12 JUILLET. Mémoire des saints martyrs Proclus et Hilaire

VÊPRES

Lucernaire, t. 1

Pour avoir enduré * de multiples châtiments, * vous avez reçu, tous les deux, * de brillantes couronnes, Hilaire et Proclus ; * c'est pourquoi nous célébrons * votre mémoire festive avec foi, * vous priant d'intercéder sans cesse pour nous.

Proclus, tu supportas * les déchirements de ta chair, * voyant d'avance, Bienheureux, * le bonheur éternel au Paradis * et la lumière sans couchant : * toi qui en jouis, intercède

là-haut * pour que ceux qui t'honorent en soient eux-mêmes illuminés.

Hilaire et Proclus, * victorieux Athlètes du Seigneur, * comme deux luminaires vous

éclairez * des reflets de vos miracles l'entière création, * dissipant les ténèbres des

passions ; * aussi nous vous chantons * en célébrant votre mémoire avec joie.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Vierge Mère de Dieu, * toi qui fus dite bienheureuse par ton Fils, * présente nos prières au Créateur, * en bienveillante protectrice des croyants * et procure à tes serviteurs, * divine Épouse, le pardon, * toi qui as enfanté le salut de nos âmes.

Stavrothéotokion

Debout près de la Croix * de ton Fils et ton Dieu * et voyant sa patience infinie, * pure Mère, tu dis en pleurant : * Hélas, très-doux Enfant, * combien tu souffres injustement, * Verbe de Dieu, pour sauver le genre humain !

Tropaire, t. 4

Tes Martyrs, Seigneur, pour le combat qu'ils ont mené * ont reçu de toi, notre Dieu, la couronne d'immortalité ; * animés de ta force, ils ont terrassé les tyrans * et réduit à l'impuissance l'audace des démons ; * par leurs prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

MATINES

Après la lecture du Psautier et les cathismes du ton occurrent, canons de l'Octoèque, puis ce canon des Saints, ayant pour acrostiche : Aux Athlètes sacrés je dédie ce cantique. Joseph.

Ode 1, t. 4

« Comme les cavaliers de Pharaon, * submerge mon âme, je t'en prie, * dans l'océan d'impassibilité, * toi qu'une Vierge a enfanté, * afin que sur le tambourin * par la mortification de mon corps * je te chante l'hymne de victoire. »

Puisque vous êtes réunis à Dieu * et que sans cesse, généreux Martyrs, * vous êtes baignés de ses rayons, * répandez sur mon âme * votre lumière, Bienheureux : * alors, dans la componction du cœur, je chanterai * votre sainte et lumineuse passion.

Le désir du ciel vous a donné * des ailes pour y parvenir ; * aussi avez-vous mis au rebut * tous les charmes de cette vie ; * et, déjà divinisés * par votre inclination vers Dieu, * vous avez terrassé la puissance des impies.

Enflammés que vous étiez * par le feu de la divine Trinité, * vous avez éteint, sages

Martyrs, * sous les flots de votre sang * le brasier de l'impiété ; * effacez donc l'impureté de nos passions * sous une pluie de guérisons.

Saints Martyrs, vous qui cherchiez * vie sans peine, gloire dans le ciel, * les délices du Paradis, * la clarté divine et la douce joie, * en échange de tout cela * vous avez supporté avec courage * la tempête des tourments.

Les chœurs célestes ont admiré * votre endurance au combat ; * car avec courage, saints Martyrs, * vous avez supporté joyeusement * les tortures de la chair * et maint supplice, en écrasant * la perversité de l'ennemi.

Gabriel, en te disant, * notre Dame : Réjouis-toi, * a vraiment neutralisé * le venin qui fut injecté * aux oreilles de la prime aïeule jadis, * car celui qui nous sauva de la malice du serpent, * tu l'as mis ineffablement au monde.

Ode 3

« Ce n'est pas en la sagesse que nous nous glorifions * ni dans la puissance ou les trésors, * mais dans la Sagesse du Père hypostasiée, * car il n'est d'autre Saint que toi, Jésus Christ. »

Tu as confondu les insensés * par la sagesse des paroles divines, Proclus, * et tu supportas, par la puissance de l'Esprit, * bienheureux Martyr, les torsions de ta chair.

Cruellement le juge, en sa folie, * ordonna de te suspendre pour te déchirer, * mais tu élevas les yeux de l'âme vers Dieu * et ta patience te couvrit de beauté.

Vaillamment tu supportas * d'avoir les membres broyés * et par ton sang tu as éteint la flamme des impies, * fortifié par la grâce de Dieu.

Brise les liens de mes péchés * en m'attachant à l'amour du Verbe né de toi, * Dame tout-immaculée, * et par tes prières, ô Vierge, sauve-moi.

Cathisme, t. 1

Fidèles, magnifiant le Christ, * honorons tous d'un même chœur * Hilaire et l'illustre

Proclus, * ces courageux martyrs qui triomphèrent de l'ennemi ; * ils chassent par leurs miracles les ténèbres des passions * et sur tout fidèle qui les approchent répandent leur clarté.

Théotokion

Ô Vierge toute-sainte, espérance des chrétiens, * sans cesse intercède avec les Puissances d'en-haut * auprès du Dieu qu'ineffablement tu enfantas, * pour qu'il nous accorde à tous la rémission de nos péchés * ainsi que l'amendement de leur vie * aux fidèles te glorifiant de tout cœur.

Stavrothéotokion

L'Agnelle immaculée, voyant l'Agneau et le Pasteur * suspendu sans vie sur le bois, * pleurait et maternellement gémissait en disant : * Comment souffrirai-je, ô mon Fils, * ton ineffable condescendance et ta Passion volontaire, * Seigneur de toute bonté ?

Ode 4

« Celui qui siège glorieusement * sur le trône de la divinité * est venu sur la nuée légère : * c'est Jésus, notre divin Sauveur ; * et de sa main toute pure * il a sauvé ceux qui lui

chantent : * Ô Christ notre Dieu, gloire à ta puissance. »

À tes paroles a succédé, * Proclus, leur réalisation, * car le bourreau assoiffé de sang * fut empêché d'avancer * qu'il n'ait confessé le Christ * comme seul Seigneur de l'univers * et Dieu de suprême bonté.

Suspendu au gibet * et lié par des courroies, * saint Martyr, puis frappé * de toutes sortes de coups, * tu n'as pas accordé * de culte aux dieux sans vie, * fortifié que tu étais par le Seigneur ton Dieu.

Avec audace et fermeté, * sans te laisser vaincre, Proclus, * tu comparus devant les

tribunaux, * prêchant à haute voix * l'incarnation du Rédempteur * qui s'est anéanti * jusqu'à prendre la forme du serviteur.

Le persécuteur éhonté * menaçait les saints martyrs * de toutes sortes de châtiments * et de la plus violente mort ; * mais, voyant qu'ils ne se troublaient pas, * il fut lui-même troublé * et sa défaite le remplit de fureur.

Ô Verbe, par pitié * pour l'œuvre de tes mains * brisée par le péché, * tu habitas le sein virginal, * puis t'avanças en deux natures, * inaugurant pour ceux qui t'ont connu * les voies de l'immortalité.

Ode 5

« Seigneur, tu es venu comme la lumière en ce monde, * lumière sainte qui retire de la sombre ignorance * ceux qui te chantent avec foi. »

Seigneur, tu es la force des martyrs et leur soutien, * tu es, Dieu saint, l'inébranlable rempart * des saints athlètes qui luttent de tout cœur.

L'âme enflammée d'amour divin, * tu supportas d'être brûlé par des flambeaux, * bienheureux et admirable Martyr.

Le seul feu que je craigne, c'est l'éternel, * s'écria Proclus brûlé et mis à mort * sur l'ordre du tyran.

Ton mystère, qui pourrait l'expliquer, * Vierge Mère de Dieu en qui s'est incarné * ineffablement le Créateur de l'univers ?

Ode 6

« J'ai sombré au plus profond de l'océan * et je fus englouti * sous la houle de mes nombreux péchés, * mais toi, ô Dieu d'amour, * à la fosse tu arraches ma vie. »

Ni le feu ni les coups de fouet * ni les fauves ni l'épreuve de la mort * n'ont pu vous séparer, * Martyrs au noble cœur, * du très-pur amour de Dieu.

Le courage des martyrs * ayant lutté jusques au sang * sous la loi des éloges ne tombe pas : * seul le Seigneur qui les glorifia * comme serviteurs les magnifie.

Ayant bien traversé * l'océan des pires châtiments, * vous avez abordé, victorieux Martyrs, * au havre divin * de la jouissance éternelle du Christ.

Comme Isaïe jadis l'avait prédit, * voici, la Vierge a enfanté * l'Ange du grand Conseil, * l'Emmanuel, Dieu et Seigneur, * le Sauveur de nos âmes.

Kondakion, t. 2

Étant de même famille et de mêmes sentiments, * en toute chose vous avez concordé, * Proclus, admirable martyr, * et Hilaire aux divines pensées ; * ayant reproduit en vous-mêmes les souffrances du Christ, * vous avez reçu de lui la gloire méritée * et vos prières procurent à tous la divine rémission.

Synaxaire

Le 12 juillet, mémoire des saints martyrs Proclus et Hilaire.

Proclus souffre la grêle des flèches, tout nu,

et le tranchant du glaive, Hilaire l'a connu.

Le douze, l'un et l'autre au ciel est parvenu.

Par leurs saintes prières, ô notre Dieu, aie pitié de sauve-nous. Amen.

Ode 7

« À Babylone jadis * les enfants d'Abraham * foulèrent la fournaise de feu, * en leurs hymnes s'écriant joyeusement : * Dieu de nos Pères, tu es béni. »

Ayant livré vos corps aux supplices * par amour du Verbe incarné, * saints Martyrs, vous avez reçu, * à juste titre, de lui * la couronne de justice.

La clarté divine illuminant * votre esprit dans la foi, * Martyrs illustres, vous avez franchi * la ténèbre des épreuves en psalmodiant : * Dieu de nos Pères, tu es béni.

De tes lèvres distillant le miel * bienheureux Proclus, coulait * le remède divin * de tes paroles abreuvant ceux qui psalmodient : * Dieu de nos Pères, tu es béni.

La puissance de Dieu * fortifiant ton esprit, * tu enduras les pires châtiments, * Hilaire, en t'écriant : * Dieu de nos Pères, tu es béni.

Toi la plus sainte de la création, * tu enfantes le Créateur de tous, * demeurant Vierge immaculée * et bénie en tout temps, * Mère pure et glorifiée.

Ode 8

« Rédempteur du monde, Tout-puissant, * au milieu de la fournaise descendu, * de rosée tu as couvert les Jeunes Gens * et leur enseignas à psalmodier : * Toutes ses œuvres, louez, bénissez le Seigneur. »

Après d'innombrables châtiments * l'ennemi te fit subir, * cruellement, glorieux Proclus, * une grêle de flèches, puis, décapité, * entre les mains de Dieu tu remis allégrement ton esprit.

Ton vénérable corps * fut frappé d'une infinité de flèches, * mais ainsi tu infligeas d'incurables plaies * aux ennemis incorporels qui ne voulaient chanter : * Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Toi que la grâce illuminait de son éclat, * comme rocher qui roule sur le sol * tu fis crouler les forteresses de l'erreur, * Hilaire, en chantant bien haut : * Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

Les fleuves de ton sang * ont éteint le feu de l'impiété, * mais abreuvé les fidèles

psalmodiant * sans cesse : Louez, bénissez, * toutes ses œuvres, le Seigneur.

De tes chastes entrailles prenant chair, * le Dieu qui m'a formé et façonné, * divine Génitrice, a renouvelé * le monde qui s'écrie : * Louez, bénissez le Seigneur.

Ode 9

« Par sa faute et transgression * Ève instaure la malédiction ; * mais toi, ô Vierge Mère de Dieu, * pour le monde tu as fait fleurir * par le fruit de tes entrailles la bénédiction ; * et tous ensemble nous te magnifions. »

Voici que la mémoire des Martyrs, * insigne, lumineuse et sacrée, * a brillé, illuminant * la terre entière et dissipant * loin de nos âmes les ténébreuses nuées du mal, * et faisant jaillir les guérisons.

Comme deux mamelles, en esprit * vous offrez le lait des guérisons, * saints Martyrs, et nourrissez tout cœur * en chassant l'amertume des maladies * et guérissant les passions ; * pour cela nous vous disons bienheureux.

Glorieux Athlètes qui portez * avec noblesse le manteau royal * qu'ont empourpré les flots de votre sang, * vous régnez pour toujours avec le Christ, * l'unique Roi et notre Dieu, * et pour le monde intercédez auprès de lui.

La terre fut bénie par votre sang * et par la déposition de vos corps ; * vos esprits ont fait briller de joie * l'assemblée des premiers-nés, * où vous intercédez pour le monde, * en Témoins du Christ, avec les autres martyrs.

Vierge Mère, tu es devenue * la demeure de la clarté, * de celui qui grâce à toi, * est apparu en un corps * pour que nos ténèbres fussent éclairées ; * aussi nous te disons avec foi bienheureuse.

Le reste de l'office de Matines comme d'habitude, et le Congé.