les assauts des passions.

Chantons, fidèles, des hymnes en l’honneur / des bienheureux Prophètes et des Femmes sanctifiées / qui l’ont emporté sur l’ennemi / au moyen de l’ascèse et des combats.

Nékrosimon: Parmi les morts tu fus compté, ô Vie de tous: / Verbe, porte au havre du divin repos / ceux qui ont quitté le trouble de la vie, / sans tenir compte de leurs fautes, en ta bonté.

Théotokion: Mère de Dieu qu’en la vraie foi nous proclamons, / par ta médiation, notre Dame, sauve-nous / des ténèbres, de la flamme éternelle, / des invisibles ennemis qui s’acharnent contre nous.

* * *

Sauveur qui, dans la fournaise de feu, / préservas les Jeunes Gens qui te chantaient, / tu es béni, Seigneur, Dieu de nos Pères.

Par les prières des victorieux Martyrs / donne, Seigneur, aux trépassés / d’être comblés d’inaccessible clarté.

Ô Christ, à l’assemblée des premiers-nés / agrège, Seigneur, en ta bonté, / ceux qui par la foi ont trouvé l’ultime perfection.

Sauveur, accorde le repos / à tes serviteurs qui sont passés auprès de toi / revêtus de la robe d’immortalité.

Théotokion: Tu as brisé la force de la mort, / Vierge tout-immaculée / qui sans semence as conçu la véritable Vie.

Ode 8

Chœur des Anges et multitude des humains, / bénissez le Roi et créateur de l’univers, / et vous, prêtres, chantez-le, / peuple, exalte-le dans tous les siècles.

Des supplices ayant traversé / l’océan sous le gouvernail du Verbe, saints Martyrs, / vous avez noyé sous les flots de votre sang / toutes les phalanges de l’erreur / et vous avez trouvé pour les siècles la vie.

Sages Pontifes, vous avez conduit / le troupeau confié à vous vers les eaux de la vraie foi / et maintenant vous jouissez / des flots de délices dans les siècles.

Des fidèles vous fûtes les flambeaux / en accomplissant vos œuvres de clarté; / saints Moines qui avez rejoint la vraie lumière, / sauvez-nous des ténèbres par vos prières auprès du Christ.

Réjouis-toi, chœur des Femmes sanctifiées / ayant accompli la course pleine de tourments; / exultent aussi les Justes et les Prophètes / qui ont plu au Christ dans les siècles!

Nékrosimon: Détournant, ô Maître, le glaive flamboyant, / à tes défunts serviteurs accorde de passer / sans encombre jusqu’au cœur du Paradis, / où tu les placeras, Seigneur, en ta bonté.

Théotokion: Chantons la Vierge qui fut comblée de grâces: / elle est la porte nous ouvrant l’accès vers Dieu, / l’échelle menant au Paradis, / la parfaite conductrice du peuple sauvé.

* * *

Le Fils de Dieu, né du Père avant les siècles, / en ces derniers temps s’est incarné de la Vierge Mère: / vous les prêtres, louez-le, / peuple, exalte-le dans tous les siècles.

Sauveur qui agréas le combat des saints Martyrs / et qui par leur intercession / donnes le repos à tes fidèles trépassés, / nous te chantons et t’exaltons dans tous les siècles.

À nos défunts, Seigneur, en ton amour, / permets de resplendir, éclairés par les rayons / de ta gloire universelle, / pour te chanter et t’exalter dans tous les siècles.

Place les défunts dans le chœur de tes élus / et dans le sein d’Abraham fais-leur trouver le même sort / que Lazare, pour qu’ils puissent / te chanter et t’exalter dans tous les siècles.

Théotokion: Vierge Mère dont la pureté / plus qu’en toute constitue l’ornement et la beauté, / demeure où loge la splendeur divine, / nous te chantons et t’exaltons dans tous les siècles.

Ode 9

Le Puissant fit des merveilles en ta faveur, / te laissant vierge et pure après l’enfantement, / toi qui sans semence enfantas ton propre Créateur; / c’est pourquoi, ô Mère de Dieu, nous te magnifions.

Les saints Pasteurs, les Prophètes inspirés, / la foule immense des Justes et le chœur des saints Martyrs, / en nos hymnes saintes disons-les bienheureux, / et qu’il intercèdent pour le salut de nos âmes!

Le chœur des Saints qui firent merveille dans les combats / soit admiré aussi pour les miracles accomplis! / Seigneur admirable parmi les Saints, / révèle par leurs prières tes merveilles d’amour.

Des Femmes ont conduit leur course à bonne fin / dans l’ardeur du témoignage ou par l’ascèse de leur vie: / leur immense foule, avec les Anges dans le ciel, / soit dite bienheureuse en compagnie des saints Martyrs!

Nékrosimon: La multitude de tous les Saints, ô Verbe, te supplie: / fais reposer les multitudes de fidèles trépassés, / en ton immense miséricorde / pardonnant tous les péchés de leur vie.

Théotokion: Dans ma folie ayant commis tant de péchés, / j’attends mon châtiment: / ô Vierge, sauve-m’en, / puisqu’avec confiance j’ai recours à toi, ma seule protection.

* * *

Dépassant notre esprit et notre entendement, / tu mis au monde et dans le temps le Seigneur intemporel: / Mère de Dieu, d’une même voix et d’un seul cœur, / nous les fidèles, nous te magnifions.

Ayant reçu la récompense de leurs exploits, / les saints Martyrs te prient à présent / de faire, Sauveur, / aux fidèles trépassés / le don du repos éternel.

À la mort tu t’es soumis, seul Immortel, / toi qui donnes aux morts / la résurrection, / Dieu de miséricorde, / et la splendeur de la vie immortelle.

Tu nous redresses, après la chute dans la mort, / et tu nous apprends / l’espoir en la vie éternelle; / donne à tes défunts serviteurs / d’en jouir maintenant près de toi.

Théotokion: Devant ton divin enfantement / se sont évanouies les ombres de la Loi; / la vérité a resplendi, / de la grâce il nous est fait le don: / divine Mère, nous te magnifions.

Exapostilaire (ton 3)

Ô Dieu qui seul reposes parmi les Saints, / sauve ceux qui invoquent ton nom, / par les prières des Apôtres, des Martyrs, / des Prophètes, des Pontifes et de tous les Saints.

Ô Dieu, tu es le maître des morts et des vivants: / fais reposer tes serviteurs dans les tabernacles des élus; / et, même s’ils ont péché, / Dieu sauveur, ils ne se sont pas éloignés de toi.

Gloire... Maintenant... Théotokion

En toi, divine Mère, nous trouvons la fierté, / et tu plaides pour nous devant Dieu; / étends ta vénérable main / pour écraser notre Ennemi; / que Dieu par tes prières nous envoie / de son Sanctuaire le salut.

Apostiches

Martyrika

Sur terre les saints Martyrs ont lutté, / puisant leur force dans le ciel; / livrés au feu et par l’eau engloutis, / à présent ils peuvent chanter: / Nous sommes passés par le feu et par l’eau, et tu nous as donné le repos. / Seigneur par leurs prières, aie pitié de nous.

Sortis vainqueurs de leur combat, / émules des Anges incorporels, / tes Martyrs, Seigneur, ont enduré les tourments; / pour unique espérance ils avaient / la jouissance des bien, promis; / par leur intercession, Ô Christ notre Dieu, / donne au monde la paix / et à nos âmes la grâce d u salut.

Au milieu des supplices, les Martyrs / s’écriaient joyeusement: / Voici le moyen de nous réconcilier avec Dieu: / en échange des meurtrissures qui couvrent nos corps, / nous recevrons, pour la résurrection, de brillants vêtements; / à la place de l’infamie, la couronne des cieux; / en échange de la prison, le Paradis; / au lieu d’être condamnés / en compagnie des malfaiteurs, / nous serons avec les Anges dans le ciel. / Par leurs prières, sauve nos âmes, Seigneur.

Nékrosimon

Il n’est de charme en cette vie / qui ne disparaisse en l’au-delà: / ni richesse, ni pouvoir, ni la fleur des jeunes années; / car la mort fait tout disparaître, sans distinction, / on hérite ce qui ne peut chanceler; / ce qui fut semé dans un corps mortel s’éveille en la vie éternelle, / ce qui fut semé sans honneur / ressuscite dans la gloire; / c’est pourquoi, ô Christ, en ton amour du genre humain, / fais reposer avec les Justes tes défunts serviteurs.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Sous ta merci nous trouvons refuge, ô Mère de Dieu, / ne méprise pas les prières que nous t’adressons au milieu de nos peines, / délivre-nous de tout danger, / ô Vierge pure, entre toutes bénie.

S’il y a Alléluia, nous chantons aux Laudes les précédents Martyrika, et comme Apostiches les Prosomia suivants:

À la lumière de ton visage, ô Christ, / en ta bonté, fais reposer les défunts / dans le lieu de fraîcheur, près des eaux du repos, / dans le sein d’Abraham, / là où brille ta pure clarté / et jaillissent les sources du bonheur; / là où les chœurs des Saints exultent de joie / et célèbrent ta divine bonté, / fais reposer aussi tes serviteurs fidèles, Seigneur, / en leur accordant la grande miséricorde

Heureux ceux que tu as élus, ceux que tu as pris, Seigneur, avec toi.

Ceux qui des choses éphémères sont passés vers toi, / Ami des hommes et Seigneur de l’univers, / accorde-leur de chanter et glorifier ton pouvoir; / fais-les resplendir de ta beauté, / jouir de ton charme et de ta douceur / et goûter aux plaisirs les plus purs; / là où les Anges en chœur / et la multitude des Saints / devant ton trône exultent de joie, / fais reposer aussi tes serviteurs fidèles, Seigneur, / en leur accordant la grande miséricorde.

Leurs âmes trouveront le séjour bienheureux.

Là, où chantent les Prophètes en chœur, / l’assemblée des Apôtres et des Martyrs / et tous ceux qui furent justifiés depuis les siècles par ta Passion salutaire / et le sang au prix duquel tu rachetas l’homme captif du péché, / en ce lieu, donne aux fidèles défunts le repos / et, dans ton amour pour eux, le pardon de leurs péchés; / car, sur terre, tu fus le seul sans péché, / le seul Saint et le seul libre parmi les morts; / aussi, veuille donner à tes serviteurs le repos, / en leur accordant la grande miséricorde.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Ô Vierge toute-sainte, tu nous as délivrés, / nous qui servions sous la loi du péché, / en concevant dans ton sein l’Auteur de la loi, notre Roi et notre Dieu, / en qui nous sommes justifiés gracieusement; / implore-le maintenant d’inscrire au livre de vie / les âmes de ceux qui te chantent, ô Mère de Dieu; / afin que, sauvés par ta sainte médiation, / nous obtenions de ton Fils la rédemption / en nous prosternant devant celui / qui donne au monde la grande miséricorde.

LE SAMEDI À LA LITURGIE

Béatitudes

Le bon Larron sur la croix / eut foi en ta divinité; ô Christ; / il te confessa d’un cœur sincère en s’écriant: / Souviens-toi de moi, Seigneur, en ton royaume.

Par votre mort, saints Martyrs, / vous avez anéanti le Prince du mal /et, couronnés pour vos exploits, vous êtes passés vers le ciel / en présence de Dieu, ce roi de l’univers.

Grande gloire ont obtenu / les Pontifes en qui la lumière du sacerdoce a resplendi, / tandis qu’une foule de saints Moines ont gagné la vie éternelle; / c’est pourquoi nous les disons bienheureux.

Dans les chœurs de tes élus, / dans le lieu du repos, / Verbe, Sauveur et Maître, place les défunts, / pardonnant les péchés que sur terre ils ont commis.

Gloire au Père...

Par les luttes sacrées des Pontifes et des Martyrs, / laisse-toi fléchir, ô Trinité, / et donne aux fidèles défunts / le repos de leur âme et la grande miséricorde.

Maintenant... Théotokion

Pleine de grâce qui fus capable d’abriter / celui que nul espace ne contient / et d’ineffable manière l’enfantas, / intercède auprès de lui pour qu’il nous montre sa faveur.