23 JUILLET. Translation des reliques du saint hiéromartyr Phocas

VÊPRES

Lucernaire, t. 1

De son sang de martyr * ayant rempli le cratère pour les croyants, * Phocas, le témoin de Jésus Christ, * leur verse les guérisons et repousse les maladies, * par la sublime prédication * de son martyre appelant l'univers : * Ceux qui ont soif, venez puiser aux fleuves de grâces avec foi.

L'égarement des sans-Dieu, * par ta divine résistance tu l'as vaincu * et la tempête des multiples divinités, * tu l'arrêtas par la puissance de la sainte Trinité ; * quant au fil de

l'épée, * à la brûlure du feu, à la grêle des tourments, * tu les enduras comme flèches d'enfants.

Devenu le héraut * du Dieu qui donne la vie, * en athlète tu renversas les tyrans * et remportas la victoire au combat ; * à l'Immortel confiant ta vie, * bienheureux Phocas, tu es monté * vers sa lumière sans couchant.

Gloire, t. 4

Dès l'enfance tu aimas le Seigneur, * bienheureux Phocas, témoin du Christ ; * ayant pris l'armure de la Croix sur tes épaules, * tu suivis sans dévier le chemin du salut, * grâce auquel tu es devenu * le compagnon des Anges saints, * l'adversaire des démons, * et pour le monde tu intercèdes puissamment.

Maintenant... Théotokion

Sauve de tout danger tes serviteurs, * Mère de Dieu et Vierge bénie, * afin que nous puissions te glorifier * comme l'espérance de nos âmes.

Stavrothéotokion

Lorsqu'elle vit ta mise en croix, * ta Mère virginale, Seigneur, * fut saisie de stupeur et

s'écria : * Voici ce que t'offrent en retour * ceux qui jouirent de tes bienfaits ! * Ne me laisse pas seule au monde, je t'en prie, * mais ressuscite bientôt, * pour que nos premiers parents ressuscitent avec toi.

Tropaire, t. 4

Des Apôtres ayant partagé le genre de vie * et devenu leur successeur sur leur trône, * tu as trouvé dans la pratique des vertus * la voie qui mène à la divine contemplation ; * c'est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, * tu luttas jusqu'au sang pour la défense de la foi ; * hiéromartyr, illustre Phocas, * intercède auprès du Christ notre Dieu, * pour qu'il sauve nos âmes.

MATINES

Après la lecture du Psautier et les cathismes du ton occurrent, deux canons de l'Octoèque, puis ce canon du Saint, portant (sauf dans les théotokia) l'acrostiche : Phocas répand sur tous les clartés de la grâce.

Ode 1, t. 4

« Lorsqu'il eut franchi à pied sec * l'abîme de la mer Rouge, * l'antique Israël mit en fuite * au désert la puissance d'Amalec * grâce aux mains de Moïse étendues en forme de croix. »

La Providence surnaturelle t'éclaira * des rayons de la divine clarté * dès ta naissance, bienheureux Phocas ; * et c'est pourquoi tu devins * un luminaire pour le monde et ses confins.

Comme un palmier qui tend vers les hauteurs, * dès l'enfance tu montas * vers le mystique faîte des vertus ; * et, multipliant les fruits de tes exploits, * tu donnes à tous leur douce part de tes miracles.

Grâce au levier de tes paroles tu as renversé * les statues élevées par les sans-Dieu, * sage Père, et tu gardas * inébranlable l'Église du Christ, * à l'abri de tes enseignements.

De tout le haut de sa folie * tu fis choir l'esprit hautain, * le renversant par la simple grâce de tes discours, * et sur lui, par tes victorieux exploits, * tu remportas le trophée.

C'est la jalousie qui engendra * la mort des hommes au Paradis ; * mais il l'a détruite avec fracas, * Vierge pure, le Fils du Dieu et Père né de toi, * en donnant la vie immortelle au genre humain.

Ode 3

« Ton Église, Ô Christ, * en toi se réjouit et te crie : * Seigneur, tu es ma force, * mon refuge et mon soutien. »

Tu as accordé l'harmonie des croyants * à la louange du Christ * et par ta résistance de martyr * tu as confondu les voix des sans-Dieu.

C'est l'amour de Dieu qui te porta * des choses de la terre vers le ciel * et, tandis que tu

luttais dans la chair, * t'adjoignit aux armées immatérielles.

Ayant illuminé les croyants * de tes miracles comme d'éclairs, * tu as éteint la flamme des sans-Dieu * sous la pluie de tes paroles, Bienheureux.

Sous ton sang de martyr ayant teint * comme de brillantes couleurs * ton ornement

sacerdotal, * tu es allé célébrer la lumière du Christ.

Le mur de notre malédiction, * notre Dame, est démoli * par ton ineffable enfantement * et nous sommes unis à la nature de Dieu.

Cathisme, t. 4

Toi qui offrais au Christ le sacrifice non sanglant, * tu t'es offert toi-même en sacrifice par ton sang ; * Phocas, Père et Pontife divinement inspiré * qui demeures en l'allégresse, auprès de Dieu * souviens-toi des fidèles célébrant le jour insigne de tes exploits.

Théotokion

Toi qui seule as conçu le Créateur de l'univers * et seule ornas l'humanité de ton

enfantement, * Vierge pure, sauve-moi des filets de l'Ennemi, * établis-moi sur le roc des préceptes du Christ, * suppliant sans cesse celui qui prit chair de ton sein.

Stavrothéotokion

Élevé sur la croix, * tu relèves les déchus de jadis ; * mais ton élévation me renverse, ô mon Fils, * car pour nous, Lumière de mes yeux, * tu acceptes librement ta passion, * tu supportes la croix, l'éponge, la lance, les clous ; * et par eux tu nous procures la condition impassible.

Ode 4

« Te voyant suspendu à la croix, * toi le Soleil de justice, * l'Église depuis sa place * en toute vérité s'écria : * Gloire à ta puissance, Seigneur. »

L'Église secouée sur l'océan de l'impiété, * Phocas, tu l'as poussée * vers le havre de la foi en Christ, * pour qu'elle chante incessamment : * Gloire à ta puissance, Seigneur.

De ton être charnel ayant secoué * ce qu'il avait de terrestre, tu menas, * illustre Phocas, de ton vivant * dans un corps la vie immatérielle * et tu fus, par grâce, un ange dans la chair. L'inépuisable source du Paraclet, * illustre Pontife, t'a comblé * de merveilles spirituelles, de miracles divins, * et pour tous fait couler * un fleuve de grâces au cours incessant.

Ineffable et prodigieux * est vraiment, Mère de Dieu, * le fait étrange et inouï * de ton singulier enfantement * qui dépasse notre entendement.

Ode 5

« Seigneur, tu es venu * comme la lumière en ce monde, * lumière sainte qui retire de la sombre ignorance * ceux qui te chantent avec foi. »

Ayant rasé les fortifications de l'ennemi * sous la puissance de tes miracles, Phocas, * tu offert, comme butin au Seigneur * des hommes sauvés.

Sage Père, tu as renvoyé * au cœur de qui les décochait * les flèches lancées contre toi * et tu demeuras sain et sauf.

La tête du serpent, * tu l'as broyée en le foulant aux pieds * courageusement, Phocas, * par la divine puissance de ton ferme combat.

Que le ciel fasse pleuvoir * sur terre grâce et joie, * puisque celle-ci a produit * le comble de l'allégresse, l'unique Mère de Dieu.

Ode 6

« Ton Église te crie à pleine voix : * Je t'offrirai le sacrifice de louange, Seigneur ; * dans ta compassion tu l'as purifiée * du sang offert aux démons * par le sang qui coule de ton côté. »

Du bourbier, du gouffre des sans-Dieu * tu as tiré, illustre Père, ton troupeau * que tu avais purifié * dans les eaux de la divine filiation * pour le faire monter vers la lumière de la grâce.

Celui qui chevauche les nuées * t'a donné ce glorieux pouvoir, * Phocas, de traverser les

airs * pour devancer qui te supplie * dans les périls de la mer et l'affliction.

Tu rompis les entrelacs du mensonge, * tu lias les langues confessant les vanités * avec les chaînes de la vérité, * sage Père, et tu prêchas * dans le monde la parole de la foi.

De l'union sans mélange tu as produit * en ce monde le fruit, * divine Génitrice, procurant ainsi * l'incorruptible, l'immortelle vie * aux fidèles qui te chantent avec amour.

Kondakion, t. 6

Comme évêque ayant offert des victimes, Père saint, * pour finir, c'est toi-même que tu offris en sacrifice vivant, * rendant un témoignage loyal au Christ notre Dieu, * fortifié par les Anges et subissant la mort de plein gré ; * et tu demeures avec ceux qui te chantent : Viens, Phocas, avec nous * et personne ne pourra jamais rien contre nous.

Synaxaire

Le 23 juillet, mémoire du saint hiéromartyr Phocas.

La lumière du Christ illuminant ton cœur

a fait de toi, Phocas, un foyer de lumière.

Le vingt-trois, si ton corps retourne à la poussière,

ton âme chante Dieu dans le céleste chœur.

Par ses saintes prières, ô notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous. Amen.

Ode 7

« Dans la fournaise de Perse les enfants d'Abraham, * plus que par l'ardeur des flammes embrasés par leur piété, * s'écriaient : Seigneur, tu es béni * dans le temple de ta gloire. »

Toi qui étais rivé à l'amour du Christ, * saint Martyr, la multitude des tourments cruels * et des menaces n'ont pu t'ébranler ni t'arracher * à la noblesse de ton attachement pour Dieu.

À celui qui pour nous racheter * a versé son propre sang * en retour tu as offert le tien et tu chantas : * Tu es béni dans le temple de ta gloire, Seigneur.

Saint Martyr, les saints Anges du Christ * te transportèrent dans les airs * et, sur son ordre, tu volas comme jadis Habacuc, * délivré par ta vertu de la pesanteur terrestre.

Divine Génitrice, les Anges ont vu, par ton enfantement, * cette merveille : la nature corruptible du genre humain * retourner vers l'immortel, incorruptible état * et vers la gloire du ciel.

Ode 8

« Daniel, étendant les mains, * dans la fosse ferma la gueule des lions ; * les Jeunes Gens, pleins de zèle pour leur foi, * ceints de vertu, éteignirent la puissance du feu, * tandis qu'ils s'écriaient : Bénissez le Seigneur, * toutes les œuvres du Seigneur. »

Toi dont l'âme, bienheureux Phocas, * brûlait sans cesse de l'amour du Christ, * tu as mené la course intolérable vers lui * par ton martyre ; puis, ayant trouvé * l'objet de ton désir, tu chantas avec les Anges : * Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

C'en est fait des cultes frelatés des païens * et se sont tues les fables de la vanité, *le mensonge des faux dieux est mis au pilori * par le véritable savoir * des victorieux Athlètes du Christ * prêchant la sagesse de Dieu personnifiée.

Phocas, ayant revêtu * l'invincible force de l'Esprit divin, * ton imbattable résistance, ton insurmontable ardeur, * tu t'es montré le défenseur de ton troupeau * et, victorieux, tu chantes désormais * avec les Anges le Dieu de l'univers.

Illustre Phocas, le Christ t'a donné * l'inépuisable grâce de Dieu * accordant, selon sa demande, à chacun * le miracle qui lui convient * pour qu'il puisse chanter incessamment : * Toutes ses œuvres, bénissez le Seigneur.

L'inaccessible par nature, le Fils et Verbe de Dieu, * ayant fait sa demeure en toi * et revêtu notre humanité, * Vierge pure, s'est montré accessible dans la chair * en vivant parmi nous ; c'est pourquoi de tout cœur * je te vénère, je te chante et je te loue.

Ode 9

« Le Christ, pierre angulaire que nulle main n'a taillée, * fut taillé de toi, ô Vierge, montagne inviolée ; * c'est lui qui réunit les natures séparées : * aussi, pleins d'allégresse et de joie, * Mère de Dieu, nous te magnifions. »

Ayant pour char de feu tes lumineuses vertus * et l'attelage de tes combats, * vénérable Père, tu volas * vers les demeures des cieux, * où tu goûtes ton repos avec les Anges.

Sous le flot de la sagesse de Dieu * et la crue de tes paroles, tu emportas * le bois du mensonge, mais tu arrosas * les âmes des croyants et les rendis * fertiles en saintes œuvres par la foi.

Dans le corps à corps de tes combats * tu as vu l'éblouissante splendeur, * tu as eu la vision mystique du Christ, * l'arbitre bien-aimé, et t'empressas * de le rejoindre au terme de tes luttes sacrées.

Maintenant que tu vois plus clairement * la gloire de ton créateur, * prie-le pour qui t'acclame de tout cœur, * afin qu'il nous réserve notre part * de son incomparable splendeur.

Je chante ta grâce, Vierge immaculée, * et ta gloire, je la magnifie : * tu es la lumière de mon âme en vérité, * notre Dame, la consolation de tous tes serviteurs * qui te vénèrent et chantent pour toi.

Le reste de l'office de Matines, et le Congé.