31 JUILLET. Avant-fête de la Procession de la Croix ; et mémoire du saint et juste Eudocime

VÊPRES

Lucernaire, t. 1

Le genre humain tout entier * exulte de joie en ce jour, * célébrant l'avant-fête de la Croix, * dont le bois va s'offrir aux regards des croyants * comme source inépuisable de guérisons * pour nous délivrer des maladies, * des passions et de toutes sortes de périls.

Fidèles, venez, * admirons ce prodige inouï, * voyons comment le bois de la Croix * arrête les fièvres et apaise les douleurs, * délivrant de toute souffrance les patients ; * d'avance

fêtons-la * et que sa Procession nous remplisse de joie !

Mourants et bien-portants, * préparons-nous, puisque l'arbre de vie * qui fit périr Adam au Paradis, * mais sauvegarde les hommes et ressuscite les morts, * s'avance à présent * pour accorder à tous ceux qui la demandent avec foi * l'inépuisable grâce de Dieu.

* * *

Eudocime, tu as trouvé * la béatitude en ta fin, * toi qui dans les vertus divines fus éprouvé, selon ton nom, * et que n'ont pas terni les séductions mondaines, * mais qui brillas plus clairement * que les rayons du soleil * et répandis ta lumière sur l'ensemble des croyants.

En ce jour soit acclamé * Eudocime au cœur compatissant, * ce luminaire de charité * qui venait au secours des orphelins, * prenait soin des indigents * et cultivait la chasteté, * en accomplissant les préceptes du Seigneur.

Dans la pureté de ton cœur, * Eudocime aux divines pensées, * tu cherchais Dieu et

méprisas * tous les charmes de ce monde ; c'est pourquoi * tu as reçu du Seigneur * la récompense de tes peines, en vérité, * comme ta fin l'a révélé.

Gloire, t. 2

De tout juste le souvenir * s'accompagne d'éloges, en vérité : * ainsi ta mémoire, serviteur du Christ ; * car ton arme fut la Croix * et ton invincible force, la foi * en la Trinité consubstantielle, * inoubliable Eudocime ; c'est pourquoi * tu reposes avec les Anges dans le ciel.

Maintenant...

Tu es ma force, ma protection, * Croix aux trois branches, Croix du Christ ; * par ta puissance sanctifie-moi, * afin que dans la foi et l'amour * je te glorifie et me prosterne devant toi.

Après les Apostiches de l'Octoèque :

Gloire... Maintenant, t. 6

Espérance des chrétiens, * guide des errants et havre des naufragés, * victoire dans les combats et rempart de l'univers, * guérison des malades et résurrection des morts, * Croix du Christ, procure-nous sa pitié.

Tropaire, t. 4

Celui qui t'appela de terre * vers les demeures éternelles du ciel * conserve, même après la mort, * sans dommage ton corps, * puisqu'en ta chaste et sainte vie * tu as gardé sans souillure ta chair. * Eudocime saint et bienheureux, * par le crédit que tu possèdes auprès de Dieu, * intercède pour notre salut.

Gloire... Maintenant... t. l

Sauve ton peuple, Seigneur, * et bénis ton héritage, * accorde à tes fidèles victoire sur les ennemis * et sauvegarde par ta Croix * les nations qui t'appartiennent.

MATINES

Après la lecture du Psautier et les cathismes du ton occurrent, deux canons de l'Octoèque, puis ce canon du Saint, avec l'acrostiche : Je chante, Bienheureux, ta sainte vie. Joseph.

Ode 1, t. 2

« Dans l'abîme jadis fut culbutée * par la puissance invincible * toute l'armée de Pharaon, * et maintenant le Verbe fait chair * a supprimé le poids de nos péchés, * le Seigneur que nous glorifions, car il s'est couvert de gloire. »

Sublime fut ta vie, et tu brillas * par l'éclat de tes divines élévations : * fais donc descendre ta clarté * sur moi qui célèbre tes vertus * grâce auxquelles, Eudocime, tu as trouvé * bon renom et les biens espérés.

Toi qui aimais les divins enseignements * et vaquais à la méditation * des Écritures sacrées, * tu évitas l'infamie et les relents des plaisirs * et tu as resplendi de beauté * en exhalant le parfum de tes vertus.

Aux paupières de ton âme, Bienheureux, * tu n'as point donné de sommeil, * toi qui veillais, uni à Dieu, * dans les offices de toute la nuit, * sans épargner la nature ; c'est pourquoi * tu es parvenu au jour sans déclin.

Toi le palais vivant de notre Dieu, * l'encensoir ayant porté * l'éclatante braise qu'est le

Christ, * divine Mère bienheureuse en tout temps, * nous te chantons : Réjouis-toi * grâce à qui nous fûmes recréés et sauvés.

Ode 3

« Tu m'as affermi sur la pierre de la foi, * tu m'as fait triompher devant mes ennemis, * et mon esprit exulte de joie en chantant : * Nul n'est saint comme toi, ô notre Dieu, * nul n'est juste comme toi, Seigneur. »

Puisant aux sources des paroles de vie, * Eudocime, tu as bu les ondes du salut * et rejeté les flots amers du péché * pour chanter à notre Dieu : * Nul n'est saint comme toi, Seigneur.

Imitant le Christ, tu fus compatissant * et distribuas tes biens aux indigents, * te procurant ainsi un trésor dans le ciel * et, trouvant ce bonheur, tu t'écrias : * Nul n'est saint comme toi, Seigneur.

Uni au Créateur par l'amour divin, * tu as reçu l'héritage des cieux ; * à l'arbre de vie tu communies, Bienheureux, * divinisé auprès de Dieu et lui chantant : * Nul n'est saint comme toi, Seigneur.

Plus vénérable que les Anges, tu portas * dans ton sein, puis enfantas, * divine Mère, leur propre Créateur * pour la délivrance des hommes te chantant : * Nul n'est sans tache, notre Dame, comme toi.

Cathisme, t. 4

Ayant acquis bon renom par tes œuvres de bien, * au creuset des tentations tu fus éprouvé comme l'or, * illustre Eudocime ; c'est pourquoi * tu fais jaillir en abondance * les miracles à flots * et tu arrêtes les maladies, * priant sans cesse pour la rémission de nos péchés.

Gloire... Maintenant...

Celui qui siège sur le trône des Chérubins * et repose dans le sein paternel * reposa corporellement sur ton sein, * notre Dame, comme sur son trône divin : * c'est le Dieu qui règne sur l'ensemble des nations ; * nous le chantons comme il se doit ; * intercède auprès de lui pour qu'il sauve tes serviteurs.

Ode 4

« Tu es issu de la Vierge non comme un ange ou un ambassadeur, * mais comme le Seigneur revêtu de notre chair, * tu as sauvé tout mon être ; * c'est pourquoi je te crie : * Gloire à ta puissance, Seigneur. »

Gardant sans faille les enseignements patristiques, * toi qui avais reçu * dès ton enfance la vraie foi, * sans reproche tu menas ta vie * et te montras compatissant.

Eudocime, ni l'exercice du pouvoir * ni la confusion du monde * ni la gloire d'un moment * n'ont émoussé ton amour pour le Seigneur * et par de saintes œuvres tu acquis bon renom.

Exalté par de saintes méditations, * chaque jour tu humilias notre ennemi, * et tu reçus le don des guérisons, * Eudocime, par juste décision * de celui qui dirige l'univers.

La châsse de tes reliques, distillant * la douceur des guérisons abondantes, * Eudocime, purifie les passions * des fidèles t'honorant * et consume les phalanges des démons.

Vierge Mère toute-digne de nos chants, * tu as enfanté le Dieu qui est chanté * par les armées célestes et s'est fait homme ; * pour tes serviteurs ne cesse pas * d'intercéder auprès de lui.

Ode 5

« Lumière de qui se trouve en la ténèbre, * ô Christ sauveur, salut des sans-espoir, * devant toi je veille, Prince de la paix : * illumine-moi de tes rayons ; * je ne connais point d'autre Dieu que toi. »

Éclairé par la lampe de la chasteté * et gardé par sa loi, Bienheureux, tu as franchi * sans faux pas la nuit de cette vie * en t'élevant sur les ailes de la contemplation * jusqu'à rejoindre la vie en Dieu.

Un grand miracle suscitant l'admiration * désormais se laisse voir en toi : * longtemps après ta sépulture, * Bienheureux, ton corps demeure intact dans le tombeau * par les voies que seul connaît le Dieu qui a voulu te glorifier.

Bravo pour le crédit que tu possèdes auprès de Dieu * et pour l'amour qu'en ton cœur tu as nourri à son égard, * devenant un chrétien à toute épreuve, selon ton nom, * et des clartés divines dont tu resplendis * éclairant l'ensemble des croyants.

Vierge Mère, ne cesse pas d'intercéder * auprès du Fils né de toi * pour nous tous qui te chantons, * afin qu'il nous délivre des passions et des périls, * des maux funestes aux âmes et de toute affliction, * de la flamme éternelle et du terrible châtiment.

Ode 6

« Encerclé par l'abîme de mes péchés, * j'invoque l'abîme insondable de ta compassion : * de la fosse, mon Dieu, relève-moi. »

Bienheureux, tes peines et tes sueurs ont distillé * comme gouttes de pluie la douce joie * et l'éclat des guérisons, pour la louange du Christ notre Dieu.

Tu as poussé dans les parvis de notre Dieu * comme une vigne fructueuse aux beaux

sarments * et pour le vigneron des âmes tu as amassé le raisin des vertus.

Le royaume de Dieu, tu l'as chéri * et, régnant sur les passions, Bienheureux, tu as trouvé * la joie des Justes, par bienveillance du Seigneur.

Vierge sainte, tu fus choisie par Dieu * comme la table, le palais, le chandelier, * comme sa demeure spacieuse et resplendissante de beauté.

Kondakion, t. 3

Ta mémoire sainte nous a rassemblés * devant la châsse de tes reliques, en ce jour ; * car tous ceux qui s'en approchent et se prosternent devant toi * échappent à tout dommage causé par les démons * et de toutes sortes de maladies, * saint Eudocime, sont bien vite délivrés.

Synaxaire

Le 31 juillet, mémoire du saint et juste Eudocime.

Au Seigneur il a paru bon de rappeler

celui qui dans sa vie eut la joie pour maxime

et qui dans les vertus ne cessa d'exceller.

Le trente et un, la tombe accueillait Eudocime.

Ce même jour, nous célébrons l'avant-fête de la précieuse et vivifiante Croix, c'est-à-dire sa Procession depuis le palais impérial vers la ville.

En procession quittant la demeure des rois,

pour sanctifier la ville s'avance la Croix.

Par sa puissance, ô Christ notre Dieu, aie pitié de nous et sauve-nous. Amen.

Ode 7

« Sur l’ordre impie d’un injuste tyran * la flamme s’éleva très haut, * mais le Christ a répandu sur les Jeunes Gens * la rosée de l'Esprit saint : * à lui bénédiction et haute gloire ! »

Fortifié par la puissance du Donneur de vie, * tu as maîtrisé les convoitises de la chair * et donné des ailes à ton esprit * pour atteindre le ciel et t'écrier : * À toi bénédiction et haute gloire !

Bienheureux, tu as anobli ton propre cœur * en menant le plus noblement ta vie ; * et, t'adonnant, dans la pureté de ton esprit, * à la méditation des Écritures divinement inspirées, * tu as élevé tout ton désir vers le Dieu qui voit tout.

Tu méritas, bienheureux Eudocime, de trouver * le royaume d'en-haut, la cité céleste, * le bonheur des Justes, le Paradis de Dieu, * les délices incorruptibles, le trésor inviolable * et la lumière sans couchant.

Saisissant l'instabilité des choses d'ici-bas, * tu dirigeas les penchants de ton âme vers Dieu seul ; * illuminé par son éclat divin, * sans entraves tu as parcouru * sagement tous les obstacles de la vie.

Celui que tu as enfanté, supplie-le sans cesse * de me délivrer de l'esclavage des passions, * de la condamnation, du terrible désespoir * et de l'emprise de ceux qui tourmentent dans l'éternité, * Souveraine comblée de grâce par Dieu.

Ode 8

« Le Dieu qui dans la fournaise descendit * pour venir en aide aux enfants du peuple hébreu * et changer la flamme en une fraîche rosée, * toutes ses œuvres, chantez-le comme Seigneur, * exaltez-le dans tous les siècles. »

Considérant le redoutable feu * qui doit couler devant le trône de Dieu, * tu as versé dans la componction du cœur * des flots de chaudes larmes, qui en toi * ont réduit en cendre la fournaise des passions, * Eudocime aux divines pensées.

Le désir de ton âme, tout entier * tu l'as porté sagement vers le Seigneur * et tu t'es uni à lui, * en chantant selon le psaume : Ô Christ, * pour les siècles délivre-moi * de la fange des passions qui conduisent à la mort.

Humble de cœur et d'un naturel patient, * tu as montré ta compassion aux indigents, * faisant preuve de bonté * et menant ta vie vertueuse ; * grâce à quoi, doué de bon renom, * tu fis jaillir la grâce des miracles sur tous.

Possédant l'intelligence qui porte à Dieu, * tu as accompli les préceptes du Seigneur, * recherchant ton chemin à sa droite * et des voies qui mènent à sa gauche te détournant, * en homme sage et avisé ; * c'est pourquoi nous t'honorons dans les siècles.

Le Créateur d'Adam se laisse façonner * dans tes chastes entrailles, * ô Vierge, et tu allaites celui * qui est le nourricier de toute vie ; * c'est pourquoi nous te glorifions * comme la Mère de Dieu.

Ode 9

« Le Fils du Père sans commencement, notre Seigneur et notre Dieu, * ayant pris chair de la Vierge, * nous est apparu * pour illuminer les ténèbres * et rassembler ce qui était dispersé : * ô Mère de Dieu toute digne de louange, nous te magnifions. »

Désireux de contempler la gloire de notre Dieu, * tu t'es paré de la prestance des vertus * et, tenant ta lampe, tu es entré * dans la demeure des Anges pleine de clarté * pour t'unir à ton Seigneur * et jouir de la condition divine.

Ta mémoire s'est levée comme soleil, * comme aurore illuminant les cœurs enténébrés ; * car tu fus en vérité * un fils de la lumière et du jour, * Eudocime, sage-en-Dieu ; * et nous te glorifions pour cela.

Dans l'éclat de la sagesse et du savoir * et dans la beauté de ton humble cœur, * excellant par la sublimité de ta vie, * tu es monté vers les parvis célestes ; * avec les Justes souviens-toi * de nous tous qui t'honorons.

Ton passage de terre vers le ciel, * admirable Eudocime, nous le célébrons * comme jour de fête et d'édification ; * car tu t'es montré un serviteur * intrépide du Seigneur, * en accomplissant ses préceptes divins.

De la lumière qui nous éclaire tous, * Vierge pleine de grâce, * tu es le tabernacle et le

séjour ; * tu es le pont, tu es l'échelle * conduisant les terrestres vers le ciel ; * et, te disant bienheureuse, nous te glorifions avec foi.

Exapostilaire, t. 3

Eudocime, tu as maîtrisé de ton vivant, * toutes sortes de passions ; * et tu es encore maintenant * la source limpide des miracles guérissant * les passions de l'âme et les souffrances de nos corps.

Voici l'avant-fête de la Croix, * et le monde est sanctifié ; * et celui qui fut crucifié pour

nous, * les chœurs des Anges le chantent et le célèbrent avec nous, * s'unissant à notre joie en s'écriant comme David : * Au milieu de la terre le Seigneur a fait connaître son salut.

Après les Apostiches de l'Octoèque :

Gloire... Maintenant, t. 6

Les oracles des Prophètes ont prédit * le bois très-saint par lequel * Adam fut délivré de la malédiction antique et de la mort ; * en ce jour, la création * élève la voix pour demander * à Dieu sa miséricorde à profusion ; * et toi seul dont la tendresse est infinie, * fais-nous grâce, Seigneur, et sauve nos âmes.

Le reste de l'office de Matines comme de coutume, et le Congé.