18 JUILLET. Mémoire du saint martyr Émilien

VÊPRES

Lucernaire, t. 4

Tu as revêtu, Seigneur, ton martyr * de l'invincible puissance d'en-haut, * tu lui donnas la force de supporter vaillamment pour toi * les peines infligées par l'ennemi * et de recevoir la couronne que son martyre lui mérita ; * par ses mérites fais descendre sur nous * la rémission de nos péchés, * Seigneur tout-puissant et Sauveur de nos âmes.

Ayant revêtu l'armure de la Croix, * enflammé de zèle pour toi, * Seigneur, ton martyr mit le feu * à tous les temples des faux-dieux ; * et l'illustre Émilien, pour avoir battu * les troupes du démon, a reçu * de toi, en récompense de sa victoire, le royaume des cieux, * où il intercède pour notre salut.

Du martyr Émilien * tu as fait pour l'Église un astre éblouissant, * un hoplite de choix, illuminant désormais * toute la terre de ses exploits mystiques * et dissipant les ténèbres non éclairées par la foi en Dieu ; * ayant reçu la clarté qu'il nous transmet, * divinement nous te chantons, * Seigneur tout-puissant et Sauveur de nos âmes.

Gloire... Maintenant... Théotokion

Lave la souillure de mon pauvre cœur, * Mère de Dieu, toute-digne de nos chants, * purifie les blessures et les plaies * que lui cause le péché, * affermis aussi mon esprit changeant, * afin que dans ma misère je magnifie, * moi l'inutile serviteur, * ta puissante et souveraine protection.

Stavrothéotokion

La Vierge toute-pure, voyant le Christ * privé de vie bien qu'ayant mis à mort le Séducteur, * criait en d'amères plaintes à celui * qui était sorti de ses entrailles * et dont elle admirait, stupéfaite, la résignation : * N'oublie pas ta servante, cher Enfant, * Ami des hommes, ne tarde pas à venir me consoler.

Tropaire, t. 4

Ton Martyr, Seigneur, pour le combat qu'il a mené * a reçu de toi, notre Dieu, la couronne d'immortalité ; * animé de ta force, il a terrassé les tyrans * et réduit à l'impuissance l'audace des démons ; * par ses prières sauve nos âmes, ô Christ notre Dieu.

MATINES

Après la lecture du Psautier et les cathismes du ton occurrent, deux canons de l'Octoèque, puis ce canon du Saint, avec l'acrostiche : Je chante le renom du martyr Émilien. Joseph.

Ode 1, t. 4

« Ma bouche s'ouvrira * et s'emplira de l'Esprit saint : * j'adresse mon poème à la Mère du

Roi ; * et l'on me verra, en cette fête solennelle, * chanter avec allégresse toutes ses merveilles. »

Louons en ce jour notre Dieu suprême et célébrons * son Témoin qui, dans la force de l'Esprit, * selon les règles a combattu * et remporté la couronne des vainqueurs.

Bienheureux Martyr, ayant revêtu * la puissance de celui * qui assuma notre faiblesse par bonté, * tu as mis à nu la vanité * et la fragilité des faux-dieux.

Avec joie tu as prêché * les trois Personnes unies * par l'identité de nature, et tu mis fin * au mensonge des multiples dieux * par ta ferme lutte, admirable Martyr.

Ma force et mon chant, c'est le Seigneur, * et l'illumination de mon cœur, * Vierge tout-immaculée, * c'est celui que tu as enfanté * comme unique personne en deux natures, le Christ.

Ode 3

« Garde sous ta protection, * ô Mère de Dieu et Source intarissable de la Vie, * tous les chantres qui t'honorent de leurs hymnes ; * dans ta divine gloire, * accorde-leur la couronne des vainqueurs. »

Une lampe guidant tes pas, * une lumière sur ton chemin * te fut la loi de notre Dieu ; * c'est ainsi que tu fis trébucher les autels * et la marche des iniques, en ta gloire de martyr.

Ayant mis le cap de ton esprit * sur le havre serein * de la volonté divine, * tu as fui l'océan des multiples dieux * agité par le souffle du mal.

Les Puissances célestes ont admiré * les divins exploits d'Émilien, * sa foi, sa vaillance jusqu'à la fin * et comment cet être de chair * humilia et renversa l'Incorporel.

Les lois de la nature, tu les ignoras * en ton enfantement surnaturel * et demeuras vierge après lui, * virginale Mère, pour avoir conçu * le Créateur de l'univers.

Cathisme, t. 3

Enflammé de zèle pour ton Dieu, * tu n'as pas craint le feu qui le servait comme toi, * mais de plein gré, sans frémir, tu es entré, * pour l'holocauste, dans la fournaise allumée * et t'es offert en sacrifice à ton Seigneur ; * illustre Martyr, prie le Christ notre Dieu * de nous accorder la grâce du salut.

Théotokion

De la nature divine il ne fut pas séparé * en s'incarnant dans ton sein, * mais, se faisant homme, demeura Dieu, * le Seigneur qui te conserva ton irréprochable virginité, * ô Mère, après l'enfantement tout comme avant ; * prie-le sans cesse de nous accorder la grâce du salut.

Stavrothéotokion

La Brebis mère immaculée, * la virginale Génitrice du Verbe divin, * lorsqu'elle vit suspendre sur la croix * le fruit qu'elle avait fait croître sans douleurs, * dans ses larmes de mère

s'écria : * Hélas, ô mon enfant, quelle Passion souffres-tu, * toi qui de ses passions infâmes veux sauver la condition humaine !

Ode 4

« Celui qui siège glorieusement * sur le trône de la divinité * est venu sur la nuée légère : * c'est Jésus, notre divin Sauveur ; * et de sa main toute pure * il a sauvé ceux qui lui

chantent : * Ô Christ notre Dieu, gloire à ta puissance. »

Le saint amour de Dieu * te consumait merveilleusement ; * c'est pourquoi tu supportas * le feu de la flagellation ; * ainsi tu incendias, Bienheureux, * les divinités des sans-Dieu * et couvris de rosée les âmes des croyants.

Pour les seuls biens durables tu méprisas * ce qui passe et disparaît ; * tu attachas à l'amour de Dieu * toute ton âme, saint Martyr ; * ainsi tu fis cesser * le pouvoir de l'impiété, * admirable Émilien.

Toi qui célébrais, selon la foi, * la Divinité au triple éclat * et l'unique nature glorifiée, * tu pénétras sur le stade * comme un valeureux soldat, * Émilien, et fis crouler * la puissance du dragon.

En toi nous glorifions * la seule qu'a trouvée * comme lieu de sainteté * celui qui nous sanctifie * et par qui nous les terrestres devenons * citoyens du ciel et prenons part, * Vierge pure, à la nature de Dieu.

Ode 5

« L'univers est transporté * par ta divine gloire, ô Vierge inépousée, * car tu as porté dans ton sein * le Dieu transcendant * et tu mis au monde un Fils intemporel * qui accorde le salut * à ceux qui chantent ta louange. »

Émilien, tu éteignis * sous la pluie de ton sang * la flamme des sans-Dieu * et fis jaillir le flot de tes miracles refoulant * l'eau stagnante des passions, * engloutissant les démons * et submergeant les maladies.

Ordre fut donné par l'impie * de te tendre pour te flageller ; * et toi, blessé par les coups * qui déchirent ta chair, * tu reproduis, saint Martyr, * la bienheureuse passion * de celui qui fut meurtri sur la croix.

Toi qui es comblé * par les dons de l'Esprit saint, * tu guéris les maux incurables, * calmes l'ardeur des maladies, * chasses les esprits du mal * et prodigues tes secours * à ceux que frappe l'affliction.

Le glaive du péché * m'ayant blessé, guéris-moi * par ton remède souverain, * Vierge pure dont est né * le Christ Sauveur qui pour moi * fut blessé d'une lance, * mais atteignit au cœur le Serpent.

Ode 6

« J'ai sombré au plus profond de l'océan * et je fus englouti * sous la houle de mes nombreux péchés, * mais toi, ô Dieu d'amour, * à l'abîme tu arraches ma vie. »

Ton témoignage, saint Martyr, * a fait de toi un bienheureux, * comblé de gloire divine et demeurant * avec les Anges dans le ciel, * où tu pries pour le salut de nos âmes.

Pour n'avoir point épargné * un corps mortel, tu as gagné * ce bien durable, l'immortalité, * en mourant par amour * de celui qui mit à mort les passions.

La châsse de tes reliques fait jaillir, * tel un fleuve, son parfum * et ne cesse d'éloigner * les maladies malodorantes, * bienheureux et saint Martyr.

Ève à l'arbre avait cueilli * un fruit porteur de mort ; * mais toi, Vierge pure, tu produis * l'arbre dont le fruit * fait revivre les mortels.

Synaxaire

Le 18 juillet, mémoire du saint martyr Émilien.

Le martyr Émilien, jeté dans la fournaise,

comme en un pré fleuri semble tout à son aise.

Près du trône du Christ, le dix-huit, Émilien

jubile avec les Anges, sans terrestre lien.

Par ses saintes prières, ô notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous. Amen.

Ode 7

« Ils n'adorèrent pas la créature au lieu du Créateur, * les fidèles du Dieu très-haut, * mais affrontèrent généreusement * le feu qui les menaçait ; * et ils chantaient dans la fournaise : * Seigneur digne de louange, * Dieu de nos Pères, béni sois-tu. »

Martyr illuminé * par la grâce du saint Esprit, * tu es entré, Bienheureux, * dans la fournaise de feu * et chantas, divinement inspiré : * Seigneur digne de louange, * Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Bienheureux, toi qu'enflammait * l'amour du Christ, ton aimé, * tu n'as pas eu peur du feu, * mais en lui tu chantais, * couvert de rosée par l'Esprit : * Seigneur digne de louange, * Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Par la splendeur de tes exploits, * Émilien, tu ressemblas * aux Incorporels ; et avec eux * devant le Maître resplendissant * tu chantes, plein de joie : * Seigneur digne de louange, * Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Divine Épouse dont le nom * rappelle le Seigneur, * nous te disons avec foi * la salutation angélique, * car tu as enfanté l'ineffable joie, * le Christ Seigneur, auquel nous chantons : Dieu de nos Pères, béni sois-tu.

Ode 8

« Les nobles Jeunes Gens de la fournaise furent délivrés * par celui qui est né de la Mère de Dieu ; * ce qui jadis n'était qu'une image * maintenant devient réalité, * puisqu'il rassemble tout l'univers qui continue de chanter : * Louez le Seigneur, toutes ses œuvres, * à lui haute gloire, louange éternelle. »

Après avoir brisé * les objets de culte païens, * tu fis relâcher celui * qui était détenu à ta place * et de toi-même allas vers le martyre en t'écriant : * Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, * exaltez-le dans tous les siècles.

À ceux qui ne te cherchaient point, * à ceux qui ne t'interrogeaient, * tu déclares : Me voici, je comparais, * iniques juges, comprenez ! * Et tu vas te faire immoler comme un agneau * en t'écriant : Louez le Seigneur, * exaltez-le dans tous les siècles.

Le martyr Émilien * nous convoque à son festin, * fidèles, nous offrant * comme mets ses exploits ; * en esprit savourons-les et chantons : * Toutes ses œuvres, louez le Seigneur, * exaltez-le dans tous les siècles.

Fais pleuvoir la miséricorde sur moi, * divine Mère, Vierge Marie, * toi qui as enfanté * la source de miséricorde, le Christ ; * assèche le flot de mes péchés * et apaise les remous de mon âme, pour qu'en tous les siècles je puisse te glorifier.

Ode 9

« Par sa faute et transgression * Ève instaure la malédiction ; mais toi, ô Vierge Mère de

Dieu, * pour le monde tu as fait fleurir par le fruit de tes entrailles la bénédiction ; * et tous ensemble nous te magnifions. »

Toi qui désirais voir la beauté de Dieu, * contempler l'ineffable joie, * tu renonças de

bon gré * à tous les charmes de cette vie * et témoignas allégrement ; * c'est pourquoi nous te disons bienheureux.

À la divine table de celui * qui s'immola comme brebis * tu fus offert, illustre Martyr, * en victime rôtie au feu, * conservé en bonne odeur spirituelle * et rendu digne de la vraie gloire ; c'est pourquoi * tous ensemble nous te disons bienheureux.

En ce jour ta mémoire, victorieux Martyr, * brille sur nous plus que soleil, * réjouissant le cœur de tous, * illuminant les âmes des croyants * et chassant la ténèbre des maladies ; * à juste titre nous te disons bienheureux.

L'assemblée élue des premiers-nés * acquiert en toi un concitoyen ; * et, te voyant avec eux, * tous les Martyrs exultent de joie ; * en leur compagnie souviens-toi * de nous qui te commémorons, * mégalomartyr au grand renom.

De ta lumière éclaire-moi * qui chemine en l'obscurité ; * Vierge toute-digne de nos chants, * donne-moi ta main secourable, * de mon âme chasse les sombres nues, * apaise la tempête de mes passions, * toi le refuge des sans-espoir.

Le reste de l'office de Matines comme d'habitude, et le Congé.