20 JUILLET. Mémoire du saint et glorieux prophète Élie le Thesbite

VÊPRES

Lucernaire, t. 1

Verbe dont la tendresse transporta * de terre sur un char enflammé * le prophète Élie de Thesbé, * par ses prières sauve-nous * qui te glorifions avec foi * et dans la joie célébrons * sa divine et vénérable mémoire.

Ce n'est pas dans l'ouragan, * mais dans la brise légère que tu as vu * la parousie de notre Dieu * qui t'illumina jadis, bienheureux prophète Élie ; * emporté sur un quadrige, tu

t'élanças * à travers le ciel d'étrange façon, * dans l'émerveillement, Prophète inspiré.

Par le glaive tu égorgeas * les prêtres de l'infamie ; * sur terre tu interdis au ciel de répandre la pluie, * enflammé que tu étais par le zèle de Dieu ; * et, par le don de ton manteau, * d'une double grâce divine tu comblas, * sage Élie, le prophète Élisée.

t. 2

Sur l'univers se sont levés * deux astres éblouissants, * Élie et Élisée. * Le premier par sa parole divine ferma les sources des cieux * et fit ses remontrances aux souverains, * puis monta vers le ciel sur un char de feu. * Le second assainit les eaux qui faisaient avorter * et, recevant double grâce, traversa * à pied sec les flots du Jourdain. * Et maintenant avec les Anges dans la joie * ils intercèdent en faveur de nous tous * pour le salut de nos âmes.

Des prophètes a resplendi * en ce jour la sainte venue, * convoquant les amis de la fête mystiquement ; * celui qui monta sur un char vers les cieux, * l'étoile sans couchant du

matin * et l'admirable Élisée * ont ouvert les flots du nouveau Jourdain * et donné clairement l'annonce de la foi, * régénérant par une double image la gloire sœur * de l'ancien Testament et du nouveau, * doublant aussi la bénédiction * sur les fidèles célébrant leur mémoire en festive solennité.

Astres des Églises qui n'as pas de couchant, * prophète Élie, enflammé de zèle divin, * tu fermas les sources des cieux et fus nourri par un corbeau ; * tu confondis les rois et mis à mort les prêtres de Baal, tu fis descendre le feu du haut du ciel * et périr cinquante hommes par deux fois ; * tu as nourri la veuve de Sarepta * avec l'huile et le peu de farine qui restaient * et, par ta prière, ressuscitas son fils ; * tu allumas le feu sur l'autel inondé * et traversas à pied les flots du Jourdain, * puis sur un char de feu tu fus emporté vers les cieux ; * et tu donnas double grâce à Élisée, * sans cesse intercédant auprès de Dieu * pour que nos âmes soient sauvées.

Gloire, t. 6

Venez, tous les croyants, * rassemblons-nous en ce jour * dans le saint temple des Prophètes inspirés * pour chanter et psalmodier * en l'honneur du Christ notre Dieu, qui les a glorifiés, * disons tous dans l'allégresse et la joie : * Élie au nom sublime, réjouis-toi, * ange sur terre, homme du ciel ; * réjouis-toi, vénérable Élisée * qui reçus double grâce de par Dieu ; * réjouissez-vous, chaleureux protecteurs, * médecins des âmes et des corps * de tous ceux qui aiment le Christ ; * intercédez auprès de lui, * pour que soient délivrés de tout danger, * de toute menace et hostilité * les fidèles célébrant votre festive commémoration.

Maintenant...

Qui donc refusera de te dire bienheureuse, ô Vierge toute-sainte, * qui donc ne voudra chanter la louange * de ton enfantement virginal ? * Car le Fils unique, le reflet du Père intemporel, * celui qui est sorti de toi, ô Vierge immaculée, * s'est incarné ineffablement : * il est Dieu par nature et, par nature, s'est fait homme pour nous sauver ; * sans être divisé en deux personnes, il s'est fait connaître en deux natures sans confusion ; * ô Vierge sainte et

toute-bienheureuse, * intercède auprès de lui pour qu'il ait pitié de nous.

Entrée. Lumière joyeuse. Prokimenon du jour et Lectures.

Lecture du troisième livre des Rois (17, 1-23)

La parole du Seigneur fut adressée à Élie le prophète, qui dit à Achab : Par le Dieu vivant, le Seigneur des puissances, le Dieu d'Israël, en présence de qui je me suis tenu aujourd'hui, il n'y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, si ce n'est à mon commandement ! Et la parole du Seigneur fut adressée à Élie en ces termes : Pars d'ici vers l'orient et cache-toi près du torrent de Khorath, qui est en face du Jourdain ; tu boiras au torrent, et je donne l'ordre aux corbeaux de t'y porter à manger ! Élie partit et s'établit près du torrent de Khorath, en face du Jourdain, et les corbeaux lui portaient du pain le matin et de la viande le soir, et il buvait l'eau du torrent. Mais, au bout d'un certain temps, le torrent fut à sec, parce qu'il n'y avait pas eu de pluie dans le pays. Alors la parole du Seigneur fut adressée à Élie en ces termes : Lève-toi et va à Sarepta, au pays de Sidon, et tu y demeureras, car là-bas j'ai ordonné à une veuve de te donner à manger. II se leva et alla à Sarepta. En arrivant à la porte de la ville, il vit une veuve qui ramassait du bois ; il l'interpella et lui dit : Apporte-moi donc un peu d'eau dans ta cruche, que je boive ! Comme elle allait en chercher, il la rappela et lui dit : Apporte-moi aussi un morceau de pain dans ta main ! La femme répondit : Par le Dieu vivant, ton Seigneur, je n'ai pas de pain cuit ; je n'ai qu'une poignée de farine dans une jarre et un peu d'huile dans une cruche : je viens de ramasser deux bouts de bois, je vais préparer cela pour moi et mes enfants, nous mangerons et nous mourrons ! Mais Élie lui dit : Sois sans crainte, va faire comme tu l'as dit ; mais prépare-moi d'abord un petit pain, que tu m'apporteras ; ensuite tu prépareras le reste pour toi et tes enfants, car voici ce que dit le Seigneur, le Dieu d'Israël : La jarre de farine ne s'épuisera et la cruche d'huile ne se videra, jusqu'au jour où sur tout ce terroir le Seigneur fera pleuvoir ! La femme s'en alla et fit comme Élie lui avait dit. Il y en eut pour lui, pour elle et pour ses enfants, et depuis ce jour la jarre de farine ne se vida et la cruche d'huile ne s'épuisa, selon la parole du Seigneur transmise par Élie. Après cela il arriva que le fils de la maîtresse de maison tomba malade, et sa maladie fut si violente qu'il en mourut. Alors elle dit à Élie : Qu'y a-t-il entre nous, homme de Dieu ? Serais-tu venu chez moi pour me rappeler mes fautes et faire mourir mon fils ? Élie dit à la femme : Donne-moi ton fils ! Et il le prit des bras de sa mère, le porta dans la chambre haute où il logeait et le coucha sur son lit. Puis il invoqua le Seigneur en disant : Seigneur mon Dieu, veux-tu donc aussi du mal à la veuve qui m'héberge, pour que tu fasses mourir son fils ? Il souffla par trois fois sur l'enfant et il invoqua le Seigneur en disant : Seigneur mon Dieu, je t'en prie, fais revenir en lui l'âme de cet enfant ! Et il en fut ainsi : comme Élie l'invoquait, le Seigneur écouta son appel, l'âme de l'enfant revint en lui et il fut rendu à la vie. Élie prit l'enfant, le descendit de la chambre haute dans la maison et le remit à sa mère en disant : Voici ton fils, il est vivant ! La femme dit à Élie : Maintenant je sais que tu es un homme de Dieu et que la parole de Dieu dans ta bouche est vérité.

Lecture du troisième livre de Rois (18, 1, 17-41, 44, 42, 45-46 ; 19, 1-9, 11-13, 15-16)

La parole du Seigneur fut adressée à Élie le Thesbite, la troisième année, en ces termes : Va te montrer à Achab, et j'enverrai la pluie sur la face de la terre ! Dès qu'il vit Élie, Achab lui dit : Te voilà, toi le fléau d'Israël ! Élie répondit : Le fléau d'Israël, ce n'est pas moi, mais toi et ta famille, parce que vous avez abandonné le Seigneur notre Dieu pour aller à la suite de Baal. Fais donc rassembler tout Israël près de moi sur le mont Carmel, avec les quatre cent cinquante prophètes de Baal et le quatre cents prophètes d'Astarté, qui mangent à la table de Jézabel ! Achab convoqua tout Israël et rassembla tous les prophètes sur le mont Carmel. Élie s'approcha de tout le peuple et dit : Jusques à quand clocherez-vous des deux pieds ? Si le Seigneur est Dieu, suivez-le ; si c'est Baal, marchez à la suite de Baal ! Mais le peuple ne lui répondit rien. Élie poursuivit : Moi, je reste seul comme prophète du Seigneur, tandis que les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante et les prophètes d'Astarté quatre cents. Donnez-nous deux jeunes taureaux ; qu'ils en choisissent un pour eux, qu'ils le dépècent et le placent sur le bois, mais qu'ils n'y mettent pas le feu. Moi, je préparerai l'autre victime, sans y mettre le feu. Vous invoquerez le nom de votre dieu et moi, j'invoquerai le nom du Seigneur ; le dieu qui répondra par le feu, c'est lui qui est Dieu ! Tout le peuple répondit : Voilà qui s'appelle bien parler ! Élie dit aux prophètes de Baal : Choisissez un taureau et commencez, car vous êtes les plus nombreux ; invoquez le nom de votre dieu, mais n'allumez pas ! Ils prirent le taureau et le préparèrent, et ils invoquèrent le nom de Baal depuis le matin jusqu'à midi, en disant : Exauce-nous, Baal, exauce-nous ! Mais il n'y eut ni voix ni réponse. Et ils dansaient devant l'autel qu'ils avaient élevé. À midi, Élie le Thesbite se moqua d'eux et leur dit : Criez plus fort car votre dieu a des soucis ou des affaires, ou bien il est voyage ; peut-être il dort et se réveillera ! Ils crièrent plus fort et se tailladèrent, selon leur coutume, avec des épées et des lances jusqu'à l'effusion du sang. Quand midi fut passé, ils se mirent à vaticiner jusqu'à l'heure où l'on présente l'oblation, mais il n’y eut aucune voix ni réponse, ni signe d'attention. Alors Élie Thesbite dit aux prophètes de Baal : Assez, maintenant, je vais préparer mon holocauste ! Il dit au peuple : Approchez-vous de moi ! Et tout le peuple s'approcha de lui. Élie prit douze pierres selon le nombre des douze tribus issues de Jacob, à qui Seigneur avait dit : Israël sera ton nom. Il dressa les pierres au nom du Seigneur et rétablit l'autel qui avait été renversé. Il fit un fossé, capable de contenir deux boisseaux de grain, tout autour de l'autel. Il disposa le bois sur l'autel qu'il avait érigé, dépeça la victime de l'holocauste, la plaça sur le bois et l'entassa sur l'autel. Puis il dit : Apportez-moi quatre jarres d'eau et versez-les sur l'holocauste et sur le bois ! Et ils firent ainsi. Il dit : Doublez ! et ils doublèrent ; puis : Triplez ! et ils triplèrent. L'eau se répandit autour de l'autel, et même le fossé fut rempli d'eau. Puis Élie cria vers le ciel et dit : Seigneur, Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, exauce-moi aujourd'hui en envoyant le feu, afin que tout ce peuple sache que tu es le seul Seigneur, le Dieu d'Israël, et que je suis ton serviteur ; que pour toi j'accomplis tout cela et que toi-même tu fais revenir le cœur de ce peuple vers toi ! Alors le feu du Seigneur tomba du ciel : il consuma l'holocauste et le bois ; le feu absorba l'eau qui se trouvait dans le fossé, il lécha même les pierres et la poussière du sol. Et tout le monde tomba face contre terre en disant : Vraiment le Seigneur est Dieu, c'est lui qui est Dieu ! Élie dit au peuple : Saisissez les prophètes de Baal, que pas un d'eux n'échappe ! Et ils les saisirent. Élie les fit descendre au torrent de Kisson, et là il les mit à mort. Alors Élie dit à Achab : J'entends venir la pluie ; attelle et descends, pour que la pluie ne t'arrête pas ! Élie monta vers le sommet du Carmel, il s'agenouilla, le visage contre terre, et pria le Seigneur. Soudain le ciel s'obscurcit de nuages en tempête, et il y eut une forte pluie. Achab parvint à Jezraël et il apprit à Jézabel, sa femme, tout ce qu'Élie avait fait et comment il avait massacré les prophètes par l'épée. Alors Jézabel envoya dire à Élie : Demain, à la même heure, je prendrai ta vie, comme tu as pris la leur ! Élie, à ces mots, prit peur et s'en alla, pour sauver sa vie. Il arriva à Bersabée en Juda et y laissa son serviteur. Lui-même, il s'avança dans le désert une journée de marche et alla s'asseoir sous un genévrier. Il se coucha et s'endormit sous cette plante. Mais voici qu'un ange le toucha et lui dit : Lève-toi, mange et bois ! Élie regarda, et voici qu'il y avait à son chevet une fougasse de froment et une cruche d'eau. Il se leva, mangea et but, puis il se recoucha. L'Ange du Seigneur vint une seconde fois, le toucha et lui dit : Lève-toi, mange et bois, autrement le chemin sera trop long pour toi ! Il se leva, mangea et but, puis soutenu par cette nourriture il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'au mont Horeb. Là il entra dans une grotte pour s'y reposer. Et voici que la parole du Seigneur lui fut adressée, et le Seigneur lui dit : Sors d'ici et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car le Seigneur va passer ! Et voici que, précédant le Seigneur, il y eut un vent fort et violent qui fendait les montagnes et brisait les rochers : ce n'est pas dans le vent qu'était le Seigneur. Après le vent, il y eut un tremblement de terre : ce n'est pas dans le tremblement de terre qu'était le Seigneur. Et après le tremblement de terre, un feu : ce n'est pas dans le feu qu'était le Seigneur. Et après le feu, le murmure d'une brise légère, et là était le Seigneur. Quand il l'entendit, Élie se voila le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la grotte. Et le Seigneur lui dit : Va, retourne par le même chemin vers le désert de Damas, pour oindre Élisée, fils de Saphat, à ta place, comme prophète.

Lecture du troisième livre des Rois (19, 19-21 ; IV Rois 2, 1, 6-14)

En ces jours-là, Élie trouva Élisée, fils de Saphat, en train de labourer avec des bœufs. Élie s'approcha de lui et jeta sur lui son manteau. Élisée quitta ses bœufs, courut à la suite d'Élie et se mit à son service. Voici ce qui arriva lorsque le Seigneur enleva Élie au ciel dans un tourbillon : Élie et Élisée allaient à Galgala ; et Élie dit à Élisée : Reste ici, je te prie, car le Seigneur m'envoie au Jourdain ! Élisée répondit : Par la vie du Seigneur et par la tienne, je ne te quitterai pas ! Et ils s'en allèrent tous deux. Cinquante fils de prophètes arrivèrent et se tinrent à distance vis-à-vis, pendant que tous deux se trouvaient au bord du Jourdain. Alors Élie prit son manteau, le roula et frappa les eaux, qui se divisèrent de part en part, et tous deux traversèrent à pied sec. Lorsqu'ils eurent passé, Élie dit à Élisée : Demande ; que puis-je faire pour toi avant d'être enlevé d'auprès de toi ? Élisée répondit : Que me revienne une double part de ton esprit ! Élie reprit : Tu demandes une chose difficile ; cependant, si tu me vois tandis que je serai enlevé d'auprès de toi, cela t'arrivera ; sinon, cela n'arrivera pas. Or, tandis qu'ils marchaient en conversant, voici qu'un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l'un de l'autre, et Élie monta au ciel dans un tourbillon. À cette vue, Élisée s'écria : Mon Père, mon Père ! Char et cavalerie d'Israël ! Puis il ne le vit plus et, saisissant son vêtement, il le déchira en deux. Il ramassa le manteau qu'Élie avait laissé tomber et revint se tenir sur le bord du Jourdain. Tenant le manteau qu'Élie avait laissé tomber, il en frappa les eaux, mais les eaux ne furent pas divisées. Élisée dit alors : Où est le Seigneur, le Dieu d'Élie ? Où est-il ? Élisée frappa les eaux une seconde fois : les eaux se divisèrent et il passa à pied sec.

Litie, t. 1

Élie, plein de zèle pour Dieu * et dominant les passions, * en ce jour se laisse voir * comme celui qui chemine dans les airs, * de la sorte devenant l'initiateur * du salut de l'univers ; * gloire immense que mérita * ce joyau des prophètes volant jusqu'au ciel ; * par la vie qu'il a menée * il s'est montré en effet * un ange dans la chair, un homme incorporel ; * faisant son éloge, disons-lui : * viens à notre aide au jour du jugement.

À l'instar de David, * en ce jour, fidèles, honorons * par des hymnes le prophète du

Seigneur, * Élie le Thesbite, et son zèle éblouissant ; * par sa parole fermant les cieux, * il rendit stérile un sol fécond ; * ô merveille inégalée, un homme fait de boue * interdit au ciel de répandre la pluie ; * et l'homme corruptible revêt * la condition immortelle, * sur un char de feu monte en courant vers les cieux * et, par son manteau, procure double grâce à Élisée. * Il réprimande les rois * et fait périr un peuple infidèle par la faim, * il couvre de honte les prêtres de l'infamie * et d'un mot rend à la veuve son fils ressuscité. * Par ses prières, ô Christ notre Dieu, * garde en paix tes fidèles serviteurs, * leur accordant la victoire sur l'ennemi.

Par des cantiques spirituels * célébrons les Prophètes du Christ, * car Élie le Thesbite s'élance en courant vers les cieux * et son manteau procure à Élisée double grâce de par Dieu ; * et tous deux se sont montrés * à l'univers comme astres lumineux, * sans cesse intercédant pour nos âmes.

t. 2

Le char de feu t'emportant * comme en un tourbillon vers les cieux * t'accorda la grâce des miracles au souffle embrasé, * te rendant incorruptible, Élie de Thesbé, * afin que tu ne puisses voir la mort * jusqu'à ce que tu annonces l'universel achèvement ; * sois donc présent parmi nous, * nous accordant l'initiation à tes saintes vertus.

Gloire, t. 4

Solidement assis * sur un char enflammé, * tu fus transféré au pays de la lumière, * Élie de Thesbé, * après avoir confondu les prophètes de l'infamie. * Toi qui d'un mot enchaînes le ciel, * par tes prières auprès du Seigneur * délie les chaînes de nos péchés * et sauve nos âmes.

Maintenant...

Sauve de tout danger tes serviteurs, * Mère de Dieu et Vierge bénie, * afin que nous puissions te glorifier * comme l'espérance de nos âmes.

Apostiches, t. 4

Sanctifié avant sa conception, * ange dans la chair, esprit de feu, * homme céleste, divin précurseur de la seconde venue du Christ, * fondement des Prophètes, dans l'Esprit * le glorieux Élie nous a convoqués, * nous les amis de la fête, pour célébrer * sa divine mémoire en ce jour. * Par ses prières, ô Christ notre Dieu, * garde ton peuple de tout dommage causé par l'Ennemi.

Ne touchez pas à qui m'est consacré, * gardez-vous de nuire à mes prophètes.

Le céleste prophète Élie, * voyant le peuple d'Israël, * prostitué loin du Seigneur son Dieu, * se consumer pour les idoles de Baal, * enflammé de zèle, arrêta les nues, * assécha la terre et par sa parole ferma les cieux, * disant : Il n'y aura sur terre de pluie * si ce n'est par mon injonction. * C'est lui qui aujourd'hui préside le festin, * procurant largement * aux fidèles qui l'honorent l'ineffable grâce de Dieu.

Tu es prêtre à jamais * selon l'ordre de Melchisédech.

Tu séparas les flots du Jourdain * comme initié aux mystères divins * que nulle langue ne peut exprimer ; * tu réduisis en cendres le mensonge des faux-dieux * par l'éclair de tes paroles inspirées par Dieu ; * tu réprimandas les princes violant la Loi, * fis flamber par ta prière l'oblation * et mis à mort les prêtres de l'impiété ; * calme à présent l'inflammation de nos douleurs * et, par la ferveur de tes prières, saint Élie, * éteins le brasier des misères dont ton peuple est affligé.

Gloire, t. 6

Prophète qui annonças le Christ, * tu n'es jamais séparé * du trône de sa divine majesté, * même si tu es présent * au chevet de tout patient, * car en servant dans les cieux, * tu bénis l'univers, * dont tout lieu te glorifie. * Implore pour nos âmes la grâce et le pardon.

Maintenant...

Mère de Dieu, tu es la Vigne, en vérité, * qui a fait croître le fruit de vie ; * notre Dame, nous t'en prions : * au milieu des Apôtres et de tous les Saints * intercède pour le salut de nos âmes.

Tropaire, t. 4

L'ange dans la chair, le glorieux Élie, * le socle des prophètes divins, * le second précurseur de la venue du Christ, * celui qui du ciel envoie la grâce sur Élisée, * chasse au loin les maladies * et purifie les lépreux ; * sur ceux qui le vénèrent il fait jaillir les guérisons.

MATINES

Cathisme I, t. 1

D'un même chœur nous te chantons comme astre resplendissant, * conducteur de char enflammé, * comme un ange dans la chair respirant le zèle de Dieu, * réprimandant les rois iniques et chassant l'impiété ; * coryphée des Prophètes, bienheureux qui vis Dieu, * garde-nous sous ta protection, saint Élie.

Marie, précieuse demeure du Seigneur, * relève-nous de l'abîme où nous sommes tombés, * délivre-nous du terrible désespoir, * de nos fautes et de toute affliction ; * tu es en effet le refuge des pécheurs, * le secours, la protection et le salut de tes serviteurs.

Cathisme II, t. 1

À ton Dieu tu fus uni par ta profonde vertu, * menant sur terre une vie digne du ciel ; * possédant la vie de la grâce, Bienheureux, * par ton souffle tu fis surgir de la mort un

enfant ; * et tu demeures par la suite plus fort que la mort, * Élie, prophète inspiré.

En toi nous reconnaissons la Mère de Dieu * demeurée vierge même après l'enfantement, * nous tous qui cherchons refuge en ta bonté, * car aux pécheurs tu offres ton secours ; * en toi nous trouvons au milieu des périls, * Vierge toute-pure, le salut.

Après le Polyéléos :

Mégalynaire

Nous te magnifions, * Prophète de Dieu, saint Élie, * vénérant ta montée vers le ciel * et sur un char de feu * la glorieuse assomption de ton corps.

Versets 1 : Voici, j'ai fui au loin, j'ai demeuré au désert. 2 : Mon âme a soif de toi, après toi languit ma chair. 3 : J'ai proclamé ta vérité, ton salut. 4 : Je n'ai pas caché ton amour et ta vérité devant la multitude rassemblée. 5 : Et ma langue redira ta justice, ta louange, tout le jour.

Cathisme, t. 8

Source de miracles, ornement des Prophètes, Élie de Thesbé, * nous les fidèles, nous t'adressons la louange de nos chants : * dans ta chair demeurant encore immortel, * comme mortel tu confirmes la résurrection des morts ; * par le crédit que tu possèdes auprès de

Dieu, * tu procures la guérison aux fidèles t'implorant * et sans cesse tu pries le Christ d'accorder la rémission de leurs péchés * à ceux qui célèbrent de tout cœur ta mémoire sacrée.

Tombé dans l'enchevêtrement des épreuves et des tentations * du fait des ennemis invisibles et de ceux que l'on voit, * je suis pris par la houle de mes immenses transgressions ; * mais, sachant l'ardeur avec laquelle tu protèges et tu secours, * j'accours me réfugier dans le havre de ta bonté ; * Toute-sainte, prie celui qui sans semence s'incarna de toi * pour tous tes serviteurs qui te chantent sans répit, * intercédant sans cesse auprès de lui * pour qu'il accorde le pardon de leurs péchés * aux fidèles qui se prosternent devant ton virginal enfantement.

Anavathmi, la 1e antienne du ton 4 : Dès ma jeunesse.

Prokimenon, t. 4 : Ne touchez pas à qui m'est consacré, gardez-vous de nuire à mes prophètes. Verset : Rendez gloire au Seigneur et invoquez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits.

Que tout ce qui vit et respire loue le Seigneur. Évangile et Psaume 50.

Gloire...

Par les prières de saint Élie...

Maintenant...

Par les prières de la Mère de Dieu...

Aie pitié de moi, ô Dieu...

t. 4

Solidement assis * sur un char enflammé * au pays de la lumière tu fus transféré, * Élie de Thesbé, * après avoir confondu les prophètes de l'infamie. * Toi qui d'un mot enchaînes le ciel, * par tes prières auprès du Seigneur * délie les chaînes de nos péchés et sauve nos âmes.

Canon de la Mère de Dieu, puis ces deux canons du Saint : le premier (t. 2) l’œuvre du moine Jean, avec l'acrostiche : Je chante, jubilant, les miracles d'Élie le second (t. 8), avec l'acrostiche : Accorde-moi la divine grâce, bienheureux Élie. Joseph.

Ode 1, t. 2

« Chantons pour le Seigneur qui a conduit * à travers la mer Rouge son peuple jadis * et y fit sombrer toute l'armée de Pharaon * une hymne de victoire, * car il s'est couvert de gloire. »

Nous proposant de chanter Élie, * ses miracles et leur puissance pleine de feu, * comme il se doit nous invoquons * la force de l'Esprit divin * et sa langue enflammée.

Sois-nous propice, Élie porteur-de-Dieu, * libère de la gêne et maintiens dans l'harmonie, * par l'œuvre de l'Esprit qui siège en toi, * notre langue embarrassée, * nous éclairant pour célébrer tes hauts faits.

Tu distribues tes dons surnaturels, * ô Verbe, à ceux qui suivent tes divins commandements * et tu leur soumets les vannes de la pluie, * conférant par ton Esprit * à leur parole la force de se réaliser.

Seule bénie, pur et divin trésor * de la virginité, * purifie mon cœur * de la fange des passions, * en implorant le pardon de mes péchés.

t. 8

« À la tête de ses chars le Pharaon fut englouti * grâce au bâton de Moïse * autrefois, merveilleusement, * lorsqu'en forme de croix * il frappa la mer et la fendit, * mais il sauva Israël qui put fuir * et passer à pied sec * en chantant un cantique au Seigneur. »

Comme le fils de la Veuve, * bienheureux Prophète, vivifie * mon âme réduite à la mort ; * des vertus divines fais-la resplendir * et conduis-moi vers la vie ; * aux délices éternelles * fais que puisse prendre part * celui qui désire se délecter de tes biens.

Au moment de ta naissance, * ton père eut la révélation * d'un grand miracle, en vérité ; * car il te vit nourri d'une flamme, * bienheureux Prophète, et entouré * de langes flamboyants ; * aussi, par tes prières * délivre-moi du feu éternel.

Magnifié que tu étais * par ton inclination vers le Seigneur, * en tout temps tu as brûlé * de zèle véritable pour Dieu ; * aussi fortifie-moi et comble-moi * de ce même zèle,

Bienheureux, * pour que j'accomplisse la divine volonté * et que, sauvé, je puisse te glorifier.

De toi le Dieu suprême, * Toute-pure, s'est incarné * et pour nous s'est laissé voir * tel un homme nous ressemblant ; * sans cesse, ô Vierge, supplie-le * de m'épargner le châtiment * à moi qui ai péché plus que tout homme, * et de m'accorder, par tes prières, le salut.

Ode 3, t. 2

« Tu m'as affermi sur la pierre de la foi, * tu m'as fait triompher devant mes ennemis, * et mon esprit exulte de joie en chantant : * Nul n'est saint comme toi, ô notre Dieu, * nul n'est juste comme toi, Seigneur. »

Qu'il est bon, le céleste Nourricier * qui te procure ton repas par le corbeau, * celui qui comble de sa bienveillance tout vivant ; * chantons-lui tous : c'est toi notre Dieu, * Seigneur, nul n'est saint comme toi.

Grâces soient rendues au tutélaire Bienfaiteur * qui a fait du Prophète et de la Veuve, * dans sa providence ineffable, de mutuels nourriciers ; * chantons-lui tous : c'est toi notre Dieu, Seigneur, nul n'est saint comme toi.

Toi qui fermes les nuages porteurs de pluie, * pour la Sareptienne à bout de vivres * tu fais pleuvoir sans fin les restes d'un repas * et pour ce miracle tu chantes : * Seigneur, nul n'es saint comme toi.

Seule en toute la lignée d'Adam, * tu as mérité ce don sublime dépassant la nature : * celui que ne peut contenir l'entière création, * en ton sein tu l'as porté, lui donnant corps ; * aussi nous vénérons avec foi ta divine maternité.

t. 8

« Seigneur qui as tendu la coupole des cieux * et qui as édifié l'Église en trois jours, * rends-moi ferme dans ton amour, * seul Ami des hommes, * haut-lieu de nos désirs et forteresse de croyants. »

Glorieux Prophète, comme ennemis * tu fis périr les prêtres de l'infamie, * toi qui brûlais de zèle pour Dieu ; * aussi je te demande de m'arracher * aux œuvres infâmes et au feu éternel.

Comme intercesseur je te délègue, Bienheureux, * auprès du Dieu suprême * qui peut me délivrer de tout malheur : * sur mon humble prière penche-toi * et ne méprise pas mon ardente invocation.

Le Dieu tout-puissant t'a jadis magnifié * en te faisant porter la nourriture par un oiseau, * glorieux prophète Élie ; * supplie-le de m'accorder en partage * les délices éternelles et la lumière venir.

Infranchissable Porte qui mènes à Dieu, * je t'en prie, Vierge, ouvre-moi * les portes du repentir * en lavant la souillure de mes péchés, * Pleine de grâce, sous les flots de ton amour.

Cathisme, t. 8

En prophète de la lumière véritable qu'est notre Dieu * renversant les prophètes de la

fausseté, * tu as confondu Achab et son impiété, * glorieux Élie, en enseignant * à ne pas se prosterner devant Baal * et par ta prière demandant les flots du ciel ; * c'est pourquoi tu es monté vers le Seigneur, * porté dans les airs sur un char de feu ; * et nous te crions : Prie le Christ notre Dieu * d'accorder la rémission de leurs péchés * à ceux qui fêtent de tout cœur ta mémoire sacrée.

Comme Vierge et seule femme qui sans semence enfantas Dieu dans la chair, * nous te disons bienheureuse, nous, toutes les générations humaines ; * car en toi le feu de la divinité fit sa demeure * et comme nourrisson tu allaitas le Seigneur et Créateur ; * aussi avec les Anges nous glorifions comme il se doit, * nous, l'ensemble des hommes, ton enfantement très-saint * et nous unissons nos voix pour te crier : * Toute-pure, intercède auprès de ton Fils et ton

Dieu * pour qu'il accorde la rémission de leurs péchés * aux fidèles qui se prosternent devant ton virginal enfantement.

Ode 4, t. 2

« Seigneur, j'ai perçu le plan de ton salut * et je t'ai glorifié, seul Ami des hommes. »

Prophète, à la racine tu as retranché le mal, * en implanteur de la vertu ; c'est pourquoi nous te disons bienheureux.

La veuve nourricière, te reprochant sa mort, * réclamait la résurrection de son fils.

Par le triple souffle, c'est la gloire de la Trinité * que tu as montré, en rendant à sa mère un fils plein de vie.

Grâce au zèle, au feu divin dont tu brûlais, * tu as confondu les rois coupables d'iniquités.

Comme vigne fructueuse, tu portas, ô Vierge, le raisin * pour verser à tous le vin du salut.

t. 8

« C'est toi ma force, Seigneur, * toi ma puissance, * toi mon Dieu et mon allégresse ; * sans quitter le sein du Père, * tu as visité notre pauvreté ; * aussi avec le prophète Habacuc je te crie : * Gloire à ta puissance, seul Ami des hommes. »

Dieu incline ton zèle enflammé, * prophète Élie, et t'envoie * chez une veuve pour être

nourri, * toi que mit en fuite jadis * la menace d'une femme ; * je t'en prie, à mon âme affamée * donne pour nourriture les grâces de Dieu.

Les sombres nuages du péché me recouvrent, * la houle de l'existence me secoue * et l'ouragan du mal * souffle violemment contre mon âme ; * mais toi, Prophète divin, * prends à ma place le gouvernail * et guide-moi vers le port du salut.

Procure-moi la force d'âme et de corps, * bienheureux Élie, en suppliant * le Seigneur de gloire qui guérit * en tout homme les maladies ; * guide ma course pour que je franchisse sans mal * les obstacles de cette vie : * en toi je délègue un excellent défenseur.

Avec toutes les Puissances des cieux, * avec tous les Prophètes et les Martyrs, * Souveraine immaculée, * avec les Apôtres, les Moines saints, * intercède pour que je trouve le salut * malgré la multitude de mes péchés, * et que j'échappe au châtiment éternel.

Ode 5, t. 2

« Toi qui es la source de clarté * et le créateur des siècles, Seigneur, dirige-nous * à la clarté de tes commandements : nous ne connaissons nul autre Dieu que toi. »

La Loi des Pères, Élie, t'a révélé * comme intercesseur véritable, * faisant des miracles et transformant * la nature des éléments, * toi qui fis brûler ton juste sacrifice avec de l'eau.

Vénérable, en présence de la vérité, * tu as bel et bien confondu * les prophètes de l'infamie, * bienheureux Élie, en faisant paraître clairement * la puissance de la Trinité.

Les sacrifiant au Verbe de la grâce, * tu immolas de tes mains innocentes * les prêtres des abominations, * prophète Élie, avec pour ornement * la chasuble de ton zèle divin.

Vierge pure qui as enfanté le Christ, * le créateur de l'univers, * nous te crions : Réjouis-toi * qui sur nous fis lever la divine clarté * et pus loger en toi le Dieu infini.

t. 8

« Pourquoi m'as-tu repoussé * loin de ta face, Lumière inaccessible ? * Malheureux que je suis, * les ténèbres extérieures m'ont enveloppé ; * fais-moi revenir, je t'en supplie, * et dirige mes pas vers la lumière de ta loi. »

Enflammé par le zèle de la foi, * tu chassas les nuages porteurs de pluie : * par tes saintes prières, prophète Élie, * sur mon âme consumée * par la brûlure des passions * verse les pluies divines et sauve-moi.

Comme un prêtre, tu as immolé * de tes mains innocentes, Bienheureux, * les prêtres des abominations qui opéraient l'infamie ; * saint Prophète, à présent, * de tout infâme péché * garde-moi sauf, je t'en prie.

Tu as suscité l'admiration, * prophète Élie, en consumant * les victimes par tes divines invocations ; * je te prie donc d'allumer * en mon cœur l'amour sacré * pour y brûler le taillis de mes passions.

Sur toi, comme pluie, * est descendu le Verbe divin : * ô Vierge, supplie-le * de répandre sur moi, à présent, * les ondes pures qui laveront * toute souillure de mes immenses péchés.

Ode 6, t. 2

« L'abîme sans fond de mes péchés * m'encercle, mais toi, Seigneur, * comme le prophète Jonas, * à la fosse arrache ma vie. »

Tu es devenu l'image de la foi, * du service divin et de l'intégrité, * l'implanteur de la chasteté, l'imitateur des Anges, * porteur de Dieu et prophète inspiré.

Elle t'a mis en fuite, glorieux Élie, * la fureur menaçante de la tueuse de prophètes, * bien que tu aies reçu pouvoir * d'ouvrir et de fermer les écluses du ciel.

Élevant, à genoux, le regard suprême de l'esprit, * par ta prière sacrée * tu délias le ciel * pour abreuver de pluie les sillons terrestres.

C'est toi, divine Mère inépousée, * toi la mère toujours-vierge, ô Marie, * que préfigure le buisson du Sinaï * s'unissant au feu sans être consumé.

t. 8

« Sauveur, accorde-moi ton pardon, * malgré le nombre de mes péchés ; * de l'abîme du mal retire-moi, je t'en supplie ; * c'est vers toi que je crie ; * Dieu de mon salut, Seigneur, exauce-moi. »

Malgré le nombre de mes fautes insensées, * pardonne-moi, Sauveur, délivre-moi * des peines qui m'attendent en l'au-delà : * j'ai comme intercesseur, en effet, * le grand Élie et ta Mère immaculée.

Implanteur de la chasteté, garde pure mon âme, * prophète zélé, veuille emplir mon esprit * du même zèle pour Dieu, * afin que je repousse * les attaques du mal, saint Élie.

N'ayant pris qu'un seul repas, * tu fis route quarante jours en jeûnant * pour obéir à la divine volonté ; * donne-moi la force, je t'en prie, * de m'abstenir de toute transgression.

Ouvre à ma pauvre âme * les accès divins, toi la Porte de Dieu, * afin que par eux je puisse entrer * en rendant grâces et trouver, * divine Mère, la fin de mes maux.

Kondakion, t. 2

Prophète au nom sublime, saint Élie, * toi qui vis d'avance les hauts faits de notre Dieu * et soumis à ta parole les nuées porteuses de pluie, * auprès du seul Ami des hommes intercède pour nous tous.

Ikos

Voyant la monstrueuse iniquité des humains * et l'immense amour de Dieu pour eux tous, * Élie le prophète s'indigna, courroucé, * au point d'adresser au Dieu de miséricorde un impitoyable discours, * disant : Juge très-juste, emporte-toi * contre ceux qui violent ta loi. * Mais Dieu, en la tendresse de son cœur, * ne s'est pas mis à punir ceux qui l'avaient

offensé : * selon son habitude, en effet, * c'est la conversion qu'il attend de nous tous.

Synaxaire

Le 20 juillet, mémoire de la flamboyante ascension au ciel du glorieux prophète Élie de Thesbé.

La pluie, le triple feu du ciel il fit descendre ;

au ciel, fendant les flots, on vit Élie se rendre.

Le vingt, un char flambant sur terre vint le prendre.

Par ses saintes prières, ô notre Dieu, aie pitié de sauve-nous. Amen.

Ode 7, t. 2

« Le buisson brûlant sans être consumé * et l'ardente flamme source-de-rosée, * divine Épouse, préfigurent ton mystère, * car ton sein n'a pas brûlé au feu divin qu'il a reçu ; * c'est pourquoi nous chanterons au fruit de tes entrailles : * Béni es-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères. »

Ayant endossé la puissance improvisée * qui par miracle de Dieu te fut donnée, * glorieux Élie, avec un seul repas * tu as accompli la longue marche des quarante jours * et sur l'Horeb tu as chanté en exultant : * Béni es-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères.

C'est la brise douce et légère, prophète Élie, * qui t'a montré le Seigneur * tandis que tu brûlais de zèle pour le Tout-puissant, * et non point le vent violent, le tremblement de terre, le feu menaçant ; * aussi nous chanterons au cœur humble et doux : * Béni es-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères.

Tu as mérité, glorieux Élie, * comme le grand Moïse, * vision de Dieu et prophétie, * toi qui dans l'Esprit consacrais les prophètes et les rois * et qui, voyant la gloire du Christ au Thabor, t'es écrié : * Béni es-tu, Seigneur, Dieu de nos Pères.

Le Verbe de Dieu le Père, en sa bonté, * demeurant dans ton sein, * Vierge pure, merveilleusement * nous a recréés pour nous faire vivre en l'Éden ; * et, devant ta divine maternité nous prosternant, * nous chantons : Seigneur, tu es béni.

t. 8

« La condescendance de Dieu * troubla le feu à Babylone autrefois ; * c'est pourquoi les Jeunes Gens * dans la fournaise dansaient d'un pas joyeux, * comme en un pré fleuri, et ils chantaient : * Dieu de nos Pères, béni sois-tu. »

Dans ton zèle pour la foi * prenant pitié d'un peuple perdu, * par tes invocations divines * tu as fait descendre un feu dévorant * sur ton juste sacrifice, glorieux Élie : * délivre-moi, je t'en prie, de la flamme éternelle et sauve-moi.

Tu méritas de contempler * sur le Thabor la face de Dieu ; * Prophète, prie-le donc * de détourner ses yeux de mes péchés * pour que mon âme, au jour du jugement, * puisse voir son visage sans être condamnée.

Sur le chemin de cette vie * je fais, en marchant, maint faux pas ; * mais toi, mon défenseur, dirige-moi * sous ton excellente protection, * affermis mon esprit chancelant, * mon âme encline aux voluptés charnelles.

Je te chante et magnifie * ta virginale maternité, * Pleine de grâce toute-digne de nos

chants ; * viens à mon aide sur la tempête de la vie * et donne à ma pauvre âme souillée * la componction qui pourra la purifier.

Ode 8, t. 2

« Le septuple feu, sans cesse alimenté, * recula tout tremblant devant les nobles jeunes gens * dont le corps reflétait la pureté du cœur ; * et l'ardente flamme s'affaiblit au chant de l'hymne éternelle : * Chantez le Seigneur, toutes ses œuvres, * exaltez-le dans tous les siècles. »

Achab expia, par l'extermination totale de sa lignée, * sa haine meurtrière envers le Prophète qui le reprenait ; * et le Thesbite, dans la flamme de son zèle, * entonna une hymne pour le Dieu de vie : * Toutes ses œuvres, chantez le Seigneur, * exaltez-le dans tous les siècles.

Du ciel tu fis pleuvoir le feu * consumant la double cinquantaine de tes poursuivants, * Élie, sublime serviteur de Dieu ; * et tu chantas une hymne à l'éternel Vivant : * Toutes ses œuvres, chantez le Seigneur, * exaltez-le dans tous les siècles.

De toi, l'implanteur de la chasteté, * le Christ a fait l'initié de sa divine incarnation, * lui le Dieu suprême qu'une Vierge fit pousser ; * en sa chair il te montra l'insaisissable lumière de sa divinité, * et tu t'écrias : Toutes ses œuvres, chantez le Seigneur, * exaltez-le dans tous les siècles.

Bienheureux le sein de la Mère de Dieu * en qui le Verbe s'est uni * à la chair et à la forme des mortels ; * il est devenu la cité de Dieu * où le Très-Haut, le Seigneur Dieu, se plaît à demeurer ; * disons donc : Toutes ses œuvres, chantez-le, * exaltez-le dans tous les siècles.

t. 8

« Sept fois plus que de coutume, * dans sa fureur le tyran des Chaldéens * fit chauffer la fournaise pour les fidèles du Seigneur ; * mais, lorsqu'il les vit sauvés * par une force plus puissante, il s'écria : * Jeunes gens, bénissez votre créateur et votre rédempteur * et vous, prêtres, louez-le, * peuple, exalte-le dans tous les siècles. »

En toi nous voyons l'habitacle * de l'Esprit divin, prophète Élie, * un ange soufflant sur terre le feu du zèle divin, * chassant l'impiété, réprimandant les rois, * consacrant les prophètes et faisant périr * par le glaive les prêtres de l'infamie ; * c'est pourquoi nous te crions : * délivre-nous de la honte en l'au-delà.

Un char de feu t'enleva de terre, * toi qui brûlais de zèle pour Dieu, * Élie, prophète divinement inspiré ; * élève donc, je t'en prie, * grâce au quadrige de tes vertus, * au-dessus de tous les maux terrestres mon esprit * et supplie le Roi universel et divin * pour que j'atteigne la borne des cieux.

Par ta vivante parole * tu as fermé les écluses du ciel ; * par ta mystique parole, maintenant * ouvre-moi, je t'en prie, les portes du repentir, * envoyant à mon âme les flots de la componction, * et sauve ton serviteur qui s'écrie : * Vous les prêtres, bénissez, * peuple, exalte le Christ dans les siècles.

Adorant les trois personnes * d'égale force, d'égale dignité, * consubstantielles et partageant un même trône dans les cieux, * en une seule divinité nous glorifions * le Père, le Fils et l'Esprit saint, * royale majesté, lumière sans déclin, * et chantons d'un même chœur : Vous les prêtres, bénissez, * peuple, exalte Dieu dans tous les siècles.

Dame toute-sainte, * l'Emmanuel né de toi est apparu, * instaurant notre foi et prêchant la conversion ; * supplie-le donc à présent * de m'ouvrir les portes de la justice, * pour me sauver, moi qui m'écrie : * Vous les prêtres, bénissez-le, * peuple, exalte-le dans tous les siècles.

Ode 9, t. 2

« L'astre divin qui avant l'aurore s'est levé * et vécut parmi nous * corporellement, * de tes entrailles virginales * tu lui donnas corps ineffablement : * Vierge bénie et Mère de Dieu, nous te magnifions. »

Ayant sur terre accompli la marche irréversible des humains, * le Thesbite, franchissant * avec son manteau le cours du Jourdain * et chevauchant sur les airs, * mena grâce à l'Esprit * sa merveilleuse course vers le ciel.

Consumé de zèle pour la foi, * le Thesbite est ravi * sur un char de feu ; * et, prenant son manteau, Élisée * par divine grâce reçut * le double de ce qu'il n'avait pu lui cacher.

Le Thesbite, se révélant doué de la vision de Dieu, * voit avec Moïse ce que l'œil n'avait pas vu, * ce que l'oreille n'a pas entendu, * ce dont l'idée n'est pas venue * au cœur de l'homme terrestre : sur le Thabor * le Seigneur tout-puissant incarné.

Tu es celle qui efface l'antique malédiction, * réparant la faute de la mère des vivants, * réconciliant avec Dieu le genre humain, * comme un pont reliant la créature à son Auteur ; * Mère de Dieu, nous te magnifions.

t. 8

« Le ciel fut saisi de stupeur * et les confins de la terre furent frappés d'étonnement * lorsqu'aux hommes Dieu s'est montré revêtu de notre chair ; * et ton sein est devenu plus vaste que les cieux : * ô Mère de Dieu, * l'assemblée des Anges et des hommes te magnifie. »

Tu méritas de voir Dieu * en la brise légère, autant qu'il est possible de le voir, * glorieux Prophète, après avoir allégé ton corps * par un genre de vie ascétique ; * allège aussi, par tes prières, l'épaisseur de mon esprit * et sous les divins rayons du repentir éclaire-le.

Toi qui jadis traversas le Jourdain, * bienheureux Prophète, en le frappant de ton manteau, * assèche l'épanchement de mes péchés * en procurant à mon âme * chaque jour des flots de larmes * pour que le torrent de délices devienne mon lot.

Glorieux Prophète, par tes prières éloigne de moi * toute affliction causée par d'injustes ennemis, * les multiples scandales de cette vie, * les maladies du corps et de l'esprit * et la condamnation au feu éternel, * je t'en prie, toi mon excellent protecteur.

Tu fus ravi au ciel, prophète Élie, * laissant à Élisée * double part de ton esprit ; * avec lui sans cesse, du haut du ciel, * demande au Maître la rémission des péchés * pour ceux qui te possèdent comme défenseur auprès de lui.

Dame toute-pure, en ta bonté, * ne méprise pas les supplications de tes serviteurs, * mais sans cesse prie le Créateur universel * de nous accorder, Vierge sainte, * le salut de l'âme et du corps * et la splendeur du royaume divin.

Exapostilaire, t. 3

Le feu divin qui fit de toi * le passager céleste d'un char flamboyant * ne t'a pas consumé, prophète Élie, * toi dont la langue terrestre eut le pouvoir * de faire descendre le feu du ciel et disparaître les pluies.

Ô Vierge qui enfantas le feu divin, * par tes prières implore ton Fils, * divine Mère, de me prendre en pitié * et de me sauver de l'éternelle obscurité, * moi qui me confie à ta divine protection.

Laudes, t. 8

Illustre Prophète, lorsque tu t'es uni à Dieu * par la vertu et la pureté de ta vie, * tu as reçu de lui également le pouvoir * de transformer à ta guise la création, * car tu fermas les vannes de la pluie * et tu fis descendre le feu du ciel pour la perte des impies. * Intercède pour le salut de nos âmes. (2 fois)

Enflammé par le zèle du Seigneur, * tu repris violemment les rois impies * et mis à mort les prêtres de la honte avec ardeur ; * par miracle tu allumas un feu sur les eaux, * tu puisas la nourriture sans labours * et de ton manteau pus fendre les flots du Jourdain. * Intercède pour le salut de nos âmes.

Illustre Prophète, qui menas sur terre * la vie céleste en vérité * et qui possédais en toi-même le trésor de la vie personnifiée, * tu as ressuscité par ton souffle un enfant mort, * puis, sur la mort elle-même l'emportant, * tu es monté dans les airs, en passager d'un char de feu. * Intercède pour le salut de nos âmes.

Gloire...

Par des hymnes, fidèles, honorons * les sommets des prophètes, ces astres brillant sur l'univers, * Élie et Élisée, et dans la joie chantons au Christ : * En la tendresse de ton cœur, * accorde à ton peuple, Seigneur, * par les prières de tes prophètes au grand renom * la rémission des péchés et la grâce du salut.

Maintenant...

Notre Dame, reçois la prière de tes serviteurs : * délivre-nous de tout péril et de toute affliction.

Grande Doxologie, tropaire, litanies et Congé.